samedi, 02 avril 2011

La Terre Sainte de la médiocratie

 Quand j'étais en Palestine, et en Israël, en Terre dite Sainte, j'avais vraiment le sentiment de côtoyer des lieux chargés d'histoire et de signification, des lieux qui faisaient sens, où toute action acquiert une profondeur.

jordanie3.jpgD'ailleurs que l'on soit croyant ou pas, agnostique ou athée, on ne peut que ressentir cela là-bas, à moins d'être complètement hermétique à toute sensibilité ou toute réflexion. Comme les autres expatriés, je côtoyais des palestiniens au sens de l'accueil inestimables, très divers, parfois antagonistes, tout comme les israéliens, enclins à la discussion, voire à la polémique violente partout.

Il y avait bien sûr la violence, il y avait la bêtise crasse de quelques uns, surtout parmi les plus radicaux des trois religions monothéistes, les ultra-palestiniens, les ultra-sionistes. Cette violence et cette haine, cette sottise montraient d'abord et avant tout la peur panique des uns et des autres devant tout ce qui s'apparente finalement à la vie, à la beauté, tout ce qui pourrait amener l'être humain à plus de bonté et qu'ils rejettent violemment et définitivement du revers de la main tout en prétendant bien sûr œuvrer pour le bien commun.

La vie dans le désert et sous ses latitudes est toujours un miracle. Elle bouillonne dés qu'il pleut un tout petit peu d'eau.

Il y avait la beauté de quelques monuments, surtout « le Dôme du Rocher » à Jérusalem, mais il y avait surtout la splendeur de la nature, les roches de Pétra ressemblant littéralement à la chair, celle de ces territoires, blessée ou souvent abimée, les fabuleux « Piliers de Salomon » et la magnificence du ciel de Palestine ou d'Égypte.

On trouvait ces sentiments et ressentiments surtout chez les occidentaux présents dans cette région, qui étaient plus jusqu'au-boutistes que le plus fervent des « frères » du Hamas, plus fondamentaliste qu'un électeur du Shas d'Ovadia Youssef qui vaut bien en bêtise Ben Laden ou un autre. Tous ces occidentaux passaient deux, trois, quatre jours, une semaine, ou deux, en Cisjordanie ou à Tel Aviv, et ça y était, ils avaient tout compris de la situation pour laquelle ils avaient bien sûr la meilleure solution, à savoir la leur.

Ne parlons pas de la bêtise et l'indifférence lamentables de beaucoup de pélerins, incapables de simplement regarder autour d'eux.

Malgré tout, toute vie avait une grandeur, une fraîcheur, une énergie, une importance. Et les débats fleurissaient partout, sur des sujets fondamentaux, et non des futilités. Et surtout il ne serait venu à l'idée de personne de jouer un rôle car cela se serait vu tout de suite.

Là-bas la liberté n'est pas qu'une idée obscure, un grand mot qu'on lâche pour se donner un genre entre la poire et le fromage ou en commentant un article sur le Web. On voit bien que la liberté commence dans le moindre petit geste, puisse-t-il paraître en France très anodin ce qu'il n'est pas.

La liberté contre la sottise, la haine et la violence, elle commence, nous l'avons vu à Jérusalem, par comprendre ce qu'implique vraiment ce que nous croyons futile et qui ne l'est pas. L'imbécile est toujours dans la gravité, l'esprit de sérieux, il veut intensément qu'on le prenne au sérieux contre vents et marées.

Il n'y a pas que cette posture il est vrai, le crétin qui se prend au sérieux a également toujours tendance à voir des propagandistes et des indics' partout. Il a également une propension marquée à psychiatriser son contradicteur.

Quand nous sommes rentrés de nos deux ans de coopération là-bas, nous avons cru très naïvement qu'il en serait de même en France, que nous retrouverions toutes ces richesses de réflexion, d'accueil, de sens de l'autre et de profondeur de vues, nous avons surtout retrouvé une mesquinerie assez globale finalement avec en corollaire une connerie assez , où il semble que tout individu ressent d'énormes frustrations qu'il essaie de compenser comme il le peut, généralement en jouant un rôle. Nous qui nous étions libérés quasiment totalement de nos préjugés d'occidentaux lambda nous sommes tombés de haut.

Nous qui croyions que ceux que nous avions laissé derrière nous le comprendraient et s'en réjouiraient comme nous, appréciant ce dont nous nous étions enrichi, nous nous trompions, à quelques exceptions, lourdement.

La première chose qui nous fut demandé, professionnellement et quant à notre parcours d'études ou nos choix personnelles, c'est de rentrer dans le rang, et de retrouver vite fait bien fait les rails que l'on nous reprochait d'avoir quittés. En effet, sortir de ces rails est des plus suspects en France.

Pour une raison simple.

1week_francais.jpgL'imbécile qui a mené bon gré mal gré, tranquillement et sans se presser, sa barque en prenant bien soin de ne pas sortir de la voie indiqué par le troupeau, qu'il ait réussi ou pas, ressent une intense jalousie face à celui ou celle qui a réussi à le faire et ne s'en est pas porté plus mal.

Et il a cru gagner sa légitimité par un hochet social quelconque décroché bien docilement, à quelque niveau que ce soit.

Depuis que le réseau existe et est accessible à tout le monde, quand sa vie lui semble un échec il gagne encore mieux sa légitimité, lui semble-t-il, en éructant à qui mieux contre un peu tout le monde : les gauchos, les fachos, les z-homos, les bolchos, les noirs, les blancs, les arabes, les juifs, à chaque fois sous couvert de le faire pour le bien de l'humanité forcément ingrate à son encontre car elle n'a pas encore reconnu son génie, ce qui, il en est sûr, ne manquera pas d'arriver.

L'abruti qui n'a rien lu peut semer les quelques étrons qui constituent ce qu'ils appellent ses opinions, dire que tel poète est abscons, tel écrivain de génie nul. Il avoue d'ailleurs s'être ennuyé comme un rat mort en lisant quelques livres un peu plus exigeants qu'un best-seller de Marc Lévy ou Guillaume Musso.

Pour se justifier de son ennui et de son avis, il aime beaucoup deux dictons grotesques qu'il a entendu et répété dés la cour de récréation : « la culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale », ou « Tous les goûts sont dans la nature », selon l'idée qui prévaut d'ailleurs dans les supermarchés de la culture, qui veut que en littérature, par exemple, tout se vaut, que l'on peut mettre Scott Fitzgeradl au niveau de « Mickey Magazine », que l'on peut vendre côte à côte un feuilleton sentimental et « la Dame de Shangaï » de Welles.

Devant l'indigence de la vie politique, intellectuelle et culturelle en France, sa coupure presque totale d'avec le peuple, d'ailleurs plus ou moins consentant, je songe souvent avec nostalgie à cette vie à Jérusalem, et à sa richesse, à son dynamisme, au vent de liberté que nous sentions souffler, grâce à l'Éducation, grâce à la Culture, deux choses allègrement méprisées en France par tout le monde.

Sur la photo du bas, on voit une famille de français moyens fiers de montrer tout ce qu'ils consomment docilement en un an, photo prise sur le blog de Patrick Donati

Photo de Petra emprunté à ce site de voyages

Ci-dessous,une scène d'"Intervention Divine" qui montre ce que la beauté et le goût de la vie peuvent faire


une chanson sur notre médiocratie superchic, génial

lundi, 29 mars 2010

"L'année prochaine à Jérusalem..."

"Si je t'oublie Jérusalem"...

steanne1.jpgCe petit texte vient du plus profond de mon coeur, de mes entrailles et de mon cerveau, il vient d'un besoin viscéral de faire connaître ces chrétiens oubliés, méprisés et qui connaissent le plus souvent l'indifférence. Il vient aussi d'une grande frustration, je suis revenu en France déjà depuis dix ans, et pourtant, la ferveur, le sens de l'accueil, et la spiritualité réellement solide de ces chrétiens me manquent encore cruellement. Il vient aussi de ma colère. Nous nous berçons de bonnes intentions, de grands mots et d'illusions, nous chrétiens d'Occident encore libres, nous nous passionnons pour des querelles picrocholines et nous sommes incapables de nous fixer sur l'essentiel, et dans ce « nous » je me place aussi.

Je développe, il est bien sûr indispensable de défendre le Pape et l'Église contre les attaques honteuses du moment, mais il apparaît que dans cette défense, comme j'ai pu le lire sur de nombreux forums, on ne parle pas encore assez des victimes, souvent soupçonnées d'affabulation, et que si les croyants faisaient au lieu de dire encore et encore, l'image de l'Église en sortirait grandie. Au lieu de ça, nous consommons comme les autres, nous nous comportons de manière tout autant égoïste et matérialiste bien que moralisant parfois, nous nous passionnons pour des politiques ineptes, des sujets de société souvent futiles oubliant qui nous sommes.

J'ai entendu, j'entends souvent, et j'entendrai encore qu'il n'y a pas forcément besoin d'aller à Jérusalem et que l'on prie aussi bien dans une petite église de campagne qu'au Saint Sépulcre. Certes, évidemment, rajouterais-je en espérant que ces constatations ne sont pas dictées par la jalousie. Et dans cette ville, ce ne sont pas les monuments le plus important, de toutes façons leur emplacement est la plupart du temps inexact, mais les personnes rencontrées et ce qu'elles apportent, ce qu'elles continuent d'apporter par leur simplicité dans le sens même des Béatitudes.

Quant à moi, quant à nous devrais-je dire, je ne suis pas le seul, combien de fois ais-je dû faire face à des personnes certainement animées de bonnes intentions me faisant comprendre que vivre à Jérusalem c'était bien beau mais que ce n'était qu'une parenthèse et que tout devait recommencer comme avant, sur les rails, alors que rien n'était plus comme avant. Que vivre cette expérience change radicalement. Que les personnes croisées sur place, ne fûte-ce que quelques jours, sont les seules à pouvoir la comprendre vraiment, celles-ci seraient-elles aux antipodes de mes opinions. Que celles et ceux qui ont vécu cela en même temps que moi sont pour moi comme des amis de très longue date.

Les chrétiens n'ont pas de pélerinage obligatoire, c'est tout à fait exact, rien qui les force à aller là-bas.

PHOTOLISTE_20090616173735_israel_jerusalem_st_sepu_500_.jpgPourtant, à Jérusalem, on ressent plus qu'ailleurs l'universalité de la Foi et que quelque chose de fondamental s'y est passé et s'y passe encore. Le soir, sous les étoiles, il ne m'était pas difficile de penser à ceux que j'avais laissé en France, ils étaient si proches. Et pourtant la sottise, la violence et l'ignorance semblent régner sans partage sur cette ville qui entretient chez beaucoup leurs fantasmes de destruction, de pouvoir et de fin du monde qu'ils vont jusqu'à souhaiter, les imbéciles, refusant de sentir la douceur de l'air, du mode de vie et du paysage de Judée, ayant pour la plupart les yeux grands fermés. Ne voulant pas voir la beauté, ils blasphèment de fait, diabolisant la création qu'ils savent pourtant être divine. La beauté est même dans le chant lancinant des muezzins le soir du jeudi saint, car leur chant était comme l'écho, largement amoindri, de la souffrance du Christ, de celles des hommes coupés de Dieu, alors que nous l'écoutions en silence à Gethsémani.

Les chrétiens occidentaux qui sont à Jérusalem n'y sont pas en reste, les uns ignorent totalement l'existence des chrétiens d'Orient et des églises arabes, qu'il y ait des chrétiens arabophones les dépassent même, les oubliant d'ailleurs lors de la venue du Pape en Terre Sainte en 2000 comme j'avais pu le constater (les places au premier rang étaient toutes réservées aux copains des uns et des autres), ou les assimilant à des « collabos » ou encore à des survivances folkloriques sans intérêt comme les indiens d'Amérique, ignorant que ces chrétiens le sont depuis plus longtemps que les catholiques d'Europe et les protestants des États Unis, les autres se partagent entre un sionisme ou un soutien aux palestiniens à la limite de l'autisme voire complètement autistique. Ils en viennent à acclamer le terrorisme du Hamas ou l'offensive de Tsahal à Gaza.

Sans parler de l'inconscience de quelques groupes, confinant la plupart du temps à la bêtise, on les voyait traverser la Vieille Ville palestinienne en chantant des chants hébreux, sans savoir que les psaumes qu'ils chantaient sont aussi des chants hyper-nationalistes qui ne faisaient qu'exciter un peu plus la haine. Des participants d'un rassemblement de jeunes croyants étaient allés se faire plaisir ainsi, prenant la Terre Sainte pour un Disneyland biblique, sur la place de Jéricho provoquant ensuite, sans le vouloir, des émeutes et des morts car réveillant la haine.

pt26545.jpgLes chrétiens occidentaux parlent beaucoup d'accueil, de partage, de l'étranger, de l'autre, de sa souffrance, bien qu'ils soient incapables de la percevoir chez les personnes qui leur sont le plus proche la plupart du temps, la souffrance lointaine a ceci de confortable qu'elle n'implique pas autant d'actes. On se gorge de discours et de sermons enflammés, de conférences exaltées, on lève les mains, on communie dans l'affectivité la plus grégaire, et puis ensuite ? Ensuite on rentre dans le rang.

Depuis dix ans, j'ai parfois comme le sentiment d'être au Purgatoire, de payer toujours et encore ces deux ans de liberté, ces deux ans proche de ces chrétiens d'Orient, loin de la sujétion obligatoire aux banques, à la consommation et à l'argent-roi, au troupeau qui est en furie dés qu'une seule tête de bétail dépasse du lot. J'en souffre à m'en écorcher les chairs, les poings serrés de rage impuissante.

Les chrétiens orientaux ne se posaient pas autant de questions, ils ne parlaient pas d'accueil, ils accueillaient, sans aucune mièvrerie, ils ne compassionnaient pas avec des larmes de crocodiles à la souffrance de ceux qui ont mal, ils tendaient la main sans aucune sensiblerie, contrairement à nous qui nous donnons souvent beaucoup de bonnes raisons, toujours très humanistes, pour ne pas le faire. Je ne supporte plus ces mensonges, cette tricherie avec la vérité du coeur et de l'esprit.


DOCUMENTAIRE JERUSALEM( S) 4
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vendredi, 18 août 2006

La montée à Jérusalem "cinquième extrait du journal"

medium_Jeruslame.jpgOn monte vers Jérusalem, on monte toujours dans la Ville qui est construite sur un mont de 800 mètres. On monte au Calvaire, on monte vers la ville occidentale. Il n’y a pas un instant de répit, la ville n’en accorde pas.

La vie est marquée par tout les évènements religieux, de Pâques à l’Aïd. Chacun s’observe et s’épie. Tout le monde possède la Vérité.

On dira souvent de Jérusalem que c’est une ville “trois fois sainte”. De là, une image d’oriflammes flottant au vent sur des créneaux formidables, de guerre sacrée, semble s’imposer. Chaque personne, un peu plus si elle est croyante, s’approprie la ville. On ne peut comprendre cette région du monde sans pénétrer le domaine de la foi. Elle imprègne tout, y compris le paysage.

La  ville est hérissée de minarets, de toute taille et de toutes sortes, de clochers de tout style. Il apparaît que les lieux en eux-mêmes sont plus importants pour les juifs et musulmans que pour les chrétiens, en théorie, pour qui c’est la prière des croyants qui sanctifie un endroit. Autant de croyances, autant de caissons étanches. Peu de personnes cherchent à communiquer entre elles, chacun détient la seule et unique vérité.

L’ignorance est également tangible tout en n’étant pas le monopole de la ville. Les juifs, et certains chrétiens, ont peur des pétards de fin de ramadan, forcément un signe d’agressivité, tandis que certains musulmans semblent croire que l’Islam a toujours existé.

medium_Jerusalem2.jpgLe dernier soir du Ramadan, une femme israèlienne de religion juive, dans sa voiture climatisée, nous arrête devant la Porte de Damas, elle a peur. Elle ne vient jamais par ici. Elle demande s’il y a des militaires. Elle ignore les coutumes de gens qui habitent tout près d’elle.

 La plupart des pélerins d’Occident ignorent qu’il y a des chrétiens orientaux dans d’autres rites que romain et que ceux-ci sont rattachés à Rome aussi, ils traversent la ville en aveugles. Ces rites sont surtout considèrés comme des survivances folkloriques pour les guides touristiques.

Les préjugés entre communautés, nés des croisades, des guerres, des voyages, ont la vie dure. Les arabes sont agressifs, voleurs, menteurs et fourbes, les juifs sont intellectuels, arrogants et commerçants, les chrétiens arabes sont considèrés comme des complices plus ou moins avoués de l’Occident et d’Israël.

Aux types de caractère, l’on superposera des types physiques, le nez aquilin et la bouche lippue des juifs, les yeux et cheveux noirs et le regard farouche des arabes en général.

“Il a bien le type !” entend-on souvent.
Quel type ? Qui considère encore l’humanité comme un cheptel avec les différents types de bête ? Les étalons, les bêtes de labour, les vieilles carnes ...

 La génétique a prouvé qu’il ne saurait y avoir de transmission physiologique des types de caractère. C’est le groupe social qui forge les idées préconçues.

medium_Jerusalem3.jpgLes superstitions demeurent, les phénomènes naturels sont souvent assimillés à des manifestations divines, comme l’éclipse du 11 Août ou la sécheresse. L’ignorance des populations et le défaut de formation, dû d’ailleurs ici à l’Intifadah en grande partie, permet à une hiérarchie souvent tout aussi ignorante de conserver son emprise sur les croyants. Bien qu’il soit clair qu’un vernis de rationnalité, comme en Occident, n’empêche nullement, par exemple, les horoscopes de fleurir dans la majorité des journaux.

Interpréter les phénomènes naturels ou politiques comme des signes divins n’est qu’une réaction à l’impuissance devant les évènements, la pauvreté ou les humiliations. La souffrance est toujours aussi difficile à comprendre, et accepter.

Alors peut-il y avoir une rencontre, voire un dialogue ? Au niveau d’une certaine élite, il paraît plus facile bien qu’il ne faille pas se leurrer.

Les spécificités des deux religions sont pourtant connues l’une de l’autre. l’Economie du Salut chrétien, l’Islam pouvant être condidèré comme l’état de nature de l’homme. La religion musulmane serait une religion naturaliste.

Une autocritique est nécessaire pour les deux parties pour aboutir à la reconnaissance mutuelle. Pour certains, ce dialogue présente le risque d’aboutir à un syncrétisme vague qui pousserait à l’abandon des identités des deux religions.

Les obstacles sont surtout d’ordre séculier et politique, le passif de l’Occident vis-à-vis de l’Orient, la cristallisation des haines raciales, des xénophobies, mais aussi les difficiles relations des églises orientales avec les musulmans et le souvenir des persécutions ottomanes, des humiliations subies comme le statut de “dhimmi”, c’est-à-dire de citoyen de seconde zone.

Tous les hommes de bonne volonté de chaque côté aboutissent à la nécessité absolue du dialogue entre les religions qui, seul, peut conduire à résoudre la majorité des conflits actuels, par exemple en Bosnie. Certains comme Léonard Swidler, annonce la nouvelle ère du “dialogue global”, qui, même s’il en fait la critique a des aspects très “New Age”.

Cependant, ce dialogue global paraît effectivement la seule solution, dialogue entre les différentes composantes chrétiennes, dialogue entre les religions, même dans les régions oû cela semble impensable.

Les stéréotypes, entretenus de chaque côté, sont également des éléments déterminants de l’incompréhension, l’occidental vu comme valet de la superpuissance américaine matérialiste et athée, l’Islam confondu avec le fondamentalisme, l’arabe avec un terroriste en puissance ou le bouc-émissaire du mal-être d’un pays comme en France.

Ces archétypes naissent de la méconnaissance réciproque de chaque culture. Très peu d’ouvrages arabes sont, par exemple, traduits en anglais et on distingue en Islam comme une peur de la modernité et la nostalgie d’un passé glorieux révolu, l’une engendrant l’autre. L’étude de la culture musulmane, dont la langue arabe, pour un chrétien, et chrétienne pour un musulman, dont la lecture des Evangiles, est la seule ouverture au dialogue possible.

Mais le dialogue pourrait enlever aux dignitaires des prérogatives qui leurs sont précieuses, une parcelle de leur pouvoir. L’incitation à la haine ou au cloisonnement, même larvée, permet de mieux contrôler les croyants. L’intolérance n’est pas un mur indestructible.

10:40 Publié dans Mon journal en Terre Sainte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Religion, Politique | |  Facebook