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Mode

  • La vacherie comme art de vivre

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    à propos de « J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste » par Loïc Prigent dans la collection Le courage chez Grasset

     

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    mode, société, loic prigent, livre, amaury watremezAlors oui, certes oui, la mode est un monde pourri par l'argent, un monde de frivolité d'où toute idée du réel est absente. Il est toujours possible, et facile, de moraliser la mode sans trop réfléchir. « La gravité est le bonheur des imbéciles disait un sage, ils ne saisissent pas que la futilité est indispensable. Pourquoi se laisser aller à l'esprit de sérieux contre la haine, la violence, la sottise ? Autant faire comme si tout cela passait, tout cela lassait, que nos grandes déclarations, nos belles attitudes n'ont aucune prise contre les fléaux sus-cités. La bêtise à « front de taureau » existera tant qu'il y aura des hommes car « là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie »

     

    Autant vivre donc en essayant de demeurer léger, en faisant comme si rien n'avait vraiment d'importance hormis vivre et ressentir tout simplement. Et finalement dans ce microcosme de la mode tout le monde en est conscient, tout le monde sait très bien ce qu'il en est sur la profondeur du métier, sur la durabilité de la célébrité, d'une fortune, d'une notoriété. Personne n'ignore non plus que ce sont surtout des princesses pétro-dollarées, des héritières coréennes et russes vulgaires qui porteront les créations des grands couturiers.

     

    Et que sur elles ça fera vraiment très moche. Encore plus que certaines créations par trop fantaisistes déjà...

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  • Caustiques mais avec style

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    absolutely fabulous, cinéma, société, mode, frivole, politique, société, amaury watremezSi l'on n'aime pas les films à grand discours, moralisateurs et creux au fond...

     

    Il y a quelques années, en 2001, les français avaient tenté sur grand écran une adaptation signée Gabriel Aghion de la série britannique « Absolutely Fabulous » de Jennifer Saunders où elle jouait également en duo avec Joanna Lumley. C'était une catastrophe presque comparable au 11 septembre. Le film avec Balasko et Baye était complètement nul, vulgaire et sans intérêt. Aucun rythme, aucun humour, aucune finesse. Il faut avouer que les anglais ont un avantage très net sur les français en matière d'élégance, ils arrivent à être très excentriques et provocateurs sans en perdre un atome. Et ils cultivent et pratiquent l'humour à froid de façon largement plus brillante que nous.

     

    Dans le long-métrage sorti le 7 décembre dans notre beau pays, on retrouve Edina Moonsoon, Jennifer Saunders, son assistante un rien « à l'ouest » « Bubble », Jane Horrocks, la fille d'Edina, Saffron, Julia Sawalha, Patsy Stone, Joanna Lumley, égales à elles-mêmes, toujours largement irresponsables, toujours passionnés de rester « in » fût-ce en adoptant des modes débiles ne convenant plus en théorie à leur âge. Patsy et Edina sortent tous les soirs, boivent trop, en particulier du « Bollinger ». « Where's the Bollinger sweetie darling ? » est dans la série originelle et dans le film une question existentielle cruciale.

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  • Chroniques du pays réel - parents tatoués modernes

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    mode, hipster, société, famille, enfants, politique, amaury watremez, chroniques du pays réelLe train vers Montparnasse comme souvent a soudain stoppé peu avant la gare, pour laisser passer un autre convoi. Cela suffit pour affoler une mère et ses deux enfants. Le père reste bien sagement à sa place. Il a l'habitude visiblement de toute cette agitation . Lui est en short et polo, petite barbe soigneusement entretenue et tatouage tribal sur l'avant-bras droit, chignon entortillé sur l'occiput. Elle a trois « piercings » visibles, un à l'oreille gauche, un sur la lèvre supérieure, un autre sur la langue. Elle porte un de ces débardeurs très lâches qui laissent entrevoir largement la couleur de son soutien-gorge. Elle est également tatouée sur les bras et la cuisse gauche, elle aussi en short, tout mini, qui ne cache rien de sa peau d'orange.

     

    Les gosses, le plus grand semble avoir une dizaine d'années, sont mignons mais déjà pollués par les paradigmes de comportement moderne. Ils sont rivés à l'écran de leur smartphone et portent sur le nez des lunettes à verres « mercure », la tête réhaussée de casquettes « NYC ».

     

    La mère vient me demander pourquoi le train est arrêté comme cela et si ça va durer longtemps ? Je dois faire un effort pour ne pas regarder son piercing de langue, et la petite boule de métal accrochée dessus qui tressaute à chacune de ses paroles. Comme je sens son énervement monter, les « parisiens », les « fainéasses de la SNCF », ont déjà eu leur compte d'injures bien senties, j'ai le sentiment que ça va bientôt être mon tour. Je dévie donc la conversation vers ses tatouages et ceux de son mari, leur origine, leur signification....

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  • La tentation de l'uniformisation

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    politique, société, mode, féminité, amaury watremezIl y a quelques temps déjà des représentants d'un « think tank » de gauche sociétale, « Terra Nova », proposaient que chaque enfant scolarisé dans l'école publique soit tous habillé de la même tenue neutre. Bien entendu, on entendit de suite des cris d'orfraie, on interviewa des ados scandalisés. Ils exprimaient leur rejet dégoûté d'une tenue standardisée, voulant tous s'habiller « selon leur style ». Ils étaient déjà tous vêtus plus ou moins de la même façon. Ne parlons pas des réactions outrées de leurs géniteurs et des autres adultes, leur crainte comme souvent invoquée à tort et à travers du retour des fameuses z-heures les plus sombres....

     

    Pourtant, lorsque l'on se promène dans la rue, l'on constate de plus en plus que les tenues des jeunes, et des moins jeunes, sont à quelques détails infimes près exactement les mêmes :

     

    Le pantalon collant « feu de plancher », les « tennis » de marque, le petit blouson, la barbe pour les jeunes hommes se voulant « hipsters », l'allure parfois vaguement « équivoque » qu'ils adoptent, la frange pour les filles, sans oublier le gadget électronique vissé dans la paume et que l'on triture nerveusement pour se donner une contenance lorsque l'on est tout seul, etc...

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  • Esclaves du matérialisme

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    shapeimage_2.pngDimanche soir ami lecteur j'ai regardé une émission hautement transgressive (je préviens tout de suite le lecteur jeune ou inculte ou addicts à « fessebouc » il est possible que ce texte contienne deux ou trois passages caustiques) : « Capital » sur M6 (à voir à ce lien). Y était abordé le « marronnier » de la rentrée à travers deux thèmes principaux, les fabricants de cahiers et les vêtements. Le reportage sur les fabricants d'habits pour adolescents et jeunes adultes s'est révélé très intéressant car mettent en évidence de manière clinique et objective au moins deux faits tout simples.

     

    Nous vivons dans une société d'esclaves, aimant leur esclavage :

     

    Ceux qui le sont dans les faits, qui sont exploités, payés une misère pour entretenir la machine.

     

    Ceux qui s'ignorent et soumis à un arbitraire d'une violence pourtant indubitable.

     

    Il n'y a plus besoin d'aller jusqu'en Chine pour trouver des ouvriers payés 60 Euros le mois et travaillant plus de 35 heures par semaine. Il suffit d'aller en Moldavie. Ce pays a un avantage, il est aux portes de l'espace Schengen sans en faire partie et permet de diminuer les coûts de transport pour les diverses enseignes de mode occidentales de "grande distribution" qui font du « réassort » de « collections » toutes les cinq semaines :

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  • La littérature opportuniste

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     «C'est la faiblesse de presque tous les écrivains qu'ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et ce qu'ils ont écrit de plus propre pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique.»

    citation de Marcel Aymé extraite de « Silhouette du scandale », toujours malheureusement d'actualité...

    image ci-dessous prise ici

    orwell45-2be6d.jpgAvant les élections d'Avril 2012, on verra fleurir, c'est à peu près certain, cela ne pas tarder, plusieurs livres de littérature opportuniste. Il est possible que certains de ses livres seront même bons, bien écrits (mais opportunistes quand même bien entendu). Mais bien sûr, je ne citerai aucun nom pour ne vexer personne. Je comprend ça, c'est humain, ce besoin de gloire et de reconnaissance.

    La plupart seront sur le thème du danger fâââchiste en France, du fait du risque que Marine Le Pen se retrouve au Second Tour ou fasse tout du moins un bon score, ce qui risque d'arriver vu l'incapacité des uns ou des autres de proposer des mesures claires ou des projets réellement alternatifs, vu que tous ont fait allégeance aux mêmes dogmes, à quelques nuances près, dont l'importance fondamentale de l'Union Européenne, de l'Euro, et de la soumission aux marchés financiers.

    On rêve de Belgique, ce pays n'a plus de gouvernement depuis plusieurs mois, les ministres en théorie intérimaires se contentent de gérer les affaires courants, d'inciter au dynamisme économique par des mesures de bon sens qui favorisent l'emploi, et ça marche.

    Les politiques belges n'osent pas parler de dette/alibi à payer pour sauver l'Euro, ou de politique de rigueur, afin de sauver la politique ultra-monétariste actuelle. Ils sont enfin pragmatiques et songent un peu plus à l'intérêt de leur pays.

    C'est plus simple, en France, que l'on soit dans la Majorité ou l'Opposition d'appeler à la Patrie en Danger, au danger du retour des z-heures les plus sombres de notre histoire, des phalanges des ordres noirs, que de balayer devant sa porte, et remettre en question les dogmes totalement abstraits qui dirigent la politique française depuis plusieurs décennies, que ceux-ci soient des dogmes libéraux, libertaires ou marxisants.

    On se fait donc peur avec de jolies histoires où des tarés haineux prennent le pouvoir et appliquent une politique de terreur, ce qui n'arrivera pas car ces mouvements où pullulent les tarés haineux sont généralement aussi dans le système, ils en font partie intégrante, quand ils ne sont pas noyautés au dernier degré par les policiers : dans ces groupuscules, c'est généralement un militant, un flic, etc...

    Ces mouvements sont composés d'épouvantails utiles qui permettront peut-être au président actuel de repartir pour un deuxième quinquennat en jouant le rassemblement pour sauver la France du danger « brun », et qui donnent l'occasion également au PS de cacher le vide abyssal de son projet qui, pour le moment, est un projet libéral doux, où quelques aménagements cosmétiques voudraient laisser croire que les socialistes français sont encore un peu de gauche et qu'ils ne sont pas complices du système également.

    image prise ici

    bernanoscom-216x300.jpgEnsuite, après s'être fait peur avec les tarés haineux, on assimile toute contradiction des dogmes idéologiques libéraux, libertaires, ou socio-démocrates, qui nous jouent la comédie de l'affrontement alors qu'ils sont tous d'accord.

    Enfin, ce qu'attend le littérateur (teuse) opportuniste c'est que le camp d'en face l'insulte et l'affronte pour jouer les combattants pour la liberté et contre le fâââchisme et se retrouver sur le devant de la scène, du moins l'espère-t-il/elle. On s'étonnera que ces auteurs/es profitent finalement de notre société spectaculaire pour dénoncer tout cela. Au fond, il n'est pas vraiment question de lutter contre la progression du totalitarisme dans les cervelles, il s'agit surtout de se mettre en avant, et de se retrouver le plus à son avantage possible sous le feu des projecteurs.

    En photos, deux écrivains politiques dont les littérateurs opportunistes se réclament souvent fallacieusement : Georges Orwell, et Georges Bernanos, deux auteurs ayant tout risqué pour la liberté et non pour la gloire.

  • Les talons hauts, métronomes du désir

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     En introduction, je demande pardon d'avance aux lectrices qui pourraient se sentir choquées, ce serait bien à tort, il ne s'agit là que d'innocentes taquineries...

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    1992-1-talons-aiguilles.jpg?456649230Des talons, cela ne doit pas forcément claquer fort quand on entend une femme approcher, celle-ci fût-elle l'être aimée, la dulcinée du Tobozo que l'on vénère, ou une simple passante qui passe. Les talons hauts, c'est un peu comme la mini-jupe, c'est un sujet qui peut apparaître comme ça hautement superficielle, donc indispensable à traiter. Nous aurions pu nous attacher à décrire également le parfum des femmes et son importance (mais il y a déjà un film de Dino Risi sur le sujet, nous le conseillerons à nos lecteurs pour avoir dessus un point de vue exhaustif)

    Cela ne doit pas être trop saccadé non plus, sinon toute la magie de la chose se perd, c'est comme un métronome interne qui rythme nos sens et nous récompense de notre attente, surtout quand la dulcinée du Tobozo est systématiquement en retard, ce dont nous l'excuserons volontiers car ça fait partie bien évidemment de son charme (il suffit pour être tranquilles de lui fixer vos rendez-vous une heure avant).

    Cette magie des talons hauts c'est un peu comme ces coiffures qui se perdent pourtant, qui mettaient en valeur la délicatesse du port de tête des jolies femmes (pour les autres il faut quand même avouer qu'on s'en fiche).

    C'est un peu comme le porte-jarretelles et les bas noirs, si c'est trop ostentatoire, cela n'a plus beaucoup d'intérêt et de beauté. Il n'y a pas besoin que l'objet du désir, ou de la concupiscence masculine, cela dépend du point de vue où on se place, soit juchée, la pauvre, sur des talons de vingt centimètres, des talons juste un peu compensés suffisent largement pour faire le bonheur des amateurs de beauté féminine.

    En ces temps de théorie du genre de plus en plus prégnante dans les médias, ainsi que son corolaire paradoxal, le « Care », il ne fait pas bon vanter la féminité et ses atours en général, l'art délicat que savent encore manier certaines femmes capables d'élégance de marcher en hauts talons, la séduction, la beauté des filles.

    Cela se perd hélas et l'auteur de ce texte, grand amateur des jolies jambes des filles, se désespère car les talons plats se multiplient et certaines osent jusqu'à porter des « tennis » avec un tailleur comme cela est déjà la coutume outre-atlantique.

    Beaucoup de jeunes filles et de femmes en hauts talons ressemblent surtout de plus quand elles en mettent à des « professionnelles » du trottoir qu'autre chose. Les hauts talons sont devenus un accessoire de fille vulgaire.

    Selon les « Gender studies », la séduction, la beauté, l'art de bien s'habiller, tout cela n'existe pas puisque la féminité serait une construction sociale, et donc, les hauts talons en particulier un signe d'oppression de la masculinité.

    Étrangement, on remarquera que ça n'empêche pas les vestales de ces idées de prétendre que le « Care », le gouvernement des femmes, serait plus doux, plus intelligent, ce qui signifie donc que pour elles, la féminité donc existe bel et bien, on y perdrait son latin, mes bien chers frères.

    « Femme varie, bien fol qui s'y fie », a dit un jour avec raison un autre amateur de la beauté des femmes.

    Un macho, un réactionnaire, un infâme phallocrate se dirait que les « gender studies », et une bonne partie du féminisme actuel, c'est surtout une excuse que les moches ont trouvé pour se consoler, mais moi qui suis un gentil garçon, je n'irais pas jusque là.

    Je suppose que les adeptes du « Gender » et les féministes me rétorqueront que tout ce qui précède n'est que l'expression de ma lubricité contenue à grand-peine car je suis un mâle, me parleront de tous les viols, agressions sexuelles commis à cause des accessoires et tenues qui rendent la féminité d'une femme plus désirable qu'elle ne l'est naturellement.

    Ce serait une grave erreur de croire que les admirateurs de la séduction féminines manquent de respect envers les dames, au contraire, c'est même plutôt tout l'inverse. Ce serait comme ces militants anti-alcooliques, ces hygiénistes, pour qui boire un verre de vin ou deux, ou trois, c'est déjà avoir sombré dans la soûlographie, pour qui aimer la bonne chère, c'est « bouffer » pour bouffer.

    Alors que ça n'a bien sûr rien à voir.

    Quand il est question de la beauté des filles, il ne s'agit pas bien sûr de la beauté stéréotypée des femmes telles qu'elle sont montrées dans la publicité, les médias, la mode, avec un physique d'adolescentes à peine pubères anorexiques et faisant la gueule, retouché encore en plus ensuite à la palette graphique. Il n'y a pas d'exclusive sur le sujet, une femme qui a des seins et des hanches peut être belle et séduisante, tout autant qu'une femme mince et plus androgyne, ou une encore plus féline, etc...

    L'essentiel là-dedans, quant à la séduction, c'est au fond l'amour de la vie qui engendre souvent l'amour des autres, la capacité de rire de soi et du monde,

    Une femme qui n'aime pas la vie est laide, tout comme le soulignait Desproges d'ailleurs, il vaut mieux se méfier de celles qui mettent de l'eau dans un Bourgogne ou qui chipotent au-dessus d'un magret juteux au parfum capiteux.

    Ci-dessous, à retenir pour compléter cette causerie, le passage où Tony Curtis et Jack Lemmon observent Marilyn sur le quai de la gare


    Certains laiment chaud - trailer par enricogay

  • Rescapés des années 80

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     Tout bien considéré, nous sommes, ceux de ma génération, nés pendant les années 60, des rescapés des années 80, cette période intermédiaire qui n'était pas sans attraits, car on y constatait une liberté de ton et de parole bien plus conséquente que maintenant, malgré les chanteurs au look androgyne soigneusement calculé, à la voix blanche et éteinte, aux brushings, aux vestes à épaulettes et aux épais sourcils des femmes de l'époque.

    Photo ci-dessous de Pacadis, symbole des années 80, qui voulait le rêve et le fric en même temps, et d'une belle de nuit, prise ici

    EvaIonescoetAlainPacadisauPalace.jpgIl y avait le cinquant du "Palace" et des "Bains Douches", les excès, les postures exagérées, les insolences bientôt calculées.

    Certes, maintenant, les humoristes peuvent dire « bite » ou « couille » sans risquer les tribunaux, mais quant à se moquer du consensus mou et non dit qui réunit le troupeau autour de la même absence de valeurs, quant à remettre en question le socle de cette société, aucun d'entre eux n'oserait réellement.

    Les humoristes et les commentateurs, les journalistes sont devenus économiquement responsables en quelque sorte, et prudents, ils ne vont quand même pas mordre la main qui les nourrit.

    En période de crise, beaucoup ont l'air de croire qu'il convient d'être le plus docile possible, voire servile, sous peine de perdre toute possibilité de consommation intensive, selon les critères de bien vivre actuels qui sont qu'il convient d'acheter toutes les nouveautés et gadgets parfaitement inutiles et superflus qui sont proposés chaque jour au consommateur.

    Les années 80 sont venus juste après la fameuse « parenthèse enchantée », période pendant laquelle des milliers de petits bourgeois ont pu profiter de la contraception et de la loi sur l'IVG en 75 sans aucune culpabilité ni remords, et encore moins de scrupules. Et « Mai 68 » n'était pas encore un truc pour vieux combattants chevelus, certains ayant gardé la queue de cheval (je parle de leurs cheveux) jusqu'à cinquante ans passés, coiffure toujours coquette avec la calvitie en sus ce qui est j'en conviens un peu grotesque, pathétique et aussi très touchant.

    Beaucoup de quadragénaires et de quinquas qui étaient adolescents ou un peu plus dans les années 80 sont souvent touchants.

    On leur a dit que le monde était à eux, que tout était possible, à commencer par la satisfaction de tous leurs désirs, que c'était bien d'expérimenter toutes les drogues, tous les alcools, toutes les positions du Kama-Sutra, que cela n'avait aucune conséquence réelle.

    Beaucoup de ces quadras et quinquas le voient toujours ainsi.

    Même après le SIDA.

    Il faut dire qu'ils sont restés très jeunes dans leurs têtes, ce qui est à la fois problématique et sympathique. Quelques uns parmi eux ont malgré tout réussi à faire carrière, à atteindre un statut social enviable, les plus cyniques, les plus opportunistes parmi eux, les plus réalistes aussi.

    Généralement, ils jouent toujours la même partition du jouisseur (de la jouisseuse) sans contraintes, alors qu'on les imagine avoir plutôt qu'une vie de patachon, une existence bien réglée comme un petit vieux en maison de retraite.

    Il reste encore quelques naïfs, particulièrement des « intellectuels précaires », surdiplômés, qui n'ont pas de travail ou seulement des jobs alimentaires mal rémunérés : de pion en lycée à chef de choucroute chez Carrefour.

    Car on a oublié de leur dire que si c'est passionnant d'être doctorant en sociologie ou en psychologie, il faut disposer de réseaux dynamiques pour trouver une bonne place en rapport même un tout petit peu avec le diplôme.

    Dans les années 80, il ne fallait surtout parler d'élitisme, mais les belles âmes qui le serinaient déjà un peu partout, c'était déjà les mêmes d'ailleurs, seule leur coupe de cheveux changeant (comme lui, sur la photo avec un copain philanthrope), le pratiquaient à haute dose pour leurs propres rejetons, choisissant pour leur progéniture les meilleures places. Maintenant c'est juste qu'ils ne s'en cachent plus en somme.

    Ils ont toujours du mal à s'engager, professionnellement et sentimentalement, ils ne savent pas trop comme se stabiliser, on leur a tellement seriné que se stabiliser, s'équilibre c'était vieux jeu, démodé et petit bourgeois.

    Ils ont la peur panique de devenir vraiment adultes, se donnent des frissons d'enfance mal digérée en se réunissant pour des gloubi-boulga nights ou des soirées spéciales « Capitaine Flam ».

    Les femmes s'habillent comme du temps de leur adolescence, tout comme les hommes qui n'ont pas grandi dans leur cervelle et demeurent des Peter Pan bedonnants et grisonnant des temps.

    Mais une femme de cinquante ans qui met des mini-jupes ras la salle de jeux, cela n'a rien d'aguichant, à moins qu'elle n'ait vraiment de très jolies jambes, et je ne parle pas des hommes qui s'habillent comme leurs fils ou jean « slim ».

    Ils sont encore en plein dans leur crise post-pubertaire, de révolte contre leurs parents coupables de leur avoir trop laissé la bride sur leur cou, leur reprochant leur liberté, et d'avoir manqué de cadres ou de repères.

    A la décharge des rescapés des années 80, il faut dire que leurs parents et grands parents une fois devenus pères et mères de famille, même recomposées, se sont rappelés qu'ils n'avaient pas fait assez de gosses pour financer les retraites mais qu'il fallait tout de même bien qu'eux profitent du système, pour leurs gosses, on verrait plus tard.

    Comme tous les enfants gâtés, les parents et grands parents ont surtout pensé à eux, à leurs intérêts, et après ça le déluge. C'est bien pour cela que les voir donner des leçons d'indignation ou de belles intentions est particulièrement savoureux. Ce n'est pas qu'ils manquent de sincérité, c'est juste qu'ils ne sont pas très cohérents avec eux mêmes.

    photo ci-dessous prise ici

    paris-nuit-4_0.jpgLes rescapés des années 80 ont vu arriver la génération suivante, tout de suite après la leur, une génération qui a vécu la crise, qui est plus pragmatique, plus cynique aussi, plus matérialiste, rêvant moins, et beaucoup plus stable. Pour tenir le coup, il y en a qui se sont tournés vers la psychanalyse de comptoir ou non, les spiritualités syncrétiques et crétines de style vibratoire, les grands rassemblements chargés en suraffectivité, le net aussi, qui vit sur la nostalgie en favorisant les sites d'anciens copains ou relations d'enfance, ou d'adolescence, laissant croire que tout cela n'est pas bel et bien fini.

    ci-dessous un pot-pourri en musique

  • Un toast pour Antoine Blondin

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    Portez un toast à Blondin également sur Agoravox

     Quand on a trop bu, on a parfois tendance à la grandiloquence un rien ridicule, aux grands serments et aux déclarations définitives.

    photo ci-dessous prise ici

    ANTOINE-BLONDIN-copie-1.jpgUn soir, dans un petit bistrot enfumé du Faubourg Saint Antoine, dans une petite rue mal éclairée, tard le soir, j'ai porté avec quelques autres un toast à Antoine Blondin dont la photographie ornait le dessus du miroir posé juste derrière le patron de l'endroit, au-dessus de son « zinc ».

    Il nous souriait légèrement. Il se serait plu où nous étions, un des derniers petits coins secrets de Paris, interdits aux poseurs et aux prétentieux. Nous étions quelques inadaptés échoués là par hasard.

    Nous étions dans cet état second que l'on atteint parfois, entre la mélancolie, le « cafard » et la joie d'être ensemble, une espèce de communion des « saints buveurs », un moment qu'Antoine Blondin aurait apprécié, un voyage aussi, car l'ivresse est un voyage, qu'il aurait fait avec nous.

    Ou pas, car il lui arrivait aussi, après quelques verres, de chercher à provoquer ses voisins de comptoir et à se bagarrer avec eux.

    Totalement gratuitement.

    Il lui arrivait aussi d'avoir la saoulerie poétique, comme le soir où il décida avec quelques autres ivrognes lunaires de faire de la rue Bonaparte un jardin en allant dérober nuitamment des fleurs au marché du même nom sur les quais tout prêt. Maintenant, rue Bonaparte, on croise surtout des touristes asiatiques, l'appareil-photo en bandoulière, cherchant le café d'« Amélie Poulain », cette vieille fille mal dans sa peau qui finit par se mêler de ce qui ne la regarde pas.

    On croise aussi de jeunes et beaux jouvenceaux ou jouvencelles étudiants ou pas, savamment mal habillés, avec la mèche unisexe qui leur tombe sur l'oeil, ce qui explique leur courte vue la plupart du temps sur les souvenirs littéraires du quartier réduits dans leur cervelle à la terrasse du « Flore » ou la salle de « la Closerie des Lilas » où l'on croise différents « people » (ou « pipeaules » pour employer une orthographe plus adéquate).

    Blondin fascine les petits garçons trop sages qui ont des vélléités d'écriture parce qu'il écrivait bien, était cultivé et qu'il buvait beaucoup, et souvent. Ils s'arrêtent d'ailleurs là, aux litres de vin qu'absorbaient cet auteur.

    Seulement, boire autant ce n'est pas pour épater la galerie qu'on le fait, mais à cause d'une blessure : la maladie d'un proche, un frère, une soeur, un père, une mère, une mort, un mal-être qui s'étend, la vie qui manque de sens.

    La blessure de l'écrivain, auteur du « Singe en hiver », c'était la mort de son père, qui s'était suicidé à vingt-six ans, comme l'apprend Christian Millau dans « Au galop des hussards ». On boit pour calmer les souffrances induites par ce qui nous a fait du mal, mais c'est comme ces enfants, que l'on voit sur les plages, qui essaient de vider la mer à l'aide d'un arrosoir, c'est peine perdue.

    La mélancolie est au coeur de l'oeuvre d'Antoine Blondin, comme de celles de nombreux écrivains qui cherchent un sens à toute la médiocrité et la malveillance qui nous entourent, à l'avidité du monde actuel, à la multiplication des « non-lieux » qui peuvent se passer de l'être humain et de son âme, à ce temps qui se veut eschatologique, rêvant tout le temps de sa destruction, fantasmant sur des inventaires après décès effectués avant même la mort de notre civilisation.

    Comme si nous savions fort bien que les aspirations de celle-ci, ou du moins ce qu'il en reste, sont totalement vaines.

    On demande souvent aux écrivains ce qui les pousse à écrire, il en est peu qui répondent franchement. La plupart jouent les penseurs torturés, préoccupés de leur époque, de leur responsabilité de créateur, de leur engagement forcément nécessaire, toujours dans le même sens de toutes façons, le sens du poil de ce qu'il convient de penser. C'est de bon ton en ce moment pour un écrivain de devenir spécialiste en tout, phare de sagesse en dilettante, et d'oublier complètement et la littérature, et ce qui le meut vraiment, à savoir sa mélancolie, son intelligence et sa sensibilité, tout ce qui rend malheureux en somme, les imbéciles ne connaissent pas leur bonheur. Les imbéciles se contentent de deux ou trois certitudes sur le monde, de slogans faciles à retenir comme opinions.

    Les imbéciles sont légions aussi bien au « Café du commerce » que dans les salons mondains et feutrés. De droite ou de gauche, ils ne mettent en avant que leurs idées et oublient le style, qui fait l'homme.

    Et vogue la galère intellectuelle...

    On a classé, à tort ou à raison difficile de trancher, Antoine Blondin parmi les « Hussards », avec Roger Nimier, l'auteur du « Hussard bleu », Jacques Laurent et d'autres, du fait de sa propension à trouver que c'est ce qui semble futile qu'il importe de cultiver, d'une certaine élégance du verbe, d'une appétence pour un certain mauvais esprit à l'encontre des icônes intellectuelles indéboulonnables, et surtout de son opinion marquée sur les auteurs de donnant de l'importance politique, à défendre les grandes causes dans le vent. Il y eut des hussards de gauche, dans la même veine que les premiers, comme Roger Vailland.

    Ce qui est ironique est que cette ébauche de « classement » a été esquissée par un autre esprit plus vif argent que coulé dans le plomb, inclassable et irréductible à deux ou trois formules, Bernard Frank, qui était à rebours politiquement de la plupart des « hussards », pour la plupart à droite, excepté Jacques Laurent qui vira Miterrandolâtre à la fin de sa vie, et finit à l'Académie Française, le comble pour un esprit se voulant impertinent.

    On me dira, ce n'est pas forcément incompatible d'être de droite et vénérer Mitterrand, même si « plus à gauche » que Mitterrand, comme disait Desproges « ça ne se pouvait pas ».

    Pourtant de droite, Antoine Blondin abordait des sujets hautement prolétaires, ce qui semble là encore paradoxal à première vue. Au moins ne se mettait-il pas en tête de vendre sa doxa théorique au chaland ou d'en mettre une au point. Il a beaucoup écrit sur le sport, il écrivait dans « l'Équipe » sa chronique du Tour de France qu'il suivait chaque année, dormant dans les bordels de la ville-étape chaque soir, non pour la bagatelle -il n'aurait pas eu les moyens étant toujours fauché comme les blés- mais parce que selon lui, les putains étaient « maternelles avec lui ». On trouve dans ses textes sur le cyclisme quelques calembours judicieusement placés, égratignant telle ou telle grande figure bien vu du tout venant, comme Victor Hugo dont il cite « l'art d'être grimpeur » par exemple (pour les néophytes, ou les étudiants en lettres ayant fait leurs études sous Jack Lang, Hugo est l'auteur de cet art là).

    Journaliste, critique littéraire et sportif, Antoine Blondin est surtout un romancier incomparable, le plus modeste et le plus brillant des Hussards. Son œuvre est restée "mince".

    Songerait-on à le lui reprocher ? Un peu.

    photo ci-dessous prise ici

    1803414.jpgTrop léger, trop élégant, pas assez novateur. A l'heure où l'on s'interroge sur le renouvellement (ou l'épuisement) du roman par l'autobiographie, on oublie que Monsieur Jadis est une des premières auto-fictions mais sans être centrée sur le nombril de son auteur.

    Il vaut mieux prendre ses distances avec la légende pittoresque du clochard céleste de Saint-Germain-des-Prés car ses oeuvres de fiction comme dans ses articles révèle un univers personnel complexe et original. Blondin fait penser à ces amis un peu difficiles, ces oncles dont on parle en chuchotant pendant les repas de professions de foi du petit dernier, intenable pendant les réunions de familles, qui boit trop, qui met les coudes sur les tables, qui dit des gros mots mais que l'on ne peut s'empêcher de réinviter car il est capable d'immense amitié.

    Certains, des enfants sages qui veulent se donner un genre, des premiers de la classe qui veulent se faire pardonner de leur sérieux, de leur assiduité, ne voient d'ailleurs qu'en Blondin un écrivain mauvais garçon, pilier de bar, écrivain en dilettante qui donne des frissons car il se fichait de finir bourgeoisement alors que ces mêmes enfants sages, on parle aussi de "néo-hussards", aimeraient bien finir embaumés à l'Académie.

    Il y a une chose qui domine chez Blondin c'est le sens de l'autre et de ce que les autres lui apportent. Son amitié, à Jacques Laurent, à Roger Nimier, était précieuse, malgré les invectives parfois, lors des nuits de soûlographie méthodique, malgré les fâcheries ponctuelles sur des frivolités, mais de ces frivolités qui sont précieuses à protéger.

    Finalement, il est complètement à rebours des littérateurs et écrivaillons actuels.

    Ce qui compte le plus pour ces auteurs c'est à la fois le croustillant ou l'intellectuellement étanche dont les ancêtres sont les animateurs du "Nouveau Roman" dont les livres me passionnent personnellement autant qu'un catalogue de papiers peints, par contre ne pas parler des "Hussards" ou alors en les morigènant pour leurs idées politiques de droite, tout en oubliant les écrivains "maos" qui ont perdu la mémoire quant à cette période en 2006 ou s'en souviennent comme d'aimables gamineries.

    On y est de gauche, mais pas de n'importe laquelle, une gauche où afficher ses choix sexuels est indispensable, où on aime bien pleurer des larmes de crocodiles sur des photos de gosses en train de crever de faim sans pour cela donner un euro ou l'aumône d'un sourire à un mendiant que l'on croisera dans le métro (il est vrai que les pauvres de près sont moins photogéniques, ils font moins "gavroche").

    Une contradiction encore, elle rejette les dogmes et les privilèges mais hors de leur groupe, point de salut...

    A ce lien Blondin parle du Tour de France

    Ci-dessous la fin de "Un singe en hiver", le retour de la mélancolie


  • Une société de voyeurs

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    En discussion sur Agoravox

    Nous sommes une société de scopophiles, de voyeurs qui adorent regarder, scruter, surtout ce qui ne va pas, chez l'autre. C'est pourquoi nous laissons notre quotidien être envahi par les caméras de browning_et_les_freaks.jpgsurveillance. Nous sommes des spectateurs du peep-show du monde actuel, fascinés par la destruction, la catastrophe, l'ordure, la violence, la haine. Les films hollywoodiens ou non formatés adorent montrer tout cela, comme ils rechignent à parler de sexe ou d'amour de manière un peu adulte et non comme une adolescente à peine pubère.

    Comme nous adorons aussi nous faire peur avec l'idée de notre propre destruction comme si nous étions finalement conscients d'aller à l'abîme à grands pas et joyeusement.

    Il n'y a plus de spectacles de monstres, il n'y a plus de cirques montrant des « phénomènes », mais nous mettons des petits myopathes sur une scène, en pleurnichant un peu pour nous donner bonne conscience mais c'est toujours « Barnum » en représentation avec ses « freaks ».

    C'est d'ailleurs paradoxal à notre époque hyper-normative qui favorise une hyper-standardisation d'être aussi attirés par la monstruosité et la difformité, à croire que beaucoup voit dans les handicapés un reflet de leurs âmes plutôt tourmentées.

    Et toujours avec le même manque de franchise et d'honnêteté quant aux motivations. On ne veut surtout pas parler de compassion ou d'humanité simplement.

    Pour s'excuser de notre curiosité malsaine, nous enrobons le tout de bons sentiments bien mièvres, de sensiblerie dégoûtante et frelatée, la même que l'on retrouve dans les publicités tellement « authentiques » pour de la purée en sachets ou du jambon sous vide. Cette sensiblerie, cette exaltation d'une fausse gentillesse geignarde et rose-bonbon, c'est notre justification de notre voyeurisme.

    On montre des petits africains qui souffrent de famine, des japonais tellement « dignes dans leur souffrance » selon la formule que l'on a entendu tout le temps, des jeunes arabes tellement courageux qui font la révolution par procuration pour les occidentaux endormis dans leur mauvaise graisse, leur choléstérol, leur anorexie ou leur boulimie, leurs névroses de riches et de bien-portants. On cherche un signe ou un sens à une catastrophe. On aime bien mettre en parallèle deux catastrophes, Fukushima et le 11 septembre, par exemple.

    Au bout du compte, c'est surtout que les catastrophes rassurent celui qui bénéficie d'un certain confort matériel, et souvent intellectuel. Il se dit alors qu'il y a plus malheureux que lui et apprécie d'autant mieux son aisance. Bien sûr, cela ne lui viendra pas à l'idée une seule seconde d'essayer de changer quoi que ce soit à l'iniquité fondamentale qui mène cette société.

    C'est forcément la fin du monde, on n'hésite pas à sombrer dans le millénarisme le plus délirant, comme croire que la planète va vraiment s'arrêter de tourner le 21 décembre 2012.

    C'est curieux de constater que notre époque qui se dit et se revendique amorale et a-religieuse croient en autant de choses aussi irrationnelles et tenant de la foi du charbonnier.

    Il faut dire que dans les magazines et même dans des journaux dits sérieux on n'a jamais vu autant de publicité pour différents horoscopes ou méthodes d'astrologie ou de divination.

    Si tant de personnes sont persuadés que le monde va crouler en même temps qu'eux, c'est a ussi par individualisme forcené, du fait du nombrilisme extrême tel qu'il se pratique de nos jours : « Si je meurs, c'est forcément le monde entier qui doit mourir en même temps que moi ».

    Cela tient aussi de la croyance qui veut que notre société de sur-consumérisme soit le nadir de la civilisation, une apogée, l'acmé de la pensée alors que nos descendants nous considèreront certainement, peut-être d'un oeil attendri, comme des barbares.

    On s'étonne qu'un petit garçon, (ou une petite fille), né avec un handicap qui se voit un peu, cela suffit pour provoquer la curiosité mal placée, devienne plus tard caustique voire cynique alors qu'il a pris l'habitude de diviser très tôt le monde en deux catégories : ceux qui ne s'arrêtent qu'à l'apparence, ceux qui vont plus loin.

    Photo ci-dessus et vidéo ci-dessous extraites de "Freaks" de Tod Browning (sur la photo on voit le réalisateur et ses acteurs, photo prise ici), le chef d'oeuvre s'interrogeant le mieux sur la "normalité" et la "différence".


    Freaks 1/4 par laingui

  • "Lolita" de Stanley Kubrick en 2011

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    Sur Agoravox aussi

     « My name is...

    ...Lolita

    I'm supposed to play...

    ...with Boys »

    de la chanson « My heart belongs to Daddy » dans « Le milliardaire », un des derniers films de Marilyn, avec Yves Montand, pas un des meilleurs. Marilyn était une sorte de grande soeur de Lolita, qui exacerbait elle aussi les pulsions sexuelles des mâles occidentaux ou non.

    lolita-1962.jpgEn ce moment on célèbre avec raison Kubrick qui restera certainement comme un des derniers géants de l'âge d'or du cinéma anglo-saxon, et qui demeure une source d'inspiration pour de nombreux réalisateurs, qu'ils soient hollywoodiens ou « indépendants », ceux-ci travestissant la plupart du temps les formes inventées par Kubrick comme d'autres réduisent un philosophe à un ou deux slogans faciles à retenir.

    On parle la plupart du temps toujours des mêmes films de Kubrick, ceux dans la dernière période, comme si la cinéphilie des critiques commençait dans les années 80. Quand on lit entre les lignes, on admet que Kubrick est un réalisateur de génie mais on avoue aussi que l'on s'est ennuyé pendant « Full Metal Jacket » auquel la quasi-majorité des critiques avaient préféré « Platoon » qui jouait beaucoup plus sur la corde sentimentalement grandiloquente.

    Ainsi les « Inrockuptibles » mettent « Shining » en couverture, qui est commenté comme un film d'horreur de série, ou parlent des déboires « people » subis par le couple Cruise-Kidman pendant le tournage de « Eyes wide shut », et oublient de parler de cinéma et du fond des films du réalisateur. Beaucoup cherchent aussi à expliquer l'expérience esthétique que sont des films comme « 2001 » ou « Barry Lyndon » qui est tout sauf expliquable car devant la beauté des plans de l'un ou de l'autre, les mots sont plus ou moins impuissants.

    Quand il est question de « Lolita », la plupart des commentateurs semblent tous surtout émoustillés par la crudité du sujet scabreux abordé, terrain glissant que tous se hâtent d'emprunter, fascinés qu'ils sont par ce personnage d'adolescente qui paraît leur promettre la réalisation de tentations auxquelles ils se laisseraient volontiers aller. Généralement les critiques que l'on peut lire de « Lolita » en disent plus long sur leurs auteurs que le film, un peu comme ces articles que l'on a pu lire sur Gainsbourg et son goût pour les très jeunes femmes.

    « Lolita » de Kubrick, adapté avec intelligence par Nabokov lui-même, en dit également beaucoup sur notre société et son mode de fonctionnement à l'envers en somme, à contresens de toute morale, respect et sens de l'autre.

    Si « Dieu est mort » et avec lui la crainte des fins dernières dans le monde moderne, ne reste que le vide et le néant des aspirations se limitant au désir, un désir monstre que les deux personnages les plus importants du film avec la nymphette (jouée par Sue Lyon, plus âgée que le personnage dans le roman), qui en est l'allégorie, incarnent :

    Humbert Humbert, joué par James Mason, et son double libéré de toute culpabilité et de toute inhibition, pour le pire, Clare Quilty, impeccablement joué par Peter Sellers.

    Clare Quilty c'est la représentation du mal moderne, dans toute sa splendeur grotesque, à la fois ridicule et grandiose, prétentieux, persuadé d'être à l'apogée de la civilisation alors que finalement en détruisant les tabous, en croyant lutter contre ce qu'il croit être les préjugés moraux traditionnels, il ne fait que donner libre crous à ses pulsions animales.

    C'est un gosse malfaisant, qui aime bien jouer de mauvais tours à Humbert Humbert qui, lui, est tout aussi hypocrite même s'il pare son penchant pour Lolita de vertus et de noblesse qu'il ne possède pas.

    Il ressemble à Gustav von Aschenbach dans « Mort à Venise », fasciné par Tadzio qui est pour lui la figure de l'ange de la mort annonçant la fin d'une époque où vivre semblait plus doux, un représentant cultivé et sage au comportement aristocratique, un hérault de l'ancien monde en pleine décadence, car il finira fardé et attifé comme le vieux pédophile dont il se moque en arrivant à Venise, perdant toute dignité, et mourra du choléra comme les autres tandis qu'Humbert Humbert ne trouve d'autres solutions que de tuer Clare Quilty pour se libérer de son fardeau, ne se libérant d'ailleurs en rien car Lolita a finalement très mal vécu leur errance à travers toute l'Amérique et ses non-lieux tous pareils déjà se multipliant dans un cauchemar climatisé : motels, « dinners », lotissements avec voiture et pelouse et ainsi de suite...

    Et elle n'était cette jeune muse telle que son « beau-père » la voyait, mais juste une petite adolescente un peu vulgaire d'une ville perdue de Nouvelle Angleterre, pétrie des mêmes idioties et rêves étriqués que sa mère, Charlotte Haze.

    De nos jours, curieusement, « Lolita » serait un film délicat à tourner, ou alors qui ferait dans le porno soft comme le « remake » mauvais d'Adrian Lyne en 1997, car la compréhension de l'oeuvre se limiterait à l'exposé d'une dépravation.

    C'est paradoxal car finalement, c’est toute la société qui, en 2011 devient pédophile, se nourrissant d’une imagerie se voulant jeune ou proche des jeunes, imagerie totalement frelatée il est vrai.

    Le physique des mannequins, présenté comme indépassable, est celui d’adolescentes à peine pubères et généralement anorexiques (et qui font la gueule). Foin d’hypocrisie, je préfère sur le sujet la franchise virant presque au cynisme de Lagerfeld que la « faux-culterie » des magazines allemands qui ont fait parler d’eux il y a quelques mois en faisant poser des femmes présentées comme communes, ce qui est agréable pour elles d’ailleurs, afin de se redonner une virginité en la matière, eune bonne conscience.

    La sexualité et l’amour en général se doivent d’être vécues comme si l’homme était toujours un adolescent incapable de maîtriser ses pulsions, et de se responsabiliser, et la femme une midinette de treize ans, confondant ses lubies amoureuses et ses envies de coucheries.

    On lui présente des aventures d’un soir comme étant aussi anodines qu’avaler un macaron, pendant que les hommes pensent que multiplier les aventures leur assure une réputation de performance. Personne ne songeant un seul instant à mûrir, prendre conscience de ses erreurs ou de ses errements.

    Cela a des conséquences en politique, toute la société, peu ou prou, raisonne de manière binaire :

    Celui qui ne pense pas tout à fait comme moi est mon ennemi, partageant à gauche et à droite un humanitarisme léger et très vague, gentillet et mièvre qui sert de paravent à la seule motivation réelle des uns et des autres, à savoir consommer sans limites aussi bien les choses que les êtres.

    De temps en temps, on se laisse aller à une sorte d’émotivité hystérique, d’affectivité sans affection ni cœur, on est là pour donner l’impression de s’aimer alors qu’on cherche surtout à se mettre en valeur et montrer comme on est si bon, l’apparence seule étant importante.

    Le corps est réduit à une machine, il doit absolument correspondre à l’image que l’on s’en fait, souvent idéalisé, certaines femmes, et de plus en plus d’hommes, se martyrisent afin de retrouver de manière totalement contre-naturelle un physique perdu depuis leurs douze ans, On doit prendre soin de son corps comme d’une machine évitant soigneusement tout ce qui aurait un rapport quelconque avec l’esprit, l’âme ou l’intellect, sauf en ce qui concerne une forme aiguë de pensée positive à tout crin qui devient la norme, il arrive de plus en plus que les fois religieuses et les idéologies soient confondues avec cette « positive thought » aussi creuse et sotte qu’un slogan pour eau minérale.

    La société base ses pseudo-aspirations qui sont autant d’alibis pour un désir comme un abîme sans fond sur des concepts infantiles et non enfantins, et ce sont tout les adultes qui sont autant de gamins et gamines sans cervelle malléables par les médias et l’industrie du divertissement, et donc par là-même taillables et corvéables à merci.

    Ci-dessous la chanson de Marilyn


    Marilyn Monroe - My heart belongs to daddy par Mirandoline

  • Fulgurant Barbey

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    Sur Agoravox, Barbey est encore aussi infréquentable aux yeux des cuistres

    Barbey tout court, c'est ainsi que l'appelle les initiés qui le lisent, détestait le naturalisme, de Flaubert à Zola. Il détestait la modernité, tout ce matérialisme étalé d'un côté et de l'autre. C'était un réactionnaire qui détestait la sottise profonde de certains catholiques de son époque, prêts à se rallier au libéralisme positiviste bourgeois sans trop de scrupules, tout comme la grandiloquence des idéologues prêts à apporter le bonheur aux peuples, que celui-ci soit d'accord ou pas.

    1009422.jpg

    portrait de Barbey pris ici

    Dandy soit ridicule et moqué par les gamins de Paris, pantalon violet à grand carreaux rouges, haut-de-forme doublé de satin blanc, moustaches "daliennes", soit flamboyant.

    On peut d'ailleurs dans le musée qui est consacré à sa personne dans sa maison de Saint Sauveur le Vicomte quelques uns des habits qu'il affectionnait de porter. Je dois avouer que ce n'est pas la partie de son oeuvre et de son existence qui me passionne réellement. Pour le souvenir de Barbey, j'ai un peu de mal avec les musées, je préfère le relire.

    Il faut d'abord lire à son sujet les échanges avec Alphonse Daudet rapportés par Léon Daudet dans ses souvenirs littéraires, Léon Daudet fait frissonner l'échine à chaque fois que je songe au passage de ses « fabuleux » (dixit Proust) « Souvenirs littéraires ». Cela peut aller jusqu'à la jubilation, quant à celui de Barbey, que l'on a l'impression de voir revivre sous nos yeux, ce « vieux viking au verbe sifflant et édenté » qui boit coup sur coup deux bouteilles de Champagne, cet « argent liquide », ce qui impressionne le jeune Léon.

    Il rédigeait ses romans passionnés à grands traits d'encre de toutes les couleurs, je regrette d'ailleurs l'ancienne couverture du livre de poche du « Chevalier des Touches » qui montrait des exemples de cette graphie. Dans ce livre, il offre un regard cette fois inhabituellement sec et froid sur la chouannerie normande, cruelle et engagée. Il remet en question un des mythes fondateurs de notre époque et de la sienne, dans un sens ou dans un autre. La Révolution ne fût pas une période facile et emportant l'adhésion générale, la Chouannerie et la Vendée militaire n'étaient pas des mouvements simplement romantiques.

    Rappelons que « Populicide » c'est le terme employé par Gracchus Babeuf au sujet de la Vendée en armes.

    Avec ce livre et d'autres, on peut se rappeler que les génocides, les tueries en masse rationnalisées ne sont pas l'apanage du XXème siècle. Il faut rappeler que dans le Poitou et la Vendée ainsi qu'en Normandie et en Bretagne, 250 000 personnes : hommes, femmes et enfants, soldats et civils ont été massacrées pour la simple raison de leurs opinions différentes, voire de leur naissance. En France, pendant la révolution. Il y eut des fours crématoires à Angers, des bateaux coulés bourrés de prisonniers à Nantes, des villages rasés etc...etc...

    Comme l'écrivait un responsable de l'époque, républicain, à qui l'on demandait un rapport qu'il n'a pas réussi à terminer.

    Non, les choses ne changent pas, on tue toujours au nom de la raison en Israël et Palestine, en ex-Yougoslavie, en Libye et ailleurs sans oublier que des hommes et femmes meurent de faim et de froid sous nos portes à notre époque de progrès, toujours plus en avant vers l'avenir.

    *

    "J'ai toujours été grand amateur et dégustateur de légendes et de superstitions populaires, lesquelles cachent un sens plus profond qu'on ne croit, inaperçu par les esprits superficiels qui ne cherchent guères dans ces sortes de récits que l'intérêt de l'imagination et une émotion passagère."

     

    Barbey d'Aurevilly, "L'Ensorcelée", Gallimard, Collection Folio n°910, 1977, p.71.

     

    "Dans un de ses meilleurs soirs, malgré le diable d'air que lui jouait, à lui, sa blessure."

    Dans "l'Ensorcelée", comme à son habitude, Barbey en fait trop. Il fait feu de tout bois et d'étincelles de passion. Comme dans "une vieille maîtresse", le galop des chevaux peut provoquer des incendies. Les amants sont plus que des êtres humains, et plus grand que nature. Évidemment, Barbey n'a pas de cynisme, bien qu'il soit sans illusions, pas d'ironie, et semble toujours quelque illusion sur le genre humain. Le style de Barbey serait donc plus proche de la poésie que de la littérature naturaliste ou prétendue telle.

    Alors, peut-on aimer Barbey et Flaubert ?

    C'est une question qui n'a pas de sens, lire les deux permet d'élargir son univers littéraire.

    La réflexion sur le "trop" de Barbey conduit immanquablement à me remémorer les réflexions de Philippe Sellier dans la préface de "Une vieille maîtresse" de Barbey (Laffont/Bouquins, p. 24) :

    L'esthétique de Barbey contredit en effet « le "goût" auquel nous ont domestiqués des années d'études classiques [j’ajoute : "et la pratique obligée et bienséante du Lagarde et Michard"], où nous avons appris à combiner de façon incertaine les limites du "vraisemblable" moyen attribué au classicisme avec les timides ouvertures des "grands" romantiques français (où ne figurèrent longtemps ni Nerval, ni Lautréamont, ni le Hugo visionnaire, ni Barbey). "Le goût, cette petite faculté d’eunuque" riposterait l’auteur des « Diaboliques ».

    Tout choix artistique a ses richesses, permet certaines explorations et en interdit d’autres :

    Opter pour la cohérence (des apparences), analyser longuement le déroulement prévisible des états de conscience et des actes d’une Emma Bovary, par exemple, cela confère à l’œuvre une remarquable puissance allégorique.

    A ce point de vue, "Une vieille maîtresse" laissera en nous des traces aussi durables , comme roman de la désillusion amoureuse, que « la Princesse de Clèves » ou le chef-d’œuvre de Scott Fitzgerald, "Tendre est la nuit", même si Barbey fait dans l'outrance, en mettant le feu aux roues du carrosse qui va trop vite au début du roman.

    Mais il en imprimera d’autres, dont sont incapables ces deux romans de l’abattement. Par l’éclat des images, la fulguration des "scènes", l’énergie des personnages, les plus beaux des récits aurevilliens électrisent, fouettent le sang, redressent ceux qui se voûtent. Ils permettent de reprendre le cri de Pascal dans le Mémorial, à la "grandeur de l’âme humaine" et à son immortalité. »

    Saint-Sauveur-le_Vicomte_%28Barbey_d%27Aurevilly%29_Maison_natale_2.jpg

    la photo de la maison de Barbey prise ici

    Le mot "fulguration" rappelle l’expression "magnifique ciel d’orage" que Breton emploie pour parler de « Le Moine » de Lewis ou encore à la préface d’Eluard dans le Château d’Otrante d’Horace Walpole (Corti, 1943). Il y a là matière à tout un débat non seulement sur le goût "gothique", un goût violent et passionné par excellence.

    Ces qualificatifs viennent d'une tradition qui remonte à Dante et au Tasse, et pas seulement littéraire d’ailleurs, puisque l'on peut y inclure volontiers certains passages de la Bible, mais aussi les plus grands chefs-d’œuvre de Delacroix, des toiles aussi flamboyantes, aussi débauchées, aussi ténébreuses et ardentes que « les Massacres de Scio » ou « la Mort de Sardanapale ». Delacroix qui s’écriait dans son Journal : "Je n’aime pas la peinture raisonnable." Il n’y a souvent qu’un pas en effet entre le bon goût "raisonnable" et les "recettes académiques".

    Pour le paraphraser, on peut dire qu'il n'y a pas de littérature « raisonnable » qui vaille la peine, bien que celle-ci soit à la mode depuis quelques décennies, depuis cette création grisâtre du « nouveau roman ».

    Ci-dessous l'adaptation de "Une Vieille Maîtresse" par Catherine Breillat


    Une vieille maîtresse
    envoyé par _Caprice_. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Des ados, des adultes, des adulescents

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    Les jeunes vieux s'offusqueront-ils de cet article sur Agoravox ?

    Desproges, ci-dessous et à ce lien, était sévère avec les jeunes...

    "La jeu nesse, toutes les jeunesses sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n’a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
    Autant que la vôtre, je renie la mienne.
    L’humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc."

    "Chroniques de la haine ordinaire" - éditions du Seuil, Pierre Desproges

    J'ai souvent des adolescents autour de moi de par mes activités : quand l'un d'eux fait une bêtise, ou dit une idiotie, ou rigole bruyamment en cours, ce qui arrive à bon nombre d'entre eux, et arrivera encore à bon nombre tant qu'il y aura une école, et c'est somme toute normale chez un adolescent.

     

    m-Peter_Pan___Walt_Disney___1953.jpgIl dit très souvent comme excuse :

     

    - C'est pas ma faute monsieur, c'est l'autre qui m'a fait rigoler...

     

    Ou bien encore

     

    - Si je l'ai tapé c'est parce qu'il m'a énervé.

     

    On entend aussi cette excuse bidon, c'est la faute des autres, pour justifier des modes débiles ou moches, que l'adolescent perçoit bien comme moche et débile (il remontera son jean « baggy » ou bien si c'est une jeune fille tirera sur sa micro-jupe) mais auxquelles il se soumet quand même, pour faire comme les autres, pour ne pas faire de vagues, ne pas choquer son entourage, être dans le moule quitte pour cela à laisser passer des stupidités.

    Là l'adolescent dira (car il a peur une peur panique de ne pas être dans un groupe) :

     

    - Je ne dis rien parce que je ne veux pas être mal vu(e) des autres.

     

    Normalement, je dis bien normalement, après la puberté et les tribulations qu'elle entraine, ça passe.

    L'adulte est censé être mur et responsable, capable d'écouter les autres, les opinions divergentes, de surmonter l'instinct grégaire qui une inclination très nette des adolescents, grandir en somme.

    Or, il n'en est rien.

    L'adulte conserve tous les attributs de l'adolescent dans nos sociétés développées, si formidables, où il y a la liberté de consommer et tout ça. Il n'aime pas sortir du cadre, déteste que l'on puisse croire qu'il est hors du moule, a horreur de ceux qui ne suivent pas le troupeau.

    L'adulte est encore un peu plus bourré de complexes d'infériorité/supériorité comme quand il était ado (social, culturel, relatifs à la bagnole, à son look, etc...), comme lui il rêve de quitter son boulot, que souvent il n'aime pas, pour aller jouer de la guitare tout nu avec ses potes et ses copines sur une île déserte, et qu'en plus d'abord, tous ceux qui ne l'aimaient pas à son travail et dans sa famille, et bien ils seront drôlement déçus qu'il parte en fait.

    Ses petites et grandes misères, c'est pas de sa faute, c'est la faute le plus souvent à la société qui ne l'a pas reconnu à sa juste valeur. C'est la faute à ses parents, à sa famille, s'il n'a pas fait une carrière extraordinaire, genre Albert Schweitzer en mieux, c'est la faute de tel prof de terminale, de tel ami, qui l'a mal influencé dit-il souvent.

    Il n'ira jamais jusqu'à se demander pourquoi il a suivi pareille mauvaise influence, pourquoi il a suivi le mauvais chemin de lui-même, d'elle-même.

    Veut-il pour autant dire la vérité contre le vent, aller contre le troupeau ?

    Non plus, il ne veut surtout pas entendre quoi que ce soit le ramenant au réel. Encore pire, l'adulte ira chercher des comparses pour injurier, insulter et descendre plus bas que terre le contradicteur.

    Même si c'est vrai comme il dit souvent, alors que comme on le dit : « la vérité rend libre ».

    Et permet de se libérer de ses pesanteurs.

    adulescents1.jpgEst-ce donc que l'adulte mûr, majeur et responsable ne veut pas se libérer de ses pesanteurs ?

    Non seulement, il ne veut pas, mais il ne rêve que d'une chose, survivre dans sa case, dans sa boîte, rester bien au chaud dans sa coquille.

    Il adorera également rêver de la période bénie pour lui où il était adolescent, poussant le vice jusqu'à organiser des soirées pour ça. Il poussera alors une petite larme bien narcissique sur sa jeunesse, vieillissant malgré tout, s'aigrissant sans s'en rendre compte à force de frustrations et de complexes, de rancœurs accumulés...

    Et quand il s'aperçoit enfin qu'il a vieilli, il est trop tard...

    Images : en haut le plus connu des adulescents, image trouvée ici

    En bas, deux grands garçons très frais dans leurs têtes, image trouvée ici (sur un blog s'intéressant au marketing concernant les "adulescents")

    Ci-dessous, Desproges et le jeunisme, des considérations toujours d'actualité...


    Pierre Desproges et les jeunes
    envoyé par Axiogene2007. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

  • "Tokyo électrique" - Cinq nouvelles au coeur du Japon inconnu

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    tokyo.JPG

    Soyons sérieux et parlons du Japon...

    Quand il voulait éviter de parler des emballements fugaces du jour, des engagements vers un grand soir qui n’est pas encore venu (viendra-t-il un jour ?), quand il voulait signifier la prétention à trouver des solutions à tout et moraliser le comportement de ses congénères, tous aussi pitoyables primates les uns que les autres, Roger Nimier disait « et maintenant, soyons sérieux et parlons du Japon ».

    L’esprit de sérieux, tout comme la gravité, la fausse gravité, est le bonheur des imbéciles sentencieux. Ils aiment les grandes phrases pontifiantes et sont comme les marins pour Michel Audiard.

    Parlons donc du Japon, et de la littérature japonaise en particulier, très loin de se réduire aux stéréotypes en usage : aux mangas, aux histoires de yakusas, ou de karatéka ou de samouraïs ou aux « non-lieux » de « Lost in Translation » qui avait déjà l’avantage de montrer une chose, on ne connaît rien du Japon, ou encore aux monstres en latex qui écrasent des maquettes filmées en grand angle. On a sur ce pays que des idées préconçues et arrêtées qui ne reflète pas la réalité.

    Les films de Takeshi Kitano, qui est dans son pays un mélange improbable entre un clown médiatique plutôt lourd et grossier et un auteur d’une grande élégance de livres, comme « la vie en gris et rose » ou « Asakusa Kid » et de films extrêmement intelligents qu’il parle de gangsters gagnés par le désespoir et de l’été fantaisiste de petits garçons ingrats.

    Cinq moment quotidiens et remarquables...

    Il est pourtant tentant de se perdre dans cette réalité différente, pas si différente de la nôtre cependant, la nature humaine y étant tout autant méprisable et remarquable qu’ailleurs.

    Les cinq nouvelles du recueil « Tokyo électrique », de Muramatsu Tomomi, Morita Ryûji, Hayashi Mariko, Shiina Makoto et Fujino Chiya permettent d’en découvrir de nombreuses facettes et de rentrer dans des histoires écrites avec beaucoup de finesse qui partent toujours de faits sans importance, apparemment, des tranches de vie du quotidien de la mégalopole. Cependant l’écriture et le talent des cinq auteurs les subliment et en font des instants de grande poésie ou triviaux, des instants symboliques qui montrent les ravages de la modernité, de la solitude des « salary men », du désert des sentiments dans une société dont l’idéal se résume à la satisfaction des désirs et quatre volontés des marchés économiques.

    Il n’y est nulle part question du bouddhisme du grand ou du petit véhicule, on y aborde aucun sujet politique.

    Dans la première histoire, des hommes mûrs se remémorent au son du jazz de Thad Jones d’une femme fatale dont ils étaient tous amoureux, et qui un jour disparut sans laisser rien d’autres que des souvenirs nostalgiques, qu’ils comparent à la flamme d’une allumette, fragile et flamboyante, dont la clarté dure très peu de temps.

    On y découvre Tokyo la nuit, une ville qui ne cesse jamais de vivre. Les néons l’illuminent, et les écrans géants y déversent dans ses rues un flot incessant de spots de publicité et d’informations tonitruants. A regarder de loin, on n’y voit aucun être humain. A y regarder de plus près c’est tout une humanité hétéroclite qui y grouille, y vit, y travaille, qui aime et rêve malgré tout.

    Dans la deuxième, des marginaux drogués, des mauvais garçons lamentables, violents, enfantins et malhonnêtes tentent de protéger une jeune fille de treize ans, prostituée venue des Philippines, violentée quotidiennement dans un des dancings de Shinjuku. Ils risquent jusqu’à leur propre survie pour elle, le plus yen de leurs économies, acceptant le moindre petit boulot dans les restaurants de bols de pâtes de leur quartier.

    Un temps ils y trouveront une rédemption, mais le réel se rappellera à eux tragiquement.

    La troisième raconte l’amour d’une jeune femme pour un garçon timide et emprunté qui s’invente une fiancée imaginaire pour ne pas s’engager trop avant car ils ne sont pas du même milieu, la jeune fille étant d’un quartier populaire. Elle finit par découvrir que son amant ne veut pas se fiancer avec elle car ses parents lui interdisent ce qu’ils considèrent comme une mésalliance.

    J’aime beaucoup l’avant-dernière nouvelle qui raconte l’histoire d’un jeune « salary man » qui ne trouve comme seule et unique solution pour se loger, après l’incendie de son ancien appartement, que de planter une tente toute jaune au sommet du building géant de la société qui l’emploie.

    Il y prend goût rapidement, se débrouillant rapidement pour avoir de l’eau et de l’électricité, ayant une vue unique sur la baie de Tokyo et les étoiles rien que pour lui.

    Il tremble de plus en plus qu’on le surprenne sur son refuge haut perché, comme le baron d’Italo Calvino, appréciant tout comme lui cette existence en marge qui lui redonne sa liberté : un couple d’amoureux illégitimes, le concierge de l’immeuble qui a vu la tente mais n’a rien dit, un chef de bureau qui vient prier, une employée qui cache sur le toit un tout petit chien que le campeur urbain finit par adopter.

    tokyo_electrique_98.jpgDans la dernière nouvelle, qui ressemble beaucoup au manga « mes voisins les Yamada », une ménagère trompe son ennui en racontant ses petites misères au policier compatissant du commissariat de son quartier, les railleries des écoliers, des gamines insolentes en uniformes et socquettes blanches, les « otakus » qui mettent le volume de leur console de jeux vidéos trop fort, les vieux qui vident leurs poubelles un peu partout.

    Ces histoires sont à déguster en prenant son temps, il faut y chercher les saveurs sans impatience et non les gober en deux ou trois bouchées comme un sushi.

    On découvre Tokyo aussi sur Agoravox

    « Tokyo électrique »

    aux éditions Philippe Picquier poche 


    Mes Voisins Les Yamada
    envoyé par irakaz. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Bébé buzz et éthique - communication de Frigide Barjot

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    Je relaie cette communication de Frigide Barjot

    Une communication de Frigide Barjot, agitatrice
    www.appelaverite.com


    bebe-eprouvette-01.jpgLe petit garçon turc Umut-Talha né il y a 10 jours et qu'on nous a miraculeusement présenté hier – jour d'ouverture des débats sur les lois bioéthiques – sur toutes les chaînes, avec moults directs de son papa scientifique, le Pr Frydman, est une prouesse médicale – et médiatique – incontestable; elle sera totale quand la grande sœur sera sauvée, ce que tout le monde espère...

    Mais il est utile de rappeler ici ce qui n'a pas été souligné dans les medias hier : le contexte scientifique de sa naissance pose des questions éthique et politique majeures... même en sauvant la vie de sa sœur, ce qu'on ne saura que dans quelques semaines.

    • Au-delà du principe philosophique qui ne saurait en aucun cas transformer un être humain en moyen, les conséquences psychologiques et affectives d'une conception "utilitaire pour autrui" peuvent être extrêmement handicapantes pour l'enfant et sa famille.
    La secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, a déclaré mardi, après la naissance de ce premier «bébé du double espoir», ne pas pouvoir «approuver l'instrumentalisation de la conception».
    Comment ce petit se sentira-t-il vraiment aimé pour lui-même, sachant qu'il est là pour une autre raison que lui-même?
    A-t-on mesuré le handicap psychologique que pourrait représenter pour lui et par malheur, l'échec de la greffe pour laquelle Umut-Talha a été mis au monde ? L'espoir s'effondrera pour la sœur, et aussi pour le petit frère qui portera la culpabilité de cette défaite. Et si la greffe réussit, le risque est fort aussi que sa sœur se sente "débitrice" de son frère à vie ... Il ne faudrait pas rajouter un handicap moral à la maladie génétique de la famille.


    • Pour que cet enfant naisse selon le double "cahier des charges" non malade et immuno-compatible, il a fallu fabriquer, trier et éliminer beaucoup d'embryons...
    En règle générale, le bébé-"médicament" nécessite un double tri d’embryons, donc la fabrication d'un nombre important au départ. D’abord, il faut éliminer les embryons porteurs de l’affection dont souffre la grande sœur à soigner. Ensuite, dans le stock d’embryons sains, un 2ème tri est effectué qui permet de ne garder que des embryons immuno-compatibles pour la greffe envisagée. En l'espèce, il a été fabriqué 6 embryons; il est resté au final 2 embryons sains, dont un seul compatibe : le Pr Frydman a assuré que les 2 avaient été réimplantés, et que grâce au Ciel, seul le compatible s'est développé. Mais dans d'autres cas, on pourra admettre explicitement de supprimer des embryons sains qui ne seraient pas compatibles pour une greffe.
    Le cas d'Umut-Talha est exemplaire : d'habitude, pour obtenir un embryon qui corresponde au « cahier des charges », on a évalué qu’il faut fabriquer une trentaine d'embryons dont un ou deux seront gardés. Pour une FIV "de base", il faut, en France et en moyenne une vingtaine d'embryons.

    On peut arriver au même résultat en développant les banques de sang de cordon. Il faut faire les choix politiques qu'appelle le dynamisme de la natalité française.
    La greffe qui aura lieu prochainement sur la sœur du petit garçon nécessite le sang de cordon de celui-ci Aujourd'hui il existe des banques françaises et internationales de sang de cordons; il est donc possible de rechercher parmi les greffons de sang de cordon celui qui permettrait de traiter la pathologie considérée. Certes il faut des stocks conséquents pour cela; mais avec plus de 800 000 naissances par an, la France, championne d'Europe d'accouchements, est parfaitement en mesure de constituer les réserves nécessaires.
    Or, il faut savoir que la pénurie de sang de cordons ombilicaux de 2010, entrainant un problème pour les greffes immuno-compatibles (il faut pour cela disposer d’échantillonnages variés) est consécutive à l’absence de choix politiques clairvoyants au début des années 2000. Cette lacune politique peut, et doit impérativement être comblée en 2011.

    • Le cadre legislatif de cette expérience n'a pas été respecté.
    Autorisé par la loi de bioéthique de 2004 à titre expérimental, l’usage de cette technique avait été limité à un délai de 5 ans. La technique du bébé-"médicament" aurait dû faire l’objet, dans cette durée, d’une expérimentation, puis d’une évaluation avant d'envisager d’être reconduite. Cela n’a pas été le cas puisqu’il n’a pas été fait usage de cette technique depuis 2004 (cf. le rapport du conseil d’Etat en mai 2009). L’inscrire définitivement par les actes en 2011 est en contradiction avec la loi.


    Peut-on donc, à la faveur de la révision des lois bioéthiques, privilégier les méthodes thérapeutiques qui n'éliminent pas d'êtres humains dès leur conception, ou ne les vouent pas à un utilitarisme dont les séquelles psychologiques pèseront sur leur développement affectif - voire physique - toute leur vie ?


    Si vous êtes d'accord, des pétitions sont à votre disposition :

    L'Appel aux Députés contre l'autorisation généralisée de recherche sur l'embryon, proposée par votre servante et signé par plus d'une vingtaine de personnalités du monde scientifique, économique, juridique, philisophique, artistique et médiatique est désormais ouvert au public sur www.appelaverite.com. Ne vous gênez pas pour le signer...
    L'union faisant la force, je vous propose
    La pétition de l'ADV sur 4 points préoccupants du projet de révision http://www.adv.org/
    La pétition pour un moratoire sur les recherches embryonnaires des "2ailes" http://www.les2ailes.com/

  • 21% de morts en plus -la démagogie routière

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    S'attaquer à la bagnole fait énormément réagir sur Agoravox

    On vient de publier les chiffres des morts sur la route (par ici le lien), et en comparant avec l'année dernière à la même époque on s'aperçoit d'une augmentation de 21% des tués par l'automobile. Les commentateurs réfléchissent gravement sur le sujet :

    20070301.WWW000000249_7361_1.jpgEst-ce parce que les lois ne sont pas assez répressives ?

    Que leur application n'est pas assez sévère,et que le pouvoir en place ne veut pas perdre surtout les voix des millions d'électeurs conducteurs souffrant par ailleurs de microcéphalie ?

    Sur la deuxième partie de la phrase, j'opine tout de suite.

    Votre serviteur fait partie des quelques inadaptés qui n'ont pas le permis en France, de par certains impératifs qui ont fait que il n'a jamais pu le passer. Ce n'est pas si grave, car je déteste et la voiture, qui est pour moi un véhicule et devrait toujours le rester, et les fantasmes entourant ce qui n'est pourtant qu'un outil.

    Car la voiture reste encore un objet d'une grande valeur fantasmatique de nos jours, de virilité, de puissance, de domination et de pseudo-indépendance, plutôt un hyper-individualisme.

    Il y a une trentaine d'années au moment du deuxième choc pétrolier, on disait que les gens arrêteraient de conduire quand le litre d'essence serait à cinq francs, maintenant qu'il est quasiment à quinze francs, il n'y a jamais eu autant de voitures en circulation, les conducteurs se recrutant de plus en plus jeunes. La voiture reste l'objet, dans une grande partie de la population, qui assure le prestige social de celui qui la conduit, qui lui donne de l'assurance, lui permet de paraître à son aise.

    Avec ça on fournit quelques accessoires indispensables (la blonde sur la place passager, bronzée et mince), la veste « grand reporter » pour le conducteur ou alors le petit foulard classe noué autour du cou.

    Pour lui vendre l'engin, on le flatte dans ses instincts, on lui fait même croire qu'il est écologiste alors qu'il continue à détruite la couche d'ozone, et qu'il le fait même avec encore plus d'entrain et de rapidité quand il conduit un GROS 4X4 qui lui permet de compenser qui ses frustrations d'un peu toute sorte, qui sa médiocrité intellectuelle ou personnelle :

    « je suis un nul mais au moins j'ai une GROSSE bagnole » se dit-il alors en toute confiance, une bagnole qui fait peur aux vieilles dames et aux enfants.

    Ce qui est étrange à première vue, mais se comprend, quand on a compris toute la dimension de rêve qu'ouvre la voiture, c'est par exemple que l'on garde un levier de vitesse alors que c'est parfaitement obsolète et désuet comme système.

    Il faut que les changements de régime du moteur fassent du bruit.

    Il faut qu'on les entende.

    De toutes façons pour tous les chauffards et mauvais conducteurs de France, le chauffard et le mauvais conducteur c'est toujours l'autre. Le chauffeur lambda conduit bien, et puis en plus c'est pour son travail qu'il est obligé de téléphoner au volant sans kit mains libres ou de faire des pointes à 180 km/h sur l'autoroute.

    C'est pas de sa faute le bébé qu'il renverse ou la vielle qu'il écrase !

    Et qui dit que ce n'est pas la vieille qui s'est jetée la tête la première sous ses roues !

    Bref, tant que les fantasmes resteront aussi vivaces autour de l'automobile, il y aura des morts sur la route, beaucoup.


    CLIP AU BONHEUR DES DAMES ABDD ROULEZ BOURRES TOUR DE FRANCE
    envoyé par kirivalse. - Plus de vidéos fun.

  • Mélody a le blues – les vingt ans de la mort de Gainsbourg

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    Elle a aussi le blues sur Agoravox

    dédié à une ou deux Mélody que j'ai bien connu
    Extrait de « les goémons » de Gainsbourg
    « Algues brunes ou rouges
    Dessous la vague bougent
    Les goémons
    Mes amours leur ressemblent,
    Il n'en reste il me semble
    Que goémons... »
    La suite des paroles
    gainsbourg02.jpgMélody pleure parfois le soir dans son grand loft chic et très parisien tout en miroirs et en papiers peints géométriques, elle se souvient de Gainsbourg, mort il y a vingt ans, qui a passé sa carrière à migrer du Docteur Jekyll à Mister Hyde, pour faire suer le bourgeois ou l'épater. Mélody est devenue une bourgeoise, même si elle n'en pas le sentiment comme elle dit souvent. Car aujourd'hui, ce n'est pas le réel qui compte, c'est ce que l'on ressent, ce que dit le nombril au cerveau.
    Mélody a été successivement une « Lolita Lollypop » avec des mini-jupes qui faisaient se retourner les vieux messieurs égrillards dans la rue, puis une femme de pouvoir et d'affaires aux dessous chics.
    Elle voulait refaire le monde, elle rêvait de pays où l'on pratique le « cargo-culte ». Elle rêvait de barricades et d'un grand amour, et pourquoi pas d'un genre de prince charmant révolutionnaire avec qui elle aurait fait l'amour sous les banderoles.
    Elle a aimé quelques hommes à tête de chou qu'elle quittait très vite, car ce n'était que des fumeurs de gitanes. Pour se consoler, elle écoutait en boucle les disques de Gainsbourg-Gainsbarre, celui qui aimait bien les « petites pisseuses », un peu trop. Maintenant encore, elle continue.
    Les hommes qu'elle fréquente n'aiment pas ce chanteur, ils le trouvent trop négatif, trop critique. Quand elle était plus jeune, ceux avec qui elle trompait son ennui la désiraient justement parce qu'elle ressemblait aux lolitas boudeuses des chansons de Gainsbourg. C'est ce qui les fascine toujours, rien à avoir avec l'écriture.
    Et puis pour eux le défaut suprême c'est quand même sa barbe de trois jours permanentes.
    Toute une époque perdue, paumée, envolée ! Comme les cendres d'un havane au vent mauvais de la nostalgie mal placée...
    Maintenant, n'importe qui peut se prendre pour Victor Hugo ou Émile Zola et raconter sa vie en s'imaginant que ça a un intérêt.
    Maintenant, les chanteurs chantent tous la banalité, les petits ennuis et tracasseries ordinaires des adolescents qu'ils sont resté, même s'ils ont dépassé depuis longtemps la date limite de consommation.
    Ou bien ils font dans le social et ils slament, sans voir la poésie du béton.
    Sauf un peut-être, qui voit le tragique et le grotesque aux mêmes endroits que Gainsbourg, Benjamin Biolay et mieux, Arnaud Fleurent-Didier à qui Gainsbarre n'a pas besoin de sussurer que la vie est un songe et les prétentions des primates humains des broutilles sans grand intérêt.
    Des types classieux habillés comme des clochards, sentant comme des clochards et fumant le même genre de tabac gris. Ce n'était pas grave de ne pas être trouvé très beau ou très élégant, ça n'avait guère d'importance.
    Mélody pleurniche comme Jane B. dans « Je suis venu te dire que je m'en vais », mais elle c'est quand le disque est terminé. Elle pleurniche mais s'enferme dans le confort ouaté de sa vie de femme qui a réussi une belle carrière.
    Elle va encore se faire avoir et entretenir le filon Gainsbourg qui dure depuis vingt ans, en achetant la nouvelle intégrale qui vient de sortir, et le CD d'inédits chantés par ses premières interprètes féminines, ils ont d'ailleurs oublié d'y mettre « les Goémons » fredonné par Michèle Arnaud qui sera la première à faire confiance à ce type renfermé, aux oreilles décollés, à la diction hésitante et aux fulgurances inouies dés qu'il se met à écrire des chansons. Ceux qui entretiennent le filon sont des petits jeunes gens réalistes et ricaneurs dont le cynisme n'a pas l'élégance de celui du chanteur. C'est le cynisme du profiteur, du ventre gras quand les autres meurent de faim, du coq de village sans dignité, du trafiquant de marché noir bien content de tout garder pour lui.
    Mélody en a croisé quelques uns comme Gasinbourg dans des cafés enfumés de Montmartre ou du faubourg Saint Antoine, de ceux préservés de l'invasion des bourgeois bohèmes, un genre d'endroits devenu très rare dans Paris où les prolos se mélangent aux richards, ceux qui assument, ceux qui ne veulent pas, ou encore dans des caboulots bruyants qui ressemblent à ceux qu'il y a dans les souks au pied de Ménilmontant, elle se souvient de ces types qui ressemblaient au « petit lulu » devenu Serge, peintre qui se trouvait médiocre qui se lança dans la chanson comme on se lance dans une auto-destruction méthodique, une entreprise de démolition des sentiments trop mièvres.
    Mais ce genre d'hommes fait partie des emmerdeurs qui passent leur temps à tourner le monde entier en dérision et ne rien prendre apparement au sérieux, même pas leurs sentiments.
    Il faut dire qu'il le mérite bien, le monde, qu'on se moque de lui, des préjugés, des lieux communs, de l'hygiénisme pour le corps et l'esprit. Quand on sait que rien que le fait de griller une gitane devient une transgression, ça fait réfléchir se dit Mélody.
    Alors que Mélody, elle, aimerait bien refaire le monde.
    Il suffit de peu pense-t-elle.
    Elle ne voulait pas vivre avec des inadaptés chroniques, incapables de docilité ou de se plier à la bienséance à la mode dans le troupeau. Elle a vécu avec une femme parce que au fond c'était plus confortable, plus facile, et dans son milieu ça avait un air tellement libéré.
    Mélody au fond restait une adorable petite conne qui voulait être sage comme une image et faire plaisir à sa Maman et son Papa.
    Maintenant, c'est malin, elle pleure amèrement.
    Elle est en colère.
    Qu'ils aillent se faire voir tous les hommes mal rasés qui aligent des mots et se donnent un genre ! Tous des emmerdeurs magnifiques ! Elle se demande si c'est si mal de vouloir s'intégrer au reste du monde, ressembler aux autres. Un écrivain, une femme, Yourcenar, l'avait écrit certes : « Je ne vis pas comme eux, je n'aime pas comme eux, je ne ressens pas comme eux, je mourrai comme ils meurent ».
    Et Mélody de réécouter encore et encore « Mélody Nelson »...

    ci-dessous Michèle Arnaud chante "les Papillons noirs"

  • Deux symboles des années 70 disparaissent...

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    On se souvient aussi des années 70 sur Agoravox

    A quelques jours d'intervalle, deux symboles des années 70 disparaissent, et c'est encore un peu de la mythologie de cette decennie qui disparaît, l'esprit d'enfance malgré tout, l'optimisme malgré tout :

    maria%20schneider.jpgJohn Barry, qui n'a pas composé que le thème de "The Persuaders" ("Amicalement vôtre") et Maria Schneider, connue surtout pour sa scène dans "le dernier Tango" à Paris.

    Lui incarnait par sa musique une certaine idée de la coolitude élégante et ultra-moderne, un rien désenchantée. Il sortait avec les femmes fatales de son époque, séducteur, félin et talentueux.

    Elle était quant à elle une icône de la liberté sexuelle de ses années là. Sa beauté était comme désuète, elle avait des formes féminines marquées, loin des anorexiques dépressives déjà à la mode pendant "la parenthèse enchantée".

    Il est toujours ironique de savoir qu'en fait la fameuse scène a été tournée sans son accord et qu'elle ne s'attendait pas une seule seconde ni à ce que son personnage allait subir, ni à la mythologie que cela créerait, et dont elle se sentait exclue.

    nancy-sinatra-john-barry.jpgDans les années 70, on rêvait encore un peu de liberté, et de justice pour toute la société.

    Il n'y avait pas que des hippies à fleurs et "pattes d'eph", des filles en mini-jupe ou en longue robe "Biba". Il n'y avait pas d'objets totems obligatoires, et moins d'esclaves consentants que maintenant, esclaves des marchés et du consumérisme, de rêves illusoires qui même s'ils étaient maladroitement exprimés parfois n'en étaient pas moins des rêves moins étriqués que ceux consistant à plier le genou devant les banques ou les grandes entreprises.

    Ci-dessous le thème de "Bons Baisers de Russie"


    JOHN BARRY "Bons baisers de Russie" 1963
    envoyé par Ultra_White_Forever. - Les dernières bandes annonces en ligne.

  • Robert Benchley élégant et caustique

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    à lire également sur Agoravox

    Pour lire cet écrivain, je ne suis pas sûr que l'on soit obligé d'être dans le hall d'un palace à regarder passer les profiteurs et les putains, les parvenus vulgaires et leur suite de pique-assiettes intéressés, mais cela aidera à se mettre dans l'ambiance, celle d'un monde à jamais disparu, à la fois totalement innocent et complètement amoral, celui qui a suivi la Première Guerre Mondiale.

    On y commettait des actes dits gratuits, les femmes se coupaient les cheveux courts et portaient des robes beaucoup plus courtes. Et l'on écoutait du Jazz

    De nos jours, c'est très mal d'aimer les belles choses, les coquetèles dispendieux, les belles toilettes pour les femmes. On se doit d'être dans le développement durable dés que l'on a peu les moyens, dans la valise en fils de chanvre, dans les habits en coton authentique du Kenya, dans les soirées concernées. Les mondains doivent se sentir coupables d'aller dans celles où l'on offre des téléphones dernier cri, pas trop car nous vivons maintenant, parait-il, dans un grand « village global » où tout le monde s'aime gràce aux bienfaits de la communication.

    chart.jpgDeux citations de Robert Benchley lui-même en guise de hors d'oeuvres...

    « La plus sûre façon de faire passer quelqu'un pour un crétin est de le citer. »

    Sauf Robert Benchley.

    « Il m'a fallu quinze ans pour découvrir que je n'avais pas de talent pour écrire. Hélas ! je n'ai pas pu m'arrêter, j'étais devenu trop célèbre ! »

    extrait de « le supplice des week-ends » et et de « Pluck and Luck »

    Par ici on écoutera quatorze nouvelles extrait du livre qui a inspiré ce texte, « le supplice des week-ends » que son fils conseille de lire à dose homéopathique pour bien goûter tout l'humour de ces histoires courtes.

    Les éditions Robert Laffont ont donc eu la bonne idée de ressortir un choix de nouvelles écrites par Robert Benchley du début de sa carrière à la fin dans sa collection de poche, et qui montre qu'il garde tout au long de sa vie le même goût pour l'humour pince-sans-rire, le mépris des convenances et un cynisme de très bon aloi, ainsi qu'un goût certain pour l'absurde.

    Si on aime bien les classements, on peut dire que Benchley est à mi-chemin entre Sacha Guitry et Kafka.

    Mais finalement au bout du compte, il rappelle surtout Alexandre Vialatte partageant son goût pour le « non-sense » et la raillerie des lieux communs. Quant à cette dernière particularité, on comprend qu'il ait été souvent découragé d'écrire car il y a fort à faire vu la quantité de fadaises et de banalités débitées à longueur de journée par les uns et les autres (et moi-même je ne me sens pas très bien).

    Comme toutes les personnes un peu lucides, sa plus grande peur est de sombrer dans l'esprit de sérieux et de gravité, cette gravité en tout qui est le bonheur des imbéciles comme a dit Nietzche à moins que ce ne soit la concierge de Proust. Il ne payait pas de mine, petit et plutôt rondouillard, moustachu, la mise soignée, discret, il surprenait toujours ses interlocuteurs par des saillies cruelles et tranchant immédiatement dans le vif des ridicules des congénères partageant l'usufruit de la même boule de glaise perdue dans l'infini ou presque de la Voie Lactée.

    Robert Benchley est né à Worcester dans le Massachusets, ville qui porte le nom d'une sauce qui sent sa cuisine de club anglais snob, en septembre 1889 et mort à New York en 1945. Il a vécu la « belle époque » et les « années folles », les folies des rugissantes années 20, celles de Scott Fitzgerald et Zelda, les conquêtes d'Hemingway, les mots d'esprit de Gertrud Stein et d'autres.

    Il était humoriste, écrivain et acteur, par nécessité, et gràce à son élégance. Il était aussi très paresseux et pour livrer chaque semaine les pages qu'il devait à ses multiples employeurs, il attendait souvent bien au-delà du dernier moment, ne le faisant que lorsqu'il était acculé, comme Antoine Blondin en France plus tard, autre grand dilettante que Gaston Gallimard enfermait à double tour pour qu'il termine ses manuscrits.

    Bien sûr, tout le monde sait qu'il vaut mieux être un dilettante de talent qu'un griffonneur laborieux et prolifique.

    Aux crimes de lucidité, et de causticité, il en rajoutait donc un autre qui est celui de dilettantisme, le pire selon la morale commune et non dite du troupeau que nous sommes parfois comme le signale Marcel Aymé à la fin de sa nouvelle « Traversée de Paris », dans laquelle Martin, le brave type, assassine Grandgil, le peintre .

    Je me souviens d'une nouvelle, qui n'est pas dans le recueil, où il décrit tout un peuple étrange avant de révéler à la fin qu'il ne faisait que transcrire ses impressions quant aux motifs dessinés sur son papier peint.

    Quand Alain Robbe-Grillet fait le même genre de descriptions, c'est mieux qu'un somnifère et ennuyeux à en mourir, quand Robert Benchley éxécute cette tâche, on a des envies d'insomnie.

    Comme il l'avoue dans une des nouvelles où il se souvient du jeune homme qu'il était, il était du peuple des caustiques très jeune, ne prenant pas grand chose au sérieux et surtout pas les grands discours, de ceux que l'on prononce au chaud sans prendre trop de risques, ou du moins en encourageant les autres à le faire, à se faire trouer la peau pour se sentir un peu vengeur masqué.

    Les écrivains français se prennent très au sérieux, racontent des histoires d'architectes habitant un loft à San Francisco, ou exposent leurs névrises au tout venant, s'engageant parfois dans des grandes causes ce qui engendre chez eux une littérature dite « engagée », très lourde, qui ne sert qu'à démontrer le bien-fondé de la vulgate qu'ils ont à défendre.

    Algrt.jpgRobert Benchley était membre permanent de la « Round Table » à l'hôtel Algonquin à New York, autour de laquelle on trouvait Alexander Woolcoot, l'échotier le plus connu de la « grosse Pomme » jusque dans les années 60, de temps en temps Louise Brooks y prenait un verre, mais méprisait finalement les membres de cette confrérie qu'elle trouvait épouvantablement mondains.

    On y trouvait aussi quand même l'excellente Dorothy Parker et parfois les frères Marx, parfois Groucho que cela encouragea à écrire, et surtout Harpo qui y amena le reste de la fratrie, qui y restait silencieux, discutant avec les filles de la table d'à côté par mimiques.

    algonquin_round_table.jpgComme les deux premiers, Chico et Zeppo (le moins connu, celui qui jouait les jeunes premiers dans les films des trois aînés) venaient y jouer au poker tout en écoutant les ragots mondains et les méchancetés que l'on pouvait entendre à cet endroit. Tout ce beau monde a un jour ou l'autre écrit dans une des revues les plus select de la planète, encore maintenant, à savoir « The New Yorker », un bazar élégant et élitiste encore en 2011, comme un petit rappel du monde complètement perdu dont faisaient partie Robert Benchley et Dorothy Parker.

    Ci-dessous on pourra voir Robert Benchley dans ses oeuvres

  • Ce que révèle le scandale à venir de l'Aspartame

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    Sur Agoravox aussi

    L'aspartame le nouveau scandale sanitaire en vue, tel que révélé entre autres par un article de « Marianne » en date du 15 Janvier montre plusieurs choses effrayantes sur le rapport que nous entretenons au corps et à la nourriture à notre époque.

    msgdees.jpgNotre société se partage entre deux aspirations strictement inverses : elle incite à consommer de la malbouffe pour entretenir le système, des hamburgers en carton aux plats tout préparés pleins de cochonneries pour les conserver et dans le même temps, elle pousse les femmes à garder toute leur vie un corps ayant la minceur de celui d'une ado de douze ans, à souffrir sans mesure quand elles ont des formes encore un peu trop féminines au goût des imbéciles qui imposent les diktats de la mode, diktats souvent contradictoires et apparemment antagonistes puisque le corps « mutant » devient la norme pour les privilégiés, un corps supra-humain transformé par la chirurgie.

    Le système se fiche complètement de la malbouffe, l'essentiel c'est de vendre, et quand les petits enfants du consumérisme ont trop de graisse on leur promet un corps virtuel idéalisé pour les pousser à acheter des poudres de « perlin pimpin » censées aider à retrouver une bonne santé, dont l'aspartame qui se révèle donc un produit excessivement dangereux en l'occurrence, car entrainant, quand on le consomme en masse, et il est consommé en masse, beaucoup de risques de cancers divers et variés, de troubles vasculaires et rénaux.

    Somme toute c'est logique, l'anorexie et la boulimie morbide sont deux symptômes de la même affection. Trop manger pour combler le néant des aspirations creuses portées aux nues par le monde actuel, ou ne pas assez manger du fait des névroses induites par la machinisation des corps, leur chosification, leur transformation en machines qui se doivent d'être performantes, ce sont les deux revers du même esclavage au tout-économique.

    La pub encourage le spectateur à prendre sa voiture pour en imposer aux autres, même pour faire deux-cent mètres, pour hypocritement quelques spots plus tard le pousser à manger moins gras et faire du sport tout en essayant dans le même temps de lui refiler de la camelote trop sucrée.

    On s'occupe aussi de sa vie intérieure, ou ce qu'il en reste, on lui vend de la spiritualité en « coaching », voir par exemple à ce lien ce livre très à la mode en ce moment, un salmigondis recyclant deux doigts de Lao Tseu avec trois pincées d'Ignace de Loyola.

    Ce genre de pratiques, en Occident, se retrouve aussi dans les différentes confessions chrétiennes où beaucoup de croyants sont en demande surtout de conseils pour eux et leur hygiène de vie et ne veulent surtout plus entendre parler d'altérité ou d'empathie, ce qui compte, qu'on leur parle d'eux, qu'on les entretienne dans un profond narcissisme afin qu'ils continuent à consommer.

    On prend le consommateur pour un con, ce qui pour l'instant fonctionne dans la grande majorité des cas, hélas.

    La santé devient un capital, la spiritualité aussi.

    Le plaisir de bien manger et de bien vivre est méprisé car il n'est pas quantitativement mesurable.

    De toutes façons, on ne vit plus sa vie, on la « gère ».

    On « gère » sa carrière, sa vie amoureuse, son bien-être, etc...

    De moins en moins cependant, même si le mouvement de protestation contre la bouffe poubelle est encore assez maladroit, comme en témoignent la floraison de toutes les émissions concernant la cuisine, et le bien-manger, ou le succès de toutes les publications parlant de gastronomie.

    La rébellion contre le système, ce n'est donc pas seulement des mots d'ordre satisfaisants à prononcer et entendre entre la poire et le fromage, c'est aussi le retour à un mode de vie plus sain et finalement plus sensuel, plus charnel et plus incarné, plus « terrien ». C'est aussi revenir à des pratiques de simple bon sens comme marcher ou prendre son vélo pour aller faire une course ou déposer un courrier, par exemple, comme on le faisait auparavant.

    Ce n'est pas seulement une question de santé, c'est aussi une question de société profonde : partager un bon repas, boire des bons vins ensemble, ce sont des moments où l'individu se sent plus libre, où il oublie, s'il se laisse aller à y prendre goût, les boulets qu'il traine pendant la journée, l'allégeance à un chef de service qu'il n'aime pas, à un mode de fonctionnement économique qu'il subit.

    illustrations venant de ce blog

    Ci-dessous le générique de « Nip/Tuck » qui montre parfaitement ce qu'est le corps « mutant », « a perfect lie », un mensonge parfait »...ou presque.


    [Y-FS]Générique nip tuck
    envoyé par kakashi-sensei94. - Films courts et animations.

  • Panier de crabes audiovisuel

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    Rémy Pernelet et l'univers impitoyable des chaînes de télévision

    à propos du livre « Télé, Un monde sans pitié », de Rémy Pernelet, aux éditions Flammarion collection « Enquête ».

    « Quelle malchance a pu dénaturer l'homme - seul vraiment né pour vivre libre - au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ? »

    Etienne de La Boétie

    Extrait du « Discours de la servitude volontaire »

    article_1511-MED-SECRETSTORY.jpgCertains jours, on a envie de jeter sa télévision, car elle dénature notre humanité, dont elle frelate les plus beaux éléments pour vendre du jambon sous vide ou du café en poudre. Elle empêche de lire les livres que l'on aime, et ceux que l'on a aimé.

    Ce n'est pas le seul boulet que l'homme, et la femme, moderne se rajoute au pied en s'imaginant se libérer un peu plus des anciennes contraintes : la télévision se rajoute au téléphone cellulaire que beaucoup ont à la main tel une relique sacrée (comme boussole aussi ?), à l'ordinateur devant lequel des enfants passent déjà de trois à cinq heures par jour à s'intoxiquer de jeux violents, entre autres choses.

    On a même parfois envie de la placer sur un billot et de se défouler de la colère due à toutes les heures perdues à regarder des sottises devant son écran. On sent bien que l'on se fait avoir, que les tunnels de publicité sont là pour appâter le gogo et draguer le chaland, lui faire croire qu'il est important, et le convaincre d'acheter le dernier objet « tendance », le plus inutile bien sûr. Et évidemment, on sait, si l'on est capable d'un minimum de réflexion, que les émissions politiques sont le plus souvent une comédie plus ou moins bien jouée.

    Et puis souvent, par paresse, par peur inconsciente ou non, on continue à la regarder, comme un drogué ayant besoin de sa dose de temps de cerveau disponible, comme si il était indispensable de continuer à se sentir partie intégrante du troupeau des téléspectateurs, consommateurs potentiels de gadgets superflus.

    Rémy Pernelet n'est pas un intellectuel de salon, un type de l'élite qui ne consent à descendre que rarement de sa tour d'ivoire. C'est le rédacteur en chef de « Télé 2 Semaines » et « TV Grandes chaînes », deux hebdomadaires pas vraiment portés sur la transgression ou la critique sociale, c'est le moins que l'on puisse dire. On se rappelle pourtant en lisant son livre qu'il est également journaliste d'investigation. C'est un vrai travail d'enquête, courageux, argumenté, précis et détaillé, et il n'hésite pas à mordre en l'occurence la main qui le nourrit.

    Ce qui pourrait lui coûter cher dans un système où ne compte que le rapport de forces et la loi du plus fort car les deux journaux dont il est rédacteur en chef sont la propriété de Bertelsman, qui possède aussi M6, durement épinglé dans son livre.

    Il décrit ainsi qu'un entomologiste les moeurs des chaînes de télévisions dites populaires, de celles théoriquement de service public, les petits chefs, les autocrates de bureau, les dictateurs de l'espace-détente. Selon sa description à mon sens pertinente, le milieu de la télévision est cynique, méprisant, arrogant, versatile, et dur, exactement comme notre société finalement, dont le microcosme du PAF (Paysage Audiovisuel Français) est le reflet fidèle.

    C'est aussi un milieu fortement endogamique, où tout le monde se connait, se fréquente, et ce contrairement aux inimitiés affichées publiquement. Le psy révolutionnaire de gauche y est copain avec le réactionnaire de pacotille, et le philosophe de tête de gondole y fréquente la bimbo rechappée, l'écologiste noirci à la lampe bronzante ne voit pas de contradiction à être sponsorisé par une des entreprises les plus polluantes du monde.

    On y pratique sans complexes aucuns le clientèlisme et le népotisme. Les chaînes de télévision sont perçues comme une sorte de « Pôle emploi » pour favorisés, ou bien une agence de placement pour la famille et les amis, tous l'ont pratiqué de Pompidou à Sarkozy, (Patrick Sabatier, ami du président, qui retrouve des émissions, Drucker qui nous ressort « Champs Élysées », David Hallyday chargé de mission sur TF1, le fils Tapie animant avec les pieds une émission pour « jeûnes » il y a quelques années, Liane Foly en vedette de shows en prime time etc...).

    L'auteur traite des chaînes publiques en conflit constant avec le pouvoir, on croit définitivement enfui le temps de la télévision d'état gaullienne, quand Michel Droit avait quasiment le droit de vie et de mort sur les journalistes de l'ORTF, on s'aperçoit que le pouvoir en place en rêve encore et essaie de restaurer cette période pour lui bénie. C'était rigoureusement pareil sous Miterrand et Jack Lang, comme on peut s'en apercevoir en lisant les souvenirs de Claude Villers relatifs au « Tribunal des Flagrants Délires », (quant à lui très déçu, il s'imaginait faire une émission culturelle sur les voyages sur RMC, on lui proposa en fait un jeu débile).

    Et bien sûr, tous partage des valeurs communes : avoir un gros salaire, prendre le téléspectateur pour un abruti. Quand on voit les statistiques d'amateurs de banalité et de vulgarité devant les spectacles de téléréalité, on se demande si au fond ils n'ont pas raison.

    9782081232631FS.gifL'auteur décrit principalement deux modes de management d'entreprise, l'autocratie la plus arbitraire à M6, liée à un culte de la personnalité autour de Nicolas de Tavernost culte que n'aurait pas renié Joseph Staline. On pourrait croire que ce ne sont que des anecdotes mais elles sont à mon avis parlantes, le pédégé de M6 adore par exemple que personne ne prenne l'ascenseur avec lui, par peur, je suppose de voir son silence troublé par les respirations intempestives de ses collaborateurs. Ceux-ci sont traités comme du crottin, trainés plus bas que terre mais aimant ça car restant ainsi dans le sillage du grand homme qui leur laisse quelques miettes de sa grandeur. Le « petit personnel », les stagiaires, les assistants y sont traités comme du crottin, et plus grande est leur précarité, pire seront les vexations qu'ils auront à subir, des vexations qu'ils estiment indispensables pour réussir.

    A TF1, depuis que Nonce Paolini est en charge du personnel de la chaîne, on veut promouvoir un esprit d'entreprise très « corporate », une déontologie de management, (deux mots qui s'opposent d'ailleurs, déontologie et management), un peu comme morale et bourse, générosité et banque. Cette « déontologie » est assez hypocrite puisque au bout du compte, c'est exactement le même système de management qu'à M6, à savoir la loi des petits chefs.

    Le livre de Rémy Pernelet n'étonnera que les naïfs et les esprits crédules, les autres y verront la confirmation de leurs craintes quant à l'audiovisuel français.

  • FIP a quarante ans

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    On parle de cette radio aussi sur Agoravox

    Dans les années 70, on pouvait entendre, coincés dans les embouteillages, des speakrines aux voix douces et évocatrices informer sur la circulation de manière souvent très suggestive, comme par speedway_thb.jpgexemple : « Les petits coquins trop pressés qui n'ont pas attendu 16 heures pour emprunter les boulevards extérieurs se retrouvent fort marris porte de Clignancourt, gageons qu'ils sauront occuper leur temps de manière agréable surtout s'ils sont à deux dans leur voiture ».

    Bien sûr, plus tard, quand on voyait les photos de ces speakrines, on pouvait être parfois déçu. La réalité n'était que rarement à la hauteur du fantasme radiophonique.

    « FIP » (France Inter Paris) est donc créée en 1971 par Roland Dhordain et Jean Garetto, créateur aussi de « L'Oreille en coin » sur « France Inter ». Le principe de cette radio est le service des auditeurs, de la musique choisie de manière très éclectique entrecoupée d'informations routières dites sur un ton original, un bulletin d'informations privilégiant les actualités culturelles toutes les cinquantes minutes.

    Au départ c'est donc un « truc » de parisien, ça l'est resté plus ou moins même si FIP a tenté l'essai de la décentralisation en province, dont une bouture à Lyon qui a duré un peu plus longtemps.

    La radio, c'était bien avant, il n'y avait pas de tunnel de pub, pas de pub du tout d'ailleurs, pas de journalistes serviles et d'éditorialistes démagos. On écoutait de la musique de tout les styles en se fichant complètement de la mode, des scies en vogue ou de ce que le snobisme commandait d'apprécier. Quand les speakrines y parlaient des accidents de la roue, et des « bouchons » sur le « Périph' », on avait toujours l'impression qu'elles invitaient à des délices paradisiaques. Ainsi on oubliait les gazs des pots d'échappement, la grisaille et le bruit des moteurs pour rêver un peu, et ne plus voir que la poésie qu'il peut y avoir parfois même dans le béton et la ville. Ce n'était pourtant pas évident au départ, les bulletins du PC de Rosny sous Bois n'ayant pas grand chose d'excitant à la base.

    fip-fluide.jpgC'était ça FIP, ça l'est encore un peu mais ce n'est plus exactement pareil. C'est plus ou moins devenu une radio « bourgeoise bohème » : « World music », « Progressive Jazz », musique ethnique, chanteurs trentenaires qui montrent leur mal-être de petits bourgeois malheureux à tous les passants. On veut bien continuer à étre élégant, éclectique et cultivé, mais maintenant il est nécessaire également d'avoir une ou deux prétentions : faire progresser le « vivrensemble », être con-cerné et engagé (dans le bon sens, tous les engagements ne sont pas considérés pareillement). Même les voix enchanteresses avaient été mises au rebut, parce que trop sexistes, pas assez développement durable ?

    Pourtant, c'était tellement bien, Eddy Mitchell juste après Schubert, les Beatles qui précédaient Sun Rae qui suivait une ou deux « Gymnopédies » d'Erik Satie ou une chanson de Marvin Gaye. Cela permettait bel et bien d'envoyer les snobs au terminus des prétentieux, de rabattre le caquet aux ploucs mais aussi aux pseudo-anti conformistes, finalement snobs aussi.

    C'était la liberté de ne pas se soucier des idées reçues, des préjugés, des lieux communs.

    C'est comme en gastronomie : on peut goûter les mets les plus fins, les plus délicats et le soir venu avoir envie d'une bière et de bonnes frites bien grasses et croquantes de bistrot, le tout accompagnant parfaitement une andouillette. Ou comme en littérature, un livre dit « de genre » en dit souvent plus sur la société moderne que l'auto-fiction pénible d'un « quadra », ou « quinqua » qui croit indispensable d'étaler publiquement ses névroses distingués sur la place publique.

    Julien Delli Fiori a été nommé dernièrement directeur de cette radio, avec lui c'est certainement un peu de l'ancien esprit qui revient. Dans une émission disparue de France Inter, qu'il animait pendant les années 80 avec Clémentine Célarié, il y avait beaucoup de « l'esprit FIP », de l'originalité, de l'élégance, de l'éclectisme, et un zeste de sensualité.

    Ainsi, l'on pourra continuer à rêver dans les « bouchons »...

    photo du périphérique prise sur ce site

  • Polémistes de haut vol - Demorand, Mélenchon et Clark

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    4245771638-nicolas-demorand-traite-de-gros-par-pascale-clark-ecoutez-le.jpg

    Cet article provoque déjà des commentaires comme décrits ci-dessous sur agoravox

    Aujourd'hui on le lit, on l'entend souvent, sous la plume de Stéphane Hessel ou au micro d'autres, le fascisme est à nos portes, le totalitarisme nous guette, et sous l'excuse de jouer les anti-conformistes, les réacs, les anarchistes de droite, des ignobles individus tentent en fait de prendre le pouvoir, et de confisquer la parole, face aux preux chevaliers blancs et blanches qui ne sont plus que quelques uns à les entendre à défendre les valeurs de la liberté, l'égalité, la fraternité et bien sûr la laïcité, surtout contre ces infâmes catholiques, ces hordes de grenouilles de bénitier et de crapauds de burettes, d'onanistes de sacristie odieux dont certains sont en plus des prétentieux qui sous prétexte de donner l'impression d'un vernis de culture sont des activiste dangereux.

    Mercredi, Nicolas Demorand recevait un de ces hérauts de la liberté, une de ces nouvelles icônes de ces défenseurs des valeurs des droits de l'homme, j'ai nommé Jean-Luc Mélenchon. On sait très bien que bien qu'adulant et portant aux nues cet homme politique par ailleurs extrêmement sympathique et qui dit énormément de choses justes, ils déculpabilisent d'avoir du fric et de ne pas le partager, faire une cure de socialisme à l'ancienne pour mieux continuer à consommer ensuite de l'internet, des habits équitables et du bien culturel inaccessible aux communs des mortels, aux masses populaires qui par hasard si elles ne suivent pas les emballements dans le vent deviennent aussitôt de sales « beaufs » (TM), du marxisme façonné à la main, « vintage », en plus c'est être à la mode avec la vogue des produits de « seconde main » (autre nom moins clinquant pour le « vintage »).

    Tu retrouves les mêmes un peu plus tard se vantant d'avoir escroqué le fisc et mis de côté un magot pour leurs vieux jours, à savoir tout ce que l'État donc les citoyens n'auront pas pour l'éducation ou la culture à la portée de tous. Soyons clairs, ce n'est pas la faute de Mélenchon s'il sert d'alibi à un certain nombre de petits bourgeois. Ceux-ci, quand ils discutent politique et que l'on remet en question la validité et la sincérité des platitudes, finissent dans 99,9% des cas par montrer la faiblesse de leur raisonnement politique en sombrant systématiquement dans l'attaque « ad hominem » et la pathologisation du contradicteur, employant des procédés qui ont fait leurs preuves si j'ose dire dans la bouche des extrémistes et fanatiques de toute obédience.

    Nicolas Demorand, bon journaliste, certes, pas exactement un révolté, lui pose une ou deux questions qui fâchent, dont une sur le nombre de fois où l'intéressé s'est présenté devant les suffrages des électeurs (aïe !), et voilà Mélenchon, bon client, qui pique une colère qui plaît bien aux médias car ça se vend bien et ça entre parfaitement dans le plan marketing de ce genre d'émissions politiques, une bonne petite polémique de derrière les fagots. Il ne faut pas être dupe. Et je doute aussi que Demorand se lance sur un terrain aussi dangereux avec les représentants de l'UMP et de la Sarkozie. Cependant, quelle est l'argumentaire fort et appuyé que développeront entre autres Pascale Clark et Patrick Cohen contre Nicolas Demorand ? Un court texte fort et bien senti ? Un nouveau « j'accuse » résonnant de toute la colère du peuple maltraité par l'hyper-libéralisme ? Mieux encore, ils se moqueront de Nicolas Demorand en le qualifiant de « gros ». Voilà qui est intelligent, fin et qui témoigne d'une analyse politique de haut vol.

    Ci-dessous un excellent sketch de Groland qui compare efficacement un petit bourgeois con-cerné et un prolo
    Bobo ecologie developpement durable groland
    envoyé par rapace0. - Regardez plus de vidéos comiques.

  • Une petite chanson pour commencer l'année

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    Tenez, dit l'avare: voici un calendrier neuf, et qu'il vous fasse toute l'année! dans le  Journal de   Jules Renard

     

    Dans ma maison (la Chanson du Dimanche S04E14)
    envoyé par lachansondudimanche. - Regardez plus de clips, en HD

    Tenez, dit l'avare: voici un calendrier neuf, et qu'il vous fasse toute l'année!
    [ Journal ]
    Jules Renard


    Source : Citation du nouvel an - Citations du réveillon de la Saint-Sylvestre - cartes de voeux 2012 - citation

  • La gauche (mais aussi un peu la droite) sur le divan

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    Sur Agoravox, le cabinet du psy est ouvert également

    Comme l'auteur de la citation ci-dessous, je suis un gaucher contrariant, qui aime bien embêter les droitiers aussi :

    regarder-gauche-droite.jpg?w=450&h=450« A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche. »

    « Fonds de tiroir » – Pierre Desproges

    Je trouve que cette citation exprime très bien le fond de ma pensée tout comme celle-ci : « Il y a une bourgeoisie de gauche et une bourgeoisie de droite. Il n'y a pas de peuple de gauche ou de peuple de droite, il n'y a qu'un peuple. »

    Extrait de « Les grands cimetières sous la lune » - Georges Bernanos

    Je précise tout de suite que je trouve tout autant grotesque le comportement du militant de droite en France, beaucoup plus grégaire encore que celui des militants de gauche. Au moins, à droite, ce comportement a-t-il une cohérence, il se justifie par l'envie de gagner les élections, à gauche j'ai l'impression que les hommes et femmes politiques font tout pour les perdre, du PS de Martine Aubry, qui n'a pas besoin d'ennemis politiques gràce à ses amis supposés du PS, au NPA vautré dans une posture autiste et finalement assez fraîche car très adolescente : on se révolte en mots et en belles intentions et on profite à fond du système.

    Pourtant, pour certains naïfs, crédules, andouilles (barrer la mention inutile), les riches sont tous à droite et les pauvres tous à gauche, les pauvres qui sont beaux, spirituels et ont bonne haleine pour le militant de gauche lambda qui lui prêche la bonne parole avec ferveur.

    A gauche, on devait bien aimer les films de cow-boys et d'indiens, de gendarmes et de voleurs, avec des gentils bien identifiables, et des méchants qui l'étaient tout autant. A la fin c'est toujours le gentil qui gagne et les méchants qui sont sévèrement punis. Parce qu'ils ne sont pas gentils. Le méchant n'est jamais ambigu, il est méchant, il est voué au mal, il est pessimiste en plus, et puis souvent dans les films américains il lit des livres !

    Ce qui est très mal on en convient.

    Le militant de gôche ou la militante se voit souvent comme un des gentils, une personne simple et vraie, et modeste, et c'est ça qui le perd bien sûr car il est le jouet d'opportunistes hypocrites et très ambitieux qui les font pleurnicher un peu pour se faire élire puis profitent des ors et du clinquant de la République une fois élu.

    On y prend goût rapidement aux moquettes épaisses des ministères, au parquet de haute gamme, dont les lames sont autant de couteaux plantés dans le dos des électeurs. Des électeurs qui en redemandent comme des gamins super-gâtés qu'ils sont.

    On se présente « pour de vrai », mais aussi pour être ministre et décrocher un job en or quelques années, le temps de mettre de côté pour la retraite et les vieux jours. Et puis deux gendarmes devant l'entrée c'est plus décoratif que deux plantes vertes, même si les plantes vertes ont parfois plus de conversation.

    Et bien sûr, si quelqu'un ose rappeler que de pareils privilèges ce n'est pas tellement de gôche et encore moins républicain, ne pas oublier de traiter l'impudent de « populiste » ou « poujadiste » même si on ne sait plus trop ce que ça veut dire. Et je ne vois pas trop le problème qu'il y aurait à dénoncer des compromissions ou des scandales parfaitement injustifiables. Je m'étonne du manque quasiment total de réactions par rapport à l'affaire Karachi par exemple, qui est à l'affaire Stavisky, qui avait en partie provoqué le 6 Février 34, ce qu'une bombe nucléaire est à une massue. Mais non, pas de réactions, rien, on ne doit rien dire. Certainement en partant du même civisme qui consiste à se faire avoir déjà en 2002 en éparpillant les voix contre Chirac au premier tour, puis en défilant tout en appelant à voter pour lui au deuxième tour tout en lui assurant une élection digne d'un dictateur bananier.

    Il est d'ailleurs toujours ironique et assez curieux que les gentils militants de gauche traitent les contradicteurs de populistes et vantent le pouvoir de la rue, quand il y a des manifestations qui vont dans le bon sens, qui est pour les participants surtout le sens du vent, des manifestation qui selon leurs critères sont pourtant hautement poujadistes, se moquant qui du physique d'un homme ou d'une femme politique ou se risquant à des blagues lourdingues sur sa supposée sexualité. On sait depuis quelques décennies déjà que plus le nombre d'invididus augmente dans une foule, plus l'âge moyen de cette foule diminue, et plus celle-ci est porté à se défouler avec violence et haine contre celui qui oserait la contredire.

    Et quel que soit celui-ci, une foule qui hurle un slogan est toujours hautement détestable...

    Ci-dessous, on voit que rien ne change vraiment depuis quelques années déjà...


    télévision et politique desproges et thierry le luron
    envoyé par granki. - L'actualité du moment en vidéo.

  • Chronique d'un régime

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    Cela intéressera-t-il sur Agoravox celles et ceux qui ont des kilos à perdre ?

    Parler d'un régime n'est pas facile, parler d'une expérience c'est prendre le risque d'être accusé de raconter simplement une anecdote sans intérêt. Pourtant, je suis persuadé que l'histoire ci-dessous a quand même une certaine valeur d'exemple.

    regime-1-.gifIl y a trois mois, il était énorme, il tournait montgolfière, à moins que ce ne soit Zeppelin, dont la forme évoquait celle de son ventre. Il faisait de l'obésité morbide, il mangeait de trop et se tuait à petit feu. Et puis, un de ses proches l'ayant secoué efficacement, lui ayant donné un bon coup de pied -moral- dans le fondement, il avait décidé de reprendre son équilibre alimentaire en main, ainsi que sa santé et sa vie tout court. Il comprit aussi que jusque là au bout du compte, il avait tout simplement peur de vivre. La dérision dont il faisait preuve lui faisait office de cuirasse, pour se protéger de ses sentiments que lui vivait beaucoup plus que les autres. Cela faisait bien une décade que ne voulant plus souffrir, il ne voulait plus ressentir, il ne voulait plus supporter les mensonges, les faux-semblants.

    Pour cela, il avait fait le vide autour de lui.

    Il fallait bien une compensation, lui il se vengeait sur la nourriture comme d'autres se rabattent sur l'alcool, la drogue, ou d'autres addictions comme déverser sa haine et son ressentiment sur Internet, ce qui était maintenant la grande mode. Cela n'aurait rien résolu car finalement, se défouler sur le réseau attise un peu plus la colère et les frustrations que l'on veut éteindre.

    Au départ, comme tous les gros, il était certain que sa perte de poids allait tout changer, que les autres allaient le considérer autrement. Il pensait naïvement que l'apparence conditionnant toujours le jugement, cela allait aller beaucoup mieux quant au manque de considération et de respect qu'il subissait jusque là. Dans les premiers temps, comme sa fonte n'était pas si spectaculaire, il n'y eut pas de transformation probante de comportement des personnes qu'il croisait.

    Quand il disait qu'il maigrissait, on lui répondait en riant sous cape ou tout à fait franchement : « Mais oui, bien sûr », plusieurs croyant bon de rajouter : « Pour l'instant, ça se voit pas trop ».

    Puis, progressivement, des personnes qui ne lui disaient plus bonjour depuis des années se remirent à le reconnaître et le saluer, ce qui était ironique, plus sa silhouette redevenait discrète, moins sa personne l'était. Il s'offrit quelques douces petites vengeances en appuyant sur le fait qu'il n'avait pas changé, c'était toujours lui.

    Les gens gênés détournaient alors le regard. Plutôt que d'être moins caustique, moins sarcastique, sa perte de poids accentuait son sens de la dérision, car il s'apercevait qu'il devenait plus lucide et aussi plus libre. Il comprit que ce qui gênait tant chez lui, ce n'était pas son obésité finalement, celle-ci ayant un avantage finalement dans ses rapports aux autres, elle le maintenait dans un état de faiblesse psychologique qui donnait un ascendant sur lui à tous ceux qu'il croisait, car il manquait aussi totalement de confiance en lui et dans ses qualités.

    Il était très vulnérable, les conseilleurs de tout poil s'en donnaient à coeur joie, il comprit que s'il y en avait de bonne volonté, il y en avait aussi qui étaient tout simplement jaloux de ses qualités qu'ils voyaient mieux que lui, et qui se disaient, il n'est pas mieux que moi car il est gros, et gros c'est pire que d'être envieux du monde entier.

    Un matin, il réalisa qu'il n'avait plus aucune angoisse, il s'était libéré de sa peur, la peur d'être lui-même, la peur de se confronter au monde et aux autres. Il comprit que son sens de la dérision n'était pas un handicap, bien au contraire, celui lui permettait de voir tout de suite les impostures des bons apôtres, de ceux qui prétendaient l'aimer. Il ne réussisait pas à leur en vouloir tout à fait non plus, car lui aussi les aimait bien mal, ce qui était normal, ne s'aimant pas lui-même. L'important ce n'était pas la méthode de régime employée, l'important était là, apprendre à s'aimer.

    Les gros sont pratiques pour les gens dans notre société, ce sont des boucs émissaires commodes. Leur rapport incontrôlée à la nourriture fait d'eux des alibis faciles pour tous ceux qui ne contrôlent pas leurs frustrations ou leurs complexes sociaux ou personnels, ils peuvent alors se dire que ceux-ci ne sont pas si graves, et qu'un gros qui bouffe pour ne pas vivre sa vie c'est bien pire.

    Contrôler son corps jusqu'à l'extrème donne l'impression de contrôler sa vie, mais finalement cela revient strictement au même, l'on y perd le goût de vivre et de ressentir de la même manière, anorexie et boulimie à l'extrême sont les deux facettes de la même souffrance. Les gros sont les boucs émissaires du consumérisme et de la société d'abondance, ceux vers qui il est facile de transfèrer le sentiment de culpabilité ressenti en voyant des enfants du Sahel mourir de faim.

    On raille les gros, mais on n'en fait pas plus pour ces gosses, ainsi la machine continuer de tourner.

    Ci-dessous une chanteuse qui connait le problème...

  • Bernanos et les médiocres

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    Si j'aime beaucoup ce que Pierre Cormary écrit habituellement, là il exagère...

    Bernanos dit ceci dans "le Soleil de Satan", cité par Yves Bernanos à la fin de cet excellent article que je me permets de relayer car il remet certaines choses au point concernant entre autres la médiocrité assumée de notre époque : "La jeunesse décimée, qui vit Péguy couché dans les chaumes, à la face de Dieu, s’éloigne avec dégoût du divan où la supercritique polit ses ongles. Elle laisse à Narcisse le soin de raffiner encore sur sa délicate impuissance. Mais elle hait déjà, de toutes les forces de son génie, les plus robustes et les mieux venus du troupeau qui briguent la succession du mauvais maître, distillent en grimaçant leurs petits livres compliqués, grincent au nez des plus grands, et n’ont d’autre espoir en ce monde que de pousser leur crotte aigre et difficile au bord de toutes les sources spirituelles où les malheureux vont boire."

    Il est qualifié de "planqué" par l'auteur que son descendant cite.

    Rappelons que le "planqué" a cru bon de dire la vérité sur la guerre d'Espagne dans "les Grands Cimetières sous la lune", quitte à quitter ce pays sous le feu des phalanges et à perdre tous ses amis ainsi que sa situation.

    Il aurait pu fermer la bouche et ne rien dire, et s'assurer une rente confortable.

    Rappelons que le "planqué" s'est tout de suite engagé avec force et détermination pour la liberté de son pays en 40.

    Rappelons enfin que "le planqué" ne s'est jamais rallié à un camp en acceptant des compromis abjects.

    En 2010, il manque des voix aussi puissantes, libres et indépendantes que celle de ce "planqué".

    Mais hélas, l'époque est à la médiocrité assumée, revendiquée, à la banalité portée en étendard.

  • Hommage à la Nouvelle Vague

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    Hommage irrespectueux des anglais et du patron de ce blog à la Nouvelle Vague française

  • Les animaux malades de la bêtise (humaine)

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    Peut-être les défenseurs des animaux m'en voudront-ils sur Agoravox ?

    En France, on dénombre 70 millions d'animaux de compagnie de tout genre. Les français sont fous en particulier de leurs chiens et de leurs chats. Combien de fois croise-t-on sur les routes des chien-de-garde.jpgvoitures avec le clébard à sa maman sur le siège arrière voire celui du passager car c'est plus qu'un enfant parfois, mieux en fait, car avec un chien ou un chat, pas de problèmes d'enfance, pas de puberté difficile, pas de devoirs à vérifier, rien n'est trop beau pour lui de fait. Et comme le dit la formule consacrée, il ne lui manque que la parole. Les propriétaires de chiens, les chats c'est différent, rajoutent souvent ensuite : et « en plussse ils sont plus fidèles que les êtres humains et moins méchants, allez ! ».

    Cela me rappelle cette anecdote vu dans un documentaire animalier : un présentateur tenait à la main un fruit, et observait un orang-outang juste en face dans un bassin en béton. Les yeux perdus dans le vague de sa réflexion, il se lança dans une tirade qu'il croyait très profonde sur la sagesse qu'il croyait lire dans les yeux du quadrumane qui n'avait d'yeux que pour le fruit qu'il finit par lui chiper avant que l'autre ait pu finir son discours. Là où il voyait de la sagesse, il n'y avait surtout que l'envie du singe de s'offrir une petite gâterie gratuite (au second degré, petite gâterie pourrait vouloir dire qu'ils s'offrent autre chose, mais là aussi, ils se l'offrent sans permission, car eux ont la souplesse pour ça qui nous manque).

    On projette finalement tellement de choses sur les animaux, qu'écouter quelqu'un en parler permet de connaître beaucoup de choses de celui qui en discute : son rapport aux autres, ses frustrations, ses complexes.

    Ce n'est pas pour rien que les petits caïds de cités, de lotissements (ce sont souvent alors des caïds retraités, des caïds qui ne deviennent des cadors qu'une fois le gros clebs bavant et grognant au bout de la laisse) ou de centre-villes aiment bien se balader avec au bout de la laisse un chien entre le fauve et le chien des Baskerville. Le chien, qu'ils dressent ou font dresser pour le pousser à l'agressivité, ce qui est plus impressionnant dans leur cervelle de moineau, compense leurs manques ou ce dont ils s'imaginent manquer.

    Il y a toujours une chose qui choque beaucoup, par tous les temps, mais un peu plus en hiver, c'est quand on voit les maîtres de chiens passer l'air indifférent devant des SDF ou des clochards qui dorment dehors la nuit, alors qu'il gèle à pierre fendre, et avoir tout plein d'attentions ensuite pour leur chien, qui n'est certes pas responsable de la sottise de ses maîtres, mais lui ne couchera certainement pas dehors au froid. Si l'on posait la question aux propriétaires de chiens, ils seraient les premiers surpris que l'on puisse se la poser, car ils se fichent comme du premier os en plastique de leur félidé préféré ou de leur canidé adoré des personnes qui dorment dehors.

    Brigitte Bardot prétendait dans les années 70 que ce n'était pas vrai, que souvent les défenseurs des animaux sont aussi d'ardents humanistes, elle a montré par la suite combien elle exagérait un peu en disant cela par ses déclarations et attitudes.

    Parfois les maîtres, et les maîtresses, poussent le ridicule à affubler la pauvre bête d'un tout petit manteau ou imperméable assorti à leurs habits. C'est très « hype » chez des perruches snobs et quelques dindes de haute volée qui quant à elles sont des animaux de compagnie parfaits pour un quinquagénaire qui a du pognon ou même encore un président de la République, des animaux de compagnie très coûteux à entretenir.

    Les animaux de compagnie le sont parfois jusqu'à la mort, on fait enterrer ou incinérer le chien, le chat, ou la tortue, à côté du maître. On me dira, cela permet d'entretenir la dynamique économique des pompes funèbres qui ont trouvé là un nouveau créneau. Si l'on craint de plus en plus la mort, si l'on a de plus en plus peur de la maladie chez l'être humain, on adore s'occuper des funérailles du chienchien à mémère ou du Raminagrobis de l'oncle Alphonse qui l'avait sur ses genoux jusqu'à la fin, ou presque, car le chat a quitté les genoux du bon tonton quand il s'est avéré qu'il avait considérablement refroidi.

    Ci-dessous un extrait de "les chiens" d'Alain Jessua

  • Éric Brunet est-il vraiment réac ?

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    eric-brunet-2.jpgIl y a quelques temps est apparu sur nos petits écrans un réac que l'on nous présente comme « étant pire que Zemmour », qui ne l'est pas tant que ça, comme réac, un vrai de vrai ; Éric Brunet, ancien journaliste à « France 3 », nid de réactionnaires comme chacun sait.
    Il me fait penser au « réac de service », qui rejoint parfois le « catho de service », dans les groupes d'étudiants, où l'on accepte sa présence tant qu'il n'ouvre pas trop la bouche.
    Il a le look « ad hoc ». « Weston », « Burberry's » et tout le saint frusquin caricatural. On le laisse parler par charité pour mieux faire ensuite son édification.
    On le voit de temps en temps chez Ardisson (ce qui n'est pas forcément réac) ou chez Taddeï, face entre autres au chanteur Raphaèl. Face à ce chanteur on me dira que tout le monde paraît avoir de la personnalité, je m'étais presque laissé prendre à ce moment. Mais entendre Éric Brunet énoncer quelques lieux communs sur le libéralisme et ses bienfaits je n'ai pas trouvé ça très réactionnaire, plutôt conservateur, ce qui ne va pas forcément de pair. Éric Brunet a néanmoins des goûts sympathiques, il aime bien lire Barbey d'Aurevilly, qui n'était pas réac, mais surtout extrêmement indépendant, par exemple, mais je ne suis pas sûr que ce soit exactement par goût que Brunet le lise, ce qui change tout. Peu importe ses opinions personnelles quand on lit les livres de ce « vieux viking au verbe sifflant » ainsi que le décrit Léon Daudet (note didactique : par contre il paraît que c'est très réac de citer Léon Daudet comme source pour une critique littéraire).
    Je pense simplement qu'Éric Brunet est de droite, c'est tout, mais pas réac. Tout part de l'enfance, on n'oublie jamais l'enfant qu'on a été, ni l'adolescent. Venant d'une famille de gôche, je suis sûr que cette posture de Brunet est en somme un prolongement de sa crise d'adolescence, de son besoin de révolte contre PapaMaman, et rien de plus. Ce n'est pas que je rejette tout chez Éric Brunet, j'ai beaucoup aimé sa description du 10 mai 1981 en particulier, quand la France est passée de l'ombre à la lumière. Les professeurs faisaient sortir les élèves dans la cours et leur servaient pendant une bonne heure toute la vulgate exaltée de l'électeur de gôche qui était certain que c'était l'heure de la Révolution et des grands changements, l'avènement de l'utopie gràce à un président tellement de gôche que ça n'était pas possible, j'ai nommé François Mitterrand, ancien d'Action Française, ayant certainement eu des accointances avec les philantropes utopiques de « la Cagoule ».
    Deux ans après, quand on demandait aux mêmes ce qu'ils avaient voté en 1981, on pouvait noter comme une sorte d'amnésie étrange.
    Je n'ai pas vécu le 10 mai de la même manière qu'Éric Brunet, après tout, je viens d'une longue lignée d'anars de droite irrécupérables par la bonne société et le « penser correct ». Je m'en souviens à peine d'ailleurs, j'avais une grippe carabinée, et c'est dans un brouillard cotonneux que j'avais vu émerger le crâne chauve de Mitterrand qui provoqua un second murmure déçu de mes parents, qui ont cru dix secondes que c'était Giscard ce qui provoqua chez eux le premier murmure.
    On parle de réac d'ailleurs sans trop savoir ce que l'on met là-dedans :
    Un réactionnaire c'est un type (ou une femme) qui a du bon sens ? Qui n'a pas envie de souscrire aux pires bêtises en vogue de son temps ? Qui n'a pas envie de suivre le mouvement du troupeau ? Qui n'aime pas la médiocrité de son époque ? Qui n'a pas envie de prêter allégeance aux théories globalisantes ?
    Alors c'est plutôt intéressant d'être réac à mon avis, ça n'a rien de honteux.
    Bien sûr dans l'acception actuelle, être réac c'est :
    capture-d_ecran-2010-07-19-a-12.00.16-94af7.pngNe pas hésiter à se dire catholique (- dix points sur l'échelle du « bien-penser », - vingt pour ceux qui affirment apprécier le Pape actuel, et je ne parle même pas de ceux qui aiment la messe selon la liturgie traditionnelle), au « réac » qui se dit catholique on répondra que « l'on a rien contre sa foi mais que ce qu'on aime pas c'est les intégristes » ,
    souverainiste (- dix points aussi), au « réac » qui n'aime pas l'Europe on prétendra que « quand même l'Europe c'est la paix », on laisse souvent sous-entendre que le souverainiste est une sorte de facho,
    littéraire (-10 points itou), le littéraire fait rire, chacun sait en notre époque brillante et de progrès que la littérature ne sert strictement rien.
    Rien que pour ça j'ai déjà trente points en moins facilement.
    Ne parlons pas du refus de se laisser aller à la « positive attitude »; là on part pour les abîmes de l'échelle de la bien-pensance.
    Critiquer c'est mal, or le réac adore pointer du doigt les travers de son époque. Il voit tout en noir alors que les petits z-oiseaux chantent dans les prés et que c'est tellement bô d'être ému par la joie dans les yeux d'un n'enfant. Pour en revenir à Éric Brunet ce n'est pas tellement sa démarche, il se borne à exprimer les mêmes opinions qu'un « encarté » UMP, ce qui pour les bien-pensants qui n'ont pas beaucoup de culture ou de cervelle suffit pour passer pour un réac. Il est même bien moins à droite que Benjamin Lancar qui écoute Pierre Laval dans son I-pod, ce qui n'est pas très réac mais simplement un peu sot.
    On peut enfin se demander si être réac c'est forcément être de droite, et de cela je ne suis pas tout à fait sûr, après tout on peut être réac et de gauche. Et la gauche est parfois extrêmement réactionnaire, et parfois même à juste titre.

    Sur Agoravox, on se pose des questions aussi sur Éric Brunet