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Christiannisme

  • Dupont de Ligonnès pris entre le Ciel et l'Enfer

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     à propos de « l'Eternité de Xavier Dupont de Ligonnès » de Samuel Doux aux éditions Julliard

     

    Ce n'est pas la première fois que j'évoque un fait divers marquant, voir à ce lien mon texte sur la tragique "Affaire Lubin"...

     

    xdl.jpgLa lecture de cet article (à ce lien) m'a encouragé à lire le livre de Samuel Doux sur Xavier Dupont de Ligonnès, un roman de non-fiction passionnant, autant que « l'Adversaire » ou les livres de Libérati sur Jayne Mansfield et Charles Manson. Des histoires se déroulant sur les marges, les crimes, les faits divers en disent beaucoup plus long sur notre société et sur toutes les couches sociales la composant que bien des articles et traités savants. J'ai toujours été passionné par les livres s'en inspirant car ils révèlent ce qu'il y a derrière les apparences, derrière les paravents moralisateurs, les beaux discours. Chez ces gens là on cache les abjections sous le boisseau, on les balaie soigneusement sous le tapis. L'important c'est de faire bonne figure. Toutes ces petites et grandes cachotteries vont de mise, on les considère comme obligatoires, allant de soi.

     

    Cet ouvrage de Samuel Doux m'intéressait d'autant plus que je connais sur le bout des ongles le milieu qu'il décrit et que j'ai côtoyé son personnage principal ayant fait partie jusqu'en 1990 du même mouvement catholique traditionaliste.

     

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  • Une grande manif contre le travail le dimanche

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    Où l'on pardonnera à l'auteur de reparler de son obsession du consumérisme et de ses ravages...

    politique, macro, super fayot, société, dimanche, Christiannisme, amaury watremez

    Ce n'est pas le premier article sur ce blog contre le travail du dimanche. Voir à ce lien.

     

    Je vais être tout à fait honnête, ce billet m'a été inspiré par cette « brève » de « Causeur.fr » et par un mail de Marie-Noèlle Lienemann me suggérant de garder les « yeux ouverts » sur les conséquences de la Loi Macron après m'avoir remercié du billet en lien ci-dessus.

     

    image : lefigaro.fr

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  • Mélanie Chassepot, le Pape et les catholiques

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    Mélanie Chassepot ne s'appelle pas vraiment comme ça, c'est moi qui lui donne ce pseudonyme afin d'évoquer son cas, surtout ce qu'elle a à dire concernant l'élection du Pape François en particulier et de l'Église Catholique en général, qui est caractéristique.

     

    Christiannisme, société, politique, religions, laïcité, belles consciences, la nostalgie simone la nostalgieEt puis je connais bien Mélanie : elle lit mes articles taquins en douce, qu'elle désapprouve d'ailleurs silencieusement quand je la croise mais avec force, son regard pourrait tuer s'il était armé, et pourrait mal le prendre si jamais elle voyait son prénom. Pour elle je suis un bourgeois réac, mâtiné d'un râleur insupportable.

     

    Qu'elle se rassure, il n'y a pas qu'elle dans Mélanie Chassepot, mais l'essentiel.

     

    Mélanie a un travail en lien avec la communication, elle reçoit des tracts et prospectus, journaux, revues et magasines pour informer les personnes qu'elle reçoit chaque jour.

     

    C'est une conscience très haute Mélanie, elle est pour le progrès, la justice et la mémoire, elle trouve que les gens de droite ne sont pas tout à fait normaux et équilibrés, comme Patrick Cohen.

     

    Et bien pire sont à ses yeux les catholiques qui ont ces croyances absurdes quant à la morale individuelle, ce qui la choque le plus. Les gens de droite encore, elle les tolère, après tout qui sait si un jour ils ne reviendront pas dans le droit chemin à force de persuasion et de pédagogie.

     

    Mais les catholiques, elle ne supporte pas...

     

    Mais de quoi se mêlent-ils ces catholiques ?

     

    Tous réactionnaires, aux curés tous pédophiles, aux familles nombreuses toutes riches, toutes privilégiés et bénéficiant indûment de l'aide de l'état pour élever leurs gosses que personne ne leur a demandé de faire :

     

    Ils ne peuvent pas mettre un préservatif comme tout le monde et « gérer » leur désir d'enfant comme les autres (à savoir l'envisager comme un luxe qu'on se paye quand on a les moyens, un signe d'ostentation sociale, et non comme une personne) ?

     

    Ils ne peuvent pas être « citoyens », « équitables », comme tout le monde ?

     

    Là-dessus Mélanie pense comme Bruno Donnet face au représentant de « Familles de France » dans « le Grand Journal » de Canal +, cette émission de progrès et de culture dont elle ne rate pas un numéro, riant de bon cœur ensuite aux plaisanteries « citoyennes » et fines de Yann Barthès pendant « le Petit Journal ».

     

    Évidemment, on pourrait trouver paradoxal que Mélanie se soucie de l'opinion quant à ses coucheries de personnes qu'elles méprisent apparemment par ailleurs dans leurs croyances et convictions.

     

    Mélanie n'est pas très logique.

     

    Mélanie, bien qu'éprise de tolérance, et du souci d'écouter toutes les cultures, ce qu'elle revendique chaque jour, dés qu'elle reçoit quelque chose venant d'une institution, d'une ONG catholiques, même portés aux nues par les médias, le déchire rageusement et consciencieusement et le flanque à la poubelle.

     

    Ou bien, de rage, une sainte colère laïque et de progrès, elle décroche son téléphone pour enjoindre fermement les importuns qui l'informent de leurs actions de ne plus le faire.

     

    Mélanie par ailleurs ne voit aucun inconvénient à ce que d'autres croyants revendiquent des droits à pratiquer des interdits alimentaires d'une absurdité sans pareille ou des pratiques vestimentaires absurdes.

     

    Elles voient ces pratiques comme de l'exotisme à peu de frais de « bons sauvages » qu'elle a sous la main en bas de chez elle, ce qui lui fait des économies, elle n'a pas à dépenser pour faire du « tourisme citoyen ». Elle voit ça comme des enfantillages de personnes qu'elle ne considèrent pas tout à fait comme capables de civilisation finalement.

     

    Si une personne s'avise de lui rappeler ces faits de bon sens, Mélanie Chassepot s'emporte, elle « se sent blessée, meurtrie » et pour elle c'est un signe que l'Ordre noir n'est pas loin, c'est une « stigmatisation » absolument odieuse de populations « issues de la diversité » (TM°), voire du racisme, elle n'hésitera pas à le dire.

     

    Ce qu'omet de dire Mélanie, et qui est la cause réelle de sa haine des personnes de droite et des catholiques, c'est qu'elle provient surtout des complexes qu'elle ressent encore, mais qu'elle n'exprime jamais, Mélanie au fond est très jalouse également. Elle vient d'un milieu qu'elle dit « ouvrier » de petits employés, de bureaucrates de la classe moyenne, encore peu touchés par la Crise. Elle aurait bien aimé être cooptée par les « bourgeois » qu'elle croisait de temps, ne comprenant pas qu'ils étaient aussi faillibles qu'elle.

     

    Elle s'imaginait que ces « bourgeois » avaient une meilleure vie qu'elle et qu'eux, si ils s'avéraient plus cultivés, plus fins qu'elle sur certains points c'était surtout parce qu'ils étaient riches, oubliant ou feignant d'oublier que l'on peut être « fils d'ouvrier » et se cultiver...

     

    Un temps, elle a fait partie d'un groupe d'aumônerie où elle a cru sublimer ses frustrations quelques temps, ce en quoi elle n'était pas la seule, mais hélas, les jolies filles, des « bourgeoises » c'est sûr, faisaient chavirer le cœur des garçons qui lui plaisaient. N'ayant pas réussi à surmonter ces faiblesses, elle a donc mise ça sur le dos de toute l'Église Catholique et de tous les croyants, comme beaucoup.

     

    Car au fond, ce n'est que ça son anti-catholicisme...

    illustration prise ici (Mélanie est une vieille fille moins sympathique que le personnage de Girardot dans le film cité)

  • Fragments d'un journal en Palestine – 4

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    Mars-Avril 2000 : Montée vers Pâques – visite d'un « frère d'armes »

    Israèl, Palestine, ChristiannismeEn Mars 2000, le pape Jean-Paul II est venu en Terre Sainte, ce qui fût un événement majeur pour les chrétiens, les juifs et les musulmans de Palestine et Israël. Il multiplia les gestes de paix et de rapprochement, visita « Yad Vashem », le jardin du mémorial de l'Holocauste, moment où l'on découvrit qu'il était un « juste » lui aussi, déposa une prière au « Mur », où il exprima aussi la repentance de l’Église, un geste extrêmement fort, quant à l'antisémitisme, et pria avec le grand mufti dans la mosquée « El Aqsa ».


    Après qu'il eût déposé une petite prière dans un des interstices du « Mur », des juifs ultra-orthodoxes vinrent pour la déchirer, et laver l'emplacement du « Kotel » où le papier avait été glissé à grandes eaux montrant qu'ils n'avaient rien compris à ce geste de rapprochement.


    Il venait pour le Jubilé de l’Église catholique. Son organisation sur place pour les jeunes fût confié à une jeune femme issue d'une « communauté nouvelle » qui multiplia les bévues.


    Elle commença lors d'une cérémonie à Bethléem par inviter d'abord les responsables de communautés occidentales, négligeant les chrétiens palestiniens qui furent « oubliés » surtout par ignorance de leur existence même, et disons le par bêtise bien que ne cessant de se réclamer de l'Esprit Saint et de son inspiration.


    En effet, bien souvent, quasiment tous les chrétiens, catholiques ou non, européens, méconnaissent gravement l'existence des chrétientés originelles du Proche Orient, qu'ils prennent pour des survivances folkloriques, ou des restes du travail d'éventuels missionnaires qui auraient évangélisé la Terre Sainte au cours des siècles alors que ce sont plutôt ces chrétiens orientaux qui ont de fait évangélisé l'Europe.


    Les pèlerins se méfient des chrétiens arabes qu'ils soupçonnent de pas être tout à fait sincères, ou qu'ils vont jusqu'à traiter de « collabos », avec les israéliens, ou avec les palestiniens du Hamas. Lorsqu'on évoque les souffrances et persécutions bien réelles vécues par ces chrétiens arabes, les uns vous répondent qu'ils ne peuvent entendre ce qu'ils estiment être un discours trop politique, les autres rétorquant que ce sont des « collabos » d'Israël.


    De plus lorsque nous pressions ces chrétiens de rester en Palestine, de ne pas fuir et laisser le champ libre aux intégristes, ceux-ci nous faisaient justement remarquer qu'ils n'était pas vraiment aidés pour rester par les chrétiens occidentaux qui se contentaient de vagues promesses, de gentilles prières, pour repartir ensuite chez eux la conscience tranquille.


    Je me souviens particulièrement de cette personne qui accompagna des gosses du Lycée Français à Jéricho, légèrement illuminée, légèrement mythomane également, entonnant malgré mon avertissement de ne pas le faire un psaume hébreu, là encore très beau pour un petit européen vivant confortablement mais qui avait une toute autre signification pour les adolescents arabes chrétiens présents avec nous, à savoir la guerre, la pauvreté, la faim, l'exil, les privations diverses de libertés...


    M'ayant consulté du regard et avec mon assentiment, les jeunes ne chantèrent pas le chant.


    Elle nous dit ensuite qu'ils auraient dû dépasser leurs souffrances et s'abandonner à l'Esprit du chant ce qui est une réflexion typique de personne qui n'a jamais souffert....


    Ce fût le Pape lui-même qui « rectifia le tir » lors de sa messe au Saint Sépulcre où il fit mettre les croyants arabophones au premier rang de l’assistance, ceux-ci obtenant au fond réparation de l'humiliation subie par ailleurs. Voilà où mène l'ignorance des chrétiens qui ne connaissent pas les bases de leur propre histoire, sinon à des manques de charité graves, envers des chrétiens palestiniens entre « le marteau et l'enclume » depuis des siècles.


    Lors de la messe à Bethléem, par un curieux échange par hauts parleurs interposés, ce fût également le Pape qui obtint que le muezzin pour une fois, dans un minaret juste au dessus de la place de la Nativité, se taise pendant son homélie, entamant avec lui un dialogue fructueux au-dessus des personnes assistant à la messe, ce qui nous permit d'échapper à l'ire des « services spéciaux » palestiniens l'un d'entre nous ayant imprudemment conseillé, en arabe, à l'un des « gros bras » de « fermer sa gueule » pendant la Consécration.


    Au début de la « Semaine Sainte » peu après je reçus la visite d'un ami, connu pendant le mariage d'un camarade d'université, excellent ami également, qui était pour moi, qui est encore, même si la vie nous a séparés, un « frère d'armes », à savoir de ce genre d'amis dont on sait dés qu'on les rencontre que l'on sera forcément ami, avec qui je partageais le goût de la littérature qui est une des passions de ceux qui ont été des enfants pas très doués pour la vie « comme tout le monde », et ce dés qu'ils ont su articuler leurs pensées, et ce certainement du fait d'une sensibilité aux autres et à la beauté des choses un peu plus grande que le commun des mortels.


    Je savais, ce qui fût le cas, qu'il comprendrait tout de suite, ainsi que son épouse, ce que l'on pouvait ressentir au Carmel du Pater, ou n'importe où sur « le Mont des Oliviers », la nostalgie des plaintes lancinantes des muezzins parfois mêlées aux clochers, la sensualité paradoxale des paysages de Terre Sainte, paradoxale du fait de la sottise et la violence partout présentes qui empêchaient beaucoup de personnes de simplement prendre le temps de contempler la beauté du Monde, ce qui aurait peut-être apaisé leur haine mais encore eût-il fallu qu'ils le veuillent.


    Il comprit immédiatement que si le Saint Sépulcre ressemble effectivement à une « Cour des Miracles » de la Foi chrétienne, nous faisons tous partie de celle-ci, tous ayant des faiblesses, des petitesses, de bassesses qu'il est plus facile de voir chez l'autre que chez soi.


    Cet ami, agnostique, aimant jouir des bonnes choses, a fait preuve de cette sensibilité dont n'étaient pas capables des personnes censées en être plus rapidement capables, ce qui montre que l'Esprit souffle où il veut, et quand il veut, et pas forcément là où on l'attend.


    Nous vécûmes ainsi que sa femme le chemin de Croix du Jubilé, organisée par la jeune femme dont il était question ci-dessus, qui ignorant visiblement que ce chemin de Croix était également un moment important pour les musulmans avec qui les chrétiens palestiniens partagent la lumière reçue lors du « Samedi de la Résurrection », allumée au Cierge Pascal du Saint Sépulcre.


    Elle demanda pourtant « l'aide » de la police israélienne afin de « libérer » le passage du « Chemin de Croix », ceux-ci en profitant pour saccager le marché de la porte de Damas qui n'était pas le moins du monde sur le chemin de la montée au Calvaire.


    La Croix que nous portions à tour de rôle avait été façonnée par le Frère Béat, un vieux « père blanc », présent sur place depuis quarante ans, décédé il y a peu, simple et aimant, ouvert au monde qui l'entourait, et non le reniant comme beaucoup de personnalités plus intellectuelles, plus savantes mais incapables d'altérité.


    Pour Béat, cela allait de soi. Depuis que je suis sorti de mon enfer personnel, quand le découragement ou l'acédie me tentent, je pense à Béat et le reste est facile...

    Israèl, Palestine, Christiannisme


    Entendant les intentions de prières durant ce chemin de croix, parlant toutes de charité pourtant, parlant toutes de l'autre, cela me mit en colère et prenant le micro à mon tour je rappelai incidemment que la charité cela aurait été de respecter le marché bédouin, et de ne pas laisser parquer les palestiniens du quartier derrière des barrières de police et les M16 des « services spéciaux » de « Tsahal » à bérets rouges.


    L'organisatrice ne voyait pas le problème, l'une de ses acolytes me souffla même que dans le métro les policiers dégageaient les « SDF qui sentaient tellement mauvais », et qu'ils avaient raison, et que là la police israélienne avait également raison de le faire avec les vieilles bédouines et leurs produits « qui ne sentaient pas très bon il faut avouer ».


    Réflexions qui me laissèrent sans voix mais qui me confirma que beaucoup de chrétiens « laveurs de vitres », sourire jusqu'aux oreilles, ont souvent la joie superficielle et la grâce peu efficace.


    Ce fût lui, ce « frère d'armes » qui me suggéra d'écrire un journal en Palestine, journal que je n'étais pas capable d'écrire alors, et que je n'ai pas pu écrire réellement pendant dix ans, étant pris dans une « descente aux enfers » personnelle et une spirale de « passions tristes » m'ayant amené au bord de l'abîme en toute connaissance de cause et ce malgré ces moments vécus en Terre Sainte, que j'évoque depuis quelques lignes déjà.


    Comme tout le monde, il m'a fallu être sur le point de sombrer complètement pour découvrir combien la vie est un cadeau, malgré tout, malgré les « bagages de souffrance » que l'on traîne derrière soi.


    De vivre ensemble tous ces moments renforça notre amitié qui devint à ce moment précis véritablement profonde. Cela me manqua profondément de ne pouvoir le vivre avec tous ceux que j'aimais qui pour beaucoup ne purent comprendre une fois que je rentrais en France les changements réalisés en moi.


    De France, je recevais régulièrement des colis de charcuterie, de fromages, de bons vins, et d'alcools, instaurant avec d'autres la « coutume » excellente de les partager tous ensemble avec qui voulait bien.


    Les bonnes choses, une bonne table, de bons vins, sont un moyen bien plus sûr pour lutter contre la bêtise et la violence que les meilleures intentions, les prières les plus mystiques surtout si elles ne sont suivies d'aucun acte ou geste minimal.


    Les intégristes, les spiritualistes fous, le savent bien, ils ont horreur de la convivialité, horreur des bonnes tablées, qu'ils assimilent à des « beuveries », ne comprenant pas que parfois l'ivrogne est plus proche de l'amour divin que le « bon croyant »...


    En Terre dite Sainte, ces fous refusaient d'apprécier l'accueil totalement gratuit des palestiniens mais aussi des israéliens, à Tel Aviv en particulier mais aussi de la part d'artistes juifs rencontrés à Jérusalem, tous n'étant pas des nationalistes radicaux, des bellicistes ainsi que les « antisionistes » du net semblent souvent le croire...


    (Bientôt la suite)

    image du haut de la "Via Dolorosa" prise sur le site Viator.com

    image du bas un jour de Chemin de croix prise sur katapi

  • Lettre ouverte aux aspirants gourous et aux directeurs de conscience improvisés

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    Aussi sur Agoravox

    Je suis toujours effaré par le conformisme sévissant à notre époque, un conformisme lié paradoxalement à l'affirmation constante qu'en matière de liberté nous vivrions une apogée, un nadir, et à un individualisme forcené parfaitement assumé, un individualisme bien étriqué consistant surtout à ne songer qu'à sa propre survie et la garantie de sa capacité à consommer.

    société,littérature,conformisme,christiannisme,hypocrisieCet individualisme profondément matérialiste n'a rien à voir avec l'égotisme de Stendhal ou la liberté intellectuelle de grands personnages tels Molière ou Baudelaire en leurs temps que les promoteurs de cette société libérale libertaire ne cessent d'invoquer.

    La Famille, l'Éducation, la Morale, la Nation sont toutes perçues comme des contraintes insupportables freinant la satisfaction de ces toutes petites aspirations matérialistes, de l'avidité reine et de l'égoïsme tout-puissant. L'individu se perçoit comme un adolescent omnipotent et éternel qui ne veut surtout pas mûrir.

    Les parents ne pensent donc plus seulement à éduquer leurs enfants et leur transmettre des valeurs (quel vilain mot je sais à notre époque qui les rejette), mais ils sont également sommés de continuer à satisfaire les désirs minuscules, à les entretenir même, sous peine de ne pouvoir s'épanouir vraiment.

    L'enfant lui-même n'est plus perçu comme une personne mais comme une chose que l'on se paye quand on en a les moyens, une sorte de joue interactif sophistiqué qui est le plus souvent le réceptacle des diverses frustrations des parents.

    Et apparemment paradoxalement, précisément dans le même temps, parallèlement, on voir fleurir une multitude d'officines de « directeurs de conscience » et « coachs de vie », toute personne ayant une autorité morale quelconque ou quelques notions, pouvant prétendre s'improviser confesseur des souffrances de ses congénères, se croit alors autorisée à donner des conseils ou des directions à suivre à son entourage, en en faisant parfois un métier et une source de revenus.

     Ce qui me surprend toujours quant à ces confesseurs d'un genre nouveau, c'est qu'ils sont tous a priori sensés aider les personnes à s'émanciper, à se libérer de quelque tutelle que ce soit, ce qu'ils s'empressent de ne pas faire bien entendu instaurant une relation de dépendance et d'autorité avec celui ou celle qui prend le risque, selon moi inconsidéré, de les écouter avec attention.

    Les « anciens » directeurs de conscience, ecclésiastiques ou religieux, suivent le mouvement, croyant y trouver un renouveau pour l'Église Catholique, persuadés qu'ils y retrouveront l'assise perdue dans notre société, oubliant que ce serait encore mieux d'essayer de la retrouver par des actes concrets.

    Ces « anciens » directeurs apprécient tout comme les nouveaux que leurs confessés soient fortement dépendants de leurs maximes et pensées qui sont le plus souvent au mieux du bon sens tout simplement, au pire, des poncifs éculés.

    Il faut bien combler le vide de ce qui n'est plus transmis par notre société ou la famille, de ce qui devrait être la base des véritables règles pour vivre ensemble, bien différentes des poncifs vaguement humanitaristes à l'honneur de nos jours. Et il faut bien remettre dans le droit chemin les brebis égarées en quête d'élévation spirituelle ou de sortie du troupeau.

    Car qu'est-ce qui domine dans tous les discours de « coaching » de vie, de direction intellectuelle et,ou spirituelle ?

    Qu'est-ce qui est reproché ou demandé aux personnes en souffrance ?

    Ou ayant des velléités d'indépendance quant à leur milieu naturel, ce qui peut amener à souffrir ?

    Bien souvent, elles sont considérées comme orgueilleuses, l'orgueil de demander un peu d'attention pour une souffrance le plus souvent méprisée ou niée par notre monde et surtout l'orgueil de pouvoir se croire indépendant. Je trouve cela ironique de la part des directeurs de conscience de l'ancien et du nouveau genre de les trouver orgueilleux, car se croire dans la capacité de donner une direction de vie l'est plus encore.

    Par contre, bien sûr, je fais la différence avec l'ami qui sait parler un langage vrai à un ami, quitte à prendre le risque de le blesser même légèrement...

    « Tu n'es pas le seul/la seule à souffrir, pense un peu aux handicapés qui souffrent plus que toi », est une réponse le plus souvent entendue par la personne souhaitant juste un peu d'empathie qu'on lui refuse car la souffrance fait peur dans notre société.

    Ou bien on lui conseille de se rappeler des petits n'enfants n'africains « qui n'ont rien à manger et qui sont bien malheureux, eux, allez... ».

    Une personne ayant des aspirations ne correspondant pas du tout à son milieu d'origine est également désignée comme forcément prétentieuse, vaniteuse, orgueilleuse elle aussi, l'idée que des aspirations élevées et l'ouverture d'esprit sont obligatoirement reliées à un niveau de vie aisé voire très aisé étant fortement implantée encore maintenant.

    Ce préjugé que je trouve d'une bêtise sans pareil est tenace et a la vie dure.

    C'est plus ou moins toléré si l'individu a les diplômes « ad hoc », qui vont avec celle-ci. Mais il se doit de rester bien sagement dans les cadres et de n'en pas bouger.

    Cerise sur le gâteau, gare aux parents qui, contre vents et marées, transmettent à leurs enfants cette indépendance d'esprit ! Parfois, ce sont leurs enfants eux-mêmes qui leur reprocheront d'avoir « brouillé les cartes » et de ne pas savoir à quel cadre social ils appartiennent exactement, à quel schéma de comportement ils doivent obéir, la pression du conformisme social étant le plus souvent la plus forte. Alors que c'est une liberté rare qui leur est transmise, même si elle est dure à vivre dans le monde tel qu'il est, même si elle se paye parfois très chèrement...

    La toile de Caspar Friedrich est empruntée à ce site

  • Les catholiques ont-ils déjà perdu leur combat ?

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    En débat sur Agoravox

    Il va certainement être question un peu partout de la manifestation du 13 Janvier, organisée d'abord par des catholiques. D'aucuns vont y voir un retour de la Réaction et de l'ordre moral, d'autres celui du catholicisme, d'un catholicisme qui n'a pas peur de s'affirmer.

    P1020346.JPGCe n'est pas que ceux que cela scandalisera détestent les catholiques, non, mais pour eux un bon catho est un catho qui ferme sa gueule ou qui pense exactement comme eux. Enfin, on est surpris par leur raisonnement paradoxal : tous affirment que somme toute la foi est un conte pour bonnes femmes, un ramassis de superstitions absurdes, qui ne concerne plus qu'une minorité infime de français, donc logiquement elle devrait s'éteindre d'elle-même.

    Pourquoi alors l'attaquer si violemment ?

    Et pourquoi tolérer des discours largement plus réactionnaires de la part du Judaïsme et de l'Islam ?

    Alors que ce qui se passera le 13 Janvier ressemble surtout à un baroud d'honneur, un beau baroud d'honneur, un beau geste désespéré, mais rien que cela.

    Car dans les faits, le combat des catholiques, en particulier sur les questions sociétales, est d'ores et déjà perdu.

    Beaucoup se regardent déjà le nombril avec nostalgie, évoquant le passé glorieux de l’Église en France, les ors et l'encens, la liturgie et ses pompes, la beauté des textes classiques de Bossuet ou Boileau ou des ornements, et n'allant surtout pas plus loin.

    En effet, les catholiques désignés sous le sobriquet, « les cathos », se désignant eux-mêmes comme tels, ne sont plus et depuis quelques temps déjà des repères moraux bien identifiés dans cette société, ne sont même plus vraiment visibles, ayant très peur de ne pas s'intégrer à ce monde tel qu'il est, se justifiant d'ailleurs pour le 13 Janvier des possibles accusations d'homophobie de manière parfois très maladroite.

    « Les cathos » le sont pour les cérémonies sur-affectives où ils se retrouvent entre eux à communier comme d'autres dans une ferveur grégaire qui bien souvent ne passe pas le seuil de l'église, parlent encore beaucoup d'accueil et de charité, même ont encore des associations qui font du bien aux pauvres, mais, à de rares exceptions les liens ne serait-ce que paroissiaux sont largement distendus, on se rencontre entre fils de médecins, entre médecins, entre dentistes, avec qui on a fait du scoutisme.

    Et la pratique religieuse devient surtout un conservatoire social ou des personnes issues de même milieu peuvent ainsi préserver leur endogamie sociale.

    Dans les « communautés dites nouvelles », comme les Béatitudes, ou l'Emmanuel, ou le Chemin Neuf, beaucoup pense qu'il faut se replier sur soi au maximum et des pratiques qui sont parfois à la limite du sectarisme, tout en étant persuadés que l'on a tout inventé, ou réinventé, et qu'avant leurs innovations, avant eux, la liturgie catholique était en somme nulle et non avenue, faisant le même raisonnement que certains traditionalistes ou progressistes auparavant.

    Tous oublient également que pour les adversaires du catholicisme, il n'y a pas autant de nuances, un « catho » est un « catho » d'où qu'il parle, un représentant d'un ordre voué à être irrémédiablement détruit.

    Cette apparente défaite vient d'une erreur majeure commise par la majorité des catholiques et aussi par ceux qui s'opposent à eu, et qui confondent la foi avec une idéologie, ce qu'elle n'a jamais été, n'est pas, et ne sera jamais.

    La foi n'est pas une simple conviction chez soi ou d'autres qui nous est sympathique ou pas, une opinion comme une autre que l'on défend si besoin est en manifestant, ou en se laissant aller à des discours ronflants dessus, des discours qui plaisent, et qui font plaisir, mais qui ne vont pas très loin, mettant en avant le cas de personnalités « pipeaules » qui n'ont pas de honte à se dire catholiques et qui sont autant d'alibis pour dire, « eux peuvent mais moi je ne peux pas ».

    Loin de moi l'intention de mettre en doute la sincérité et l'engagement de ces « pipeaules » qui bien souvent se « grillent » définitivement auprès de leur milieu en s'affirmant catholiques, mais ils ne doivent pas être les arbres qui cachent la forêt pour les autres croyants.

    Les catholiques ont trop souvent trop de bonnes raisons pour justifier ce qui n'est rien d'autre que de la lâcheté.

    La foi est bien plus que ça, bien plus que des souvenirs idéalisés que l'on se raconte au coin du feu, bien plus que des bonnes intentions toutes gentilles, ou gentillettes.

    P1020353.JPGLa foi est, pour un catholique, ou du moins devrait l'être un minimum, un chemin de vie qui implique des exigences morales et spirituelles a minima que les croyants ne veulent plus suivre vraiment, et qui ont tout comme le reste de la société « les tripes molles et le cœur sec », selon la formule de Bernanos.

    Ces exigences n'entraînent pas obligatoirement une voie vers le martyre, et l'héroïsme, voire la sainteté, cela commence pour un croyant, ou devrait commencer, par serrer la main de son voisin de chaise à la sortie de la messe ou s'intéresser réellement aux pauvres, aux faibles, aux petits autour de soi, bien avant de s'intéresser une fois ou deux dans l'année à ceux qui sont lointains, mais certes exotiques.

    Bien entendu, il suffit de rappeler ces quelques évidences a priori pour des croyants pour être aussitôt taxé ou soupçonné de fanatisme, peu importe. Qu'est-ce qu'un croyant devrait préférer ? Survivre en se terrant, ou vivre sa foi au grand jour dans la radicalité de l’Évangile sans craindre le « qu'en dira-t-on » ?

    Illustrations (photos de Chartres) de l'auteur

  • Ô Jérusalem...

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    233941228dd56ef86577da92dbbf24c6.jpgTous les jours, cela m'arrive, je regarde un paysage pourtant familier de Normandie et j'ai alors l'impression que Jérusalem est toute proche, qu'au bout de la rue, il y a la Via Dolorosa et Sainte Anne, que le car que j'emprunte m'emmène à Tel Aviv. La gare routière d'Evreux me rappelle celle de Tibériade ou Ramallah et il me suffit de fermer les yeux pour y repartir ne fût-ce qu'un petit moment. Un soir de fatigue, j'ai cru voir la tour du minaret qui était au bout de ma rue en traversant Vernon. Parfois, je crois avoir rêvé ces deux ans. Ce que j'ai vécu là-bas est aussi que je m'étais posé comme condition était d'être libre de faire ce que je sentais être le mieux pour moi, et d'être totalement sincère. Cela n'a pas toujours été facile, à commencer par les personnes avec lesquelles je vivais. On dit qu'il faut compter le double de mois qu'un séjour a duré pour dire que l'on est vraiment "rentré".

    1e51ccb03a2690851c1c3e9e801f25d6.jpgEt pourtant, pour tous ceux qui étaient là-bas comme pour moi, une partie de nous y est toujours un peu, pas à cause des monuments, les pierres ne vivent pas, pas à cause d'une opinion ou d'une cause à défendre, à cause des personnes que nous croisions, que nous aimions et qui nous ont accepté sans conditions.Si chaque ville ressemble un petit peu à Jérusalem, al Quds en arabe, "La" ville, c'est je pense vraiment parce que celle-ci contient toutes les autres et que chaque être humain peut s'y retrouver et retrouver son humanité, s'il se laisse faire par le sens de l'accueil de ses habitants, et s'il sait s'ouvrir aux autres, sinon il perdra toute son humanité et sa capacité à la compassion. Il n'est bien sûr pas indispensable pour un croyant d'aller en pélerinage à Jérusalem mais ceux qui y sont allés savent néanmoins à quel point elle est unique par son art de vivre, sa convivialité et sa douceur paradoxale mais profonde, ce que combat la connerie intégriste, la sottise de ces occidentaux boute-feux de haine.

    PS : C'est pour tout cela que je pense avec d'autant plus de tristesse à l'attentat qui a eu lieu à Beyrouth hier dans le quartier chrétien. Les extrèmiste haïssent la douceur de vivre, refusent d'aider au bonheur qui parfois peut-être tout simple.

  • De Jean-Claude Barreau à André Frossard

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    medium_jc_barreau.jpgJe me souviens d'une émission de télévision où Frossard, ancien communiste donc pour cela mal considèré par Barreau (biographie ici), lui avait demandé à la fin d'un discours particulièrement enflammé avec forces gestes sur l'adultère et le pardon nécessaire  aux adultèrins malgé leur péché mais aussi le retour nécessaire à l'ordre moral, s'il avait quelque chose à se reprocher, quelque chose à prouver, de manière calme et tranquille le ridiculisant instantanément car Barreau jouait un rôle qui sonnait étrangement faux après avoir fait une déclaration du même genre que celle ci-dessous. J'avoue que je préfère largement Frossard, beaucoup plus capable de réelle miséricorde et de finesse.

    medium_frossard.gifJean-Claude Barreau a écrit ceci : "Ceux qui viennent en France en tenant à conserver leur langue, leur culture et leur religion ne doivent pas être considérés comme des immigrés, mais comme des colons".

    On aurait tort de crier tout de suite au fascisme ou au nazisme. Cela ne servirait à rien pour faire avance les choses. Cela témoigne d'une méconnaissance humaine profonde et d'une irrationnalité assez importante, une invasion, une colonisation, est quelque chose qui est raisonnée et pensée, ce n'est pas l'exode de pauvres qui viennent chercher fortune sous nos cieux plus riches. Est-ce de leur faute à eux ? J'avoue que je n'arrrive pas à comprendre pourquoi il y a cette intention derrière. Cela empêche toute résolution pacifique, bloque la discussion. Car il faudra bien trouver autre chose de plus sensé pour résoudre cette question sans pour autant tomber dans un excès inverse qui serait l'excès d'angélisme. 

  • Sur la prière

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    Un texte très court du père Alain Bandelier résumant ce que l'on oublie souvent de la prière, je rêve que charismatiques ou "tradis" le lisent :

    medium_priere.jpg"Quand tu pries, tu ne sens rien, tu n'entends rien, tu n'as rien à dire ? Bravo ! Te voilà enfin prêt à prier pour de vrai. Cherche Dieu, pas des sensations."