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Musique

  • La nostalgie camarade c'est vendeur

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    Aussi sur Agoravox

    à propos de « Gainsbourg confidentiel – les 1001 vies de l'homme à tête de chou » de Pierre Mikailoff aux éditions Prisma et en points Seuil

     

    gainsbourgwnoden.jpgEncore une biographie de Gainsbourg empruntant son titre à une de ses chansons, encore une que les pisseuses et les petits gars compulsionnels du chanteur et parolier de nombreuses vedettes françaises vont acheter par nostalgie de leurs jeunesses ou de leurs amours. Le problème de ce livre bien écrit est dans les quelques carences éditoriales qui n'en facilitent pas la lecture. Je ne compte pas les erreurs de mise en page, de police (les renvois de notes de même taille que le reste de la typographie). Je ne compte pas non plus les retours en arrière puis en avant les digressions que l'auteur fait très souvent, répétant les mêmes histoires.

     

    On trouve à la fin un abécédaire un peu court qui vient un peu comme un cheveu sur la soupe. Je me suis demandé pourquoi l'auteur n'en avait pas intégré le contenu dans le reste de son propos...

     

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  • Ces génies du Jazz fracassés

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    à propos de « Low down : jazz, came, et autres contes de la princesse be-bop » de Amy Joe Albany en 10-18

     

    littérature, cinéma, société, amérique, amy joe albany, amaury watremezLorsque sont évoqués les génies du jazz, en particulier ceux ayant créé le style « be bop », on se rend compte que la plupart sont complètement fracassés par la vie, des inadaptés flamboyants, des « losers » magnifiques, des comètes musicales. La plupart étaient afro-américains mais on oublie souvent les autres, dont les blancs, excepté Chet Baker et sa belle gueule de travers. Je ne connaissais pas Joe Albany, pianiste délicat dans le style de Bud Powell, le père de la narratrice. Il était un des compagnons de création de Charlie Parker, drogué comme lui jusqu'à l'os, spécialiste du « travail du négatif ». Il vécut une période d'accalmie relative en Europe, en France plus exactement, dans les années 70.

     

    Heureusement que notre pays existait afin d'offrir aux musiciens de jazz qui chez eux jouaient souvent devant des convives parfaitement indifférents à leur musique un public à leur mesure, plus réceptif, plus bienveillant.

     

    Joe crut pouvoir oublier ses démons un temps, offrir à son « Amy Joe », sa « princesse be-bop » une vie presque normale, équilibrée, mais ses cauchemars, ses angoisses, une fois qu'il rentra aux États-Unis se rappelèrent à lui. Comme tous les artistes ou les âmes sensibles, ce monde ne suffisait à contenir sa soif de sensation et il eût voulu tout retranscrire, tout redonner. Mais un art si maîtrisé soit-il sera toujours imparfait dans l'expression de la beauté, L'idéal du créateur est toujours, en théorie du moins, chez les vrais créateurs, de parvenir à ne serait-ce qu'approcher la perfection. Ils se laissent parfois aller aux paradis artificiels afin de combler leur soif de ressentir toujours plus profondément le monde et sa beauté, ou sa laideur.

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  • Dédié à de nouveaux lecteurs assidus

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    Dédié à "saintex" et "IMHO" deux de mes commentateurs assidus de Causeur (ils n'aiment pas ce que j'écris mais commentent à chaque fois, cela finira par un mariage...).

     

    Ce sont également visiblement des psychologues fakirs extra-lucides à les lire, cette chanson leur est dédiée...

     

  • Au Nord c'était le Punk et le Funk

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    Retour à Manchester Music également sur Causeur

     

    à propos de « Manchester Music City 1976-1996 » chez Rivages-Rouge aux éditions Payot où l'on évoque les « Buzzcocks », « Joy Division », les « Smiths », « New Order », « Happy Mondays », « Stone Roses » et autres groupes « de jeunes » pour « vieux » quadras et quinquas nostalgiques de leur adolescence d'enfants des « Trente Glorieuses » et du « Baby Boom »...

     

    musique, littérature, société, histoire, punk new wave, amaury watremezCe livre écrit par John Robb, musicien et critique rock, ami de nombreux musiciens dont Morrissey ou Ian Curtis, est un peu différent des autres ouvrages du genre car il laisse la parole surtout à ses acteurs. John Robb a passé des années à les interroger et conservé des kilomètres de bandes qu'il a retranscrites ici, collant son micro sous le nez de ses camarades de galère ou de succès, s'installant dans une des « zones » de Manchester à la fin des années 60, cherchant le succès en fondant plusieurs groupes plus ou moins professionnels.

     

    C'est à la fois l'originalité et le handicap de la chose, sa limite.

     

    Le procédé favorise les redites et surtout l'on n'y trouve pas la même dinguerie, l'excentricité de ceux de Nick Kent ou Richard Neville. Le style de John Robb est bien sage, un peu bourgeois ce qui est quand même le comble pour un bouquin se remémorant les figures de musiciens ayant eu pour but de secouer « l'establishment », de remuer les consciences, de les amener à la rébellion contre l'ordre établi. Il décrit ainsi le moment où Manchester deviendra « Madchester » après le concert des « Sex Pistols » dans une des salles de la ville, une salle qui pour l'anecdote appartenait à une secte protestante presbytérienne....

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  • Sexe, drogue et apathie

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    À propos de « Apathy for the devil, les seventies voyage au cœur des ténèbres » de Nick Kent chez « Rivages Rouge »

     

    musique, société, rock, nick kent, amaury watremezQuel intérêt de lire des récits comme celui de Nick Kent, ex drogué jusqu'à la racine, vieille gloire et « groupie » ultime en quelque sorte tel qu'il le dit lui-même ? Cela pourrait seulement consister à dérouler les souvenirs d'un vieux combattant du Rock à calvitie naissante et queue de cheval, un vétéran se souvenant avec nostalgie de sa jeunesse décadente pour l'exorciser, la renier et se complaire en même temps dans l'exaltation de ses frasques, ce dont on pourrait se ficher complètement. L'ancien « addict » se vautrant dans ses remords et son autoflagellation est toujours pénible, difficilement supportable, on préférerait presque qu'il se remette à la fumette ou aux alcools forts. Ce serait moins triste.

     

    Rien de tout cela avec Nick Kent, on ne sera pas dans le pathos étalé en place publique. Il est cru, direct, souvent ironique y compris à ses dépens que ce soit pendant le récit de son ascension au sein de « la décennie du moi », dans le milieu du Rock, jusqu'en 1975 à sa chute qui dure jusqu'au début des années 80. Nick Kent se retrouvera SDF, zonard perdu parmi les zonards en perpétuelle recherche d'un « fix »....

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  • Playpower avec Richard Neville

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    à propos du livre de Richard Neville « Hippie hippie shake » chez Rivages/Rouge

     

    société, musique, politique, hippie, richard neville, amaury watremezLes années 60 et 70 n'étaient pas parfaites, bien loin de là, mais flottait durant ces deux décennies un parfum de liberté dont les effluves se sont dissipées depuis longtemps malheureusement. Le livre de Richard Neville le raconte très bien et avec style. Les hippies, les « yippies » et autres « mods », avaient beau être parfois brouillons dans leur recherche existentiel, souvent outrancier, ils avaient en eux quelque chose de plus que les tristes citoyens consommateurs de 2016 uniquement préoccupés d'acheter le dernier modèle de gadget électronique à la mode, de rentrer le plus possible dans le rang selon des critères de vie inspirés par l'esprit le plus petit bourgeois, le plus étriqué qui soit.

     

    Dans ce livre, Richard Neville raconte l'histoire véridique et picaresque de « Oz », revue provocatrice commençant à paraître en 67 en Australie, et de tous les mouvements politiques et groupuscules divers de ces années là. Il n'en fait pas une « Légende Dorée » avec ses saints et ses méchants, il n'en montre pas non plus exclusivement le côté obscur. Comme toute histoire humaine, l'histoire de « Oz », de la contre-culture, est complexe, ne penche ni du côté noir ni du côté blanc, on ne distinguerait plutôt qu'une infinité de nuances de gris. Neville lui-même ne s'épargne pas, il raconte par exemple la jalousie qu'il ressent envers des hommes courtisant sa petite amie alors qu'il pose souvent en apôtre de « l'amour libre »....

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  • Vingt-cinq ans que Gainsbourg a cané, classieux non ?

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    musique, gainsbourg, nostalgie, amaury watremez, toi tu sais de quoi je parleVingt-cinq ans que Gainsbourg a cané.

    Pas besoin d'en faire des caisses, restent les chansons...

    C'est suffisamment classieux comme ça.

    Ci-dessous deux chansons de lui que j'aime beaucoup, pour différentes raisons que je ne développerai pas...

     

  • Reparti avec les oies sauvages

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    musique,chanson,delpech,amaury watremez2016 commence par la mort d'une figure de la France radieuse...

    Delpech est reparti avec les oies sauvages...

  • Souvenir pieux pour une parisienne

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    Au moins Johnny ne lui en donnera plus de la Série Noire... 


    Magali Noël "Fais-moi mal" de vian par chantalounette

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  • Le Crime de monsieur Lang

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    Philippe Muray sur la Fête de la Musique (après avoir vu passer la "Technoparade" toulousaine, une sorte d'anticipation d'un genre d'enfer à mes yeux)... 

     

    Merci au "pas grand chose" pour l'extrait...


    Fête de la musique, philippe muray, festivisme, société, jack lang, musique« (...) Notre monde est le premier à avoir inventé des instruments de persécution ou de destruction sonores assez puissants pour qu'il ne soit même plus nécessaire d'aller physiquement fracasser les vitres ou les portes des maisons dans lesquelles se terrent ceux qui cherchent à s'exclure de lui, et sont donc ses ennemis. A ce propos, je dois avouer mon étonnement de n'avoir nulle part songé, en 1991, à outrager comme il se devait le plus galonné des festivocrates, je veux parler de Jack Lang ; lequel ne se contente plus d'avoir autrefois imposé ce viol protégé et moralisé qu'on appelle Fête de la Musique, mais entend s'illustrer encore par de nouveaux forfaits, à commencer par la greffe dans Paris de la Love Parade de Berlin.

     

    Fête de la musique, philippe muray, festivisme, société, jack lang, musiqueJe suis véritablement chagriné de n'avoir pas alors fait la moindre allusion à ce dindon suréminent de la farce festive, cette ganache dissertante pour Corso fleuri, ce Jocrisse du potlatch, cette combinaison parfaite et tartuffière de l'escroquerie du Bien et des méfaits de la Fête. L'oubli est réparé. (...) »

    Extrait de la préface à la réédition de L'empire du Bien (1991) de Philippe Muray publiée en 1998 aux éditions Les Belles Lettres (réédité dans le volume "Essais")

  • Perfidia

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    « Perfidia » de James Ellroy chez Payot et Rivages

    politique, société, littérature, Ellroy, Noir, amaury watremez, polar« Underworld USA » m'était tombé des mains, « it was a piece of shit man », c'était la première fois avec un roman d'Ellroy. Ellroy était fatigué, Ellroy était moins perturbé, Ellroy avait envie d'une vie bourgeoise croyait-on à l'époque. On le sentait moins inspiré, moins concerné par ses personnages. Je n'avais pas trop compris où il voulait en venir. « Perfidia » se tient mieux, est plus cohérent, et descend beaucoup plus bas dans les tréfonds de L.A (California) dont rêvent encore les naïfs, les fous et les esclaves enthousiastes du « Barnum consumériste ». 

     

    Avec ce livre, ça se confirme, Ellroy n'est jamais aussi bon quand il écrit sur les années 40 ;

     

    « LA Confidential », « le Dahlia Noir » et « le Grand Nulle part » ;  

     

    Et sur son parcours de « Ellroy Da Dog »  camé à la benzédrine, buvant beaucoup trop, clodo voyeur, caddie de golf pour richards et finalement écrivain talentueux à succès, de cette veine dans laquelle c'est un sang épais qui bat je retiens « Ma part d'ombre » sur sa mère, et « la Malédiction Hilliker » sur sa fascination des femmes....

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  • Hommage à Michel Delpech

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    musique,société,michel delpech,amaury watremezMichel Delpech s'éteint doucement, c'était un chanteur populaire, un chanteur de "variétés", les grincheux, les imbéciles et les cuistres, les jaloux, les frustrés feront la fine bouche (soyons clairs, qu'ils crèvent). Avec lui c'est toute une partie d'un monde maintenant disparu, moins cynique, qui s'éteint aussi, hélas, petit à petit.

     

    Ce n'était même pas un chanteur "engagé", il était même plutôt catholique sur les bords à sa manière, parlant du divorce tel qu'il est et non tel que les bourgeois pédagogues le voient...

     

    Ses chansons que l'on connait tous, à chacun sa préférée, on les partageait dans des moments d'amitié où l'on ne savait pas que l'on était heureux, avant de tout gâcher comme des enfants gâtés qui cassent leur jouets. Et puis on l'écoutait ensuite pour s'en rappeler, comme un souvenir de bonheur perdu...

     


    Michel Delpech - La fin du chemin par Leroidukitch

  • Dans la vie faut pas s'en faire...

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    politique,société,angelots,joues roses,rose bonbon,hypocrisie,amaury watremezDédié à toi ami lecteur méridional, sais tu que je t'aime déjà ? (mais qu'est-ce qui nous arrive ?)

     

    Je ne serai pas un de ces affreux types de droite voyant tout en noir, nostalgiques des ordres noirs et des z-heures les plus sombres de notre histoire. Je n'entretiendrai certainement pas la peur et la psychose des « sans dents ». J'écris tout cela, ces badineries avec le ton précieux m'étant habituel, pendant que le présentateur journaliste soucieux d'équité de nuance, pas du tout militant !, Yann Barthès de « le Petit Journal » sur « Canal Pelu » est en train d'ironiser sur les « discours de peur », ces méchants fââchiistes les prononçant, le tout après une interview passionnante de l'inénarrable Pascale Clark.

     

    Elle est elle-même sa propre caricature, folfère!...

     

    Et puis voyons les indicateurs économiques repassent tous jour après jour au vert, et c'est quand même le plus important, bientôt nous verrons le bout du tunnel. Les allocataires du RSA, ces gros gâtés, les chômeurs, ces assistés, auront bien faire la moue et renâcler à l'optimisme ainsi que tous les pauvres, salauds de pauvres, ont tendance à le faire, « la France va mieux » (je cite notre premier ministre bien aimé) il y a des signes qui ne trompent pas !

     

    Subissant de plein fouet les conséquences du grave problème de l'alcoolisme en milieu bureaucratique, j'ai dû m'expatrier quelques mois dans une grande métropole du Sud réputée pour la couleur rose socialiste de ses monuments.

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  • La musique du « Genre » de Pino Donaggio

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    musique, cinéma, Genre, Fantastique, Horreur, Amaury WatremezDans les années 80, beaucoup des musiques des films dits « de Genre » les plus originaux ont été composées par Pino Donaggio, en particulier ceux de Brian de Palma, un des disciples d'Hitchcock, Joe Dante, un des maîtres de la « série B »caustique ou Dario Argento, artisan du « giallo »italien, ou encore Lucio Fulci créateur d'univers horrifiques. La bande originale de l'excellent, et terrifiant « Ne vous retournez pas » de Nicholas Roeg est également de sa plume inspirée.

     

    Affiche prise sur ce site

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  • Les Femmes c'est du chinois...

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    musique, gainsbourg, société, politique, littérature, amaury watremez"Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes".

    Jean de La Bruyère

     

    Je n'ai pas exactement un physique de séducteur, avouons le.

     

    Je ne serai jamais un « play boy », n'en tirant ni gloire ni honte, ce dont je me fiche éperdument. Je n'ai même pas besoin de prononcer un mot pour provoquer des éjaculations de sottise chez de nombreuses personnes. Dans notre monde, il serait logique de me voir me mettre en ménage avec une femme me ressemblant ou alors d'être un célibataire se rencognant dans son coin sans faire de vagues tel un héros houellebecquien.

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  • Summer of Love and Money

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    A propos de « San Francisco 1965-1970 les années psychédéliques » de Barney Hoskyns, au « Castor Astral »

     

    image de la couverture, site de l'éditeur

     

    la photo de Haight Asbury dans les années 60 vient de là

     

    san%20francisco%20-%20copie.jpgQuand tu doutes d'une certitude entretenue et propagée par l'imbécile moyen sur une époque, tu passes aussitôt, ami lecteur, pour un esprit chagrin, un malveillant, un méchant. Dans ce livre, l'auteur, critique musical pour « Rolling Stones », démystifie, sans le détruire non plus, ce qui s'est passé durant le fameux « Summer of Love » et après, jusqu'à « Woodstock », le tout n'étant déjà finalement qu'une question de fric, et d'intérêts commerciaux. Il n'est guère que des initiatives comme celles des « Diggers » de San Francisco, ils distribuaient de la nourriture récupérée auprès de ou volée aux supermarchés, qui surnagent encore en 2014 dans l'océan de clichés de la représentation des années Soixante. Précisons que si j'écris cela, je reste persuadé que cette décennie, dans son foisonnement intellectuel, cinématographique, culturel et musical reste malgré les errements des uns et des autres autrement plus exaltante que les tristes années 2000 marquées par la vulgarité sans cesse plus marquée des aspirations individuelles et collectives.

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  • 5ème Avenue, 5 heures du matin, une femme en "petite robe noire" devant Tiffany

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     « 5ème Avenue, 5 heures du matin » Sam Wasson collection « Points » éditions du Seuil

     
    image de la couverture empruntée sur Amazon.fr

     

    cinéma, Truman capote, amaury watremez, littératureLa mise en œuvre de certains films, ceux que la postérité retient de par leur génie, s'apparente souvent à un véritable roman. Ce livre, également une enquête passionnante sur la création d'un objet artistique, raconte celui de l'adaptation de « Petit Déjeuner chez Tiffany » de Truman Capote, à l'ambiance très différente de celle du livre, plus désenchanté, plus triste, œuvre de Blake Edwards devenue véritablement originale et un des rôles les plus marquants d'Audrey Hepburn avec celui de « Vacances à deux », réalisation talentueuse malgré la fin heureuse imposée. A l'aube des années 60 elle y incarne une figure de femme libre très différente des rôles jusque là dévolues aux actrices, une excentrique allant en taxi jusque chez Tiffany les petits matins de déprime, en « petite robe noire » Givenchy, le noir étant en ces temps là réservé aux veuves et aux péripatéticiennes, un croissant à la main, pour retrouver le sourir : jusqu'à ce film la séductrice devait se « ranger » des voitures, ou épouser le héros, et être repentante, ou se faire tuer si elle ne regrettait pas sa mauvaise conduite, comme Gloria Grahame dans « City Heat » de Fritz Lang.

     

    Sam Wasson part de l’œuvre de Truman Capote, de « son » Holly Golightly, dont malgré les aspects sordides de son existence il est difficile de ne pas tomber amoureux à la lecture du court roman salué par Norman Mailer, provient de plusieurs des amies de Capote, et de sa mère, qui était une « demie mondaine » de haut vol : « Babe » Paley en particulier qui avait le même passé que Holly, et qui s'était marié avec un homme riche, Capote perdra son amitié en racontant une anecdote qui salissait son époux croyant la venger d'un mariage qu'elle lui confiait comme tragique dans « Prières exaucées », et prononcera son prénom en mourant, Oona O'Neil la jeune femme de Chaplin, et surtout une jeune allemande ou suisse allemande que l'écrivain rencontra lors de son arrivée à New York en 1943 et qu'il n'oublia jamais.

     

    Wasson n'hésite pas à égratigner la figure de l'auteur en évoquant sa légère mythomanie et la conscience très haute qu'il avait de son talent, qui vend les droits de son livre sans trop se préoccuper du destin cinématographique d'icelui, se voyant ainsi que le rapporte le futur producteur du long métrage incarnant le personnage principal, Marilyn étant censée jouer Holly, ce qui n'était pas une mauvaise idée soit dit en passant, la comédienne ayant un « timing » comique plus intéressant que celui de Audrey Hepburn, et ayant vécu le genre de « galère » que traverse le personnage, ayant été obligé d'aller « se repoudrer le nez » aux toilettes bien souvent avant que d'être célèbre et d'obtenir des rôles à sa mesure.

     

    Ensuite est racontée toute la production du film, depuis le script jusqu'au montage, au choix de la star masculine, Georges Peppard, pas très bon dans le rôle, décrivant au passage les combats menés contre la censure de l'époque, réticente à l'idée que soit montrée au cinéma une fille légère qui n'est pas punie pour sa « légèreté ». Ce n'est pas que les censeurs actuels soient moins pudibonds, leur hypocrisie est juste différente ; selon moins ami lecteur ils le sont encore plus qu'avant. Un premier scénariste, un romancier « sérieux » que l'on espère malléable et docile, est choisi, pour que finalement Blake Edwards et les producteurs en viennent à un auteur plus libre, mais au caractère plus trempé, moins conformiste, Georges Axelrod, qui travaillera aussi avec Billy Wilder et John Frankenheimer pour « Un crime dans la tête ». Et la génèse d'une des scènes de fête les plus réussies du cinéma, avec celle de « La Party » du même Blake Edwards qui utilise pendant 13 minutes les procédés de « slapstick » et de « slowburn gag » des maîtres de la comédie qu'étaient pour lui Leo McCarey et Mack Sennet.

     

    Enfin, est racontée dans cet ouvrage la naissance de la plus belle chanson de cinéma, chantée par Hepburn, récurrente instrumentalement de tout le long métrage, « Moon River » d'Henry Mancini et Johnny Mercer, spécialement écrite pour la tessiture peu étendue de l'actrice qui apprit pour l'occasion à jouer de la guitare, chanson que l'on envie de réécouter plusieurs fois une fois le livre refermé, et revoir au moins la première scène de l'adaptation du meilleur roman de Truman Capote....

     

    ...Et rêver à Holly Golightly.

     

  • Le curieux parfum de désuétude de Lester Bangs

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    A propos de « Fêtes sanglantes et mauvais goût » chez Tristram, collection « souple »

     

    Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202014-06-14%20a%CC%80%2020.49.10.pngDans ce deuxième ouvrage paru chez Tristram en collection « souple » Lester Bangs évoque la contre-culture des années 70 à travers différents groupes de Rock et de Jazz, du début de la décennie jusqu'à sa mort dans les années 80, mort logique, Lester Bangs ne pouvait survivre aux années fric, comme Pacadis en France. Lester écrivait sans cesse, tapant sur sa « portative » chaque jour des milliers de signes, des phrases interminables dont il perdait parfois le fil (il n'était pas toujours bon, comme n'importe quel auteur), mais ayant cette passion de l'écriture chevillée à l'âme, au cœur, au ventre, au sexe et au cerveau. Inconsciemment aussi, comme tous ces ogres de la vie, il devait savoir qu'il avait peu de temps pour dire tout ce qu'il avait à dire, et le partager.

     

    Ce livre a pris un curieux parfum de désuétude, il sera lu certainement par des quadragénaires nostalgiques de périodes moins cyniques et des quinquagénaires encore idéalistes, car le monde a définitivement changé et pas dans le sens de plus d'humanité, de hauteur morale ou intellectuelle, un monde où l'imbécile moyen est persuadé que les gadgets parfaitement inutiles qu'il utilise le rendent « de facto » plus intelligent, plus intéressant :

     

    Aujourd'hui les gosses eux-mêmes ont accès à de l'ultra-violence immersive sur le Net qui n'a même plus la charge subversive qu'elle avait avant, et à tout le porno le plus abject qu'ils veulent en consultant Internet, qui n'a plus du tout la même charge transgressive. Le monde comme dans une gravure en creux que décrit Lester Bangs était plus naïf, plus candide, plus lumineux aussi. Les plus jeunes y exprimaient encore des illusions, les grandes personnes rêvaient d'un avenir meilleur pour leurs enfants, d'une société libre où l'art et la littérature auraient été accessibles à tout le monde, où l'art populaire aurait été aussi bien considéré que l'élitiste.

     

    De nos jours, ceux-ci ne pensent plus qu'à préserver leurs z-acquis sociaux, leurs rêves étriqués et petits bourgeois afin de continuer à consommer encore un petit peu avant le « flash » final qui finira bien par arriver un jour du fait de la sottise universelle. Et les idoles des « boîtes » mythiques,égéries de couturiers scandaleux en leur temps ou de photographes « arty », se marient avec des hommes d'affaires bedonnants, des bourgeois qu'elles raillaient auparavant mais qui ont gagné en quelque sorte, ou rêvent encore à leur jeunesse enfouie dans leur « deux pièces » de banlieue.

     

    Le rock-critique, qui publie dans « Village Voice » et « Creem », ne manque pas de lucidité, il l'écrit même à plusieurs reprises, le Rock est mort depuis longtemps et il y a peu de créativité, le peu restant étant le plus souvent récupéré à plus ou moins brève échéance par l'industrie de « l'entertainement » qui maintenant pousse le vice jusqu'à se passer complètement des velléités de création de tel ou tel artiste, le public appréciant le plus souvent d'écouter et réécouter encore les mêmes chansons, les mêmes morceaux, les mêmes scies, refusant de grandir, de mûrir, noyé dans un « complexe de Peter Pan » collectif, tout en étant soumis à l'arbitraire d'un système socio-économique particulièrement dur, engendrant un darwinisme social impitoyable parfaitement intégré et accepté par tous, à commencer par les plus jeunes certains que leur allégeance aveugle est obligatoire.

     

    Il décrit l'envers du décor de la musique populaire, les groupes « gothiques » et « satanistes » composés de braves types qui sont pour la plupart des sortes de « working class hero » restant finalement très moraux, entre autres dans le chapitre sur « Black Sabbath », Ozzie Osbourne n'est pas Anton LaVey qui était lui-même un gros malin flairant les naïfs et les crédules en jouant les satanistes de fête foraine, les icônes sulfureuses comme les « Stones » finissant par resservir après Altamont toujours la même tambouille vaguement sexuelle pour vendre aux naïfs, prétextant qu'un public trié sur le volet, donc payant plus cher, appréciera mieux leur musique, les « punks » qui finissent toujours par rentrer dans le rang, certains finissant jurés dans les émissions de téléréalité avec alibi artistique, pour le pognon. Le tout reste du divertissement, du « Show Business » plus ou moins faisandé.

     

    Il se pose aussi la question de ce qui est ou non de bon goût, s'il en existe un mauvais et s'il n'y a pas un « mauvais » mauvais goût pire que tout et un « bon » mauvais goût questionnement à l'instar de celui de John Waters dans ses films qui aime la « provoc » « tongue in cheek » avec un petit sourire en coin, assumant tranquillement d'être un « freak » infréquentable, tout comme Lester Bangs qui l'est dans un genre plus « hénaurme », totalement irrespectueux des us et coutumes imposés par les arbitres des élégances culturelles et des conventions sociales des « bonn'gens » esclaves conscients et volontaires par peur de sortir du troupeau consumériste.

     

    Le livre est aussi une forme d'autofiction où Lester Bangs se raconte et décrit la vie d'un sale type misanthrope et asocial uniquement intéressé par ce qu'il écrit ou lit. Il n'est pas tendre avec lui, pas le moins du monde complaisant ou sombrant dans un misérabilisme pleurnichard lorsqu'il évoque ses tribulations, contrairement aux auteurs germanopratins pour qui la sortie du « périph » c'est la jungle. Si la dérision est totalement incomprise, ainsi que toute tentative de second degré, en 2014, tout ce que l'on peut dire ou écrire étant pris au pied de la lettre, que dire alors de l'auto-dérision perçue à la fois comme une pathologie de type finalement orgueilleux et narcissique, et comme une faiblesse, comme un manque de confiance en soi.

     

    Je lis Lester Bangs en prenant des textes au hasard dans ses livres, c'est comme avoir une conversation avec un ami proche, de celles que l'on a au mitan de la nuit, quand l'alcool et la bonne chère, et l'amitié, vous aident à rester lucides et arrondir les angles d'une réalité tellement marquée par la médiocrité, la bêtise et la souffrance.

     

    Ci-dessous "Paranoid" une des chansons préférées de Lester...

     

  • Les enfants des années 70 et Patti Smith

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    patti_smith-mapplethorpe.jpgJ'ai lu aux éditions Tristram « Premiers écrits » de Patti Smith, qui complète le livre où elle raconte ses années 70 : «Just kids », que je trouve nettement plus intéressant pour ma part, car plus vrai, plus authentique. Et c'est aussi car je suis aussi un enfant de ces années, né en 69, grandi pendant toute la décennie qui vit les derniers feux des illusions des années 60 et du « Summer of Love », et aussi des « Trente Glorieuses », avant le cynisme des années suivantes, le fric tout-puissant et les bourgeois se trouvant quelques alibis « durables » ou « équitables » pour maintenir l'illusion de leur ouverture au monde et de leur soudaine conscience sociale.

     

    Patti Smith a plus la « carte » que les autres auteurs de ces années là : Pacadis et Yves Adrien, trop « électrons libres », trop indépendants, inclassables, ou que Hunter Thompson, le fameux « docteur Gonzo » qui n'en faisait qu'à sa tête quand il écrivait ses articles, trop incontrôlable, pas assez de cadres, pas assez de normes, pas assez scolaire. Patti connaît en effet les codes des milieux « kulturels » et « arty ». Elle sait ce qui leur plaît, ce qu'on peut leur vendre, elle a les mêmes références. Si l'on peut dire. Car il ne s'agit pas tant d'en avoir que de paraître les maîtriser...

     

    Elle est agaçante, arrogante, narcissique, une petite fille qui minaude en jouant les compagnes de poète maudit, mais au fond elle reste malgré tout attachante, beaucoup plus que les auteurs actuels, pour qui s'aventurer place Clichy est en soi une expédition, une aventure, qui pantouflent dans les émissions « littéraires » en assurant le spectacle côté « bon client », ou « bonne cliente »...

     

    Son livre est un recueil de fragments de poèmes, de prose, de chansons, écrits sur des nappes de restaurants, des feuilles volantes à en-tête d’hôtels de luxe que l'on feint de mépriser lorsque on est de ce milieu. Mais une fulgurance écrite n'importe où n'en est pas forcément une, que ce soit à jeun ou après quelques verres, fût-ce d'un bon alcool, ou après une « ligne » ou deux de poudre aux yeux dans les narines. Patti cultive son « louque » androgyne, son côté « grande liane » brune qui plaît à Robert Mapplethorpe, plate comme une limande, et un peu maigre entre Andy Warhol et François Hardy, icône des « gays » de fait, ce qui rajoute un « plus » non négligeable pour la « carte », les bourgeois se plaisant à verser dans le « kulturel » aimant à recenser les homosexuels parmi les artistes, les auteurs, les musiciens...

     

    Elle chantait aussi, elle chante toujours, mais je préfère Debbie Harry, ou Nico, ou Marianne Faithful, moins chichiteuses dans leur art, qui sont allées plus loin, au risque de se cramer définitivement, au risque de se perdre, contrairement à elle, qui maîtrise tout, comme beaucoup de filles minces comme elles, plus ou moins anorexiques.

     

    9782367190204FS.gifDurant toute notre enfance, toute notre adolescence, on nous a dit, comme Patti Smith, que tout était possible, que le monde était à nous, que rien n'était interdit, que nos désirs étaient tous légitimes, que nous pouvions, que nous devions nous libérer du passé, en faire table rase ; ceux qui le disaient sachant très bien que le temps des rêves grandioses était déjà terminé. Et puis il y eut la Crise durable, structurelle, le chômage de masse, le SIDA et le retour volontaire et assumé à la docilité la plus abjecte de la génération juste après la nôtre, qui préférait et préfère toujours, à de rares exceptions, fermer sa gueule et courber l'échine pour conserver quelques temps encore quelques acquis anciens, et facilités de consommation diverses.

     

    Ci-dessous une chanson qui illustre bien ce que je ressens quant aux années 70

     

    image du haut prise sur ce blog

     

    image du bas prise  sur le site de decitre

  • La nostalgie camarade... Amaury Watremez

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    3021104296_1826970ded.jpg

    Gainsbourg et Anne Karina, image prise ici

    Aujourd'hui je déménageai un piano, j'ai songé en le faisant à la chanson de Gainsbourg, « le charleston des déménageurs de piano », coïncidence, c'était le jour anniversaire de sa mort. Gainsbourg était le tonton alcoolique qui dit des gros mots que l'on invitait à la télévision giscardienne pour faire rougir les dames et rire les messieurs, et amuser les enfants qui reconnaissaient en lui l'un des leurs, un gamin de Montmartre, de « Paris-Pantruche », où l'on dit « son fait au nanti, sa fatuité au bourgeois, sa sottise au pontifiant » dixit « Forain », un autre gosse de la « Butte », un peintre, comme Gainsbourg...

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  • Stromaé Brel de hard-discount

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    Stroma%C3%AB_310.jpgJe le sais c'est très mal de dire du mal d'une icône, je n'aime pas du tout Brel auquel je préfère les textes et les musiques de Gainsbourg apparemment plus léger, plus cynique aussi, et plus futile mais plus élégant, je parle ici d'élégance morale ami lecteur.

     

    Ce n'est pas que je lui dénie son talent à Jacques De Bruxelles, je le reconnais mais Brel c'est un genre de poésie de « curé progressiste », ainsi que le surnommait Suzanne Gabriello, une de ses amantes, pour qui il a d'ailleurs écrit « Ne me quitte pas », réputé la scie amoureuse ultime, à laquelle je préfère pourtant tout l'album « Melody Nelson ».

     

    J'ai vraiment du mal avec l'écriture de Brel et ses mélodies hormis quelques chansons dont celle qui dit avec raison que « les bourgeois c'est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient (c...on)», « Mathilde est revenue » ou sa chanson nostalgique, gaie et ironique sur la pluie tombant sur les grands boulevards à Paris.

     

    Stromaé (Maestro en « verlan »), a.k.a est belge, il chante un genre de « slam » - « rap » - « chanson réaliste » avec l'accent, on ne sait pas trop quoi, donc on le fait passer pour un genre de Brel « nouvelle vague ». C'est un rejeton de la bonne bourgeoisie belge, fût-elle « diverse » qui fait parler de lui dans la presse « pipeaule » du « plat pays » de temps en temps, notamment pour ses amourettes avec une « Miss » belge qui ne l'était pas, plate...

     

    Comme en plus il est métis, « issu de la diversité », c'est encore mieux même si il faut lui reconnaître cela, il n'en joue pas trop de sa « diversitude », rajoutant bien sûr à son personnage un zeste d’ambiguïté sexuelle qui plaira au « bobo » qui se croira pour un quart d'heure un peu l'homme du XXIème siècle, un type ou une femme drôlement con-cerné-e par la pauvreté, la mort, la méchanceté, et toute cette sorte de choses.

     

    Son « Fô-or-midable » on l'entend un peu trop partout, sur tous les tons, et comme c'est dans le vent de s'esbaudir, on s'esbaudit pour faire comme tout le monde car tout le monde aime et surtout ne pas sortir du troupeau, un peu comme pour « Zaz » (TM°) qui n'aurait même pas pu faire chanteuse de « goualante », car elle n'a pas non plus de personnalité.

     

    Stromaé chante le malheur, les pères absents, les types alcoolos un peu paumés, c'est tellement authentique trouvera le bon peuple qui aime bien la misère quand elle est enrobée d'un peu de sucre, car au fond Stromaé rajoute beaucoup de sucre, à un point que ça en est un rien indigeste. Le public pleure ainsi des larmes de crocodiles, car le malheur, la pauvreté, dans la vie, il s'en fout, il préfère qu'on la repeigne couleurs « chromo », qu'on la ripoline avec des bons sentiments.

     

    Il verse quelques larmichettes et puis il pense à autre chose, dont à lui d'abord et avant toutes choses.

     

    Comme ce qu'il chante est très noir, l'auditeur s'imagine ce que c'est adulte alors que ça l'est autant que l'imaginaire fantasmatique de n'importe quel ado mal dans sa peau, et tout aussi immature et narcissique qui s'imagine que ses petits tracas sont au centre du monde.

      

    Bien entendu, il combat des causes drôlement courageuses à notre époque comme le racisme, l'homophobie ou le sexisme ce qui lui vaut l'admiration de sa crémière et des éditorialistes des z-inrocks ébaubis par tant d'audace quant au choix des combats et du messââge. Des messages il y en a plein les journaux, et c'est plus efficace de s'adresser aux « P et T' pour les envoyer, il ne peut donc que sombrer dans la banalité, le « maestro », ça tombe bien la banalité, la société actuelle adore...

     

  • Voeux pieux

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    Un morceau -normalement- apaisant à destination des malfaisants, des malveillants, des envieux, des jaloux, des cyber-flics, des concierges, des commères, des boutures de commissaires politiques et autres cloportes dans une vaine tentative, j'en ai bien conscience, de les inciter à cesser d'emmerder le monde et en particulier ton serviteur, ami lecteur., de se nettoyer la tête de  tout ce qui l'encombre..

     

    Qui sait ? Cela fonctionnera peut-être...


    En attendant, je vais lire un bouquin sur le "transat" qui m'attend sur la plage et bientôt j'irai plonger dans les vagues au loin et nager vers le Sud...

     

    "Europa" de Santana par Gato Barbieri...

  • Les chansons de cinéma dont je ne dirai pas pourquoi je les aime

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    Il y a des chansons dont moi seul sait pourquoi je les aime, et une ou deux personnes de plus.

    La première c'est "la Seine" de "M" et Vanessa Paradis.

    Pourquoi en parler sur un blog devant tous les passants alors me dira-t-on ?

    Parce que. Voilà.

    Le cinéma c'est comme les livres, un truc existentiel que l'on ne peut quantifier, cela notre société ne peut pas comprendre...

  • Mes films musicaux excentriques

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    Il y a deux films, qui sont musicaux, deux films excentriques qui sont presque des comédies musicales, qui sont parmi mes films préférés : "All That Jazz" de Bob Fosse et "Phantom of the paradise" de Brian de Palma (le fantôme du paradis au sens littéral, au sens figuré et même par dérision, et le fantôme du paradis qu'est notre société libérale libertaire spectaculaire).

    Deux films qui sont dans un rapport émotif au monde, sensible et lucide.


    Phantom of Paradise - Somebody Super Like You par Tushratta

  • La plus belle chanson du cinéma

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    "Moon River"

     

    Parce que voilà...

     

    Lire le livre et voir le film permet de comprendre pourquoi (le livre j'ai dû le lire douze fois et le film je l'ai vu un nombre de fois que je ne compte plus).

     

    Sauf que mon Holly Golightly ne ressemblait pas à Audrey Hepburn, bien qu'elle fût elle aussi très jolie...


    Les malveillants, les jaloux, les envieux ne peuvent pas comprendre, ils sont trop occupés à compter les brin d'herbe plus verts chez le voisin, cet enfoiré...

  • Peut-on être un "fils de" et avoir la "wock and woll attitude" ?

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    à propos d'Antoine de Caunes éternel adulescent et de son « Petit dictionnaire amoureux du Rock »

     

    9782266239929_1_75.jpgJe ne saurais pas vraiment prétendre à une culture musicale vraiment étendue en Rock ou en Pop et ses rythmes sauhauvage, ce dont je me fiche complètement détestant les morceaux à écouter obli-ga-toi-re-ment pour être considéré comme un connaisseur tout comme j'ai horreur des livres ou des films réputés obligatoires, qui me donnent envie de rendre mon « quatre-heures ». On peut s'embêter devant un « classique » réputé et avoir beaucoup plus de plaisir à regarder une « série B » dédaigné par les fines bouches mais beaucoup plus intéressante du point de vue filmique. On peut s'ennuyer comme un rat mort à lire un livre réputé incontournable.

     

    Mais cependant j'aime bien la plupart des livres américains ressortant de ce genre un peu fourre-tout qu'on appelle « l'écriture Rock », et dans lequel on trouve aussi bien Lester Bangs qu'Hunter Thompson, Greil Marcus ou Nik Cohn, Pacadis dans une certaine mesure en France, ou Yves Adrien, chacun de ses auteurs parlant de beaucoup plus de choses que de musique, tous des trublions, des auteurs à la réputation d'« allumés » car hors normes, hors de sentiers battus qui n'avaient pas besoin d'arroser le public de crème « Chantilly » (TM°) pour prendre le genre « punk » (TM°).

     

    Ces écrivains ont tous la passion des lettres et de l'écriture, du mot juste, une sensibilité à fleur de peau, surtout de la sottise du temps, et l'ambition démesurée de parler de leur époque dans tous ses aspects dans leurs livres en prenant la musique populaire comme prétexte. Si d'aucuns parmi eux ont mis en pratique le « Sex, Drugs and Rock and Roll », ils y rajoutaient l'addiction coupable, de nos jours, aux livres. La plupart n'était pas de ces « jeunes gens réalistes » et songeant surtout à leurs intérêts, leur bobine en première page et l'état de leur compte en banque.

     

    Ils se fichaient pas mal de leur réussite sociale ou d'être considérés dans leur quartier. Ils avaient envie d'exprimer ce qu'ils ressentaient avec justesse et sans forfanterie. Ecrire ou lire n'étaient pas pour eux un divertissement entre deux jobs, entre deux missions d'intérim de luxe (présentation des Césars etc...).

     

    Pour de Caunes, qui reste au fond un bon élève d'écoles privées de province se rêvant révolté z-et rebelle, c'est important, tout comme le pognon qui va avec. Il est de ces premiers de la classe sûrs de lui qui passerait aisément pour un révolté ou un mauvais sujet auprès des participantes de « rallyes » de pensionnaires de Sainte Marie de Neuilly (TM°) ou de la « Légion d'Honneur » (TM°) de Saint Denis qui s'aventurent parfois à danser avec des mauvais sujets pour toutes finir par épouser un brave type « droit dans ses bottes ».

     

    J'ai parcouru malgré tout avec intérêt son « petit dictionnaire amoureux du Rock » qui à côté de ces auteurs qui sont ses modèles est bien sage, bien lisse, et bien scolaire, se cantonnant à parler surtout de musique et rien d'autres et en parler sans la folie de ses prédécesseurs, avec une application agrémentée de deux ou trois potacheries qui ne font guère illusion.

     

    Comme si au fond cette potacherie un peu gênante quand on a passé la cinquantaine était surtout une manière de faire oublier qu'il est un « fils de » et un privilégié du système, de s'en consoler.

     

    De Caunes n'est jamais aussi bon, si l'on ose dire, qu'en « passe-plats » koule et décontracté qui met en valeur le talent -des autres-, ou du moins leur supposé talent. Il le raconte lui-même, s'il a fait de la télévision et n'a pas persévéré musicalement comme batteur, c'est parce qu'il n'avait pas la toute petite étincelle qui donnent à la banalité un autre éclat, transforme un musicien de fêtes paroissiales ou de comices agricoles (plus rare) en génie de la musique « wock ène wolle » et de la transgression, un spécialiste du « travail du négatif ».

     

     

    Note, ami lecteur, que ce n'est parce que je trouve quelques circonstances atténuantes à de Caunes, qui m'a laissé quelques bons souvenirs télévisuels dans les années 80, que je vais commencer à regarder « le Grand Journal », la tribune officielle de la France « kipense » dans le bon sens, d'Augustin Trappenard, l'alibi « culture » à Jean-Michel Apathie qui a su garder sa simplicité et son accent basque.


    couverture empruntée ici sur le site du Furet du Nord

  • Un petit hommage à Lou Reed

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    Lou+Reed+loureed.jpg

    portrait pris sur ce site


    Lou Reed, auteur d'un de mes chansons préférées, voir ci-dessous, vient de mourir.


    ("Comment ??? Quoi ??? Un catho réac sur la liste noire de plusieurs médiathèques normandes ; aimer Lou Reed !!???")


    Et pourtant...


    (je suis à peu près certain il est vrai que les responsables départemental-les ou nationales des missions pour l'égalité des genres n'ont jamais entendu parler de lui)

    Sight...Sight...

    "So hey sugars take a walk on the wild side"

  • « Dépasser l'acide » dit le gourou du printemps de l'Amour

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    magic-bus.jpgJe n'avais jamais lu de livre de Tom Wolfe qui dans ses amis de gentleman sudiste a toujours fait la nique aux adeptes de la pensée globalement humaniste et d'une gentillesse à manger du foin. Si on veut vraiment le qualifier, on peut dire que c'est un genre d'« anar de droite » fasciné par les marges de la société, et qui se plaît à les explorer dans ses livres. Pour être honnête, j'avais un préjugé un peu défavorable contre lui du fait des adaptations de « l’Étoffe des héros », ou du « Bûcher des Vanités », que je trouvais sympathiques mais somme toute un peu lisses. Alors qu'il est tout sauf lisse dans ses ouvrages. Et je trouvais son personnage en costume immaculé un rien surjoué.

     

    « Acid Test » m'a fait changer d'avis.

     

    En 1964, Tom Wolfe, inventeur avec Norman Mailer, sacré boxeur politique, et Hunter Thompson, du vrai « nouveau » journalisme a suivi Ken Kesey et sa bande de « Merry Pranksters » dans une « équipée » baroque à travers l'Amérique à bord d'un car scolaire recouvert de peintures « fluo » censées éveiller les consciences des « rednekcs » et équipé de hauts parleurs géants afin d'inonder la moindre parcelle du territoire de musique « pop ». Diverses « inventions » devant ouvrir les consciences sacrément parsèment ce « magic bus » : un sac de couchage pour que chacun puisse onaniser à son aise devant tout le monde, un réfrigérateur rempli de jus d'orange mélangé à de l'acide, et du LSD.

     

    Ken Kesey est l'auteur du roman « Vol au-dessus d'un nid de coucous », très différent du film, qui beaucoup plus réaliste et moins allégorique, le livre étant une dystopie. J'ai tendance à penser d'ailleurs que le long métrage de Milos Forman, moins démonstratif, moins pesamment didactique, est bien meilleur et plus fin. Kesey tire cette histoire de son expérience dans un hopital psychiatrique où il travailla quelques temps dessinant les malades, interrogeant les infirmiers, et se fascinant pour un chef indien mutique enfermé dans cet endroit depuis son adolescence, « Chief Broom ! »,  symbole pour lui de l'aliénation de nos sociétés...

     

    Passant quelques temps en prison pour des expérimentations de drogues diverses et variées, et psychédéliques, il devient le gourou d'un petit groupe de frappadingues, de rêveurs, d'illuminés, voire d'anciens soldats, de dragueurs compulsifs, de cinéastes géniaux et méconnus, bien entendu ; et ses paroles sont paroles d'Evangile, pas moins, à Haight Ashburys à San Francisco, le quartier général des « hippies », des déclassés, des marginaux, et des gosses en recherche de bonne fortune sexuelle facile à obtenir.

     

    Il est caustique avec eux, se demandant par exemple pourquoi des êtres tellement libres et épris d'ouvertures de leur esprit ont tant besoin d'un gourou qui s'il n'est pas Charles Manson, la face sombre du « Summer of love », la « face B » des années 60, ainsi qu'Altamont qui crèvera le rêve, n'en est pas moins jaloux de son pouvoir et de son ascendant sur tous les « enfants perdus » qui se mettent spontanément sous sa coupe qu'ils pensent « éclairée ».

     

    Il est souvent ironique en les décrivant, mais on sent derrière ce ton souvent acerbe, et réjouissant, une véritable affection pour toutes ces personnes qui même si elles se fourvoient complètement dans leur recherche auront toujours des idéaux de vie plus élevés que les citoyens consommateurs cyber-autistes adeptes du moindre gadget informatique que l'on croise dans les rues de nos jours. C'est d'ailleurs surtout Ken Kesey qui a le droit aux « traits » les plus piquants de Tom Wolfe qui montre bien que Ken est un imbécile pontifiant qui profite de son auditoire pour faire passer la moindre sottise qu'il prononce, le moindre lieu commun qu'il balance, pour une vérité d'une spiritualité très élevée.

     

    Dans leur périple, Ken et les « Pranksters » croisent Tim Leary, les Beatles et quelques allumés, des « rednecks » qui ne sont jamais hostiles ou rarement, malgré le mépris que Kesey leur montre, toujours simplement curieux de savoir pourquoi dans ce car tout en couleurs fluorescentes on s'agite autant. Ken fait de la télé-réalité avant la lettre demandant à ce que tous leurs arrêts soient filmés et enregistrés intégralement certainement pour l'exégèse futur de ses propos par des admirateurs enthousiastes aujourd'hui, maintenant et à jamais et pour les siècles des siècles.

     

    Amen, et Loués soient les laboratoires Sandoz (où fut testé sous contrôle médical au départ le LSD)...

     

    Tom-Wolfe-006.jpegSi tout cela était sympathique et certes brouillon, désordonné et certes parfois pénible, il faut quand même se dire que dans les années 80 plutôt que de chercher à changer le monde on « joggera » en écoutant les cours de la Bourse à la radio ainsi que l'écrivait Hunter Thompson, plus tard on gardera le nez rivé à son « smartphone », souvent plus « smart » que son ou sa propriétaire d'ailleurs, téléphone comme un substitut masturbatoire, comme un ersatz de tétine afin de ne jamais surtout perdre le lien d'avec son « cocon », son « réseau » d'amis plus ou moins réels...

     

     

    Le "Magic Bus" des "Pranksters" vient d'ici

    Tom Wolfe jeune, image prise ici


    Ci-dessous un zeste de psychédélisme en musique

  • Positivons pour la Fête de la Musique !

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    musique,bruit,boucan,tapage,politique,sociétéA Évreux, je suis verni comme tous les habitants du centre-ville imposables. La frénésie des fêtes organisées gràce à nos contributions montrent clairement et concrètement que celles-ci sont donc bien employées. A-t-on réellement besoin de refaire les chaussées ou les trottoirs, ce qui encourage certes les gens à marcher, à faire du "trek" en pleine ville on me dira....

     

    Dans ma bonne ville j'ai donc vraiment bien de la chance, la semaine dernière, en centre-ville, il y avait l'anniversaire des trente ans du « Rock dans tous ses états » (chouette c'est dans dix jours que ça commence), le festival du drogué bourgeois et du rebelle mondain le plus important de France, et quelques dizaines de groupes amateurs ont défilé sur la scène mise en place à leur intention sur un parking derrière l'hotel de ville :

    du Rap rebelle (t'ââs vu?) (les chanteurs, si j'ose dire, avaient des cââpuches et tenaient les micros comme des « joints »), du Rock « garage » voire « grundge » (du son sursaturé, paroles super transgressives « tu voâs ») et de la « world miousique » fusionnelle (en gros du zouk avec des paroles à connotations super importantes sur le racisme qu'est pas beau, la violence qu'est pas bien etc...), le tout dans des vapeurs de foin exotique de Colombie, des indes, du Liban ou du Maroc et les effluves délicates des merguez grillées.

     

    Grâce à dieu, les réjouissances ne se sont pas arrêtées avant une heure du matin, les stands ayant été démontés fort heureusement juste après, et ce jusqu'à trois heures du matin. Après, les esprits chagrins, les critiques aigris et méchants ont pu dormir tout leur saoûl.

     

    Deux semaines auparavant, nous avions eu le bonheur de célébrer dans le centre-ville, encore une fois, la fête de la Fraternitude, pardon de la Fraternité, d'Évreux. Les baraques représentant différents pays, et leur culture, habits traditionnels et musique, voisinaient avec les scènes musicales de musiques folkilorique aussi variées que celles d'Écosse (une dizaine de joueurs de cornemuses, que des joeueurs de « tam-tam » traditionnels d'Angola, tous en tenue traditionnelle sous le ciel magnifique de Normandie, qui est célébrée dans le monde entier pour sa météo ensoleillée). Considérant l'odeur de friture qui recouvrait cette fête merveilleuse, on pouvait alors prendre conscience de l'universalité de l'homme, de son unicité, tout le monde ayant sur ses habits les mêmes parfums délicats des huiles de cuisson et du gazoil faisant tourner les groupes électrogénènes destinés à fournir de l'électricité aux différents participants à ses stands.

     

    Bien entendu les quelques pays représentés étaient quasiment tous des dictatures sanguinaires, mais il n'a jamais été question des manquements aux droits de l'homme dans ces contrées afin de ne stigmatiser personne. Et il était question de Fraternité et non de Lucidité, enfin quoi.

    Un temps pour tout...

     

    Aujourd'hui, ô joie, ô félicité, ô bonheur, c'est la « Fête de la Musique » à Évreux, populaire tout comme la « Fête des voisins » qui permet à des personnes qui ne s'adressent jamais la parole pendant l'année de vérifier les ragots et bruits de couloir qui circulent sur les uns et les autres tout en leur souriant hypocritement en partageant avec eux une part de quiche surgelée à deux euros quatre vingt dix de chez Super U (TM°), « pour le prix vous verrez c'est très bon » et de l'apéritif pétillant à la pèche à deux euros cinquante, mais « délicieux je vous assure », du même fournisseur en attendant en dessert une part de flan :

    le joyeux célibataire qui travaille dans la culture et le divertissement, forcément homo, la vieille fille du troisième, qui cache bien son jeu, c'est sûr, le jeune couple du deuxième, qui a trois enfants en bas âge qui font quand même du bruit allez, le chômeur du Rez de chaussée qui trafique c'est sûr...

     

    La « Fête de la Musique » permet au béotien moyen, au sans grade de l'esthétisme et de la culture, d 'imposer ses goûts déplorables à tout le monde pendant au moins une journée par an tout en se poussant du col et en se mettant en avant, invoquant l'authenticité de sa musique pour se faire pardonner sa nullité crasse au niveau du solfège et de l'harmonie.

     

    Alors certes le méchant misanthrope, le vilain réactionnaire qui dit du mal de ses réjouissances, de la performance d'un prof à barbe "CAMIF" et sous-pull, chantant ses textes en s'accompagnant à la guitare sèche au "métalleux" de fond de cour, doit prendre son mal en patience, à moins de péter un fusible et de monter sur une tour avec un fusil à lunettes. Le pauvre ne connait pas son malheur, il ne sera jamais festiviste, ne baignera jamais dans le confort de la foule, de l'instinct grégaire béat...


    Ah, quelle tristesse ce serait s'il pleuvait ce soir !


    image prise ici

  • Ce qui nous meut vraiment

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    politique,société,pussycat,mariage pour tousQuand je lis différents articles, statuts de réseaux dits sociaux, réactions et commentaires divers et variés, je suis frappé par l'emphase souvent grotesque de leurs auteurs, quel que soit leur bord politique ou religieux, qui se jouent la comédie du combat noble, de la juste cause, se donnant des prétextes grandioses voire grandiloquents pour justifier leurs engagements alors que parfois c'est plus simple que ce qu'ils veulent bien prétendre.

     

    Personnellement, ça me pompe l'air, pour parler crûment ces emballements souvent excessifs et donc au final bien insignifiants, amusant certainement les puissants car ces emportements virtuels ou pas servent encore leurs intérêts, divisent encore.

    Je m'étonne également que personne n'ait la simplicité de dire les raisons plus humaines, plus intéressantes donc qui les poussent à s'engager :

    La perte d'un proche, le désamour de ses parents, une enfance douloureuse, des frustrations et humiliations imaginaires ou réelles etc...

     

    Tout ça pour encore nous parler de lui vont dire les esprits chagrins après avoir tourné autour du pot pendant une douzaine de lignes...

     

    Ce qui me meut quant à moi, c'est principalement le souvenir, la nostalgie, la colère concernant un amour perdu. Dés que je l'avais rencontrée dans un couloir de Nanterre, j'avais su que je l'aimerais, et qu'elle compterait longtemps. Ainsi que dans le cliché cinématographique romantique habituel, il me sembla que le temps s'arrêtait quelques secondes alors que je l'aperçus, et que nous étions alors seuls au monde, ce qui me convenait fort bien sur le moment et encore après.

     

    Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait, un prince charmant, romantique, amant fougueux, avec qui elle vivrait un amour fusionnel ou quasiment tout en rêvant d'utopies, un amoureux qui soit aussi comme un grand frère devrait l'être, protecteur et rassurant, et aussi aller voir de temps en temps ailleurs, tomber amoureuse de femmes, vivre de grandes passions avec comme Colette. Elle jouait un personnage selon les personnes avec qui elle se trouvait, elle se cherchait en somme : la militante féministe radicale et libertaire, la femme libre et émancipée etc....

     

    Elle me trouvait cynique de le lui signifier parfois...

     

    Elle n'était pas elle-même avec beaucoup de personnes. Elle l'était avec un ancien amoureux qui avait fini par renoncer à ce qu'elle l'aime mais qui avait accepté ce rôle de grand-frère un peu ambigu, s'en contentant, Elle l'était avec moi qui me fichait complètement de refaire le monde avec elle, préférant parler de nous deux. Elle avait des parents aux convictions de gauche qui les lui avait transmises, elle adulait son père et était en conflit avec sa mère comme beaucoup de jeunes femmes, sa mère qui savait très bien qu'elle se leurrait sur ses différents rôles et personnages qu'elle croyait bon d'adopter.

     

    Quand je la voyais avec des enfants, quand nous discutions, je savais bien qu'elle n'était pas faite pour tenir ces emplois qui n'étaient jamais elle...

     

    Goûter à divers plaisirs à droite ou à gauche, se croire d'une liberté morale sans pareille alors que d'autres se sont conduits aussi librement auparavant, faire la fête autant que l'on peut, s'étourdir le plus possible satisfait l'esprit tant que l'on est encore jeune, mais l'est de moins en moins en mûrissant et en ayant conscience que cela ne mène qu'au néant, « travail du négatif » ou pas. Et l'on arrive à un âge où l'on se retrouve seul, plus près de la fin que de sa jeunesse, où le miroir renvoie un portrait qui à l'instar de celui de Dorian Gray n'est pas exactement marqué par le bonheur et une vie paisible.

     

    Sans aucun doute possible, je suis à peu près certain qu'elle a milité pour le « Mariage pour tous » et la PMA, et la GPA, tout en songeant, je ne sais pas, je l'espère, de temps, à ce qu'aurait été sa vie si elle avait construit une famille avec moi. Une de nos amies avait imaginé un jour qu'elle nous voyait très bien dans une grande maison avec plein d'enfants partout, de petits garçons poétiques et de petites filles les menant en bateau.

     

    Et je suis sûr que cela lui manque, et je suis sûr aussi qu'elle continuera de se l'interdire contre vents et marées...

     

     

    C'est cela mon secret, et rien d'autres, je ne suis pas de mots d'ordre, je n'ai pas d'idéologies particulières au fond, même pas de bonnes intentions morales, pour combattre le darwinisme social, l'eugénisme et la destruction de tout les liens qui unissaient auparavant les individus, je me rappelle de ta petite main dans ma patte d'ours, de ton sourire, de ta patience quand je t'étourdissais de paroles à cause de ma timidité, et cela me suffit ...


    image prise sur le site de "la Mairie de Paris"

    Ci-dessous un zeste de nostalgie


    Valse de Melody par cvera