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Littérature israèlienne

  • Confusions messianiques

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    politique, société, israèl, palestine, mauvaise nouvelle, amaury watremezCet article répond à celui de Gédéon Pastoureau dans « Mauvaise Nouvelle », à ce lien, site auquel je participe également pour quelques « anti-critiques » littéraires grâce à l'indulgence de Maximilien Friche son créateur.

     

    J'ai lu ce texte dimanche soir, il m'a irrité énormément, je me suis néanmoins donné deux jours pour y répondre plus posément. Tout d'abord, l'auteur du texte incriminé a une vision très étriquée d’Israël, il semble méconnaître la diversité de ses communautés :

     

    Les douze tribus traditionnelles plus la tribu « éthiopienne » perdue,

     

    les quatorze communautés juives israéliennes, ceux qui célèbrent en yiddish, ceux qui refusent de parler hébreu, les russophones, les laïcs, ceux rejetant les rites casher, les plus libéraux élisant des femmes rabbins, ceux refusant de se mêler aux autres, etc...

     

    Il ignore visiblement également les actes généreux envers les palestiniens par des juifs émigrés là-bas soucieux de justice :

     

    La grève des dockers de Haïfa en 1926 en solidarité de leurs collègues arabes, les premiers « kibbutzim » partageant techniques et fruit de leur labeur avec les villages alentours en Galilée, toujours dans le respect des habitants originels.

     

    Un chrétien, s'il lit l’Évangile régulièrement, s'il l'écoute à la messe chaque dimanche, se fait sa propre image de la Terre Sainte, une image rêvée, idéalisée, embellie, c'est tout à fait normal et humain. Il a l'impression avant d'y arriver de tout connaître déjà de cette région du monde. Et il lui semble quand il l'évoque tout en comprendre sans y avoir mis jamais les pieds. Et même si d'aventure il y met les pieds, ne fût-ce que deux jours, ce qu'il voit ou ce qu'il croit voir le confirmera dans ses certitudes.

     

    Il oublie le plus souvent l'histoire turbulente des peuples y ayant vécu depuis l'entrée d'Abraham en cette Terre Promise. Il oublie aussi l'empreinte profonde en résultant :

     

    Il est alors pris entre deux solutions :

     

    Accepter la réalité concrète,

     

    Aller à la rencontre de tous les peuples de Palestine et d'Israël,

     

    OU

     

    Nier le Réel, et essayer de faire absolument coller son point de vue même erroné, voire ses fantasmes, sur la réalité pourtant tangible sous ses yeux. Pour la plupart d'entre eux, les lieux saints deviennent un parc d'attractions biblique, un « parc à thèmes » religieux. Ils nient alors la réalité humaine autour, se voilant la face, refusant de la prendre en considération.

     

    Selon eux l'état d'Israël fondé en 1948 sur les bases du « Foyer National Juif » de 1916 est la reconstruction tardive du Royaume hébreu de l'Ancien Testament. Le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, s'en retournerait dans sa tombe. Le sionisme est d'abord et avant tout un nationalisme, la dernière émanation du « Printemps des peuples » de 1848. Le judaïsme a essentiellement ici un rôle de prétexte car c'est un mouvement essentiellement laïc.

     

    Pour les juifs les plus religieux, la recréation israélienne par les hommes en 1948 est un blasphème. C'est pour eux le rôle du Messie dont ils sont encore dans l'attente.

     

    jerusalem-trois-lieux-cultes-a-visiter-400-17419.jpgEt bien entendu, sur cette réinvention d'Israël j'aurais pu citer Shlomo Sand ou encore Zev Sternhell, deux historiens israéliens de confession juive ayant largement écrit sur le dévoiement du sionisme.

     

    Lors de mon séjour à Jérusalem je croisais déjà nombre de chrétiens tels Gédéon, persuadés du rôle messianique de l'état d’Israël et de l'absolue nécessité de soutenir ce pays coûte que coûte, ceci devant hâter selon eux le retour du Christ sur terre pour les derniers jours.

     

    Personnellement, je suis toujours extrêmement dubitatif face à ces croyants tellement impatients de voir la Fin du Monde, surtout car étant persuadés de faire partie des « Justes » sauvés lors de l'Apocalypse. Cette croyance est née dans les milieux pentecôtistes, presbytériens, évangéliques américains, les plus riches parmi eux finançant les colons juifs dans les Territoires Palestiniens. Elle a essaimé dans les groupes charismatiques à compter des années 70.

     

    Ainsi la « Communauté des Béatitudes » sise à Bethléem...

     

    Loin de moi l'idée de critiquer l'aide apportée par cette communauté chrétienne en France à des jeunes en quête de Dieu, MAIS à Bethléem, de par leur certitude du rôle messianique du peuple israélien, ses adeptes finissaient par cautionner les pires iniquités car commises au nom d'« Eretz Israel ».

     

    Ils allaient par exemple prier à la pseudo « Tombe de Rachel » sans se poser plus de questions alors que l'authenticité de ce lieu est fortement sujette à caution. Ils fermaient les yeux pudiquement sur la « création » de nouveaux « quartiers » à Jérusalem après expulsion des précédents habitants palestiniens musulmans et,ou chrétiens.

     

    Ainsi la communauté des Sœurs de Sion à Jérusalem non loin de « la Porte des lions » ou « Porte Saint Étienne »...

     

    Ces religieuses au demeurant sympathiques comme personnes refusaient catégoriquement d'entendre parler de Palestine et des palestiniens. Accueillant de nombreux groupes de pèlerins, elles avaient une audience importante et donc une capacité à influencer durablement les points de vue. Elles avaient pourtant à leur porte les conséquences les plus criantes de la politique de colonisation israélienne : des familles à la rue,

     

    ou s'entassant sur trois générations dans vingt mètres carrés,

     

    des brimades quotidiennes vécues par tous les salariés allant travailler côté occidental,

     

    des humiliations imposées aux habitant palestiniens du quartier tel ce vieil homme de 78 ans, figure connue et aimée du quartier, pacifique, mis en joue par un soldat israélien car ayant « grillé » un feu rouge. Il fut ensuite forcé de se mettre à genoux les deux mains sur la tête...

     

    de cette vielle femme transportant un ballot d'herbes aromatiques obligée de se coucher à terre par un autre de ces matamores courageux mais pas téméraires à l'entrée du « Mur des Lamentations » sous mes yeux. Elle voulait juste prendre un passage plus rapide étant déjà âgée...

     

    ETC.

     

    ETC.

     

    Et je pourrais aussi raconter ces cultures vivrières, vignes, tomates, oliviers nourrissant de nombreuses familles rasées du jour au lendemain à côté de la colonie de « Newe Daniel », proche de la « tombe de Rachel », dans le but de construire une route privée pour les seuls colons ceux-ci ne voulant pas emprunter les mêmes voies que les palestiniens.

     

    A ces chrétiens soutiens d'un Israël messianique, j'aimerais mettre leur nez fin juste au-dessus du trou des seules et uniques toilettes prévues pour les 3000 palestiniens passant chaque jour par le passage d'Erez pour sortir de Gaza et y rentrer selon le bon vouloir des gardes aux douanes.

     

    Ce n'est pas seulement par amour de cet état que Gédéon Pastoureau soutient ces idées, il va encore plus loin. Pour lui « l'élection » des anciens hébreux devraient rappeler aux français l'élection de la France au rang de Fille aînée de l’Église. Il rajoute à cela une énormité en parlant de la « judéité » de Jeanne d'Arc.

     

    Et l'oubli principal et le plus grave de cet auteur est celui de l'Incarnation du Christ justement dans notre humanité. Ce n'est pas pour rien, cela a une signification bien loin de tous les fatras intellectualisant en arrivant à justifier l'injustifiable pour prouver une thèse fumeuse. C'est d'ailleurs le plus beau en Terre Sainte pour un croyant, ces êtres humains, en particulier ces chrétiens des origines, nos prédécesseurs à la suite du Christ rejeté par les pharisiens et leurs cohortes de fidèles.

     

    Ce genre d'auteurs de grands discours et belles phrases me rappelle aussi de cet évêque auxiliaire parisien se lançant dans un panégyrique délirant du messianisme d’Israël dans la basilique Sainte Anne n'ayant pas UN mot pour les paroissiens grecs catholiques présents ce jour là après avoir bravé les check-points à la sortie de Ramallah...

     

    Le Christ vrai Dieu et vrai Homme, que dirait-il de ce manque absolu d'empathie et d'humanité ?

     

    Amaury Watremez

     

     

    Source des liens :

     

    Comme sources principales de l'article j'ai choisi à dessein Wikipédia, ceci afin de démontrer la facilité de contradiction de la thèse d'un Israël « messie collectif ».

     

    Mauvaise Nouvelle

     

    Wikipédia.fr

     

    Site de la Paix Maintenant

     

    Géopolis

     

    Site des Sœurs de Sion

     

    Illustrations prises ici

     

    Ci-dessous présentation de mon « Journal de Jérusalem

  • les lettres de Menahem le "songe creux"

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    515JMQRwWpL._.jpgLes éditions Liana Levi ont l'excellente idée de rééditer dans la collection « Piccolo » le recueil des chroniques de Menahem Mendl, habitant d'un « shtel » d'Europe de l'Est proche de Kiev qu'il appelle « Yeoupetz » ayant eu l'idée bizarre aux yeux de ces semblables d'émigrer en Amérique pour devenir grand spécialiste de la bourse considérant que comme il est déjà doué pour négocier sur le marché, il y arrivera tout aussi bien à Wall Street. Mais au moins évitera-t-il de prendre le risque de se faire massacrer dans un pogrom ou un autre...

    Il évoque la difficulté de célébrer les fêtes traditionnelles dans un peuple pour lui « impie », dont « Pessah » ou « Sukkot », et les divertissements des peuples étranges qu'il découvre autour de lui dont le théâtre de Broadway, et ses « girls » tentatrices, ou les cabarets sur la « grande voie blanche ». La préface parle de Mark Twain mais l'auteur de ce recueil épistolaire rejoint également Groucho Marx et Woody Allen dans la grande tradition de l'humour juif new yorkais, un humour de sales gosses qui aiment tourner en dérision les ridicules et les vanités.

    C'est toujours un peu le principe de l'indien ou du huron découvrant le monde occidental et ses coutumes si étranges, ici un juif « hassidim », qu'il décrit à sa femme et ses amis en leur écrivant chaque semaine une lettre en « yiddish », ici il faut signaler le talent de la traductrice qui fait un travail d'adaptation remarquable, Nadia Déhan-Rothschild même s'il reste des termes intraduisibles, le yiddish étant comme tous les « pidjins » de minorités d'abord conçu pour embrouiller les représentants de l'autorité qui auraient la mauvaise idée de contrôler les papiers de l'émigré clandestin qu'est Menahem qui ressemble par bien des traits au personnage du vagabond de Chaplin. 

    Menahem se fait enguirlander par sa femme du fait des « mauvaises » rencontres qu'il pourrait faire et qui pourrait le détourner de la « vraie » foi juive, dont les nombreux rites « koscher » dont certains n'existent, il le reconnaît lui-même que pour enrichir les rabbins. Lui-même s'extasie devant les « merveilles » qu'il découvre, dont les sandwiches vendus dans la rue, et peste contre tous les problèmes liés au fait d'être d'une communauté méprisée par les « W.A.S.P ». Il rencontre d'autres émigrés pauvres, d'autres origines que la sienne, parfois de ces anciens « ennemis héréditaires » comme des turcs qui subissent les mêmes souffrances que lui à New York et avec lesquels il est bien obligé de rechercher une fraternité, celle des miséreux.

  • Israël et la Palestine : une lutte fratricide

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    jerusalem.jpg

    Sur Agoravox aussi

    Vendredi soir, devant le « plan d'eau » à Évreux, un rassemblement de quelques dizaines de personnes issues surtout du PCF afin de soutenir la Palestine, en particulier le début de sa reconnaissance par l'ONU, un rassemblement dans le calme, sans slogans pseudo-antisionistes, sans vociférations ainsi que dans d'autres événements de ce genre qui sont le plus souvent un prétexte pour certains pour hurler leur haine des juifs en la masquant derrière une cause parfaitement légitime qui est celle des palestiniens, du peuple palestinien s'entend et non celle de ceux qui, à Gaza, prétendent les représenter et tout faire pour leur bien commun.

    Pendant ce rassemblement de personnes généreuses, soucieuses d'aider leur prochain (le tout écrit sans aucune ironie), il fut question de boycotter économiquement Israël, mais étant donné que l'économie de ces pays est déjà fortement imbriquée, boycotter Israël c'est aussi boycotter la Palestine et favoriser les radicaux religieux au détriment des laïcs du Fatah systématiquement tenus à l'écart des discussions entre les deux états lors des multiples conférences de paix, et par les israéliens les plus nationalistes.

    C'est aussi en conséquence favoriser les « vengeances » contre les minorités déjà largement éprouvées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, à commencer par les chrétiens arabes de ces régions, déjà pris entre le marteau et l'enclume, suspects d'être des agents des occidentaux pour les fondamentalistes musulmans, et aussi pour les sionistes les plus radicaux.

    Rappelons en passant que ceux-ci ne sont pas la conséquence d'une évangélisation de ces peuples par des missionnaires occidentaux mais qu'ils sont les chrétiens originels. Que l'on soit croyant ou pas, on ne peut donc que reconnaître leur apport à l'histoire de nos sociétés.

    Les soutiens des palestiniens en France oublient tout le temps une chose simple :

    Qui est le premier contributeur des aides à la Palestine, nouvel état reconnu à l'ONU, que ce soit sur le plan financier ;

    Au plus fort des précédentes opérations de « Tsahal » contre Gaza, on vit circuler des camions de la « Brink's » entre Tel Aviv et les territoires palestiniens chargés de petites coupures, l'argent du Hamas, comme du Fatah, étant placé dans des banques israéliennes, et les dividendes obtenues même en temps de guerre n'ont jamais été bloqués par Israël.

    Quant aux infrastructures ; pour la plupart fournies et construites par l'état hébreu selon le terme classique (concernant les infrastructures côté israélien, il est à noter que le « mur » de séparation fut construit essentiellement par des ouvriers palestiniens) ;

    Sur la fourniture d'eau, d'électricité et en tant qu'employeur et même quant à la monnaie ayant cours en Palestine (le shekel) ;

    La réponse est simple, c'est Israël, pas un pays arabe alentour ni un état occidental, toutes choses que rappelle Thérèse Zrihen-Dvir dans un article qui rappelle quelques évidences, même si elle n'en tire pas les mêmes conclusions que moi.

    Elle y voit un aspect ironique, finalement c'est Israël qui finance ces ennemis.

    Ce qui permet de comprendre un peu plus à quel point la guerre israélo-palestinienne est par essence une guerre fratricide et d'insister un peu plus encore sur ce fait, que se permettre d'avoir un point de vue unilatéral et radical dans un sens ou dans l'autre n'aide pas à faire avancer la paix, cela consisterait plutôt à bouter le feu à la violence et à la haine.

    Avec les meilleures intentions du monde.

    Le rêve d'un état fédéral, de deux peuples travaillant fraternellement ensemble, d'Edward Saïd n'a rien d'utopique puisque les structures, réseaux et moyens d'y parvenir existent déjà. Tout est prêt pour la paix, encore faut-il que tous ceux qui viennent trouver dans cette région du monde un terrain de jeu pour laisser libre cours à leur haine soient enfin tenus à l'écart et pris pour ce qu'ils sont, des pantins grotesques et meurtriers.

    J'ai voulu écrire cet article du fait de mon ras le bol complet des pro ci ou pro ça qui ne sont que dans la violence, l'agressivité et la haine jusqu'à l'autisme, déniant à l'autre toute capacité à fraterniser.

    Photo archives de l'auteur

  • Le boycott d'Israèl au Salon du Livre est une idiotie

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    1502872159.jpgCertaines organisations pro-palestiniennes en France, généralement elles sont plus nationalistes que le Hamas, ont demandé que soit boycotté le Salon du Livre dont Israèl est l'invité d'honneur cette année. Ce serait d'une idiotie sans nom puisque la plupart des littérateurs, musiciens, artistes et réalisateurs comme comédiens israéliens encouragent chaque fois qu'ils le peuvent le dialogue et la paix entre les deux peuples : d'Amos Oz à Amos Gitaï. De plus, le boycott radicaliserait les points de vue des uns et des autres. Je serai moi-même beaucoup plus ouvert aux pro-palestiniens quand ceux-ci auront ouvert les yeux sur la corruption, l'intégrisme, la bêtise et la haine qui prospèrent dans les territoires et dont la cause n'est pas seulement l'Occupation effective et violente de la Cisjordanie depuis 1967, et quand leur juste cause cessera de camoufler la judéophobie obsessionnelle de certains d'entre eux. L'initiative d'exposants du Salon de faire discuter les auteurs des deux bords est beaucoup plus intelligente. On sait très bien enfin que l'apanage  de la violence et de la bêtise n'est pas le privilège d'une seule des deux rives, et que les pro-israéliens sont tout aussi autistes quant à leur cause.

    Aux partisans du boycott, je poserai la question que posait Salman Rushdie aux dirigeants arabes : Pourquoi n'y a-t-il aucune démocratie aux Proche et Moyen Orient, et seulement des théocraties ou des monarchies pétrolières ? 

  • Hérault de la jeune génération israèlienne

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    "Aucun sens des responsabilités !"

    Il y a les religieux, les hypernationalistes, les sionistes et il y a des gars dégagés comme Keret qui se fout à Tel Aviv. Ils glandent entre la place Dizengoff et le front de mer, bouffent des glaces à une heure du matin, se beurrent la gueule avec des émigrés russes de fraîche date. Souvent, ils refusent de faire leur service de trois ans et préfèrent un tour du monde. Ce sont des sabras, comme l'auteur de ce livre ou du feuilleton popu des années 70 en Israël : "Lemon Popsicles", on s'amuse beaucoup mais un goût amer reste sur le palais car la guerre peut tout détruire d'un coup (revoyez "Kippour" d'Amos Gitaï). Dans ce livre, Curt Cobain voisine avec un messie aux allures de sauveteur de "Alerte à Malibu" au milieu de nymphettes, les filles noyées réapparaissent, rien n'est vrai, rien n'est important, le monde est déjà détruit. Pourquoi s'en faire de danser sur un volcan ? Puisque le volcan a déjà tout recouvert. L'auteur revendique son individualisme, qui n'est pas de l'égoïsme, ou de l'égocentrie, simplement il ne veut pas obéir à des ordres ayant des injustices pour conséquences, à ne faire que le sale boulot à la place des dirigeants. L'auteur affirme que chaque personne est responsable de ses actes devant les autres. Au lieu d'écouter les cris et braiements des nécrophages, ce que sont les faucons, il faut lire Etgar Keret et Amira Hass.

    Titre : La colo de Kneller | Auteur : Etgar Keret | Editeur : Actes Sud

  • "Boire la mer à Gaza" (éditions de la Fabrique, livre d'Amira Hass)

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    Colons et colonisés

    Amira Hass est juive, israëlienne (ce n'est pas forcément pareil), journaliste, et elle habite dans les territoires occupés. Elle livre ici le témoignage le plus lucide qui soit, sans parti pris, sur le conflit endémique entre Israël et Palestine, comment l'Occident, pour se délivre de sa culpabilité et pleurer enfin des larmes de crocodile sur l'antisémitisme millénaire de nos contrées, antisémitisme pas mort du tout ni moribond, comme pourrait le dire de nombreux juifs en France.

    Pourquoi la haine ? Pourquoi la violence ? Les israëliens ne comprennent pas qu'en obligeant un autre peuple au désespoir, en écrasant l'autre, ils grèvent leurs chances de cohabitation pacifique entre deux peuples. De plus, Hass est une des rares à oser parler d'apartheid, à critiquer le confort moral des "colombes" qui veulent une paix chacun chez soi. La seule chance d'israëliens et palestiniens pour cohabiter, ce n'est pas les pourparlers, ce n'est pas un partage de boutiquiers, c'est que tous aient les mêmes droits. Voilà ce qui est important, la justice sociale, l'équité.
                
    Des salauds font sauter une bombe dans la rue des poètes et des écrivains, la rue des musiciens et des peintres, est-ce que cela rend l'urgence pour les deux peuples de remédier aux injustices moindre qu'avant ? Pas une paix chacun chez soi, mais ensemble en oubliant pour une fois la bêtise religieuse. On peut être légitimement ému par le terrorisme, mais qui est ému de la maternité de Bethléem détruite, des travailleurs bloqués à la frontière ? De l'eau et l'électricité coupées les trois-quarts du temps dans les territoires encore occupés ?

  • Les livres saints au regard de l'archéologie

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    Ce livre ne remet pas la Foi en question, simplement les évènements décrits et leur historicité. Il n'empêchera pas un chrétien de croire en la résurrection du Christ. 

    Le croyant de 2006 ne peut plus croire aveuglément les emplacements, les évènements transmis par la tradition, et ses histoires, d'où l'utilité de ces recherches (cela ne signifie pas qu'il comprend mieux ce qu'il croit d'ailleurs ou qu'il est meilleur). Cependant, ce livre ne lui pas est réservé, mais intéressant en général pour tous ceux qui veulent creuser la question car il y a beaucoup de réponses, et pas seulement religieuses, à trouver dedans. Une telle remise en cause ne remet pas en question la spiritualité se dégageant de la Bible, en exceptant les récits guerriers, et du moins si on la lit avec paix : la compassion, le pardon, l'altérité, la sensualité (lisez donc le Cantique des Cantiques...)
    Ce livre a une autre importance qui est de mettre en lumière précisément l'histoire du Proche Orient. La Bible prise à la lettre (comme le Coran), ou l'Évangile, servent trop souvent de justifications à des préoccupations géopolitiques bien de notre temps (fondamentalisme et néo-colonialisme déguisé car c'en est un bien un), chacun prenant ce qui lui convient. L'on brandit l'un ou l'autre livre saint comme tittre de propriété (cf l'interview d'un colonel francophone israélien il y a deux jours disant : "nous étions là il y a 5000 ans") en oubliant les populations. Sur ces bases faussées, car extrêmistes, il y en a qui balancent des bombes d'une tonne sur des quartiers populaires tuant des innocents, pendant que de vieux responsables religieux fanatiques envoient des ados en tuer d'autres, mais de l'autre camp.
    Les gens peuplant cette terre n'ont pas besoin de ces passions religieuses. Les israéliens ont besoin de paix et de sécurité, les palestiniens ont besoin d'eau, d'électricité, de médicaments, de nourriture, de libertés fondamentales comme celle de circuler à leur gré. Dépoussièrer ces croyances permet de renvoyer l'un et l'autre camp face à ses responsabilités quant à la violence.
    Des exemples de ce dépoussièrage : la conquête de la terre de Canaan ne s'est pas faite militairement (donc pas de murs de Jéricho qui croulent sous les trompettes), mais a été plutôt une assimilation progressive de populations immigrées qui sont devenus dominantes. Qui était ces peuples ? C'était certainement des esclaves hérétiques égyptiens, adeptes de la religion monothéiste -tiens?- d'Aton. Moïse n'est peut-être que la conjonction de plusieurs personnes ayant existées, comme Abraham. En tout cas, la démarche de ce pavé malgré tout digeste me semble moins prétentieuse que la Bible "réécrite" paru il y a quelques temps...

    La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l'archéologie

    Israel Finkelstein

    Neil Silberman

    Bayard Asher