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Philosophie

  • La nouvelle trahison des clercs

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    Les catholiques ne représentent certes plus grand monde en France. Je parle ici des catholiques pratiquants réguliers : de 1 à 2 % de la population globale. Et pourtant ce qu'ils disent, les valeurs qu'ils soutiennent, est encore largement commenté, critiqué, raillé voire injurié. Cela pour les catholiques qui ne sont pas en phase. Ceux qui le sont, dont le discours est comme il faut dans l'air du temps, sont tolérés comme des "cathos de service" gentils, bien braves mais un peu carencés intellectuellement. Dans ces catholiques je compte la majorité des clercs en France dont la conférence des évêques de France dans sa plus grande part.

     

    Ou alors, on aime bien le pape François qui a de grandes déclarations très belles, avec lesquelles tout le monde est d'accord mais qui n'engagent pas grand-chose....

     

    Quand les catholiques de ce genre sortent de ce rôle, ils sont tous mis dans le même sac de l'atroce réaction. Ils ne l'ont d'ailleurs pas encore compris et s'évertuent à répéter sur tous les tons qu'ils ne sont pas de droite, qu'ils ne sont pas traditionalistes, qu'ils aiment beaucoup le progrès, les changements sociétaux, qu'ils sont très, très ouverts. Rien n'y fait, ils sont rejetés dans les ténèbres extérieures de l'enfer des bien-pensants. Cela ne serait pas bien grave si ces catholiques d'âge mûr pour la plupart qui ne sont plus qu'une minorité n'avaient plus aucun pouvoir de nuisance.

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  • Les Lettres contre la connerie

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    à propos de "Endetté comme une mule" de Eric Losfeld réédité chez Tristram en "souple"

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    Littérature, société, politique, censure, connerie, amaury watremezJ'ai eu envie de lire ce livre car au-delà de tous les clivages, des brouilles, des colères, la littérature et l'appétence pour icelle est toujours la plus forte dans ce que je partage avec d'autres (de "vieilles connaissances pour reprendre le terme de l'auteur de l'article en lien) comme moi passionnés par les Lettres. Dans cette biographie, Eric Losfeld, éditeur célèbre de livres sulfureux en son temps, des ouvrages des surréalistes, des bouquins érotiques à deux sous, des BD novatrices pour adultes telles "Barbarella" ou "Pravda la surviveuse", évoque cette même passion pour la chose écrite et comment il en est venu à l'édition après un parcours personnel pour le moins original. Il raconte ses rencontres avec des personnages connus, d'autres plus modestes, leur accordant à chacun la même bienveillance, la même sympathie. Il est également heureux qu'il soit très subjectif quant à ses affections littéraires, qui ne sont pas toujours les miennes. Mais quelle importance ?

     

    Cette pseudo objectivité affichée depuis quelques décennies par les critiques, les auteurs, les critiques est de toutes façons particulièrement pénible. Elle les encourage à une vision scolaire, laborieuse, trop appliquée et difficile à supporter de la littérature. Celle-ci doit automatiquement servir à porter une cause, fût-ce de manière parfaitement ridicule, fût-ce bien après ce que l'on dénonce. Quand l'on ne sait pas trop quoi dénoncer, contre quoi s'indigner, il est d'usage de dénoncer encore et toujours le nazisme au nom du "plus jamais ça". Cela ne mange pas de pain, tout le monde est d'accord. Et personne n'osera dénoncer le ridicule d'une telle démarche par peur d'être assimilé au camp du Mal englobant toute la droite en général....

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  • Je n'est plus du tout un autre

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     politique, société, présidentielles 2017, amaury watremez, littératureA notre époque on n'a jamais autant évoqué l'autre, le « vivrensemble », l'altérité, l'empathie. Et le tout n'a jamais été aussi peu pratiqué. Bien entendu, demeurent quelques « autres » emblématiques. Ces « autres » sont forcément d'origine étrangère, pratiquent l'Islam en général, une religion « exotique » pour quelques uns. Ce n'est pas que la société ou ce qu'il en reste après le détricotage méthodique de tout ce qui faisait lien, excepté l'argent, se soucie réellement de la « différence » emblématique de ces populations, qu'elle s'en inquiète. Elle y serait même complètement indifférente.

     

    Ce sont juste comme les anciens bourgeois qui avaient « leurs » pauvres, elle a les « siens ». Les nantis ont ainsi l'impression d'être de grands humanistes, d'être soucieux du progrès. Le tout renvoie d'eux une image flatteuse. Et il est intimé au reste de la population d'emprunter cette voie sans se poser de questions.

     

    Si d'aventure, quelqu'un se moque de ces hypocrisies, ne serait-ce que de façon embryonnaire, timide, il risque instantanément de se voir assimilé aux nostalgiques des systèmes politiques les plus totalitaires du début du XXème siècle. Il se fera injurié, traîné dans la boue. On rappellera abjectement Oradour, Vichy etc....

     

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  • Les élites hier et aujourd'hui

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    politique, société, héritiers, économie, école, amaury watremez, élites, trumpLes élites sont aujourd'hui contestées de toute part. Pour une raison simple, elles s'auto-entretiennent et sont parfaitement étanches au reste du peuple. De toutes façons le peuple les indiffère, un ramassis de ploucs sans éducation ni revenus conséquents et encore moins de réseaux. Il a un défaut ce peuple, il ne vote plus ce qu'on lui intimait de voter auparavant et conteste les élites et les institutions dans leur ensemble. Il est vrai que bien souvent ceux qui contestent le pouvoir des élites en sont clairement issus. On ne peut leur reprocher d'être lucides et de désirer un monde plus équitable.

     

    J'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre  ce reproche. Moi-même qui écrit ce texte j'ai fait des études supérieures et fait objectivement partie des professions que l'on pourrait classer dans ces "bourgeois pédagogues" que je brocarde allègrement par ailleurs. J'ai du mal à l'écrire sans rire mais je fais partie de ces "élites" indubitablement...

     

    La reproduction sociale des privilèges a toujours existé sous tous les cieux et tous les régimes politiques car "là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie" et donc des injustices. Cependant, la société a toujours prévu un ascenseur social, une méritocratie afin de s'élever selon son travail et les services rendus aux autres pour le Bien Commun. Cela existait déjà sous l'Ancien Régime à travers la noblesse dite "de robe". Le chancelier Séguier sous Louis XIV est un exemple de cette méritocratie. Il est arrivé au sommet de l'État de par son travail. Rappelons que ses parents étaient épiciers en somme...

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  • La littérature c'est dangereux

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    12049180_1634898010118914_676968919393246799_n-2.jpg?itok=dVyAPNp0Premier article d'une série d'une dizaine...

     

    D'un côté l'on prétend que le niveau aurait tellement baissé que l'on ne pourrait plus évoquer Baudelaire ou Chateaubriand à des jeunes, ou des adultes, uniquement préoccupés du dernier modèle de « smartphone », apparaissant comme)des « digital natives » rivés à leurs écrans. Sur ce côté de la rive l'on déplore le retour de la Littérature comme domaine réservé uniquement à une élite. C’est il est vrai- le cas. Après une période de démocratisation des livres, ne fût-ce que par la création du « Livre de Poche » à la Librairie Générale Française ou des collections « Folio » chez Gallimard et « Points » au Seuil, la lecture ne concerne plus qu'une niche de jeunes et de moins jeunes disposant d'un « background » et d'un environnement de plus en plus rares.

     

    De l'autre, l'on affirme qu'il faudrait ne considérer les Lettres et leur enseignement que sous un angle utilitaire voire utilitariste, toujours le plus possible proche de l'univers mental et des préoccupations des générations actuelles, qu'il faut délaisser les littérateurs poussiéreux, les mettre au pilon, car leur propos ne serait plus suffisamment adapté à la modernité. Il faudrait sans cesse renvoyer les lecteurs à leur présent, leurs centres d'intérêt, à eux-mêmes sans que l'on ne précise ce qu'il en est de la nécessaire ouverture à d'autres perceptions, d'autres univers mentaux.

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  • Évacuation efficace d'intégristes à Paris

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    politique, société, religions, christianisme, gallicanisme, société, france, sainte rita, paris, amaury watremez

    Cet article est sur Causeur

     

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    L'église sainte Rita est bien connue dans le XVème. Elle abritait des chrétiens gallicans,plus ou moins proches des milieux catholiques traditionalistes, et était connue pour ses enterrements et son cimetière d'animaux de compagnie.

     

    L'« association des chapelles catholiques et apostoliques » gérant le lieu l'a vendu à un promoteur immobilier, Garibaldi, en vue d'une opération sans doute juteuse. Ce ne serait pas la première fois à Paris on le sait. Elle a été évacuée ce mercredi matin à la demande de l'association d'une cinquantaine de protestataires présents depuis 6h30 du matin dont le prêtre en habits sacerdotaux trainé à terre sans plus de ménagements. On voit sur la vidéo les égards des forces de l'ordre envers les personnes présentes...

     

    La préfecture de police de Paris a pourtant pudiquement évoqué sans rire une opération sans incidents majeurs....

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  • Des chrétiens forcément homophobes

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    politique, société, chrétiens, catholiques, islam, homophobie, amaury watremezDés qu'un taré fanatique se réclamant de Daech commet un massacre au nom des valeurs de l'Islam, il se trouvera toujours un commentateur ou un éditorialiste distingué pour comparer avec l'homophobie chrétienne et assimiler tous les chrétiens, surtout les catholiques, aux affidés « rednecks » de Trump, majoritairement protestants, ou aux traditionalistes délirants de Civitas, parfois c'est juste l'envie de choquer le bourgeois, ce que je peux certes comprendre. Pire encore, si un chrétien dit sincèrement toute son horreur du massacre d'Orlando il sera alors soupçonné de double langage, d'intentions suspectes. C'est quand même un peu facile.

     

    Et puis il faut bien dire qu'avec les catholiques on risque quand même moins la rafale de « kalachnikov » (TM°) en pleine tête...

     

    Ainsi que de nombreux chrétiens j'en ai ras le bol de cette assimilation réductrice et caricaturale dés que l'on souhaite ne serait-ce qu'un petit peu parler de l'homophobie bien présente pourtant en Islam. Je songe quand même à tous ces gosses qui se font violenter, brutaliser, maltraiter dans l'indifférence et la lâcheté dés que ne serait-ce que suspects de mœurs ne convenant pas à tel ou tel imam. Ce ne sont pas des cas isolés d'imam gay, de musulmans fiers d'être homos, des exceptions confirmant la règle parmi les musulmans qui changeront la réalité de ces faits concrets. Et l'hypothèse de l'homosexualité de l'assassin d'Orlando tout comme celle de Salah Abdelslam n'y changent rien.

     

    Au contraire, cela confirmerait ce que j'affirme...

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  • Sidération explication perdition

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    politique, société, islam, terrorisme, amaury watremezIls sont nombreux à s'étonner encore sidérés littéralement par les attentats du 13 novembre tels un lapin pris dans les phares du 4X4 d'un quinquagénaire ayant besoin de compenser son micropénis de notable, (je ne sais pas si tu en fais partie ami lecteur) :

     

    Comment a-t-on pu en arriver à une telle situation d'une gravité aussi évidente ?

     

    Comment a pu naître une telle coupure entre les populations en France et en Europe ?

     

    Comment les choses ont-elles pu dégénérer à ce niveau de rejet de l'autre, de violences, de haine poussant des gosses mêmes pas précaires à massacrer aveuglément ?

     

    Et comment se fait-il que notre société soit incapable de réactions autres que l'émotion ?

     

    Pourquoi le « vivrensemble » est-il mort et enterré depuis déjà longtemps...

     

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  • La solitude au milieu de la foule moderne

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    solitude-psychotherapie-et-psychocoaching-asnieres-sur-seine.jpgEn 2015, on est frappé, et effrayé, par le nombre de personnes seules. Je ne parle pas ici des personnes célibataires ne vivant pas en couple pouvant avoir une vie intérieure et extérieure profonde et active, mais de personnes complètement seules et n'ayant plus aucun lien avec personne, que ce soit des liens amicaux ou familiaux. La plupart du temps, afin de ne pas avoir le sentiment de perdre la face devant la foule, elles jouent un personnage, ainsi que sur une scène. Bien que les subissant lourdement, elles respectent les normes sociales, les paradigmes de bonne conduite dans notre monde. Elles entretiennent leur image dans la vie ou sur le réseau.

     

    Il arrive aussi qu'elles n'y fassent même plus attention, ne jouant même plus la comédie. Elles sont comme des âmes en peine dans les rues des villes, les gares et les galeries commerçantes géantes, seules oasis bien illusoires de la société spectaculaire. A cette solitude se mêle souvent d'une précarité sociale extrêmement dure. Les autres les regardent avec un mépris non dissimulé, affecté, et aussi avec peur, la peur de se retrouver dans la même situation difficile... 

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  • Une Holden Caulfied des années 60...

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    Joyce Maynard - « une adolescence américaine » en 10/18

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    Généralement lorsqu'on lit un auteur de talent, doué pour mettre en branle son « métro émotif », on entend littéralement sa voix en tournant les pages de ses œuvres qu'il raconte ou non une histoire personnelle. En lisant les premières pages de « une adolescence américaine » de Joyce Maynard, acheté pour se désennuyer un jour d'été morne et dépeuplé dans une ville de province, la chose est arrivé de suite. Cela s'appelle le style. Il est bien oublié par la plupart des auteurs français actuels qui se piquent même pour certains de faire de la « non littérature » voire de la « non écriture » en prétendant rédiger de « l'autofiction » moyen comme un autre d'économiser le prix des séances chez un « réducteur de têtes » et de faire de l'argent avec des névroses de pauvre petite fille ou pauvre petit garçon riche.

     

    Dans ce livre traduit en français en 2012, Joyce Maynard raconte sa vie d'adolescente dans les années 60, une jeune fille un peu hors normes et mal dans sa peau et se croyant la seule à l'être alors que ce mal-être est sans doute une constante chez la majorité des jeunes ainsi qu'elle l'écrit dans sa préface à cette édition. Sa voix est presque la même que celle de son moi de dix-huit ans, âge auquel elle écrivit cette chronique douce-amère en partie à cause du succès d'un article qu'elle écrivait pour le New York Times après avoir eu le culot sympathique -ou l'inconscience- de demander à pouvoir le faire au rédacteur en chef de ce journal....

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  • (Re)Lectures de vacances - « Rigodon » de Céline

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    En « Folio » chez Gallimard

     

    littérature, céline, société, politique, amaury watremezAprès avoir lu et relu la biographie de l'auteur par Philippe Muray, j'ai relu « Rigodon », le dernier roman de Céline, sa publication étant suivi par sa Lucette après sa mort. J'ai commencé à le lire en Seconde son premier gros oeuvre, en cours de physique, le « Voyage au bout de la nuit ». Le livre m'a marqué de suite, l'émotivité à fleur de ligne...L'horreur de la foutue modernité... L'amour qui sauve -un peu- et, ou la beauté des femmes...Et les copains...

     

    Je dois t'avouer une chose ami lecteur, pendant plusieurs années, j'ai un peu renâclé à (re)lire ses livres car les rodomontades et autres grotesqueries de ses admirateurs transis, parfois imbéciles, le lisant pour de mauvaises raisons, se souciant fort peu de littérature au fond, m'agaçaient sec... L'unanimisme, les adulations excessives m'ont toujours donné des envies de  bonne débectance:...

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  • A gauche on tue son Œdipe (ou son Électre)

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    Merci à Alain Vircondelet de m'avoir suggéré de réfléchir à cette constatation assez juste sur « fècebouc » sur les difficultés énormes qu'à gauche on semble avoir avec son complexe d’œdipe (ou d’électre).

    société,politique,psychologie,amaury watremez,psychanalyse

    A gauche on veut « tuer le père », on se révolte contre lui comme des adolescents à peine pubères même à cinquante ans bien tassés. Alors que l'on a une bonne brioche de notable centriste pointant sous la parka à bon marché on se sent encore l'âme d'un révolutionnaire enflammé. Mirabeau, Danton et Robespierre ont fait la Révolution aussi à cause de leurs rapports conflictuels et compliqués d'avec leur paternel. Olympe de Gouges ne voulait pas devenir la ménagère que son « daron » voulait qu'elle soit etc...

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  • Vivre sans Pourquoi ?

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    51YaUl1Ty9L._SX258_BO1,204,203,200_.jpgÀ propos du livre d'Alexandre Jollien « Vivre sans pourquoi – Itinéraire d'un philosophe en Corée » aux éditions du Seuil – édition Iconoclaste

    (le lien mène au site de l'éditeur où l'on peut lire un extrait du livre)

     

    Le livre est accompagné d'un CD où le philosophe donne quelques unes de ses « pharmacopées », l'avantage étant que celles-ci ne sont pas des panacées imposées par l'auteur comme obligatoires pour bien vivre.

     

    J'ai toujours eu horreur de ces personnes qui dans la vie s'improvisent à la fois psys et directrices de conscience, analysant chez les autres chacun de leurs faits et gestes impitoyablement. Bien souvent elles finissent alors par toujours donner leurs recettes pour échapper à ce qu'elles considèrent comme des blocages, des manques, recettes étant généralement autant de lieux communs d'une bêtise et d'un conformisme insondables, car finalement ce qu'elle reproche à l'autre est surtout de « ne pas être comme tout le monde » au lieu d'accepter la personne telle qu'elle est. Et ces recettes miracles toujours une manière de se mettre soi-même en valeur : « Moi je sais ce que tu dois faire pour être heureux car moi je suis parfait »....

     

    image de la couverture amazon.fr

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  • La dictature de l'émotion et du premier degré

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    politique, société, blog, net, twitter, hypocrites, amaury watremezPour conjurer le Mal, le désespoir, les enfants engloutis par la boue, les peuples mourant de faim, il existe une arme assez efficace, l'humour. Aucune discussion n'est possible face à des êtres humains se laissant aller à leurs instincts les plus abjects, il est par contre beaucoup plus sain de les ridiculiser, de se payer leur tête, les mettre en face de leurs contradictions, leur veulerie, leur sottise.

     

    Pierre Desproges par exemple le disait il aurait « contrepété aux portes des chambres à gaz » pour faire la nique aux salopards. Jonathan Swift pendant la grande famine irlandaise dont il a souffert autant que beaucoup de ses compatriotes écrit un livre de cuisine pour accommoder les petits enfants. N'oublions pas l'humour juif, celui des frères Marx ou de Robert Scheckley. Continuer à faire rire et à rire soi-même pour éviter de sombrer dans la grisaille de la sinistrose, de la pensée vulgaire, au sens de commune, oublier les salauds...

     

    L'humour caustique a souvent été la première politesse du désespoir face au malheur du monde...

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  • Les « cathos » et le pognon

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    18854188.jpgDans le livre saint des catholiques en particulier, et des chrétiens en général, le Christ le dit pourtant, on ne peut servir à la fois Dieu et l'argent (Mathieu 6 :24). C'est incompatible. Et pourtant ! C'est en constatant le comportement de certains croyants que j'ai eu envie d'écrire ce petit texte inspiré aussi par la « correction fraternelle ». Il y a la charité, les petits oiseaux, les saints aux joues roses et aux visages de vitraux et puis il y a ceux distribuant les « droites évangéliques ». Dieu pardonne à ceux-là, il « vomit les tièdes »...

     

    Et après ce petit billet je sais bien ce que d'aucuns pourront penser ou dire :

     

    « Finalement il est bien de gauche voire marxisant ! Pour qui se prend-il ?

     

    Il veut donc que les catholiques vivent dans des grottes et régressent ? Ils ont bien le droit de profiter des bienfaits matériels -et matérialistes- de l'époque !

     

    C'est un pharisien c'est sûr ! ».

     

    image allociné (Bourvil dans "Un drôle de paroissien" de Mocky)

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  • Tendres moutons catholiques et loups fanatiques impitoyables

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     politique,société,religions,islam,christianisme,amaury watremez,l'apôtre,lapidéeIntroduction : Article tout spécialement dédié à Guillaume Chérel ôôôteur de progrès m'ayant dit je cite :

    "Vous êtes trop con pour rester dans ma liste de contact à bruit réac. .. bye bye" (commentaire de sa part hier sur facebook sous un de mes "statuts" avant-hier soir 21 janvier).

     

    Il a bien tort je suis en fait un petit bourgeois hédoniste réactionnaire, un requin de bénitier, un onaniste de sacristie se cachant à grand peine sous le masque ambigu des références de gauche et bien pire encore je suppose...

     

    Je préfère encore un bon "bouffeur de curés" assumé et jouisseur à ce genre d'ôteur de progrès, s'étant découvert "Charlie" et sociétalement concerné sur le tard, conchiant Houellebecq non pour ce qu'il écrit mais par jalousie de ses tirages. Au moins avec les "bouffeurs de curés" on bouffe bien et on boit de même, c'est déjà ça, cela compense presque les blasphèmes.

     

    On oublie certes aussi trop souvent en ce moment ceux commis aussi par les croyants eux-mêmes de par leur comportement parfois déplorable, à commencer par ceux brûlant un drapeau italien au lieu du français au Pakistan, entre autres.

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  • Tartuffes malgré le massacre

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    le-tartuffe-1.gifAprès le massacre commis à «Charlie Hebdo », il n'y a guère eu de journée d'accalmie, tout de suite, les Tartuffes habituels, les sournois, les insidieux, les arrogants, les prétentieux les hypocrites, les donneurs de leçons de morale, les pseudo-antisionistes, les imbéciles se sont réveillés et s'en sont donnés à cœur joie sans avoir la simple décence due aux circonstances à savoir de laisser dans le fossé quelques jours les polémiques sur les exécutions sommaires décrites dans notre article d'hier.

     

    Il ne s'agit pas de discuter avec ces Tartuffes ou de perdre son sang-froid inutilement, ils n'en valent pas la peine, mais comme certains l'ont déjà prédit les blocages sont de rigueur. Il est juste question de les démasquer afin d'éviter la pollution de leurs allégations fumeuses dans le simple intérêt de ce vieux pays, la France, dont avant-hier les idéaux ont vacillé..

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  • Delphine

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    littérature, politique, société, amaury watremezCe blog s'est arrêté quelques jours pour raison de panne fatale de disque dur, je sais combien tu étais inconsolable ami lecteur, tu as pleuré des seaux de larmes, j'en suis certain. De fait j'ai pu soigner, un petit peu, mon addiction cybernétique dont je souffre comme la plupart de mes contemporains malheureusement qui finissent par se persuader, pauvres Dorian Gray, que leur image virtuelle est leur vraie personnalité, se vautrant dans la vacuité de leurs aspirations matérialistes et égoïstes minuscules.

     

    J'aurais pu revenir ici avec un texte tonitruant plein de bruit et fureur, de cynisme et de dérision furibonde, mais j'ai préféré parler de ma chère Delphine (sur la photo je suis sûr ami lecteur que tu verras où je suis et où est Delphine). Delphine était une petite banlieusarde, comme moi, quand elle était petite. Nous habitions une résidence, le « Parc de l'Aulnay » à Vaires sur Marne que les adultes et les médias trouvent aliénante, un agglomérat de « cages à lapins » toutes pareilles. Nous faisions quasiment nous enfants tout ce que nous voulions sans être surveillés, pistés par un gadget électronique, personne n'évoquait le fameux « sentiment d'insécurité ».

     

    Certes, j'ai conscience qu'il y aura bien un ou deux pisse-vinaigre pour vraiment trouver que je suis un égocentrique narcissique indécrottable, un petit bourgeois hédoniste et réactionnaire car nostalgique. Je ne comprendrai jamais cette accusation stupide d'égocentrisme ou de narcissisme envers les écriveurs, les auteurs, les écrivains, c'est une telle évidence qu'il faut un égo de bel aspect pour cela, ce qui n'est pas forcément un défaut...

     

    Nous passions la fin de nos journées dans un petit parc qui était au centre de notre cité bleue et blanche. Nous prenions parfois le train de banlieue sur les bancs de bois de la deuxième classe des années 70 pour aller au « Rex » rêver dans ce cinéma mythique au décor pourtant de stuc et de carton pâte, c'est là-bas que j'ai commencé à aimer passionnément le cinéma face à « l'Île sur le Toit du monde » ou « Vingt-Mille lieux sous les Mers », moi j'étais triste surtout pour le capitaine Némo et je trouvais que Ned Land était un crétin sans cœur.

     

    Delphine était une petite fille très hardie mais pas pour autant « garçon manqué », elle n'avait peur de rien, elle trouvait que j'étais trop raisonnable, elle avait quand même été impressionnée favorablement par mon courage en découvrant la trace du vaccin du BCG que j'avais sur le pied droit. Elle crapahutait sur les agrès du jardin public, à des hauteurs sans limites pour des petits enfants, pour s'étourdir. Elle avait les cheveux courts coupés à la mode de l'époque, « à la Stone ». Elle était toujours spontanée, vive, rieuse et très gaie, moi déjà je croyais savoir que la chair était faible et j'avais lu tous les livres, présomptueux que j'étais.

     

    Delphine m'apprit un jour que le Père Noèl n'existait pas, que c'était les parents, ces cachottiers, qui allaient acheter les cadeaux dans les grands magasins à Paris dont nous allions admirer les vitrines décorées spécialement, emmitouflés, à peine quelques jours avant le 25 décembre ou dans un de ces nouveaux centres commerciaux qui venaient d'ouvrir à la lisière de la capitale, comme Parly 2. C'était encore les « Trente Glorieuses », on croyait que la prospérité allait durer encore un petit peu. Je commençais à avoir des soupçons, il est vrai, voyant mes parents faire des allers-retours parfois avec des airs de conspirateurs quelques temps avant les fêtes lorsqu'ils revenaient de Paris-Paname où ils allaient alors sans moi ou mon petit frère tout neuf ce qui était inhabituel.

     

    Un jour, voulant lui montrer que je savais faire une « cascade » sur un des toboggans du jardin public, je tombais et les adultes affolés appelèrent les urgences, Delphine était bouleversée, elle était sans voix. Elle ne pleurait pas, mais elle avait eu très peur, et lorsque je revins, j'eus droit à une bourrade un peu brusque pour me montrer combien son inquiétude avait été grande. Les grandes personnes, tellement raisonnables, passent leur temps à se demander pourquoi ils aiment, s'ils aiment vraiment, assez bien et comment ils aiment, les enfants eux ne se compliquent pas tant l'existence pour autant, ils vivent sincèrement leurs sentiments, jusqu'au bout . Cela ne dure pas il est vrai, les préjugés, les lieux communs, la sottise, les appétits communs ont tôt fait de les rattraper...

     

     

    Cela me fait dire également que finalement ce qui meut les hommes, ce qu'ils font, ce qu'ils écrivent , ce qu'ils créent c'est pour faire bonne figure devant les filles. D'ailleurs comme d'autres, je l'avoue c'est aussi évidemment un des buts de ce blog taquin....

     

    photo empruntée ici

  • Sur le Pape comme un fils à son père

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    4321371_68b1156-new.jpgimage site de "le Parisien.fr"

     

    Le Pape est comme un père pour les croyants catholiques, il est un homme qui marche à la suite du Christ et de Saint Pierre modèle de faiblesse humaine, reniant Jésus trois fois lors de la Nuit de la Passion. Un père console, protège ses enfants, entoure, leur apprend à discerner la Vérité, il peut aussi se tromper, et de manière filiale, avec beaucoup de respect et de délicatesse ses fils et ses filles peuvent lui dire qu'il s'égare sur des voies dangereuses sans pour autant le rejeter, par affection pour lui. C'est un père qui affirme une spiritualité solide, fondé sur du roc, dont l'époque aurait tant besoin, et non de la « bouillie pour chats » vaguement syncrétiste que l'on sert le plus souvent aux enfants ou aux adolescents au catéchisme ou dans les aumôneries.

     

    Car la Foi encourage à chercher la Vérité, et la Vérité rend libre comme le dit le Christ dans l’Évangile. La Vérité pour un catholique, ce n'est pas du sirop de guimauve, une tisane tièdasse dont le goût et les effluves ne sont pas trop fort, pour ne déranger personne surtout. Une bonne partie des croyants en Église ont un rapport étrange avec la Vérité, prétendant comme tout le monde qu'il y aurait autant de vérités qu'il y a d'individus, qu'elle est largement relativisable donc, il ne faut surtout pas juger, ou « culpabiliser », toute remise en doute raisonnable de certitudes parfois absconses étant considérée comme insupportable. Là encore c'est dans l’Évangile, les paroles du Christ sont comme un glaive, elles peuvent diviser les familles, les proches, séparer les amitiés, les amours. Fabrice Hadjaj, jeune philosophe chrétien, le rappelle aussi dans nombre de ses écrits.

     

    Les catholiques ne sont pas dans une obéissance absolue, leur religion n'est pas une religion de prescriptions, ils disposent de leur libre-arbitre tel que le définit Saint Thomas d'Aquin, de leur raison souvent méprisée bien à tort par tout un courant de l’Église actuelle, en particulier les Communautés dites nouvelles qui ne considèrent que le spiritualisant, un spiritualisant coupé du réel, coupé de l'Incarnation, coupé de l'humain et qui les amené parfois à la lisière des dérives sectaires. Ce n'est pourtant pas pour rien que le Christ s'incarne. Et puis cela les arrange bien finalement que le Pape François parle comme il l'a fait des homosexuels et de l'Europe, ayant comme beaucoup une peur bleue de ne plus faire partie du troupeau, de sortir du rang, d'aller à contre-courant, ce qui est moins confortable certes.

     

    Le Pape François est extrêmement populaire auprès des non-croyants et des croyants qui ont peur de nager à contre-courant, mon mauvais esprit m'inspire qu'il semble être pour eux ce « pape en phase » que Philippe Muray évoquait il y a quelques années, un Pape qui épouse les valeurs de son temps, qui parle de sexualité comme tout le monde et de politique comme il convient, un Pape à la catholicité moins prononcée, moins appuyée, moins gênante dans cette société libérale-libertaire. Je veux bien lui accorder le bénéfice du doute, mais il apparaît à première vue que nous l'ayons, ce « Pape en phase ».

     

    Quand le Pape François évoque cette ouverture aux homosexuels, cet accueil, il oublie, ceux qui lui ont inspiré ce discours également et ceux qui le reçoivent extasiés que c'est déjà le discours de l’Église depuis au moins Jean-Paul II. Rappelons aussi que les constructeurs et artistes ayant bâti et embelli Saint Pierre de Rome et le Vatican étaient tous homosexuels sans que cela n'ait jamais visiblement posé problème aux souverains pontifes de l'époque, sans parler de Julien Green ou de Jacques Maritain qui l'a évoqué dans sa correspondance, pressentis pour être les premiers laïcs revêtant la pourpre cardinalice au début du XXème siècle. C'est pour le moins maladroit et perçu par le public comme une reconnaissance de toutes les dérives sociétales dans le vent du progrès.

     

    Quand le Pape vante à Strasbourg la conception européenne des fondateurs de l'actuelle Union Européenne, il ne lui est donc pas évident que celle-ci a été fondée d'abord et avant tout sur des principes technocratiques et une conception hyper-libérale de l'économie qui n'ont rien à voir avec ce que nos ancêtres appelaient la Chrétienté. Alors certes Jean Monnet et Robert Schumann avaient des convictions catholiques mais je doute qu'elles soient intervenues grandement dans la mise en place du « Marché Commun » qui est aussi une réponse à une sollicitation du « plan Marshall ». Les paroles qu'il a prononcé légitiment cette Union Européenne fondé surtout sur l'iniquité et le dédain des peuples, ainsi qu'on l'a vu ne serait-ce que suite au référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen et comment furent considérés ceux qui ont voté « Non ».

     

    Pour être honnête jusqu'au bout, ce Pape m'a agacé dés le début, avec cette insistance pénible sur la simplicité de ses chaussures, de son langage, et j'en passe, dans la veine de cet anti-intellectualisme pénible évoqué plus haut, comme si réfléchir était inutile aux chrétiens. Comme si cette forme très superficielle de "simplicité" était un gage de solidité spirituelle. Benoît XVI, moqué, haï, rejeté, calomnié, m'est à vue humaine infiniment plus sympathique, plus proche.

     

    Alors bien sûr, voir ci-dessous, comme monsieur Lochet, j'suis pas Pape et ma voix est toute petite...

     

  • Réaliser la vérité

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    Que dire d'autre, c'est juste la réalité de notre société consumériste, libérale-libertaire...

    Les gouvernements ne sont au mieux que des "employés du mois", le vrai pouvoir ce sont les banques et les grandes entreprises qui l'ont, celles qui te vendent du rêve pré-mâché, pré-digéré et à l'obsolescence programmée ami lecteur.

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  • Ma conjuration des imbéciles

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     conjurationdesimb%C3%A9ciles.jpgUne amie proche s'étonnait il y a quelques jours que souvent mes articles et parfois ce que l'on suppose de ma personne, ( je serais arrogant, caustique, condescendant, un rien cynique, misanthrope, réac, égocentrique, d'ailleurs dans la suite du texte je parle encore de moi me reprochera-t-on, etc...), provoquent des réactions violentes alors que ce que j'écris ne lui paraissait pas mériter de telles injures parfois et épithètes qui blessent, et autres noms d'oiseaux. « On » parle de moi dans mon dos, « on » dit du mal de moi en douce, ce dont je me fiche complètement m'excusant sincèrement cependant des « dommages collatéraux » que cela peut impliquer pour ceux que j'aime tendrement, les imbéciles, à défaut d'égratigner celui qu'ils exècrent trouvant plus simple, et certainement plus courageux, de s'en prendre aux amis, aux amours, aux proches de l'objet de leur exécration.

     

    Je ne la comprends pas, rationellement parlant, car mon blogue n'est qu'une blogue parmi d'autres après tout. Cependant, leurs réactions extrèmes montrent d'abord et avant tout que je touche souvent dans le mille.

     

    Je n'ai pourtant rien contre les opinions contraires aux miennes tant qu'en réponse les contradicteurs arguments et opposent une réflexion construite et non des attaques personnelles ou des injures. Ce n'est pas ma faute si à celui qui balance un lieu commun, un cliché ou une énormité je donne l'impression d'être condescendant si je lui réponds car il ne supporte pas que l'on pointe la fausseté de l'image qu'il croit pouvoir se donner dans la vie ou sur les réseaux dits sociaux. Je dirais même que ce genre d'attaques par l'insulte et une sorte de « psychanalisation » sauvage qui s'ensuit généralement me donne surtout envie de rajouter des cuivres et des grosses caisses à mes petits billets, d'être encore plus incisif...

     

    ...Hélas je suis incorrigible, et je ne vois pas pourquoi il serait plus injuste de dire parfois la vérité plutôt que de se cacher derrière son petit doigt.

     

    Pour beaucoup donc, je suis un sale con, cela ne me dérange pas énormément je dois avouer d'être un sale con pour des opportunistes, des malhonnêtes, des « bourgeois pédagogues », je préfère ce terme à celui de « bobo » ou « bien pensant », qui se croient « sociaux » ou de gauche car faisant la leçon de temps en temps aux prolos qui ont la faiblesse de les lire. Ils sont tellement de gauche, tellement peu soucieux de leur argent que d'ailleurs la plupart logent des « sans-papiers » par dizaines chez eux ou partagent leurs salaires en plusieurs parts à destination des miséreux, c'est bien connu (pour les lecteurs « djeuns » ou mal-comprenants afin de signifier que ce j'écris ici est ironique, je rajouterais « LOL »)...

     

    « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » disait Swift, auteur qui avait des doutes raisonnables et marqués sur la bonté « naturelle » des êtres humains, ses semblables, citation mise en exergue de « la Conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole, mort avant d'avoir connu la gloire que lui procura de manière posthume donc son roman, suicidé en étant persuadé d'être un raté de la littérature. Avec cette citation, je devrais me sentir flatté, car de nombreux crétins, amphigouriques ou vaniteux, prétentieux, et, ou complexés, semblent me poursuivre de leur vindicte à de nombreuses reprises, ne se lassant jamais, infantiles généralement dans leurs raisonnements :

     

    Si l'on critique ce monde, si l'on se pose des questions sur le bien-fondé de cette société, sur les bonnes intentions, sur les déclarations grotesques souvent hypocrites des bons apôtres c'est forcément que l'on est ou réactionnaire, ou un jaloux aigri de la réussite matérielle des « bourgeois pédagogues », que sais-je encore...

     

    On notera toute la force d'un tel raisonnement...

     

    Sans parler de ceux pour qui un type qui défend les Lettres et qui aime parler de ses lectures, diverses, est automatiquement un type vaniteux, un « prétenssieux » qui n'est pas quelqu'un de « simple » comme si la « simplicité » consistait à être simplet ou ignare...

     

    Encore une fois, ami lecteur, tu notes la force de ce genre de raisonnement comme celle de reprocher à un auteur de petits textes comme les miens d'avoir un ego développé, ce qui est évident, et ce que je reconnais moi-même sinon je ne les rédigerai pas, et alors donc ?...

     

    Longtemps, j'ai souffert de ne pas avoir les mêmes réactions que les autres, longtemps cela m'a pesé de ne pas ressentir comme tout le monde les événements importantes ou plus ou moins anodins, les compromis grands ou petits que certains considèrent comme obligatoires dans la vie de tous les jours, les apprêts que la plupart donnent à leurs personnalités afin de ne pas se montrer tels qu'ils sont. Et puis, assez vite, j'en ai pris mon parti, et m'en suis même réjoui. Je n'ai aucune envie de « hurler avec les loups » même ponctuellement, même si cela certainement m'aurait permis une vie moins chaotique c'est certain et plus confortable. Je n'ai aucune envie de rentrer dans un ronronnement intellectuel. Cela ne signifie pas que j'ai raison sur tout, je n'ai jamais eu cette prétention mais c'est une manière de vivre plus intéressante.

     

    illustration prise ici

  • Enquête sur le meurtre de la culture

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    à propos de « C'est la culture qu'on assassine » de Pierre Jourde re-paru en "Pocket"

    Couverture du livre de Pierre Jourde empruntée au site de "Pocket"

    Couverture de "la Crise de la Culture" de Hannah Arendt prise sur ce site

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    Je te préviens tout de suite ami lecteur jeune victime de plusieurs décennies de réformes déplorables de l'enseignement des Lettres et de téléréalités décervelées, ce texte contiendra comme à mon habitude lamentable, je le sais bien, et pire je n'en ai aucun remords, de l'insolence et de l'ironie à peine déguisée. Dans sa courte préface à cet ouvrage, Jérôme Garcin remarque que l'auteur est sans cesse en colère à peu près contre toutes les dérives de son époque, ce qui suggère-t-il n'est pas loin d'en faire un réactionnaire. Enfin, pas tout à fait, puisque ces articles, rassemblés ici par thème, sont d'abord parus dans un blog hébergé par le « Nouvel Obs », « confitures de culture », qu'il continue d'ailleurs à entretenir pour la plus grande joie de ses lecteurs dont je suis depuis « Petit déjeuner chez tyrannie » écrit avec Éric Naulleau.

     

    Évacuons tout de suite la seule nuance que j'aurais à émettre sur ce livre, dans son avant-propos Jourde écrit, et il a raison, que n'importe qui peut rédiger un blog, et donc rédiger n'importe quoi en nos temps où sévit la dictature de l'opinion personnelle considérée comme forcément légitime à partir du moment où elle est exprimée. Il laisse entendre bien entendu ensuite, comme tous les blogueurs, qu'il n'est pas tout à fait n'importe qui quant à lui (et là aussi je suis d'accord, moi aussi je ne suis pas n'importe qui). Excepté cette nuance minime, je trouve remarquablement pertinent sur la grave crise de la culture que nous vivons en ce moment la plupart des propos de Pierre Jourde.

     

    Il classe ses textes par grands thèmes et aborde au final tous les aspects de la question :

     

    Le rôle catastrophique des médias qui entretiennent la soumission aux gadgets, aux conformismes les plus abjects, la destruction de toute éducation et le détricotage de l'Enseignement sous la poussée en particulier des théories déliro-pédagogistes de Philippe Meirieu, la crise de l'Université et de la Recherche en France, les politiques culturelles déplorables qui sous couvert d'égalité laminent ce qui restait encore debout dans ce pays, la vie culturelle réduite à un élitisme pour bourgeois en quête d'épate, rappelant au passage « la -prophétique- Crise de la Culture » d'Hannah Arendt, le refus de hiérarchies du savoir, tout se valant, Yourcenar et Marc Lévy, Guillaume Musso et Julien Gracq, le mépris pour la Littérature et les écrivains considérés comme relevant de la culture bourgeoise (note personnelle : mépris illustré il y a peu par l'aveu d'inculture, sans aucune culpabilité de la Ministre de la Culture Fleur Pellerin). Et il pose cette question qui n'en est pas une de « l'utilité » de la Littérature, écrivant ceci que je trouve très beau et absolument juste « Toute beauté est superflue […] mais les hommes se nourrissent de beauté » bonne pour l’élévation de leur âme.

     

    J'apprécie particulièrement évidemment les chapitres consacrés à l'Éducation Nationale, aux formations aberrantes qui supposent que l'enseignant ne soit plus qu'un bureaucrate docile et ne transmette plus de savoir, surtout pas, laissant l'élève s'exprimer sans contraintes ce qui suppose la dictature du cliché et du lieu commun entendu ou vu sur « TF1 » (TM°), « Youtube » (TM°) ou pendant l'émission hélas populaire de D8, « Touche pas à mon poste » (« TM° »). Il décrit le mépris pour l'expérience de terrain qui seule forme vraiment des enseignants qui apportent quelque chose aux élèves, et qui l'apportent seulement s'ils sont exigeants envers eux et soucieux de leur excellence, ce que d'ailleurs les adolescents apprécient plus que le laxisme ou appréciaient car je crains que les dégâts pour la génération actuelle ne soient irréversibles.

     

    politique,éducation,littérature,société,enfants,adolescents,amaury watremez,culture,pierre jourdeRappelons en passant que l'on demande aux bibliothécaires et documentalistes non plus de préserver le patrimoine et l'histoire culturels du pays mais de ne mettre en rayon que des livres de moins de quatre ou cinq ans, entretenir les « supports informatiques » considérés comme seuls susceptibles d'intéresser des jeunes déjà soumis à la dictature du « smarfône » ou de la « tablette » et jeter aux ordures les « bouquins » considérés comme trop « vieux » ou « poussiéreux », en particulier les « Classiques » écrits certes le plus souvent dans une langue devenue strictement incompréhensible pour des élèves ayant subis des reformes stupides de l'apprentissage de l'orthographe, le tout ayant pour conséquence que dans les « grandes » écoles et dans les universités les professeurs doivent souvent maintenant re-donner des cours basiques sur l'accord du participe passé ou la simple syntaxe.

     

    Jourde évoque également plus généralement la crise de l'Éducation en général, ces parents et éducateurs en général qui ne veulent surtout rien transmettre aux enfants et aux adolescents, qui ne connaissent plus aucune limite à leurs pulsions, qui ne savent et ne veulent plus écouter, et qui sont devenus en définitive à de rares exceptions des néo-barbares ignorants, des barbares 2.0, des enfants rois et narcissiques fiers de leur ignorance crasse, de leur allégeance au système, qui ne tolèrent et ne comprennent que l'arbitraire du groupe, des esclaves dociles et volontairement soumis errant sans identité commune ni âmes dans les allées du grand « Barnum spectaculaire » (TM°) contemporain comme dans les rayons d'un supermarché géant, ne rêvant plus que devant les vitrines recelant les objets qu'on leur intime de posséder pour se sentir bien.

  • Les petits bonheurs

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    image, graffiti de Miss Tick, prise ici

     

    Le bonheur est toujours en 2014 le problème de la plupart des primates s'imaginant être évolués, souvent lamentables, qui errent sur cette planète à la recherche d'un point d'eau pour s'y abreuver encore un peu. La plupart d'entre eux sont convaincus que le bonheur réside dans la possession des objets que les véritables maîtres de cette société leur enjoignent de posséder également pour s'intégrer au monde : un « smartfône » ou n'importe quel autre gadget parfaitement inutile mais « dernière génération » toujours dans la main pour montrer que l'on est à la fois soumis et comme les autres, et en avance d'un achat même ce qui est encore mieux, toute la dignité des possesseurs de ces babioles hautement dispensables étant logé pour iceux dans icelles.

     

    Le bonheur libéral libertaire, tel celui du porc aussi, c'est aussi de vivre à fond les trois « B » : Boire, Baiser, Bouffer ; sans se poser de questions. « S'éclater » les jours où il faut s'éclater, une « éclate » docile de bêtes de somme, bouffer de la nourriture que même le suidé cité ci-dessus ne voudrait pas bien qu'il soit réputé se contenter de peu, et baiser en copiant au besoin les « vedettes » du porno que l'on voit abondamment sur Internet dés que l'on est en âge de regarder un écran. On ne peut même pas parler de « sexe » ou « d'amour » à ce sujet, ce n'est que de la baise, de la copulation « hygiénique » pour oublier de réfléchir sur sa soumission et son allégeance à un système vicié n'ayant rien à voir avec le véritable hédonisme, celui-ci permettant d'éloigner la bêtise et la haine.

     

    Le véritable bonheur finalement c'est un ensemble de petites choses que l'on s'imagine être immuables de personnes dont on croit qu'elles seront toujours là car nous sommes des enfants gâtés, et c'est généralement lorsqu'on perd ces petits bonheurs, que ces personnes qui nous aiment vraiment s'éloignent que l'on comprend que même si tout n'était pas idéal au moins ces petits bonheurs étaient-ils là, au moins nous aimait-on, fût-ce maladroitement. Je pense particulièrement à toi qui était aimée sincèrement, passionnément, mais qui voulait auparavant vivre tout tes désirs sans contraintes, et qui finit à quarante ans passés, un peu triste, un peu nostalgique, regrettant les occasions perdues, croyant qu'une carrière brillante et une aura de femme tellement libre suffisent à te consoler du reste.

     

    Les femmes comme toi finissent généralement avec un salaud cynique et phallocrate qui les mènent à la baguette car elles sont certaines qu'elles ne trouveront pas mieux et s'en contentent, alternent compulsivement les jeunesses vénales, ou se retrouvent dans un bled paumé à rêver de leur passé enfui.

     

    Ma génération, la dernière des années 60, la dernière des enfants des illusions des « Trente Glorieuses », illusions valant toujours mieux que le bête prosaïsme des années 2000, a recherché ce bonheur de manière encore brouillonne alors que la plupart d'entre nous a dépassé la quarantaine, nous rêvions à des princes charmants et des princesses et parfois alors que la possibilité d'être heureux était sous nos yeux, même si elle ne correspondait pas à ce que nous en attentions, nous préférions chercher autre chose car nous sommes aussi une génération d'hyper-individualistes un peu narcissiques sur les bords, tellement persuadés qu'ils peuvent jouir aussi inconsciemment que leurs aînés, qui ont gardé les pieds sur terre nonobstant n'oubliant de faire voter les réformes sur les retraites leur assurant une vieillesse point trop inconfortable, et après eux le déluge....

     

     

    Le bonheur en couple, croyions nous, se construit chacun de son côté, en rêvant, en fantasmant une relation, en l'idéalisant ou parfois en la noircissant. L'amour perçu de cette manière n'est plus qu'une sorte de masturbation synchrone, y compris intellectuelle, chacun croyant préservant sa liberté en s'aliénant les autres au fur et à mesure qu'ils vieillissent, et un jour se réveillant un petit matin, ils voient dans le miroir un vieil homme ou une vieille femme, seuls et ayant perdu sa vie à s'étourdir dans ce qui n'était que des amourettes sans lendemains, à peine dignes d'adolescents post-pubères en oubliant de construire quoi que ce soit, croyant que c'était cela rester libres.


    Le bonheur! par LisaGirls

  • Ces méchants cathos qui font rien qu'à critiquer

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    Consécration ! Ô Gloire éphémère ! Ce matin pendant son homélie, le prêtre de ma paroisse a évoqué ces catholiques qui critiquent selon lui l’Église, et « parfois même sur leurs blogs » (suis mon regard vers ce blog apostat que tu es en train de lire ami lecteur car il parlait de moi), demandant à cette institution « d'être trop ceci ou trop cela, pas assez ceci ou cela », alors qu'il faudrait aimer l’Église en général, de France en particulier, telle qu'elle est et sans poser de questions, sur la persécution des chrétiens irakiens mais pas seulement, sur la désertification des églises en France, exceptées à de rares exceptions celles « tenues » par les « communautés nouvelles » ou « tradis », sans aller plus loin.

     

    image ci-dessous tirée de "Super Catho" de Florence Cestac et Pétillon (site kebawe.com)

    supercatho.jpg

    Il faudrait donc continuer en toute insouciance et laisser faire la providence, finalement si on se retrouve à quelques dizaines chaque messe dominicale ce n'est pas si grave car un jour ou l'autre, sans que l'on ait à bouger le petit doigt, tout s'arrangera. Je songe aussi à cette dame seule obligée de déménager en hâte sans le secours des bons apôtres de chez elle, à ces parents d'un enfant malade complètement ignorés, y compris de leur pasteur supposé, subissant surtout l'indifférence, à ces célibataires à qui l'ont pense rarement car « tu comprends, tu n'est pas marié et nous on n'est que des couples mariés », à cette femme se retrouvant sans travail et sans logement, et démunie, et abandonnée, et qui pourtant aidait bénévolement chaque jour dans sa paroisse etc...

     

    Je me suis souvent laissé dire que si certaines critiques, et tentations de « correction fraternelle » portent c'est surtout qu'elles atteignent droit au but, sinon elles laisseraient complètement indifférents. Je les fais non pas car me sentant supérieur à eux, je suis un bien piètre paroissien mais seulement car une bonne « droite évangélique » fait du bien de temps à autres. Je me rappelle aussi écrivant ce texte de ces chrétiens de Palestine toujours accueillants, jamais assez serviables, alors que pourtant persécutés, entre le marteau israélien et l'enclume du Hamas...

     

    « Mais c'est une autre culture » s'excuseront déjà certains la bouche en cœur, et en chœur, mais c'est le même Évangile que je sache leur répondrais-je...

     

    Je rappelle que ce n'est d'ailleurs pas du tout l’Église, humaine, faillible, grande de par sa faiblesse supposée de par son humanité, que je critique sur mon blog, dans des articles parfois taquins voire caustiques je l'avoue (« Mea Culpa, Mea Culpa, Mea Maxima Culpa »), mais des personnes qui s'en réclament et qui évoquent ses valeurs pour justifier qui d'une avidité de pouvoir, qui de convictions qui n'ont plus rien à voir avec en se donnant un alibi de modernité et pour rester dans le vent ce qui est rappelons le une « ambition de feuille morte ».

     

    Personnages qui bien souvent par leur attitude détestable sont autant de repoussoirs car l’Église ce n'est pas seulement l'Esprit qu'ils invoquent à tours de bras, c'est aussi l'Incarnation du Christ en être humain, or ce côté humain est systématiquement dédaigné, mis de côté ou alors on se retrouve mais « entre soi » car il ne faut pas oublier, et ce n'est pas une caricature, que pour eux l’Église est d'abord et avant tout un conservatoire social, où comptent surtout non pas tant la bonne éducation, une culture saine que la taille du coffre-fort, la grosseur du magot.

     

    Dans les paroisses, les communautés, ils se cooptent, souvent sans penser à mal, rejetant les bonnes volontés à l'extérieur, mettant en place des structures composées de personnes qui ne connaissent pas vraiment les situations dont elles sont censées s'occuper, ainsi cette personne travaillant pour aider à relier chrétiens d'Orient et d'Occident ne parlant pas un mot d'arabe et ne connaissant rien à l'histoire du christianisme originel considéré comme non catholique par elle alors que la plupart des patriarcats orientaux sont antérieurs à Rome, ces autres laïcs chargés de l'accueil alors que ce n'est manifestement pas leur « charisme » sans parler de ces « lecteurs » qui chaque dimanche massacrent copieusement ce qu'ils lisent, qu'ils n'ont pas lu avant, qu'ils n'ont pas médité, qu'ils ne comprennent pas (Ah ! Le livre de « Djob », ah, le livre de « Malachie » prononcé « ch » et j'en passe et des meilleures...).

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

  • Les excès de langage sur Internet

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    « Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait cette vieille salope de Talleyrand qui mangea à tous les râteliers pendant la Révolution s'enrichissant considérablement au passage ; il lui sera pardonné, un peu, car il a dit aussi :

     

    « Qui n'a pas connu l'Ancien Régime n'a pas connu la douceur de vivre ». (un temps sans le souci obligatoire de la rentabilité pour les salariés, les paysans, etc... traités en machines à produire, bientôt à produire des enfants, par les nouveaux maîtres)

    image ci-dessous prise ici

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    Depuis les deux-cent ans et plus que les bourgeois ont pris le pouvoir en France, ils essaient de nous faire croire qu'ils sont sincèrement persuadés du bien fondé des valeurs de la République ; Liberté, Égalité (terme souvent oubliée dans les discours officiels), Fraternité (confondue avec une tolérance du pire) et que ce sont des apôtres des Droits de l'homme alors que toutes les politiques qui se succèdent depuis le début de leur domination ont seulement pour but exclusif la préservation de leurs intérêts matériels.

     

    En os à ronger, rallongeant en somme la longueur de la laisse, ils feignent de laisser au peuple sa liberté de parole qui est comprise par le dit peuple comme sa liberté de dire ce qui lui passe par la tête ce qui consiste donc en l'exposé des pires lieux communs et idées reçues, ce qui s'aggrave depuis que l'Internet a pris autant de place dans le « débat » politique. Le second degré est totalement incompris, la dérision ignorée, sans parler du sens de la nuance, complètement jeté aux orties, le contradicteur est forcément un salaud car contredisant des certitudes, le contradicteur « pique », c'est un emmerdeur.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezTout massacre de minorités par des fanatiques, des pseudo-révolutionnaires, des militaires, des nationalistes ethno-différentialistes à l'autre bout du monde ou près de chez nous devient un génocide, banalisant le terme qui à la longue ne veut plus dire grand-chose, et induisant une compréhension de la politique uniquement fondée sur l'affectif, avec des gentils tout blancs, et des méchants tout noirs. C'est la réflexion que je me faisais en assistant par hasard à une manifestation (voir photos ci-contre) en faveur des ukrainiens face à la Fontaine Saint-Michel à Paris il y a une semaine, et pourtant on aurait pu croire qu'ils étaient de mon camp, récitant le chapelet en chœur et chantant des chants à la Vierge.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezIl se passe pour l'Ukraine la même chose qui s'est passé pour la Serbie en guerre contre la Croatie, pour tous ces bons apôtres qui ont pris fait et cause pour les pseudo-rebelles syriens, et vrais djihadistes, contre Saddam (ce qui donne l'Etat Islamique en 2014), contre Bachar El-Assad, contre Yasser Arafat et le Fatah en Palestine, en gros contre tous les régimes qui commençaient une laïcisation de leur pays le tout au nom de bons sentiments...

     

    L'utilisation abusive du terme génocide implique enfin une sorte de compétition mémorielle des causes, des massacres subis par telle ou telle communauté, une concurrence du malheur en somme comme si on pouvait peser les souffrances des uns ou des autres et les comparer, les mettre en balance, selon le nombre de morts, dans une comptabilité abjecte. Un seul mort tué par le simple fait de sa différence de naissance, d'apparence, d'ethnie, de religion ou de culture est en soi intolérable. On sait qu'il y a là-dessus encore beaucoup de travail et que les bonnes intentions ne suffisent pas, puisque encore maintenant de quartier à quartier dans une même ville pour beaucoup ce n'est pas la même identité.

     

    Et il y a aussi tous ces internautes, les uns issus ou non de la diversitude, les autres prétendant la combattre au nom d'une identité dont ils ignorent souvent tout, convaincus pour certains qu'être français est une idée quasiment racialiste. Les uns comme les autres s'injurient, s'insultent, se traitent de toutes les invectives possibles et imaginables, souvent les pires, en appellent au combat salvateur, au salut par les âmes, à verser le sang des adversaires.

     

    J'ai souvent envie de leur conseiller de commencer les premiers, entre eux, ce qui ferait quelques imbéciles de moins sur terre, et je les imagine souvent, lui le fier tribun de la nation, ou tel autre, ardent combattant anti-fââchiiste, petits bureaucrates minables, frustrès et complexés derrière leur guichet, coincés dans leur « open space » ruminant de sombres vengeances sur leur chef de service et contre le monde entier, planqués dans leur bicoque « Monopoly » rurbaine arrachée au système par une allégeance sans failles au système, vexés de ne pas être reconnus à ce qui leur semble être leur juste valeur par leurs profs, leurs instituteurs, leurs maîtres, idem pour leur progéniture déjà soumise elle aussi uniquement préoccupée de posséder le dernier gadget inutile à la mode.

     

    Et dans la vraie vie, les mêmes n'utiliseraient pas du tout le même ton ni le même vocabulaire, car bien que leur civilisation ne soit qu'un vernis, ils n'oseraient pas le faire craquer, ne voulant surtout pas laisser croire qu'ils puissent un jour se rebeller pour de bon et non seulement en mettant en « statut » facebook une « peinture » de Ben, ou une photo de chtit n'enfant n'étranger qui n'a faim ou sous les bombes des méchants...

  • Être son propre Big Brother

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    Être son propre Big Brother...

    Sur Internet, réseaux dits sociaux, blogs, forums, beaucoup sont nombreux à s'émouvoir pour telle ou telle cause, tel ou tel événement parfois complètement anecdotique et dont on se fiche complètement au fond, comme la déclaration la plus sotte d'une « star » de la télé réalité, le nombre de piercings d'un taré qui fait ça juste pour qu'on parle de lui, le nombre de tatouages d'un imbécile qui ne voit que cela pour se faire connaître,, à aller pour cela toujours virtuellement jusqu'à l'injure, la violence verbale la plus crasse, le tout planqué derrière le pseudo-anonymat du Ouèbe dont on sait bien que c'est une fable.

    politique, société, big brother, amaury watremez, hypocrisie

    image ci-contre prise ici

     

    De temps à autres, on pourrait croire que cette agitation implique un réveil citoyen, que la population réagit enfin à des décennies de domination de la bourgeoisie depuis 1789 : soit-disant « inspirée » par les Lumières, positiviste industrielle, puis post-industrielle puis maintenant plus bourgeois-bohème (les noms changent mais ce sont rigoureusement les mêmes), que les gens voudraient agir contre les réseaux occultes de la République, réseaux que lorsqu'ils en apprennent l'existence ils cherchent à faire partie plus qu'à les combattre, à profiter eux aussi du « gâteau » en prouvant leur allégeance par une dénonciation par exemple, par du zèle idéologique.

     

    Le pouvoir se réclame des valeurs républicaines, des Droits de l'Homme, d'idées dites de progrès, mais il ne s'agit même plus de cela, il s'agit surtout de continuer à préserver leur intérêts bassement matériels par la cooptation endogame, le clientélisme, le népotisme, la corruption cachée ou pas, plus ou moins bien camouflée sous des prétextes juridiques parfois même, certains poussant le culot jusque là, corruption à tous les niveaux.

     

    De fait il n'en est rien quant à un quelconque « réveil », à l'exception de rares personnes, de naïfs et d'esprits lucides, car quand il s'agit de faire quelque chose de concret, de faire quelque chose de tangible, et ce dans la réalité de la vie de tous les jours, le petit employé de bureau, tribun implacable derrière son clavier, se rencogne dans son « open space », le fonctionnaire a la trouille d'être « démasqué » ce qui le ferait mal noter de ses chefs, il ne s'agit pour eux que de se défouler en fait.

     

    Pire encore on accable le voisin en l'accusant des pires vices en espérant se faire bien voir des maîtres supposés espérant que cela rallongera la longueur de la laisse, confondant ladite laisse avec leur liberté.

     

    C'est une soumission volontaire d'esclaves repus qui ont peur d'avoir faim au système, une soumission consentie en toute conscience, ou presque, pour pouvoir continuer à disposer des quelques libertés que le pouvoir nous laisse en aumône, continuer à consommer aussi encore un petit peu tant que la « crise » le permet encore.

     

    Cela n'exclue pas d'être le « rebelle de service », de jouer le rôle du « réactionnaire » en se bornant finalement à discuter du sexe des anges et à faire subir aux diptères communs des choses que la morale réprouve (cette blague : Desproges TM°) sans contester ni remettre en question vraiment l'essentiel. Ces adversaires officiels du système sont toujours d'une étrange inertie quand il s'agit de faire réellement quelque chose.

     

    Quand d'aventure, on propose aux internautes, facebookiens ou non, une cause à défendre dans la vie de tous les jours, qui implique un risque éventuel pour leur confort intellectuel ou matériel, même minime, il ne reste plus grand-monde. Comme si chacun était son propre « Big Brother », s'interdisant d'aller vraiment jusqu'au bout finalement. Et c'est ainsi que le tout se maintient en place alors que le système est fragile, il faut voir avec quel affolement le pouvoir bourgeois réagit quand il est contesté ! Pourtant ce que subit ceux qui contredisent le système sert de dissuasion, on les soupçonne de fragilité psychologique, d'égocentrisme et j'en passe et des meilleures...

     

    Et toi ami lecteur, tu attends quoi pour te réveiller car le prochain sur la liste c'est toi ?

  • A tous ceux qui oublient de vivre

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    Bien souvent sur le réseau des réseaux, s'associer à des « grandes » causes, défendre de fortes et belles idées (fortes et belles dans l'esprit de ceux qui les mettent en « statuts » Facebook et qui sont souvent autant de lieux communs ; « la guerre c'est mal », « la violence c'est pas bien » etc...) de la manière la plus grandiloquente possible, injurier de belles manières ceux qui s'y opposent, surtout dans la plupart des cas pour se mettre en valeur, c'est juste dans le but d'oublier une situation présente que l'on estime insupportable et frustrante car ne correspondant pas à la haute idée que l'on se fait de soi et surtout à l'image que l'on veut donner de soi qui se doit d'être forcément flatteuse. On veut du sang et des larmes en oubliant qu'il ne donne que du sang et des larmes...

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    image ci-contre prise ici

     

    C'est une fuite du réel, se consoler ou croire que l'on se console, de n'être que ce que l'on est et rien d'autres, de ne pas être aimé par son « prince charmant » personnel ou sa propre princesse de contes de fées, alors que l'on se rêve génie méconnu, artiste maudit, talent caché bientôt révélé avec toute la gloire et la pompe qui conviennent à la face du monde, voire ce serait encore mieux après la mort du génie méconnu en puissance, ce serait encore plus dramatique, beaucoup fantasmant sur ce genre de coup de théâtre.

     

    Sur leur lit de mort, voire après avoir fini dans une chambre mansardée à Paris, ils imaginent les hommages officiels, les reportages à la télévision, certains passant outre et poussant la logique jusqu'à vouloir être célèbres pour rien, juste pour leur banalité écrasante de « vraigen » simple plutôt que de chercher à se cultiver et de s'élever intellectuellement et spirituellement par eux-mêmes par ailleurs ce qui demande il est vrai des efforts.

     

    D'où la passion des gosses, et de nombreux adultes regardant ça dans une drôle d'attitude de fascination répulsion, dans les deux cas décérébrés, pour les abrutis téléréels d'une médiocrité effarante, ou la centaine de tatouages imbéciles de ce type souhaitant que l'on parle de lui car tatoué. Et le pire c'est que ça fonctionne même si ce n'est pas toujours tout à fait comme il le souhaiterait !

     

    Leur seule vie acceptable devient celle du Web, celle qui est hébergée sur la toile. Nul besoin d'inventer une machine pour qu'ils se téléchargent sur le Net, ils y sont déjà encodés. Et ils en oublient toutes ces petites choses qui font que la vie réelle est pourtant beaucoup plus agréable que la virtuelle, et que, parfois, ne pas se laisser faire par l'adversité, lutter contre la bêtise, c'est aussi partager ces petits moments, ces toutes petites choses entre amis, avec ses proches, un bon vin, un bon repas, un bon dessert pour ceux qui ont le « bec sucré », dont je suis.

     

    (Nota Bene fondamentale :j'ai le « bec salé » aussi)

     

    Trop souvent, ces petites choses futiles, toutes petites choses aux yeux des esprits forts, sont considérés avec mépris, dédaignés, ou alors on passe son temps à ratiociner des heures dessus jusqu'à en dessécher la « substantifique moelle », à intellectualiser à outrance dans un délire de néo-puritanisme qui n'a rien à envier à celui de nos ancêtres, et tout aussi hypocrite voire plus car se parant des oripeaux du progrès des consciences. On confond « bouffer » et manger, apprécier la bonne chère étant considéré comme de la goinfrerie, et de même l'on mélange l'ivrognerie et la dégustation d'un bon vin entre amis dans une folie hygiéniste.

     

    ci-dessous photo de l'auteur

    politique, société, poésie, culturePlutôt que de vivre par procuration sur Internet, sachant que les déclarations ronflantes ne changeront rien aux causes défendues, ou pas grand chose si cela n'est pas suivi d'actes concrets et d'engagements réels dans la vie quotidienne, je me demande toujours pourquoi ces personnes n'essaient pas de voir un peu la beauté du monde autour d'eux, d'aimer sans rechercher un amour de roman sentimental, de goûter chaque seconde de leur vie en en pressant jusqu'au bout le suc, tout ce qui nous rend plus humains.

     

    On dirait d'ailleurs que tout cela, ce qui nous rend plus humains, est méprisé, dédaignée, conchié par le monde moderne qui ne sait rêver sur sa destruction, dont les nuits sont peuplés de massacres, de destructions de masse, de « post-humains » ou d'« humains augmentés » qui seraient plus performants pour servir le système mais aussi beaucoup plus dociles.

     

     

    Alors de temps à autre ami lecteur, vit, met le nez dehors, abandonne dont « smartfône » dans un coin, éteins ton ordinateur..

  • Pour éviter les lectures de plage fastidieuses 1 - Sartre

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    Pour t'éviter de lire Sartre sur les plages, ami lecteur, si tant est que tu en avais l'intention...

     

    image ci-dessous empruntée ici

    littérature, société, politique, existentialisme, SartreComme je suis bon et généreux, et modeste, si, si, dans ce petit texte spécial été je te donne quelques conseils ami lecteur pour t'éviter de lire Jean-Paul Sartre, le philosophe préféré des « forts en thème » qui aimeraient bien passer pour des voyous. Bien sûr soyons honnêtes, je souscris quant à cet écrivain à l'opinion qu'en a de lui Kléber Haedeans dans « une histoire de la littérature française », surcoté, grisâtre et ennuyeux, très ennuyeux, au sens le plus concret du terme. Il paraît que je rejoins là-dessus Michel Onfray qui lorsqu'il s'abstient de parler religion est souvent pertinent il est vrai, et à l'instar de ce philosophe je lui préfère largement Camus, personnalité solaire.

     

    Sartre est donc le père de « l'existentialisme », une théorie qui implique que l'on jouisse le plus vite possible, rien n'ayant de sens, le monde pouvant être détruit le lendemain par la bombe atomique. Il n'y a donc pas de morale individuelle ou sociale, pas de sens à la vie excepté le plaisir compris comme la satisfaction des pulsions égoïstes et non comme un partage avec ceux que l'on aime. D'ailleurs il le fait dire lui-même à un des personnages de « Huis Clos » : « l'Enfer c'est les autres ». On comprend que cela plaise aux milliers de potaches narcissiques et, ou mal dans leur peau qui l'ont lu, surtout à ceux ayant des scrupules à extérioriser leurs désirs ou ressentant de la culpabilité à « s'éclater », car cela justifie pour eux leurs appétits qu'ils ont besoin de justifier d'une manière à leurs yeux « noble ».

     

    Puisque c'est écrit dans un livre étudié en cours et conseillé par les profs !

     

    Et puis pour Jean-Paul et Simone, de Beauvoir, le fameux « castor » il s'agissait surtout de trouver un alibi à leurs vagabondage sexuel souvent d'ailleurs bien tristounet. C'est à partir de Sartre que ce que le monde occidental appelle maintenant la culpabilité, à savoir la responsabilité que l'on envers son prochain, devient le tabou ultime. Il ne faut surtout pas se sentir coupable puisque la morale personnelle et collective est une illusion. Finalement, Sartre est un excellent philosophe du consumérisme.

     

    La chair est cependant triste chez les parents de l'existentialisme, et grise. Un,e existentialiste peut coucher avec un,e noir,e et des individus du même sexe que le sien sans avoir besoin de se justifier et de rechercher des sensations épicées qui dureront un temps, il le fait par hu-ma-nisme et to-lé-rance, par en-ga-ge-ment, un des maîtres mots de ce mouvement, exerçant encore des ravages en 2014, car justifiant tout : justifiant par exemple en ce moment même pour des personnes « engagées » de défiler aux côtés des fanatiques pour Gaza, contre Israël.

     

    Sartre a dit aussi, je cite, qu'il ne fallait pas « désespérer Billancourt , et donc continuer à mentir aux ouvriers sur les conséquences des dictatures « populaires » d'Europe de l'Est, d'Amérique du Sud et d'Asie : massacres divers, camps de rééducation etc...

     

    Il a cru également couper court à toute discussion en affirmant que « tout anticommuniste est un chien », l'anticommuniste étant parfois juste quelqu'un rappelant des faits évidents, et parmi eux des dissidents communistes, dont Soljenitsyne, désigné à la vindicte populaire car forcément réac pour douter de l'utopie marxisante, Alexandre doutant aussi de celle induite par le libéralisme.

     

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    Tout comme chez les libéraux on prétend que c'est parce que le libéralisme n'est pas encore réellement appliqué qu'il existe encore des pauvres, chez de nombreux thuriféraires du socialisme on affirme que c'est parce que le marxisme en fait n'a pas encore été vraiment bien compris par les différents régimes politiques qui s'en réclamaient et s'en réclament encore.

     

    Cela en dit long je trouve sur la perception du peuple par Sartre et la plupart des intellectuels de « gôche »  consistant surtout en un large mépris et une condescendance à peine camouflée; le peuple est trop con pour comprendre par lui-même, le peuple est un agrégat de grands gosses irresponsables qui a besoin d'être guidé par des « maîtres à penser » tellement modestes et peu imbus de leurs personnes qu'ils pensent que ce rôle leur est légitiment acquis car ayant quelques connaissances idéologiques, quelques grammes de marxisme par ci par là avec deux doigts d'esprit libertaire (justifiant surtout que lesdits gourous puissent coucher à droite à gauche tout leur saoul). Alors que le peuple peut très bien faire la part des choses et comprendre que ses aspirations à plus d'équité et de justice sociale ne seront pas remises en questions du fait des meurtres d'un régime dictatorial.

     

    Sartre reste un « phare » de la pensée dite progressiste, conseillé avec chaleur aux plus jeunes, alors que c'est un autre genre de « morticole ». La postérité le retient encore comme un jalon, tels ses touristes qui se font prendre en photo au « Flore » ou aux « Deux Magots » s'imaginant dans la peau « d'existentialistes » libertaires quelques minutes devant un café à quatre Euros cinquante, figés dans un passé de carte postale revu et corrigé par Hollywood.

  • Les utopies encore en germe ?

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    Ami lecteur, l'intérêt de s'être fourvoyé dans son orientation universitaire, envoyé en AES, moi un « littéraire » (tu te rends compte!) car pour mon conseiller d'orientation « sans maths on ne fait rien », c'est que j'ai cependant appris des choses qui me sont encore très utiles maintenant pour comprendre le monde, et en particulier le contenu des théories économiques et sociales dont nous subissons encore l'influence délétère maintenant.

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    bustes ci-contre pris ici (site de the guardian)

     

    Ces idéologies sont nées au XIXème siècle suite aux « Lumières » du désir de certains de changer le monde d'un trait de plume, ce qui est louable, et en passant l'être humain, ce qui l'est déjà moins, contre son gré même, ce qui ne l'est plus du tout, le tout à l'aide de théories globalisantes censées tout expliquer, y compris la complexité de l'être humain. Parfois elles naissent de la solitude d'un « vieux garçon », comme le « fouriérisme ».

     

    Ces belles idées toujours pleines de bonnes intentions au départ puis après oublient toujours cette variable pourtant fondamentale : la nature humaine marquée surtout par l'avidité et l'égoïsme, à quelques exceptions près et notables ayant su lutter contre.

     

    Rappelons aussi qu'ils semblent oublier que l'utopie suppose l’acquiescement de toute la population pour être construite ce qui est rigoureusement impossible à obtenir, ou du moins ce qui l'était. En effet, les dictateurs du début du XXème siècle, qui enfermaient dans des camps leurs adversaires (le nazisme étant ainsi que le rappelle Arendt une émanation du capitalisme) ou les massacraient en masse en goulags, n'avaient pas les moyens de communication énormes qui permettent maintenant aux vrais dirigeants, je parle des dirigeants économiques, de nos démocraties de progrès de conditionner sans médication extrême ni le secours de torture ou d'emprisonnement l'individu moderne en lui laissant l'illusion, ruse suprême, qu'il décide souverainement de son existence.

     

    Deux de ces idéologies vivent encore de nos jours et sont plus vivaces, malheureusement, que toutes les autres :

    pulpliberalisme03.jpg

     

    Case ci-contre prise ici sur le "plus du nouvel obs"

     

    Le libéralisme ; du plus « soft » au plus dur et le marxisme dans ses diverses variations encore existantes. Pour beaucoup encore maintenant, les deux Fois idéologiques, car c'en est, s'opposent rigoureusement alors que si on relit Adam Smith, le père du libéralisme, un des derniers stades vers l'utopie enfin réalisée, la richesse à la fin devant retomber (en pluie?) sur tout le monde, selon lui, ressemble beaucoup au communisme tel que décrit par Marx dans « le Capital ».

     

    Quand on oppose aux tenants de ces théories les faits qui montrent l'échec patent de leurs théories, ceux-ci ont pris pour habitude maintenant de répondre assez abusivement que en fait ni le libéralisme ni le marxisme n'ont encore été réellement appliqués encore sous une forme acceptable. Certains libéraux vont même jusqu'à prétendre sans rire que la France, ce pays soumis à la mondialisation un peu plus chaque année, est digne de la Corée du Nord.

     

    Ils s'en aperçoivent généralement quand les conséquences de la mise en place de ces idéologies sont mises en lumière par les historiens et les observateurs un tant soit peu lucides ; ainsi le stalinisme n'avait rien à avoir avec le communisme, les massacres de Pol Pot étaient surtout causés par le nationalisme des khmers rouges ; peut-être Chavez trouverait-il encore un peu grâce à leurs yeux, il a l'avantage d'être mort et de ne plus rien gouverner d'où il est, on peut ainsi l'idéaliser, et ce malgré la pénurie au Venezuela, due aux « vipères lubriques » capitalises c'est certain, et ce malgré les privations de libertés que subissent les adversaires politiques du grand homme, des fous, c'est évident !

     

    Le Net a donné un regain d'intérêt à leurs ratiocinations de tétrapiloctomeux : un enrobage musical, des photos choc, des phrases-slogans qui flattent l'internaute égaré dans le sens du poil que celui-ci soit un « geek », un « nerd » ou un bureaucrate qui s'emmerde dans son « open space ». Certains tombent dans le panneau pour la même raison que tout ce qui fait le « buzz » sur le « Web » : donner d'eux une image flatteuse, au fond les idées ils s'en foutent.

     

    Une troisième idéologie semble émerger en ce moment, issue des courants les plus libéraux-libertaires, une idéologie post-humaniste poussant à mettre en pratique une transformation effective de l'être humain par la science, quitte à le marchandiser, les affaires sont les affaires et quitte à ce que cela ne profite qu'à quelques uns ce dont ils se fichent complètement se partageant le monde plus ou ou moins secrètement sur le dos des peuples.

  • La démocratie par les pétitions

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    politique,société,amaury watremez,pétitions,hypocrisie,politiquement correct La pétition est le degré zéro de la démocratie, c'est la logique du plus grand nombre, du troupeau, or parfois la majorité peut largement se tromper et partir d'un raisonnement erroné. De plus, cela évacue d'emblée les nuances ou le recul que l'on se doit d'avoir sur telle ou telle question. J'ai horreur de cette logique même quand d'ailleurs je suis finalement d'accord sur l'essentiel avec les pétitionnaires, cela me donne des fourmis dans mes envies de contradiction. Ce n'est pas en s'imposant par la force que l'on change réellement les choses, le changement n'est plus que subi, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir des convictions fermes et qu'il faudrait avoir peur de les dire, bien au contraire.

     

    Des gosses ont eu une mauvaise note ? Ils réfléchissent sur le travail qu'ils ont fourni ou pas ? Ils examinent leurs propres actes ? Que nenni, le progrès technique aidant, ils peuvent créer une pétition pour demander d'être évalués moins sévèrement car c'était selon eux « trop difficile ». Sur les réseaux d'ailleurs, on a vu fleurir des pétitions contre de leurs profs ou éducateurs, mal perçus, car il faut dire parfois trop sévères il faut avouer, certains demandent même à leurs élèves de travailler en classe, d'avoir de l'exigence, de lire des livres quand ils sont en bibliothèques et ô scandale de réfléchir par eux-mêmes sans l'aide du « copié-collé ».

     

    Il y en a même qui interdisent les calculettes pour les opérations simples et les traducteurs automatiques en ligne, des salauds à coup sûr.

     

    Voire même et de manière des plus déplaisantes, contre leurs camarades parfois, selon une logique de délation anonyme le plus souvent, en masse qui là pour une fois rappelle pour de bon les fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire »

    (TM° de l'auteur).

     

    Des citoyens ne sont pas d'accord avec une loi impopulaire, que celle-ci soit motivée ou pas, ils pétitionnent sur Internet et sont alors persuadés que seul leur point de vue compte, qu'ils le pensent et que donc par là même ils ont raison. Ce sont souvent les mêmes qui ne vont pas voter qui ne s'engagent pas et ne se soucient pas le moins du monde de la démocratie ni de ses institutions ne saisissant pas qu'ils bénéficient d'un privilège insigne sur notre planète en pouvant s'exprimer comme ils l'entendent..

     

    Ne voulant pas que la politique se mène sans eux, mais ne souhaitant pas non plus fournir trop d'efforts quand même, ils créent une pétition et se comptent, c'est finalement toujours et encore une manière de se retrouver dans sa tribu, de donner de soi une image flatteuse en pétitionnant contre la mort, la douleur, la haine, la guerre, la violence, des sujets on ne peut plus clivants..

     

    Tu noteras ami lecteur qu'après la plupart des pétitions, y compris celles qui recueillent un grand nombre de voix, il ne se passe jamais grand-chose, il n'y a pas de suivi car au fond il s'agissait juste de se reconnaître « entre soi » et de rester « entre soi », de ressentir le confort de faire nombre, de se noyer dans la masse, d'être comme les autres et de ne pas avoir à penser par soi-même en essayant de prendre un recul nécessaire. Et de plus en plus l'internaute est noyé sous un déluge de pétitions « citoyennes » qu'il est mis en demeure de signer sous peine d'être pris pour un salaud.

     

    J'attends toujours pour ma part une pétition contre les jours de pluie, les dimanches où l'on s'ennuie ou contre la neige en hiver et les coups de soleil en été. Je verrais bien aussi une pétition contre les cons, elle aurait un succès fou, je me mettrais en valeur, il faut dire que pour les cons le con c'est toujours l'autre, donc il y en aurait beaucoup qui la signerait sans hésitations. Et cette histoire de pétitions me rappelle celle qui fût signée par tous les habitants de sa ville contre Jean-Sébastien Bach lorsqu'il tenait les orgues de l'église car considéré comme « trop moderne », « trop élitiste » par les dits habitants...

     

    Qui sait ? Il est possible que cet article taquin déclenche une vague de protestations et une pétition contre ce blog.

     

    illustration prise ici


    Les Inconnus Abel Chemoul par ribkurios