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amours défuntes

  • Ode à une « fille de roi »

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    princesseaupetitpois.jpgIl y a quelques temps j'évoquais ces amours de jeunesse qui ne devraient pas vieillir sans nous, j'oubliais juste de préciser que parmi ces amours de jeunesse, je me rappelais surtout de l'une d'elles qui était une « fille de roi », une princesse « au petit pois ». Ces « filles de rois » apprécient particulièrement d'avoir une petite cour autour d'elles, d'adorateurs éperdus, de compagnes moins charmantes et moins intelligentes, ou moins délicates qu'elles, pour les aduler. A ces courtisans et courtisanes les « filles de roi » distribuent des bons points, des encouragements, des compliments, le monde est ainsi fait.

     

    L'une d'elles, de dame de compagnie, fut particulièrement félicité parlant de style « urbain et chic » au sujet de la « fille de roi » dont le style de parisienne ultra-féminine, que l'on imagine à l'aise aussi bien dans des salons cossus qu'à cinq heures du matin dans un caboulot de Bastille (moi-même ami lecteur je fais plus que l'imaginer, je l'ai souvent constaté chez les princesses de sang royal parisiennes).

     

    Lisant les commentaires, je m'aperçus qu'il est vrai que personne ne change vraiment en vingt ans, et qu'une « princesse au petit pois » reste une princesse en toutes circonstances. Ayant eu l'honneur de lui plaire par mon texte précédent, j'eus droit à une photographie de plus, face à la mer en Nouvelle Écosse, des lunettes de « paparazzée » de cinéma sur le nez, portrait traité en sépia, pour la nostalgie. Nous avions déjà, quand nous nous sommes connus ce genre d'échanges marqués des deux côtés par beaucoup de causticité qui nous mettait tous les deux en joie. Nous énervions nos amis communs car lorsque l'un ou l'une ne savait pas où se trouvait l'autre il ne se souciait que de ça délaissant tous les autres.

     

    Que voulez-vous, mesdames et messieurs les jurés ?

     

    Et il faut bien te l'avouer ami lecteur c'était une manière de préliminaires pour nous, ce « ping pong » verbal qui faisait que je lui tirais les couettes et qu'elle me donnait des coups de pieds dans les tibias en somme. Et il est vrai de dire que nous étions des gosses, et que nous le sommes encore, des enfants qui veulent reculer le plus possible le moment de devenir une grande personne.

     

    Le problème des « filles de rois » est qu'elles ne veulent pas choisir entre leurs idées souvent généreuses, leur cour, une vie de couple, des enfants, un métier intéressant. Elles veulent continuer à jouer de leur séduction, à s'amuser des admirateurs tombant sous leurs pieds, des amoureux éperdus, et même des traits d'esprit des chevaliers errants, certes un peu dépenaillés j'en conviens, qui leur parle d'égal à égal et se soucient fort peu de respecter leur classe aristocratique. Elles savent très bien hélas que derrière ses traits d'esprit parfois sarcastiques le chevalier errant est aussi un amoureux éperdu.

     

    Les « filles de rois » comme j'ai pu le constater chez d'autres de cette espèce qui me fascine pourtant ont aussi comme particularités d'idolâtrer leur père, qui est l'homme de leur vie. Avec lui, elles sont comme des petites filles enamourées de leur papa si fort. Pour elles, un autre homme fût-il du même rang qu'elles ne saurait atteindre la force et les qualités de leur géniteur. D'autres seraient plus simples et moins magnanimes que moi et dirait que tout simplement elles ne savent pas ce qu'elles veulent...

     

    C'est finalement cela le fond du problème mais hélas, tel « Peau d’Âne », elles savent pourtant bien que l'on n'épouse pas son papa (phrase chantée à la manière des films de Jacques Demy) même par esprit de sacrifice comme Catherine Deneuve songeant à épouser Jean Marais dans le film éponyme (notons qu'elle aurait été déçue au moment de la consommation dudit mariage dans la vie de tous les jours). Et ce qu'elles attendent également du « prince charmant » qu'elles choisiraient sur catalogue si elles le pouvaient (ce serait tellement plus simple), c'est d'être une sorte de grand frère également, un amant passionné et tendre, et aussi une « copine » sachant les écouter.

     

    Vient un moment où le chevalier errant en a assez d'attendre les caprices de sa dame, ou de vivre dans les bois de Camelot dans une masure dont même les Sept Nains ne voudraient pas, il sait qu'un jour ou l'autre ses pérégrinations finiront, ce n'est pas qu'il veuille finir comme les bourgeois avec leurs bourgeoises mais trouver un point fixe sur l'horizon. Et il en a plus que marre que la Dame du Lac replonge à chaque fois et avec délices dans les profondeurs humides le forçant presque à rester sur la berge et attendre.


    Ci-dessous une chanson écrite par Gainsbourg que la fille du roi que j'évoque aime beaucoup, tout comme moi, lui aussi de l'espèce des chevaliers errants dépenaillés, chanson chanté par sa "princesse au petit pois"


    image empruntée à ce blog