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  • Le Harcèlement scolaire : Souffrance silencieuse

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    politique,école,harcèlement,éducation,enfants,adolescents,amaury watremezDepuis les attentats de « Charlie Hebdo » et de « l'Hypercasher », les autorités et la presse font beaucoup d'effets de manche sur la laïcité, un problème de volonté politique soit dit en passant et pas seulement de moyens, et de la « com » sur l'Éducation. Ils laissent pourtant de côté, la rejetant du revers de la main, une autre question brûlante témoignant de la violence brute, virtuelle ou non, en progression constante dans les écoles quel que soit le milieu observé :

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  • Enquête sur le meurtre de la culture

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    à propos de « C'est la culture qu'on assassine » de Pierre Jourde re-paru en "Pocket"

    Couverture du livre de Pierre Jourde empruntée au site de "Pocket"

    Couverture de "la Crise de la Culture" de Hannah Arendt prise sur ce site

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    Je te préviens tout de suite ami lecteur jeune victime de plusieurs décennies de réformes déplorables de l'enseignement des Lettres et de téléréalités décervelées, ce texte contiendra comme à mon habitude lamentable, je le sais bien, et pire je n'en ai aucun remords, de l'insolence et de l'ironie à peine déguisée. Dans sa courte préface à cet ouvrage, Jérôme Garcin remarque que l'auteur est sans cesse en colère à peu près contre toutes les dérives de son époque, ce qui suggère-t-il n'est pas loin d'en faire un réactionnaire. Enfin, pas tout à fait, puisque ces articles, rassemblés ici par thème, sont d'abord parus dans un blog hébergé par le « Nouvel Obs », « confitures de culture », qu'il continue d'ailleurs à entretenir pour la plus grande joie de ses lecteurs dont je suis depuis « Petit déjeuner chez tyrannie » écrit avec Éric Naulleau.

     

    Évacuons tout de suite la seule nuance que j'aurais à émettre sur ce livre, dans son avant-propos Jourde écrit, et il a raison, que n'importe qui peut rédiger un blog, et donc rédiger n'importe quoi en nos temps où sévit la dictature de l'opinion personnelle considérée comme forcément légitime à partir du moment où elle est exprimée. Il laisse entendre bien entendu ensuite, comme tous les blogueurs, qu'il n'est pas tout à fait n'importe qui quant à lui (et là aussi je suis d'accord, moi aussi je ne suis pas n'importe qui). Excepté cette nuance minime, je trouve remarquablement pertinent sur la grave crise de la culture que nous vivons en ce moment la plupart des propos de Pierre Jourde.

     

    Il classe ses textes par grands thèmes et aborde au final tous les aspects de la question :

     

    Le rôle catastrophique des médias qui entretiennent la soumission aux gadgets, aux conformismes les plus abjects, la destruction de toute éducation et le détricotage de l'Enseignement sous la poussée en particulier des théories déliro-pédagogistes de Philippe Meirieu, la crise de l'Université et de la Recherche en France, les politiques culturelles déplorables qui sous couvert d'égalité laminent ce qui restait encore debout dans ce pays, la vie culturelle réduite à un élitisme pour bourgeois en quête d'épate, rappelant au passage « la -prophétique- Crise de la Culture » d'Hannah Arendt, le refus de hiérarchies du savoir, tout se valant, Yourcenar et Marc Lévy, Guillaume Musso et Julien Gracq, le mépris pour la Littérature et les écrivains considérés comme relevant de la culture bourgeoise (note personnelle : mépris illustré il y a peu par l'aveu d'inculture, sans aucune culpabilité de la Ministre de la Culture Fleur Pellerin). Et il pose cette question qui n'en est pas une de « l'utilité » de la Littérature, écrivant ceci que je trouve très beau et absolument juste « Toute beauté est superflue […] mais les hommes se nourrissent de beauté » bonne pour l’élévation de leur âme.

     

    J'apprécie particulièrement évidemment les chapitres consacrés à l'Éducation Nationale, aux formations aberrantes qui supposent que l'enseignant ne soit plus qu'un bureaucrate docile et ne transmette plus de savoir, surtout pas, laissant l'élève s'exprimer sans contraintes ce qui suppose la dictature du cliché et du lieu commun entendu ou vu sur « TF1 » (TM°), « Youtube » (TM°) ou pendant l'émission hélas populaire de D8, « Touche pas à mon poste » (« TM° »). Il décrit le mépris pour l'expérience de terrain qui seule forme vraiment des enseignants qui apportent quelque chose aux élèves, et qui l'apportent seulement s'ils sont exigeants envers eux et soucieux de leur excellence, ce que d'ailleurs les adolescents apprécient plus que le laxisme ou appréciaient car je crains que les dégâts pour la génération actuelle ne soient irréversibles.

     

    politique,éducation,littérature,société,enfants,adolescents,amaury watremez,culture,pierre jourdeRappelons en passant que l'on demande aux bibliothécaires et documentalistes non plus de préserver le patrimoine et l'histoire culturels du pays mais de ne mettre en rayon que des livres de moins de quatre ou cinq ans, entretenir les « supports informatiques » considérés comme seuls susceptibles d'intéresser des jeunes déjà soumis à la dictature du « smarfône » ou de la « tablette » et jeter aux ordures les « bouquins » considérés comme trop « vieux » ou « poussiéreux », en particulier les « Classiques » écrits certes le plus souvent dans une langue devenue strictement incompréhensible pour des élèves ayant subis des reformes stupides de l'apprentissage de l'orthographe, le tout ayant pour conséquence que dans les « grandes » écoles et dans les universités les professeurs doivent souvent maintenant re-donner des cours basiques sur l'accord du participe passé ou la simple syntaxe.

     

    Jourde évoque également plus généralement la crise de l'Éducation en général, ces parents et éducateurs en général qui ne veulent surtout rien transmettre aux enfants et aux adolescents, qui ne connaissent plus aucune limite à leurs pulsions, qui ne savent et ne veulent plus écouter, et qui sont devenus en définitive à de rares exceptions des néo-barbares ignorants, des barbares 2.0, des enfants rois et narcissiques fiers de leur ignorance crasse, de leur allégeance au système, qui ne tolèrent et ne comprennent que l'arbitraire du groupe, des esclaves dociles et volontairement soumis errant sans identité commune ni âmes dans les allées du grand « Barnum spectaculaire » (TM°) contemporain comme dans les rayons d'un supermarché géant, ne rêvant plus que devant les vitrines recelant les objets qu'on leur intime de posséder pour se sentir bien.