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égoïstes

  • "Les SDF, ils manquent de courage..."

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    curnonsky_W.jpgAu lieu de faire des sondages savants, les politiques et les journalistes devraient plutôt écouter les conversations de café, elle sont tout aussi édifiantes. C'était il y a deux jours à la terrasse d'un café d'Evreux que j'ai entendu ce genre d'échanges que je certifie véridique. Le patron du troquet y devisait avec un couple de personnes d'âge mûr voire blet malgré leur louque "djeuns" (ou se voulant tel) :

    - La dame : On  parle que de ce qui va mal, c'est pénible, faudrait changer de disque un jour !

    - Le monsieur : On voit que les SDF à la télé, y parlent que de la crise, mais quand même y'a des gens qui vont bien. Nous, ben, on se contente de ce qu'on a, mais enfin bon, je sais pas...

    - Le patron : Les gens y voient toujours le verre à moitié vide, mais jamais l'inverse, c'est comme à Sandouville, là, l'usine Renault, y s'inquiètent mais c'est qu'un quart des emplois qui sont supprimés, hein ! Y z'exagèrent !

    - Le monsieur : Chais pas ce qu'ils veulent, y z'ont pas à s'inquiéter ceux qui gardent leur boulot, et ceux qui l'ont plu, y'a quand même le chômage.

    - La dame : Y feront comme les autres, y z'en profiteront allez !

    - Le patron : Vous z'avez raison, moi je prend des stagiaires, hé ben, y voudraient que je les paye, faut pas charrier !

    - Le monsieur : Y connaissent pas leur chance.

    - La dame : C'est comme les SDF, y sont exigeants, nous aussi on aurait bien aimé qu'on nous donne un logement quand on était jeunes. Y manque de courage c'est tout. Et puis, de mon temps, y faisait plus froid que ça dans les rues !

    - Le patron : Bientôt y voudront manger du caviar au petit déjeuner !

    (rires des trois)

    On me regarde, on me demande mon approbation. On sait que je suis prof alors on a un sourire un peu crispé car on sait jamais ce que ça pense ces profs (tous des gauchiss!)

    Je répond : C'est comme les enfants du Tiers monde. En fait c'est qu'ils sont capricieux, il faudrait manger de tout un peu et pas rechigner.

    Les trois ne savent pas trop quoi répondre. C'est le moment que j'ai choisi pour m'esquiver.

    En illustration un très beau dessin de Curnonsky, caricaturiste doué fin XIXème


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