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éducateur social

  • Éduquer le peuple ?

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    Politique, gilets jaunes, société, histoire, éducateur socialUn de mes classiques personnels de cinéma que je partage avec de vieux camarades, un particulièrement qui se reconnaitra ici, est "Je sais rien mais je dirais tout" de Pierre Richard (voir à ce lien) dans lequel il joue un "héritier" d'un marchand d'armes, joué par Blier, qui essaie de faire quelque chose pour les employés de son père. Bien sûr il est d'une naïveté et d'une maladresse terribles et comique. Et à chaque fois qu'il apparaît les ouvriers au bout d'un moment excédés lancent en chœur "Merde l'éducateur social !".

     

    Je me suis rappelé de ce film il y a deux jours dans une discussion à laquelle je participais un de mes interlocuteurs évoque à un moment la nécessité absolue selon lui "d'éduquer le peuple". J'ai décroché à ce moment là. J'ai horreur de cette idée qu'il faudrait absolument éduquer le peuple, le modeler selon des idéologies ou une vision du monde biaisée. Ces "éducateurs du peuple" -est-ce étrange ?- s'attribuent le rôle, ils se voient bien en guides, en lumières des nations. Le peuple ne manque pas de maturité politique, en témoignent la révolte des gilets jaunes depuis un peu plus d'un mois.

     

    Ils n'ont eu besoin de personne...

     

    Une révolte qui était prévisible pourtant à cause de l'abandon justement par les éducateurs du peuple, les éducateurs sociaux, de cette France qui ne vit que de son travail et qui ne s'en sort plus. Le peuple en a marre des sermons, des grands discours, des leçons de morale. Il veut parler de l'immigration, on lui dit qu'il est raciste, il rappelle qu'il ne gagne plus sa vie, on lui rétorque qu'il est jaloux des riches, de ceux qui réussissent. Voire même -certains ne craignent pas le ridicule- qu'il fait du racisme anti-riches, anti-réussites (Comme si les riches étaient une race à part).

     

    Former une liste aux européennes reviendrait à tomber dans le panneau et en prenant des voix à Mélenchon et Marine le Pen finalement avantager Macron et son mouvement. On attend toujours d'ailleurs que les deux sus-cités s'allient même de manière temporaire contre le troisième, mais je crains qu'on n'attende longtemps.

     

    On me dira cela en dit long sur la perception que ces privilégiés objectifs ont de leur propre petite personne. Ils sont à part, ils forment une humanité différente (voir à ce lien). Quand on sait que la phrase vient d'un "infokloune" qui prétend défendre et donner la parole aux "gilets jaunes" ça amuse, ça fait rire -jaune- (c'est le moment ou jamais de le dire). Il ne faudrait pas non plus que les "gilets jaunes" soient absorbés dans le spectacle permanent du grand Barnum consumériste, en devenant un élément, un parmi d'autres permettant de laisser croire que l'on peut y entendre toutes les voix, y compris les discordantes.

     

    Historiquement, même si l'histoire ne se répète pas, bien qu'elle bégaie parfois, on sait qu'aucun changement de société, aucune transformation nécessaire ne s'est faite sans douleurs. Il n'est plus temps des pétitions ou des protestations contre les médias ou les gouvernants, il est temps de reprendre la main, de réinvestir les lieux de pouvoir.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration empruntée ici