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éteignez vos poçtables

  • Est-il difficile de se passer d'un gadget ? - Journée sans portable 2014

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    « Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. »

     

    Extrait de « Le meilleur des mondes » Aldous Huxley 1932

     

    société, politique, portable, éteignez vos poçtablesAujourd'hui, 8 Février, c'est la journée sans téléphone dit portable, ce gadget parfaitement inutile que des millions d'individus utilisent de par le monde quotidiennement sans pour autant en avoir le moindre besoin réel. On faisait très bien sans ce « fil à la patte » omniprésente auparavant. Le « portable » envahit tout, parasite tout. Il m'arrive d'avoir envie que tout finisse comme dans un roman de Richard Bachman – Stephen King, « Cellular » et qu'un virus transforme complètement en zombies décérébrés les utilisateurs compulsifs de ce machin parfaitement superflu, y compris pour les cas d'urgence.

     

    Je dis bien « complètement » car la plupart des utilisateurs compulsifs de portables sont plus ou moins zombifiés, au moins intellectuellement. On en croise qui attendent en groupe avant même l'ouverture des magasins vendant de ces téléphones, avides d'innovations qui ne leur serviront strictement à rien.

     

    Tout est phagocyté par une logorrhée constante :

     

    Les conversations au restaurant, au cinéma, dans les salles de concert, dans les transports en commun : particulièrement dans le train, dans le car, le bus, le métro (même les conducteurs sont harnachés de leur kit « mains libres » sans lequel ils se sentent visiblement tout nus, et dans la rue où cela devient le moyen pour beaucoup de se donner une contenance (61% des adolescents selon un sondage qui date de quelques années font semblant d'avoir une conversation animée pour l'image sociale flatteuse qu'ils s'imaginent alors donner).

     

    Quand il n'a personne au téléphone, l'utilisateur compulsif visse ses écouteurs aux oreilles pour se couper malgré tout des autres personnes.

     

    Le téléphone dit « portable » est comme un gigantesque cordon ombilical virtuel permettant à l'individu d'être relié en permanence à son réseau d'amis, son réseau professionnel, sa famille, ses amours. Il n'est jamais vraiment tout seul, ne sait plus ce qu'est le silence ou l'introspection qu'il rejette violemment, étant tout entier pris dans le conformisme économique et matérialiste, soumis au diktat des marchés qui lui suggèrent par un matraquage constant pourtant peu subtil de renouveler l'achat d'un portable tous les trois mois.

     

    C'est un objet parfaitement infantilisant, flattant le narcissisme puéril de mise parmi les adultes et adulescents de notre temps à qui cela donne l'impression d'être le nombril de leur -petit- monde qui est bien loin de devenir un « village global » mais un agrégat informe d'individualités plus ou moins fantasmées, plus ou moins virtualisées incapables d'empathie avec qui ne leur ressemble pas, qui n'est pas dans « leur » réseau, « leur » communauté, « leur » cercle.

     

    Bien sûr, tout comme lorsque l'on interroge sur les mauvais conducteurs ou les personnes « addict » au tabac, le mauvais conducteur, la personne « accro » c'est toujours l'autre ! Ou alors, on expliquera combien la possession d'un portable dernier cri, avec toutes les applications afférentes, est indispensable du fait d'obligations professionnelles ou privées tellement fortes qu'elles poussent à l'addiction et au renouvellement du « portable » tous les trois mois. Ce n'est pas de sa faute s'il-elle est accro, mais c'est quelqu'un de tellement occupé, tellement sollicité ! J'ai toujours été surpris pour ma part de ces esclaves volontaires ravis que leur patron puisse les appeler à toute heure du jour et de la nuit...

     

    Et moi ? Me diras-tu ami lecteur...

     

    Moi, j'ai un portable tout pourri, selon les critères en vogue, il scandalise les jeunes que je croise, qui me sert, ô miracle de la technique, ô joie, à téléphoner et recevoir des appels. Bien souvent, je l'oublie sur mon bureau ou dans mon porte-documents. Un jour ou l'autre je pense j'écraserai à coups de talons un « smartfône » ou l'autre de l'imbécile en train de narrer par le menu ses vacances à la neige ou sa dernière carie, ou sa bonne fortune sexuelle plus ou moins rêvée, de la conne bavassant interminablement dans le vide face à moi dans le bus, du jeune cadre annonçant à tue-tête à son correspondant que hier il avait une mission à Londres tellement il est un type qui compte etc... et ad lib...

     

    image empruntée au site de France 3 Ile de France

     

    Ci-dessous, je ne suis pas fan absolu de Groland mais cette vidéo illustre parfaitement les choses

     


    Les portables par superchomeur