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au dessus des parties

  • Anatomie du militant

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     On trouve des militants dans tous les partis, hommes et femmes, ils ont tous les mêmes habitudes sociales, mais pas tous le même look.

    Merci à Bernard pour l'illustration

    Définition de militant:

    checonso.jpgÉtymologie : du latin militia, service militaire, métier de soldat. A l'origine, le militant était celui qui se battait les armes à la main pour défendre sa cause.

    Le militant est celui qui soutient activement une cause, une idéologie ou un parti.

    C'est aussi un adhérent à un parti politique, une organisation, une association.

    Le militant n'a pas d'idée politique, il croit bon de croire, ou feindre de croire, que certains politiques persuadés d'avoir « un destin » sont plus qualifiés que lui pour réfléchir sur son présent et aussi sur son avenir. Dans la plupart des partis en fait on trouve très peu de personnes ayant de réelles idées ou points de vue raisonnés, voire réfléchis.

    Nous y reviendrons en détail (je place cette phrase là car elle pose son homme : « Nous » de majesté, et conférencier qui connait son sujet).

    Des types de militants émergent, du professeur en retraite concerné par les indignations en vogue, avec collier de barbe, lunettes « Sécu » et « baise-en-ville » à l'épaule, en passant par le couple « gay » drôlement dynamique, toujours avec l'un des deux plus sensible, ou plus viril que l'autre.

    Notons que le prof en retraite est de plus en plus remplacé par un bobo type « développement durable et toilettes sèches ».

    Il y a aussi le spécialiste des causes sociétales comme Jean-Luc Romero, il défend aussi bien l'euthanasie que le mariage homosexuel.

    Il s'en fiche d'être manipulé par l'un ou l'autre lobby, défendre ce genre de causes permet que l'on parle de lui à coup sûr. Au bout d'un moment, il ne sait plus vraiment pourquoi il milite. C'est souvent, on remarque, une manière de se justifier d'une homosexualité mal digérée, ou d'une mort dans la famille mal vécue.

    Distinguons le souverainiste sans nuances, qui croit bon parfois d'en rajouter dans le côté « vieille France », précisons, bien sûr, que je n'ai rien contre les souverainistes, mais il faut bien faire preuve d'équité, de l'européiste bon teint qui parle de sa cause comme de la bonne parole, qu'il se doit bien sûr de dispenser au bon peuple.

    La plupart des européistes se prennent pour des lumières de sagesse, des phares (dans le visage) intellectuels, des repères de civilisation.

    Ne parlons pas du théoricien libéral en germe, qui défend le libéralisme contre vents et marées, malgré les ravages de la surconsommation et de l'individualisme effréné. Ces militants du libéralisme s'opposent en France aux quelques marxistes orthodoxes qui restent sincèrement persuadés de la générosité de l'idéologie qu'ils soutiennent, tout comme les libéraux sont convaincus que seules leurs idées apporteront joie et bonheur universels alors que c'est de toutes ces idéologies que nous nous retrouvons à danser au-dessus du volcan.

    Et n'oublions pas bien sûr le « militant-midinette » qui défend SON homme politique parce qu'il aime bien son physique, son apparence, la marque de ses chaussures, la couleur de sa cravate. Dans le cas d'une femme politique, il prend celle-ci pour sa mère de substitution ou en est amoureux.

    Et surtout, car c'est aussi une question d'identification, qu'il s'identifie à lui, à elle.

    En meeting, ils scandent le prénom de leur candidat quand celui-ci, ou celle-ci, parle, et quel que soit le discours, ils scanderont.

    Car appeler leur champion par son prénom signifie qu'ils en sont proches, ce qui leur donne l'illusion de tutoyer les hauteurs.

    Il ne faut pas croire qu'ils écoutent quoi que ce soit des discours dont au fond ils se fichent.

    Le militant ne sait pas, ne veut pas savoir, qu'il est là principalement pour trois choses importantes :

    « Tracter » (distribuer des tracts) sur les marchés ou à la sortie des entreprises, et coller des affiches, et justement scander le nom du leader d'un parti, faire du bruit, faire nombre. Il y a toujours le même genre de militants « godillots » de ce genre à tracter, convaincus qu'ils font œuvre utile et qu'ils ne sont pas les larbins d'un politique qui ne songe au fond qu'à son ambition.

     Ces « godillots » sont souvent un rien pathétiques et on ne peut qu'avoir de l'affection pour eux, car ils font toujours montre d'un grand dévouement à leur cause, ne demandant même pas l'aumône d'un mot gentil ou d'une véritable amitié à leur « grand homme », « grande femme » qui de toutes façons s'en fout.