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agriculture

  • Des solutions à la crise morale

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    société, agriculture, culture, politique, écologie, développement, amaury watremezNotre société se croyant tellement avancée, tellement moderne traverse une grave crise morale, sans précédent, certainement la pire de son histoire. Elle affecte tous les aspects de notre vie et crée une aliénation à laquelle il est compliqué de remédier. La plupart des personnes sentent bien qu'elles vivent mal, sentent bien que beaucoup de choses -intangibles- leur manquent. Il ne s'agit pas de creuser bien loin :

     

    Je parle de l'alimentation, de la vie quotidienne, des habitudes déplorables prises très tôt, de l'addiction à des objets connectés qui s'ils sont des outils formidables ne doivent pas prendre trop de place. Je parle aussi du déni de l'histoire, de la littérature, de tout ce qui au fond peut mobiliser les individus vers plus d'indépendance d'esprit.

     

    Je ne suis pas le seul à faire ce constat sur tout le spectre de l'éventail politique on trouve des personnalités lucides dont les constats se rejoignent tous, de Jean-Claude Michéa à François-Xavier Bellamy en passant par Michel Onfray ou Christophe Guilluy. Sociologue, géographe, philosophe, ils en tirent tous les mêmes conclusions.

     

    Cette aliénation nous fait oublier un aspect fondamental de notre récit national, nous concernant collectivement, la France était un pays essentiellement rural, un pays où la terre devrait être le premier des patrimoines à protéger (voir celui de l'Europe, voir à ce lien l'initiative « People for soil » et la pétition qui s'en était suivie en 2017). Quand on lit le journal de Paul Léautaud, quand j'écoutais mes grands parents parler de leur enfance, même Paris était une grande ville paysanne, Montmartre était un village et personne n'oubliait ses liens avec la nature.

     

    Pourtant, dans les années 60-70, la grande industrie a encouragé le regroupement des parcelles et le développement d'une culture intensive dépensière en capitaux, en gas-oil, en maintenance, et donc impliquant un endettement maximum des agriculteurs. Certains actuellement gagnent à peine un RSA en travaillant beaucoup plus que 35 heures par semaine.

     

    Ceux qui n'y arrivent pas sont donc condamnés à remplir les rangs du « lumpenprolétariat » le plus précaire.

     

    Pourtant les solutions existent. Elles nécessitent bien entendu un discernement sur ses envies, ses capacités et sur notre perception du réel car elles supposent des efforts dont nous n'avons plus l'habitude et plus de patience que dans notre « Barnum consumériste » (TM°) adepte de l'immédiateté absolue. Celles-ci existent en dehors de tout discours politique ou idéologique, de tout enrobage intellectuel qui est souvent le fait d'ailleurs de bourgeois pédagogues qui idéalisent la campagne et une vie qu'ils seraient pour beaucoup incapables de mener. Ce n'est pas comme dans une pub de jambon sous vide...

     

    Combien de « retours à la terre » désastreux pour des ménages qui n'y avaient pas beaucoup réfléchi ! Et qui finissent par faire le spectacle pour des voisins qui s'en seraient bien passé...

     

    Il y a « le potager du paresseux » de Didier Helmstetter (voir à ce lien), une de ses idées parmi d'autres. Il préconise en effet beaucoup plus que cela, suggérant de revenir à une culture avec beaucoup moins de machines et qui permettent justement aux agriculteurs de vivre décemment, de revenir à des gestes anciens, des techniques pratiquées par nos ancêtres, de laisser du temps à la nature...

     

    Son « potager du paresseux » est cependant intéressant pour les familles, les ménages, tous ceux se souciant de vivre de manière équilibrée sans pesticides, sans engrais, sans travailler la terre à outrance, la tournant et la retournant en la maltraitant à outrance. Il tond l'herbe d'une prairie et recouvre la partie du terrain de foin, l'herbe en pourrissant nourrit et attire les vers de terre, ce qui la fertilise. La balle de foin vient d'un agriculture voisin, elle ne présente pas les risques de la paille ou du Bois Raméal Fragmenté (des branches d'arbres broyées) qui permet cependant d'économiser le foin en ayant juste un broyeur chez soi, le BRF convenant mieux à certains végétaux. Il est composé des parties les plus riches en nutriments pour la terre de l'arbre (voir la définition complète à ce lien).

     

    Cette technique permettrait aux particuliers de se nourrir sainement et intelligemment, en respectant le cycle des saisons, avec des efforts physiques minimum, de vivre sur leur production voire même d'en vendre une petite partie pour les plus doués. Bien sûr, cela suppose de se baisser, d'abandonner toutes les habitudes de facilité (prendre la nourriture sur les rayons du supermarché, payer en caisse des fruits et légumes sur-traités), de ne pas être paresseux justement.

     

    Bien entendu, profitant de l'aliénation des populations, de leur mal-être certains ainsi que le rappelle Didier Helmstetter, en profitent pour gagner de l'argent sur le dos de naïfs ne connaissant rien au jardinage et à l'agriculture. Ces charlatans laissent entendre que n'importe qui peut gagner un SMIC en se débrouillant bien sur une toute petite surface cultivable. Sa méthode ne tombe pas non plus dans l'écueil de la « permaculture » qui est une idéologie forgée dans les années 70 (voir à ce lien plus de détails). Elle naît avec le livre « Perma-Culture 1, une agriculture pérenne pour l'autosuffisance et les exploitations de toutes tailles » de Bill Mollison et David Holgren. Leur discours est teinté de toutes les idées « new age », d'un syncrétisme spirituel un peu pénible, toutes choses inutiles car il s'agit juste d'être pragmatique...

     

    En parlant de pragmatisme, je terminerai cet article en présentant l'initiative BRF 276. Celle-ci rejoint les initiatives et projets comme ceux de Didier Helmstetter et certains ingénieurs agronomes en évoquant l'utilisation du BRF pour la plupart des culture plutôt que des machines agricoles trop chères, et là encore sans pesticides, sans glyphosates d'aucune sorte, avec un rendement aussi important pourtant (voir les vidéos à ce lien). Il faut juste sortir du moule, des schémas imposés, des idées prêtes à penser sans se soucier de correspondre à tel ou tel camp politique, ni néo-pétainiste, ni écolo, ni baba-cool adorateur de Gaïa.

     

    Je songe aussi à ce rêve de mon grand-père paternel qui avait imaginé pour l'Aisne un semis de petites exploitations sur lesquelles des populations précaires auraient vécu largement mieux qu'en allant se paupériser à tous les niveaux, dont culturel et intellectuel, dans les grandes villes. Il rêvait, il n'avait pas pris en compte que son projet supposait de faire des efforts ce à quoi beaucoup encore maintenant ne sont pas prêts. Mais tout n'est pas perdu, les solutions existent, elles sont là, à nous d'en faire quelque chose, de reprendre la main...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    illustration empruntée ici

    (Camille Pissarro la cueillette de pommes de terre)

  • Au bon beurre en plus grand

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    politique, société, alimentation, agriculture, beurre, pénurie de beurre, amaury watremez

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    J'ai découvert qui sont les responsables de la pénurie de beurre effarante dans un pays comme la France qui a lieu depuis quelques temps. C'est la faute des petits enfants et arrière petits enfants des Poissonnard, dont l'histoire fut racontée avec verve par Jean Dutourd (voir ici), on se souvient aussi du film d’Édouard Molinaro avec Roger Hanin et Andréa Ferreol (voir extrait ci-dessous). Tout est bon pour s'enrichir, y compris les pires abjections, la spéculation la plus amorale, la filouterie la plus vile, les mesquineries de tous les instants.

     

    Et tout ceci sur le dos des paysans et des petits consommateurs.

     

    Car je doute que dans toutes les officines alimentaire bourgeoises l'on manque de ces produits auparavant accessibles à tout le monde et maintenant réservés à ceux qui peuvent se les payer.

     

    Ainsi pour le pain, la viande, le poisson, les fromages...

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  • Jacquerie à l'ère des réseaux sociaux

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    politique, agriculture, société, amaury watremez, paysansLes manifestations d'aujourd'hui à part le fait qu'elles ont gênées l'acheminement vers leurs jobs passionnants des cadres névrosés et des « hipsters » bossant dans la pub ont encore une fois montré la coupure profonde entre « pays légal », la France des nantis, et « pays réel » et la France « périphérique » pour reprendre le terme de Christophe Guilluy, géographe, le pays oublié. C'est de cette France que les agriculteurs et les éleveurs font partie, tous ceux montés sur Paris aujourd'hui pour bloquer les péages, les autoroutes et les entrées de la capitale.

     

    La plupart travaille beaucoup plus de 35 h par semaine pour gagner péniblement à peine un RSA. Bien entendu le bobo, le bourgeois pédagogue, qui se pique d'authenticité, authenticité oui mais exotique, qui veut jouer le retour aux sources à la nature s'en fout complètement de ce que le « pays réel » souffre. Lui, il trouve cela tellement génial l'Europe, la fin des frontières, la « mondialisation réputée heureuse », de pouvoir payer en euros lorsqu'il passe des vacances « citoyennes » ou « écoresponsables » à Venise, en Espagne ou ailleurs.

     

    C'est tellement géniâââl t'vois...

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  • L'agriculture ne supporte plus son joug

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    resize?key=1e6a1a1efdb011df84894040444cdc60&url=http%3A%2F%2Fpbs.twimg.com%2Fmedia%2FCKbTgDTWgAALUP-.jpgLes français descendent pour 90% d'entre eux de paysans, ils l'oublient la plupart du temps méprisant ceux travaillant la terre et s'occupant d'animaux. Ces paysans étaient extrêmement divers, chaque région, chaque province avait son terroir. On trouvait une ferme tout les deux-cent mètres. La campagne n'était pas ce désert pittoresque dans lequel des bourgeois pédagogues, y compris les bourgeois « verts pastèque » sont persuadés de retrouver du « lothentique » à la « Goupi Mains rouges », redécouvrant l'eau tiède, désert parsemé de loin en loin de lotissements de maisons « monopoly » pour « rurbains » pendulaires.

     

    Je me souviens aussi de villages encore très animés si l'on remonte une vingtaine d'années à peine. Il existait dans le moindre petit bourg une épicerie « à tout faire », un petit café, les « jeunes » y vivaient encore...

     

    Une petite agriculture vivrière subsistait et ces « petits » agriculteurs mangeaient à leur faim dessus même si cela demandait bien évidemment du travail et des efforts.

     

    La France des campagnes, la France des paysans, des éleveurs, c'est la « France périphérique » largement dédaignée par tous les éditorialistes, les z-élites et les politiques, à de rares exceptions. Cette « France périphérique » souffre de ce dédain de petits bourgeois, et elle a aussi un gros défaut aux yeux des bons apôtres, elle vote pour exprimer sa colère majoritairement Front National, l'autre étant qu'ils ne sont pas d'une « communauté » réputée « opprimée ».

     

    Et ça, ça c'est mâââl...

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