Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

apparence

  • Le jeune couple et le petit gros

    Imprimer Pin it!

    1the-kooples-collection-automne-hiber-2010-1.jpegQuand je me déplace en ville, je prends souvent mon vélo, j'adore ça. Et je l'avoue j'ai tendance à le conduire un peu comme j'écris ces petits billets de blog bien innocents. Je monte sur les trottoirs sans me poser de questions et lorsque des bobos ruraux ou non me barrent le passage (étonnant leur faculté à marcher en rangs, ce doit être l'habitude du troupeau?) je joue joyeusement de la sonnette. Il m'arrive aussi de terroriser les vieilles dames promenant Médor à moins que ce ne soit Kiki le nez en l'air (leur maîtresse, pas le clébard me dois-je de préciser, le clebs aurait plus la patte en l'air). Je sais, je devrais avoir mauvaise conscience mais en fait, je n'ai aucun scrupules.

     

    J'aime le vélo aussi parce que l'on peut s'arrêter lorsque l'on croise des personnes que l'on connaît voire boire parfois avec les plus sympathiques un petit cassis à la terrasse d'un café ombragé.

     

    Ce jour là, allant faire une course ou deux je croise un jeune couple fort sympathique dans la rue. Je les hèle, je fais de grands signes de la main en adoptant un visage qu'encore aujourd'hui j'estime jovial, mais rien, ils n'ont pas l'air de me remarquer, pire encore ils m'ignorent délibérément. Cela ne me dérange pas plus que ça, tout en me décevant un peu....

    Lire la suite

  • Une société de voyeurs

    Imprimer Pin it!

    En discussion sur Agoravox

    Nous sommes une société de scopophiles, de voyeurs qui adorent regarder, scruter, surtout ce qui ne va pas, chez l'autre. C'est pourquoi nous laissons notre quotidien être envahi par les caméras de browning_et_les_freaks.jpgsurveillance. Nous sommes des spectateurs du peep-show du monde actuel, fascinés par la destruction, la catastrophe, l'ordure, la violence, la haine. Les films hollywoodiens ou non formatés adorent montrer tout cela, comme ils rechignent à parler de sexe ou d'amour de manière un peu adulte et non comme une adolescente à peine pubère.

    Comme nous adorons aussi nous faire peur avec l'idée de notre propre destruction comme si nous étions finalement conscients d'aller à l'abîme à grands pas et joyeusement.

    Il n'y a plus de spectacles de monstres, il n'y a plus de cirques montrant des « phénomènes », mais nous mettons des petits myopathes sur une scène, en pleurnichant un peu pour nous donner bonne conscience mais c'est toujours « Barnum » en représentation avec ses « freaks ».

    C'est d'ailleurs paradoxal à notre époque hyper-normative qui favorise une hyper-standardisation d'être aussi attirés par la monstruosité et la difformité, à croire que beaucoup voit dans les handicapés un reflet de leurs âmes plutôt tourmentées.

    Et toujours avec le même manque de franchise et d'honnêteté quant aux motivations. On ne veut surtout pas parler de compassion ou d'humanité simplement.

    Pour s'excuser de notre curiosité malsaine, nous enrobons le tout de bons sentiments bien mièvres, de sensiblerie dégoûtante et frelatée, la même que l'on retrouve dans les publicités tellement « authentiques » pour de la purée en sachets ou du jambon sous vide. Cette sensiblerie, cette exaltation d'une fausse gentillesse geignarde et rose-bonbon, c'est notre justification de notre voyeurisme.

    On montre des petits africains qui souffrent de famine, des japonais tellement « dignes dans leur souffrance » selon la formule que l'on a entendu tout le temps, des jeunes arabes tellement courageux qui font la révolution par procuration pour les occidentaux endormis dans leur mauvaise graisse, leur choléstérol, leur anorexie ou leur boulimie, leurs névroses de riches et de bien-portants. On cherche un signe ou un sens à une catastrophe. On aime bien mettre en parallèle deux catastrophes, Fukushima et le 11 septembre, par exemple.

    Au bout du compte, c'est surtout que les catastrophes rassurent celui qui bénéficie d'un certain confort matériel, et souvent intellectuel. Il se dit alors qu'il y a plus malheureux que lui et apprécie d'autant mieux son aisance. Bien sûr, cela ne lui viendra pas à l'idée une seule seconde d'essayer de changer quoi que ce soit à l'iniquité fondamentale qui mène cette société.

    C'est forcément la fin du monde, on n'hésite pas à sombrer dans le millénarisme le plus délirant, comme croire que la planète va vraiment s'arrêter de tourner le 21 décembre 2012.

    C'est curieux de constater que notre époque qui se dit et se revendique amorale et a-religieuse croient en autant de choses aussi irrationnelles et tenant de la foi du charbonnier.

    Il faut dire que dans les magazines et même dans des journaux dits sérieux on n'a jamais vu autant de publicité pour différents horoscopes ou méthodes d'astrologie ou de divination.

    Si tant de personnes sont persuadés que le monde va crouler en même temps qu'eux, c'est a ussi par individualisme forcené, du fait du nombrilisme extrême tel qu'il se pratique de nos jours : « Si je meurs, c'est forcément le monde entier qui doit mourir en même temps que moi ».

    Cela tient aussi de la croyance qui veut que notre société de sur-consumérisme soit le nadir de la civilisation, une apogée, l'acmé de la pensée alors que nos descendants nous considèreront certainement, peut-être d'un oeil attendri, comme des barbares.

    On s'étonne qu'un petit garçon, (ou une petite fille), né avec un handicap qui se voit un peu, cela suffit pour provoquer la curiosité mal placée, devienne plus tard caustique voire cynique alors qu'il a pris l'habitude de diviser très tôt le monde en deux catégories : ceux qui ne s'arrêtent qu'à l'apparence, ceux qui vont plus loin.

    Photo ci-dessus et vidéo ci-dessous extraites de "Freaks" de Tod Browning (sur la photo on voit le réalisateur et ses acteurs, photo prise ici), le chef d'oeuvre s'interrogeant le mieux sur la "normalité" et la "différence".


    Freaks 1/4 par laingui

  • Faut-il clouer les gros au pilori ?

    Imprimer Pin it!

    obesite_1.jpg

    Dans ce cas, je pense qu'il faudra au moins des clous de menuiserie...

    Je viens de lire des articles sur cette grande cause nationale qu'est l'obésité (ici un site un peu plus pertinent que les articles de magasines), on ne veut plus voir un ventre rond qui dépasse. Dans la plupart des explications que l'on y donne, le gros l'est à cause de la "'junk food", parce que c'est un goinfre, ou alors parce que c'est un plouc décérébré qui ne fait pas attention à manger cinq fruits et légumes par jour. Le gros est vu comme un irresponsable, et devient la plupart du temps le bouc-émissaire de la culpabilité d'un ou deux bons apôtres quant à leurs privilèges matériels. L'autre problème de ces articles comme de la manière dont cette grande cause est menée, c'est que tout cela va mener à un standardisation des corps, et des esprits, et à la stigmatisation des physiques différents. Cela m'a rappelé le cas d'une personne que je connais bien. Rond depuis l'enfance, gourmand, contrairement à certains gros il ne va pas jusqu'à prétendre qu'il se nourrit de cigales grillées au miel comme un ascète et grossit quand même malgré lui, il développait depuis son plus jeune àge un mal-être profond dû à cette question d'apparence. Comme beaucoup de gros mal dans leur peau, il a reçu de nombreux conseils, son cas a été analysé à de nombreuses reprises, on suggérait qui un problème d'Oedipe en somme, qui un vice caché et inavoué, un autre encore une homosexualité latente ou une inadaptation au monde. Il a fini par y croire et se renfermer complètement dans sa coquille en rejetant plus ou moins le reste du monde et de l'humanité. Et puis, il m'a raconté avoir consulté un dermatologue il y a quelques temps pour un problème de dépigmentation qui a enfin apporté une réponse : le problème de peau dont il souffre ainsi que son obésité sont tout simplement dus à un dérèglement de la glande thyroïde qui entraîne également un autre symptôme qui est un léger tremblement (que l'on attribuait auparavant, lui y compris, à son hyper-émotivité). Ce dermatologue, faut-il le dire, est bêtement un médecin "à l'ancienne" qui voit des manifestations d'un problème et en tire des conclusions toutes bêtes là encore mais juste, au lieu de psychologiser à outrance. Je sais que je ne serai pas entendu, mais il serait bon qu'au lieu de juger et condamner immédiatement un gros quand on en croise un, on essaie de comprendre et on fasse l'effort de se dire qu'il y a peut-être autre chose que la goinfrerie comme cause de son surpoids.