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Bande dessinée

  • Hommage à Gotlib et toute cette sorte de choses

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    On pourrait pour rendre hommage à Marcel Gotlib, le maître de l'Umour (sans H) glacé et sophistiqué, le créateur de « l'écho des Savanes » ou « Fluide Glacial » écrire un texte bien sinistre et bien pompeux, genre enterrement de première classe, rappelant la vie et l'œuvre de l'auteur avec force sanglots dans la voix, l'œil humide et la bouche en cul de poule :

     

    Gotlib la tendresse, Gotlib la dérision, Gotlib le libertaire, Gotlib et son psy, Gotlib le petit enfant de Montmartre triste, Gotlib le gosse inadapté etc...

     

    Et puis terminer sur un « Ahlala il va nous manquer », il nous faudrait un nouveau Gotlib, tout ça...

     

    gotlib1.gifGrâce à lui et les « petits mickeys » qu'il commit des années 50 jusqu'au milieu des années 80, comme de nombreux quadragénaires, j'ai découvert qu'on avait le droit d'avoir le sens de la dérision et qu'en plus c'était extrêmement drôle. J'ai appris aussi que l'humour à froid était non seulement recommandé mais indispensable contre la sottise de la plupart des pitoyables primates humains, contre la mienne aussi il est vrai en faisant partie de ces pitoyables bipèdes anthropoïdes, pitoyables mais aussi très drôles.

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  • « Avengers : l'ère d'Ultron », le reboot de la cinéphilie honteuse – les « comics books » de cinoche

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    cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéJe suis allé voir la principale machine de guerre des « blockbusters » de cette année, « Avengers : l'ère d'Ultron ». Le film rassemble les principaux héros des « comic books » Marvel, tous insérés dans une seule et même histoire courant sur les films et les séries télévisées leur étant consacrés. Il se résume en une ou deux lignes : Tony Stark invente un robot, Ultron, capable de maintenir la paix partout sur terre de manière automatique. Ultron accède à la conscience à cause d'un « sceptre cosmique » employé par des méchants nazis et il veut détruire alors tout l'humanité. Il est « joué » par James Spader qui l'incarne de la même manière que son personnage de l'excellente série « The Blakclist ».

     

    C'est plus une attraction de fête foraine subissant un montage ultra « cut » et un peu trop rapide entrecoupée de deux ou trois scènes entre les personnages aussi fines que celles d'un « sitcom » se voulant sentimentalo-rigolo. Au début, Thor, un dieu d'Asgard, s'amuse avec ses potes. Ils essaient tous de soulever son marteau mais comme ils ne sont pas parfaits, forcément ils n'y arrivent pas même s'ils sont très très forts. Et comme Thor c'est un coquin, il ne leur a pas dit la condition pour le prendre en main...

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  • Richard Corben roi de la « Pop culture »

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    bande dessinée, littérature, société, politique, Richard Corben, métal hurlant, amaury watremez

    A propos de la réédition des bandes dessinées de Richard Corben chez "Dark Horse comics" dans la collection "Delirium"

     

    La « Pop culture » est à la mode mais au fond la plupart ne la connaisse absolument pas :

     

    Son contenu souvent surprenant, toujours un rien transgressif (dans le sens de la transgression des idées reçues), ses références aux classiques de la littérature, etc...

     

    Il est également de bon ton de parler de « culte » à son sujet en oubliant le sens premier de ce mot. En effet, une œuvre « culte » était au départ peu connue, n'avait que peu de succès mais finit par acquérir un public d’aficionados au fur et à mesure des années, ainsi « Blade Runner », un « bide » retentissant au moment de sa sortie et dorénavant une œuvre reconnue.

     

    Richard Corben est un des rois de la « Pop culture », le concernant on devrait d'ailleurs plutôt parler de « Pulp culture ».

     

    page empruntée au blog "humano"

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  • « The Dark Knight returns » returns

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    The Dark Knight est aussi sur Agoravox

     « Urban Comics » réédite le « graphic novel » de Franck Miller, qui est à ce jour, la meilleure relecture de « Batman » et des « super-héros », avec « Watchmen » scénarisé par Alan Moore et dessinés par Dave Gibbons, traduits par Jean-Patrick Manchette.

    bande dessinée,politique,société,cinémaCette réédition de « TDK » est agrémenté du DVD et du Blue Ray de la première partie de son adaptation animée qui n'est pas honteuse mais considérablement affadie, excepté le traitement du « Joker » qui doit beaucoup à Michael Emerson, son interprète.

     Curieusement l'adaptation dite « animée » l'est beaucoup moins que les albums de Franck Miller qui sont littéralement à couper le souffle.

     Rappelons que « graphic novel » est un terme de marketing inventé il y a une trentaine d'années pour rassurer les adultes et autres grandes personnes théoriques qui ont honte de dire qu'ils lisent des BD, ce qui n'est pas le cas de votre serviteur qui au cinéma adore les chefs d'œuvres mais aussi les petites pépites « Z » bien cachées et qui parfois annoncent de grands auteurs, ainsi pour Peter Jackson..

     Ces deux œuvres écrites et dessinées par deux auteurs aux antipodes politiques, Moore est à l'extrême-gauche et Franck Miller à droite, sont la principale source d'inspiration des adaptations de « comics » actuelles, y compris la trilogie de Christopher Nolan encensée par la critique (qui n'a pas lu les BD de Franck Miller reprises parfois à la copie-carbone dans les films avec Christian Bale ainsi que « Enfer blanc » de Jim Starlin et Berni Wrightson, ou « Knightfall »).

     La mise en scène du « Joker », la perception du personnage dans le deuxième film, son appétence pour le chaos total, tout le sous-texte politique dans le troisième, sont très largement empruntées à Franck Miller.

     Coïncidence, ces deux « comics » sont parmi les meilleurs car il mêle la tradition du polar « hard boiled » et des « pulps » noirs des années 30 à la bande dessinée super-héroïque, « pulps » dans lesquels ont écrit la plupart des auteurs dits « de genre » maintenant devenus classiques. Bruce Wayne dans le récit de Franck Miller a la même carrure tragique que les héros de Chandler ou Dashiell Hammet, les mêmes préoccupations et la même absence d'illusions sur l'espèce humaine. Il ira jusqu'au bout de sa logique dans « Sin City » où curieusement il donnera à ses personnages de « durs » des allures de super-héros. Le manteau de Marv dans les histoires de « Sin City » prend alors des allures de cape.

     Miller a eu bien avant des auteurs sages, « sérieux » et doctes l'intuition de tous les travers de la société actuelle :

     La télévision et les écrans omniprésents, la société du spectacle poussée à son paroxysme et même une certaine destruction de deux tours dans une mégalopole américaine, dans le premier tome vingt-cinq ans avant que cela n'arrive pour de bon dans la réalité.

     Curieusement, Franck Miller donnera le même titre que son premier jet de « The dark Knignt » à ses impressions sur le « Onze Septembre », « Holy Terror », mais là, pas de Batman ou de Superman pour sauver la mise aux bipèdes impuissants qui n'ont pas de super-pouvoirs pour sauver le monde après le petit-déjeuner

     On peut regretter le format somptueux des albums de la première adaptation française de « Dark Knight », sortie aux éditions Zenda en 1986.

     Dans « The Dark Knight returns », Bruce Wayne n'est plus Batman depuis déjà dix ans, suite à la mort de Jason Todd, le deuxième « Robin ».

     Il n'a plus beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine et semble persuadé de l'inutilité de sa lutte contre l'injustice et les criminels auparavant. Il préfère aider du mieux qu'il peut à soulager ses congénères qu'à combattre le crime, et se console dans l'alcool.

    bande dessinée,politique,société,cinéma Il subventionne les thérapies de ses anciens ennemis dont « Two Face » qui subit une opération de chirurgie plastique lui redonnant un visage normal, ou celle du « Joker », en catatonie depuis que le Batman n'intervient plus la nuit. Chaque nuit, ses anciens démons tourmentent Bruce Wayne qui revit encore et toujours le meurtre de ses parents par un voleur à « Crime Alley ».

     La plupart des super-héros sont emprisonnés ou dans la clandestinité, comme Green Arrow qui lutte contre le gouvernement américain. Superman s'est mis au service des intérêts exclusifs des politiques de Washington.

     Un soir d'orage dantesque sur Gotham, alors que « Two Face » est de nouveau en cavale, que les criminels n'ont jamais été aussi puissant, Bruce Wayne revêt de nouveau le costume de Batman et comprend que cette fois, il devra aller jusqu'à la mort car les dirigeants ne le laisseront pas faire...

    illustration du haut prise ici

    illustration du bas prise ici

  • Les Bidochon se lancent dans le développement durable...

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    Aussi sur Agoravox

     Christian Binet raconte depuis près de trente ans les bêtises, petites faiblesses et errements divers d'un couple de français moyens (pléonasme selon nos amis belges quand ils ont envie de se venger de nos mauvaises blagues à leur encontre), couple qui tombe dans toutes les modes, se laisse avoir régulièrement par la publicité, l'administration et les médias.

    couverture empruntée à ce blog littéraire

    Bande Dessinée, société, politique, littératureL'auteur l'a affirmé, il arrêtera quand il s'ennuiera et ne s'amusera plus. Mais grâce au ciel, et les français n'étant pas prêt de guérir de tous les travers en attendant ceux que réservent l'avenir, il n'est pas prêt de s'arrêter ni de s'ennuyer ou de ne plus s'amuser.

    Pour de nombreux lecteurs, en parcourant les albums ou dans la vie, le Bidochon, le plouc, le beauf, c'est toujours l'autre, jamais soi-même, posture très française.

    On est toujours critique avec les autres en oubliant de regarder ses propres défauts et travers.

    Alors que lorsqu'on lit « les Bidochons », on s'aperçoit que les Bidochons, c'est nous...

    Dans cet opus, Robert et Raymonde se soucient de développement durable. Au départ, Robert est un rien réticent car cette préoccupation leur est soufflée par Gisèle et René, leurs deux amis un rien « bobos » sur les bords jamais en retard d'une prétention à la pseudo-modernité.

    Gisèle et René sont des « jusqu'aux boutistes » qui se sont faits construire une maison totalement écologique selon eux, équipée d'un four solaire qui met deux heures et demie à cuire un rôti (ce n'est pas encore très au point et quant aux légumes Gisèle et René s'habituent à les manger crus), d'un local à compost et à vers de terre, et de toilettes « sèches » (Malheureusement, bien sûr Robert confond l'un avec l'autre).

    Raymonde est tout de suite enthousiaste, elle qui a plus de bon sens que Robert, voit tout de suite l'intérêt de la chose bien qu'elle se lance dans l'écologie de manière un rien brouillonne au début mais plus raisonnée que son époux.

    Elle se lance de suite dans la recherche de fuites d'eau éventuelles dans leur tuyauterie, gaspillant au passage une bouteille de vieux Bordeaux de son mari, et tente d'initier celui-ci au tri sélectif, ce qui n'est pas évident, y compris pour elle, car pour en comprendre les méthodes elle doit aller chercher une notice en néerlandais sur Internet.

    Lorsque les éboueurs passent enfin au petit jour, les Bidochons n'ont pas eu le temps de trier leurs ordures et Robert ne peut que clamer son dépit.

    Raymonde installe ensuite des ampoules électriques « durables » et « basse consommation » dans leur maison, découvrant au passage leurs inconvénients, à savoir leur lenteur. Quant à Robert, il apprend à éteindre la lumière quand il sort d'une pièce ou la télévision, ce qui l'ennuie profondément car cela demande un effort supplémentaire.

    René convertit ensuite Robert au covoiturage et au bricolage « responsables ».

    Comme à chaque fois qu'il se prend d'une tocade, il en fait trop, beaucoup trop, encourageant Raymonde à des économies de « bouts de chandelle » tout à fait ridicules, perdant d'un côté ce qu'il gagne de l'autre.

    A la fin, le couple Bidochon essaie de convaincre un impétrant qui profite des sites de covoiturage pour draguer de nettoyer un coin de la planète, l'abandonnant au milieu des ordures qu'ils le chargent de rassembler en tas...

    Que l'on ne se méprenne pas, Christian Binet ne se moque pas du tri sélectif, ou autres démarches de simple bon sens concernant l'environnement, toutes choses que faisaient déjà nos ancêtres que beaucoup redécouvrent comme ils s'imaginent redécouvrir l'Amérique.

    Binet raille les « jusqu'au boutistes », les maladroits, les dogmatiques comme le devient Robert à la fin qui font du « développement durable » une véritable religion alors qu'ils laissent commettre par ailleurs un gâchis bien réel des ressources et qui ne se soucient pas des racines profondes du gaspillage.

    Et comme dans toutes ses dédicaces en fin d'album, il montre que « les Bidochons » si c'est un peu tout le monde, c'est aussi un peu de lui-même.

    Christian Binet – « Les Bidochon sauvent la planète » Tome 21 - éditions Audie

    sorti le 17 octobre 2012

  • Histoire de « Marvel 14 » - la censure des grandes personnes sur les « comics »

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    Marvel14_compo.jpgimage ci-contre prise ici

    sur Agoravox

    Le documentaire « Marvel 14 » produit par Jean-Pierre Putters, créateur de « Mad Movies, revient sur la censure du numéro 14 de la revue « Marvel » des éditions Lug (numéro imprimé mais jamais distribué en 1971) qui adaptaient en français des bandes dessinées américaines, les vexations diverses que ces éditeurs subirent de la part de censeurs ridicules et ubuesques réclamant des coupes d'une bêtise profonde dans les histoires que Lug éditait.

    Pour ces censeurs ces histoires fabriquaient des voyous, des associaux...

    On constate encore que parler de la culture populaire c'est aussi parler de l'évolution de la société, que cette culture en marge de la culture élitiste est parfois aussi intéressante voire plus. Jean-Patrick Manchette a gagné sa vie au début de sa carrière en traduisant quelques unes de ces bandes qu'il appréciait et qu'il évoque à la fois dans ses « Chroniques » et dans son « Journal ». On lui doit la traduction de « Watchmen » et aussi de « V pour vendetta », deux classiques du genre, plus mûrs et plus aboutis que les autres.

    Mais il faut dire que cet écrivain ne se considérait pas comme une grande personne perché dans son appartement du XIVème...

    Les « grandes personnes » ne lisent que des livres sérieux, certainement pas des romans, bons seulement à divertir, les « grandes personnes » ne vont voir au cinéma que des classiques où il est de bon ton d'emmener les enfants pour les instruire, les « grandes personnes » n'aiment pas les films de genre, ils sont trop futiles. Les « grandes personnes » ne conçoivent l'art et la création en général qu'éducatifs, qu'ils aient une utilité sociale, une leçon de vie, une exemplarité sur une cause ou une autre. Les dévots de toute chapelle ne supportent pas les créations qui éloignent de leurs théories, de leurs engagements, ils sont persuadés que ces créations, comme les « comics » qui relèvent de la culture populaire moderne en sont effectuent un travail de sape qui retardent l'avènement d'un monde selon leurs vœux ou tout le monde serait soumis à leurs diktats.

    Ils aiment les enfants et les adultes dociles. Malheureusement pour eux, un enfant ou un adulte qui lit beaucoup, voit beaucoup de films l'est rarement.

    Toutes raisons pour lesquelles les enfants et les adolescents s'intéressent aux œuvres, aux romans, aux films qui énervent le plus les « grandes personnes » qui ont une vision du monde étroite ; et donc aux « comics » américains. Les « comics » viennent des « pulps » des années 30 dont ils reprennent une grande partie des codes, ainsi que des « serials » de « Republic pictures » qui produisit aussi l'adaptation de « Macbeth » d'Orson Welles.

    L'auteur de ce texte fait partie depuis l'enfance de ces lecteurs à qui plus on tente de lui interdire un livre ou un film ou de l'en dégoûter, plus cela lui donne envie de le lire ou de le voir pour se faire un jugement par lui-même.

    Et bien sûr, comme beaucoup d'enfants des années 70 il a découvert les « comics » dans « Strange » ou « Marvel », qui publiaient les histoires des éditions « Marvel », quasiment toutes écrites par Stan Lee, alias Stanley Lieber, ou « DC comics » en France.

    Les années 70 étaient une époque où les écoliers pouvaient admirer un poster géant de « Ilsa la chienne du goulag », d'un film de Bruce Lee ou un de ses émules, ou d'un « Django » sur la façade des cinémas, sans que personne ou presque ne s'en offusque. On découvrait les films au dernier moment, il y avait encore ce désir de cinéma même dans les œuvres mineures, désir maintenant tué par le fait que le spectateur moderne sait tout du film qu'il va voir grâce à Internet avant d'aller le voir.

    C'était le triomphe d'une certaine idée « bis » du cinéma, de la BD aussi qui devenait adulte avec Jean-Claude Forest ou Guy Pellaert, qui reprenait les codes graphiques de la BD américaine. Actuellement, c'est toute la cinéphilie qui se prétend « bis », mais sans ce supplément d'âme qu'elle avait auparavant.

    Je dis « personne ou presque » car le comité de censure de la littérature pour la jeunesse, où siégeaient de nombreuses « grandes personnes », détestait les « comics » qu'elle trouvait trop violents, trop colorés (?), avec des onomatopées qui allaient pervertir notre belle jeunesse et l'amener vers des comportements déviants ainsi que certains le croyaient aussi aux États Unis comme Frédéric Wertham dans son livre « Seduction of the innocent » où l'auteur soupçonne les super-héros de tous les vices et toutes les perversions inventant parfois des personnages.

    A gauche l'on suggérait que les bandes dessinées américaines étaient surtout des vecteurs de la propagande « yankee » alors que dés le début des éditions « Marvel » c'était exactement l'inverse, Stan Lee abordant dans ses histoires la question des minorités, de la course à l'arme atomique, la contestation étudiante, le faisant « en creux » mais ces questionnement étaient bel et bien présents, suivant en cela les auteurs des « pulps » là encore..

    Les "freaks" qui éditaient "Zap comics" où dessinaient Robert Crumb ou Gilbert Shelton ne s'y étaient pas trompés ne faisant qu'amplifier cette dimension transgressi:ve.

    Dans la plupart des adaptations des « comics » des ces dernières années au cinéma, cette dimension transgressive a été bien évidemment complètement gommée, exceptée dans « Sin City » d'après Franck Miller.

    Les « grandes personnes » dont il était question sont des adultes aliénés par le fait qu'ils étaient des enfants un peu trop sages, un peu trop dociles, qui n'ont jamais fait de bêtises comme les autres, de ces bêtises nécessaires, que même parfois l'adolescent accède à la culture élitiste en cherchant les scènes chaudes dans un livre ou un film, moyen beaucoup plus sûr de lui faire connaître des auteurs plus « exigeants » que d'autres.

    Ci-dessous la bande annonce du documentaire "Marvel 14"

  • (Re)lectures d'été 2 – Comics US et politique

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    En partant de « The Dark Knight rises » dont je n'allais pas faire la critique car cela a déjà été fait, et bien fait...

    Dans l'épisode précédent, l'auteur parlait d'un classique « sérieux » et son auteur qui l'était tout réputé tout autant : « And now something completely different » pour reprendre la formule des Monty Python.

    couverture de "Enfer blanc" prise ici

    abl24yydexetkg3hm8z2tqe3jip43.jpgOn peut aller voir un « blockbuster » estival en l'occurrence « The Dark Knight rises », détendant, palpitant et jouissif dans ses rebondissements et ses images, mélange de trois « comics », « Enfer blanc » de Berni Wrightson et Jim Starlin, « The Dark Knight » de Franck Miller, dont la narration à travers des écrans de télé est une satire de la société du spectacle, et « Knightfall », beaucoup moins intéressant que les deux premiers du fait en particulier de son trait bâclé, et aussi blockbuster pas bête du tout peut impliquer une -modeste- réflexion politique.

    On peut donc siroter un « Colonel » bien glacé à la terrasse d'un café ombragé, rêvasser en regardant les jambes des jolies filles qui passent, et avoir envie de développer sans dilettantisme de ces thèmes abordés dans le film de Christopher Nolan qui renvoie au fond dos à dos les idéologies dans un point de vue qui est presque celui d'un « anar de droite » au fond !

    Cette société dans laquelle nous vivons est inique, injuste, ignoble dans ses bases mêmes définies pourtant par des idéologues libéraux des XIXème et XXème siècles persuadés de l'irrévocable avance du progrès, et de faire le bien de l'Humanité fût-ce contre son gré.

    D'autres idéologues en ont fait la critique, parfois radicale. Le fait que certains aient eu une analyse et une méthodologie parfois pertinentes est indéniable, le problème étant que d'une analyse, ils sont souvent arrivés à une théorie globalisante sombrant bien vite dans l'arbitraire intellectuel.

    Ces idéologues, qu'ils soient d'un bord ou de l'autre, ont toujours été persuadé du bien que leurs idées apporteraient à l'humanité.

    Aucun n'a tenu compte de la nature humaine, pensant que comme leur utopie serait merveilleuse, les êtres humains seraient bien obligés de se laisser faire.

    Ce qui consiste à vouloir enfoncer des coins carrés dans des trous ronds la plupart du temps.

    Le film de Chris Nolan, par une réplique, décrit très bien l'iniquité de notre société, dans la scène de la Bourse quand Bane glisse à un « trader » qu'il vient en ce lieu car il y a plein d'argent à « se faire », à voler donc, sur le dos des plus précaires.

    Divers régimes politiques s'y sont essayés, ce qui a mené la plupart du temps à des massacres sans nom comme ceux que le révérend Blackfire commet dans « Enfer Blanc » dont il est le principal "méchant", qui avoue d'ailleurs à, tels la plupart finalement des leaders des différentes insurrections, dont Bane dans le film (où il est beaucoup moins ridicule que dans la BD, où il s'inspire des "super catcheurs" du cinéma Z mexicain, tel Santo).

    Celui-ci, qui n'est qu'un exécuteur des basses œuvres, ressemble à la fois à Ben Laden pour le côté chef religieux, à un Che Guevara iconique, à un seigneur de guerre se prétendant « révolutionnaires » qui s'octroie, avec leur assentiment (!), d'avoir droit de vie ou de mort sur ceux qui le suivent.

    Ils ont soif de sang, celui des plus innocents et des plus faibles en particulier, de massacres soit-disant salvateurs, et de rien d'autres.

    Quand on parcourt le Net, et les journaux, les courriers des lecteurs, les forums, on constate que ces idéologues socialisants ou libéraux ont encore beaucoup d'admirateurs et de fans, tous aussi coupés du réel les uns que les autres cela va sans dire, d'aucuns parmi eux théorisant sur leur solitude et leur manque, comme Fourier, vieux garçon rêvant de compagnie, qui dînait seul chaque soir, invente tout un système pour se consoler de son célibat.

    Visuel de "The dark Knight" de Franck Miller pris ici

    The-Dark-knight-de-retour-en-film-d-animation_portrait_w532.jpgLa plupart mettent leur idéologie favorite en avant surtout a-t-on l'impression du fait de leur rancœur, de leur ressentiment, de leurs complexes, de leurs frustrations essentiellement matérielles, ou de leur chagrin de n'être pas le génie qu'ils s'imaginent être

    C'est à l'instar de Bane et de la fille de Ras Al'Ghul dans « The Dark Knight rises », attention « spoiler » pour ceux qui n'ont pas vu le film, la rancœur, le ressentiment et la colère qui les mène à vanter ce qu'ils prétendent être l'insurrection, celle qui vient, selon eux, le problème étant que pour l'instant aucune date n'est fixée, et non le désir de justice et d'équité, sauf pour eux bien entendu.

    Une fois cette constatation de bon sens de départ faite quant à notre monde, il y a plusieurs réponses possibles : le cynisme, l'utopie, la révolution, l'acceptation, ce qui est le cas de la plupart des gens du troupeau et de vivre en être humain ses rapports avec son entourage, ses amis et relations.

  • « Les Bidochon » opus 20 - « Les Bidochons n'arrêtent pas le progrès »

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    bidochon_20_1.jpg

    Gràce à moi les Bidochons sont aussi sur Agoravox

    Je vais une nouvelle fois étaler mon immense culture et ma gigantesque érudition, que je montre volontiers à tous les passants, en faisant ici même la critique du dernier tome des fantastiques aventures du couple vedette de « Fluide Glaciale ». Je pourrais parler du dernier roman écrit sous neuroleptiques de Michel Houellebecq, qui a un style aussi vif que celui d'un informaticien dépressif, sans l'avoir lu comme le font la plupart des critiques, on me dira, mais je préfère « les Bidochons » : Robert et Raymonde, on est tous un peu Robert sur les bords, nous les z-hômmes, et les femmes sont toutes un peu des Raymondes au milieu voire un peu partout. Robert et Raymonde se sont mariés tardivement, ils auraient aimé avoir des gosses mais ce n'était plus possible car Robert a des problèmes de tuyauterie. Ils trompent leur ennui à deux, Raymonde et lui, en s'occupant avec les dernières conn...trouvailles disponibles : dans les deux derniers albums, ils surfaient sur Internet et se passionnaient pour l'astrologie et autres sciences occultes, et c'était un peu moins drôle, on sentait la lassitude de Binet pour la série. Dans celui-là il est beaucoup plus en forme, comme ses héros. Il n'empêche, mon préféré reste le 15 : "Bidochon Mère". La "môman" de Robert s'est retourné un ongle, elle en profite pour faire venir son fils en lui faisant croire qu'elle souffre le martyr, et tenter de le "récupérer", celui-ci tombant dans le panneau, la croyant mourrante. Raymonde supporte beaucoup de choses et elle finit par sauver in extremis son mariage..

    On croit que c'est du mépris, du dédain, de la condescendance, mais Binet sait bien qu'il est ses créatures, et moi je sais que l'on est toujours le Bidochon, ou le plouc, d'un autre. Moi-même j'apprécie des plaisirs tout à fait ploucs comme grignoter un cornet de frites à Lille devant la gare, manger des moules face au port de Barneville en les accompagnant d'un petit muscadet, écouter des chansons à la con, le dernier tube pour midinette ou regarder un film que les cinéphiles distingués n'évoquent qu'en se bouchant le nez. D'ailleurs, ce n'est pas forcément un comportement plouc que tout cela, mais peut-être encore plus snob que de se pâmer devant la denière oeuvre coûteuse et absconse d'un créateur de "projets" ou d'"happennings" à la mode (on ne parle plus d'artiste, çà c'est plouc). Le plouc est en fait un médiocre qui aime sa médiocrité et son esclavage, souvent il se vante d'être bien vu de son patron ou de sa crémière. Le plouc n'aime pas que l'on connaisse un peu plus de choses que lui dans certains domaines, il se sent alors attaqué dans ce qu'il croit être sa virilité. Le plouc n'est pas automatiquement un franchouillard ou un "beauf", ce peut être un bobo, car une autre caractéristique du plouc est que son univers s'arrête à son nombril.

    Dans cet alboume, Robert, qui est né de la dernière pluie, se laisse avoir par un catalogue d'objets complètement inutiles mais modernes, comme le « cooler » qui tient les bières au froid et permet de conserver la chaleur des steacks cuits sur le barbecue, le « poivrier lumineux » qui éclaire l'assiette gràce une dynamo incorporée, les sacs d'« engrais biodégradables » qui se délitent tous seuls quand il pleut, le « cric gonflable » qui évite de se pencher pour changer une roue, le « pincitoasts » qui permet de ne pas se lever de table pour prendre les tartines dans le grille-pains, le « pouce-bouchons » qui permet de déboucher une bouteille de vin sans effort musculaire, l'« évaluateur » qui mesure n'importe quelle distance avec un laser incorporé, le « parasol bronzant » qui laisse passer les UV, les larves de coccinelles que l'on place au pinceau sur les plantes du jardin (là c'est Raymonde qui trouve ça génial, tout comme les raquettes de potager, inadaptées quand le téléphone sonne, le « simulateur de présence », qui fait peur aux voleurs quand on est absent, le « purificateur-ioniseur » qui ventile les pièces et les ionise, ce qui change tout, le « foret sans perceuses », un peu dur à utiliser celui-là, il faut pousser dessus avec un marteau pendant que votre assistant tourne la vis...

    Le site officiel du couple star est à ce lien

    Ci-dessous, au théâtre

  • Adèle Blanc-Sec - film et BD : une comparaison

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    Adèle Blanc-Sec – Du frelaté pour le film, de l'authentique pour les albums

    A la recherche d'Adèle

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    J'ai découvert Adèle il y a longtemps, j'ai commencé par « le Savant Fou », le troisième tome, juste après avoir lu plusieurs romans de Jules Verne, Jacques Tardi y liait une subtile dérision à la fantaisie et au romantisme du roman-feuilleton, je m'étonne d'ailleurs que le scénario ne conserve pas plus d'éléments d'Adèle et la Bête qui étaient largement moins anecdotiques, je songe par exemple à l'histoire d'amour d'Adèle avec Lucien Ripol, le cambrioleur. Et Adèle est une héroïne, nom de Zeus, ce qui donnait largement plus de piment aux histoires qui étaient déjà de ce fait à des années lumières des sagas pour enfants sages et des tribulations scientifico-apocalyptiques de célibataires anglais imaginées par Jacobs, Blake et Mortimer, que Tardi a failli reprendre, ou des aventures d'un autre célibataire endurci, Tintin. Je lui dois quelques unes de mes premières émotions esthétiques et sensuelles ; c'est comme les films découverts au cinéma à l'adolescence, beaucoup allaient voir par exemple Riz amer pour les bas de Silvana Mangano dans les années 50, il n'y allait pas pour le néo-réalisme, qui était beaucoup moins attirant faut-il dire. Ce qui amusait n'était pas de toute façon ce que racontait Tardi, mais l'ambiance, et aussi l'irrespect total envers les institutions. Grâce à lui j'ai commencé à entrer dans l'âge adulte et j'ai appris à avoir un peu plus de recul quant aux évènements historiques dont la Première Vraie Boucherie Mondiale qui n'a pas été suffisante, les mêmes protagonistes ayant remis le couvert vingt ans plus tard, sujet qui passionne le dessinateur qui en dit ceci : "J'ai entendu parler de la Grande Guerre, à l'âge de cinq ou six ans, par ma grand-mère. J'ai très vite voulu en savoir plus. Ce qu'elle me racontait avait trait au quotidien dans les tranchées. Je faisais des cauchemars, mais j'étais proprement fasciné. Par la suite, j'ai vu des photos et mon désir de dessiner cette guerre en a été accru." Dans les aventures d'Adèle, la première Guerre a d'ailleurs un rôle central. Elle est largement plus monstrueuse que les horreurs concoctées par les affreux que croise Adèle.

     

    J'avais donc emprunté le troisième opus des aventures de l'héroïne de Tardi à la bibliothèque de mon collège, affrontant sans trop de scrupules le regard réprobateur de la maîtresse des lieux qui désapprouvaient l'éclectisme de mes lectures. Un lecteur ne peut pas lire des bandes dessinées et Yourcenar, ne peut pas aimer Philip K. Dick et Proust, à moins d'être un mauvais sujet impertinent. Déjà j'avais horreur des bouquins didactiquement civiques z-et engagés, se proposant de faire l'éducation des masses dés la petite enfance, que les masses soient d'accord ou pas. Et j'ai fini par lire et relire très souvent la plupart des chapitres des aventures d'« Adèle » qui s'arrêtaient hélas au Secret de la Salamandre, Tardi n'ayant plus trop l'envie de continuer à raconter les tribulations de son personnage, cet album met d'ailleursen vedette Lucien Brindavoine, on ne voit Adèle que sur deux ou trois cases à la fin, ou dormant tranquillement dans la glace.


    Tardi d'Adèle à Céline, de Lucien à Nestor

    Quand il était jeune les bandes dessinées étaient pour Tardi et les gosses de son âge encore plus considérées comme des mauvaises lectures menant tout droit à l'échafaud. Il découvre donc en cachette les bandes dessinées grâce à un camarade qui lui glisse en douce le journal « Tintin » sous la clôture du jardin. étudie à l'École des Beaux Arts de Lyon, puis monte « ensuite » aux Arts Décoratifs de Paris, Il fait ses débuts, en 1969, dans l'hebdomadaire « Pilote » comme beaucoup d'autres auteurs de BD découverts par Goscinny. En 1972 paraît sa première longue histoire, Rumeurs sur le Rouergue, écrit par Pierre Christin. Se cherchant, explorant différents styles de dessin et de thèmes, il livre plusieurs récits incomplets, il publie chez Dargaud, en 1974, Adieu Brindavoine qui naît donc avant la série d'« Adèle Blanc-Sec », puis « Le Démon des Glaces », une histoire très « julesvernienne ». Plus tard, il construira des passerelles entre toutes ses histoires. Parallèlement à sa série fétiche, Il ne cesse d'évoluer et d'enrichir sa démarche artistique, avec entre autres Griffu, très fellinien dans son inspiration, l'œuvre se rapprochant du Satyricon du cinéaste, ce qui n'est pas un hasard, (sur un scénario de Manchette, sorti chez Dargaud, en 1982, réédité en 1996 chez Casterman), Ici Même, plus poétique, surréaliste, (scénario de Jean-Claude Forest, prépublié dans le mensuel « A Suivre » en 1978, et édité chez Casterman en 1979); Le Trou d'Obus publié en 1984 à l'Imagerie Pellerin, le célèbre Éditeur des Images d'Épinal, bien que ce ne soit pas vraiment de l'imagerie d'Épinal traditionnelle, à mon humble avis cet album devrait être au programme pour étudier l'histoire du Premier Conflit Mondial avis ; et l'excellent Tueur de Cafards (sur scénario très « Série Noire » de Benjamin Legrand, chez Casterman, 1984). En 1982, il adapte le fameux roman policier de Léo Malet, Brouillard au Pont de Tolbiac, et en 1988, il poursuit avec le tout aussi bon 120, Rue de la Gare suivi en 1996 de Casse-pipe à la Nation qui semble être plus un travail de commande qu'une relecture enthousiaste de Léo Malet, Burma y apparaît d'ailleurs un rien débraillé. Il réalise un de ses rêves en illustrant de quelques six cents dessins en noir et blanc l'œuvre puissante et majeure de Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la Nuit (Édité conjointement par Futuropolis et Gallimard). Cette publication rencontre un succès formidable et Jacques Tardi illustre alors successivement dans la même collection, deux autres ouvrages de Céline: Casse-Pipe (1989), et Mort à Crédit (1991). Personnellement, je trouve qu'il est permis de préférer largement les albums d'après Léo Malet et la série des Adèle Blanc-Sec, beaucoup moins chichiteux selon moi. Il a été impressionné par son sujet et marque trop de déférence.


    Respect de la lettre, oubli de l'esprit

    Dans les aventures d'Adèle Blanc-Sec, les flics, et pas seulement Caponi (je m'étonne qu'il n'ait pas gardé son prénom originel qui est Léonce et non Albert), sont des abrutis finis, tout comme les truands il faut dire. Mais, nuance de taille avec le film, ce sont des abrutis un peu complexes, et pas seulement monocouche, dans le film, Caponi est un « auguste » qui ne pense qu'à manger (je suis sûr qu'il ne mange même pas cinq fruits et légumes par jour l'inconscient). Les commissaires principaux sont des fous sanguinaires, quand ils ne sont pas gourous de secte comme le supérieur de Caponi, les scientifiques sont sadiques et sans conscience, et érotomanes, et les monstres sont plus humains que tout ce beau monde. Le détective qui pourrait être un héros, Simon Flageolet, est un pleutre qui finit indic. L'intrigue foisonnante des albums est très simplifiée, sombrant même dans le simplisme très enfantin ou plutôt infantile du style Harry Potter avec le dressage du ptérodactyle, dont les effets spéciaux sont en plus, cerise sur le gâteau, plus ou moins ratés. Il faut bien vendre des figurines qui plaisent aux clients des chaînes de junk food qui font la publicité du film. Certains critiques qui aiment bien les histoires simples, beaucoup souffre de microcéphalie, trouvent que c'est encore trop compliqué pour eux et pour les gosses. Cela permet certainement de vendre le film aux distributeurs et aux annonceurs, et de rameuter les brouteurs de pop-corn et autres cochoncetés dans les salles obscures, et rentabiliser les vingt minutes de pub qui précèdent les films. Le film raconte l'histoire d'Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, qui est présentée comme prête à tout pour arriver à ses fins, la principale étant de guérir sa sœur, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec bandits égyptiens. Au même moment à Paris, c'est la panique à cause de l'apparent réveil d'un ptérodactyle qui terrorise la capitale.

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    En un temps que « les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... », on connaît la suite, on pouvait faire du cognac « 3 étoiles » avec de la sciure, de l'alcool à brûler et quelques pneus, maintenant, ça ne passe plus car l'estomac ne résiste pas; les extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec le film c'est un peu comme ce genre de tord-boyaux frelaté, le produit fini a presque le goût, la couleur et l'odeur, mais c'est bien du frelaté de première classe même si le long-métrage a la caution du créateur du personnage. Certes, Louise Bourgoin a la silhouette d'Adèle et plus ou moins les expressions, mais elle n'en pas la personnalité ni le charisme et surjoue ses émotions. Et à la fin, on a l'impression que son personnage est interchangeable avec celui de sa sœur Agathe. De fait, elle est toujours dans la peau de la « miss Météo » de Canal qui fait des sketchs marrants (sic) et sans prétentions pour parler du temps qu'il fait. A un moment, pourtant, on voit passer en caméo une comédienne qui aurait pu prendre le rôle sans problèmes, avec plus de classe, de second degré et de fantaisie, c'est Frédérique Bel qui joue la cocotte (le terme de la Belle Époque pour parler d'une demie-mondaine ou d'une p...e) qui assiste à l'exécution du professeur Espérandieu. Elle a le grain de folie en plus qui en aurait fait vraiment l'incarnation du personnage de Tardi. Peut-être était-elle moins malléable dans le rôle que Louise Bourgoin ? Dommage. Le problème est finalement que si le film a pu saisir la lettre des albums, il n'en saisit pas l'esprit.

    Amaury Watremez

    Les neuf tomes des aventures d'Adèle Blanc-sec sont édités chez Casterman (10,50 Euros le volume)

    Le film de Luc Besson, inspiré du premier et du quatrième album, Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, mettant en vedette Louise Bourgoin est sorti le 14 avril

     

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  • La douceur de l’enfance avant le consumérisme – l’adaptation de « le Petit Nicolas »

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    Le%20Petit%20Nicolas%20Goscinny%20Sempe.jpgJe suis allé voir le film en ayant à l’esprit toutes les mauvaises critiques des grands esprits des z-inrocks ou de Tecknikart, ou encore du Nouvel Obs, entre autres, pour qui ce film est réac, de droite et crypto-catho car montrant, ô scandale, une famille traditionnelle heureuse, mode de vie niaiseux pour la jeune personne moderne et libérée des z-inrocks. Ils invoquent pour se justifier le fait que ce film trahirait l’esprit de Sempé (oubliant Goscinny qui d’ailleurs avait dû faire face à ce genre de critiques après « soissantuite » à « Pilote »). Évidemment, on est loin de notre époque, voir des enfants sans portables, qui ne se soucient pas de porter des marques ou non, qui ne sont pas conditionnés par la publicité, qui ne regardent pas d’émissions abjectes de téléréalité, ça fait drôle. En plus, le film ne se soucie même pas de parler de diversité, du « problème » des banlieues. C’est normal, c’est un conte de fées, comme les histoires l’étaient aussi, Goscinny y recréant sa propre enfance, ici idéalisée, montrant bien l’irréalité de la chose en choisissant des prénoms déjà désuets dans les années 60, excepté Nicolas qui est le nom du fils de Sempé. Si le décor du film est Montmartre, comme « Amélie Poulain », c’est un Montmartre moins ripoliné, l’on retrouve en fait le quartier tel qu’il était avant sa « bobolisation » il y a une quinzaine d’années.

    lepetitnicolas.jpgLe film suit le fil rouge du petit frère imaginaire que s’invente Nicolas, source de ses problèmes car perturbant l’ordonnancement de la petite vie bien tranquille qu’il mène jusque là avec ses parents. Ce fil rouge permet de relier plusieurs histoires des recueils. Kad Merad et Valérie Lemercier composent des parents très « chouettes » de Nicolas, François-Xavier Demaison est un « Bouillon » réussi et même Sandrine Kiberlain que je ne supporte pas par ailleurs (excepté dans « un petit jeu sans conséquences ») est une maîtresse de rêve (maîtresse = institutrice veux-je dire : ah, ah, ah, suis-je spirituel). Des gosses, je trouve que Clotaire, le dernier de la classe et le plus rêveur, Agnan, fayot presque effrayant qui monnaie parfois ses renseignements, Alceste, tel qu’en lui-même, et Nicolas lui-même sont les plus réussis de la bande. Il y a quand même en sous-texte les angoisses des enfants, leur souffrance cachée, comme celle de Geoffroy, qui ne voit jamais son père, qui ne l’aime pas ou celle de Nicolas, petit garçon imaginatif et presque "modianesque" par instants, qui ne sait pas trop ce qu’il veut faire plus tard, amoureux de Marie-Hedwige, petite peste qui le mène par le bout du nez. Le tout est certes filmé classiquement, quelques baisses de rythme venant des scènes imaginées vraisemblablement par Alain Chabat : Agnan se transforme réellement en cafard, il se retrouve devant un tribunal, etc.. Si le film n’est certes pas un chef d’œuvre, il permet de retrouver une partie de l’esprit d’enfance car tous sages qu’ils soient, les enfants de la bande de Nicolas ne sont pas si dociles que cela, comme le montre la scène parodiant « les choristes ».

  • La séduction au Moyen Age selon Gotlib et Alexis

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    Un extrait de "Cinémastock" de Gotlib et Alexis, pastiche des films "qualité française". Esmeralda est bêêêêlle !

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  • Une bonne synthèse de l'Université d'été du PS

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    Une bonne synthèse par Got et Pétillon dont "le Baron noir" qui paraissait dans "le Matin" il y a vingt-cinq ans est toujours aussi bon...

    Il n'est pas besoin d'en dire plus, il n'y a pas d'opposition en France.

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  • Tourments intimes d'un cochon en désintox

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    Il fait trop chaud pour autre chose que "Liberty Meadows aujourd'hui, et une pin-up de Franck Cho un peu sadique...

    Le cochon est l'ancienne mascotte d'une confrérie d'étudiants, il est actuellement en cure de désintoxication à la clinique de Brandy, la brune, vétérinaire à "Liberty Meadows".cho_2.jpg

  • Les sombres souvenirs d'enfance de Carlos Gimenez

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    « Paracuellos » de Carlos Gimenez

    carlos_gimenez.jpgGimenez était l'auteur dans les années 70 de bandes dessinées psychédéliques de Science-Fiction puis ensuite d'albums plus adultes, plus « almodovariens », sur la vie sexuelle des madrilènes avant, pendant et après Franco. Gimenez a un humour absurde et un sens profond de la caricature et de la dérision. Il semble qu'il ait acquis tout cela en réaction à son enfance passée dans une institution pour enfants pauvres et pour orphelins aux temps les plus durs du franquisme. Certains diraient que c'est seulement la faute du franquisme, c'est un peu facile, sous nos cieux républicains et démocrates, les choses ne se passaient et ne se passent pas beaucoup mieux pour les gosses les moins gâtés par la vie (et qui sont toujours autant méprisés). Il a commencé par dessiner des tranches de vie de cette période par désir de catharsis en les traitant avec un humour distancié et très caustique, surtout envers les adultes responsables de ces horreurs, en procédant deux pages par deux pages, en parlant surtout de lui au départ puis en consacrant au fur et à mesure les autres histoires à ses camarades, chacune portant le nom d'un des enfants. Ces histoires sont aujourd'hui réunis en un recueil de 299 pages.

    Les esprits chagrins trouveront ça un peu larmoyant, et pleurnichard, tout ce qui parle de la souffrance des plus petits, en particulier des gosses, leur paraissant à chaque fois insupportable car la compassion est perçue comme une faiblesse et parce que la souffrance fait tout simplement peur. J'ose espérer que c'est seulement de la pudeur de leur part. On ne veut pas la voir, surtout quand elle ne concerne pas son nombril, encore moins quand il s'agit d'enfants maltraités. L'institution est tenue par un prêtre qui en est le directeur, un imbécile dur et sans pitié, pontifiant et pétri de certitudes absurdes sur l'éducation. Il est secondé par une gouvernante, une vieille fille revêche et perverse, une brute décervelée, également phalangiste, et une infirmière cacochyme. Et « Paracuellos de Jamara » est le nom de l'endroit. Le style de Gimenez est relativement éloigné de « Cria Cuevos » et plutôt à rapprocher du cinéma italien, et pas seulement celui qui parle beaucoup de l'enfance, comme les films de Luigi Commencini. On songe aussi parfois aux premiers films de Fellini. Plus tard, il apparaît que Guillermo del Toro s'est inspiré de « Paracuellos » pour « L'échine du diable » mais aussi pour « Le Labyrinthe de Pan ».

    Je me demande toujours si le directeur et le personnel de cette institution prétendument fervents catholiques, ou d'autres au Brésil pour qui le viol et l'inceste ne méritent pas l'anathème, pour le reste (l'avortement) je n'en discuterais pas (on saisira l'allusion), se rappelaient ou se rappellent de ce que dit le Christ dans l'Évangile du sort réservé à ceux qui font du mal aux plus faibles, il eût mieux valu pour eux qu'ils ne voient jamais le jour). C'est toujours également un peu la même chose quand un type se prétendant providentiel, que ce soit un petit gros général, un barbichu ancien journaliste, un adepte de Georges Sorel et des mouvements de menton, un peintre raté ou un ancien séminariste presque russe, il veut faire le bonheur du peuple malgré lui, selon bien sûr sa propre conception du bonheur dont les défenseurs encore maintenant sont comme autant de fanatiques illuminés et aveuglés par leur ferveur. Ce sont toujours les enfants qui subissent en premier les conséquences de leur sottise...

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  • Les Watchmen cinq minutes avant la fin du monde

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    watchmen_smiley.gifJe n'ai pas vu ce film mais il me semble que la charge transgressive du roman graphique y est considérablement atténuée excepté la nudité d'un des personnages qui a posé problème à la censure US (même si la bande annonce très "cinoche jouissif" donne vraiment envie). Par contre, je me suis décidé à acheter l'intégrale du "comic book" traduit par Manchette qui savait l'importance de ce que l'on considère comme la sous-culture, et qui est peut-être bien plus intéressant. Il y a des références constantes à la culture classique comme à la culture populaire, des chansons de l'époque aux films de série B ou Z, aux "serials", à Stevenson ou Daniel Defoe, ou même les dessins de Vargas pour lequel pose la première "spectre soyeux".

    En 1985, dans un univers uchronique, Edward Blake, un des derniers super-héros des années 40 en activité, qui s'était mis à travailler comme mercenaire cynique pour le gouvernement, est assassiné. Rorschach, son ancien partenaire, un paranoïaque dangereux, est persuadé qu'il s'agit d'un complot, il se trouve qu'il a peut-être finalement raison. Il réussit à convaincre un ancien super-héros en costumes, "le Hibou", de régler le problème selon leur ancienne manière. Celui-ci est d'abord réticent à l'idée de quitter son confort douillet, il vit avec la fille d'une super-héroïne n'ayant jamais aimé ne pas être comme les autres, le deuxième watchmen3panel.jpg"Spectre soyeux". Si le hibou est lâche et carrément impuissant en tant que simple être humain, il devient exceptionnel lorsqu'il porte son costume. Elle a été mariée avec un savant atomiste transformé en surhomme se fichant complètement du sort de l'humanité à la suite d'une explosion, le Docteur Manhattan qui finit par s'exiler sur Mars dont il pourra contempler la désolation splendide. Gràce au docteur Manhattan, les américains ont gagné la guerre du Vietnam et Nixon en est à sa quatrième réelection.
    La machination vient d'un ancien "gardien", l'homme le plus riche du monde, le plus puissant, réputé le plus intelligent, qui se croit l'égal d'un Dieu, d'Alexandre ou Ramsès, Ozymandias, alias Adrian Veidt, qui veut déclencher la fin du monde pour redonner un sens à la vie des hommes. Le docteur Futur n'empêche pas l'Apocalypse mais sauve ses anciens amis.

    Le monde change...peut-être.
    Et la citation récurrente dans ce comics prend tout son sens :
    "La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien." (William Shakespeare)
    Site Internet :
    http://www.chez.com/geryon/watchmen.html

    Titre : Watchmen, les gardiens. Edition intégrale | Auteur : Alan Moore, Dave Gibbons| Editeur : Delcourt | Thème : Bande dessinée

  • Claire obscure

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    Les bobos avant les bobos – Claire Bretécher sociologue ?

    bretecherclaire.jpgIl y a quelques jours est passé sur France 5 un excellent documentaire portant sur Claire Bretécher, sa vie, son œuvre en raccourci. Au départ un peu rebuté, j'avais peur de tomber sur une bobo type ou une nostalgique de « Maisoissantuite » j'ai découvert une femme qui me plaît bien, incisive, ironique, très juste dans ses points de vue sur la bêtise de l'époque depuis les années 60 justement. Elle démystifie complètement les années 70, qu'elle trouve d'une « incroyable bêtise » par des comportements immatures et égoïstes qui montrent bien que rien n'a changé des rapports humains en général, de ceux des hommes et des femmes en particulier (en clair ou « en claire », l'autorité incombe toujours aux maris et les épouses en plus de travailler à l'extérieur se tapent toujours les tâches domestiques). La « nouvelle » liberté sexuelle n'était pour elle qu'un paravent hypocrite de la société des bourgeois ou des consommateurs qui avait enfin abandonné son moralisme de façade pour enfin vivre ses pulsions amorales au grand jour . Comme elle le dit, ses frustrés « pensent à gauche et vivent à droite », comme les bobos actuels qui quant à eux se sentent de moins en moins coupables de gagner du bon pognon. A son époque, la politique était déjà une fumisterie dans la plupart des cas, des communautés néo-babas du Larzac aux lofts mondains de Saint Germain des Prés.

    J'ai un peu de mal avec Agrippine qui est aussi agaçante que ses modèles du monde réel, bien qu'attachante par certains côtés, ces ados de milieu plutôt privilégié où l'on vit toujours à droite et où l'on pense toujours à gôche, où l'on a de gros problèmes existentiels relatifs aux fringues et aux garçons, à l'argent de poche, où l'on voudrait bien se rebeller mais dans une boîte à bac des beaux quartiers c'est plus dur. Le portrait que Claire Bretécher fait de cette ado est donc très juste. Le seul point irréaliste est la culture d'Agrippine, qui connaît beaucoup mieux les classiques et la littérature actuelle que la plupart des élèves de son âge qui lisent un livre quand ils ont -presque- le couteau sous la gorge de peur de passer pour plus intelligents ou originaux. Et son langage, qui est une invention de Bretécher due à son ras-le-bol du verlan mis à toutes les sauces ou du langage pseudo-rap, est plus complexe que celui de ses congénères qui ne savent pas pour la plupart aligner trois mots sans faute de syntaxe (je sais là c'est mon côté vieux con qui ressort je suis sûr). Agrippine est toute autant obsédée par le louque et l'apparence que ses contemporains/es, tout aussi bêtement. Ce n'est donc pas le talent de Bretécher qui est en cause, mais sa trop grande justesse dans la caricature.

    Dans le documentaire on aperçoit des peintures de la dessinatrice, qui a aussi ce talent là, des portraits qu'elle a fait éditer il y a quelques temps mais qu'elle a refusé d'exposer. Ses portraits sont étonnants de sensibilité et d'émotion, reflétant au mieux semble-t-il la personne peinte, elle ne cherche pas la ressemblance mais la justesse psychologique. J'aime bien ses couleurs en aplats et pastel, l'ambiance en mineur des toiles, la nostalgie et la mélancolie que l'on y perçoit, l'humour aussi, un peu de douleur résiliente dont la certitude d'être laide et de l'être restée alors qu'elle ne l'est pas, son amour de la beauté où qu'elle soit. Elle est très amie avec la comédienne Dominique Lavanant qui a le même sens de la dérision, du grotesque et des prétentions stupides de ceux que l'on appelle les bourgeois bohèmes mais aussi les bourgeois tout court. Elle fait quelque chose que j'aime bien les jours de fête qui est de descendre de chez elle (elle habite dans le XVIIIème) avec une bonne bouteille de vin qu'elle partage avec les clochards du coin.

    son site

    une planche des frustrés

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  • Des hommes, des vrais

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    Cela fait longtemps que j'ai mis de la Bande Dessinée sur ce blog. Voilà donc un extrait d'"Hamster Jovial" de Gotlib qui montre des hommes, des vrais, terrifiés par la montée du féminisme. Cette note est bien sûr dédicacée à Éric Zemmour. On est en danger les gars, on n'est plus en sécurité nulle part. Elles veulent tout avoir, même ça. En en plus c'est d'un humour fin, distingué et viril, celui que les hommes, les vrais préfèrent.

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  • (presque ine inegliche) Les défenseurs "ofeu ze fri wouorlde mite ate nouillorque"

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    Itize note bad, no ? Izine tite ? Super-dupont, ce héros ouisse ze doux sourire mite Superman und ze Anti-France is vers rit euh fred...

    By Lob and Neal Adams (excellent dessinateur de Batte-mant par ailleurs)

    Baille ze miracueule ofe ze technique, iou clique one ite tout agrandir and itize agrandi. Grais teu ! No ?

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  • Jack Palmer enquête en banlieue

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    J'aime beaucoup les enquêtes de Jack Palmer, privé minable et débile, incompétent à plein temps, imaginé par Pétillon. Il ne résout jamais ses enquêtes, ou alors tout à fait par hasard, ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il a eu plusieurs styles suivant l'évolution du dessin de Pétillon. au départ inspiré des dessinateurs américains de "Mad", il a fini par trouver sa touche. Palmer vit dans une mansarde où il vivote tout en repassant son permis régulièrement (il en est à vingt-sept tentatives), il a des ardoises partout dans les cafés du quartier où il boit sous des faux noms. J'aime particulièrement l'histoire du "Grand Sommeil" revue et corrigée en employant les termes et les images politiquement correctes (un mari devient un violeur légal, on ne dit plus un imbécile mais un individu à compréhension différée etc...). Ci-dessous, Palmer enquête en banlieue dans "l'Affaire du voile".

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  • "Bienvenue à Boboland" de Dupuy et Berberian

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    boboland.jpgJe viens de finir l'album et plutôt que de rire, j'ai surtout ressenti un peu de dégoût devant le comportement "bobo" épinglé par les deux auteurs. Je m'attendais à une sorte de chronique gentillette, un rien vacharde mais pas trop, un peu dans le genre des films de Cédric Klapish, mais finalement, c'est avec un humour très acide et extrêmement caustique que cette bande très juste dans les moindres détails (je connais bien ce milieu) démonte les attitudes de cette tribu étrange des bourgeois bohèmes. Ils oublient simplement une chose : pour un bobo, le bobo c'est toujours l'autre. Et à l'inverse, "bobo" devient un peu trop vite l'insulte vite balancée par quelques ignares pour se justifier de leur ignorance devant quelqu'un d'un peu plus cultivé. A Boboland, on a de l'argent, beaucoup d'argent, et finalement on s'ennuie beaucoup car on n'a pas rempli le vide laissé par la perte des valeurs ou des idéaux, voire des utopies. On veut vivre sainement à Boboland, mais au bout du compte cela reste une attitude, et cette attitude est l'essentiel, quitte à payer un jus de fruits, deux tomates et une courgette trente fois plus cher qu'ailleurs. A Boboland, l'on recherche l'authenticité, mais une authenticité frelatée, une authenticité vue par un créatif de pub, et les bobos oublient souvent que c'est eux les premiers qui la détruisent. Ils essaient de se créer leurs endroits, leurs coins agréables, ce genre de cafés dits "bios" ou de restaus où l'on fait maintenant du "fooding" en place de la cuisine traditionnelle, où les serveuses mettent trois heures à servir car elles rêvent de faire la figuration dans un film, de Klapish justement. A Boboland, l'on couche à droite à gauche pour tromper son ennui. Et de temps à autres l'on organise des fêtes à alibi humanitaire (on y donne de toutes façons le minimum pour les plus pauvres) pour se donner bonne conscience, pendant lesquelles on versera des larmes de crocodiles en attendant la prochaine expo de photos esthétisantes qui montrent des chtits n'enfants africains. De toutes façons, c'est encore l'attitude qui compte le plus, la vérité des opinions ou la sincérité n'ayant aucune importance. Les silhouettes des personnages sont parfaitement rendues, les filles minces et quasiment anorexiques, de pauvres petites filles riches vaguement névrosées pour la plupart que ça n'empêche pas de se faire avoir par les mêmes salopards qu'avant, les types habillés "cool" et "hype" mais aussi durs en affaires qu'avant. Et finalement, la bourgeoisie, fût-elle bobo, reste la même. Je comprends que les lecteurs de "Libération" n'aient pas aimé, le miroir n'était pas assez flatteur.

    J'aime beaucoup le gag cruel de l'écervelée qui laisse traîner un livre d'Anna Gavalda, parfaite auteur bobo, qui parle "de ces petites choses qui sonnent tellement vrai", un peu comme la sitcom "Un gars, une fille" mais en plus intello, (Beuark) sur un banc pour faire du book-crossing, de l'échange gratuit de livres, et qui est stupéfaite de voir un éboueur le ramasser et le flanquer à la poubelle au lieu de s'en extasier.

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  • Garfield n'est pas d'humeur pour la pelote (comme moi)

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    ga080627.gifPelote : Tu veux me faire rouler partout ?

    Garfield : Nan, je suis pas d'humeur à apprécier

    Pelote : Un peu de macramé ensuite, peut-être ?

    Garfield : D'accord, là tu l'as vraiment cherché.

    PS : Les visiteurs de MTS auront remarqué les trois jeux proposés dans la colonne de droite : on peut botter le cul du nouveau meilleur copain de Michel Drucker, et de sa chienne Olga, qui a pissé autour de lui en signe d'affection, celui du nabot en chef, là c'est Rachida D. qui a manifesté son affection, et enfin exercer son oreille musicale avec moi.

  • L'école est finie - Jean-Yves Ferri

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    Une planche de Ferri, absurde tranquille. C'est aussi le scénariste de "Retour à la nature" de Larcenet, il est provincial comme j'aime.

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  • Michel Braillant - parodie de Roger Brunel

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    J'ai toujours eu horreur de l'original. Certes, pour comprendre le gag de fin qui fait allusion à une vieille publicité, il vaut mieux avoir été gosse dans les années 80. S'agrandit en cliquant dessus

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  • Humeur du jour : comme un lundi...

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    Aujourd'hui je me sens comme le matou...

    Jon : "Le Café n'est pas assez fort ?"

    Garfield : "Qui a renversé la pièce ?" 

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  • Liberty Meadows - demandez le programme !

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    Comme notre président, Dean, ce cochon (ancienne mascotte d'étudiants comme notre président, ah, on me dit que non...) veut "jouir sans entraves"...

    "Liberty meadows" s'appelait Psycho-park en français, je dis bien s'appelait car ça n'est plus traduit. Une BD parue dans "Fluide Glacial" ce mois-ci semble s'en inspirer. Le malheur des uns fait le bonheur des autres comme disait mon gardien d'immeuble à moins que ce fût Nitche. 

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  • C'est le printemps, les "barbeculs" ressortent dans les jardins fleuris ...

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    Une planche des "Bidochon" pour fêter l'arrivée du printemps aujourd'hui...(pas de la saison veux-je dire mais du début du commencement du beau temps)

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  • Talon mon maître en sagesse - s'agrandit en cliquant dessus

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     Talon selon René Goscinny : « Achille Talon, cerveau-choc, est un homme plein de bonne volonté, et doué d'un savoir puisé dans une encyclopédie… à laquelle il manquait pas mal de pages. Achille Talon n'en a cure ; sûr de lui, il n'hésite jamais à se jeter à corps perdu dans les situations les plus difficiles, avec une remarquable inefficacité. »

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  • Aucun animal n'est plus gracieux qu'un chat

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    Garfield a un humour pince-sans-rire qui souvent m'amuse...(le site du matou en cliquant sur ce strip quotidien)

    - Aucun animal n'est plus gracieux qu'un chat 

    - Vous feriez mieux de me croire 

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  • Vivre comme Garfield - la dure vie d'un fauve de salon

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    1620663792.gifSi la réincarnation existait, je choisirais le chat...

    -C'est agréable de me reposer ici, mais j'ai faim et il y a un bon spectacle à la télévision...

    -Que faire ?

    -Je n'ai pas besoin de tant de stress dans ma vie !

     

  • Une sale blague de l'infâme Vuillemin pour se détendre

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    "Les pompes en peau de crocodile", une histoire poignante et pleine de tact et de sens, on accède à d'autres "sales blagues" par la touche "menu". Et, non, je n'ai pas honte...