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arts

  • Conseils pour un iconoclasme moderne

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    Arts, littérature, sculpture, musique, musées, iconoclasme, destruction de statues USA, amaury watremez

    Aussi sur Agoravox

     

    Il paraît qu'aux États Unis des adeptes du politiquement correct ont décidé de militer activement sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle pour mettre à bas des statues qui peuvent blesser telle ou telle minorité, remettre en question les nouveaux dogmes auxquels « l'homo festivus » est censé adhérer sans se poser de questions (le multicul, le commerce dit équitable, le développement dit durable, tout se doit d'être citoyen ou civique etc...).

     

    Le citoyen est un enfant totalement crétin à qui il faut tout dire, on ne sait jamais :

     

    S'il voit une effigie de Wagner, il peut avoir une envie subite d'envahir la Pologne, un buste de Pétain et il aura envie de nommer un auvergnat radical premier ministre pour faire le sale boulot après s'être fait nommer au pouvoir etc...

     

    (voir l'article à ce lien)

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  • L'impertinence au rang des beaux arts

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    Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

     

    "Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

     

    Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • La Culture et la Droite actuelle

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    daumier_hono_6e51006050a9_persportrait_0_b6.jpgLa Droite actuelle, dans son ensemble, des « Républicains » au FN a beaucoup de mal avec la Culture toujours perçue comme un apanage des bourgeois se voulant de progrès, des « bourgeois pédagogues ».

     

    C'est un truc de « bobos » !

     

    Cela devient l'excuse de nombreux incultes de droite afin de justifier leur ignorance. D'aucuns, si une personne de leur camp affirme une appétence pour les Lettres, les Arts ou la Musique, évoquent également maintenant les « bobos de droite », des prétentieux, des vaniteux qui parlent de tous ces sujets pourtant nobles par orgueil c'est sûr et parce qu'ils en ont les moyens financiers. Accuser les « bobos » c'est la panacée ultime pensent-ils...

     

    Avoir une bibliothèque conséquente alors que l'on n'a pas fait d'études de Lettres, sortir au musée, au théâtre éveille aussitôt le soupçon et des corollaires inattendus. L'on suspectera aussi d'inversion sexuelle ou de libertinage et autres perversions infâmes le malheureux, la malheureuse sur lesquels on tirera au besoin quelques flèches acérées pour en rajouter...

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  • Petit hommage à Adèle Blanc-Sec de Tardi

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    On remarque sur la photo du square de Denfert que la statue de Raspail a encore disparu, ceux qui ont lu les albums me comprendront

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  • La beauté des femmes sauvera le monde

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    72455382.jpgNotre société glorifie l'apparence et l'image partout, du moins une version standardisée de celle-ci, un « corps mutant » d'ado à peine post-pubère et anorexique, que l'on entretient comme une bagnole, dont on change les pièces tous les 5000 kilomètres, mais finalement pour les belles filles et belles femmes c'est toujours « Sois belle et tais toi ».

     

    Dans le même temps, notre société est d'ailleurs aussi bien hypocrite car elle aime bien relativiser la beauté, ramenée à une vision qui serait subjective de la féminité, des trucs de « matcho » toussa, on parle aussi de « beauté intérieure », des excuses de moches pour justifier leur laideur, s'en consoler. La « beauté intérieure » des filles obèses, « pétulantes » selon l'expression cliché, des vieilles filles « célibattantes » teeellement dynamiques, c'est de la blague que tout cela.

     

    C'est juste le plus souvent une manière de cacher la blessure dont ces personnes souffrent aussi parfois, et pour leur entourage une façon de la nier et surtout de ne pas avoir à faire preuve de la moindre empathie à leur encontre. La souffrance individuelle est priée comme dans le reste de la société de rester sur le pas de la porte.

     

    Une jolie femme ne l'est pas car elle répond aux normes et à l'idéal « photoshopée » de notre époque, si l'on peut appeler ça comme ça, actuels. Elle l'est surtout car elle est intelligente et sensible, ce qui est très injuste pour les filles laides, j'en conviens, au cœur de qui le destin a placé la perle noire et lisse de la jalousie, ce qui a permis à certaines d'inventer le féminisme ou les « études de Genre » :

     

    Coïncidence certainement , ami lecteur, mais la plupart des théoriciennes du « Genre » font quand même très « mecs », je trouve, pas toi ? Je me souviens pour te l'avouer que dans la plupart des partis politiques, des groupes de laïcs et communautés religieuses, l'on peut croiser de ce genre de « mecs » contrefaits qui ne supportent pas la féminité éclatante des belles femmes et des jolies filles, beauté dont elles voudraient que celles qui la portent s'en culpabilisent, s'en repentent, avec de la cendre sur les épaules et des robes de bure, voir en s'auto-flagellant en public. Puisqu'elles nous le disent que l'idée de la beauté, de la féminité c'est la faute à ce qu'elles appellent l'opression masculine...

     

    En chaque féministe sommeille un vieux curé rassis qui aime admonester les « pécheresses », un mollah obsédé par le sexe, un rabbin de Meah Shearim obnubilé par le corps des femmes. Ils aiment l'obscurité, ils ne supportent pas la lumière, et la beauté est toujours lumineuse, généreuses. Ils ont tous cette même joie mauvaise, cette même jubilation peu ragoûtante, quand ils obtiennent satisfaction et qu'une belle femme montre qu'elle souffre de sa condition. Ils ne peuvent s'empêcher alors de le dire « qu'ils nous l'avaient bien dit ».

     

    Une belle femme pourtant ne peut encore et toujours en 2014 qu'être une idiote futile obsédée par les fringues, un bel objet que les hommes, et les femmes, désirent, jalousent, habillent ou déshabillent selon leurs fantasmes, qui n'a pas le droit d'avoir des failles, des blessures elle aussi, et de la personnalité. Surtout encore une fois, car cela serait trop injuste aux yeux des laiderons.

     

    Te le redirais-je ami lecteur, et amie lectrice, tu le sais je l'ai déjà écrit, j'aime quant à moi tout ce que l'on appelle des défauts, petits défauts, qui n'en sont d'ailleurs, chez ces belles femmes, leur goût pour les beaux vêtements, les parfums, tout ce qui met en valeur leur beauté. Les croyants devraient se rappeler que c'est aussi ça louer la Création, mais ils l'oublient souvent, je ne comprendrai jamais pour cette raison ces femmes qui s'enlaidissent volontairement dans les communautés religieuses, de laïcs ou pas, ces filles qui refusent leur féminité. Une femme devant son miroir est toujours émouvante par ce qu'elle révèle, par sa moue de petite fille, les regards qu'elle lance à celle qu'elle voit dans la glace, qu'elle trouve soit trop grosse soit trop mince.

     

    Elles sont de temps à autres de par leurs complexes ou souffrances nés de leur beauté les proies hélas consentantes ou pas, d'émules de Valmont ou de Casanova, des orfèvres également, pas toujours, d'un travail du négatif à travers la séduction, qui savent très bien singer l'empressement, l'intérêt pour ce qu'elles ressentent et vivent, tout en s'en fichant éperdument dans le même temps ne songeant qu'à les mettre dans leur lit. Il y a aussi celles qui comprennent l'inauthenticité comme il est de ces Valmont, ou simili Valmont car certains ne sont que des minables au fond, qui s'imaginent sincèrement tomber amoureux, alors qu'ils sont incapables d'aimer vraiment et en vérité.

     

    Cela n'empêchera pas la beauté de sauver le monde, la beauté des femmes rajouterais-je car la beauté ne peut qu'encourager à s'élever, à ressentir mieux, à comprendre les êtres et le monde. La beauté m'a pourtant poussé à la passion, à m'enflammer, et à souffrir aussi à tel point que j'ai des blessures toujours ouvertes, mais ces blessures font partie de la vie, et les êtres cabossés, blessés, sont aussi plus lucides, savent ensuite profiter du bonheur authentique quand il est là, même si ils ont perdu de temps en temps l'habitude d'être heureux.

     

     

    Ce qui est l'essentiel...

     

    photo sur le blog de mademoiselle Hortense

  • Walk on the wild side in Paris

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    "Paris je t'aime", Pas Paris Hilton hein, je précise...

    Les héritières mal élevées, anorexiques, droguées et, ou alcoolo, je ne peux vraiment pas.

    Rien d'autres à dire sur ce troisième montage, il faut le regarder...

  • Encre, pastels et fusain dans Paris

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    Dessins, arts, photos, Amaury WatremezUn troisième montage de dessins à l'encre, au fusain et aux pastels sur Paris, sur un air que j'aime bien de Gainsbourg avec quelques dédicaces à des écrivains que j'admire...

     

    Au départ j'ai eu envie de concrétiser les toiles de Grandgil-Gilouin dans "Traversée de Paris", la nouvelle originelle...

     

     

  • Les rues de Paris - montage de photos personnelles

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    Un petit montage photo d'un vidéaste novice mais enthousiaste...

    Toutes les photos sont de moi, à l'exception de celle montrant les escaliers der la Butte qui sont du site "titeparisienne"...

     

    En espérant votre indulgence... 

  • Hommage à Aslan qui vient de mourir

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    Aslan vient de mourir, honorons son souvenir et profitons en pour nous payer la tête de Sartre...

    On sait maintenant pourquoi il louchait.

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  • La vie à travers un écran

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    000_was2439638.jpgJe n'ai rien contre les écrans en soi, tu le sais bien ami lecteur, après tout, j'aime beaucoup le plaisir collectif procuré par l'écran de cinéma, qui reste et c'est très bien une attraction foraine, même quand il est intello, consistant partager des émotions, des joies, des peines avec d'autres les regards tous dirigés dans la même direction. Pour un cinéphile, voir un film à la télévision, en dévédé ou sur une chaîne spécialisée ou non, n'est qu'un ersatz qui ne remplacera jamais l'émotion beaucoup plus profonde vécue dans une salle obscure.

     

    Par contre, je ne supporte pas ces écrans tous colorés et infantilisant qui ont envahi la vie quotidienne en quinze ans, des écrans qui sont en fait autant de « télécrans » donnant à « Big Brother » un accès quasiment absolu à nos vies, notre intimité, nos libertés, et ce avec notre enthousiaste et totalement inconscient assentiment. Quelle déception quand regardant ces jolies filles aux jolies jambes couleur de pain d'épices que la mode fort heureusement leur fait montrer cet été, je les vois soudain sortir leur « smartphone », qui semble parfois vissé à leurs mains délicates, pour échanger des propos le plus souvent d'une anodinerie sans fond, ou « textotter » fébrilement comme si leurs vies en dépendaient.

     

    Il y a quelques semaines, un site satirique faisait une proposition que je dois t'avouer, je trouvais excellente, ami lecteur : donner une paire de gifles aux personnes prenant des photos sans cesse à bout de bras avec leur « I-phone » (TM°) dans la rue pour un oui ou pour un non, incapables de simplement se contenter de vivre le moment, de l'apprécier tel qu'il est et de contempler la beauté autour d'eux.

     

    Ces derniers jours, j'étais à Versailles, et me promenant dans l'Orangerie et devant le château, j'ai pu observer ce même comportement grotesque. La plupart des personnes présentes, que ce soit des touristes ou des promeneurs, était constamment en train de prendre des photos, qui avec son téléphone, qui avec un appareil perfectionné, qui avec sa tablette numérique, incapables de simplement s'arrêter pour regarder autour d'eux, et partager ce qu'ils voyaient avec les autres.

     

    Ils ne conçoivent la beauté que virtualisée, onirisée, « en boîte », « en conserve » somme toute. Ils ne conçoivent de voir le monde que cadré par ce qui ne devrait être qu'un outil, ne conçoivent d'en admirer, superficiellement, la beauté, que si cela peut les encourager dans l'entretien de leur propre narcissisme étalé au grand jour dans le déballage extime incessant qu'est Internet.

     

    La beauté ainsi réduite n'élève plus, ne grandit plus. Elle permet d'éprouver un certain plaisir, qui m'est étranger, de baigner dans le liquide amniotique de son égocentrisme, sans se poser plus de questions.

     

    Ils ne font que thésauriser les images à leur seul profit à l'aide de tous ces gadgets envahissants censés aider à favoriser la communication entre les hommes alors que ce ne sont que des substituts électroniques de tétine voire des substituts masturbatoires que l'on peut tripoter en public sans risquer d'être embarqués pour exhibitionnisme, c'est l'avantage. Ils me rappelaient le personnage de la luxure tel que Marcel Aymé le voyait dans une de ses nouvelles, un vieux bonhomme tout nu ayant une manivelle de caméra dans la tête qu'il tournait pour emprisonner dans une petit cage à l'arrière de son crâne tout ce qu'il voyait, et qui le faisait fantasmer.

     

    Cela dit, cela ne rend que plus précieux et rares ces instants que l'on peut passer à rêver, ou rêvasser, ou contempler les paysages, en oubliant ce monde hyper-actif qui ne sait plus prendre le temps, qui ne comprend plus la sensualité de la nature qui l'entoure, la poésie des villes, du béton et de l'asphalte, qui pourtant lui feraient oublier son esclavage.

     

    Mais il est possible que les personnes de ce monde ne veulent surtout pas oublier leur allégeance...

    image prise sur le site de direct matin

  • Écorché vif disent-ils

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    Dédié à tous les "écorchés vifs" et "écorchées vives"

    Dédié plus spécialement à mes amis qui sont tous des "écorchés vifs", avec qui je partage au fond les mêmes souffrances, et toi, qui est aussi une "écorchée vive"


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    Quand une personne, homme ou femme, adulte ou enfant, est dotée d'un peu plus de sensibilité au monde et donc à ses travers, on emploie l'expression un peu dégoûtante d'« écorché vif » ou « écorchée vive » qui rappelle les œuvres étranges de Fragonard frère, celui qui faisait des cauchemars annonçant Francis Bacon et non celui qui rêvait d'escarpolette, comme si avoir ce minimum de sensibilité était une torture, une inutilité, un handicap, avec un « H » aspiré très profond. Et il y a aussi ce que l'on ne dit pas le prétendu "écorché vif" est vu surtout comme un prétentieux...

     

    Un « écorché vif » est aussi de ces personnes à qui l'hypocrisie sociale et les conventions lâches et veules répugnent, le qualifier ainsi permet de montrer combien il est déséquilibré dans un monde qui favorise les faux semblants. Les formidables progrès de la technique permettent à n'importe quel scribouillard, n'importe quel « rond de cuir » qui s'emmerde dans son « open space » de se prendre pour le Rimbaud 2.0 ou le justicier de la « Ouifi » juste en énonçant quelques lieux communs et platitudes vagument humanitaristes et « lamanièredeux » et en scribouillant dans divers "fora" et autres blogues. Il en voudra à "l'écorché vif" d'aller beaucoup plus loin dans l'expression de son ressenti et des dysfonctionnements du monde.

     

    L'être humain ayant ces capacités de ressentir un peu plus développées pour diverses raisons, souffrances vécues un peu vives, la crainte du désamour de ceux qu'il, elle aime, blessures profondes dont on lui dénie le droit comme une torture à petit feu , cet être humain qui parfois écrit, peint ou dessine est désigné comme un malade, un esprit tordu qui travaille contre l'harmonie tellement douce de l'humanité moderne promise depuis déjà quelques décennies, un empêcheur de grégariser en rond.

     

    C'est surtout un biais pour ne pas avoir à considérer ce que ce minimum de sensibilité, et d'empathie, pourrait révéler de vrai et d'authentique. La personne sensible est perçue comme une sorte de Cassandre, une engeance de prophète de malheur, l'on pensera bien souvent dans les sociétés humaines, y compris chez les modernes et progressistes de progrès, qu'il vaut mieux continuer à jouer la farce habituelle des fausses indignations vertueuses et de la charité de carnaval.

     

    A l'impudent (en l’occurrence ton auteur préféré, ami lecteur, amie lectrice) qui insisterait, on opposerait " Et bien quoi tu ne veux tout de même pas que l'on vive dans des grottes éclairés à la bougie, on a besoin de notre confort, et toi aussi, on a besoin de réseaux dits sociaux nous donnant l'illusion de la rencontre et surtout surtout d'être des esprits tellement ouverts à la différence et à l'étranger pour ensuite retrouver la routine éreintante du morne quotidien du XXIème siècle et de la standardisation des esprits et des corps qu'il implique ".

     

    C'est un chrétien, intronisé « chevalier de la Foi » sur Tak.fr par Pierre Jolibert, éminent commentateur émérite, qui le dit pourtant, c'est chose bien peu ragoutante que tous ces chrétiens et ecclésiastiques extatiques affirmant que le discours du pape François sur la plage de Copacabana a changé leur vie pour toujours, oubliant que la douceur du climat du Brésil est pour quelque chose dans leur euphorie, et dont on sait très bien que rentrés en France, ou ailleurs, ils retourneront bien vite à leurs petites habitudes égoïstes et leur routine narcissique où le « moi je » devient la règle ultime.

     

    On m'objectera : « Ce sont des jeunes enthousiastes pris dans l'euphorie du moment, il faut leur pardonner ». Mais cela ne répondra pas à la question essentielle qui est que tous ces esprits « enthousiastes » se comportent comme le jeune homme riche de l'Evangile, à de rares exceptions, et oublient et leurs devoirs d'état avec leurs proches, et de faire simplement preuve d'empathie avec le pauvre qui est juste en bas de chez eux, voire chez eux. Évidemment, c'est plus exigeant spirituellement que de balancer quelques bonnes paroles qui permettent à l'ego une enflure rapide et sans douleurs.

     

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    Car l'allégeance à la société libérale libertaire, au matérialisme le plus abject, restera la plus forte, ainsi qu'à l'esclavage le plus vil, celui de la foule et des dikats qu'elle impose. Voilà le genre de phrases qui me fera encore qualifier moi aussi d'« écorché vif » beaucoup trop sensible, mais j'en ai l'habitude. Il est à noter qu'un « écorché vif » mettant en lumière quelques vérités est vite qualifié de cynique ou de caustique, voire de méchant avec qui personne ne saurait s'entendre, l'individu médiocre ordinaire étant généralement très vite malveillant envers celui qui prétend s'éloigner des compromis moraux confortables qu'ils s'imposent pour s'assurer une survie pas trop désagréable.


    en illustrations deux écorchés d'Honoré Fragonard pris ici

    Ci-dessous une chanson "tube" pour un chouïa de dérision en plus

  • La haine de la culture

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    Depuis des décennies à gauche on a cru que par l'éducation, des musées parfois gratuits ou très peu cher, des films intelligents à 20h30, on formerait culturellement les masses qui ensuite, assoiffées de culture, se jetteraient d'un seul mouvement sur les livres, les concerts, les pièces.


    A droite, on pense que de toutes façons ce n'est pas pour celles-ci

     

    390120727-photo.jpgLa culture a toujours ennuyé le peuple, qui trouve en plus que « ça ne sert à rien », ce qu'il n'osait pas dire avant, mais qu'il a de moins en moins de scrupules à affirmer. Depuis quelques années, on a trouvé pour lui, pour justifier son inappétence à s'élever et sortir de sa gangue consumériste et docile, le concept de « culture populaire » qui met au même niveau le « porno » et « le Cantique des cantiques », les « films noirs » et les tueries sur écran géant qui déplacent les foules de brouteurs de « pop-corn » décérébrés, la culture un peu plus exigeante, qui n'est pas à mélanger avec la culture à la mode aux « z-inrocks », étant systématiquement confondue avec un privilège de bourgeois.

     

    Ce n'est pas que cet objectif n'était pas honorable, bien au contraire, mais ses promoteurs oubliaient que la sensibilité artistique ne se décrète pas, elle varie selon les individus, et qu'elle s'éduque ou s'encourage d'abord en famille. Or, dans les familles modernes, ce qui domine comme culture, c'est surtout la télévision, et maintenant Internet, avec le flot ininterrompu de débilités, entre deux ou trois programmes élitistes voire des sites plus exigeants servant d'alibis pour le reste, que ces médias proposent aux spectateurs.

     

    « Arte » est toujours la référence, le justificatif, le repère que tout le monde prétend admirer tout en ne regardant jamais. On me dira, généralement les films proposés sur cette chaîne tourne toujours autour des graves problèmes de nombril de trentenaires « adulescents », bi ou omni-sexuels.

     

    Auparavant, la télévision était cantonnée à la salle-à-manger familiale, l'on regardait le journal en famille, c'était un convive virtuel en plus dont on avait pris l'habitude. Maintenant, progrès technique oblige, les enfants peuvent regarder ce qu'ils veulent dans leur chambre et manger quand bon leur semble, le micro-ondes faisant le reste. Sans parler de l'usage compulsif du téléphone cellulaire qui s'apparente à une longue laisse informatique qui a la même fonction que la sucette en plastique a pour le bébé, à savoir quelque chose pour se rassurer lorsque l'on se retrouve en dehors du cocon, que l'on triture quand on ressent de l'angoisse.

     

    La société libérale libertaire ne peut pas accéder à la compréhension du beau, notion qualitative qu'elle rejette catégoriquement, c'est un cercle vicieux. Pour se consoler, les penseurs de notre temps n'ont pas tardé à relativiser tout cela, prétendant que la beauté est une idée toute relative. Pourtant, ainsi que l'a dit un grand théologien, le père Le Guillou, « la Beauté sauvera le monde ».

     

    Peut-être...

     

    Encore faut-il qu'il le veuille bien....

    image prise ici

  • Les vidéos de Niki Vered-Bar

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    vidéo, arts, littérature, peintureNiki Vered-Bar, artiste et écrivain israélienne, et amie du blog de Grandgil, propose maintenant des vidéos sur son site

    Sur Séraphine de Senlis

    Une autre intitulée...

    Mon monde étanche

    La création du monde, le soupir de l'univers, le silence prisonnier et voilé, le regard hermétique et les larmes de Dieu.
    (Dessins à l'encre de Chine de Niki Vered-Bar)
    Visualisez en "Plein écran" - "Full Screen" en cliquant sur l'icône en bas à droite de la vidéo.
    Pour revenir au format habituel, appuyez sur la touche Esc de votre clavier.

  • Le salaire de l'artiste

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    Aussi sur Agoravox 

    Je ne vais pas revenir sur le cas Depardieu dont on a au fond beaucoup trop parlé alors qu'il ne s'agit concernant l'évasion fiscale que de la partie émergée de l'iceberg, c'est loin d'être le seul et c'est loin d'être le pire.

    politique,société,littérature,arts,hypocrisie,troupeau Cependant, derrière la plupart des discours de ceux clouant au pilori l'acteur pour sa décision, au fond logique dans un système libéral-libertaire mondialisé, revient l'antienne traditionnelle fort désagréable concernant les artistes qui veut qu'un artiste ça doit crever de faim, çà ne doit pas gagner sa vie correctement.

     Les artistes ça doit vivre dans une soupente sans eau courante ni électricité, ça doit boire trop de café quand ils écrivent, ça doit être forcément « maudit » toute sa vie, sans un flèche, et mourir pauvre et seul, ça doit boire trop d'alcool entre deux, et avoir une vie amoureuse chaotique qui fasse rêver les enfants sages. Un artiste ça doit se sentir coupable de vouloir vivre de son art...

     Les artistes pourtant ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche et de l'air du temps.

     Les acteurs, les peintres, les musiciens, les écrivains, les poètes sont considérés depuis l'avènement de l'âge bourgeois de la société française, vers 1789, comme des parasites dont le rôle consiste principalement à divertir ceux qui en ont les moyens et rien d'autres.

     La création artistique est perçue comme du superflu, du luxe auquel les pauvres ne peuvent avoir accès.

     La conception bourgeoise de l'Art (littérature, musique, peinture, sculpture, cinéma etc...), grise, étriquée, prévaut toujours et encore en 2012, c'est essentiellement un divertissement, une détente, et rien d'autres.

     Ou alors, l'artiste est sommé d'introduire dans ses créations un « message », fût-il complètement abscons, afin que son œuvre obtienne une « utilité » sociale qui justifie cette débauche d'énergie que doit mettre en branle tout créateur de formes pour arriver à quelque chose qui se tienne car l'art est un travail et un travail qui mobilise l'ensemble de l'être.

     Ce « message » doit choquer, provoquer les préjugés du bourgeois, ce qui lui donnera alors l'impression d'un luxe supplémentaire, de faire partie d'une élite ayant accès à des sphères intellectuelles interdites au commun des mortels, d'être conforté en gros dans son statut social privilégié en rajoutant aux prétentions que lui donne l'argent des prétentions culturelles parfaitement indues.

     Il est de bon ton depuis quelques décennies déjà de sacrifier également, ou à la place, au culte du Moi rétréci. Je ne parle pas ici de ce qu'évoquait Maurice Barrès dans « le Culte du Moi » ou « le Jardin de Bérénice » ; c'est un auteur auteur qui sent le soufre (il évoquera pour les belles consciences, souvent politiquement et littérairement ignares, les z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°)), qui voulait amener son lecteur à une conception aristocratique de la morale, il est simplement question ici de l'égocentrisme ras du sol qui devient la norme dans nos sociétés dites développées.

     L'artiste doit suggérer au lecteur, au spectateur,qu'il parle de son ego constamment, flatter son vis-à-vis dans l'admiration que celui-ci a de son nombril, pratique encouragée un peu plus depuis quelques années grâce aux merveilleux progrès techniques qui permettent à n'importe qui de confier ses émois narcissiques quotidiennement, heure par heure voire minute par minute, à l'univers tout entier.

     Il ne s'agit même pas pour lui d'être réellement profond là-dessus, sur le « message », ou la réflexion sur son « moi », mais simplement d'en donner l'impression, ce qui suffit aux yeux du reste de la société..

     On me rétorquera que après tout c'est très bien pour les créateurs qui ainsi peuvent écouler leur production et ainsi rester compétitifs pour le monde, « bankables », et ne pas mourir de faim.

     Mais c'est quand même un peu triste d'en passer par là.

     En passant par le « message » et l'« egocratie », l'artiste accepte la domination du « tout économique » et le rôle subalterne qu'on lui fait alors jouer.

     La société réserve malgré tout, depuis quelques temps déjà, une solution aux moins favorisés qui voudraient accéder malgré tout à l'Art en insistant sur le fait que c'est d'abord et surtout un outil, enfin un prétexte, pour devenir célèbre (et riche), même sans talent, la condition étant de renoncer à tout ou partie de son intimité.

     Tout comme le spectateur privilégié et aisé, le spectateur plus précaire, plus populaire, se retrouve flatté dans son « Moi », conforté dans les aspirations médiocres qu'on lui impose et qu'il accepte de bon gré, et demeure ainsi soumis. Cela permet d'enlever aux arts le danger que la société bourgeoise n'a jamais toléré et qu'elle ne tolère toujours pas, à savoir qu'ils donnent aux individus une liberté immense, celle de rêver, d'imaginer en dehors des schémas obligatoires, de se libérer au moins d'une partie de son égoïsme, de penser par lui-même...

     L'artiste cadré dans sa création et ses aspirations se doit également d'être laborieux et de n'avoir du talent, un peu, pas trop, que dans un seul domaine. Il ne doit surtout pas donner l'impression au pékin moyen d'être une sorte de dilettante doué qui crée sans que cela ne lui coûte de trop.

     Cela, Marcel Aymé dans la nouvelle « Traversée de Paris », qui a inspirée le film avec Gabin et Bourvil, ce dilettantisme supposé c'est ce que les braves gens et la société ne pardonneront jamais aux artistes. A la fin de la nouvelle, Martin tue Grandgil pour cela.

    illustration empruntée ici

  • Crobards sur Crumb

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    Crumb est aussi sur Agoravox

    Robert Crumb est à l'honneur au musée d'Art Moderne de la ville de Paris jusqu'au 19 Août.

    Cela m'a donné envie de revoir le documentaire remarquable que lui consacre Terry Zwigoff et de commettre deux-trois lignes sur lui.

    image prise ici autoportrait de 1992

    crumb_aventures002.jpgCrumb se verrait bien au départ comme un brave petit « all-american kid ». Comme eux il habite avec ses parents dans un de ces lotissements qui s'étend sur des kilomètres autour des mégalopoles américaines, on y lève « les couleurs » le matin. Il n'est pas le gosse bien sage élevé aux Corn Flakes et aux sages préceptes des Pères Fondateurs, contrairement aux vœux de ses parents, il n'est pas « quaterback », ni même « premier de classe », il rêvasse et dessine dans son coin, et commence à sortir avec des filles qui ont toutes la même particularité physique, elles sont callipyges de manière impressionnante.

    Il est un peu perdu entre un frère brillant mais de plus en plus enfermé dans ses fantasmes, une mère monstrueuse et la société des êtres humains dont il perçoit déjà toute l'absurdité et le grotesque.

    Déjà il se fait remarquer en portant des petits chapeaux ridicules qui lui donnent l'allure d'un petit vieux.

    L'arrivée des années 60 donne un rythme un peu plus trépidant à ses conquêtes et son absorption de substances illicites.

    Il est partagé entre le dégoût de lui-même, la volupté et l'envie brûlante de continuer à se vautrer dans ses délires fantasmatiques qui vont très loin, suscitant le malaise parfois :

    image prise ci-contre prise ici, tel qu'il se voit avec Aline, son épouse

    15-large.jpgMasturbation monstrueuse, réduction des femmes à de monstrueuses créatures dévorantes des pauvres hommes, quelques courbes et sphères, c'est tout, Crumb n'est pas aussi zen que un de ses héros, « Mister Natural », qui se balade tout nu sans que cela ne lui pose problème, et Crumb est tenté par l'enfer, tout comme « Fritz the Cat », le tout dans le même style saccadé qui apparaît comme « pacifié » depuis quelques temps.

    Il se voit comme le petit homme tremblant de peur, reclus dans un coin de son cerveau, mourant de peur et d'anxiété, de révolte, de colère, de solitude.

    Il voudrait bien être comme les types des pub, ou ceux des peintures de Norman Rockwell, avoir des bonnes joues rouges, ne pas être obligé de porter des "culs de bouteille" pour lire ou dessiner, ne pas avoir la hantise de la folie dans laquelle tombe son frère, qui partageait les mêmes angoisses, et qui se suicide quelques mois après le tournage du film de Terry Zwigoff.

    Et dont il reste persuadé qu'il était plus doué que lui. Charles Crumb dessinait des « comics » lui aussi depuis sa plus tendre enfance, ayant comme son frère la rage de s'exprimer par cet art. Encore maintenant, Robert Crumb ne sort jamais sans son calepin, « croquant » le monde qui l'entoure avec frénésie.

    Ce n'est pas exactement le dessinateur préféré des féministes car il semble penser comme Saint Jérôme que ce que d'autres appellent « l'Origine du Monde » n'est rien d'autres que la « Porte de l'Enfer », tout en aimant bien emprunter souvent cette porte d'ailleurs.

    Puis Crumb s'est marié, une deuxième fois, avec une dessinatrice qui avait « vécu » elle aussi, Aline Kominsky. Ils créent tous les deux « Dirty Laundry », comic où ils racontent tout de leur vie de couple.

    Trouvant un semblant de paix, il a pu commencer à ranger sa collection de vinyles de blues, jouer un peu de musique et rire avec sa fille. Arrivé à un certain âge, il est plus sage de se ranger ou du moins de trouver un équilibre et parler de ses angoisses avec plus de sérénité.

    Du moins, c'est ce qu'il voudrait que l'on croit, car il n'est pas si assagi...

    J'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade, comme on l'a vu, qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions.

    Il aide Harvey Pekar à raconter son auto-biographie, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70.

    Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans.

    Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »).

    Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des lecteurs modernes de la Bible, croyants ou pas :

    Une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée.

    Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche.

    Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob.

    Les prophètes sont entre Prospéro et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu dans l'écriture.

    C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante.

    Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

    Crumb a un site officiel

    Quelques articles de presse sur l'exposition en cours

    Ci-dessous, un extrait de "Crumb" de Terry Zwigoff où le dessinateur raconte l'histoire de l'Amérique à sa manière, et un extrait de "Fritz the Cat", adaptation d'une de ses BD les plus populaires

  • Les talons hauts, métronomes du désir

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     En introduction, je demande pardon d'avance aux lectrices qui pourraient se sentir choquées, ce serait bien à tort, il ne s'agit là que d'innocentes taquineries...

    image prise ici

    1992-1-talons-aiguilles.jpg?456649230Des talons, cela ne doit pas forcément claquer fort quand on entend une femme approcher, celle-ci fût-elle l'être aimée, la dulcinée du Tobozo que l'on vénère, ou une simple passante qui passe. Les talons hauts, c'est un peu comme la mini-jupe, c'est un sujet qui peut apparaître comme ça hautement superficielle, donc indispensable à traiter. Nous aurions pu nous attacher à décrire également le parfum des femmes et son importance (mais il y a déjà un film de Dino Risi sur le sujet, nous le conseillerons à nos lecteurs pour avoir dessus un point de vue exhaustif)

    Cela ne doit pas être trop saccadé non plus, sinon toute la magie de la chose se perd, c'est comme un métronome interne qui rythme nos sens et nous récompense de notre attente, surtout quand la dulcinée du Tobozo est systématiquement en retard, ce dont nous l'excuserons volontiers car ça fait partie bien évidemment de son charme (il suffit pour être tranquilles de lui fixer vos rendez-vous une heure avant).

    Cette magie des talons hauts c'est un peu comme ces coiffures qui se perdent pourtant, qui mettaient en valeur la délicatesse du port de tête des jolies femmes (pour les autres il faut quand même avouer qu'on s'en fiche).

    C'est un peu comme le porte-jarretelles et les bas noirs, si c'est trop ostentatoire, cela n'a plus beaucoup d'intérêt et de beauté. Il n'y a pas besoin que l'objet du désir, ou de la concupiscence masculine, cela dépend du point de vue où on se place, soit juchée, la pauvre, sur des talons de vingt centimètres, des talons juste un peu compensés suffisent largement pour faire le bonheur des amateurs de beauté féminine.

    En ces temps de théorie du genre de plus en plus prégnante dans les médias, ainsi que son corolaire paradoxal, le « Care », il ne fait pas bon vanter la féminité et ses atours en général, l'art délicat que savent encore manier certaines femmes capables d'élégance de marcher en hauts talons, la séduction, la beauté des filles.

    Cela se perd hélas et l'auteur de ce texte, grand amateur des jolies jambes des filles, se désespère car les talons plats se multiplient et certaines osent jusqu'à porter des « tennis » avec un tailleur comme cela est déjà la coutume outre-atlantique.

    Beaucoup de jeunes filles et de femmes en hauts talons ressemblent surtout de plus quand elles en mettent à des « professionnelles » du trottoir qu'autre chose. Les hauts talons sont devenus un accessoire de fille vulgaire.

    Selon les « Gender studies », la séduction, la beauté, l'art de bien s'habiller, tout cela n'existe pas puisque la féminité serait une construction sociale, et donc, les hauts talons en particulier un signe d'oppression de la masculinité.

    Étrangement, on remarquera que ça n'empêche pas les vestales de ces idées de prétendre que le « Care », le gouvernement des femmes, serait plus doux, plus intelligent, ce qui signifie donc que pour elles, la féminité donc existe bel et bien, on y perdrait son latin, mes bien chers frères.

    « Femme varie, bien fol qui s'y fie », a dit un jour avec raison un autre amateur de la beauté des femmes.

    Un macho, un réactionnaire, un infâme phallocrate se dirait que les « gender studies », et une bonne partie du féminisme actuel, c'est surtout une excuse que les moches ont trouvé pour se consoler, mais moi qui suis un gentil garçon, je n'irais pas jusque là.

    Je suppose que les adeptes du « Gender » et les féministes me rétorqueront que tout ce qui précède n'est que l'expression de ma lubricité contenue à grand-peine car je suis un mâle, me parleront de tous les viols, agressions sexuelles commis à cause des accessoires et tenues qui rendent la féminité d'une femme plus désirable qu'elle ne l'est naturellement.

    Ce serait une grave erreur de croire que les admirateurs de la séduction féminines manquent de respect envers les dames, au contraire, c'est même plutôt tout l'inverse. Ce serait comme ces militants anti-alcooliques, ces hygiénistes, pour qui boire un verre de vin ou deux, ou trois, c'est déjà avoir sombré dans la soûlographie, pour qui aimer la bonne chère, c'est « bouffer » pour bouffer.

    Alors que ça n'a bien sûr rien à voir.

    Quand il est question de la beauté des filles, il ne s'agit pas bien sûr de la beauté stéréotypée des femmes telles qu'elle sont montrées dans la publicité, les médias, la mode, avec un physique d'adolescentes à peine pubères anorexiques et faisant la gueule, retouché encore en plus ensuite à la palette graphique. Il n'y a pas d'exclusive sur le sujet, une femme qui a des seins et des hanches peut être belle et séduisante, tout autant qu'une femme mince et plus androgyne, ou une encore plus féline, etc...

    L'essentiel là-dedans, quant à la séduction, c'est au fond l'amour de la vie qui engendre souvent l'amour des autres, la capacité de rire de soi et du monde,

    Une femme qui n'aime pas la vie est laide, tout comme le soulignait Desproges d'ailleurs, il vaut mieux se méfier de celles qui mettent de l'eau dans un Bourgogne ou qui chipotent au-dessus d'un magret juteux au parfum capiteux.

    Ci-dessous, à retenir pour compléter cette causerie, le passage où Tony Curtis et Jack Lemmon observent Marilyn sur le quai de la gare


    Certains laiment chaud - trailer par enricogay

  • Goya, indigné par l'humanité

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    On parle aussi de Goya sur Agoravox

     L’Espagne a toujours été une terre de passions violentes, le centre des sentiments les plus exaltés. La foi, l'amour, la colère y semblent toujours exacerbés, parfois jusqu'à la sécheresse. Comme dans toutes les civilisations méditerranéennes, les sens sont à fleur de peau, entre la sensualité et la violence.

    img_1212764873210.jpgLes cœurs des souverains espagnols séparés de leurs corps à leurs morts en sont une bonne allégorie.

    Le Greco par exemple, peintre mystique, sévère et rude, manque d'humanité dans ses toiles religieuses. Goya, quant à lui, est plus incarné, il aime la vie, il aime quand même ses semblables.

    Il rappelle les plus grands génies de la peinture que sont les peintres de genre flamands et hollandais, qui savent très bien que la vie, les prétentions des uns ou des autres, ne valent pas grand-chose mais que cependant, rien ne vaut un être humain.

    Goya, je l'ai découvert dans les livres de classe, on montrait aux écoliers la « Maya desnuda ». Cette toile avait choqué en son temps car elle montrait une femme nue plus crûment qu'habituellement, plus charnellement et plus sensuellement aussi, sans se donner la peine de prétextes mythologiques ou non pour montrer sa nudité.

    Ce n'était qu'un faible écho de son art qui demande pour être véritablement apprécié, comme celui de tous les grands peintres, d'être en face du vrai tableau.

    C'est particulièrement le cas de « les Jeunes » (image ci-dessus prise ici) et « les Vieilles » (image ci-dessous prise ici), au musée de Lille, qui forme un diptyque passionnant. Se placer devant, les observer attentivement, est une expérience fascinante de plongée dans la vacuité humaine, dans le néant des apparences, des vanités. Ces deux tableaux bouleversent, car ils sont dans la vérité nue de l'esprit humain, sa laideur, sa noirceur.

    Goya fait partie de ces hyper-sensibles qui ont beaucoup de mal à s'adapter à la société telle qu'elle est maintenant et qu'elle commençait à poindre à l'époque du peintre :

    hyper-individualiste, avide, tournée uniquement vers le profit. Ces personnes comme cet artiste sont la plupart du temps en souffrance, car elles ressentent toute la sottise de leurs congénères, toute leur haine, toute leur folie, et n'arrivent pas à se résoudre à l'inéluctabilité de tous ces travers qui tiennent surtout de la nature humaine.

    Le peintre a la chance de disposer d'un grand talent pour exprimer tout ce qu'il vit, pour le partager, pour expurger tout ce qui pourrait le mener à l'amertume.

    Aujourd'hui, ce sont les « indignés » de Barcelone qui vivent ces passions fortes en Espagne, qui paraissent bien sages cependant à côté des combattants de la Guerre d'Espagne ou des résistants à l'Occupation française, pendant le règne de Napoléon. Bernanos y a dit la vérité des atrocités qu'il voyait, Hemingway y cherchait un sens à sa vie, contre l'absurdité du monde, malgré Guernica et la folie, et la bêtise « à front de taureau », et Goya a peint les sentiments de dérision, la colère, la honte et l'indignation qui l'ont envahi après l'invasion de son pays par les armées de Bonaparte en 1808. (des renseignements sur la guerre avec la France pendant la Convention à ce lien).

    Les soldats de l'empereur ont commis de nombreuses atrocités qui ont ému Goya, qui l'ont indigné à tel point que cela a durablement marqué sa peinture : exécutions de civils, massacres divers...

    De peintre de cour réalisant des œuvres légères ou galantes, comme « l'Ombrelle » ou la série des « Quatre Saisons » (l'été ici), peignant la vie de cour, plaçant déjà quelques éléments de satire sociale, comme le fit Velázquez à d'autres époques, il est devenu un artiste beaucoup plus sombre explorant des sentiers beaucoup plus tortueux, ne se bornant plus à exposer quelques bonnes intentions généreuses et libérales, mais allant fouiller jusqu'aux tréfonds de l'âme, la sienne, celle de ses contemporains, pour y trouver des réponses, des réponses à la sottise, à l'égoïsme, à l'injustice.

    Peintre un peu mondain au départ, il est néanmoins influencé par les idées des « Lumières » venant de France, il déchantera au moment des bruits de bottes des grognards. Comme beaucoup de privilégiés ayant ces idées libérales et généreuses, pour la liberté, la justice, c'est au départ plutôt superficiel.

    Il n'en voit pas les implications.

    20-site-temps-et-les-viel.gifComme beaucoup de personnes avant lui, il faut qu'il soit plongé dans l'horreur absolue pour que ses yeux se dessillent et qu'il comprenne que lutter contre l'injustice et la haine, c'est d'abord en actes que cela se fait, en actes différents selon chacun, mais en actes.

    Il est quand même ironique et frappant que pour changer vraiment les choses, que pour prendre conscience de la vanité des aspirations individualistes, il faille que l'être humain passe par justement l'horreur absolue, nous ne devrions pas en avoir besoin, et pourtant. Beaucoup franchissent rapidement la première étape qui est de s'indigner, d'être en colère ou non. La deuxième est une marche beaucoup plus difficile à passer.

    Et lui, en tant qu'artiste, il le fait par ses œuvres qui ne sont pas simplement des pensums à message, lourds et didactiques, mais largement universels.

    Des cinéastes espagnols s'inspirent encore de Goya, comme Alex de la Iglesia ou Guillermo del Toro, mais c'est là encore un écho largement amoindrie des cauchemars de Goya qui n'avaient pas besoin de créatures fantasmatiques pour évoquer la terreur que lui inspirait la sottise humaine.

    Cependant, dans les œuvres de l'un et de l'autre subsistent malgré tout quelques images fugaces qui le rappellent, ainsi celle-ci dans « le Labyrinthe de Pan » de Guillermo del Toro.

    Mais leurs rêves sont trop marqués par le monde, encore trop étriqués, trop sages.

  • Ballade parisienne

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    "Être parisien, ce n'est pas être à Paris, c'est y renaître"

    Sacha Guitry

    C'est totalement vrai, je le certifie.

    Un album de photos parisiennes de votre serviteur a été ajouté à droite...

    J'adore Paris, c'est mâââl de nos jours, mais je m'en fous, amis péquenots.

    P1000645.JPGP1000631.JPG

  • Vie et mort de monsieur Erik Satie

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    On parle de monsieur Satie sur Agoravox aussi

    « ... moi, je n'aime pas les pédagogues: je les connais trop; car ce sont eux qui (d'une main sûre) embrouillent et ratatinent tout ce qu'ils touchent, par des pesées, des mensurations, et des dosages comiques, mais empoisonnés... »

    119803.jpgdans « Écrits » de Erik Satie

    (Écrits réunis par Ornella Volta, Éditions Champ Libre, 1981, p. 152)

    Erik Satie est né à Honfleur en 1866, comme Alphonse Allais, autre grand humoriste doué, il est mort en 1925 apparement, à moins qu'il ne se soit contenté simplement contenté de quitter notre dimension pour aller s'amuser dans une autre.

    Avec Satie, il faut s'attendre à tout. Car il se permet tout, y compris d'introduire une machine à écrire et un pistolet dans un morceau joué par un orchestre symphonique, dans « Parade ».

    Sa famille donc simplement terrestre quitte la Normandie en 1870 pour aller s'installer à Paris pour les affaires du père.

    En 1872, quand leur mère meurt, Erik et son frère reviennent à Honfleur pour vivre avec leur grand-mère qu'ils perdent également en 1878, sur une plage de la Manche.

    Son père s'étant remarié entre les deux évènements avec une jeune femme, professeur de piano, les deux garçons retournent de nouveau avec lui à Paris. La belle-mère de Satie essaie de lui inculquer les rudiments du solfège et son goût pour la musique des compositeurs reconnus par le conservatoire et l'académie. Il en conçoit donc assez vite une répugnance assez vive pour l'un et l'autre.

    Quand il se souvient de sa jeunesse, il écrit : « Je suis venu au monde très jeune dans un temps très vieux ».

    Il entre pourtant au conservatoire en 1879.

    S'y montrant indocile et trop original aux yeux de ses maîtres, il en est exclu deux ans et demi après y être entré.

    Il y est cependant réadmis en 1885 après avoir promis d'être plus respectueux de ses aînés, promesse qu'il ne tient pas très longtemps. Il décide alors, sous la pression pour se trouver une situation, de s'engager dans un régiment d'infanterie. Il tient deux ans et réussit à se faire réformer après avoir attrapé volontairement une congestion pulmonaire en exposant son torse au vent frais de l'hiver.

    Il part donc en 1887 à Paris pour s'installer à Montmartre, tout d'abord au pied de la Butte, qu'il conquiert ensuite progressivement, pour s'installer rue Cortot en 1890. Il devient ami de Mallarmé et Verlaine. La même année, il compose les six Gymnopédies, qui semble facile à intepréter au point de vue technique par des interpètes, mais qui l'est un peu moins du point de vue des nuances et des sentiments que l'on y met : la solitude, la nostalgie, l'enfance, l'amour, deux ou trois gouttes de dérision subtile.

    Après s'être installé rue Cortot, il fréquente assidûment « le Chat Noir » et surtout le cabaret d'un certain Gilles (qui avait un lapin, d'où le nom plus connu de son établissement, « le Lapin Agile »). Cet établissement deviendra plus tard encore un peu plus fameux comme atelier de Boronali, ce peintre moderne et abstrait d'un grand talent aux yeux des critiques et des mondains de son temps.

    C'est au « Chat noir » qu'il devient ami avec Debussy, et qu'il accompagne parfois Vincent d'Hyspa, chansonnier de son époque, dans quelques chansons que Satie juge comme autant de fadaises, d'ailleurs parfois écrites par lui. Il a bien tort d'en avoir une si mauvaise opinion car « la Belle excentrique », « la diva de l'Empire » et « Je te veux » sont des chansons encore d'une célébrité sympathique de nos jours encore.

    satie.jpgIl compose aussi en 1890 les « Gnossiennes » où il s'engage dans une voie à la fois méditatitve, les morceaux en eux-mêmes, et ironique, les indications de jeu pour le pianiste (« du bout de la langue », « vivache » etc...), avec quelques notations orientales.

    Pour gagner un peu d'argent à partir de ces années là, il est déjà très pauvre, il écrit les « Pièces froides pour piano » (1893), « pantomime Jack in the box » (1899) et « un petit opéra pour marionnettes », « Geneviève de Brabant » (1899), en trois actes dont chacun dure moins de cinq minutes.

    En 1891, Debussy et Satie s’engagent plus ou moins pour rire dans l’« Ordre kabbalistique de la Rose-Croix » fondé par le « sâr » Joséphin Péladan, dont les pétarades annoncent celles de Salvador Dali, le sâr étant lui-même « annoncé » par Robert de Montesquiou, et par Stanislas de Guaita, qui avait sur la chose un point de vue au premier degré.

    On remarque que Satie ne fait pas qu'annoncer le sâr et ses disciples tardifs, mais aussi Jacques Tati, ils sont aussi doués pour l'humour à froid fin et élégant, ou Pierre Étaix, dont il partage le cynisme. Le gag « à la Tati » de Satie, c'est bien sûr la création de la « musique d'ameublement ». Il a lui-même créé le terme « musique d’ameublement » pour définir certaines de ses œuvres, signifiant par là qu'elles pouvaient fort bien convenir comme fond sonore agréable dans un intérieur bourgeois convenable et de haute tenue.

    On retrouve de Satie dans Alexandre Vialatte, le même plaisir pris à se livrer à l'absurde le plus débridé, le même ton à la fois enfantin et désabusé, caustique et naïf, tout comme Marcel Aymé.

    C'est un ordre ésotérique dans lequel on peut supposer Satie dubitatif. Il en composera néanmoins les fanfares et sonneries. Il compose entre autres les « Trois Préludes du Fils des étoiles » « wagnerie kaldéenne » sur un texte de Péladan.

    On fera de cette œuvre une source d'inspiration de « Pelléas » de Debussy, ce que Satie reprochera beaucoup au « génie à front de taureau indochinois ».

    Cet église fantaisiste annonce les délires des surréalistes et de Dada un peu plus tard.

    Satie est là aussi un peu trop en avance cependant.

    Pour s'amuser aux dépens des hommes graves et sérieux, Satie écrit tout un opéra farfelu à la gloire du Sâr, qu'il propose avec la complicité de Debussy à l'Opéra de Paris qui est à deux doigts de l'accepter. Les responsables de cette institution musicale et sévère ont cependant vent de la réputation du musicien et mettent fin à la farce qui fait beaucoup rire dans le Paris artiste et sans le sou de l'époque.

    En 1893, il tombe amoureux fou de Suzanne Valadon, qui fait son portrait. Comme un enfant, il lui demande de se marier avec lui dés leur première nuit d'amour passée ensemble. L'artiste refuse, leur liaison dure cependant cinq mois, liaison auquelle elle met fin brutalement, laissant Satie désespéré. Il faut dire que la vie en commun n'était pas de tout repos.

    Comme beaucoup de créateurs inadaptés, mais talentueux, voire géniaux, Erik Satie était aussi parfaitement insupportable, alternant les sautes d'humeur avec des moments de grande euphorie.Il fait aussi la connaissance de Maurice Ravel la même année dont il dira plus tard non sans aigreur, car il est jaloux du succès rapide de Ravel : « Maurice Ravel a refusé la Légion d'honneur alors que toute sa musique l'accepte ».

    En 1895, il fait un petit héritage, ce qui lui permet de se donner un autre style, moins « clergyman » et plus « dandy ». on le surnomme alors le « Velvet Gentleman » car il affecte de ne s'habiller qu'en velours.

    Le pactole fondant très vite, Satie est un panier percé qui n'est pas prodigue de ses dons, il est obligé de quitter dans un premier temps son logement pour prendre une chambre rue Cortot. Il quitte Montmartre en 1897 pour son « ermitage d'Arcueil », une toute petite chambre.

    Il reprend alors contact avec son frère, et abandonne ses divagations religieuses ésotérico-comiques.

    Il pousse même le vice jusqu'à adopter le costume d'un « fonctionnaire bourgeois » en 1905 et de s'inscrire à la « Schola Cantorum » d'Albert Roussel. Il y étudie le contrepoint classique, est très sage quelque temps. Cela ne dure qu'un temps, car il est vite lassé par les prétentions de ses nouveaux « maîtres » à écrire de la musique dont personne ne se souvient maintenant, et pour cause. Il fait connaissance en 1915 de Cocteau qui le présente au « Groupe des six », qu'il parainne en quelque sorte, sans s'y intégrer, étant beaucoup trop indépendant pour faire partie de quelque groupe qui lui dicterait sa conduite en matière de création.

    Il en profite pour égrener au piano les « Heures séculaires et instantanées » ; parler « Sports et divertissements » (en 1914), là encore pour piano, tout en donnant matière à inspiration aux dadaïstes

    Et surtout en 1917, il écrit la musique de « Parade », « ballet réaliste » et oeuvre totale, sur un argument écrit par Cocteau, des décors et des costumes de cirque dessinés par Picasso, une chorégraphie de Léonide Massine, représenté par les Ballets russes de Diaghilev lui-même étant en monsieur Loyal.

    Certains lui préfèrent « Relâche » « ballet instantanéiste », composé sur un texte de Francis Picabia, avec un intermède cinématographique de René Clair ( Entracte) illustré par une musique de Satie, et une chorégraphie de Jean Borlin, représentée par les Ballets suédois de Rolph de Maré. En 1923, il est l’inspirateur flatté de l’École d'Arcueil, groupe informel composé de Henri Cliquet-Pleyel, Roger Désormière, Maxime Jacob et Henri Sauguet.

    Il en parle avec humour mais il est ravi .

    Ce groupe ne survivra pas à la mort du « Maître d’Arcueil » le 1er juillet 1925 sur son lit d'hopital.

    Quand il décède, ses amis trouve un bazar inommable dans le logement de Satie, deux pianos attachés ensemble, des faux-cols cachés un peu partout, dont certains dans des endroits incongrus que la morale réprouve avec force. On lui prête aussi une conversion secrète de dernière minute, au catholicisme. Mais il est permis d'en douter malgré tout, Satie affichant à la fin de sa vie un athéisme très affirmé.

  • Tourisme vert avec Jean-Pierre

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    Merci à Sandrine, c'est le genre d'humour que j'adore.

    trteiber.jpg

  • Exposition "la Shoah et son ombre"

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    gal_13268.jpgNouvelle exposition sur nikibar.com :

    Francine Mayran-Hertzog
    La Shoah et son ombre

    Francine Mayran-Hertzog est peintre et psychiatre, et vit à Strasbourg.
    Elle peint ce qu'elle n'a pas vécu. Elle ressent profondément ce qu'elle n'a pas connu.
    Elle réinterprète ce qu'elle a vu, lu et entendu tant dans les films d'archives que dans les témoignages.
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • Nouveau chez Niki

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    EXPOSITION
    Hanna Nussbaum
    (Membre de l'Association Internationale des Peintres et des Sculpteurs)
    Portraits et paysages
    (Cliquez sur la photo pour entrer dans l'exposition)
    *
    PUBLICATION
    Théâtre :
    En attendant Margot
    de Viviane Scemama Lesselbaum

    viviane-lesselbaum.jpgLes dialogues de cette tragi-comédie sont truffés d’emprunts à l’arabe, à l’hébreu, et d’expressions franchouillardes. Ainsi, certains mots et phrases forment un dialecte qui conserve une grande saveur.
    "Jojo, il est bête comme un balai sans poils. Ce n’est pas lui qui aurait inventé la machine à courber les bananes..."
    *
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • Journal d'un groupe d'humanitaires israéliens au Vietnam et autres nouveautés sur Nikibar...

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    Nouveau sur nikibar.com :
    PUBLICATION
    VIETNAM 2008 - JOURNAL DE BORD
    Dr Jacky Bronstein
    Journal de bord retraçant le voyage au Vietnam d'un groupe de médecins et de paramédicaux israéliens.
    PORTRAIT
    Mireille Warshawski
    Je suis née 6 ans après la fin de la "grande guerre" (14-18). J’ai mis longtemps à m’apercevoir qu’à quelques années près j’aurais pu naître allemande, comme mes parents...
    (Extrait de "Sans œillères")
    EXPOSITION
    MAI 2009
    :
    Concepts innovants (Nouvelle rubrique d'art)
    Tchise - Planètes
    Tchise
    Un jeune artiste, après avoir acquis l'expérience des bombes aérosol sur les murs, traduit l'art du graffiti sur des toiles...
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • L'Institut d'esthétique et de poétique - de Jacques-Yves Rossignol

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    J'adhère complètement à cet institut qui la prolongation concrète d'un groupe défunt et censuré de Facebook...

    L’Institut d’esthétique, et de poétique :

    face à l’impasse du cynisme facile de l’art contemporain

    (note d'Amaury : voir photo ci-contre)

    1217890296.jpgNous avons effectué une revue bibliographique autour des problèmes posés par cet art encombrant et prétendant régir tout le domaine de la  création actuelle.
    Nous produisons déjà des oeuvres (livres d'artistes, vidéos, photos) initiant la ridiculisation, la dévalorisation et le dépassement de cet art fatigué.
    La meilleure manière d'en finir avec l’art contemporain, c’est de faire tout de suite ce qui se fera après !

    Participez à l'Institut en écrivant au mail ci-dessous :
    esth.poet@gmail.com

  • "Qui a peur du rouge ?" - expo d'Anne Slacik

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    slacik.jpg

























    Une expo qui fera plaisir à mes lecteurs et lectrices communistes :
    "Qui a peur du rouge ?".
    Celle-ci est organisée de plus dans une ville où j'ai des souvenirs agréables. Les filles y sont callipyges, y ont des yeux gris à se noyer dedans, des cheveux auburn d'une teinte délicate, et sont aussi, c'est moins romantique, d'exceptionnelles chieuses, ce qui fait leur charme (de l'art de mettre un message personnel dans une note sur la peinture).
    exposition collective avec M. Dollé-Lacour, B. Bonnafous, A. Slacik
    à l'initiative de la Communauté d'Agglomération Plaine Commune
    Stade de France (entrée D)
    Avenue Jules Rimet  Saint-Denis 93200
    du mercredi 1 au dimanche 19 octobre 2008
    de 10h à 17h30
    vernissage le 30 septembre à 18h
    Edition d'un catalogue, texte Tita Reut

  • L'art moderne dans la rivière

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    iton.JPGCe beau matin d'Automne, en allant au marché d'Evreux, alors que je sortais de mon hotel particulier du centre-ville où nous cachons notre amour ruisselant d'émotion avec Christina Ricci, en marchant le long des berges de l'Iton, la petite rivière qui traverse la ville, non, pardon, respectons l'orgueil des ébroïciens, le fleuve puissant qui court entre les rues, j'aperçois une "oeuvre d'art" au milieu du cours d'eau, non pardon, faut plus dire "oeuvre d'art" mais "installation" (geste). Cette installation (geste) s'apparente à des poissons en bois empilés sur un poteau central, à moins que ce ne soit un pic de barbecul, pouf pouf, non pardon, barbecue. En fait quand on s'approche on voit que les "poissons" n'ont pas la forme de poissons mais que çà y ressemble quand même un peu. Et ce qui me semble le comble du ridicule, pardon, du génie de la chose, c'est le petit drapeau du "Lions club", la franc-maçonnerie non intellectuelle pour bourgeois de province, qui flotte fièrement tout en haut, participant ainsi à l'éducation artistique des masses laborieuses et incultes (celles-ci les malheureuses pensent surtout en ce moment à leur survie financière, on se demande bien pourquoi) tout en étant ludique car de nos jours tout doit être ludique participant à l'infantilisation généralisée de la société qui implique que des hommes mûrs se comportent en ados post-pubères et les femmes de la même génération en lolitas frivoles. Je n'ai rien contre l'art moderne, rien du tout, j'aime bien la cathédrale de la Treille à Lille ou la basilique Jeanne D'Arc à Rouen, j'aime bien Robert Combas ou même Louise Bourgeois, mais parfois, l'art moderne c'est une belle arnaque pour extorquer du fric à des bourgeois replets et sûrs de leur esprit progressiste et tellement lumineux selon l'opinion qu'ils ont d'eux (ils confondent souvent magot et taille de la cervelle).

    Sinon, je me ferais bien des sardines au feu de bois, moi...

  • Exposition Piero d'Anne Slacik

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    Nouvelle expo d'Anne et j'en profite pour rappeler qu'il y a plein de choses à voir chez Niki (expos, textes, tribulations de Bollog...etc)

    anneslacik.JPG

  • Expo de Véronique Lévy chez Niki

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    Nouveau sur nikibar.com :
     
     
    847180477.jpg"Pour moi, le plaisir de peindre c'est, sans aucune limite, enfreindre, laisser libre cours à l'imaginaire grâce aux mélanges de couleurs et de matières."
     
     
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