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anars de droite

  • Les Anars de droite de salon...

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    anars de droite, littérature, politique, société, hypocrisie, collusion, Barnum consumériste, amaury watremezIl n'y a pas de faute au graffiti, les anars de droite sont bel et bien morts aux cons..

     

    Je suis il paraît un anar de droite dont je partagerai les contradictions selon un ami de gauche : individualisme forcené et mépris absolu pour l'égoïsme sans frein de mes contemporains. Je suis même d'une longue lignée d'anars de droite. Cela ne me dérange pas, je suis en bonne compagnie. Un anar de droite déteste les idéologies, toutes les idéologies, même celle s'appelant « anarchisme de droite » et qui n'existe pas depuis bien longtemps, un avatar débile des libertariens. Il tient à son indépendance, à sa liberté, à ne pas subir un bonheur qu'on voudrait lui imposer malgré lui. Il veut user de son libre-arbitre comme il l'entend, sans souci de la gloriole humaine ou des futilités à la mode parmi les bourgeois qui maintenant pensent ou feignent de penser et théorisent le monde, réduits à des slogans et lieux communs étriqués, d'une sottise épaisse...

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  • De retour du défilé du 1er Mai... (encore un article « scandaleux »)

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    politique, FN, 1er Mai, société, anars de droiteD'aucuns parmi mes lecteurs attentifs, voire pointilleux, le genre à écrire anonymement aux autorités compétentes pour évoquer la dangerosité de ma liberté de ton, envers les jeunes générations, se diront qu'enfin je jette bas les masques, plus qu'un « anar de droite », et, pire encore, je n'étais qu'un facho en somme, tant pis pour eux. Hier, je suis allé au défilé du FN 1er Mai e pour pouvoir en parler en me confrontant directement aux personnes qui y participent.

     

    On retrouve des anciens militants, souvent peu subtils dans leur démarche politique, qui hélas exprime parfois leur xénophobie, leur vulgarité, sans gêne ni remords, et des nouveaux qui eux sont là de par un raisonnement politique construit, des élus qui viennent de l'UMP comme Jean-Yves Narquin, le frère de Roselyne Bachelot, engagé car soucieux de protéger la souveraineté de la France actuellement bien érodée, des « souverainistes » anciens partisans de Chevènement, comme Florian Philippot, ou simplement des mères de famille ayant tiré des conclusions logiques des attaques « sociétales » contre la Famille et les liens traditionnels sociaux du « Mariage pour Tous » en attendant la loi sur l'euthanasie.

     

    politique, FN, 1er Mai, société, anars de droiteEt tu le sais déjà, ami lecteur, qu' au bout du compte, j'estime personnellement que le système et ses thuriféraires : la plupart des médias en l'occurrence, ont la chance que ces idées soient portées par la famille Le Pen ayant tendance à considérer qu'elles sont sa propriété et son usufruit exclusif, ainsi le système perdure, les politiques de profession continuent à faire carrière et se partager les places en feignant le clivage droite-gauche qui n'est plus pertinent en 2014, le vrai étant celui entre les citoyens s'inquiétant des attaques contre la Nation et le peuple Français, et ceux qui les ont déjà enterrés. C'est ce que l'on sentait à l'écoute du discours de Marine le Pen, violemment anti-libéral, et anti-européiste, contre cette union de « boutiquiers ».

     

    Les médias se contentent pour l'instant de n'évoquer que ces deux points posant problème et, omettant, «  bizarrement », je trouve aussi , ami lecteur, de décrire la subtilité de la réflexion politique des nouveaux cadres « FN » ou « RBM ». Hier, j'étais devant eux, juste en face du podium, ces messieurs-dames étaient sur leurs estrades réservées, bénéficiant peu ou prou du même angle de prise de vues, les uns à un petit peu à gauche, les autres un peu plus à droite, mais pas trop, le « marais » « bobo » fébrile et fulminant au centre, montrant son mépris des personnes défilant, en particulier le journaliste du « Petit Journal » spécialiste en dérision « citoyenne » (de gauche, enfin plutôt de « gôche », la sociétale...), tripotant leurs jouets coûteux, caméras et « smarfônes » high tech pour se consoler d'être pour eux dans « la gueule du loup », chez des nostalgiques des ordres noirs des années 30 invoquées à tort et à travers.

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    Pour ces médias (voir fig 1, 2 et 3 ci-contre et ci-dessous, gauche, droite et "marais"), il s'agit surtout de faire carrière également tout en protégeant celle des politiques participant du système, ceux-là s'occupant de protéger les intérêts des dirigeants réels de nos pays : les financiers, les patrons d'entreprises transnationales, tout en profitant du gâteau, enfin, des miettes  restantes. Dans « Ruy Blas » le père Hugo en parlait déjà de ces cyniques absolus qui se gavent sur le dos du peuple tout en prétendant le représenter. En définitive, pour ces journalistes libéraux-libertaires ou socio-libéraux, les Le Pen restent leur « Emmanuel Goldstein », un épouvantail utile permettant de canaliser la colère qui monte.

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    Ainsi que l'épouse de Pierre Mauroy l'avait dit fort justement à mon grand-père s’émouvant de l'abîme scandaleux entre leur mode de vie très luxueux et leurs opinions affichées, il y a déjà plusieurs décennies :

     

    « La politique en France est une farce le tout étant de bien la jouer ».

     

    Le genre de phrases qui encouragent à demeurer un « anar de droite » sceptique quant aux idéologies, fortement dubitatif sur les aspirations véritables des politiques de carrière, ceux qui se proclament les seuls « républicains » de l'époque alors qu'ils n'ont strictement rien à faire des droits de l'homme, des valeurs 

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    de la France, de son histoire dont ils ont entériné la mort depuis longtemps, valeurs résumées par la devise au fronton des mairies, nation construite au fil des siècles par les rois, œuvre continuée même par la Révolution, en particulier à Valmy quand un inconnu a lancé « Vive la Nation » et galvanisé les soldats Français qui allaient se faire massacrer.

     

    Dés qu'il s'est mis à pleuvoir, ces bonnes gens se sont abritées bien rapidement sous un auvent proche, manquant entre autres les manifestations hystériques d'antifâchiisme tellement concerné d'une « femen » aux seins volumineux jaillissant brusquement sous nos yeux, cette pauvre jeune femme, soit courageuse, soit inconsciente, en tous les cas grotesque, affublée d'une moustache à la Hitler sous le nez et d'un slogan ridicule sur le ventre suggérant une « épidémie fasciste », le tout finalement profitant surtout au Front National. Ce discours consistant à évoquer systématiquement le risque de retour des « z-Heures les plus Sombres de Notre Histoire » (TM°) pour éviter surtout de débattre des dogmes ultra-libéraux, européistes et monétaristes qui sont la base du démantèlement actuel du pays.

     

    Photos de l'auteur

  • Les français sont -encore- bien nuls

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    Egalement sur "Mauvaise Nouvelle" de Maximilien Friche

    Il y a trente-trois ans, Desproges évoquait ces français nuls pris dans un cercle vicieux, voir fig 1 ci-contre, dans « Les étrangers sont nuls », recueil paru après sa mort, et rassemblant des chroniques parues dans « Charlie Hebdo » en 1981, et attention pas le « Charlie Hebdo » de Philippe Val, celui de Choron. Ces français ne supportaient pas ce qu'ils regardent à la télé, râlant contre des émissions que personne ne les obligeait à regarder, entretenant l'Audimat d'icelles en se collant devant, oubliant qu'il suffirait de tourner le bouton, simplement, et de ne pas regarder, à moins d'être masochiste, ou débile.

     

    Maintenant, les mêmes non seulement continuent de regarder la télévision, avec trois-cent fois plus de chaînes toutes plus inintéressantes les unes que les autres qu'en 1981, le font sur leur téléviseur, leur smartphone et l'ordinateur, s'infligent sur Internet la lecture d'articles dont ils injurient l'auteur sans le lire bien souvent, s'imposent la vision de photos auxquelles ils s'affirment indifférents à hauteur de dizaines de commentaires, sans rire, et redécouvrent l'eau tiède concernant le cynisme des politiciens et leur collusion au sein d'officines dont l'influence réputée souterraine est pourtant de notoriété publique pour la plupart d'entre elles et leur influence n'existe que parce que les gens leur laissent ce pouvoir que celles ne devraient jamais avoir à cause de trop d'inertie, trop de patience mal venue comme disent les chanteurs concernés, consensuels et compatissants.

     

    Les mêmes pourtant continuent, de moins en moins il est vrai bien que l'abstention massive s'explique surtout par la fainéantise et la passivité des électeurs préoccupés surtout par l'obsolescence programmé du dernier gadget électroniques que le tout économique leur enjoint de posséder, à voter pour des partis qui se fichent d'eux dans les grandes largeurs, y compris ceux qui parlent au nom des français sincères de gauche comme de droite qui voudraient que l'alternance artificielle qui tient lieu d'ersatz de vie politique en France entre l'UMP et le PS s'arrête enfin, avec les méchants imposés que sont la famille le Pen et leur parti quant à Mélenchon, à moins qu'il ne soit vraiment sincère, je ne sais pas sonder les reins et les cœurs, il participe à première vue de la même collusion, de la même farce derrière les « bonnes phrases », on a pu le constater il y a quelques jours encore...

     

    Et si les uns comme les autres se défoulent sur Internet de manière souvent abjecte, et anonyme, avec une violence qui en dit très long sur le vernis de tolérance de notre société, ils se comportent dans leur vie quotidienne, leur vie professionnelle comme de bons petits rouages dociles, en bons petits salariés rêvant d'être sur le tableau d'honneur de « l'employé du mois », ne remettant jamais formellement en question les injustices et les iniquités pourtant flagrantes que toute personne de bon sens peut remarquer dans notre pays, chaque jour. Ils rêvent de la célébrité « kleenex » actuellement en vogue, même pour rien, même sans talent, se fantasment en justiciers électroniques, défenseurs bien virtuels de la veuve et l'orphelin.

     

    Ceux qui pestent et vitupèrent contre la perte de moralité, de morale et de sens de notre époque sont les premiers à s'agripper comme le morpion aux gonades du mâle reproducteur qui à son petit, moyen ou grand privilège, qui à son n'acquis, son régime spécifique, que ce beau monde estime éternel, ses droits de consommateur, d'acheteur, de client, d'usager, sans se soucier du voisin et de la pauvreté, consentant parfois à quelques piécettes ou achats « équitables ». Il faut dire que quelques décennies de société hyper-individualiste, d'aspirations narcissiques ont eu raison depuis longtemps des liens d'empathie, d'altérité et de solidarité demeurant encore entre les personnes, souci de réactionnaire, le lien social et ce que l'on appelait la « Common Decency »  vous dis-je».

     

    Je crois d'ailleurs profondément que les français les voient ces injustices et cette crise morale, mais y sont complètement indifférents tant que cette précarité ne les touche pas personnellement, ce qui ne manquera pas d'arriver vu la politique libérale-libertaire de Valls, qui suit la politique libérale-libertaire d'Ayrault et Fillon, qu'ils ont peur au fond d'évoquer la crise morale que nous traversons, invoquant la responsabilité de tel ou tel parti, telle ou telle idéologie, tel ou tel lampiste alors que ce sont eux tous les responsables et leur égoïsme.

     

    image empruntée ici

  • Physiologie de « l'anar de droite »

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    Article débarassé de ses allusions personnelles.

    Je l'jure monsieur le juge...

    "Ca tient, les options politiques, l'engagement dans un sens, dans l'autre, parfois du hasard. On était tel jour, tel endroit... On a rencontré celui-là plutôt que celui-ci, et tout est joué."
    Les combattants du petit bonheur (1977) Alphonse Boudard

    Suite à la lecture d'un article concernant les « anars de droite ». J'ai donc eu envie n'écoutant que mon bon coeur de faire un rappel pédagogique, (étant toujours prêt à participer à l'édification du peuple ou de la bourgeoisie ). Et je rappelle à toutes fins utiles que pour eux les anars syndiqués et les révolutionnaires en charentaises sont surtout pour eux de beaux sujets de pendule, ainsi que Michel Audiard le fait dire à Gabin dans "Archimède le clochard".

    ADG était un « anar de droite », tout comme Antoine Blondin, qui a eu plusieurs héritiers affirmés mais qu'il n'aurait jamais reconnu, fût-ce devant notaire, Marcel Aymé, qui est celui que j'aime le plus, Michel Audiard, Alphonse Boudard et quelques autres. Certains y mettent parfois Desproges qui n'avait pas vraiment le profil selon moi. Ce qu'ils partagent, Desproges aussi d'ailleurs, c'est finalement une indulgence réelle et de tous les instants envers leurs semblables auxquels ils pardonnent leurs travers quand même, ce qui n'empêche pas de tourner ces défauts en dérision et d'être féroces.

    36.jpgC'est un patronage dangereux car les deux premiers auteurs, pour ne citer qu'eux, ont des textes absolument immondes et illisibles, quant aux étrangers, maintenant, le premier écrivait une chronique dans « Minute » (Rien n'étant simple, on ne saurait le qualifier de raciste, ADG décrivant avec affection la vie des aborigènes d'Australie, où il vécut quelques temps, dans un de ses derniers livres « Kangouroad movie »), le deuxième dans « le Crapouillot » voire parfois bien pire. Peut-être l'écriture de ces articles naissait-elle de leur envie de faire suer les bien-pensants et d'emmerder le monde un bon coup ? Peut-être n'étaient-ils pas si sincères ? Ce ne sera pas à moi d'en juger. On note que les « anars de droite » sont pour la plupart des autodidactes, suffisamment intelligents pour penser tous seuls sans avoir besoin pour cela d'une béquille dogmatique. Ils riraient à mon avis de ces rebelles de salon qui parlent toujours de leurs diplômes de la même manière, ce n'est pas très important, on s'en amuse mais on les montre quand même, et gare à celui ou celle que cela fait sourire. Il y eut aussi de toute façon des « anars de droite » diplômés, comme Antoine Blondin, élève brillant, et Thierry Maulnier qui rentre peu ou prou dans la définition, si définition il peut vraiment y avoir. Les « anars de droite », les vrais, savent que ce n'est pas le diplôme ou le statut qui fait de toutes manières l'homme ou la culture, mais sa propension à l'indocilité à la sottise toute-puissante du troupeau ou d'une élite auto-proclamée, ou d'un homme providentiel.

    ANTOINE-BLONDIN-copie-1.jpgIl n'empêche que les « anars de droite » fascinent encore, en particulier les jeunes gens bien sages et bien propres sur eux qui rêveraient de passer pour des mauvais garçons, des mauvais sujets, pour plaire aux filles, ce qui est somme toute légitime, alors que leur éducation, leurs études et leurs choix de vie les incitent plutôt à bien rester sagement dans les rails, à commencer par ceux de la pensée la plus politiquement correcte au bout du compte. Il suffit souvent de gratter juste un tout petit peu et on retrouve le petit bourgeois dédaigneux, ou la petite bourgeoise derrière des pétarades consistant surtout à balancer des horreurs entre la poire et le fromage alors qu'être « anar de droite » c'est tout autre chose. Un petit bourgeois a beau se déguiser en « bobo » ou en « bobeauf » par réaction, il restera soucieux de son honorabilité, d'être bien vu de sa crémière et de faire bonne impression dans un costume de bonne coupe. Cela ne consiste pas à se biturer ou dire des gros mots devant les dames et parler de ses exploits sexuels réels ou supposés, cela c'est à la portée du premier commercial en goguette, et chemisette orange (avec le stylo dépassant de la poche poitrinaire).

    Et c'est bien entendu un terme tout à fait dérisoire car comment un anarchiste pourrait-il être de droite ? Ce sont des critiques de gauche qui ont trouvé ce vocable pour désigner un auteur refusant de vendre la bonne parole d'une idéologie globalisante dans ses livres, et se fichant d'être dans l'air du temps, soucieux surtout de littérature dans leurs romans. C'est un peu comme celui de « hussard » inventé au départ, par Bernard Frank, d'ailleurs également excellent écrivain dont j'aime beaucoup le livre sur ses promenades parisiennes, pour dénigrer les écrivains faisant partie de ce mouvement, si l'on peut dire car ce n'en était pas, d'auteurs joyeusement « désengagés » et persuadés que tout ce qui paraît futile aux beaux esprits était largement plus important que les pensums indigestes qu'ils continuent à produire encore en 2010, que ce soit les « durassiens » qui pensent, les « polardeux » qui pensent itou et ont les solutions pour amener le peuple au bonheur, que celui-ci soit d'accord ou non, les adeptes de l'autofiction qui pensent encore plus et qui font leur thérapie devant tout les passants dans leurs bouquins (on n'ose appeler ça des livres).

    maulnier.jpgIl faut avouer que l'esprit de sérieux est hélas en progression constante dans la littérature française, à cause de la vision utilitariste de la littérature. A gôche, mais aussi à droâte, on pense consciemment ou inconsciemment que les livres doivent absolument avoir une utilité sociale ou économique, que la littérature doit être perfomante. Alors que ce qui en fait sa beauté, c'est justement son inutilité foncière, sa gratuité. Et « c'est bien plus beau parce que c'est inutile » comme dit Cyrano qui lui aussi aurait pu être classé dans la catégorie des « anars de droite » car il se fichait complètement de plaire, prenant même plaisir à déplaire, tant que c'est bien sûr aux imbéciles et aux prétentieux et surtout aux salonnards, ces bureaucrates de la littérature.

    Amaury Watremez

    Cet article sur Agoravox

    Photos : Gen Paul et Céline, Alphonse Boudard, Antoine Blondin et Thierry Maulnier

  • Qu'est-ce qu'un anar de droite ? - "Papiers gommés" d'ADG

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    adg2.jpgJe me suis souvent demandé ce que l'on entend par "anar de droite" (deux termes antinomiques) car l'on m'a souvent dit que j'en étais un. J'avais l'impression que selon le commun un "nanar" de droite c'était en fait un type qui sort des horreurs pendant un repas pour faire rire les copains, le plus marrant étant de le faire au moment le plus incongru. C'est pas çà finalement je le crains. Je préfère la définition d'ADG, que l'on comprend en lisant ses petites chroniques recueillies dans "Papiers gommés" (aux édition du Dilettante), un anar de droite c'est quelqu'un qui refuse qu'on le contraigne à penser quelque chose auquel il n'aurait pas réfléchi, à accepter comme dogme une théorie sans se questionner sur ses conséquences. Je ne suis pas enthousiaste sur tout le bouquin d'ADG à mon avis largement inférieur au journal de Manchette, il y a souvent des facilités dont il sait que ça fera marrer son public sans trop de problèmes, il rajoute des épices là où il n'y a besoin que d'un peu de sel contrairement à Marcel Aymé qui dit plus en une phrase dans ses nouvelles que cézigue ADG en une page. ADG est aussi un autodidacte, un de ceux qui a construit sa culture tout seul sans passer par des lectures prétendument obligatoires.

    Encore une fois, on y voit le refus de la contrainte, des pensums que l'on devrait s'enfiler sans donner son avis en poussant des "ooh" et des "aaah" d'extase alors que cela ne le mérite pas. De mon temps, au collège, on nous faisait lire "Élise ou la vraie vie", présentée comme un chef d'oeuvre, maintenant on impose Annie Ernaux aux classes de seconde, Sartre n'est plus aussi bien vu mais il n'est pas dans le purgatoire pour autant, ce qui est bien dommage. ADG raconte à un moment un stage de journalisme qu'il est obligé de faire suite à une courte période de chômage, la connerie crasse des sur-diplômés qui l'entourent, qui ne raisonnent pas mais restent sur les rails bien confortables de la pensée qui ne dérange pas trop. On ne respecte pas grand-chose dans les "Papiers gommés", on shoote dans les statues des icônes de la pensée et de la politique (Sarkozy s'y trouve réduit à un mot intéressant à jouer au "Scrabble"), on rigole des humanistes télévisuels, des révolutionnaires de boudoir. ADG s'emmerde pendant les cérémonies obligatoirement lacrymales, fuit comme la peste les connards à certitudes, s'intéresse plus aux humains qu'à leurs grandes et belles théories qui sont censées amener le bonheur à tout le monde, souvent contre le gré de tout le monde et en massacrant les réfractaires. Il y a une chose que j'aime bien chez ADG, il ne sombre pas dans la facilité avec ses têtes de turc, en les traitant de pétainistes, ou de staliniens, il va à l'essentiel, comme un petit banlieusard qui pointe tout de suite la fatuité et le grotesque d'un bon bourgeois qui prendrait soudain le melon à force d'égrener des perles que même un enfant de quatre ans ne goberait pas.

    Post scriptum : Je n'avais pas parlé de la censure de nombreuses parties du texte effectuées par Emmanuel Pierrat l'éditeur, ayant lu en diagonale sa préface, auto-censure devrait-on dire puisque ADG était d'accord, ceci afin d'éviter plusieurs procès.

    Post post scriptum : Je ne sais pas pourquoi, je voulais absolument coller ADG aux éditions du Rocher, ce doit être l'alcool.