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Évangile

  • Un pape "simple" et radical

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    pape.jpgPour ses cent jours au Vatican, le pape François a prononcé encore une homélie très forte, incitant à la radicalité évangélique, encourageant les chrétiens à être révolutionnaires, je cite dans le texte. Alors certes, je ne pense pas qu'il entende par là une révolution au sens marxiste ou socialiste du terme, mais le terme est suffisamment clair me semble-t-il.

     

    Il entend par là que la foi n'est pas seulement une affaire privée, une sorte de gymnastique mentale et spirituelle pour « se sentir bien dans sa peau », mais qu'elle implique des exigences morales, sociales et personnelles bien loin du consumérisme idéologique actuel dominant aussi parmi les chrétiens :

    Une goutte d'humanitarisme « light » qui n'implique pas trop d'obligations, un zeste de syncrétisme, deux doigts de développement durable, un rien de commerce équitable, et quelques litres d'hypocrisie mièvre sur les chtits n'enfants n'africains....

     

    Il s'agit pour les catholiques d'être en cohérence, au moins un minimum, avec leur foi et la doctrine sociale de l'Église, qui n'a jamais été favorable à notre société libérale libertaire, et encore moins au monétarisme qui domine le niveau macro-économique. Alors bien entendu, il ne s'agit pas pour moi de juger qui est en cohérence, qui ne l'est pas ne l'étant pas moi-même et ne disposant pas de l'autorité morale ou de la sagesse nécessaire, ou d'indiquer des panacées pour y arriver, cela étant une affaire intime entre la personne et Dieu.

     

    Mais les fruits de comportements privés plus cohérents s'additionnant se feraient immédiatement sentir. Évidemment, dans une société où tout ce qui ressemble de près ou de loin à une obligation morale et personnelle envers les autres est considéré comme insupportable et arbitraire, hélas également chez les catholiques où personne ne veut se sentir forcé à aller jusqu'au bout, à être radical quant à l'Évangile, ce n'est pas une voie semée de pétales de roses.

     

    Le pape a également fustigé les communautés fermées dans lesquelles s'enferment volontiers les catholiques, qui choisissent une case confortable selon leur milieu et leurs appétences spirituelles :

    plutôt traditionnelle, plutôt progressiste et libertaire quant aux mœurs, charismatique et sur-affectif pour le défoulement-catharsis, où l'on trouve des réflexes sectaires qui transforment le christianisme en religions d'« initiés », les « appelés » étant toujours, est-ce étrange, les cadres des « sectes », pardon, des « communautés nouvelles ».

     

    Ces cases sont aussi des agences matrimoniales plus ou moins officieuses permettant de perpétuer l'endogamie de certains milieux privilégiés et d'éviter ce qu'ils considèrent comme des mésalliances. Dans les milieux du spectacle, des arts et de la culture, l'on apprécie particulièrement ce « vivier » d'épouses et époux sérieux et sérieuses, et bien dotés.

     

    Je peux presque comprendre cette endogamie qui nait de la crainte des catholiques de perdre leur identité celle-ci pouvant se dissoudre dans la société telle qu'elle est. C'est d'ailleurs ce qui arrive dans les familles « progressistes » où l'on a dit et répété aux enfants que la foi n'induit aucune obligation, ni prières, ni sacrements, l'intercession des prêtres y étant considérée comme accessoire.

     

     

    De cette homélie, les journalistes, mais aussi les ecclésiastiques médiatiques, dont le représentant des évêques de France ce matin, monseigneur Bernard Podvin, feignent de ne retenir seulement que la fameuse « simplicité » de ce pape qui va certes à l'essentiel sans fioritures, qui s'exprime comme un curé de campagne, alors que ce n'est pas l'essentiel. Louer la simplicité du pape, c'est très beau, mais c'est parfois plus intéressant d'écouter son discours, qui est d'ailleurs le même que celui de Benoît XVI dans « le Sel de la Terre » qui était certes plus intellectuel.


    illustration prise sur le site "la Croix"

  • Le curé de Thiberville

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    Cette vidéo rend triste.

    Mais je trouve important d'en parler.

    Je ne suis pas spécialement admiratif de l'abbé Michel qui peut susciter autant un violent rejet que l'adoration la plus vive comme tous les personnages controversés, il aime bien l'affrontement, la polémique, je ne suis même pas du tout tradionnaliste quant à la liturgie ; mais et ce mais est de taille il exerçait son rôle de pasteur alors que d'autres dans le diocèse, hélas ce n'est pas le seul, s'emploient méthodiquement à vider les églises en expliquant que de toutes façons la messe ce n'est pas le plus important, et que la Foi des chrétiens n'est qu'une vérité parmi beaucoup d'autres. On fait dans l'humanisme béat et très light à chaque cérémonie, les intentions de prières sont souvent un supplice pour les oreilles et le cerveau, sans se soucier plus que ça d'une spiritualité solide.

    On n'a pas parlé non plus de l'interdiction d'une messe familiale en rite extraordinaire célébrée par un jeune prêtre ébroïcien qui voulait simplement exprimer sa joie avec ses parents et amis. Rien ne justifie cette interdiction car le jeune prêtre est totalement d'Église.

    C'est ce que l'on demande à un prêtre, être un pasteur, et non refaire le monde comme un camelot de quinzaine commerciale tout en flattant l'orgueil ou la vanité de l'un ou de l'autre. Dans la vidéo ci-dessous, on nous explique doctement qu'il s'agit surtout d'un redéploiement administratif des paroisses, il est quand même dommage que cette explication soit la seule proposée. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un prêtre de diocèse est évincé d'une charge paroissiale car n'étant pas tout à fait dans la ligne de quelques évêques qui sont des évêques selon les voeux du festivisme actuel, voir le texte de  Philippe Muray. ce sont des évêques en phase...