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"droite évangélique"

  • Un bon catho est-il un catho qui ferme sa gueule ?

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    Sur Internet, mais pas seulement, ce sont à chaque fois les mêmes refrains, les mêmes poncifs, les mêmes injures, la même haine qui ressortent dés qu'un catholique ose ouvrir sa gueule pour parler crûment, mettre ses bijoux de famille sur la table et dire les choses telles qu'il les vit sans prendre de gants.

    politique, société, christianisme, foi, hypocrisie, "droite évangélique"Un catholique ne doit pas appeler un chat un chat, il se doit d'expier les fautes supposées de tous ces ancêtres ainsi que les rapportent l'histoire telle qu'elle est actuellement enseignée, et ce qu'il soit de gauche ou de droite.

    Dans le cas contraire, il sera un réactionnaire abominable, un emmerdeur, un empêcheur de tourner en rond, un salaud disons le tout net, un salaud infernal qui ne laisse pas les individus les plus progressistes, pas toujours les plus tolérants, exprimer tout leur fiel envers ses croyances et son Église, tout en prétendant exercer la même dérision et user des mêmes procédés contre toutes les religions, ce qui n'est que rarement le cas.

    Mais pour qui se prend-t-il ?

    Il ne manquerait plus qu'il soit nostalgique de périodes moins festivistes et plus équilibrées...

    La foi n'est pas constituée de guimauve, ce n'est pas une sorte de sirop sucré, sur affectif, telle que celui que l'on sert le plus souvent dans de grands rassemblements qui sont certes des plus sympathiques mais un rien creux, et « ghettoïsants »...

    Un catho dans la psyché de ceux qui déteste ses croyances, ce qu'elles impliquent sur le plan moral, éthique et personnel, ça doit être gentil tout plein, tendre forcément la joue gauche quand on le gifle sur la joue droite, accepter de bon coeur les railleries et moqueries souvent abjectes subies par sa foi ou son Église, parce que « c'est de l'humour » ou « de la dérision », mais pas n'importe quelle dérision bien entendu, de la dérision « citoyenne », à savoir celle qui très cadrées, très sage, consiste en l'occurence à tirer sur les mêmes ambulances depuis des décennies pour le plaisir de se conforter dans les certitudes libérales-libertaires qui sont ainsi que le rappelait Bernanos dans « la France contre les robots », encore une fois, autant de conspirations contre « toute espèce de vie intérieure ».

    Le catho ne doit surtout pas renvoyer les insultes, ne doit surtout pas essuyer les crachats, il faut qu'il paye absolument pour la culpabilité bien réelle de l'individu moderne, en allégeance totale au système spectaculaire et consumériste, qui se comporte autant qu'il le peut en gougnafier jouisseur étroit de ses désirs et pulsions primaires.

    C'est d'ailleurs de la faute du catho, et des tabous dits judéo-chrétiens, dont il serait le dépositaire, s'il ressent de la culpabilité, lui il ne voit pas de problèmes à se conduire aussi égoïstement, et aussi amoralement.

    Il cherche, et trouve parfois, uniquement son plaisir, et rien que cela, c'est pour lui parfaitement légitime, où est le problème ?

    A propos de morale, et des tabous qu'elle entrainerait, on s'étonne qu'il soit encore opposé à l'inceste, au viol, au crime, et j'en passe et des meilleurs. N'a-t-il jamais lu « Les Nourritures Terrestres » où Gide décrit une démarche, celle de Lafcadio, réellement logique et cohérente contre la morale ?

    L'individu moderne, persuadé d'être un modèle de progrès, a donc besoin de se défouler sur le bouc émissaire qu'il a immédiatement sous la main, à savoir le croyant catholique, un défouloir qui ne répondra rien, en théorie, et qui en plus renverra de lui en bonus l'image d'un être exceptionnel tellement progressiste, tellement en avance, et faisant preuve d'une dérision tellement élégante à l'égard de toutes les valeurs et des repères moraux considérés comme autant de freins insupportables à l'accomplissement de ses pulsions.

    L'image qu'il croit renvoyer est fondamentale pour l'individu moderne et libre. Il n'y a même que cela qui compte.

    Contrairement à ce qu'il affirme il sera également très à cheval sur la hiérarchie des statuts sociaux, autant qu'un officier de réserve, et saura taire son impertinence de pacotille face à un supérieur, ou toute personne qu'il estime lui être supérieure, le plus souvent selon des critères bien terre à terre et traditionnels, à savoir la réussite sociale et matérielle.

    Au fond c'est un conformiste...

    Dans les raouts mondains, c'est le premier à s'extasier de titres de noblesse ronflants, de fonctions officielles pantouflardes, à baiser la main de vieilles perruches emperlouzées et déplumées, mais riches, et à boire les paroles des pauvres petites filles riches elles aussi certes complètement névrosées la plupart du temps, anciennes pensionnaires du couvent des Oiseaux, en thérapie depuis leur enfance, et qui témoignent cependant de la même expérience en d'autres matières que les accortes employées des maisons de tolérance des faubourgs; un autre genre de pensions, d'où leur intérêt.

    L'individu moderne, libertaire et progressiste ne supportera pas ce petit coup de sang qu'il estimera indigne d'un catholique, car c'est le premier à distribuer les brevets de bonne catholicité, moralisant ceux qu'ils accusent de moraliser sans y voir de contradictions.

    Dessins de Goosens empruntée à ce blog, la dérision de Goosens est fine et renvoie à bien autre chose que les tirs sur ambulances habituelles...