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13 janvier

  • Les catholiques ont-ils déjà perdu leur combat ?

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    En débat sur Agoravox

    Il va certainement être question un peu partout de la manifestation du 13 Janvier, organisée d'abord par des catholiques. D'aucuns vont y voir un retour de la Réaction et de l'ordre moral, d'autres celui du catholicisme, d'un catholicisme qui n'a pas peur de s'affirmer.

    P1020346.JPGCe n'est pas que ceux que cela scandalisera détestent les catholiques, non, mais pour eux un bon catho est un catho qui ferme sa gueule ou qui pense exactement comme eux. Enfin, on est surpris par leur raisonnement paradoxal : tous affirment que somme toute la foi est un conte pour bonnes femmes, un ramassis de superstitions absurdes, qui ne concerne plus qu'une minorité infime de français, donc logiquement elle devrait s'éteindre d'elle-même.

    Pourquoi alors l'attaquer si violemment ?

    Et pourquoi tolérer des discours largement plus réactionnaires de la part du Judaïsme et de l'Islam ?

    Alors que ce qui se passera le 13 Janvier ressemble surtout à un baroud d'honneur, un beau baroud d'honneur, un beau geste désespéré, mais rien que cela.

    Car dans les faits, le combat des catholiques, en particulier sur les questions sociétales, est d'ores et déjà perdu.

    Beaucoup se regardent déjà le nombril avec nostalgie, évoquant le passé glorieux de l’Église en France, les ors et l'encens, la liturgie et ses pompes, la beauté des textes classiques de Bossuet ou Boileau ou des ornements, et n'allant surtout pas plus loin.

    En effet, les catholiques désignés sous le sobriquet, « les cathos », se désignant eux-mêmes comme tels, ne sont plus et depuis quelques temps déjà des repères moraux bien identifiés dans cette société, ne sont même plus vraiment visibles, ayant très peur de ne pas s'intégrer à ce monde tel qu'il est, se justifiant d'ailleurs pour le 13 Janvier des possibles accusations d'homophobie de manière parfois très maladroite.

    « Les cathos » le sont pour les cérémonies sur-affectives où ils se retrouvent entre eux à communier comme d'autres dans une ferveur grégaire qui bien souvent ne passe pas le seuil de l'église, parlent encore beaucoup d'accueil et de charité, même ont encore des associations qui font du bien aux pauvres, mais, à de rares exceptions les liens ne serait-ce que paroissiaux sont largement distendus, on se rencontre entre fils de médecins, entre médecins, entre dentistes, avec qui on a fait du scoutisme.

    Et la pratique religieuse devient surtout un conservatoire social ou des personnes issues de même milieu peuvent ainsi préserver leur endogamie sociale.

    Dans les « communautés dites nouvelles », comme les Béatitudes, ou l'Emmanuel, ou le Chemin Neuf, beaucoup pense qu'il faut se replier sur soi au maximum et des pratiques qui sont parfois à la limite du sectarisme, tout en étant persuadés que l'on a tout inventé, ou réinventé, et qu'avant leurs innovations, avant eux, la liturgie catholique était en somme nulle et non avenue, faisant le même raisonnement que certains traditionalistes ou progressistes auparavant.

    Tous oublient également que pour les adversaires du catholicisme, il n'y a pas autant de nuances, un « catho » est un « catho » d'où qu'il parle, un représentant d'un ordre voué à être irrémédiablement détruit.

    Cette apparente défaite vient d'une erreur majeure commise par la majorité des catholiques et aussi par ceux qui s'opposent à eu, et qui confondent la foi avec une idéologie, ce qu'elle n'a jamais été, n'est pas, et ne sera jamais.

    La foi n'est pas une simple conviction chez soi ou d'autres qui nous est sympathique ou pas, une opinion comme une autre que l'on défend si besoin est en manifestant, ou en se laissant aller à des discours ronflants dessus, des discours qui plaisent, et qui font plaisir, mais qui ne vont pas très loin, mettant en avant le cas de personnalités « pipeaules » qui n'ont pas de honte à se dire catholiques et qui sont autant d'alibis pour dire, « eux peuvent mais moi je ne peux pas ».

    Loin de moi l'intention de mettre en doute la sincérité et l'engagement de ces « pipeaules » qui bien souvent se « grillent » définitivement auprès de leur milieu en s'affirmant catholiques, mais ils ne doivent pas être les arbres qui cachent la forêt pour les autres croyants.

    Les catholiques ont trop souvent trop de bonnes raisons pour justifier ce qui n'est rien d'autre que de la lâcheté.

    La foi est bien plus que ça, bien plus que des souvenirs idéalisés que l'on se raconte au coin du feu, bien plus que des bonnes intentions toutes gentilles, ou gentillettes.

    P1020353.JPGLa foi est, pour un catholique, ou du moins devrait l'être un minimum, un chemin de vie qui implique des exigences morales et spirituelles a minima que les croyants ne veulent plus suivre vraiment, et qui ont tout comme le reste de la société « les tripes molles et le cœur sec », selon la formule de Bernanos.

    Ces exigences n'entraînent pas obligatoirement une voie vers le martyre, et l'héroïsme, voire la sainteté, cela commence pour un croyant, ou devrait commencer, par serrer la main de son voisin de chaise à la sortie de la messe ou s'intéresser réellement aux pauvres, aux faibles, aux petits autour de soi, bien avant de s'intéresser une fois ou deux dans l'année à ceux qui sont lointains, mais certes exotiques.

    Bien entendu, il suffit de rappeler ces quelques évidences a priori pour des croyants pour être aussitôt taxé ou soupçonné de fanatisme, peu importe. Qu'est-ce qu'un croyant devrait préférer ? Survivre en se terrant, ou vivre sa foi au grand jour dans la radicalité de l’Évangile sans craindre le « qu'en dira-t-on » ?

    Illustrations (photos de Chartres) de l'auteur