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Poésie

  • L'impertinence au rang des beaux arts

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    Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

     

    "Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

     

    Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

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  • Une société bientôt sans livres

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    fahrenheit_451--1-.jpgEn France particulièrement où la littérature a encore un tout petit peu d'importance, tout comme un peu partout en Europe ou aux Etats Unis, plus personne ou presque ne lit réellement. Bien entendu, si l'on vend encore des livres à foison, si l'on distribue des journaux gratuits dans les transports en commun, si les livres sont des biens commerciaux comme d'autres encore en 2016, cela ne signifie pas pour autant qu'on les ouvre ni même qu'on les feuillette. Pas besoin de se donner cette peine avec les multiples sites de ventes en ligne et leur pseudo-appréciations d'acheteurs toujours enthousiastes on aura noté. L'impétrant lecteur s'en contentera, celui lui évitera des efforts intellectuels et il pourra alors se replonger dans « Candy Crush Saga ».

     

    Sinon, si les citoyens-consommateurs lisaient encore, quel inconscient achèterait encore Marc Lévy le roi du placement de produit et du roman de gare moderne, notre Delly 2.0 ou l'incomparable et si durassienne Marie Darrieuscq ? Le si émouvant David Foenkinos sous les rires pleins de tendresse ou la torturée Christine Angot et ses problèmes de psychanalyse mal réglés ? Le plus important en achetant l'ouvrage d'un de ces auteurs « bons clients » médiatiques, c'est surtout de mettre un de leurs livres bien en évidence sur la table basse du salon. Ce sont juste des objets d'ostentation sociale, pour se donner une aura ou une autre, pour peaufiner son image.

     

    Cela fera son effet lorsque l'on recevra des amis socialement moins pourvus. La personne cultivée ou réputée l'être pourra prendre un des bouquins dans les mains et en tourner les pages d'un air pénétré afin de bien faire comprendre qu'il tutoie les dieux des Lettres et les cimes intellectuelles....

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  • J'aimerai toujours Paris envers et contre vous

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    Ami lecteur tu le sais, sur ce blog , on parle souvent de Paris...

     

    paris1.JPG

    Tu sais combien j'aime cette ville passionnément...

     

    Voir à ce lien

     

    Bien souvent un politique ose encore refaire le coup de Paris contre la province comme si depuis Restif de la Bretonne ou Tallemant des Réaux rien n'avait changé dans la perception de la « ville-lumière ». Un parisien même s'il vit des décennies « en exil » restera le « parisien » chargé des pires défauts. Cela n'empêchera d'essayer de le rouler en le faisant payer des produits locaux deux fois leur valeur.

     

    Et la capitale reste la ville corruptrice...

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  • Joyeux Noël avec un ami

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    Kim et moi, le modeste et humble taulier de ce blog d'exception sans me vanter (sans blaguer..., ici je mettrais bien lol pour que les imbéciles comprennent qu'il y a ici deux doigts de dérision), vous souhaitons un Joyeux Noël en attendant la Troisième Guerre Mondiale qui ne devrait pas tarder tout comme le choc des civilisations que les imbéciles attendent de tous les côtés, il y a des signes qui ne trompent pas...

    « L’ignorance et la bêtise du peuple font la force du dictateur. »

    « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. L’ignorance est la nuit qui commence l’abîme. » Victor HUGO

    « L’ignorance est une mauvaise graine que les tyrans cultivent parmi leurs sujets, mais qu’aucune démocratie ne peut se permettre parmi ses citoyens. » William BEVERIDGE

    ci-dessous pour compenser le faciès de Kim une image de Scarlett devant notre sapin...

    1468542_10205723994007655_1777321838266407626_n.jpgpolitique,noël,amaury watremez

  • Vers la déesse...

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    Pier Paolo Pasolini – « la longue route de sable » Arléa éditions

    littérature, voyage, société, pasolini, cinéma, amaury watremezJe suis, le rappellerais-je, un sale petit bourgeois réactionnaire hédoniste, mais aussi étrange que celui puisse paraître mes écrivains préférés ont tous eu pour la plupart une conduite que la morale réprouve, ce qui en plus ne me choque absolument pas, surtout lorsque l'on parle littérature : j'aime entre autres Oscar Wilde, un homosexuel flamboyant, Proust un inverti notoire, Capote, une grande folle tordue, et un écrivain au destin tragique, Colette qui a eu des aventures féminines, et Pasolini, auteur du film chrétien le plus réussi qui ait été tourné, selon l’Évangile selon Saint Mathieu lu un soir qu'il s'arrêta seul dans une auberge perdue d'Ombrie alors qu'il tournait avec la Callas.

     

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  • « Kyrios Missel... » - « Le balcon de Spetsai » de Michel Déon

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    littérature, michel déon, Amaury Watremez, Grèce, SudÀ propos de « le Balcon de Spetsai » de Michel Déon en Gallimard Folio

     J'évoquais ici mes envies de Sud déjà...

    image ci-contre prise sur Amazon

     

    Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce livre qui invite à partir vers le Sud, qui je rappelle n'est pas le Sud réel mais un Sud utopique et rêvé, patrie des rêves et de ceux qui ont encore une âme, grâce à une opération du genre de « Paris plage » à Évreux, où des livres « mis au pilon » par la médiathèque locale, généralement des bouquins considérés comme « poussiéreux » et pas assez « dans le vent » de la modernitude sont proposés à la lecture des ébroïciens esseulés sur les bancs et chaises longues à disposition des « aoûtiens ».

     

    Ces livres sont tellement méprisés qu'ils sont là pour « faire genre » comme disent les djeuns : on sait très bien qu'ils ne seront pas lus. Déon, généralement classé à droite et parmi les « réacs » n'allait pas échapper à la main lourde des bibliothécaires de l'endroit dont la tâche de nos jours ressemble de plus en plus à celle des pompiers pyromanes de « Fahrenheit 451 ».

     

    Je dois te l'avouer ami lecteur, à l'exception du « Jeune Homme Vert », je ne suis pas vraiment fanatique des romans de cet auteur bien que moi-même « réac » et petit bourgeois hédoniste. Ce livre n'en est justement pas, c'est le journal de l'auteur racontant sa vie frugale mais heureuse sur son île perdue en Grèce avec sa femme avant qu'ils ne partent vivre en Irlande, autre paradis perdu. Toujours les esprits libres, dotés d'un minimum de sensibilité aux autres et au monde, ont eu à cœur de rechercher ces « déserts » loin de la sottise universelle, des préjugés, des lieux communs.

     

    Pourtant, ouvrant « le Balcon de Spetsai », je me suis laissé prendre et n'ai lâché ce livre qu'au bout d'une centaine de pages alors que des nuages menaçants s'amoncelaient au-dessus de la ville. Le bleu du ciel, le soleil éclatant un petit moment, et le bruit de l'eau de la rivière toute proche, ont été ce court instant qui me parut éternel le bleu du ciel de Méditerranée, le bruit de la rivière était celui des vagues à Nauplie ou Athènes, et le soleil était celui tiré par le char d’Apollon. Qu'à cela ne tienne j'ai alors continué ma lecture sous les portes du théâtre « à l'italienne » la pluie tombant comme une pluie tropicale comme sous ces latitudes à la verticale du soleil.

     

    Il évoque également des personnages littéraires de cette époque, des auteurs grecs, Katsimbalis et Katzanzakis, auteur de « Alexis Zorba » et de « le Christ recrucifié » et plus particulièrement les figures de Jacques Chardonne, charmeur avec les dames et cynique encore à soixante-dix-huit ans passés, et Paul Morand, deux autres écrivains rigoureusement « infréquentables » en nos temps de moralisation culturelle à tous crins, lui ayant rendu visite en ces lieux bénis par les dieux, les visages des villageois et des touristes, des étrangers qui sont contrairement à eux des « xenos » incapables de s'adapter, croyant bon d'affirmer sans cesse leur supériorité d'occidentaux libertaires, persuadés de venir guérir de leurs névroses comme ce peintre américain ne peignant que des phallus en diverses situations et sa compagne dont Déon raconte les tribulations tragi-comiques se terminant sur le suicide de l'« artiste ».

     

    Beaucoup plus que des pensums savants et doctes, beaucoup plus que des autofictions de voyage pénibles et narcissiques, Déon sait transmettre avec talent l'essence de ce qui est vraiment la Grèce et la Méditerranée en général, cette douceur de vivre et de respirer paradoxalement mêlées à une violence de sentiments et de sensibilités à fleur de peau. Il y arrive car son écriture a de la chair, du corps, qu'elle coule dans ses veines, qu'elle n'est pas sèche et seulement intellectuelle, que lorsqu'il décrit la peau des vieilles femmes et des vieux pêcheurs l'on a envie de leur caresser leurs rides, de même lorsqu'il peint la beauté des jeunes filles le lecteur sent sous sa paume frémir la douceur d'un sein rond et doux.

     

     

    Il est proche de ces gens dits « simples » par les bourgeois qui les méprisent, enviant leurs liens plus vrais au monde. Et alors qu'il rapporte de Paris des romans de jeunes auteurs, il les jette à la mer, n'en ayant pas besoin, connaissant un bonheur de tous les instants sur cette terre pour lui sainte, bonheur que je comprend l'ayant ressenti de même dans ces régions turbulentes mais que l'on se prend à aimer passionnément de Méditerranée, berceau de nos civilisations.

  • Une aventure du Petit Nicolas – le dernier jour d'école

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    Un hommage encore à Goscinny et Sempé...

    Il y a longtemps que j'avais donné des nouvelles des gosses surannés (tu te rends compte ami lecteur ils n'avaient pas de portable!) mais pas tant que ça, créations des deux auteurs sus-cités.

     

    littérature, société, petit Nicolas, Goscinny, Sempé, Amaury WatremezAujourd'hui c'est le dernier jour d'école, je suis bien content car c'est bientôt les vacances, et en vacances on part au bord de la mer avec Papa et Maman : Papa va pécher avec moi et quand on revient, quand Papa va à la poissonnerie, il m'achète toujours une grosse glace à la fraise chez le marchand qui a une petite roulotte avec des rayures rouges et blanches, et que je dois lui rappeler qu'il ne faut pas oublier d'acheter une jolie carte postale pour Mémé qui a dû rester à Paris. J'aime bien aussi quand je vais à la campagne avec la colonie de vacances où je retrouve des copains, on rigole bien. Les vacances c'est chouette !

     

    Je n'aime pas tellement l'école, mais j'aime bien ma maîtresse, elle est très gentille et nous voyons bien qu'elle a envie de rigoler avec nous quelques fois. Quand nous faisons les guignols, elle cache sa bouche derrière sa main, mais nous voyons bien qu'elle sourit, et alors elle est très jolie.

     

    Ce matin, le directeur est entré avec « le Bouillon » et monsieur Mouchabière qui a le même âge que le grand frère d'Eudes qui est militaire et qui lui ressemble (il a plein de boutons sur les joues), ce sont les grands qui l'appellent comme ça car dans le bouillon il y a des yeux et « le Bouillon » il dit toujours « regardez moi bien dans les yeux » quand il veut donner une punition.

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    La maîtresse a dit :

     

    « Debout » ;

     

    le directeur a dit :

     

    « Assis ».

     

    Nos chaises ont fait beaucoup de bruit, et là le directeur a eu l'air un peu fatigué et il s'est tamponné le visage avec son mouchoir en soupirant pendant que le « Bouillon » fronçait les sourcils et nous faisait « chut » en mettant son doigt sur sa bouche.

     

    Le directeur a un peu toussé et il nous a dit que c'était le dernier jour d'école pour l'année scolaire, que nous n'avions pas été particulièrement brillants et que nous étions encore bien dissipés.

     

    Je n'étais pas d'accord, j'avais fait dixième à la dernière composition de mathématiques quand la maîtresse n'avait interrogé que onze élèves et qu'elle avait mis un zéro à Clotaire qui avait oublié d'apprendre sa leçon, il avait été puni, la maîtresse lui avait interdit d'aller en récréation ; Clotaire a tellement l'habitude qu'il faut lui rappeler aussi quand c'est la récréation qu'il a le droit d'aller jouer avec nous.

     

    Agnan a levé la main, il avait le visage tout blanc et il a dit que la maîtresse ne lui avait pas donné ses cahiers de devoirs de vacances, qu'il était très inquiet et ses parents aussi parce qu'ils avaient déjà un programme de visites très chargé pendant les vacances et qu'il fallait tout prévoir.

     

    Il est fou Agnan !

     

    Il veut faire des devoirs pendant les grandes vacances !

     

    littérature, société, petit Nicolas, Goscinny, Sempé, Amaury WatremezLe directeur lui a dit que tout était prévu et que sa maman avait été très aimable de joindre un petit chèque pour les œuvres de l'école. Mais Agnan il n'avait pas l'air convaincu.

     

    Les copains avaient fait passer un petit mot qui disait qu'Agnan était un sale cafard, mais le Bouillon a vu Eudes le recevoir et est allé le chercher en le tirant par son oreille droite. En passant devant Agnan, Eudes lui a dit qu'il lui donnerait un coup de poing sur le nez pour la peine. Agnan est devenu tout rouge et il s'est roulé par terre en disant que personne ne l'aimait. Monsieur Mouchabière l'a relevé et l'a accompagné vers la sortie alors qu'Agnan reniflait en faisant beaucoup de bruit avec la figure toute rouge, ses lunettes de travers sur le nez.

     

    Le directeur paraissait très fatigué, il avait la main sur le visage et soupirait très fort. Il dit au « Bouillon » :

     

    « Quand je pense qu'il y en a qui parlent de vocation pour notre travail, les...(un mot que je n'ai pas entendu), et bien il reste fort à faire »

     

    Le directeur est sorti, la maîtresse a dit « Debout », le directeur a dit « Assis » en sortant, et il avait encore très chaud car il se tamponnait la figure souvent. C'est alors qu'Alceste a levé la main, de l'autre il époussetait les miettes du troisième pain au chocolat qu'il mange toujours quand le directeur nous rend visite : « On nous avait parlé d'un goûter madame ? ». La maîtresse a dit que ce n'était pas le moment des questions importunes, et Alceste a dû baisser la main en maugréant. Nous avons compris qu'il fallait arrêter de faire les guignols car la maîtresse avait les sourcils froncés elle aussi.

     

    à suivre...

     

     

    Illustrations dans les histoires du « petit Nicolas », aux éditions IMAV et chez Gallimard

  • La princesse qui grasseyait

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     whirlpool.jpgAmi lecteur, je n'ai pas l'air comme ça, mais je suis un vrai cœur d'artichaut, une vraie fleur de nave vinaigrette, prêt à m'emballer en deux secondes pour une beauté qui passe et qui s'en va à jamais au coin de la rue, ou à la station de métro suivante. Je te rassure également, je ne suis pas non plus un satyre qui poursuit les femmes en jouant de la flûte de Pan, et en me cachant derrière les réverbères. C'est que j'aime la beauté féminine passionnément. Ce n'est pas seulement pour leur enveloppe que je révère les jolies femmes, mais aussi pour l'intelligence qui rajoute à leur charme et leur donne encore plus de séduction, même si on peut se leurrer bien sûr.

     

    Avec cette jeune femme, c'était encore plus fort, bien que ne la connaissant ni d'Ève ni d'Adam, et hélas même pas bibliquement. Elle était mon supplice de Tantale quotidien. Elle passait chaque jour devant moi, laissant derrière elle un nuage de parfum délicat, dont j'étais persuadé que c'était à coup sûr quelques gouttes d'eau de Guerlain. Elle était toujours bien habillée, avec goût, et elle s'habillait avec féminité, et classe, deux choses très rares de nos jour, mettant en valeur des formes très éloignées des canons actuels de la mode qui valorisent les physiques d'ados anorexiques qui font la gueule.

     

    Elle avait un visage ovale et parfaitement dessiné, une bouche pulpeuse de celle à vanter les mérites du « rouge baiser », des yeux noisette piquants, un nez mutin. Son dos « perdait son nom avec beaucoup de grâce » (Brassens TM°), et son buste défiait fièrement les lois de la pesanteur, j'étais certain qu'elle n'avait aucunement besoin des miracles de la technique textile moderne. Elle avait des hanches d'une rondeur incomparablement douce.Elle avait de longs cheveux bouclés qu'elle tentait parfois de discipliner, mais qui encadraient joliment ses yeux.

     

    Elle s'habillait comme Gene Tierney dans « Whirlpool », d'un tailleur dont la jupe droite un peu longue enserrait divinement ses jambes, d'un petit chapeau élégant et chaussait de hauts talons sur lesquels elle savait marcher avec talent, ce qui est très rare de nos jours, l'art des hauts talons. Son aimable séant se balançait avec délicatesse quand elle s'en allait et je sombrais presque dans le vertige des sens que cela provoquait en moi.

     

    Un jour, n'y tenant plus, je me décidai à l'aborder, rougissant comme un adolescent timide à peine pubère. Mais ce fut elle qui vint vers moi, elle avait besoin de mes services. Horreur et putentrailles, elle grasseyait horriblement, elle avait la voix et l'accent d'une poisonnière du marché aux poissons ! Encore plein d'espoir, je lui demandais son prénom attendant sous un prétexte futile et escomptant avidement quelque chose de romantique qui me consolerait :

     

    Manon Lescaut, Ariane comme dans « Belle du Seigneur », Yvonne de Galais comme dans « le Grand Meaulnes »..

     

    Hélas, le désespoir fondit sur moi, elle s'appelait « Charlène » : « Châârlaaine » et son nom de famille exsudait autant le romantisme que « Bidochon »...

     

    Elle crut bon de rajouter qu'elle en avait marre de sortir pour utiliser son « Blaqueberry » que cela, je cite, « lui cassait les couilles », et qu'elle voulait savoir si elle pouvait le faire sans avoir à sortir de l'endroit où nous étions.


    Je n'ai plus du tout aimé cette petite conne prétentieuse.


    image : Gene Tierney dans "Whirlpool" prise ici

  • « Dépasser l'acide » dit le gourou du printemps de l'Amour

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    magic-bus.jpgJe n'avais jamais lu de livre de Tom Wolfe qui dans ses amis de gentleman sudiste a toujours fait la nique aux adeptes de la pensée globalement humaniste et d'une gentillesse à manger du foin. Si on veut vraiment le qualifier, on peut dire que c'est un genre d'« anar de droite » fasciné par les marges de la société, et qui se plaît à les explorer dans ses livres. Pour être honnête, j'avais un préjugé un peu défavorable contre lui du fait des adaptations de « l’Étoffe des héros », ou du « Bûcher des Vanités », que je trouvais sympathiques mais somme toute un peu lisses. Alors qu'il est tout sauf lisse dans ses ouvrages. Et je trouvais son personnage en costume immaculé un rien surjoué.

     

    « Acid Test » m'a fait changer d'avis.

     

    En 1964, Tom Wolfe, inventeur avec Norman Mailer, sacré boxeur politique, et Hunter Thompson, du vrai « nouveau » journalisme a suivi Ken Kesey et sa bande de « Merry Pranksters » dans une « équipée » baroque à travers l'Amérique à bord d'un car scolaire recouvert de peintures « fluo » censées éveiller les consciences des « rednekcs » et équipé de hauts parleurs géants afin d'inonder la moindre parcelle du territoire de musique « pop ». Diverses « inventions » devant ouvrir les consciences sacrément parsèment ce « magic bus » : un sac de couchage pour que chacun puisse onaniser à son aise devant tout le monde, un réfrigérateur rempli de jus d'orange mélangé à de l'acide, et du LSD.

     

    Ken Kesey est l'auteur du roman « Vol au-dessus d'un nid de coucous », très différent du film, qui beaucoup plus réaliste et moins allégorique, le livre étant une dystopie. J'ai tendance à penser d'ailleurs que le long métrage de Milos Forman, moins démonstratif, moins pesamment didactique, est bien meilleur et plus fin. Kesey tire cette histoire de son expérience dans un hopital psychiatrique où il travailla quelques temps dessinant les malades, interrogeant les infirmiers, et se fascinant pour un chef indien mutique enfermé dans cet endroit depuis son adolescence, « Chief Broom ! »,  symbole pour lui de l'aliénation de nos sociétés...

     

    Passant quelques temps en prison pour des expérimentations de drogues diverses et variées, et psychédéliques, il devient le gourou d'un petit groupe de frappadingues, de rêveurs, d'illuminés, voire d'anciens soldats, de dragueurs compulsifs, de cinéastes géniaux et méconnus, bien entendu ; et ses paroles sont paroles d'Evangile, pas moins, à Haight Ashburys à San Francisco, le quartier général des « hippies », des déclassés, des marginaux, et des gosses en recherche de bonne fortune sexuelle facile à obtenir.

     

    Il est caustique avec eux, se demandant par exemple pourquoi des êtres tellement libres et épris d'ouvertures de leur esprit ont tant besoin d'un gourou qui s'il n'est pas Charles Manson, la face sombre du « Summer of love », la « face B » des années 60, ainsi qu'Altamont qui crèvera le rêve, n'en est pas moins jaloux de son pouvoir et de son ascendant sur tous les « enfants perdus » qui se mettent spontanément sous sa coupe qu'ils pensent « éclairée ».

     

    Il est souvent ironique en les décrivant, mais on sent derrière ce ton souvent acerbe, et réjouissant, une véritable affection pour toutes ces personnes qui même si elles se fourvoient complètement dans leur recherche auront toujours des idéaux de vie plus élevés que les citoyens consommateurs cyber-autistes adeptes du moindre gadget informatique que l'on croise dans les rues de nos jours. C'est d'ailleurs surtout Ken Kesey qui a le droit aux « traits » les plus piquants de Tom Wolfe qui montre bien que Ken est un imbécile pontifiant qui profite de son auditoire pour faire passer la moindre sottise qu'il prononce, le moindre lieu commun qu'il balance, pour une vérité d'une spiritualité très élevée.

     

    Dans leur périple, Ken et les « Pranksters » croisent Tim Leary, les Beatles et quelques allumés, des « rednecks » qui ne sont jamais hostiles ou rarement, malgré le mépris que Kesey leur montre, toujours simplement curieux de savoir pourquoi dans ce car tout en couleurs fluorescentes on s'agite autant. Ken fait de la télé-réalité avant la lettre demandant à ce que tous leurs arrêts soient filmés et enregistrés intégralement certainement pour l'exégèse futur de ses propos par des admirateurs enthousiastes aujourd'hui, maintenant et à jamais et pour les siècles des siècles.

     

    Amen, et Loués soient les laboratoires Sandoz (où fut testé sous contrôle médical au départ le LSD)...

     

    Tom-Wolfe-006.jpegSi tout cela était sympathique et certes brouillon, désordonné et certes parfois pénible, il faut quand même se dire que dans les années 80 plutôt que de chercher à changer le monde on « joggera » en écoutant les cours de la Bourse à la radio ainsi que l'écrivait Hunter Thompson, plus tard on gardera le nez rivé à son « smartphone », souvent plus « smart » que son ou sa propriétaire d'ailleurs, téléphone comme un substitut masturbatoire, comme un ersatz de tétine afin de ne jamais surtout perdre le lien d'avec son « cocon », son « réseau » d'amis plus ou moins réels...

     

     

    Le "Magic Bus" des "Pranksters" vient d'ici

    Tom Wolfe jeune, image prise ici


    Ci-dessous un zeste de psychédélisme en musique

  • L'enfant sur le banc

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    nostalgie, enfance, société, politique, idéaux, fidélitéSur son blog, dans un article, un écrivain dont j'aime en particulier les nouvelles et ses essais personnels sur les lunettes noires ou les « départementales » des temps anciens, maintenant hélas révolus, ces routes que l'on voyait en couleurs « pastel » sur les cartes « Vidal de Lablache » (des cartes sur lesquelles on apprenait à découvrir un pays ami jeune, et son identité, c'était bien plus profond et charnel que d'écouter la voix enregistrée d'un GPS, fût-il perfectionné), se demande s'il est resté fidèle au jeune homme qu'il était à dix-neuf ans alors qu'il arrive à l'orée de la cinquantaine.

     

    J'ai souvent été injuste avec lui, bêtement méchant et facilement caustique, j'en ai conscience. Et la part d'enfance caché derrière ma cuirasse de causticité déteste cela. Je devrais plus l'écouter.

     

    Toi qui me lis encore, amie lectrice pour qui parfois j'écris exclusivement, tu le disais déjà, selon toi je suis comme les ours, par peur d'être dressé contre mon gré, par peur d'être blessé, je donne des coups de patte brutaux parfois là où il ne faut pas et je fais mal beaucoup plus que je ne le devrais alors que je pourrais être simplement amical et fraternel au delà de ce qui nous sépare.

     

    nostalgie, enfance, société, politique, idéaux, fidélitéJe me suis demandé également à quelle part de mon enfance ou de mon adolescence je suis fidèle. Un de mes proches le dit souvent, de toutes façons on reste d'une manière ou d'une autre l'enfant que l'on a été, avec ses peurs, ses angoisses, ses espoirs.

     

    Quelque part, au fond de mon âme, derrière les pétarades caustiques, la rigueur appuyée et les répliques se voulant cinglantes, je suis resté ce petit garçon qui adorait se promener dans les jardins du Luxembourg, qui se croyait dans un parc enchanté quand il découvrait les petits ânes sur lesquels on faisait monter les enfants, qui rêvait de voyages fabuleux en regardant les bateaux sur le bassin en face du Sénat, et qui dans le métro, vers la Tour Eiffel ou devant quelque monument « art déco » en poutrelles métalliques et rivets, pensait que le « Nautilus » du film de Richard Fleischer allait surgir des entrailles des rues déchirant soudain les pavés ou le bitume en vagues majestueuses.

     

    Dans les rues parisiennes, celles du quartier de la place des Victoires où ses parents habitaient, à l'époque ce n'était pas une réserve « bobo » et aisée, ou celles du quartier latin où ses parents l'emmenaient souvent, il croyait croiser les personnages des contes de Pierre Gripari, lui aussi il connaissait un épicier kabyle qui avait un petit garçon comme papa Bachir, mais aussi le « Passe-Murailles » ou le garçon portant les « bottes de Sept Lieues » imaginés par Marcel Aymé, histoires dans lesquelles il a appris à lire avec « les contes du Chat perché ». Il avait une marraine toujours entourée d'animaux qui était comme une "vouivre"  parisienne. Parfois, au « Luco » ou près du Panthéon, lorsque je me promène, je sens le parfum du tabac blond que fumait mon grand-père qui m'emmenait souvent aux chevaux de bois près de « la Mouffe »...

     

    Le quotidien devient merveilleux pour les enfants capables de rêver, même de rêvasser. Ils ont la poésie qui leur vient plus naturellement.

     

    On ne devrait jamais empêcher un potache de soupirer en regardant avec nostalgie derrière la fenêtre de la salle de classe, ce qu'il fait de moins en moins on m'objectera, le potache ayant malheureusement le nez collé à l'écran du gadget électronique superflu qui ne quitte jamais la paume de sa main. Ces gadgets empoisonnent toutes les rêveries, y compris quand l'on suit d'un regard admiratif les jolies jambes d'une jeune femme et que l'on s'aperçoit que cette conne est pendue à son téléphone dit « portable » à débiter les pires « anodineries » à un correspondant parfois imaginaire, le téléphone permettant paraît-il de se donner une contenance.

     

    Ce petit garçon ne supportait pas d'être séparé de ses proches, c'était toujours pour lui un déchirement, et sa plus grande peur. Et  parfois je le vois ouvrir de grands yeux horrifiés quand je lance une méchanceté ou une horreur qui se veut ironique, il n'aime pas ça du tout. Ce sont les imbéciles qui rit méchamment, qui ont la tentation de sombrer dans le mépris, pas les personnes gentilles pour ce petit gosse. Il ne comprenait pas les mauvaises blagues et les ricanements, du moins jusqu'à un certain âge où il a saisi que les grandes personnes se contentaient de très peu de choses comme idéaux de vie, et qu'elles sont rarement dignes de confiance. Et il s'est protégé en ayant de la répartie...

     nostalgie,enfance,société,politique,idéaux,fidélité

    Ce petit garçon au fond de moi, il se souvient souvent de ses soirs délicieux sur Paris quand les « tambours » noirs et rouges des bus étaient comme autant de repères magiques pour emprunter la voie de songes éveillés au milieu des briques, des bruits des voitures, des pavés et des parisiens pressés. Je l'avais perdu de vue depuis longtemps cette part d'enfance, d'insouciance et d'ouverture au bonheur, je l'ai retrouvé dans un square de banlieue avec des enfants qui me sont proches il y a quelques jours et hier dans le jardin de la « Chapelle Expiatoire » alors que je regardais poindre le crépuscule au dessus de l'immeuble où vécut ce « feu follet » qui était Proust.

     

    Le petit garçon était revenu à côté de moi sur le banc de bois, il me suggéra que je pouvais rester là toute la vie, même en étant sans le sou, à condition d'avoir des bons livres à livre, et un peu de papier pour écrire ou dessiner...

     

    Mais comme je suis devenu une grande personne et que les grandes personnes ne sont décidément pas raisonnables, je me levais et le laissais là, le regard perdu dans ses pensées...


    photos de l'auteur - Amaury Watremez (TM°)

  • L'amour horticole

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    LE-PETIT-PRINCE-ET-SA-ROSE.jpg

    "A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l'entretenir." Barbey d'Aurevilly


    Ami lecteur, amie lectrice, il paraît que je suis trop négatif, que je ne vois pas assez le côté positif de la vie, la vie qui est un cadeau « 'tu 'ois », avec les petits z-oiseaux, les nuages roses dans le ciel bleu « tu 'ois », ces cieux pénibles et insupportables toujours bleus des pubs du monde moderne où le progrès progressiste a fait faire un bond gigantesque aux consciences qui sont maintenant libérés de toute haine, de toute discorde, on le voit bien sur Internet, divers forums et réseaux dits sociaux.

     

    L'esprit critique, la causticité, l'individu moderne la tolère chez des personnages de fiction, comme le Docteur House, qui le libèrent de toutes ses frustrations, le consolent de toutes les lâchetés qu'il a commises, mais il ne le supporte pas dans la vie de tous les jours où il estime que tout le monde devrait se conduire comme lui, ou elle, en esclave soumis du progrès progressiste et de l'humanisme « lamanièredeux », aucun ne comprenant que la dérision n'est qu'une autre manière de manifester sa pudeur, une façon de faire diversion. Je ne suis pas le premier caustique à parler d'amour horticole, ainsi Ronsard qui pour dire à sa belle Hélène qu'elle étai somme toute une belle chieuse la compare plus élégamment certes à une rose qui va bien se fâner un jour.

     

    Je vais donc ce soir parler de mon rapport aux femmes, qui est, je l'ai compris comme une illumination hier, en arrosant des géraniums ("les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse" ainsi que l'a dit un philosophe d'une grande sagesse), un rapport essentiellement horticole, je vais expliquer ce que j’entends par là, tu vas voir, ami lecteur, ami lectrice tu ne vas pas être déçu-e même si je suis à peu près certain que tu vas trouver le rapprochement de l'amour avec le jardinage assez osé, voire encore un peu cynique...

     

    A l'instar d'un aviateur écrivain, canonisé depuis pour son beau livre sur un petit garçon tombé d'une planète lointaine, et amoureux d'une rose (j'ironise mais j'aime beaucoup Saint Ex'), j'ai longtemps vu les femmes comme des roses, à la fois fragiles et se protégeant de leurs épines, s'épanouissant dans un jardin, grand ou petit, entourées ou non d'autres fleurs, parfois croyant leurs épines inefficaces et laissant les mauvaises herbes les envahir croyant être plus fortes de cette manière, c'est que les mauvaises herbes leur laissent entendre, tout comme les pucerons, parasites du jardin qui font la cour aux roses pour en faire leur « quatre heures ».

     

    Cela a toujours été le même processus avec mes différentes égéries et autres dulcinées. Je les arrosais avec régularité (n'y voyez aucune allusion graveleuse bien entendu, seulement une allégorie des attentions que j'avais avec elles), je les écoutais, et j'essayais de comprendre le mystère humain caché derrière le personnage, énigme qui est celle de tout être humain, énigme qui les empêchaient de « fleurir » et de s'épanouir, d'où mes soins horticoles et patients, ma recherche du meilleur terreau, la quête de l'engrais le plus efficace. Certaines parmi les fleurs ayant des goûts bien arrêtés en la matière, c'était un travail de tous les instants pour qu'à la fin d'aucunes parmi ses fleurs résistent, les ingrates !, à la cueillette.

     

    Je tombais donc toujours amoureux de jolies femmes qui recherchaient un amant qui soit aussi un psy à ses heures mais aussi un grand frère « un peu incestueux » et paternel et leur « meilleure copine » capable de faire du shopping avec elles sans râler : ce n'était pas très difficile pour moi d'accéder à cette demande car je trouve qu'il y a un côté très sensuel dans les parfums, les tissus frôlés, leur glissement, leur douceur au toucher (mais j'arrête là car je m'égare).

     

     

    Une fois l’énigme démêlée, le mystère dissipé, certaines perdaient tout intérêt pour moi ainsi que me le fit remarquer l'une d'elles un jour, avec qui je suis resté ami, qui nota également qu'une ou deux fois je m'étais laissé prendre dans les mauvaises herbes et que je tombai profondément amoureux bien malgré moi, ne supportant pas que ce soit d'autres qui profitent du joli bouquet ou parfois de la plante verte exotique. Il y a une de ces « petites fleurs fragiles », coincidence c'est la signification de son prénom en grec, dont j'ai été et suis toujours inconsolable que cela amuserait. A l'époque où je l'ai connue, elle se faisait passer pour un genre de coquelicot qui pousse au bord des routes, attirant le regard et les fantasmes, mais elle était bel et bien cette petit fleur sans défense perdue dans un jardin public au milieu des hortensias et des buissons de buis épais et touffus...


    image empruntée à ce blog horticole et spirituel

  • Le Paradis déjà ici

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    308085_10150297251388396_1880766_n.jpgCes photos, prises non loin de chez Barbey à Carteret, m'ont rappelé quelque chose de tellement évident.

    312576_10150297251573396_6652028_n.jpgLe Paradis est déjà là, il est dans la beauté tout autour de nous, celle de la Nature, la beauté des femmes, la douceur des paysages qui incitent simplement à vivre et jouir de la vie, ce qui n'exclut pas de partager les joies les peines.

    Le reste est de la littérature...

  • La banlieue sur scène et dans les coulisses

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    On en parle aussi sur Agoravox

     « On se rend alors compte où qu'on vous a mis. Les maisons vous pos­sèdent, toutes pisseuses qu'elles sont, plates façades, leur cœur est au propriétaire. Lui on le voit jamais. Il n'oserait pas se montrer. I1 envoie son gérant, la vache. On dit pour­tant dans le quartier qu'il est bien aimable le proprio quand on le rencontre. Ça n'engage à rien.

    image ci-dessous empruntée ici

    ChellesDSR42CV.jpg

     

    La lumière du ciel à Rancy, c'est la même qu'à Détroit, du jus de fumée qui trempe la plaine depuis Levallois. Un rebut de bâtisses tenues par des gadoues noires au sol. Les cheminées, des petites et des hautes, ça fait pareil de loin qu'au bord de la mer les gros piquets dans la vase.

    Là dedans, c'est nous. »

    « En banlieue », Céline, dans « La Voyage au bout de la Nuit »

    « J'ai une vision romantique et quelque peu oblique de la banlieue: j'admire sincèrement ces familles qui tentent de survivre en s'endettant pour se payer une maison identique à toutes les autres. »

    Interview de Harlan Coben dans « Lire », juin 2005.

    La banlieue n'a jamais été très belle, jamais très agréable. La banlieue c'est moche, c'est souvent gris, ça pue l'essence mais je m'y sens à la maison.

    En banlieue, comme à Paris, du moins pour ce qu'il en reste, on peut dire à un vaniteux qu'il est vaniteux, à un con qu'il est con, à un poète local qu'il est nul, à un érudit de sous-préfecture qu'il est ignare, personne ne s'en offusque. On ridiculise aussitôt les bons apôtres, les chefs de rayon qui jouent les esprits avancés, les anars syndiqués et les révolutionaires , tous ceux qui aimeraient bien être sortis de la cuisse de Jupiter alors qu'ils ne sont qu'à peine ses rognures d'ongles.

    On pourrait vite sombrer dans le misérabilisme, la noirceur et les descriptions bien sordides, ne voir que la pauvreté, l'accent faubourien, aux accents traînants, et la délinquance. On pourrait parler des foules compactes sur les quais de gare, les VRP en veste orange qui attendent le train à côté des poivrots désoeuvrés, des filles vulgaires et des petits voyous bruyants.

    On pourrait avoir des formules à la Céline, quand il parle de « Rancy » dans « le Voyage au bout de la nuit », avec des points de suspension et d'exclamation bien placés.

    On passerait à côté de la poésie que même les barres de béton peuvent dégager, une poésie noire, anthracite, mais une poésie quand même.

    C'est la lecture de ce livre de Laurent Quesnel, qui en vient, y vit et y vivra encore longtemps, sur la ville de Chelles à travers les cartes postales et autres photographies en noir et blanc qui m'a donné envie d'évoquer la banlieue. Dans cet ouvrage on suit son évolution au cours des décennies, quand celle-ci est encore plus ou moins rurale, voire paysanne, quand les parisiens viennent y danser, à la guinguette, du nom du premier propriétaire de ce genre d'établissement.

    Elle a bien changé la banlieue, y compris en trente ans, si elle a gardé certains de ses anciens aspects, elle est surtout devenue une zone de complète relégation sociale, communautariste au dernier degré.

    On ne la reconnaît plus vraiment.

    Ceux qui n'y habitent pas ont de soudains enthousiasmes pour ce qu'ils s'imaginent être des mouvement artistiques féconds, qu'ils transforment parfois à leur idée pour adoucir les choses, ainsi le slam, plus agréable et confortable pour les oreilles des plus favorisés qui trouvent là l'occasion de montrer combien, en toute modestie, ils sont ouverts et cultivés, et modernes.

    Ceux qui n'y vivent pas en loue parfois la diversité, ils trouvent ça tellement beau. Ils ne comprennent pas que ce sont souvent des personnes qui ne veulent pas se mélanger entre habitants de la banlieue, d'une part, et qui ne veulent surtout pas entendre parler d'autres cultures que la leur.

    image ci-dessous empruntée à ce lien

     

    tardi-en-banlieue.jpgTardi aussi a aimé se promener en banlieue. Son album, « Tardi en banlieue », n'est pas exactement une oeuvre littéraire à part entière car il s'agit en fait du recueil de dessins au fusain et peintures acryliques du père de « Adèle Blanc-Sec » avec un texte de Vautrin.

    Le dessinateur s'y montre peut-être plus célinien que pour ses illustrations du "Voyage au bout de la nuit" qui ne valent pas Gus Bofa, et que l'on peut trouver plus chichiteuses. Il y conchie le grisâtre de la banlieue, les tours, les petits bourgeois qui promènent le chien, les boutures de milicien qui tiennent un molosse au bout d'une laisse, les vieilles cachées derrière leur rideau, les abrutis bêtement repliés sur eux-mêmes et souvent alcooliques, les employés de bureau maussades, les vigiles et leurs chiens, les solitudes, les petitesses, les préjugés.

    Ses dessins ont cependant tous bien une certaine poésie, celle de la nostalgie de quelque chose paraissant définitivement enfui. Les lignes à haute tension sont autant de barreaux qui cachent le ciel. Mais le ciel on continue à le voir quand même. Car au bout du compte, c'est tout ce qui importe.

  • Yannick Noah et la gentillesse « über alles »

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    Noah est encore un des personnages les plus en vue, les mieux considérés par les français, un peu plus encore alors que la gentillesse « über alles » en vogue de nos jours gagne quotidiennement du terrain, je parle de cette idée complètement frelatée de la gentillesse qui consiste en quelques clichés que l'on retrouve partour, d'une pub pour jambon sous vide à une chanson pour jeunes concernés. Je me souviens de la victoire de Noah en 1983 à Roland Garros, tout le monde l'adulait déjà en tant que sportif, ses dents « du bonheur », ses « dreadlocks ».

    7da8aa221a_photo.jpgLes tapeurs de djembé affalés en grappes à la sortie du métro le prenaient déjà comme idole et modèle :

    « Il était trop coool tu comprends, t'vois, avant les matchs, il fumait un gros pétard avec les joueurs, t'vois, ça c'est trop coool ».

    Certains mauvais esprits très très méchants lançaient sur lui de très mauvaises blagues témoignant de leur méchanceté presque certaine, comme par exemple celle qui demandait pourquoi Noah ne monte jamais au filet pendant les matchs.

    Il était déjà très gentil, très concerné lui aussi par le monde qui l'entoure tout comme sa maman, institutrice, que l'on sent parfaite elle aussi là-dessus et ayant depuis fort longtemps sa carte de chrétienne de gauche lectrice de Télérama.

    Et en germe en lui, on trouvait ce discours politiquement extrèmement gênant à n'en pas douter pour le pouvoir, les militaires et les puissances d'argent. Parce que dire que la mort, c'est pas bien, que la guerre c'est mal et que l'on est tous frères, ça gêne encore beaucoup de gens, n'est-ce pas ?

    Noah aime rendre service gràce à la bonne éducation de sa maman au développement durable, et au commerce équitable (Quoi ? L'« évasion » fiscale de Noah est en contradiction avec toutes ces belles paroles, vous avez trop mauvais esprit). Et alors que personne pourtant ne le lui demandait, tout seul, il a réécrit les paroles de « la Marseillaise », parce que « tu vois, la Marseillaise, les paroles, elles sont plus adaptées au XXIème siècle ».

    Jusque là, je serais presque d'accord, « la Marseillaise » n'est pas un beau chant, c'est même un chant très violent. Seulement, c'est quand même l'hymne national et quelques centaines de milliers de soldats sont morts en l'entendant pendant les guerres.

    J'aime beaucoup le refrain qui nous dit comme la nature est belle, comme Francis Lalanne, Noah aime beaucoup les arbres : « Aux arbres citoyens ! ». Puis il se fait historien et revient sur les travers de notre pays qu'il constate dans une des strophes que je cite ici :

    « Notre histoire prend l'eau

    Reste notre idéal

    "Faire les beaux" ».

    J'ai cherché ce qu'il entendait par faire le beau, était-ce se dresser sur les papattes arrière en attrapant un morceau de sucre avec les dents ? Ou bien était-ce se pavaner ? Car c'est mal pour un esprit aussi gentil que celui de Noah d'être fier d'au moins une partie de l'histoire ou de la culture de son pays, « c'est comme ça qu'on fait les guerres tu vois » comme il aime à répéter en interview, alors que l'on sait que ce qui fonde la nation ce n'est pas l'envie de faire la guerre aux voisins mais plutôt le désir de fraternité et de partager les mêmes valeurs, la même langue, le même territoire avec d'autres.

    Il dit aussi ces autres superbes vers dignes de Victor Hugo à Jersey :

    « Puisqu'il faut changer les choses

    Aux arbres citoyens !

    Il est grand temps qu'on propose

    Un monde pour demain ! ».

    C'est aussi positif et aussi gentil que les indignations proposées par Stéphane Hessel qu'il rejoint dans son combat pour la gentillesse « über alles ».

    Je propose quant à moi de mettre fin à l'évasion fiscale de ces privilégiés qui ne veulent pas partager leur magot avec les moins favorisés, pour qu'il serve à construire des écoles, des routes ou des hopitaux (enfin, ce à quoi l'argent des impôts devrait être idéalement employé).

    Ci-dessous « la Marseillaise » de Gainsbourg, que je préfère à celle de Noah, voir par ici le texte complet de sa fabuleuse version...

  • « Inception » – Christopher Nolan

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    Qu'est-ce qui reste du réel ?

    inception-poster-2.jpegBeaucoup d'écrivains se sont déjà demandé ce qui est vraiment réel dans ce monde. La réponse n'est pas si évidente que cela, et nous vivons dans un monde où la réalité s'effiloche progressivement. L'un d'eux en est presque devenu fou, Philip K. Dick mais a approché plus que les autres les simulacres que l'on nous présente comme des certitudes bien tangibles, le pouvoir entre autres. Pour Dick, c'était lié aussi à la mort de sa sœur jumelle, pour lui il était mort et sa sœur vivait, ou l'inverse, ou alors il était le seul être vivant au monde et tout les autres étaient morts, ou des projections de son esprit, c'est un peu l'idée de « Requiem pour Philip K. Dick », excellent roman qui rend hommage à l'écrivain et ouvre des perspectives fabuleuses. Philip K. Dick avait déjà largement développé sa réflexion sur le sujet dans « Ubik ».

    « Inception » ressemble beaucoup à ses livres, du concept complètement dingue du film jusqu'à la narration à plusieurs niveaux. C'est aussi un « blockbuster » de l'été, un film d'action pour brouteurs de pop-corn, mais un film d'action cérébral et pervers, une sorte de méta-jeu vidéo où le joueur jouerait tous les niveaux en même temps, un film quantique en somme. J'en ai vu quelques uns parmi les brouteurs qui sont sortis en plein milieu du film car « c'était trop dur à comprendre » et que le réalisateur avait « fumé des trucs » car imaginer ou rêver, se hisser au dessus de la norme est devenu en 2010 pour le troupeau aveugle une forme d'aliénation mentale.

    Le deuxième thème du film est également passionnant, qu'est-ce qui se passe quand on a rencontré la femme de sa vie, celle que l'on attendait depuis longtemps et qu'on l'a perdue ? Qu'est-ce qui reste du réel quand l'absence de l'être aimé détruit la réalité ? Le passé, les souvenirs, les rêves, les fantasmes, deviennent la seule trame du quotidien et plus rien ne compte sauf le désespoir qui pousse aux remords et à l'auto-destruction.

    Dom Cobb, joué par Léonardo Di Caprio, est un extracteur, un voleur de secrets industriels qui entre dans les rêves des gens pour leur voler leurs idées. Il est aidé de Nash, l'architecte des pseudos-rêves qui permettent les larcins, et d'Arthur, qui s'occupe de la cohésion de ces pseudo-songes, le tout par la technique des « rêves partagés », dont on apprend au cours du film que c'est également devenu comme une drogue pour de nombreuses personnes dans le monde entier.

    Pour Philip K. Dick justement, l'amour était la seule réalité comme pour l'auteur inconnu de l'histoire d'Orphée et Eurydice. Combien d'hommes ou de femmes sont prêts à aller jusqu'aux enfers pour retrouver la femme,l'homme qu'ils aiment ?

    Les imbéciles, tant pis pour eux, s'arrêteront à l'image de stars pour midinettes de Léo, image bien écornée depuis « Shutter Island » entre autres, et ne se rappelleront que des niaiseries tournées en France par Marion Cotillard. Ici, bien dirigée, elle joue parfaitement son rôle. Dommage pour les imbéciles qui manqueront un film aux images proprement époustouflantes.

    Attention spoilers...

    Au début du film, le personnage de Léonardo Di Caprio essaie de violer l'esprit d'un certain Saito, Ken Watanabe, qui s'en aperçoit grâce à l'aide d'une mystérieuse femme qui n'est autre que la femme de Cobb, Mall, jouée par Mario Cotillard. Saito arrive à faire s'écrouler le rêve, Arthur et Cobb sont obligés de se réveiller dans un autre endroit, une chambre d'hôtel dans un pays africain en pleine guerre civile, Saito croit avoir piégé Cobb mais il réalise que c'est encore un rêve. Celui-ci, impressionné, propose alors un travail ultime à Cobb, lui promettant de l'aider à rentrer aux États Unis, où il risque une lourde peine de prison, et de revoir ses enfants. Cobb accepte et recrute une nouvelle équipe dont Ariane, Ellen Page, et Yusuf, expert en sédatifs. Il s'agit cette fois de créer un rêve dans le rêve dans le rêve afin d'implanter une idée dans le cerveau de Robert Fisher, joué par Cillian Murphy, le poussant à démanteler l'empire industriel de son père et ainsi aider Saito à devenir le numéro un. Cobb a cependant a cependant oublié de signaler à son équipe qu'il est hanté par la mort de sa femme, qui s'est suicidée, pensant ainsi revenir au réel, mais peut-être n'avait-elle pas tort, qui intervient dans tous ses rêves partagés, ainsi que par le visage de ses enfants. Mall, à chacune de ses « apparitions », lui affirme qu'il n'est toujours pas revenu dans le monde réel. Pour lui c'est qu'elle est perdue dans les « limbes » des rêves, incapable de distinguer rêve et réalité, seule dans le monde qu'ils s'étaient créés, un univers rien que pour eux.

    La fin du film semble montrer que Mall disait bel et bien la vérité...

  • Comment digérer 1 kilo de poésie de Charles Dantzig.

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    Je me suis souvenu, une fois ce recueil refermé, d'une formule pseudo-publicitaire de Desproges pour décrire le livre d'un nouveau romantique : « deux kilos de romantisme pour le prix d'un litre de débouche-évier ».

    20090110PHOWWW00003.jpgJe l'avoue, ce livre, « la Diva aux longs cils » fut très dur à digérer, il laisse également songeur. On ne va pas réécrire les « lettres à un jeune poète » de Rilke, mais il me semble que de nombreuses personnes seraient inspirées de le relire, les conseils qu'il dispense étant toujours excellents : éviter les thèmes galvaudés, comme parler toujours d'amour, les expressions toutes faites, la facilité, les fausses audaces, à ça je rajouterais aussi l'érudition mal placée. Je pense que là le lecteur voit à peu près où je veux en venir. De plus c'est très délicat de critiquer les poèmes d'un écrivain, on a toujours l'impression que l'on attaque l'intimité de la personne, l'auteur se livrant peut-être plus en poésie. Cependant, il prend volontairement et consciemment un risque en les publiant, risque donc qu'il est prêt à assumer.

    Dont acte.

    Charles Dantzig écrit des poèmes un peu comme ceux de Marguerite Yourcenar qui n'y entendait goutte. Il les écrit de manière très appliquée, un peu laborieuse, enfin à la manière laborieuse d'un bon élève, et ses textes manque de chair, d'entrailles, de sueur. Il n'y a pas de grands mystères derrière, pas d'abîmes ni de ciel infini. Tout cela est bien sage et bien cadré. Il rappelle les « fils de pharmacien », comme on disait avant, ces garçons bien élevés, choyés par la vie, cultivés mais un peu trop snobs, enfermés dans leur personnage et leurs préjugés, des dandies sans dandysme.

    Il réfléchit trop, cela manque de coeur.

    Comme beaucoup de personnes très savantes, des érudits de grande culture, il se reconstruit un monde personnel qui n'a rien à voir avec le monde réel. Il cite des références quand il parle d'un sujet et ces références sont parfois largement désuètes et parfaitement ridicules, comme citer Loti quand on s'intéresse au Proche-Orient. Le Proche-Orient de Pierre Loti c'est un peu comme un monument du Facteur Cheval, de loin ça ressemble à une cathédrale, de près, on voit bien que c'est largement de bric et de broc, et complètement factice.

    Il se permet des audaces qui maintenant n'effraient plus grand-monde, comme comparer les lumières filtrées par les vitraux des cathédrales aux stroboscopes des boîtes de nuit. Y-a-t-il là-dessous une préoccupation spirituelle ? Est-ce pour signaler le matérialisme de notre époque ou que nous dansons au-dessus du volcan ? J'ai quelques doutes.

    Dans un autre poème, il parle du disco qui envahit les rues d'une ville méditerranéenne. Cela ne dépasse pas à mon humble avis le stade de l'anecdote type « Nouvelles Frontières », du touriste qui trouve tellement sympathique et mignon toutes ces couleurs dans les souks ou les toits ripolinés des « favelas » de Rio ou des bidonvilles de Calcutta tels que filmés au début d'une bluette gentiment « équitable » sortie l'année dernière. Et quand il parle d'amour et de femmes, il me rappelle Montherlant, les dames sont de charmantes choses jolies à regarder, qui font bien sur la photo, mais ce qu'elles ont a dire importe peu au bout du compte. Il les définit d'une formule souvent bien trouvée mais un peu vaine. Ce n'est plus exactement un carnet de rendez-vous mais plutôt un magazine de mode avec quelques modèles prenant la pose.

    Toutes choses déjà lues et relues très souvent, un rien ennuyeuses.

  • Un peu d'Omar Khayyam pour oublier les burquas

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    La culture musulmane ce n'est pas que les burquas et l'intégrisme des barbus, la bêtise obtuse, c'est aussi le poète persan Omar Khayyam.

    Quelques strophes de ses Roubaïates ci-dessous.

    khayyam2.jpg7

    "Je veux boire tant et tant de vin
    que l'odeur puisse en sortir de terre quand j'y serai rentré,
    que les buveurs à moitié ivres de la veille qui viendront sur ma tombe
    puissent, par l'effet seul de cette odeur, tomber ivre-morts.

    8

    Dans la religion de l'espérance attache-toi autant le coeur que tu pourras;
    dans celle de la présence lie-toi avec un ami parfait;
    sache le bien, cent kaabas, faites de terre et d'eau, ne valent pas un coeur,
    Laisse donc là ta kaaba et va plutôt à la recherche d'un coeur.

    9

    Le jour où je prends dans ma main une coupe de vin
    et où, dans la joie de mon âme, je deviens ivre-mort, alors,
    dans cet état de feu qui me dévore, je vois cent miracles se réaliser,
    le mystère de toutes choses me devient aussi clair que l'eau."

    Et aussi la 22

    “Qui croira jamais que celui qui a modelé la coupe
    puisse songer à la détruire? Toutes ces belles têtes,
    tous ces beaux bras, toutes ces mains charmantes,
    par quel amour ont-ils été créés, et par quelle haine sont-ils détruits?”

  • Frédéric Lefèbvre est-il un sapin de Noèl ?

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    frederic-lefebvre-inutile.1221054266.jpgQuand on pose la question : untel est-il un con ? Généralement le untel, ou la unetelle, peut s'offusquer, et faire étalage de sa connerie en hurlant à la diffamation. Les cons osent tout, Madame Morano ne me contredira pas sur ce point.

    Alors que se faire assimiler à un sapin de Noèl, c'est plus mignon, plus gentil, c'est joli un sapin de Noèl, ça cache parfois des cadeaux, de très belles perles, voire même ça donne ses boules en partage, quoique dans le cas de Frédéric Lefèbvre je ne suis pas sûr. Quant à moi, j'ai toujours adoré les godillots, les suivistes sans réfléchir, les bons petits soldats qui se jetteraient à la flotte pour faire plaisir à leur grand homme ou grande femme, les grégaires enthousiastes. C'est parfois à pleurer, car le pire c'est que ce genre de personnage docile va très loin sous les cieux de notre beau pays.

    Maintenant, tout comme Madame Bachelot, Madame Pécresse, ou notre hyper-président en condensé, Frédéric Lefèbvre ne tolère plus, ne supporte plus la moindre contradiction de ses opinions tout comme celle opposée à la politique du gouvernement qu'il représente. Moins sournois que d'autres qui visent clairement les présidentielles de 2017 sans trop le dire mais en y pensant très fort, c'est un bon petit sapin de Noèl méritant que le porte-parole de l'UMP, qui a certainement des compétences en matière psychiatrique (pour raisons professionnelles ou personnelles ?) pour se permettre de juger dingues ses adversaires (un vieux refrain des républiques bananières ou des totalitarismes, l'adversaire est un malade psy).

    Quand j'aperçois sa mini-vague, son costume de premier communiant, je sais que je ne serais jamais déçu. Il n'y a jamais de répit avec lui, jamais de silence gêné, il va jusqu'au bout. Et c'est pour cela que je pense que c'est un sapin de Noèl de concours que ce brave homme. La certitude rend fou disait ma grand-mère à moins que ce ne soit Nitche, qui ne lui ressemblait pas du tout, à ma grand-mère, et qui est mort dingue, la certitude d'avoir raison tout le temps, d'être certain de ne jamais se gourer. Il faut savoir que le sapin de Noèl a toujours raison, toujours, il ne commet jamais d'erreurs, même contre toute évidence, le mettrait-on en face du réel qu'il ne veut pas le voir, comme le montre la vidéo ci-dessous.

    Parfois les sapins de Noèl se croient hilarants...

  • Vivre délibérément loin de la société des hommes

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    Concord_MA_Fall_102604_108_Thoreau_Cabin_Walden_Pond.jpgHenry David THOREAU.
    I went to the woods because I wanted to live deliberately.
    I wanted to live deep and suck out the marrow of live.
    To put to newt all that was not life.
    And not, when I came to die, discover that I had not lived.

    Je suis allé dans les bois parce que je voulais vivre délibérément.
    Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie.
    Réduire à néant tout ce qui n'était pas la vie.
    Et ne pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu.

    extrait de "Walden", Where I lived, and what I lived for.

  • Poème pour les victimes de la guerre israèlo-palestinienne

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    poème de Zouheir Abou Chayeb, poète palestinien

    Merci à Florence Trocmé créatrice de Poezibao qui me l'a envoyé dans sa newsletter

    Nous n'avons pas beaucoup rêvé

    std_0048.1170951622.JPGIl ne reste que le sable
    Ni les arbres n’étendent leur ombre sur les dormeurs,
    Ni le vent ne s’assouplit lorsqu’une femme le touche,
    Ni nos âmes ne nous suffisent…
    Nous sommes sortis de l’enfance comme des papillons
    Nous avons brûlé autour du feu de la première femme
    Et avec sa sagesse la cendre nous a rendus malheureux
    Nous étions pressés
    Alors nous n’avons pas tété le lait des mères
    Nous n’avons pas reniflé l’odeur des pères

    Et le ciel ne nous a pas parlé, comme nos parents le souhaitaient

    Nous étions pressés
    Nous sommes nés
    Nous avons improvisé la mort, le sens
    Et nous nous sommes improvisés nous-mêmes
    Nous n’avons pas beaucoup rêvé
    Nous n’étions pas sur la terre
    Sur les murs nous avons seulement écrit nos cœurs

    Nous étions pressés
    Nous avons grandi comme une obsession dans la nuit
    Embryons, nous avions égaré
    Nos premiers corps et maisons
    Et nos soucis

    Pas de ciel pour nous ombrager
    ni terre qui porte la nôtre
    Alors nous avons empli la nuit de fantômes
    Nous avons grandi
    Et soudain nous nous sommes inclinés pour dire adieu aux choses
    Avant de les quitter
    Nous n’avons pas tété le lait maternel
    Et la glaise n’a pas encore séché sur nos os
    Il ne reste que le sable
    Même les prophètes ont jeté les gouttes de lumière
    Et se sont retirés dans leurs prières
    Même le ciel est parti sans nous regarder.

    Zouheir Abou Chayeb, poème publié dans Le poème palestinien contemporain, édition bilingue arabe-français, choix des textes et présentation de Ghassan Zaqtan, traductions d’Antoine Jockey, avant-propos d’Eric Brogniet, Le Taillis-Pré, 2008, p. 43 (voir ici)


  • Extrait de "La bonne chanson" de Verlaine

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    Un peu de contemplation poètique pour adoucir les moeurs entre deux notes polémiques...

    verlaine.jpgPuisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore,
    Puisque, après m'avoir fui longtemps, l'espoir veut bien
    Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore,
    Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,

    C'en est fait à présent des funestes pensées,
    C'en est fait des mauvais rêves, ah ! c'en est fait
    Surtout de l'ironie et des lèvres pincées
    Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait.

    Arrière aussi les poings crispés et la colère
    À propos des méchants et des sots rencontrés;
    Arrière la rancune abominable ! arrière
    L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés !

    Car je veux, maintenant qu'un Être de lumière
    A dans ma nuit profonde émis cette clarté
    D'une amour à la fois immortelle et première,
    De par la grâce, le sourire et la bonté,

    Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces,
    Par toi conduit, ô main où tremblera ma main,
    Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses
    Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ;

    Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie,
    Vers le but où le sort dirigera mes pas,
    Sans violence, sans remords et sans envie :
    Ce sera le devoir heureux aux gais combats.

    Et comme, pour bercer les lenteurs de la route
    Je chanterai des airs ingénus, je me dis
    Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute;
    Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.

  • Semaine de la langue française, du 14 au 24 mars 2008 :

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    Les mots de la rencontre - par Jean-Claude Grosse (son site)

    457221684.jpgSemaine de la langue française, du 14 au 24 mars 2008 :
    les mots de la rencontre.

    Les 10 mots sont : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s’attabler, tact, toi, visage.

    Voici ce que j'en ai fait.

    1- Deuil / clin d’œil

    Nous nous sommes séparés
    sans avoir réussi à nous apprivoiser
    Ce que je n’ai pu te dire
    ce qui aurait dû se dire
    – mais j’étais paralysé
    la peur d’être ridiculisé –
    je te le dis ici
    sur ce papier
    pour ne l’avoir pas dit sur le fait
    Je n’ai pas aimé ton arrivée
    Pour l’agressivité j’étais prêt
    Tu me dérangeais
    J’étais déboussolé
    Nous nous sommes rencontrés
    J’étais noué
    J’ai aimé ta façon
    jubilatoire
    de me dénouer
    de me déjouer
    Je me suis parlé
    mis en mots
    mis à table
    Toi
    tu t’en es servie
    pour te jouer de moi
    sans tact
    À ce jeu
    tu as vite gagné la partie
    Je ne savais pas que
    la moquerie est l’arme de la profonde incursion
    dans le territoire de l’autre
    Je me suis dit :
    Elle n’est pas ce qu’elle paraît
    cela est attesté par  son visage
     par sa voix
    car j’ai aimé ta voix
    telle qu’elle est encore sauvage
    mais de ce stage
    tu attendais de la dévoyer
    comme tu l’as fait
    de ton corps que tu as pris à bras le corps
    pour en faire ce corps de danse qui prend feu dans tes solos
    Alors je me suis dit :
    Fais une profonde incursion dans son territoire
    ce vendredi
    dis-lui
    j’aimerais masser ton dos
    pour parfaire notre duo
    mais j’avais peur que tu m’envoies paître
    de ta voix non domestiquée encore
    que tu nous faisais entendre la nuit
    à ton insu du creux de tes draps de lit
    où j’aurais tant voulu faire des folies
    dans un touchant corps à corps

    Sur le plancher
    par deux fois je me suis approché

  • Une poèsie de Jean-Claude Grosse

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    S'agrandit en cliquant dessus...74792982.jpg1674591357.JPG 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (le paysage est le Revest qu'il affectionne)

  • La rose et le réséda d'Aragon

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    A Gabiel Péri et d'Estienne d'Orves
    Comme à Guy Moquet et Gilbert Dru7848f76a82a0b68b55e1cbf77dc8f695.jpg

    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous deux adoraient la belle
    Prisonnière des soldats
    Lequel montait à l'échelle
    Et lequel guettait en bas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Qu'importe comment s'appelle
    Cette clarté sur leur pas
    Que l'un fut de la chapelle
    Et l'autre s'y dérobât
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous les deux étaient fidèles
    Des lèvres du coeur des bras
    Et tous les deux disaient qu'elle
    Vive et qui vivra verra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Du haut de la citadelle
    La sentinelle tira
    Par deux fois et l'un chancelle
    L'autre tombe qui mourra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Ils sont en prison Lequel
    A le plus triste grabat
    Lequel plus que l'autre gèle
    Lequel préfère les rats
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Un rebelle est un rebelle
    Deux sanglots font un seul glas
    Et quand vient l'aube cruelle
    Passent de vie à trépas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Répétant le nom de celle
    Qu'aucun des deux ne trompa
    Et leur sang rouge ruisselle
    Même couleur même éclat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Il coule il coule il se mêle9b49e8f6d01c6faef4e8dbecac725b4b.jpg
    À la terre qu'il aima
    Pour qu'à la saison nouvelle
    Mûrisse un raisin muscat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    L'un court et l'autre a des ailes
    De Bretagne ou du Jura
    Et framboise ou mirabelle
    Le grillon rechantera
    Dites flûte ou violoncelle
    Le double amour qui brûla
    L'alouette et l'hirondelle
    La rose et le réséda

    Aragon: La rose et le réséda

    extrait de "la Diane Française" éditions Seghers

    En haut Honoré d'Estienne d'Orves, premier fusillé pour faits de résistance et en bas Guy Môquet

  • Enivrez-vous - Charles Baudelaire

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    ENIVREZ-VOUS

    afd74d4b97f4868990ccead8595628ee.jpgIl faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

    Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

    (In Les petits poèmes en prose)

  • Venez à moi - de Léonard Eliot

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    Poème que j'ai emprunté à son très bon blog

    medium_voyage_1_.jpgvenez à moi
    essayer
    une douceur effrayante

    regardez la verdure soumise
    en grappes délectables
    l'eau du pommeau de douche
    brûlant vos plaies ouvertes

        [ma maison est]
    un hâvre de sable crissant
    et de poussière dans les dents

    venez à moi
    relancer
    le suspens de vos vies

    enlacez les arbres tordus
    en artères craquelantes
    la fumée de mes cigarettes
    brûlant vos yeux mourants

        [ma maison est]
    de bois qui se dessèche
    et de poussière dans les dents

    Lien permanent Catégories : Poésie
  • Chant VI - un extrait de "La bonne chanson"

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    Chant VI
    medium_verlaine2.jpg"La lune blanche
    Luit dans les bois
    De chaque branche
    Part une voix
    Sous la ramée...
    0 bien-aimée.
    L'étang reflète,
    Profond miroir,
    La silhouette
    Du saule noir
    Où le vent pleure...
    Rêvons, c'est l'heure.
    Un vaste et tendre
    Apaisement
    Semble descendre
    Du firmament
    Que l'astre irise...
    C'est l'heure exquise."

    Lien permanent Catégories : Poésie
  • "La bonne chanson" - Paul Verlaine

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    Poètes mauvais garçons
    medium_verlaine.jpgIl me semblait, mais à tort, que les poètes actuels étaient en majorité de braves gens très honorables, des hommes et femmes de bon milieu occupant leur oisiveté mais ne vivant que modérément les excès à la manière de Verlaine ou Rimbaud. Je sombrai dans le cliché du poète maudit et asocial avec complaisance. Il y a en effet des poètes actuels qui vivent intensément, ou qui fréquentent les milieux les moins fréquentables. Certains sont aussi auteurs de polars...
    Il manque à cette édition la préface d'Antoine Blondin sur Verlaine, avec qui il partageait le goût peu sage des bistros, la promiscuité populaire des cafés les moins chics, où dans les villes se mélangent tous les milieux sans retenue, les conversations jusqu'à très tard ou plus soif, sur la littérature ou pas… Bien sûr, on ne parlera pas des cafés comme "le Flore" ou "les 2 Magots", ou d'autres plus select, voire ceux de la rue Bonaparte chers à Blondin, maintenant réservés aux élites autoproclamées : il n'y a plus ni flacon, ni ivresse, au moins littéraire.
    J'aime passionnément Verlaine, que je préfère largement à Rimbaud ou même Baudelaire, pour la douce musique de ses vers, la floraison des images subtiles et le rythme des vers. On y sent des effluves de l'étrangeté des paysages de Picardie ou du Nord, leur sensualité animale et leur raffinement hyper civilisé dans le même temps.

    Titre : La bonne chanson | Auteur : Paul Verlaine | Editeur : Gallimard

  • Extrait de "Zone" dans "Alcools"

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    medium_rue.2.jpg J'ai vu ce matin une rue dont j'ai oublié le nom
    Neuve et propre du soleil elle était le clairon
    Les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes
    Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
    Le matin par trois fois la sirène y gémit
    Une cloche rageuse y aboie vers midi
    Les inscriptions des enseignes et des murailles
    Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
    J'aime la grâce de cette rue industrielle
    Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

  • Alcools - Apollinaire

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    La poésie n'est pas rentable...
    medium_apollinaire_guillaumex.jpg...Et c'est ce qui fait tout son intérêt. Elle souffre de beaucoup de clichés caricaturaux : la mièvrerie, l'introversion maladive... A notre époque, on recherche toujours l'intention, ce qu'il y a derrière, l'utilité sociale d'une oeuvre. Quelle utilité sociale pourrait bien avoir pour un idéologue dogmatique d'un bord ou de l'autre une introspection sur les amours défuntes et l'angoisse du temps qui passe. Et si ce n'était que ça qui comptât, ce qu'Appolinaire veut nous faire partager devant l'horreur du monde, simplement la recherche de la beauté qui demeure encore autour de nous.
    La beauté est partout : même dans un sac de plastique soulevé par le vent sur le parking d'un supermarché comme dans "American Beauty", dans l'amour que l'on porte à une autre personne, dans un immeuble de banlieue aussi, dans un livre quand l'auteur suscite une émotion. C'est une autre recherche du temps perdu.

    Titre : Alcools | Auteur : Guillaume Apollinaire | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Poésie