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Livre

  • Desproges et ses héritiers

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    Pierre Desproges, société, radio, télévision, politique, irrévérence, amaury watremezComme beaucoup de quadragénaires maintenant bedonnants après avoir été d'une beauté affolante dans leur jeunesse et perdant leur magnifique chevelure auparavant aussi épaisse qu'un champ de blé scandinave (je m'arrête là dans la description, ça m'excite), j'ai découvert Desproges à la radio dans les années 80 à l'heure du repas. Je me dépêchai de rentrer du collège pour écouter "les flagrants délires" de 1981 à 1983 et surtout le plus intéressant, le réquisitoire de Desproges et la plaidoirie de l'avocat le plus "bas d'Inter", à savoir Luis Rego.

     

    Il fallait auparavant écouter les bavardages du Raminagrobis en chef à savoir Claude Villers, certes pas toujours désagréable et le plus souvent tout aussi insolent voire irrévérent que son avocat et son procureur.

     

    Quand j'avais cours pile à ce moment là, c'était une vraie frustration. Desproges était présent à la radio et la télé depuis "le Petit Rapporteur" et les "Aventures du professeur Corbiniou" pendant Casimir. Il faut bien vivre. De temps en temps on l'apercevait aux côtés de le Luron, en particulier en intervieweur obséquieux avec Giscard au coin du feu. Plus tard, il se fâcha avec Villers et le Luron, eut une petite traversée du désert et ne revint qu'en 1986 avec "les Chroniques de la Haine ordinaire" qui était devant un public également, un peu plus restreint.

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  • Francofonie

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    Où l'auteur fête à sa manière la semaine de la langue et de la francophonie du 17 au 25 mars 2018 (à ce lien)

     

    francofonie.jpgJe suis d'une famille où la langue est chose fondamentale. Nous ne sommes sûrement les seuls mais chez nous, bien s'exprimer et bien comprendre le français dans ses nuances est important, y compris l'ironie ou les antiphrases. Il n'était pas rare que petit garçon je me fasse gronder pour un mot mal employé ou omis. Eugène Ionesco au théâtre ne pouvait que nous plaire dans sa déconstruction des clichés de langage et l'absurdité des expressions toutes faites ne voulant rien dire. Bien entendu, il y a un revers de la médaille à cette prédominance de la langue qui est de tout analyser à outrance, second, troisième, trente-deuxième degrés, alors que bien souvent, il n'en existe qu'un seul.

     

    Finalement, nous étions des lacaniens sans le savoir...

     

    Les littéraires se reconnaissent entre eux. Ils sont les parents pauvres d'une éducation les considérant très mal. Les matheux dominent, ceux qui quantifient, qui rangent tout dans des petites boîtes bien utiles même si ainsi que me l'a dit une petite fille « les maths ça sert à rien, ça sert juste à faire la guerre ». L'enseignement des Lettres depuis la mirifique réforme Haby en 1977 n'ont pas cessé d'être méprisé, diminué, rabaissé. Les adeptes de Bourdieu comme de Philippe Meirieu considèrent en effet que la littérature c'est un truc d'héritiers, de la « culture bourgeoise », des ces « humanités » patrimoniales et paternalistes stigmatisant les travailleurs et les plus précaires.

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  • Les écrivains de Paris

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    à propos de « Paris et ses écrivains » chez Massin collection « essentiels du patrimoine »

     livres, littérature, société, paris, écrivains, amaury watremez

    illustration empruntée ici

     

    J'aime Paris passionnément, j'aime Paris pour la mémoire vivante qu'elle est de ma vie, de mes amours, de mes peines. J'aime me promener dans mes souvenirs. Paris s'embourgeoise, Paris verse de plus en plus dans les prétentions des nantis. Et les quartiers populaires ou pittoresques, peuplés auparavant des « classes dangereuses » disparaissent petit à petit. Ces « classes dangereuses » n'ont plus les moyens d'habiter la capitale. De temps en temps on les laisse se balader dans les quartiers des nantis, les salauds de pauvres adorent, ils rêvent devant les belles bagnoles et retournent le cœur plus léger s'abrutir le cortex devant Hanouna et ses comparses décérébrés...

     

    Je ne sais certes pas si j'ai le recul nécessaire pour en juger mais ces temps sont décevants...

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  • Arsène, un grand monsieur

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    A propos de « Arsène Lupin une vie » aux éditions Hélios par Xavier Mauméjean ( voir à ce lien )

     

    lupin.jpgcouverture empruntée ici

     

    Je ne suis pas très objectif en lisant cette biographie historique, historique car chacun sait que Lupin était un personnage historique tout ce qu'il y a de plus réel. Dans ce livre il est confronté à d'autres personnages tout aussi historiques que lui comme Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou l'aventurier anglais Raffles. Que je n'attende pas plus pour le dire, comme beaucoup d'enfants des années 70 qui regardait le feuilleton avec Georges Descrières (de la comédie française !) Lupin est le héros de mon enfance, je l'ai toujours préféré à tous les autres héros. Je voulais parler comme lui, alterner le registre très soutenu puis soudain mettre les pieds dans le plat de la bienséance avec un ou deux mots d'argomuche bien placés.

     

    Car si Arsène rend la plupart du temps la justice, allant jusqu'à tutoyer les grands de ce monde avec gouaille et insolence, il se fiche complètement de respecter la morale commune et les lieux communs des bons bourgeois. Il les envoie promener avec finesse et ironie. Il déteste la fatuité, les vanités...

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  • Charles Maurras et « Che » Guevara

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    maurras.jpgMadame la sémillante ministre de la Kultur, Françoise Nyssen (on devrait toujours se méfier des « vegans » qui ne boivent pas de vin) vient de le faire annoncer par ses services, Maurras, auteur de « l'Avenir de l'intelligence », académicien français, laudateur du Félibrige, ne sera pas des célébrations officielles de son ministère en 2018. Vous me direz, on s'en fiche un peu, il n'y a pas besoin d'autorisation officielle pour lire cet auteur (voir à ce lien).

     

    Et on continuera de le lire après...

     

    Madame Nyssen semble considérer tout comme les associations de curés laïcs ayant demandé cet anathème que les français sont trop bêtes pour faire la part des choses dans l'œuvre d'un auteur entre ses haines et ce qu'il apporta véritablement à la culture. C'est comme si lire Céline impliquait de devenir judéophobe, comme si tourner les pages des écrits de combat de Bernanos supposait de tourner catholique ardent, comme si se plonger dans le « Lolita » de Nabokov signifiait devenir pédophile sans autre forme de procès.

     

    Dans le même temps, la maire de Paris, Anne Hidalgo, à l'engagement très proche de celui de madame la ministre croit bon de célébrer la figure de Ernesto « Che » Guevara dont une exposition raconte en ce moment la vie, de manière très édulcorée à Paris (voir à ce lien). Rappelons que loin, très loin d'être une figure romantique et sans tâches, le « Che » dont le visage orne encore trop de ticheurtes et de « mugs » était un salopard absolu capable de toutes les exactions au nom de l'idéologique qu'il prétendait défendre.

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  • Un homme debout

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    à propos de « une très légère oscillation » de Sylvain Tesson aux éditions des équateurs (voir à ce lien)

     

    littérature, société, livre, journal, amaury watremezIl y a des hommes qui n'ont plus goût à l'être vraiment. Ils se contentent de ce qu'ils sont, de ce qu'ils font. Tout ce qu'ils désirent, c'est continuer à consommer et vivre chichement sur le plan spirituel et intellectuel. Ils demeurent dans l'allégeance aux conformismes. Ils sont satisfaits, ce qu'ils pensent être de la sagesse. Et puis il existe encore quelques êtres humains comme Sylvain Tesson. Perpétuels insatisfaits devant la médiocrité assumée de cette société, la haine, la sottise, ils ne se résignent pas à leur domination, à leur joug. Pire encore aux yeux de notre monde, ils recherchent continuellement le dépassement personnel de leurs limites.

     

    Quitte pour cela à prendre des risques fous...

     

    Ces êtres d'une autre pâte que les autres se souviennent que Dieu vomit les tièdes ainsi que le rappelle souvent Bernanos, auteur souvent cité par Sylvain Tesson ce qui me le rend d'autant plus sympathique. J'ai cru trouver en lui un « compagnon d'armes » en quelque sorte, de ce que le « Grand d'Espagne » évoqué ci-dessus appelle la « communion des saints ».

     

    Quand je parle de dépassement, il ne s'agit pas seulement de l'exploit sportif qui fera du bruit médiatique quelques temps et puis sera oublié mais de celui poussant à sublimer ses souffrances, ses handicaps pour atteindre un autre palier dans l'humanité. Cela fait longtemps déjà qu'il écrit, s'indigne, se passionne pour ses frères humains mais le 20 août 2014 lui est arrivé un accident qui lui a fait prendre conscience de l'urgence de faire quelque chose de son existence. Comme nous tous, il lui a fallu une catastrophe pour ne plus vivre sur le fil, dans une irresponsabilité d'adolescent légèrement suicidaire.

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  • Portraits sensibles

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    à propos de "Oui et Non" d'Adriana Langer paru aux éditions Valensin (site de l'éditeur à ce lien)

     

    adriana langer, littérature, société, nouvelleSi en France de trop nombreux auteurs parlent surtout d'eux-mêmes et rien d'autres, exécutant leurs psychanalyse sauvage devant tous les passants à travers leurs livres, appelant ça abusivement des livres d'ailleurs, il existe aussi des écrivains qui savent encore évoquer toute l'humanité des personnes qu'ils côtoient quotidiennement que ce soit dans la vie réelle ou dans la vie rêvée. C'est d'ailleurs un des aspects les plus puissants et les plus intéressants de la littérature, ouvrir à l'autre, ouvrir d'autres univers mentaux que le sien...

     

    Radiologue de profession, déjà auteure de quelques livres, Adriana Langer est de ceux-là. Son livre est d'ailleurs un peu comme une radiologie des cœurs et des âmes de ses personnages.

     

    Elle est aussi de celles et ceux défendant un genre méprisé et dédaigné dans notre pays en 2018 qui est celui de la nouvelle. Pourtant il eut ses grands maîtres. Celle-ci est souvent plus exigeante que le roman, elle demande plus de réflexion sur l'écriture car elle doit en quelques pages esquisser des personnages, leur psyché, leurs pensées, leurs sentiments, leurs joies, leurs peines, autant de portraits sensibles. Elle est dans la tradition de Guy de Maupassant, Ivan Tourgeniev et d'autres tel Marcel Aymé qui lui ont donné ses lettres de noblesse.

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  • Il leur faudrait un bon autodafé

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    Céline, pamphlets, gallimard, littérature, société, amaury watremez politiqueJe ne suis pas vraiment un fan de l'antisémitisme de Céline, encore moins des écrits où il l'étale avec délectation semble-t-il, celle-ci engendrant un malaise immédiat chez un lecteur avisé. Cette haine judéophobe était d'ailleurs la manifestation d'une détestation universelle du genre humain dans sa globalité. Il y a chez l'auteur du « Voyage au bout de la nuit » et de « Rigodon », ses deux livres m'ayant le plus marqué un ressentiment de tous les instants contre ces semblables.

     

    Ce n'est pas exactement une colère, une vocifération ainsi qu'on l'a cru très longtemps mais l'expression d'une émotivité à fleur de peau. Blessé dans sa chair par le monde, par la sottise de ses semblables, Céline ne sait plus les aimer bien que paradoxalement il fut jusqu'au crépuscule de son existence un médecin dévoué aux pauvres.

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  • De Tous Charlie à Tous Charlie mais...

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    Charlie Hebdo, massacre 7 janvier 2015, société, islam, islamisme, société, politique, amaury watremez

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    Il était une fois un journal qui n'avait plus rien à voir avec le brulot anarchiste fondé par Choron et Cavanna dans les années 70. On y étrillait toujours les mêmes cibles cependant :

     

    la police et l'armée, l'église, sans craindre grand chose.

     

    De temps à autres on faisait bien une petite blague sur les juifs et les musulmans pour montrer que l'on attaquait tout le monde mais avec précaution. Les ténors du journal, cautions « historiques » de sa refondation en 1992, vieillissaient doucement, nourrissant leurs obsessions alors qu'ils étaient au fond devenus ce qu'ils détestaient quand ils étaient jeunes, à savoir des bourgeois installés. Ils avaient été rejoints par de jeunes dessinateurs les idolâtrant, ils jouaient les grands anciens tellement sages, experts libertaires en caricature...

     

    Ne comprenant pas ce qu'est l'Islam, ce qu'il représente actuellement, ils ont publié les fameuses caricatures de Mahomet sans avoir conscience des risques encourus. Ils se sont dits que les musulmans se comporteraient comme ces bon vieux catholiques terrorisés-terrifiés pour la plupart par la peur de passer pour réacs. Ils ont assorti les fameuses caricatures de dessins de leur cru tournant en dérision les réactions des fanatiques islamistes, les ridiculisant. Et cela les fous de Dieu n'aiment pas. Comme leur radicalité religieuse est souvent assortie d'un manque total de confiance dans leur masculinité, ils se sont sentis profondément blessés là aussi.

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  • Plus personne ne lit en France

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    ...ou presque.

     

    politique, société, littérature, livre, éducation, lecture en France, amaury watremezOn peut très bien vivre sans la moindre espèce de culture littéraire, c'est un fait. Elle est totalement inutile pour travailler, boire, manger, respirer. Pourquoi d'ailleurs apprendre la langue et les manières de l'utiliser alors que des gestes et des grognements suffiraient amplement ? Pourquoi se fatiguer à étudier la grammaire et la syntaxe pour se hâter de l'oublier sur les réseaux sociaux et dans les SMS ? Cela prend du temps et cela gêne les autres activités maintenant indispensables en 2017. Pourquoi poser son gadget électronique et l'éteindre, ô scandale, pour prendre un livre et le lire en prenant son temps ?

     

    Et pourtant, curieusement ou pas, dans notre société où plus personne ou presque ne lit vraiment ou se soucie de littérature, à l'exception de quelques milieux favorisés, cette carence culturelle engendre des complexes d'infériorité énorme. Rien de plus puissant. C'est comme une petite bille noire brillante nichée au cœur des esprits parfois embrumés des citoyens consommateurs.

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  • Nazis dans le rétro Remix

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    hugo.jpg

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    Ce qui domine sur le net en nos temps tellement progressistes que l'ignorance et l'inintelligence deviennent des genres de nouvelles médailles c'est l'absence quasiment totale de compréhension du second degré ou de l'ironie. L'esprit de sérieux domine, et la gravité des imbéciles, celle qui les fait se sentir important ne serait-ce qu'un bref instant fugace. Parmi ceux-ci on trouve pour les plus remarquables les auteurs engagés.

     

    Le nécessaire engagement de la littérature, engagement bien-pensant bien entendu, il ne peut y avoir d'auteurs de droite par exemple, c'est quasiment interdit à moins d'être dans le rôle du « réac » de service. C'était devenu une des rengaines les plus serinées depuis des décennies mais celle-ci est beaucoup moins audible car les leçons de morale de ces petits marquis de la bonne conscience politique portent moins au sein du peuple et même parmi les pseudo-élites. Les « gens », comme ils appellent tous les autres en dehors de leur milieu, les « gens » sont bien ingrats...

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  • L'imposture des pseudo « néo-réacs »

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    politique, société, néo réacs, aude lancelin, gauche, droite, amaury watremez

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    Je n'avais pas lu le livre d'Aude Lancelin « le Monde libre » jusque là. Une journaliste de gauche découvre que ses patrons sont inféodés au fric et à vision hyper-libérale de l'économie. Voilà qui n'est pas neuf. J'aimais bien l'écouter quand elle est passée deux ou trois fois dans les médias car elle est manifestement très intelligente et fine. Bien entendu, son ouvrage a été repris dans de nombreux sites d'informations dits alternatifs pour bien montrer comment la gauche bien-pensante est finalement très bourgeoise et composée de privilégiés éhontés.

     

    De l'enfonçage de portes ouvertes à vrai dire, et on notait finalement entre les lignes chez la plupart des éditorialistes portant aux nues ce qu'écrivait madame Lancelin comme l'amertume de ne pas être du système.

     

    Cherchant de la lecture hier pour égayer l'attente du train, je suis tombé dessus et le parcourant j'ai compris que l'ancienne journaliste du « Nouvel Obs » et de « Marianne » dénonçait également l'imposture flagrante de ces intellectuels et autres auteurs montrés du doigt comme « néo réacs » depuis un fameux article de Daniel Lindenberg en 2005. Il leur a bien rendu service au fond, en les mettant en valeur dans ce qui n'est au fond qu'un emploi de comédie, qu'un rôle...

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  • Faux-pas littéraires et vraie censure

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    littérature, censure, hypocrisie, inculture, faux pas littéraires, amaury watremez

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    Les américains ont inventé dernièrement les détecteurs de « faux pas littéraires », des groupes de lecteurs chargés d'expurger les bibliothèques publiques et scolaires de toute trace de supposés sexisme, racisme, homophobie, transphobie et autres phobies que les auteurs pourraient mettre dans leurs écrits (voir à ce lien). C'est pour le bien de tous comme ils disent, pour la protection des enfants comme ils disent, pour leur éducation citoyenne. Cela implique l'idée d'une littérature qui n'aurait que pour seul rôle d'inciter les lecteurs à une sorte de « positive attitude » permanente, mièvre et superficielle, l'encourageant à accepter le système tel qu'il est sans se poser plus de questions.

     

    Dostoïevski sera ainsi à l'index très vite, ou tous les tragédiens qui présentent tous des personnages d'une endogamie sociale déplorable il faut bien dire...

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  • Desproges par Desproges

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    aux éditions du Courroux (coucou, là c'est moi qui rajoute, les desprogiens (gesques ? Giens ? ) comprendront l'allusion)

     

    Pierre Desproges, pied de nez, Perrine Desproges, éditions du courroux, politique, société, amaury watremezJe suis tombé dans Desproges quand j'étais petit, j'ai commencé avec les bons conseils du professeur Corbiniou, puis plus tard « le Tribunal des flagrants délires » et les « Chroniques de la haine ordinaire ». Je me reconnais sur de nombreux points en lui, dont sa causticité, le doute qu'il nourrissait à l'égard de ces congénères lui compris.

     

    Avant d'acheter ce beau livre, merci à Perrine Desproges qui a fait tout ce travail de fourmi pour rassembler tout ces textes, j'ai quand même un peu réfléchi voire légèrement hésité. Il vaut deux bonnnes bouteilles de vin et depuis quelques temps les ouvrages sur Desproges avaient tendance à faire dans le raclage forcené de fonds de tiroir.

     

    Ce n'est pas moi qui m'en plaindrait forcément, un ratage, un reste dudit auteur étant toujours bien meilleur que les textes habituels de nombreux écriveurs et pseudo-humoristes actuels.

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  • Grandioses et pathétiques

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    À propos de « Les violettes de l'Avenue Foch » de Simon Libérati paru chez Stock (voir à ce lien)

     

    livre, les violettes de l'avenue foch, roman, simon libérati, politique, société, amaury watremezJ'aime beaucoup les livres de Simon Libérati dont la vie est un roman en elle-même. Ses livres sont toujours hautement humains, tournés vers l'autre, d'une curiosité insatiable envers l'humaine nature. Revenu du fin fond de l'abîme, il a connu le succès avec son livre sur Jayne Mansfield, succès plus que mérité, et trouvé l'amour fou avec Éva Ionesco, ce dont il a fait un ouvrage également. Il s'est sorti de la drogue et d'excès de toute sorte pour retrouver un équilibre. Il a du style et il écrit mieux depuis cette remontée de son Hadès personnel. Il ne fait pas dans l'autofiction nombriliste et la psy devant tous les passants via ses livres et les plateaux télévisés même si ce recueil de chroniques et d'articles est en somme un auto-portrait en creux, ce qu'il avoue lui-même.

     

    C'est également, surtout pour la dernière partie, un autre portrait d'Éva Ionesco, la femme de sa vie, la seule qu'il ne pourrait jamais oublier. On les sent tous les deux comme des gamins de Paris, elle est une autre Gavroche, y compris dans un palace, lui un ancien garçon sage perdu dans des lectures qui n'étaient pas de son âge.

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  • La-le dernie-ère lubi-e bien-pensant-e

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    littérature, société, politique, écriture inclusive, orthographe, amaury watremez

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    L'écriture inclusive est la dernière lubie à la mode parmi les bourgeois pédagogues, ce genre de bien-pensant-e-s qui aiment bien donner des leçons de morale au reste du monde, et plus particulièrement aux petites gens. C'est d'ailleurs une lubie contradictoire car à les entendre l'orthographe serait une vieille manie de réacs fini-e-s, quelque chose d'insupportablement paternaliste, sauf quand cela les arrange (ou les dérange). A les entendre, l'écriture inclusive deviendrait obligatoire, indispensable pour développer l'égalité entre hommes et femmes.

     

    Notons que quand celle-ci est battue en brèche par des personnes 'issues de la diversité" se basant sur leur foi religieuse, alors ce ne sera pas pareil. Ils évoqueront le respect des cultures différentes, j'en passe et des pires, méprisant au fond ces minorités qu'ils perçoivent comme incapables de réfléchir par elles-mêmes et évoluer en abandonnant des coutumes parfois problématiques avec nos valeurs.

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  • Des cinéphiles du troisième type  

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    à propos de "le Brady - cinéma des damnés" de Jacques Thorens dans la collection "Verticales" chez Gallimard (page de l'éditeur à ce lien)

     

    cinéma, le brady, mocky, amaury watremezQuand Jean-Pierre Mocky a repris le Brady il pensait en faire une salle d'art et d'essai lui permettant également de montrer ses films. Mais comme déjà à cette époque, il n'avait pas beaucoup de fonds, le "Brady" projetait des films en bout de course ou des longs métrages dits de genre coûtant beaucoup moins cher : de karaté, d'horreur, des pornos, des films d'action tournés avec peu de moyens. Afin d'attirer le chaland, le "Brady" proposa comme tous les cinémas de quartier de l'époque un double programme à bas prix comme les "Grindhouse" américains.

     

    Cependant, plutôt que de faire venir la clientèle de cinéphiles avisés et distingués, le "Brady" devint très vite le refuge des exclus du quartier, de tous les miséreux, les paumés, les clochards. Ils dorment devant les films, ronflant à grand bruit, mangent voire pique-niquent, certains apportant leur réchaud pour se faire griller des saucisses. Les toilettes sont des lieux de rencontre homosexuels ainsi que les rangées de fauteuils du fond.  Le "Brady" est leur seconde maison en attendant de se retrouver à la rue le soir ou dans un hôtel minable.

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  • La culture du narcissisme

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    à propos de « la culture du narcissisme » de Christpher Lasch, précédé d'une préface de Jean-Claude Michéa chez Flammarion dans la collection « Champs » (à ce lien)

     

    société, politique, Christopher lasch, narcissime, égo, hypocrisie, festivisme, amaury watremezJe ne pense pas comme d'autres que le « moi » soit forcément haïssable. Il était important que cette idée apparaisse vers la fin du XVIIème siècle et que l'individu se libère de contraintes collectives pour se réaliser. Mais le « moi » a fini par prendre une importance démesurée, presque insupportable et envahir tout le reste. Cela amène le résultat suivant : nous devenons de plus en plus incapables de supporter la contradiction, d'apprécier le débat et de fréquenter des personnes autres que des reflets même déformés de nos aimables personnes.

     

    Je trouve cela des plus ironiques. En un temps où les moyens de communication offrent des possibilités infinies nous sommes de moins en moins capables de le faire, en un temps où ils pourraient permettre plus d'équité sociale nous la désirons de moins en moins...

     

    La littérature politique peut être intéressante mais quand l'analyse d'un auteur peut être pertinente l'ouvrage peut se conclure sur des propositions de solutions totalement hors-sol et dégagées du réel, ou inversement. Aucun livre politique ne donne de point de vue réellement global sur la crise morale grave que traverse notre société. Ce qui fait l'intérêt de « la culture du narcissisme » c'est que Christopher Lasch le donne justement dans les pages de ce travail de réflexion. Il le fait en se basant sur la psychologie sociale individuelle et collective. Son essai a plus de vingt ans mais il est d'une actualité toujours plus brûlante...

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  • Lire Charles Maurras en 2017

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    à propos du « Petit dictionnaire maurrassien » de Stéphane Blanchonnet paru aux éditions Nouvelle Marge

     

    littérature, société, politique, Maurras, Action Française, amaury watremezLe talon d'Achille de nombreux mouvements, revues et publications se voulant en dehors du discours actuel est d'être encore beaucoup trop sensibles aux oukases idéologiques des arbitres des élégances politiques. Toujours et encore, la plupart en viennent à se justifier maladroitement, à se défendre d'être réactionnaires ou pire aux yeux des donneurs de leçons :

     

    hédoniste ou anar de droite, et catholique, le pire pour eux (Nota Bene : je suis le tout et me fiche bien de l'anathème des bourgeois pédagogues).

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  • Ces sales menteurs d'écrivains

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    écriture.jpgAussi sur Agoravox

     

    Une jeune fille me l'a confié il y a quelques temps avec beaucoup de sincérité. Elle ne comprenait pas comment on pouvait aimer les livres de fiction alors que les écrivains n'y racontaient pas des choses vraies. Elle, elle aimait les livres n'évoquant que le réel. Qu'une petite comme elle dise cela est on ne plus excusable. C'était dit dans l'idée que les écrivains ne sont que de sales menteurs qui racontent des histoires. C'était prononcé dans un souci d'intégrité candide après avoir dû lire en classe un livre de Ray Bradbury.

     

    Par contre, quand ce sont des adultes réputés raisonnables (Nota Bene : je ne peux rédiger cette phrase sans sombrer dans un fou rire immédiat, la plupart des adultes étant tout sauf raisonnables), majeurs et vaccinés, c'est beaucoup plus insupportable, toujours à la limite du grotesque. Cela relève aussi du complexe culturel, on sait que l'on est inculte donc on se justifie en arguant que de toute manière la fiction n'est que superficialité. Cela montre également que la fiction littéraire, le romanesque sont toujours et encore considérés comme du superflu, de l'inutile, du facile.

     

    On la tolère pour se divertir à la rigueur, mais la fiction présente un risque intolérable. Elle incite le lecteur à se poser des questions sur sa vie, la société, le monde, ses joies, ses tristesses. Elle l'encourage à penser par lui-même après que des auteurs lui ait ouvert des univers entiers sous ses yeux, l'ait fait rêver, imaginer, frémir ou rire.

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  • Se souvenir des belles choses

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    politique, société, georges bernanos, religions, foi, amaury watremez

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    Quand j'étais adolescent, un après-midi notre professeur d'économie nous montra un documentaire sur la malnutrition, chapitre du programme à peine abordé en cours. Ainsi il n'avait pas besoin de se fouler de trop. Je regardai la chose distraitement quand soudain je vis sur l'écran une mère tentant en vain de nourrir son enfant d'une maigreur terrifiante, comme elle. Je fus révolté et ému aux tripes, je regardais mes camarades autour de moi m'attendant à ce que tous ressentent la même chose...

     

    Cela n'était pas possible, tous devait le ressentir...

     

    Mais tout ce que j'entendis tendait au fatalisme, à l'acceptation et en grande majorité relevait de l'indifférence.

     

    Quand dans la rue je vois sur un trottoir un homme, une femme, des enfants en train de crever de sa misère là sous nos yeux, ce sont les mêmes sentiments à chaque fois. S'y rajoutent l'impuissance, la fureur de ne rien pouvoir faire de plus. Là encore, je m'attendrai à ce que tous réagissent ainsi mais les miséreux ne sont surtout que des obstacles ralentissant le rythme, empêchant de se sentir pleinement un rouage enthousiaste de la chaîne économique gardant l'espoir illusoire d'être un jour un de ceux mettant en branle le mécanisme...

     

    La guerre fait rage un peu partout dans ce monde, plus encore et surtout dans les pays les plus pauvres. Tout les jours devant la télévision ou son ordinateur, l'homme moderne favorisé somnole en attendant l'émission « d'infotainement ». Il soupire parfois, « on s'en fout » pense-t-il mais il n'ose pas encore trop le dire. De temps en temps il pousse l'hypocrisie à mettre une bougie sur le rebord de sa fenêtre, à faire une « marche blanche » voire à acheter des produits dits « équitables ». Il « est » le pays ou la ville martyrisée sur les réseaux dits sociaux. Mais qui trompe-t-il ?

     

    Pourquoi tout le monde ou presque s'en satisfait-il ?

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  • La littérature, seulement la littérature, rien que la littérature

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    à propos de « Ecrivains et artistes » de Léon Daudet, aux nouvelles éditions Séguier

     

    wilde4.jpgIl y a un livre que je lis, relis, et relis encore sans me lasser. J'en connais même des passages par cœur. Ce sont ces « fabuleux » -pour reprendre le mot de Proust- souvenirs littéraires de Léon Daudet réédités ici dans une forme plus ou moins expurgée de toutes les considérations politiques de l'auteur de par leur parfum encore méphitique en 2017. Léon Daudet était d'Action Française, catholique profond, maurrassien convaincu, nourrissait quelques doutes sur la démocratie bourgeoise, toutes choses impardonnables à notre époque si coincée sur le plan de l'appréciation des arts. C'est un peu dommage, il me semble qu'un lecteur adulte est capable de faire la part des choses selon ses propres convictions et de passer outre ce qui pourrait les heurter.

     

    S'ils y tenaient absolument, ils mettaient des « smiley face » souriantes ou mécontentes pour signaler les passages corrects et ceux qui sentaient le soufre. Cela aurait été post-moderne, tellement d'époque. On note encore que l'image soigneusement choisie provient de sa jeunesse quand le fils turbulent d'Alphonse Daudet était encore un des espoirs de la jeune IIIème République et non un de ses plus terribles contempteurs.

     

    Léon Daudet était aussi un homme cultivé, au sens classique du terme, goûtant le verbe d'un auteur, son style et non les correspondances avec ses propres opinions ou son utilité dans la défense d'une « cause » ou d'une autre. Contrairement à l'abbé Bethléem, célèbre prêtre et censeur catholique, contrairement à nos arbitres des élégances littéraires actuels tout aussi pudibonds dans leurs détestations et leurs célébrations, Léon Daudet avait le « nez creux » et reconnaissait le vrai talent beaucoup plus sûrement que ce genre de lecteurs suscités au foie sans doute bilieux. Barbey d'Aurevilly lui-même s'était heurté et se heurte encore à ces procureurs des lettres qui le limitent et s'en tiennent bêtement à sa réputation de dandy flamboyant un peu réactionnaire sur les bords...

     

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  • Les Lettres contre la connerie

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    à propos de "Endetté comme une mule" de Eric Losfeld réédité chez Tristram en "souple"

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    Littérature, société, politique, censure, connerie, amaury watremezJ'ai eu envie de lire ce livre car au-delà de tous les clivages, des brouilles, des colères, la littérature et l'appétence pour icelle est toujours la plus forte dans ce que je partage avec d'autres (de "vieilles connaissances pour reprendre le terme de l'auteur de l'article en lien) comme moi passionnés par les Lettres. Dans cette biographie, Eric Losfeld, éditeur célèbre de livres sulfureux en son temps, des ouvrages des surréalistes, des bouquins érotiques à deux sous, des BD novatrices pour adultes telles "Barbarella" ou "Pravda la surviveuse", évoque cette même passion pour la chose écrite et comment il en est venu à l'édition après un parcours personnel pour le moins original. Il raconte ses rencontres avec des personnages connus, d'autres plus modestes, leur accordant à chacun la même bienveillance, la même sympathie. Il est également heureux qu'il soit très subjectif quant à ses affections littéraires, qui ne sont pas toujours les miennes. Mais quelle importance ?

     

    Cette pseudo objectivité affichée depuis quelques décennies par les critiques, les auteurs, les critiques est de toutes façons particulièrement pénible. Elle les encourage à une vision scolaire, laborieuse, trop appliquée et difficile à supporter de la littérature. Celle-ci doit automatiquement servir à porter une cause, fût-ce de manière parfaitement ridicule, fût-ce bien après ce que l'on dénonce. Quand l'on ne sait pas trop quoi dénoncer, contre quoi s'indigner, il est d'usage de dénoncer encore et toujours le nazisme au nom du "plus jamais ça". Cela ne mange pas de pain, tout le monde est d'accord. Et personne n'osera dénoncer le ridicule d'une telle démarche par peur d'être assimilé au camp du Mal englobant toute la droite en général....

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  • Les perles précieuses et moins précieuses du cinéma d'exploitation

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    à propos de « Drive-in & grindhouse cinema : 1950's-1960's » paru aux éditions IMHO

     

    cinéma, télévision, société, grindhouse, amaury watremezLe cinéma est un tout, ce n'est pas seulement les « grandes » œuvres, les « classiques » reconnue comme tels, les œuvres réputées obligatoires. Le cinéma c'est aussi et surtout le « cinoche », ces films populaires qui se permettaient parfois d'innover et d'aller beaucoup plus loin que les œuvres plus honorables. Rester curieux sur les « petits » films permet de temps en temps de dénicher des talents extraordinaires. Henri Langlois lui-même voulait sauver tout les films, s'angoissait à l'idée d'en oublier un seul.

     

    Le cinéma dit « bis », les « séries Z » selon le terme en vigueur un peu méprisants, sont devenues à la mode depuis déjà quelques années. N'importe quel pékin moyen peut se déclarer cinéphile en déterrant de l'oubli un film d'épouvante, de SF fauchée ou d'horreur. Un peu à cause de Tarantino, se voyant comme grand cinéphile devant l'éternel, et de « Pulp Fiction » où il cite de nombreux films « d'exploitation » qu'il connait par cœur. Car plutôt que d'évoquer des « séries B » ou « Z » sans trop savoir ce qu'il y a derrière ces termes, il convient plutôt de parler pour les longs métrages parfois transgressifs, parfois talentueux, mettant en scène des extra-terrestres aux yeux pédonculés poursuivant des jeunes filles terrifiées en bikini, ou sans bikini.

     

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  • Dupont de Ligonnès pris entre le Ciel et l'Enfer

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     à propos de « l'Eternité de Xavier Dupont de Ligonnès » de Samuel Doux aux éditions Julliard

     

    Ce n'est pas la première fois que j'évoque un fait divers marquant, voir à ce lien mon texte sur la tragique "Affaire Lubin"...

     

    xdl.jpgLa lecture de cet article (à ce lien) m'a encouragé à lire le livre de Samuel Doux sur Xavier Dupont de Ligonnès, un roman de non-fiction passionnant, autant que « l'Adversaire » ou les livres de Libérati sur Jayne Mansfield et Charles Manson. Des histoires se déroulant sur les marges, les crimes, les faits divers en disent beaucoup plus long sur notre société et sur toutes les couches sociales la composant que bien des articles et traités savants. J'ai toujours été passionné par les livres s'en inspirant car ils révèlent ce qu'il y a derrière les apparences, derrière les paravents moralisateurs, les beaux discours. Chez ces gens là on cache les abjections sous le boisseau, on les balaie soigneusement sous le tapis. L'important c'est de faire bonne figure. Toutes ces petites et grandes cachotteries vont de mise, on les considère comme obligatoires, allant de soi.

     

    Cet ouvrage de Samuel Doux m'intéressait d'autant plus que je connais sur le bout des ongles le milieu qu'il décrit et que j'ai côtoyé son personnage principal ayant fait partie jusqu'en 1990 du même mouvement catholique traditionaliste.

     

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  • Céline et les bonnes intentions

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    A propos de « Céline, la race, le juif » de Pierre-André Taguieff et Annick Durrafour chez Fayard sorti le 1 février 2017

     

    (et aussi de « l'Art de Céline et son temps » de Michel Bounan chez Allia

     

    Céline, louis ferdinand destouches, meudon, antisémitisme, amaury watremezQue des polémiques littéraires agitent encore notre pays, au moins pour les quelques rares lecteurs subsistant encore, n'est pas mauvais signe. Pour eux la culture est encore un enjeu important et non simplement une ligne statistique, une ligne de budget. On aimerait également que ce soit un sujet important pour les hommes politiques se présentant à la Présidentielle, mais aussi pour les citoyens, on peut toujours rêver. Les tenants de l'idéologie dominante, cette bien-pensance très mièvre, n'aiment pas la littérature. Elle diminue les performances économiques, elle implique de réfléchir sur les fins de ce monde. Elle encourage à l'indépendance intellectuelle, à rejeter l'instinct grégaire (quelle horreur!).

     

    Je ne suis -je l'espère- pas le seul mais personne n'a jamais pu m'imposer quoi lire et surtout comment le lire. Aucune censure, y compris parentale, excepté des conseils de bon sens. Cela m'amuse encore toujours à titre personnel quand quelqu'un s'étonne : «  Mais quelqu'un de ton milieu (sous entendu bourgeois et catholique) comment se peut-il que tu aies lu autant ?.Bien entendu, comme tout lecteur compulsif, j'ai parfois lu en boulimique, sans savourer vraiment le verbe d'un auteur, dévorant tout et n'importe quoi sans avoir forcément la maturité nécessaire. Depuis j'ai essayé et essaie toujours de développer mon palais...

     

    Quand j'ai lu « le Voyage au bout la nuit » en seconde, j'étais sans doute trop jeune mais ce roman a marqué le reste de ma vie, et de mes goûts littéraires. Que Céline se fût avéré un salopard m'a choqué mais ne me semblait pas littérairement parlant d'importance :

     

    On peut avoir du talent voire du génie dans n'importe quel art et être un sale con voire un immonde salaud. Ils sont innombrables parmi les écrivains tout comme dans le reste de l'humaine espèce, c'est ainsi. L'ouvrage à charge sorti au début du mois de Février de Taguieff et madame Durrafour tout comme celui de Michel Bounan édité il y a quelques années oublie la complexité de l'humaine nature, que nul n'a une âme blanche ou noire, que l'on trouverait plutôt une infinité de gris au cœur de l'esprit humain. Bien entendu il est plus rassurant de diviser l'humanité entre bons et méchants rassurants, de voir des monstres dans les criminels alors que le mal est d'une grande banalité..

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  • Traversée myope de Paris

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    Livre, ADG, littérature, polar, anar de droite, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    La Table ronde réédite intelligemment des coups de cœur et cartes blanches de ses auteurs maisons, ou plutôt une carte noire, ici celle de Jérôme Leroy. Je ne l'ai pas fait exprès, je m'en suis aperçu après avoir acheté le livre, comme quoi les affinités au moins littéraires subliment les brouilles et les mésententes. Celui-ci a choisi un ouvrage d'ADG de son vrai nom Alain Fournier. Il est sulfureux de par ses prises de position très à droite mais est un auteur délicat et subtil méritant d'être re-découvert, proche de Marcel Aymé, Jacques Perret, et Antoine Blondin pour l'errance éthylique des personnages.


    ADG aimait la bonne chère, sa Sologne, son homonyme et la Littérature au dessus de tout le reste y compris la politique. Il était ce qu'on appelle un anarchiste de droite selon le terme usité souvent à tort et à travers, revendiqué par des imposteurs notoires comme Alain de Benoit, et qui pour lui cependant Alain Fournier est parfait. Son anarchisme de droite est surtout un non conformisme pour ennuyer les bourgeois pédagogues, tous ceux qui se piqueraient de poser aux arbitres des élégances morales et, ou culturelles. Il n'hésitait pas dans des chroniques sociétales à être très incisif, de trop sans doute aux yeux de ses détracteurs et contradicteurs.

     

    Elles étaient tellement incisives aux yeux de son éditeur que leur recueil est truffé de quelques pages blanches afin de signifier les coupures éditoriales prudentes afin de s'éviter quelques procès.



    On se doute bien que cela le rend immédiatement sympathique à mes yeux...

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  • La nostalgie camarade c'est vendeur

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    à propos de « Gainsbourg confidentiel – les 1001 vies de l'homme à tête de chou » de Pierre Mikailoff aux éditions Prisma et en points Seuil

     

    gainsbourgwnoden.jpgEncore une biographie de Gainsbourg empruntant son titre à une de ses chansons, encore une que les pisseuses et les petits gars compulsionnels du chanteur et parolier de nombreuses vedettes françaises vont acheter par nostalgie de leurs jeunesses ou de leurs amours. Le problème de ce livre bien écrit est dans les quelques carences éditoriales qui n'en facilitent pas la lecture. Je ne compte pas les erreurs de mise en page, de police (les renvois de notes de même taille que le reste de la typographie). Je ne compte pas non plus les retours en arrière puis en avant les digressions que l'auteur fait très souvent, répétant les mêmes histoires.

     

    On trouve à la fin un abécédaire un peu court qui vient un peu comme un cheveu sur la soupe. Je me suis demandé pourquoi l'auteur n'en avait pas intégré le contenu dans le reste de son propos...

     

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  • Ces génies du Jazz fracassés

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    à propos de « Low down : jazz, came, et autres contes de la princesse be-bop » de Amy Joe Albany en 10-18

     

    littérature, cinéma, société, amérique, amy joe albany, amaury watremezLorsque sont évoqués les génies du jazz, en particulier ceux ayant créé le style « be bop », on se rend compte que la plupart sont complètement fracassés par la vie, des inadaptés flamboyants, des « losers » magnifiques, des comètes musicales. La plupart étaient afro-américains mais on oublie souvent les autres, dont les blancs, excepté Chet Baker et sa belle gueule de travers. Je ne connaissais pas Joe Albany, pianiste délicat dans le style de Bud Powell, le père de la narratrice. Il était un des compagnons de création de Charlie Parker, drogué comme lui jusqu'à l'os, spécialiste du « travail du négatif ». Il vécut une période d'accalmie relative en Europe, en France plus exactement, dans les années 70.

     

    Heureusement que notre pays existait afin d'offrir aux musiciens de jazz qui chez eux jouaient souvent devant des convives parfaitement indifférents à leur musique un public à leur mesure, plus réceptif, plus bienveillant.

     

    Joe crut pouvoir oublier ses démons un temps, offrir à son « Amy Joe », sa « princesse be-bop » une vie presque normale, équilibrée, mais ses cauchemars, ses angoisses, une fois qu'il rentra aux États-Unis se rappelèrent à lui. Comme tous les artistes ou les âmes sensibles, ce monde ne suffisait à contenir sa soif de sensation et il eût voulu tout retranscrire, tout redonner. Mais un art si maîtrisé soit-il sera toujours imparfait dans l'expression de la beauté, L'idéal du créateur est toujours, en théorie du moins, chez les vrais créateurs, de parvenir à ne serait-ce qu'approcher la perfection. Ils se laissent parfois aller aux paradis artificiels afin de combler leur soif de ressentir toujours plus profondément le monde et sa beauté, ou sa laideur.

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  • Relire Yourcenar

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    yourcenar.jpg

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    "Je ne vis pas comme ils vivent, je n'aime pas comme ils aiment, je mourrai comme ils meurent" était sa devine toute empreinte de morale aristocratique au vrai sens du terme...

     

    Face à la bassesse avérée d'une époque, il n'existe parfois pas de solution réelle, pas d'alternative tangible. La bêtise peut être trop forte, plus que le reste. Comment se heurter à la sottise à « front de taureau » ? C'est d'ailleurs déjà l'accepter souhaiter argumenter contre elle. Pourquoi alors ne pas se retirer dans une refuge propice et passer ses journées durant l'orage à lire les auteurs que l'on aime à l'abri du soleil sous les feuilles d'une branche propice.

     

    En la matière, on en revient toujours à ses anciennes amours, ses anciennes passions à tort ou à raison. La nostalgie, le sentiment que l'on n'aimera jamais quelqu'un aussi bien. C'est idem en littérature où l'on relit des auteurs encore et encore, en redécouvrant encore et toujours quelque chose à chaque fois. Marguerite Yourcenar est de ce genre d'amour. Tant d'intelligence, tant de finesse, tant de culture ne peuvent laisser indifférents. Certes, elle a écrit et dit quelques sottises sur les bébés phoques entre autres ou le nécessaire malthusianisme à l'entendre mais c'est tellement infime dans son œuvre que cela n'a guère d'importance.

     

    Des imbéciles, ils sont légions, se manifesteront peut-être pour s'étonner du fait qu'un réac indécrottable dans mon genre, du moins c'est ce qu'ils pensent, puisse se passionner pour une lesbienne très libertaire, très cosmopolite. Mais Yourcenar a beau invoquer le bouddhisme, se dire citoyenne du monde, parler du hasard de la naissance voire de son inconvénient, elle n'en est pas moins une des dernières incarnations de la civilisation française à son point le plus élevé.

     

    Ne voir en elle qu'une vieille femme laide comme malheureusement Albert Cohen serait réducteur...

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