Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

angleterre

  • « English touch in comedy »

    Imprimer Pin it!

    Depuis deux semaines, on peut revoir grâce à Arte des comédies célèbres des fameux studios Ealing, fameux pour le logo et le gong de la « Rank Company », comme « Tueur de dames » (« The Ladykillers », objet d'un remake discutable mais pas si mal des frères Coen) avec Alec Guiness et Peter Sellers, et « Noblesse oblige » avec le même Alec Guiness qui interprète les rôle de tous les membres de l'infortunée famille d'Ascoyne assassinée par l'élégant et cynique -mais finalement moral- Dennis Price.

    en8478.jpgDans la première œuvre, d'Alexander Mackendrick, des truands louent une chambre meublée chez une vieille dame anglaise un peu excentrique (sa maison est de travers). Profitant la naïveté de la pauvre vieille, ils réussissent un gros coup mais c'est la naïveté supposée (L'est-elle autant qu'elle le prétend ? Ce n'est pas certain) qui les perdra un par un, le dernier à mourir, le professeur, un sadique nanti d'un vernis de culture qu'il s'emploie à étaler constamment, Alec Guiness, décédant encore plus absurdement que les autres après qu'un de ses complices, un boxeur stupide, ait lui-même assassiné un autre comparse, Peter Sellers, petit voyou cockney qui essaie au départ de jouer les durs, comme le personnage joué par Herbert Lom, futur commissaire Dreyfus de "la Panthère rose", le premier à mourir. La vieille dame finira par profiter toute seule du magot, les policiers, aussi crétins que les gangsters, ne la croyant pas quand elle vient raconter toute l'histoire. J'aime beaucoup le ton élégamment ironique et très caustique de cette comédie extrêmement fine sans pour autant souffrir de la moindre prétention.

    NOBLESSE%20OBLIGE%202%20A%20G.JPGDans « Noblesse oblige » de Robert Hammer (« Kind Hearts and Coronets » ), le bâtard d'un duc pair du royaume qui a abandonné sa mère et ne l'a pas reconnu ni même secouru, Louis Mazzini, élimine tous les membres de famille d'Ascoyne afin d'en rester le seul héritier. C'est un criminel moral car chacune de ses victimes meurt par où elle a fauté, l'alcoolisme caché de l'un, la gourmandise de l'autre, le prêtre de la famille ( un raseur qui comme le dit Mazzini était « le plus simplet et a donc hérité pour cela de la charge ecclésiastique de la famille »), la bonne dame suffragette est trahie par son orgueil, et le banquier de la lignée par son avarice, quant au cadet il révèle sa lâcheté. Mazzini est quant à lui bafoué par la seule femme qu'il ait jamais vraiment aimé sincèrement excepté sa mère. Et il est finalement condamné à mort pour le seul meurtre qu'il n'ait pas commis. C'est lui qui raconte toute l'histoire de sa prison. Ce film montre parfaitement toute l'hypocrisie de certaines conventions sociales, en particulier toutes celles liées aux apparences. Mazzini dupe très facilement ses victimes en flattant leurs prétentions et leur orgueil, penchant qui le perd également car il finit par croire vraiment à la légitimité des meurtres qu'il commet pour s'élever et retrouver le rang qu'il estime mériter.

    5463.jpgJ'aime beaucoup aussi « L'homme au complet blanc » également avec Alec Guiness, également d'Alexander Mackendrick également réalisateur de l'excellent « Grand chantage » avec Burt Lancaster et Tony Curtis. L'acteur habitué des comédies britanniques y interprète Sidney Stratton, ingénieur chimiste finissant par découvrir grâce à l'appui d'un de ses amis industriels, Alan Birnley, un tissu apparemment inusable. Ce tissu semble d'abord faire la joie de tout le monde, et on pense même pouvoir résoudre différents problèmes causant beaucoup de souffrance, mais l'argent que les industriels commencent à perdre, les bénéfices que les petits et gros commerçants ne font plus les amènent à haïr un peu plus chaque jour l'inventeur idéaliste qu'ils finissent par vouloir tuer. Acculés par ses poursuivants, l'ingénieur est sauvé par la désagrégation soudaine de son costume, taillé dans le tissu miraculeux. Il finit par retourner dans son laboratoire pour continuer les recherches. C'est une histoire à la Marrcel Aymé, une parabole sur notre société gangrènée par le pognon.