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éducation

  • Plaidoyer pour Najat

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    politique, éducation, société, najat vallaud belkacem, amaury watremez, législatives 2017Aussi sur Agoravox

     

    Madame Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation, a été battue aux législatives, et les internautes de droite de s'en réjouir aussi sec, et de la railler en long, en large et en travers, d'en rire à gorge déployée.  Pendant qu'elle a occupé ce poste, c'était tout comme pour madame Taubira le "Najat Bashing" à qui mieux mieux. Comme si elle était plus responsable que les autres du marasme qui saisit aussi l'école en particulier et l'éducation en général, nationale ou non. La première réforme disons le "hasardeuse" de l'Éducation c'est sous Giscard en 1977 avec la réforme Haby.

     

    Les parents reprochant un peu tout à l'ancienne ministre oublient toujours que l'éducation de leurs enfants, la transmission d'une culture ou de valeurs, c'est aussi eux, et d'abord eux. Et que s'ils ne font pas leur travail, l'école aura le plus grand mal à le compenser. Et qu'ils sont aussi responsables des carences dans ces matières de leurs rejetons que l'Éducation Nationale qui a le dos large. Bien souvent celle-ci, vénérable institution, est surtout considérée comme une garderie pour les grands enfants et adolescents.

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  • La jeunesse c'était mieux avant

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    enfants, enfance, société, politique, éducation, école, amaury watremezCela fait vingt-quatre ans que je travaille avec des jeunes et pour des jeunes. Cela fait vingt-quatre ans que le discours consistant en somme à magnifier la jeunesse d'avant pour mieux noircir celle de maintenant m'agace toujours prodigieusement. Cette jeunesse actuelle est le fruit de l'éducation que les adultes, tous les adultes, leur ont ou pas donné.Elle est le fruit de l'atomisation de la société en différentes tribus et communautés étanches les unes aux autres. Et les réacs ou pseudo-réacs n'en sont pas moins responsables que les autres menant le plus souvent leur vie personnelle, sexuelle et sentimentale de la même manière libertaire que les autres.

     

    Ce n'est pas eux les gosses qui en sont responsables, ils en sont victimes. Et la plupart ont encore au cœur des aspirations élevées à un monde plus équitable, une société où la valeur principale ne serait pas juste l'argent et les moyens de le dépenser, une société sans plus aucune humanité. Devenus des grandes personnes, on me dira qu'il oublie toutes ces belles idées. A moins que ce monde et que les gosses ne finissent comme dans « Demain les mômes » de Jean Pourtalé ce qui paraît en bonne voie de réalisation.

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  • Chroniques du réel – Subversion efficace du pédagogisme

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    école, chroniques du pays réel, éducation, Education Nationale, société, amaury watremezL'histoire vraie que je raconte ci-dessous montre combien les clichés sur les « jeûnes » sont abscons, combien aussi cette société est criminelle laissant leurs aspirations aux idéaux, à la culture souvent en friche volontairement. C'est mieux d'avoir des individus uniquement soucieux de leur dernier gadget électronique que des personnes véritablement capables de mûrir et remettre en question leurs certitudes et celles de leurs groupes, de leur ethnie, de leur religion. Et puis les encourager à réfléchir par eux-mêmes c'est aussi les encourager à se libérer de l'arbitraire de notre monde consumériste.

     

    Quand j'étais enseignant en Lettres et Histoire en enseignement professionnel, dans un lycée de « cités » d'Évreux, je devais ainsi que les collègues des autres matière mettre en œuvre un « machin » pédagogiste s'appelant le PPRE (ou Programme Personnalisé de Réussite Éducative). Comme le contenu de la chose était loin d'être clairement précisé, nous ne savions pas trop quoi en faire. L'une d'entre nous se dit alors que cela pourrait être l'occasion d'ouvrir les élèves à une association humanitaire. Nous aurions présenté quelque chose aux élèves les faisant sortir un peu du cocon de leurs préjugés.

     

    Ce serait au moins ça...

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  • Une société de babtous fragiles

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    société, famille, enfants rois, éducation, amaury watremezIl y a une semaine me baladant dans Montmartre j'ai vu un petit épisode qui m'a semblé caractéristique de notre société et inquiétante quant à son avenir. Un gamin attendait avec ses la parents de pouvoir traverser une rue. Il jouait un petit jeu comme tous les gosses de son âge, posant un pied sur la chaussée puis le retirant ainsi qu'un toréador dés qu'il entendait le bruit d'une voiture, sans bien sûr faire attention en quoi que ce soit. Il manqua ainsi de se faire renverser par une dame en bicyclette qu'il n'entendait pas.

     

    Pas vraiment traumatisé pour deux sous, il se contenta de remonter sur le trottoir. Son père et sa mère réagirent bien plus violemment, l'homme se mit à agonir d'injures ordurières la pauvre cycliste ne méritant pas cet excès d'indignité pendant que la femme entourait le garçon de ses bras, lui répétant constamment s'il n'avait rien, s'il allait bien. L'enfant entrant dans le jeu de ses géniteurs pleura à gros tonneaux, reniflant à grand bruit, de la morve dégoûtante coulant de son appendice nasal. Les parents l'emmenèrent finalement lui payer une glace pour qu'ils se remettent de son « traumatisme » selon le terme du père.

     

    Le pauvre petit chéri satisfait s'autorisa à chipoter sur la taille de son cornet obtenant deux glaces...

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  • Les enfants sauvages

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    politique, société, éducation, sauvagerie, amaury watremezAmi lecteur magnanime avec mes petits billets, étant célibataire, en me risquant à évoquer l'absence d'éducation que les parents, grandes personnes pourtant réputées raisonnables, ne donnent plus du tout aux enfants dans nos pays dits occidentaux, je m'engage sur un terrain glissant. On me dira « oui un célibataire est jaloux, un vieux gars qui ne supporte pas les enfants des autres qui sont toujours mal élevés ». Le célibataire est toujours suspect d'un peu toutes les avanies et qui dit que derrière ses attitudes caustiques il ne cache pas une homosexualité honteuse voire pire encore ?

     

    A de très rares exceptions, les occidentaux ont donc décidé de ne plus contraindre leurs enfants à quoi que ce soit. Par contraintes ils entendent le plus souvent éducation, et donc par le fait se justifient de ne plus rien leur transmettre comme valeurs culturelles ou morales. Et comme pour eux aussi, ce qui ressemble de près ou de loin à une obligation morale est insupportable, ils ne veulent surtout pas l'infliger à leur progéniture matériellement choyée lorsque les parents ont encore un emploi et les moyens s'entend.

     

    C'est juste un alibi facile afin de se justifier de leur refus de toute maturité, de tout frein à leur consommation sans consumation des biens et des personnes jusqu'à plus soif. C'est effectivement fatiguant d'éduquer les enfants, ça prend du temps, de l'argent. Autant feindre pour se dédouaner la grandeur d'âme en prétendant qu'on les laisse libres de choisir les orientations de leur vie....

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  • La bonne éducation et sa caricature

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    société, BCBG, NAP, chic, éducation, amaury watremezDepuis les quelques semaines où j'habite Versailles et travaille dans le XVIème je constate que malgré tout la bonne éducation n'a pas disparu tout à fait. Elle résiste aux coups de boutoir de la médiocrité et de la vulgarité tous azimuts. J'évoque ici la vraie vulgarité qui n'est pas dans le fait de dire tel ou tel « gros » mot, la vulgarité de l'âme, la vulgarité dispensée à tire-larigots et à gros bouillons par le grand « Barnum consumériste » (TM°), vulgarité des sentiments, des désirs, des pseudo-valeurs se bornant à deux ou trois clichés « rose bonbon ».

     

    Cependant, à côté de ces familles où la transmission des valeurs, d'une éthique morale, d'un art de vivre n'est pas un vain mot l'on trouve leur caricature : des couples, des personnes mettant en pratique l'adage que le personnage de De Funès donne à son valet Blaze dans « la Folie des Grandeurs » :

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  • Les pâtés et les fruits secs – les complexes de la bonne éducation

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    1311553-Honor%C3%A9_de_Balzac_les_Illusions_perdues.jpgPortant le même prénom qu'un des derniers rois latins de Jérusalem, ce que mon entourage suppose de ma personnalité et de mon éducation vient très vite. Je suis très rapidement qualifié de petit bourgeois, je suis un « héritier », et l'on me croit perdu dans un nuage intellectuel et spirituel largement au-dessus des autres. Cela suscite aussi la sottise d'assez nombreuses fois, le rejet, et permet aux imbéciles de se justifier de leur antipathie à mon égard, mon éducation les ramenant à leurs complexes. Car en plus je suis bien éduqué, cela dit je ne suis pas le seul, et ce n'est pas l'apanage des milieux aisés contrairement à tous les préjugés la liant à l'aisance matérielle, mais pourquoi devrais-je en avoir honte ?

     

    A chaque fois, pour m'empêcher de ressentir celle-ci, je songe à ces lignes de la « Comédie Humaine » découvertes au collège sur la différence entre les « pâtés » et les « fruits secs »...

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  • L'intelligence sous-évaluée

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    Dans les réformes éducatives on ne tient que rarement compte d'une certaine catégorie d'enfants dont le système scolaire et la société se méfient particulièrement : les enfants surdoués.

     

    cerveau, intelligence, éducation, société, politique, amaury watremez, école, éducationCes enfants ne rentrent pas dans le cadre, et ils n'ont pas besoin des enseignants de la même manière que les autres. Alors que la plupart des représentants de cette classe d'âge à des difficultés à comprendre une partie d'un motif intellectuel les gosses surdoués le considèrent déjà dans son ensemble, voire même ils en voient la trame, saisissant les implications d'un raisonnement plus rapidement que la moyenne et donc s'ennuyant très vite. L'ennui est leur principal ennemi car progressivement, alors que leurs capacités sont laissées en friche ils négligent leur parcours d'études et se retrouvent souvent en situation d'échec.

     

    Un surdoué ne l'est pas forcément, selon le cliché habituel, pour tout. Il le sera surtout pour ce qui l'intéresse, domaine pour lequel il conservera constamment une curiosité très vive, voulant tout savoir du sujet le passionnant. Il est intellectuellement précoce, doté d'un haut potentiel. C'est un « zèbre » selon le terme de Jeanne Sihaud-Facchin, détonnant parmi les autres être humains par les rayures que sont ses capacités exceptionnelles....

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  • Les français et leur école, des rapports compliqués

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    politique, société, école, éducation, jeunes, djeuns, amaury watremezLes français entretiennent avec l'école des rapports d'amour/haine à la fois compliqués et simples à comprendre. Ils voudraient bien que celle-ci éduque leurs enfants à leur place tout en la considérant comme une garderie un peu évoluée. Ils n'aiment pas les notes, considérées comme arbitraires et injustes, mais sont les premiers à entretenir chez leur progéniture le culte de la performance scolaire et de la compétition à outrance. Ils prennent soin également lorsqu'ils ont la culture et la formation, et les réseaux « ad hoc », de placer leurs gosses dans les « boîtes à concours » publiques ou privées dés qu'ils en ont l'occasion.

     

    Les français veulent une école formant à « des trucs utiles » ou jugés utiles mais se sentent complexés si d'aventure ils ont des fortes carences culturelles, pour eux c'est la faute de l'école qui ne leur a pas transmis de culture, ressentant plus ou moins vaguement ce besoin de transmission n'ayant jamais été pris en considération pour eux.

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  • Le choc des incultures

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    politique, société, éducation, école, françois-xavier bellamy, amaury watremezA propos « Les déshérités : Ou l'urgence de transmettre » de François-Xavier Bellamy aux éditions Plon (voir le livre à ce lien amazon, le site dédié à l'ouvrage : rencontres avec l'auteur, « signatures » ; sa page sur le site de l'éditeur).

     

    Jeune enseignant de philosophie d'abord enthousiaste effectuant sa première rentrée, François-Xavier Bellamy se fait reprocher de la bouche d'un inspecteur venu le visiter de vouloir transmettre un savoir à ses élèves et des méthodes de réflexion ou d'argumentation. Il le lui dit clairement :

     

    « Vous n'avez rien à transmettre » .

     

    Et pourtant le nouveau professeur constate le besoin impérieux des élèves de recevoir une culture, des valeurs morales, leur soif d'apprendre malgré leur paresse chronique induite par une éducation ne leur ayant fixé aucune valeur. Nouveaux « déshérités » livrés à eux-mêmes, ces jeunes sans aucuns repères comprennent inconsciemment de quelles carences graves ils souffrent. Ils sont en général extrêmement jaloux de ceux ayant eu la chance insigne d'avoir été éduqués au Beau ou au Savoir.

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  • Le Harcèlement scolaire : Souffrance silencieuse

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    politique,école,harcèlement,éducation,enfants,adolescents,amaury watremezDepuis les attentats de « Charlie Hebdo » et de « l'Hypercasher », les autorités et la presse font beaucoup d'effets de manche sur la laïcité, un problème de volonté politique soit dit en passant et pas seulement de moyens, et de la « com » sur l'Éducation. Ils laissent pourtant de côté, la rejetant du revers de la main, une autre question brûlante témoignant de la violence brute, virtuelle ou non, en progression constante dans les écoles quel que soit le milieu observé :

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  • Enquête sur le meurtre de la culture

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    à propos de « C'est la culture qu'on assassine » de Pierre Jourde re-paru en "Pocket"

    Couverture du livre de Pierre Jourde empruntée au site de "Pocket"

    Couverture de "la Crise de la Culture" de Hannah Arendt prise sur ce site

    politique, éducation, littérature, société, éducation, enfants, adolescents, amaury watremez, culture, pierre jourde

     

    Je te préviens tout de suite ami lecteur jeune victime de plusieurs décennies de réformes déplorables de l'enseignement des Lettres et de téléréalités décervelées, ce texte contiendra comme à mon habitude lamentable, je le sais bien, et pire je n'en ai aucun remords, de l'insolence et de l'ironie à peine déguisée. Dans sa courte préface à cet ouvrage, Jérôme Garcin remarque que l'auteur est sans cesse en colère à peu près contre toutes les dérives de son époque, ce qui suggère-t-il n'est pas loin d'en faire un réactionnaire. Enfin, pas tout à fait, puisque ces articles, rassemblés ici par thème, sont d'abord parus dans un blog hébergé par le « Nouvel Obs », « confitures de culture », qu'il continue d'ailleurs à entretenir pour la plus grande joie de ses lecteurs dont je suis depuis « Petit déjeuner chez tyrannie » écrit avec Éric Naulleau.

     

    Évacuons tout de suite la seule nuance que j'aurais à émettre sur ce livre, dans son avant-propos Jourde écrit, et il a raison, que n'importe qui peut rédiger un blog, et donc rédiger n'importe quoi en nos temps où sévit la dictature de l'opinion personnelle considérée comme forcément légitime à partir du moment où elle est exprimée. Il laisse entendre bien entendu ensuite, comme tous les blogueurs, qu'il n'est pas tout à fait n'importe qui quant à lui (et là aussi je suis d'accord, moi aussi je ne suis pas n'importe qui). Excepté cette nuance minime, je trouve remarquablement pertinent sur la grave crise de la culture que nous vivons en ce moment la plupart des propos de Pierre Jourde.

     

    Il classe ses textes par grands thèmes et aborde au final tous les aspects de la question :

     

    Le rôle catastrophique des médias qui entretiennent la soumission aux gadgets, aux conformismes les plus abjects, la destruction de toute éducation et le détricotage de l'Enseignement sous la poussée en particulier des théories déliro-pédagogistes de Philippe Meirieu, la crise de l'Université et de la Recherche en France, les politiques culturelles déplorables qui sous couvert d'égalité laminent ce qui restait encore debout dans ce pays, la vie culturelle réduite à un élitisme pour bourgeois en quête d'épate, rappelant au passage « la -prophétique- Crise de la Culture » d'Hannah Arendt, le refus de hiérarchies du savoir, tout se valant, Yourcenar et Marc Lévy, Guillaume Musso et Julien Gracq, le mépris pour la Littérature et les écrivains considérés comme relevant de la culture bourgeoise (note personnelle : mépris illustré il y a peu par l'aveu d'inculture, sans aucune culpabilité de la Ministre de la Culture Fleur Pellerin). Et il pose cette question qui n'en est pas une de « l'utilité » de la Littérature, écrivant ceci que je trouve très beau et absolument juste « Toute beauté est superflue […] mais les hommes se nourrissent de beauté » bonne pour l’élévation de leur âme.

     

    J'apprécie particulièrement évidemment les chapitres consacrés à l'Éducation Nationale, aux formations aberrantes qui supposent que l'enseignant ne soit plus qu'un bureaucrate docile et ne transmette plus de savoir, surtout pas, laissant l'élève s'exprimer sans contraintes ce qui suppose la dictature du cliché et du lieu commun entendu ou vu sur « TF1 » (TM°), « Youtube » (TM°) ou pendant l'émission hélas populaire de D8, « Touche pas à mon poste » (« TM° »). Il décrit le mépris pour l'expérience de terrain qui seule forme vraiment des enseignants qui apportent quelque chose aux élèves, et qui l'apportent seulement s'ils sont exigeants envers eux et soucieux de leur excellence, ce que d'ailleurs les adolescents apprécient plus que le laxisme ou appréciaient car je crains que les dégâts pour la génération actuelle ne soient irréversibles.

     

    politique,éducation,littérature,société,enfants,adolescents,amaury watremez,culture,pierre jourdeRappelons en passant que l'on demande aux bibliothécaires et documentalistes non plus de préserver le patrimoine et l'histoire culturels du pays mais de ne mettre en rayon que des livres de moins de quatre ou cinq ans, entretenir les « supports informatiques » considérés comme seuls susceptibles d'intéresser des jeunes déjà soumis à la dictature du « smarfône » ou de la « tablette » et jeter aux ordures les « bouquins » considérés comme trop « vieux » ou « poussiéreux », en particulier les « Classiques » écrits certes le plus souvent dans une langue devenue strictement incompréhensible pour des élèves ayant subis des reformes stupides de l'apprentissage de l'orthographe, le tout ayant pour conséquence que dans les « grandes » écoles et dans les universités les professeurs doivent souvent maintenant re-donner des cours basiques sur l'accord du participe passé ou la simple syntaxe.

     

    Jourde évoque également plus généralement la crise de l'Éducation en général, ces parents et éducateurs en général qui ne veulent surtout rien transmettre aux enfants et aux adolescents, qui ne connaissent plus aucune limite à leurs pulsions, qui ne savent et ne veulent plus écouter, et qui sont devenus en définitive à de rares exceptions des néo-barbares ignorants, des barbares 2.0, des enfants rois et narcissiques fiers de leur ignorance crasse, de leur allégeance au système, qui ne tolèrent et ne comprennent que l'arbitraire du groupe, des esclaves dociles et volontairement soumis errant sans identité commune ni âmes dans les allées du grand « Barnum spectaculaire » (TM°) contemporain comme dans les rayons d'un supermarché géant, ne rêvant plus que devant les vitrines recelant les objets qu'on leur intime de posséder pour se sentir bien.

  • L'éducation dans le fossé

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     Attention donc ami lecteur, je tiens à te prévenir, aujourd'hui je vais être franchement réac, je te parle d'éducation. Rien que le fait de taper le mot me range aux yeux des consciences z-éclairées dans le camp des nostalgiques d'un passé réputé révolu. L'éducation pour ces âmes pures z-et élevées c'est une question de moyens et de volonté politique alors que c'est d'abord une question de famille, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise éducation, tout est relatif, chacun a ses normes, et en somme tout est dans tout et réciproquement. L'éducation se décide d'un trait de plume, ou par décrets par volonté étatique, et elle ne doit surtout plus éduquer au risque de se faire qualifier de paternaliste, de méchant traditionaliste adepte forcément du martinet.

    image ci-dessous prise ici

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    Il est des planètes qui ne se rencontrent pas dans toute la durée de leur existence, qui ne se croiseront jamais, ne faisant que suivre une trajectoire parallèle, voire s'éloignant progressivement un peu plus les unes des autres. Il y a ces enfants élevés dans des valeurs, auxquels les parents veulent transmettre quelque chose d'impalpable et d'inquantifiable mais aussi d'une valeur incomparable, des idéaux, une culture, des aspirations un peu plus élevées que la simple survie, la simple satisfaction de leurs pulsions primaires.

     

    Je songe ainsi à ces gosses croisés en supermarché aux prénoms de personnages de feuilletons américains, souvent mal orthographiés sur leurs bulletins de naissance, que les parents nourrissent, habillent, à qui ils fournissent la téloche par câble ou satellite ainsi qu'une connexion « ouifi » ad hoc, et rien d'autres, et qui s'étonnent ensuite d'être dépassés, ce qui leur donne l'opportunité il est vrai de se livrer parfois entre les pattes de tel ou tel « côtche » de vie télévisuel ce qui comblera leur désir de célébrité « kleenex » même si pour celle elles doivent se ridiculiser devant plusieurs millions d'autres ramollis du bulbe.

     

    Et il y a ces enfants à qui les parents ont à cœur de donner quelque chose d'autre, certes impalpable, certes immensurables, mais beaucoup plus important, ces enfants là vivent dans un univers complètement différent des premiers, un univers dont ils sortent un jour ou l'autre et la collision entre les deux mondes est toujours douloureuse, surtout pour ces garçons et filles ayant reçu une éducation, les autres connaissent déjà la loi de la jungle.

     

    Des enfants bien éduqués, ou tout simplement éduqués, ne feront pas la différence avec leurs congénères, les autres si, et durement et ils savent très bien que les belles z-âmes auront toujours pour eux diverses excuses dont le fameux « céléfotalasociété » et feignent le plus souvent de croire que l'éducation n'est qu'une question de revenus alors que l'on peut très bien être issus de milieux dits « simples » et mieux éduqués que les plus riches. Actuellement de toutes manières l'égalitarisme prévaut et un fils ou une fille de petit ou grand bourgeois a toutes les chances d'être aussi mal éduqué,e qu'un fils ou une fille de prolo, ils auront en commun tous les deux l'avidité au fric, le second disposant peut-être de plus de « réseaux » et de « copinages » des parents pour y parvenir.

     

    Depuis « Soissantuite » (TM°) en particulier que personne parmi les âmes de progrès ne songe sérieusement à remettre en question ce qui reviendrait à se questionner sur l'hédonisme vulgaire et étriqué qui leur sert de conviction profonde encore maintenant, tout ce qui induit un apprentissage des devoirs envers les autres, tout ce qui implique un examen de conscience, qui encourage à comprendre qu'il faut vivre une nécessaire empathie envers son prochain, tout cela est considéré comme insupportable, inacceptable, arbitraire ainsi qu ce qui pousse l'enfant à plus d'exigence voire ô mot grossier d'excellence, mot très grossier en 2014 j'en ai conscience ami lecteur (j'évoque ici l'exigence et l'excellence réelles, pas celles consistant à se comporter le plus docilement possible envers un système et lui offrir une allégeance parfois teintée d'abjection).

     

    illustration ci-contre prise ici

    pn10.gifA ce propos, ceux qui jugent que l'exigence intellectuelle, l'excellence sont discriminatoires, ne disent pas s'ils appliquent ces belles idées à leur progéniture que curieusement l'on retrouve dans les établissements scolaires les plus exigeants en la matière, les plus socialement élitistes.

     

    L'éducation n'est pas un apprentissage de la vanité sociale, bien au contraire, elle conduit à réfléchir sur son parcours, sur ce que l'on peut partager avec les autres à notre tour après avoir beaucoup reçu (étonnement d'aucuns ont des complexes à avoir beaucoup reçu comme si c'était une tare, mais il est certes plus facile d'être « comme les autres »). Elle apprend à accueillir, à dialoguer, à écouter. En tirer des prétentions, ce dont les cuistres et les gougnafiers accusent toujours les personnes mieux éduquées, serait contradictoire.

     

    Cependant, le vrai fossé infranchissable ou presque aujourd'hui ce n'est que ça, l'éducation, en avoir ou pas...

  • La mauvaise éducation

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     Ami lecteur, tu vas encore me trouver bien naïf mais il y a quelques années j'étais persuadé que tous les parents donnaient à leur progéniture la même éducation, transmettant des valeurs leur correspondant, des idéaux qui permettaient au moins de vivre en bonne entente en communauté avec les autres, quelles que soient l'origine au départ de ces valeurs données aux enfants car ce à quoi l'on remarque une bonne éducation est dans le souci et l'attention portés aux autres.

     

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    Là encore je cumulais les « tares » aux yeux de la société moderne, car catholique, éduqué et en plus ayant un prénom original qui a mis en rage nombre de personnes ayant certainement un complexe social ou familial à compenser. Étant de plus de nature vulnérable car doté d'une certaine sensibilité ou d'une sensibilité certaine, j'étais une proie facile.

     

    Et puis j'ai appris à me défendre et , hélas, trancher dans le vif.

     

    J'ai longtemps pensé, ayant le souci de m'adapter aux milieux dans lesquels je vivais, que c'était de ma faute si parfois mon attitude provoquait des réactions de rejet, que j'avais forcément mal fait quelque chose, alors que c'était simplement une question de jalousie et de complexes d'infériorité de ceux qui n'avaient pas eu les mêmes chances que moi dans leur famille. Au bout d'un moment, ces réactions de rejet avaient fini par créer chez moi un mal-être profond alors que je n'étais coupable en somme que d'avoir reçu une éducation morale que dans mon manque de confiance en moi j'assimilais à de la naïveté.

     

    Finalement, de nos jours, il n'y a rien de pire, rien de plus difficile à vivre, de plus discriminant que de donner une bonne éducation et des repères solides à ses gosses, ce qui est de plus en plus rare. Je sais c'est un peu provocateur, et je rassure tout de suite, je préfère de loin des enfants bien éduqués, même pas des enfants de belles images, même pas des enfants d'histoires exemplaires, cependant, à des gamins pourris par le fric et le consumérisme effrené des parents ce qui certes n'est pas entièrement de la faute de ces enfants je le souligne, mais c'est ainsi, des enfants correctement éduqués sont plus fragiles comparés à d'autres qui ne connaitront que la seule loi qui demeure dans notre société, celle du plus fort, la loi de la jungle.

     

    Cependant, un enfant à peu près éduqué est certain de subir les lazzis, méchancetés, petitesses, jalousies diverses et harcèlement des autres, de ceux qui n'ont rien reçu qui auront pour la plupart comme excuses, qu'ils invoqueront également devenus adultes, de la pauvreté supposée des parents, et de la richesse matérielle supposée des parents de l'enfant ayant reçu des repères moraux et sociaux, qui est forcément considéré et anathèmisé comme un « bourgeois » alors qu'une bonne éducation n'a jamais été l'apanage de la bourgeoisie tant s'en faut.

     

    Croire que dans le peuple on serait donc grossier et mal éduqué, donc « plus simple », me paraît un rien excessif. Cette pseudo « simplicité » est l'excuse de la plupart des personnes se justifiant de leur mauvaise éducation, s'ils sont mal éduqués, s'ils se comportent mal avec leurs semblables ce serait parce qu'ils sont plus « simples », moins prétentieux, moins vaniteux que ceux à les parents ont donné des repères, fixé des limites. Quand un enfant l'invoque, on lui pardonne presque, quand un adulte le fait, moquant celui qui a plus reçu que lui comme bien entendu "BCBG" ou "coincé" cela devient grotesque.

     

    Si l'enfant bien éduqué ne fera pas de différences avec ses camarades, et plus tard avec ses collègues, eux la font tout de suite plus ou moins instinctivement, plus ou moins consciemment, sentant confusément à quel point un abîme les sépare, ne cherchant pas à le combler, ou le franchir, mais plutôt à précipiter dedans celui dont ils envient les valeurs qu'il peut exprimer ou montrer par son comportement.

     

    L'autre lieu commun mis en avant pour justifier de sa mauvaise éducation est de prétendre que de toutes façons la bonne éducation ne rend pas parfait, que les valeurs reçues ne mènent pas forcément à la perfection. Il est évident que toute personne est perfectible et qu'au moins, avoir reçu des valeurs morales donne envie au moins un petit peu de progresser, de mûrir dans son rapport aux autres, encourage à faire preuve d'empathie et d'altérité.


    image prise ici

     

  • La lecture bientôt considérée comme activité anti-sociale ?

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    littérature,bradbury,sf,société,politique,hypocrisie,lecture,éducationIl y a quelques jours, j'ai croisé dans la rue la « jeune fille qui aimait les livres » que j'ai évoqué il y a quelques mois. Elle n'a rien dit, elle était avec des camarades, elle avait le regard un peu triste en me souriant malgré tout. Elle ne pouvait pas oser parler les autres de son goût pour la lecture ce qui lui aurait valu l'ostracisme immédiat ou presque du groupe car selon les représentations mentales des plus jeunes, et parfois de leurs parents, ce sont les méchants, les malfaisants, les prétentieux, les bourgeois, les salauds qui lisent ou qui ont une bibliothèque chez eux. Dans les « blockbusters » et les séries « mainstream » actuels, le lecteur est soit un « geek » associal et grotesque, soit un vaniteux imbuvable, soit un « fils a papa » insupportable.

     

    Tout cela pour rassurer le brouteur de pop-corn sur ses aspirations médiocres, et le conforter dans son allégeance au consumérisme afin que surtout il continue à acheter ce qu'on lui dit d'acheter : un « smartphone » tous les deux mois, une « tablette » numérique tous les six etc...

     

    Quand j'entend parler de la lecture en 2013, qui serait dans un état encore tout à fait honorable en France, et qu'il n'y aurait pas du tout de baisse de niveau, que simplement les jeunes continuent à lire mais sur écran, cela me met assez vite en colère et je pense à cette jeune fille. Et je suis en colère aussi pour elle et les jeunes dans son cas, qui sont malheureusement des plus rares. La lecture était déjà et est encore l'activité favorite de ces enfants un peu moins doués pour la vie sociale et ses compromis grands et petits réputés obligatoires. 


    La lecture est déjà une activité considérée comme "asociale" voire "anti-sociale"...

     

    On nous dit que lire un livre dit « papier » c'est du fétichisme, c'est de l'archaïsme, du refus du progrès technique, du pratique (lire sur une "liseuse" c'est tellement prâââtique et sympââ en train"), et j'en passe, quand l'on ne se fait pas traiter de réactionnaire. Les mêmes prétendent que c'est de l'élitisme incongru, qu'il faut considérer d'abord ce qu'aime les jeunes, qu'il faut d'abord tenir compte de leurs goûts, qu'il ne faut surtout les obliger ou ne les forcer en rien à se cultiver alors que le simple bon sens sait que se cultiver, lire demande un effort originel et personnel, que si, sur le moment les jeunes ne le comprennent pas, ce que l'on a semé en eux germe parfois chez l'un ou l'autre, tout de suite pour certains, un peu plus tard pour d'autres.

     

    Car raison suprême invoquée, il ne faut surtout pas culpabiliser les jeunes, et par là les générations de leurs parents et grands-parents, de n'avoir de l'appétence que pour des « passions tristes » et aucune pour se cultiver. Encore maintenant, les plus jeunes dans une bibliothèque se sentent vaguement coupables, plus ou moins gênés par les livres qui les environnent qui les mettent grandement mal à l'aise, ce qui les insupporte. Pour tenter de se donner une contenance, ils dégainent alors qui son téléphone portable, substitut électronique de tétine, ou subsistut masturbatoire, qui son ordinateur ou son baladeur « Emmepétrois ».

     

    Il faut dire que l'analyse de la lecture sur livres traditionnels par les suppôts de la lecture numérique n'en montre que les aspects quantifiables, mesurables mathématiquement, et non les aspects qualitatifs, absolument hors de tout point de vue quantitatif. Ils en font une analyse primaire donc en oubliant le côté humain, qu'ils méprisent.

     

    Ils oublient qu'un livre a une histoire bien à lui, même si c'est aussi un bien de consommation, des parfums, un parcours, qu'il est un moyen pour des parents, des enfants, des amis, des amants de transmettre aux personnes qu'ils aiment des passions, des idées, des rêves, une ouverture au monde il est vrai découragé par tous les gadgets informatiques divers et variés actuels qui favorisent au contraire le repli sur son nombril et son nombrilisme.

     

    Les mêmes laudateurs de la lecture numérique chez les jeunes, qui entonnent déjà depuis longtemps le refrain du « Tout va très bien madame la Marquise », curieusement, lorsque l'on va chez eux, ou que l'on observe la chambre de leurs gosses favorisent chez leur progéniture le goût de la lecture et de la littérature par les livres tant qu'ils peuvent, et n'ont rien contre un peu d'élitisme voire d'excellence quand il s'agit de leur petit dernier ou petite dernière, mais là « ce n'est pas pareil », ce sont leurs enfants, c'est donc du sérieux.

     

    Notons aussi que pour eux la lecture d'un roman, d'une pièce de théâtre ou d'un recueil de poèmes, tient pour eux de la détente, du divertissement, d'un hédonisme qu'ils ne comprennent pas ayant des Lettres une idée strictement utilitariste en bons petits bourgeois positivistes qu'ils sont, et qui n'ont guère changé depuis Bouvard et Pécuchet au fond. Il y a quelques décennies « Farenheit 451 » de Bradbury ressemblait à une fable irréaliste, « des pompiers qui brûlent les livres ? Jamais ça n'arrivera ! », encore un rêveur qui faisait des cauchemars ridicules sur l'avenir de la société de consommation.

     

    C'est étrange, mais ce livre ressemble de plus en plus à notre réel vous ne trouvez pas ?....


    Photo : un lecteur bientôt considéré comme "associal" de par ses lectures, et fier de l'être, devant ses livres

  • Contractuels de l'Education Nationale – un scandale bien caché à la Rentrée 2013

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    precarite_m1.jpgUn contractuel est un professeur remplaçant, ou professeur documentaliste remplaçant nommé pour quelques semaines, quelques mois, voire pour l'année scolaire. Même s'il reste contractuel d'une année sur l'autre son ancienneté n'est pas prise en compte et son salaire stagne autour du SMIC, et ce, selon son emploi du temps car il ne touchera ce salaire, 1400 Euros nets en moyenne, que s'il est à plein temps. Certains contractuels travaillent pour l'équivalent d'un RSA, et on leur recommande de ne pas se plaindre...

     

    Il peut espérer un Contrat à Durée Indéterminée, mais de par des conditions tellement drastiques que c'est très compliqué. Un contractuel en CDI n'a aucune certitude de garder son emploi, il n'a aucune garantie. Cela ne change que peu de choses finalement à sa précarité, alors qu'il prouve par son expérience sa compétence, expérience évaluée par des « visites conseils » des stages, des inspections.

     

    Il n'a pas le droit d'être handicapé, le handicap n'étant reconnu que s'il est titulaire, ou si il y a des besoins dans sa matière. Il n'a pas le droit d'avoir des difficultés de circulation. Il ne doit pas avoir des problèmes de santé. Il est toujours « suspect » et doit sans cesse prouver ses compétences et ses diplômes (il arrive souvent qo'on demande aux contractuels « s'ils ont le bac », on le soupçonne toujours d'incompétence etc...)

     

    Il peut espérer passer les concours, mais il faut savoir que les formateurs des ex-IUFM, maintenant ESPE, n'aiment pas du tout les contractuels qui ont souvent une expérience contredisant la formation qu'ils donnent, et que les « précaires » du public tentant ces concours sont plus sévèrement jugés.

     

    Quelques chiffres :

    Dans l'Académie de Rouen, sur 800 contractuels employés en 2012/2013, seuls 324 ont retrouvé un emploi.

     

    Pour une raison, beaucoup de collègues titulaires ont souhaité se mettre en « reconversion » et ont été favorisés dans l'attribuation des postes, parfois pour travailler dans le même établissement que le conjoint, qui fait jouer son ancienneté dans l'établissement. Ces collègues en « reconversion » sont par définition novices dans leur nouvelle matière, donc moins compétents que les contractuels qui exerçaient sur le même poste avant.

     

    De nombreux contractuels enseignants sont en grande majorité en surendettement, en grande précarité de logement, ce qui ne leur offrent pas toutes les conditions pour espérer réussir qui une formation, qui un concours.

    Ce scandale qui revient chaque année de ces « intermittents du tableau noir », la précarité enseignante est méprisé par la gauche, enfin, le PS, par la plupart des syndicats et par le gouvernement qui parlait de résorber la précarité comme par l'UMP...

     

    Enfin, une recommandation aux collègues contractuels : Surtout ne pas avoir peur d'évoquer cette précarité et de la faire connaître, la seule conséquence que cela risque d'entraîner c'est que celle-ci soit résorbée. Ecrivez à vos recteurs, à vos élus, à la presse.

     

     

    Grandgil (alias Amaury Watremez) – contractuel depuis 2001, et qui n'a plus peur


    image prise ici

  • La haine de la culture

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    Depuis des décennies à gauche on a cru que par l'éducation, des musées parfois gratuits ou très peu cher, des films intelligents à 20h30, on formerait culturellement les masses qui ensuite, assoiffées de culture, se jetteraient d'un seul mouvement sur les livres, les concerts, les pièces.


    A droite, on pense que de toutes façons ce n'est pas pour celles-ci

     

    390120727-photo.jpgLa culture a toujours ennuyé le peuple, qui trouve en plus que « ça ne sert à rien », ce qu'il n'osait pas dire avant, mais qu'il a de moins en moins de scrupules à affirmer. Depuis quelques années, on a trouvé pour lui, pour justifier son inappétence à s'élever et sortir de sa gangue consumériste et docile, le concept de « culture populaire » qui met au même niveau le « porno » et « le Cantique des cantiques », les « films noirs » et les tueries sur écran géant qui déplacent les foules de brouteurs de « pop-corn » décérébrés, la culture un peu plus exigeante, qui n'est pas à mélanger avec la culture à la mode aux « z-inrocks », étant systématiquement confondue avec un privilège de bourgeois.

     

    Ce n'est pas que cet objectif n'était pas honorable, bien au contraire, mais ses promoteurs oubliaient que la sensibilité artistique ne se décrète pas, elle varie selon les individus, et qu'elle s'éduque ou s'encourage d'abord en famille. Or, dans les familles modernes, ce qui domine comme culture, c'est surtout la télévision, et maintenant Internet, avec le flot ininterrompu de débilités, entre deux ou trois programmes élitistes voire des sites plus exigeants servant d'alibis pour le reste, que ces médias proposent aux spectateurs.

     

    « Arte » est toujours la référence, le justificatif, le repère que tout le monde prétend admirer tout en ne regardant jamais. On me dira, généralement les films proposés sur cette chaîne tourne toujours autour des graves problèmes de nombril de trentenaires « adulescents », bi ou omni-sexuels.

     

    Auparavant, la télévision était cantonnée à la salle-à-manger familiale, l'on regardait le journal en famille, c'était un convive virtuel en plus dont on avait pris l'habitude. Maintenant, progrès technique oblige, les enfants peuvent regarder ce qu'ils veulent dans leur chambre et manger quand bon leur semble, le micro-ondes faisant le reste. Sans parler de l'usage compulsif du téléphone cellulaire qui s'apparente à une longue laisse informatique qui a la même fonction que la sucette en plastique a pour le bébé, à savoir quelque chose pour se rassurer lorsque l'on se retrouve en dehors du cocon, que l'on triture quand on ressent de l'angoisse.

     

    La société libérale libertaire ne peut pas accéder à la compréhension du beau, notion qualitative qu'elle rejette catégoriquement, c'est un cercle vicieux. Pour se consoler, les penseurs de notre temps n'ont pas tardé à relativiser tout cela, prétendant que la beauté est une idée toute relative. Pourtant, ainsi que l'a dit un grand théologien, le père Le Guillou, « la Beauté sauvera le monde ».

     

    Peut-être...

     

    Encore faut-il qu'il le veuille bien....

    image prise ici

  • L'éducation commence en famille, se termine à l'école

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    Aussi sur Agoravox
    Et sur Antidoxe

    Ce qui permet de voir les commentaires à cet article sur un site plutôt à gauche, et sur un site plutôt libéral...

    Le nouveau gouvernement a pour priorité l'éducation ce qui est bien légitime, avec comme moyens avoués la création de postes et d'emplois de soutiens pour les élèves et d'une restauration des moyens. C'est tout ce qu'il y a de plus honorable et l'auteur de ce texte le salue en toute sincérité, ce qui est fait pour l'instruction et la formation culturelle et citoyenne des adolescents et des enfants, après tout, c'est toujours bon à prendre.

    image empruntée ici (site de "l'île aux jouets")

    158-566-large.jpgCependant, comme tous les gouvernants avant eux, le nouveau gouvernement oublie une variable importante, fondamentale, du problème :

    La place de la famille et de l'éducation reçue à travers elle. Ce n'est pas simplement une question de postes, de moyens, de nouveau budget, c'est aussi et d'abord une question globale de société.

    Or, depuis une cinquantaine d'années, ce n'est pas que les enfants soient mal éduqués ou mieux éduqués, mais plus éduqués du tout, le plus important pour eux devenant leurs besoins de consommer les biens et services que le système consumériste leur enjoint de consommer pour être insérés dans la chaîne économique dont ils deviennent des rouages dociles .

    Les parents, sous la pression de tel ou tel psychologue médiatique, de tel ou tel groupe de pression, ont fini pour la plupart de démissionner de leur autorité et de leurs charges de parents, se contentant, c'est au moins quelque chose, de nourrir et vêtir leur progéniture.

    Les parents laissent la responsabilité de l'éducation, ou de leur formation comme citoyens, des gosses aux professeurs dés la maternelle, considérée comme une garderie de luxe, le primaire, idem, le collège, perçu de même manière, et le lycée.

    On reproche aux enseignants d'être soit trop sévères, soit trop laxistes. Et bien sûr paresseux, car la tâche qu'on leur demande est titanesque et quasiment impossible : réussir à rattraper plusieurs années d'absence totale de repères, y compris les plus basiques, chez des élèves dont les géniteurs se comportent parfois comme des copains du même âge : le père joue à la console avec son fils, la mère s'habille comme sa fille, elle adore que l'on dise d'elles qu'on dirait des « jumelles du même âge ».

    Les parents ai:ment à évoquer leur passé idéalisé d'élève ou modèle, rarement il faut bien le dire, c'est mal considéré aussi par les adultes d'être un genre d'intello, ou d'élève chahuteurs et rigolos qui « faisaient tourner en bourrique les profs quand ils étaient jeunes, et d'ailleurs c'est pour cela qu'ils n'ont pas réussi leurs études », « les profs ne les aimaient pas ».

    Depuis quelques années du fait d'internet, ce genre d'argumentaire se complexifie, si un parent n'a pas fait d'études, ce n'est pas parce qu'il était juste fainéant, ou simplement insouciant, mais c'est parce que l'école ne forme qu'à un seul modèle social et que lui était rebelle à ce modèle, ou alors plus chic, invoquer le syndrome d'Asperger

    Aucun d'eux ne songerait à se rappeler son absence totale d'efforts personnels tout au long de sa scolarité. Le simple fait de prononcer le mot « effort » ou « exigence » ou tout simplement « travail » vous fait passer pour un réactionnaire.

    C'est à peine si on ne demande pas aux enseignants d'aller passer les examens et concours à la place du petit dernier ou de la petite dernière, au minimum doit-il fournir en quelque sorte des diplômes « clés en main » ou en kit où il ne reste plus qu'à l'élève à recopier en somme et éviter toutes contraintes considérées comme inutiles.

    Comment d'ailleurs un élève peut-il se concentrer dans sa chambre alors qu'il a un portable (voire deux), son propre ordinateur, sa propre télévision (avec le « satellite » vu comme éducateur culturel de compensation) et bien sûr la console de jeux dernier cri ?

    Il est persuadé ainsi que ses parents que de toutes manières il lui suffit maintenant de taper sa recherche sous « Google » (TM°) quand il cherche une réponse à un quelconque questionnement sur une lacune de connaissances.

    Ce qui est rare bien sûr, sauf quand il doit aider un comparse à répondre à un jeu télévisé, les quiz télévisuels trop culturels étant d'ailleurs stigmatisés comme réservés aux vieux. Bien sûr, les parents et leur progéniture feignent de croire que ça suffit, et que l'esprit d'analyse ou le sens critique s'acquièrent facilement, d'un claquement de doigts.

    Bien sûr, toutes ces questions qui remettent en question le mode de fonctionnement de la majorité des parents et de leurs enfants actuellement, personne ne veut se les poser. Cela reviendrait à remettre en cause la consommation reine dans notre société, ainsi que la satisfaction immédiate des désirs et pulsions, que la plupart voit comme le seule but de la société actuelle.

     

  • Un témoignage de prof précaire

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    Un témoignage édifiant de prof précaire : si le boulot des profs titulaires est de plus en plus méprisé, c'est déjà le cas des profs remplaçants, dits précaires, et ce depuis des lustres.

    Merci à Jean-Claude Grosse de m'avoir signalé cet article du Monde du 2/12

    46b4d5d6-25db-11dd-90eb-43bd9e9a4b45.jpgPas simple de gérer sa classe lorsqu'on est une "prof de passage". Véronique Pot a 29 ans. Elle enseigne le français. C'est sa cinquième année de remplacement. Témoignage de sa dernière mission.

    Après la Toussaint, me voilà dans le Val-d'Oise. Lundi, mes élèves de 4e rentrent au compte-gouttes. Certains arrivent par grappes, en se catapultant contre la porte d'entrée de la salle de classe, qui s'ouvre sous le choc. Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place. Continuent à parler comme si je n'existais pas. Ne daignent pas sortir feuille, ou stylo. Un élève cherche à rouler une pelle ("embrasser" serait un terme inapproprié) à sa copine du moment, fait semblant d'être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table.

    la suite ici

  • Neuf ans d'ancienneté = zéro expérience : un cas présenté par le Père Fouettard

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    tableau_noir.jpgUn précaire enseignant, non titulaire donc, remplaçant depuis neuf ans, reçoit hier une lettre de son autorité de tutelle lui signifiant que comme il ne relève pas du ministère concerné et encore moins du corps des fonctionnaires, il n'est pas apte à candidater à un concours qui ne demandait aucune condition de statut.

    Il a pris tous les contrats, que ce soit près de chez lui ou à "Pétaouschnok", a passé les concours, dans sa matière c'est fermé depuis trois ans, mais il essaie de se requalifier quand même.

    C'est peine perdue, il se heurte à un mur d'incompréhension totale car même les personnes censées le défendre lui opposent les mêmes arguments que son autorité de tutelle.

    Ce sont donc des clowns grotesques en somme. Ne pleurez pas si l'Éducation Nationale s'effondre, par votre faute.

    Vous parlez de Sarkozy, vous vous opposez à la loi sur les universités, très bien, commencez donc par le statut des précaires, chers amis de gôche et les autres. L'abstention diminuera très vite et il y aura des gens pour voter pour vous.

  • Foutus profs précaires !

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    Lu ça sur un tract d'un syndicat enseignant (le SNES) cette phrase qui m'a fait bouillir :

    classe1.jpg"L'emploi de nombreux vacataires et contractuels entraînera une baisse de qualité de l'enseignement".

    C'est ce que pense en fait la plupart des collègues certifiés (qui ont le CAPES) et agrégés sans trop le dire jusque là, qui sont également persuadés que leurs concours leurs donneraient plus de compétence.

    Je trouve ça rigolo vraiment.

    De par mon expérience de contractuel justement (professeur remplaçant non-titulaire pendant huit ans), j'ai souvent constaté :

    - que les contractuels s'adaptent plus vite à une équipe

    - prennent les élèves plus rapidement en charge

    - et ont l'habitude de préparer des cours avec méthode et précision plus rapidement que les collègues titulaires.

    Donc sont au moins aussi compétents voire plus de par leur expérience dont leur employeur, l'Éducation Nationale, ne tient aucun compte ni quant à leur salaire ou leur carrière.

    Et sont méprisés par les autres professeurs qui ne les considèrent que rarement comme de vrais professeurs (malgré leurs dénégations souvent -comment dire- faux-culs ?)

    Par contre, j'ai vu un grand nombre de collègues néo-titulaires sortant de l'IUFM très forts sur les cours et le vocabulaire de didactique mais incapable de tenir une classe ou...d'enseigner.

  • L'éducation à l'ère consumériste

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    mannequin91.jpgAujourd'hui on n'a plus des enfants pour leur transmettre un savoir ou un idéal, on a des enfants comme on s'offre un nouvel écran plasma ou une nouvelle voiture; C'est un achat planifié à crédit en quelque sorte. Dés sa naissance, on prévoit de mettre de l'argent de côté non pour le vêtir, le nourrir ou l'éduquer mais pour lui acheter les objets totems que la société conseille aux adultes pour que l'intégration dans le troupeau se passe le mieux possible : un téléphone cellulaire dernier cri, qui peut tout faire, de télécran portatif à fax en passant par appareil photo permettant d'entretenir son voyeurisme malsain (tels ces passants hier filmant une agression sans ayant seulement l'idée d'intervenir). Parfois, dans le train, un fossile, un marginal, un esprit fort peut demander à un membre du troupeau de parler moins fort dans son appareil pour ne pas gêner le reste du wagon en se justifiant par la très ancienne notion de courtoisie, poussiéreux tout ça.

    Il faut aussi que l'enfant ait la télévision, le câble ou le satellite, au moins la TNT, dans sa chambre, et une console de jeux qui lui permet de laisser libre cours aux instincts meurtriers que son aliénation informatique pourrait engendrer, sans oublier l'ordinateur qui permet de s'isoler des heures devant un écran en prétendant au dialogue avec le monde. Le gosse devra porter des habits fabriqués par des entrepreneurs agréés par le troupeau, troupeau plaçant sa dignité non dans son intelligence possible et les connaissances qu'il peut apporter aux autres mais dans des objets totalement périssables. Tout comme les adultes de l'ère consumériste, les enfants sont des choses, des marchandises, des machines que l'on entretient, bien que le service après vente soit un petit peu plus délicat à mettre en oeuvre. Comme maintenant c'est la crise, beaucoup de parents réfléchissent avant de se lancer dans un achat tellement dispendieux.

    Ils achètent un chien...

  • Séries américaines à la loupe : "Shark" et "K2000"

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    J'ai peu de vices (rigolez pas), je ne fume pas, je bois rarement, je fleurte rarement, je vais à la messe tous les dimanches, je me confesse de temps en temps, mais j'adore les films cons et les séries débiles, pas tout le temps quand même sous risque de liquéfaction du cerveau, et plus c'est con plus ça me plaît parfois (le genre de film de SF post-apocalyptique dans la banlieue de Los Angeles où il y a toujours un albinos qui connaît pleins de secrets millénaires, souvent cest un afro-américain albinos). J'ai donc revu des épisodes de "K2000" et j'en ai regardé un de "Shark". (Note personnelle : Je le précise à l'attention des cons et non-comprenants, cette note est au second degré).

    k2000.jpg"K2000" raconte donc l'histoire d'une "Fondation", la fondation Knight, dirigée par un seul type, on ne voit que rarement le reste du personnel, Devon, qui officie aussi dans un QG roulant où se trouve la voiture parlante et intelligente qui est la monture du héros (au sens de véhicule, n'est-ce pas) et son copain d'aventures, K.I.T.T. La Fondation emploie Kitt et Michael Knight, le héros, joué par David Hasselhof qui excelle dans le brushing et les expressions stéréotypées, afin de traquer les méchants qui échappent à la police et suppléer aux défaillances de la justice qui est composée de gauchistes corrompus et débauchés ainsi que le laisse entendre Michael très souvent, comme chacun le sait. Kitt est retapée par Bonnie, une mécano qui s'y connaît drôlement bien en électronique. Sa voiture fait plein de trucs, elle peut piloter un hélicoptère à distance, elle va à plus de 130 miles à l'heure (c'est ahurissant !), elle peut éjecter les méchants avec un siège éjectable et elle a un bandeau rouge qui fait le même bruit que celui des cylons dans le premier "Galactica", le plus kitsch. Michael parle souvent à sa voiture qui est taquine et pleine d'esprit. Dans l'épisode que j'ai regardé, notre héros se faisait passer pour un méchant, mais en fait c'était pas vrai, et le vrai méchant il le savait bien (Faut dire que David Hasselhof joue comme un pied) mais il le laissait faire pour voler un virus super-dangereux qui est dans une bonbonne de gaz.

    "K2000" était débile mais infiniment moins ennuyeux que "Shark" et moins prétentieux. Encore maintenant, au deuxième degré, ça a au moins le mérite d'ètre rigolo contrairement à "Shark" ci-dessous.

    shark.jpg"Shark" surfe sur la mode lancée par le "Docteur House" ("House MD" en anglais), série qui est infiniment supérieure que ce soit au niveau des personnages, de la psychologie, de l'esprit des dialogues. Sebastian Stark, "Shark" de son surnom parce que c'est un requin des prétoires, est un avocat célèbre qui défendait les criminels et qui a cru comprendre, comme le pékin moyen philosophe de comptoir, que la justice était laxiste et trop sympathique avec les méchants et que c'est pas bien. Il a donc décidé de devenir procureur. Il réunit une équipe qui est choisie par les producteurs pour son côté melting-pot "Benetton" qui permet de plaire à tous les publics, on y trouve un sosie de Chase (bôgosse friqué mais gentil quand même), un autre de Cameron (une jeune femme idéaliste) et le quota ethnique ce qu'est loin d'être Foreman dans "House MD", et la supérieure de Stark est un succédané de Cuddy en blonde. Alors que dans la série dont "Shark" est la copie-carbone, les personnages sont fins et humains, là ce ne sont que les archétypes que l'on veut qu'ils soient. De plus, Stark est certes un requin des prétoires, mais aussi un père maladroit divorcé qui essaie de communiquer avec sa fille, plus mûre que lui sur le plan affectif. C'est assez mièvre et donc plutôt gentillet au bout du compte. C'est en fait tout un courant de l'audio-visuel américain d'où vient aussi "Shark", le "courtroom drama", le genre d'histoires qui se passe entièrement pendant un procès ou dans une cour de justice et cela passionne visiblement les américains. Et James Woods joue James Woods tel que la rumeur publique imagine qu'il est dans la vie quotidienne.

    Ci-dessous une parodie de "K2000"

  • Le précaire et les électeurs sarkozistes

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    emploi_precarite_Charb.jpgLe précaire enseignant dont il fût question parfois sur ce blog m'a donné quelques nouvelles qu'il me semble intéressant de livrer. On sait que depuis la rentrée, c'est 11300 postes de l'Éducation Nationale qui ont été supprimés, à commencer par ceux des plus précaires, à savoir les non-titulaires, ces enseignants remplaçants "bouche trou" objectivement licenciés donc sans préavis, car dans la fonction publique les contractuels n'ont aucun des droits des salariés du privé, pas d'indemnités de licenciement, pas d'Assedic. C'est une politique dite de rentabilité, moins d'enseignants devant plus d'élèves et les titulaires du concours qui exerçaient aussi des remplacements sont également sédentarisés . Ce précaire enseignant m'a raconté que pourtant dans son entourage, comme dans celui d'autres précaires, où l'on a voté Sarko au deuxième tour, on suggère que l'on ne veut plus de lui pour une raison ou une autre dont son incompétence, "on reprendrait quelqu'un qui est contractuel depuis huit ans quand même", oui si le monde où nous vivions était celui des Bisounours, c'est à peine parfois si l'on n'affirme pas que c'est à cause d'un vice caché ou d'une perversion. En fait, c'est à cause de votre vote sarkoziste chers électeurs du gnome surélevé, de votre incapacité à voir plus loin que le bout de votre nez, à réfléchir aux conséquences du bulletin que vous mettez dans l'urne. Lui, d'ailleurs, Nabot Ier talonnettes ne fait qu'appliquer la politique qu'il avait annoncée. Je n'ai pas d'illusions, ces électeurs sans cervelle continueront à voter qui pour des idées reçues qui leur servent de pensée politique, qui par bêtise ou simplement pour le louque du personnage. Il y aurait de quoi devenir cynique.

  • Les cons qui ont un (petit) pouvoir

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    Un contractuel m'a raconté l'anecdote. Elle concerne la "grande maison de l'Éducation Nationale où nous sommes tous frères" (geste) (rires du public)  mais on retrouve ce genre de comportement décrit ci-dessous partout.

    StandardTelephonique.jpgIl téléphone à son syndicat pour se tenir au courant des dernières décisions de l'institution qui l'emploie concernant les "précaires", elle commence en lui disant qu'il faut attendre que tous les TZR (des profs titulaires du concours qui sont remplaçants pour 700 Euros de plus que les précaires enseignants, le plus souvent dans une matière qui n'est pas la leur d'ailleurs, donc paumés) soient nommés ce qui est normal selon elle car ils "ont le concours" (sous-entendu "pas toi gros naze", comme beaucoup elle pense que le concours, donc celui qu'elle a obtenu, mesure la capacité pédagogique alors que ce n'est que la docilité). Comme elle "n'a pas de temps à perdre", elle lui demande perfidement si il a lu l'imprimé que le syndicat lui a envoyé en juin et qu'il n'a que le lire pour trouver les réponses. Elle ne se trompe pas, il ne l'a pas vraiment lu car cela ne fait que répéter des éléments de réflexion qu'il connaît déjà mais il ne va tout de même pas l'avouer. Elle dit alors qu'"elle attend", "comme lui", ce qui lui donne envie de ruer dans les brancards mais il reste poli car elle son salaire à la fin du mois et une décharge syndicale qui lui permet d'assumer moins (beaucoup moins) d'heures de cours par semaine bloquant un poste complet, et puis elle a un pouvoir sur son avenir, qui, même si il est tout petit, compte quand même. Il m'a dit qu'il sait qu'il doit ravaler sa colère, et attendre sans broncher.

    Ce qui est dangereux, c'est donc bien la connerie sûre d'elle, soumise aux pires diktats intellectuels mais qui sont reconnus quand même comme la norme en matière de réflexion.

  • Tout va très bien, madame la professeure - article d'Elisabeth Lévy

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    bateau_sid1_2002.JPGDu réel, du vrai : si Nicolas Demorand, le talentueux matinalier de France Inter a choisi, entre tous les livres qui paraissent sur l’école, celui de Luc Cédelle, journaliste au Monde, c’est d’abord parce qu’il ne s’agit pas d’un témoignage mais d’un reportage, “un reportage au ras des tables et des chaises”, a-t-il cité, proclamant son enthousiasme pour cette merveilleuse expression. Et puis, il y a le titre “simple et joyeux”, Plaisir de collège, qui, insiste l’animateur, “tranche avec le catastrophisme ambiant”. C’est vrai, quoi, sois cool, man. Il y a quelques années, une pubeuse répondant au prénom de Chicorée ou Vanessa (elle avait perdu son nom en route) avait patiemment tenté de me convaincre des vertus d’une campagne de la RATP qui proclamait : “Il faut tout voir en beau” et invitait les usagers à avoir “des pensées positives” et à “purifier leur mental” – dans les couloirs du métro, fallait oser. Pour stimuler la sérénité de l’usager, on lui offrait un massage pratiqué dans un couloir puant et une boite de thé vert vraiment dégueulasse. Vous ne voyez pas le rapport ? D’accord, ce n’est pas exactement la même chose. A propos de l’Ecole, on ne nous dit pas que “tout va très bien” mais que “tout ne va pas si mal”. Reste à savoir si c’est vrai.

    Donc Luc Cédelle se contente de “restituer des faits”. Et contre les faits, vous le savez : rien à dire. Ceux qu’il livre se déroulent au Collège expérimental Diam’s (non, c’est une blague, il s’appelle Clisthène (Note d'Amaury : çà aurait pu être pire, il aurait pu s'appeler Clistère et les professeurs l'auraient DLC, dans leurs c..., ah, ah, ah, hum...). Planté en périphérie de Bordeaux, ce Summerhill de quartier chaud (pour ce que j’en ai compris) organise la cohabitation harmonieuse des enfants de la bourgeoisie et des enfants de pauvres de la cité voisine, le tout grâce à une pédagogie sur-mesure (et vaguement aussi grâce à un effectif de cent élèves seulement, toutes classes confondues). Bref, c’est la maison du bonheur et l’auteur aimerait y enseigner. Mais attention, qu’on ne croie pas qu’il donne des leçons à qui que ce soit. Il serait même d’accord pour que chacun puisse expérimenter ses idées, y compris les plus réacs des réacs comme Finkielkraut ou Brighelli – et alors, on verrait bien, qui, des partisans de la blouse grise ou des défenseurs de l’épanouissement de l’élève, obtient les meilleurs résultats.

    Lire la suite par là

  • La vérité sur les précaires de l'Éducation Nationale

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    Les intermittents du tableau noir

    Comme personne peu ou prou ne daigne en parler, excepté un ou deux encarts par-ci par-là (et le syndicat F.O qui fait plus que constater les faits), je me dévoue : il y a dans l'Éducation Nationale des profs qui font exactement le même boulot que les autres, qui sont payés beaucoup moins que les autres, sur un siège éjectable d'un contrat à l'autre, et n'ont aucune garantie de réemploi ni d'évolution de carrière ; à chaque contrat ils repartent à zéro. Ils subissent le mépris d'un peu tout le monde, inconscient ou pas, ne sont pas considérés comme des collègues à part entière quand on ne leur demande pas chaque semaine ce qu'ils ont comme diplôme. C'est bien le comble car ils rendent des services sans commune mesure avec leurs salaires, en particulier celui de faire en sorte que le service public continue. Ne parlons pas de la diminution progressive des places aux concours et de la difficulté de concilier précarité financière et préparation sereine du concours.

    Et le pire est que les précaires ont peur de lutter pour l'amélioration de leur sort. C'est compréhensible mais faux. Il ne faut surtout pas se laisser faire.

    Je suis précaire depuis huit ans, et je n'ai eu aucune reconnaissance officielle de mon travail.

    Cette vidéo ci-dessous ainsi que cette note sont à faire circuler et à enrichir.

    Par là une excellente interview plus vraie que vraie de Nicolas Bave-raie le joyeux luron qui n'a pas l'air de comprendre ce qu'est la précarité

    Un prof précaire

  • Charte d'accueil d'un contractuel enseignant (enseignant remplaçant)

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    ejection.jpgComment accueillir un contractuel enseignant ? 

    Les vacances commençant bientôt, afin de bien préparer la rentrée, je me permets ici de donner quelques conseils à mes collègues afin d'accueillir comme il convient des contractuels :

    1 - Un contractuel a le niveau qu'il faut pour enseigner sinon il n'enseignerait pas, il ne faut donc pas lui demander vingt fois dans l'année : "T'as quoi comme diplôme déjà ?".

    Je rappelle à ce propos que le CAPES n'est pas un niveau supérieur à la licence, c'est un concours niveau licence, tout comme l'agrégation est un concours de niveau maîtrise (certes, encore faut-il les décrocher).

    2 - Un contractuel est un être humain comme vous et moi, on peut dont lui dire "bonjour" sans crainte, discuter avec lui ou travailler en équipe. Il ne réagira pas en tombant à bras raccourcis sur son interlocuteur.

    3 - On peut faire confiance à un contractuel enseignant, il a un dossier qui le suit de toutes manières, il est parfois inspecté, inspection qui peut lui coûter son poste et l'envoyer pointer à l'ANPE contrairement aux titulaires enseignants. Il n'y a donc pas besoin de soumettre un contractuel à un interrogatoire.

    4 - Il faut toujours demander à un contractuel la date de son départ et non en donner une au hasard aux élèves (ce qui lui cause du tort). Un contractuel est presque un enseignant comme un autre, je dis bien presque, à quelques centimes près.

    6 - Un contractuel enseignant est un collègue. Il ne détonne pas en salle des professeurs.

    7 - Le contractuel ne fait pas souvent grève et ne s'engage pas beaucoup car il a toujours l'espoir d'être défendu par ses collègues titulaires et qu'on le titularise, c'est donc un grand naïf, mais il s'en fiche car il sait que la solidarité existe parfois (généralement dans les établissements les plus durs).

    Surtout en ce moment par ce temps de "charrettes"...

    Auteur : un contractuel anonyme

  • Assumer son ignorance

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    arbre_de_la_connaissance.jpgIgnares et fiers de l'être, ce pourrait être une très belle devise pour le monde actuel. Finalement, dans cette société de haute consommation, ce qui compte le plus pour les individus, quel que soit leur âge, leur milieu, leurs orientations, c'est de consommer et continuer à consommer sans trop se soucier du reste. La culture n'est plus qu'accessoire, la littérature se réduisant à des formules chocs ou des traits d'esprit de conversations mondaines, à des chicaneries sentimentalo-égocentriques qui sont, j'emprunte la formule à Manchette, des "larmes de puce".  Si le régime venait à changer, si nous entrions en dictature, s'il n'y avait plus de libertés, finalement les individus s'en ficheraient tant qu'ils pourraient continuer à boire, manger et se reproduire ou du moins exécuter le simulacre de la reproduction. L'ignorance est à la mode, on flatte les "vrais" gens, l'intellectuel ou seulement celui qui a un peu lu est ostracisé, rejeté ou considéré comme une bête curieuse. Tous les débats sur l'Éducation, où les larmes dans la voix, des éducateurs, de saints laïcs, nous annoncent que l'ouverture avance, qu'il y a même des élèves intelligents en banlieue difficile, sans s'apercevoir du côté ségrégatif de cette remarque, sont nuls et non avenus car la connaissance est retournée maintenant aux privilégiés. C'est la possession qui prime sur tout le reste. Tout cela me vient au moment du bac, car les réflexions graves et doctes que l'on entend sur le niveau des élèves font marrer, l'éducation et les professeurs n'ont jamais été méprisés par l'institution ou le bon peuple.

    Comme on le voit, l'arbre de la connaissance mis en illustration a déjà beaucoup de fruits à terre, gâtés et pourris... 

  • La gifle d'un enseignant à un élève

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    7a84ff9d1efab919653570967c26d89a.jpgHier, un enseignant distribuait des papiers quelconques à ses élèves quand l'un d'eux, mécontent d'une remarque du professeur, l'a traité de connard entre ses dents. L'enseignant a réagi en le giflant. Il pensait bien naîvement que les choses s'arrêteraient là (il oublie qu'il n'aurait pas dû le faire) mais le soir, il était convoqué en garde à vue au commissariat suite à une plainte déposée par le père de efae03ae14d0ef88829acd972a664099.jpgl'adolescent. Je connais le problème, ça peut arriver à n'importe quel prof dans un moment d'énervement d'ouvrir les vannes et de coller une gifle, mais il ne faut surtout pas le faire car cela peut coûter le poste, ce qui est également excessif. La profession est tellement dévalorisée, et beaucoup d'enfants tellement mal préparés à respecter les règles de vie en communauté, que ce qui serait juste dans une situation d'équilibre ne l'est pas dans la société française de 2008. Certains excessif sont allés jusqu'à prétendre que certains parents devraient élever plutôt des poissons rouges au lieu de gosses, mais ce sont des excessifs. Les profs ne sont pas des fainéants, il faudrait s'abstenir de ce cliche débile, ce n'est pas un métier enviable du tout même en comptant les vacances.

    PS : Quant à Bernadette, vous voyez ce qu'elle subit...