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Evreux

  • La Liberté pour quoi faire ?

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    politique, société, Bernanos, islam, terrorisme, Amaury watremez, démocratie

    Très actuel, non ?

     

    De Bernanos dans "La Liberté pour quoi faire"


    unebernanos.jpg"La menace qui pèse sur le monde est celle d'une organisation totalitaire et concentrationnaire universelle qui ferait, tôt ou tard, sous un nom ou sous un autre, qu'importe ! de l'homme libre une espèce de monstre réputé dangereux pour la collectivité tout entière, et dont l'existence dans la société future serait aussi insolite que la présence actuelle d'un mammouth sur les bords du Lac Léman. Ne croyez pas qu'en parlant ainsi je fasse seulement allusion au communisme. Le communisme disparaîtrait demain, comme a disparu l'hitlérisme, que le monde moderne n'en poursuivrait pas moins son évolution vers ce régime de dirigisme universel auquel semble aspirer les démocraties elles-mêmes."

  • Odeurs de soufre éventées

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    littérature, cinéma, sexe, cinquante nuances de Grey, amaury watremezCe blog comme chaque année célèbre la "Journée de la Femme"...

     

    À propos de « Cinquante nuances de Grey », livre de E.L. James, auteur d'abord auto-publié sur le Net, et film poussif avec des acteurs au charisme d'endive cuite.

     

    « Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté… »

     

    Jean Paulhan en introduction de « Histoire d'O ».

     

    J'ai toujours trouvé curieuse cette phrase sous la plume de Paulhan, une des têtes pensantes de Gallimard. Il eut des vapeurs à publier Céline et d'autres, se faisait l'apôtre partout des valeurs de la Résistance.

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  • Amende honorable pour Évreux

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    913834-jardin-botanique-d-evreux.jpgimage du jardin public prise sur ce site l'internaute

     

    Il m'a fallu près de deux mois pour y arriver, deux mois loin de mon « chez moi » que j'avais déjà trouvé sans le savoir alors que je le cherchais ailleurs, dans des endroits extraordinaires, lieu que je rêvais. Ce n'est pas très long ces deux mois en soi, certains mettent toute leur vie à le découvrir et se leurrent jusqu'à leur mort. Il est des natures qui ne savent pas être heureuses, qui ont peur du bonheur, qui désirent ce qu'elles n'atteindront jamais de par cette angoisse qu'elles ont au ventre. C'est humain en somme.

     

    Ce ne sont pas le seuls, les spécialistes du « travail du négatif », la plupart des primates lamentables, des grandes personnes s'imaginant être raisonnables qui se traînent sur cette boule de glaise, se leurrent ainsi...

     

    Il m'a fallu ces presque huit semaines dans une métropole méridionale exemple de la « mondialisation heureuse » ou se voulant telle, Toulouse, où les nationalités et les origines, les religions et les cultures se mélangent dans un « grand tout » sans forme, un groupe bien vague. Ce n'est qu'un décor de théâtre frelaté, sans âme, de la comédie vaguement humaniste. Certes, toutes les origines issues de la « diversitude » s'y mélangent apparemment sans heurts, mais ce n'est qu'en troupeaux de consommateurs hébétés flânant des heures dans les centres commerciaux géants en bordure de ville.

     

    A Évreux, petite ville de Normandie, une petite ville un peu perdue entre Rouen, Caen, et Paris, trois capitales régionales toutes proches, les habitants manquent parfois un peu d'ouverture, ils sont un rien méfiants. Mais il y a encore une identité, et en particulier une identité française marquée où l'équilibre des relations entre chacun est encore un tout petit peu un idéal, y compris pour les nouveau arrivants qui tentent de le respecter eux aussi, qui y tiennent même s'il en est qui bien sûr voudraient bien en finir avec l'histoire et la culture communes aux provinces et à Paris.

     

    Évreux est préservée encore de tous ces dégâts, encore paisible, éloignée de ce salmigondis syncrétiste très vague même si petit à petit, elle devient comme ces sous-préfectures qui sont autant de non lieux sans âme, son centre mourant à petit feu par suite de décisions politiques hasardeuses de « seconds couteaux » parachutés entre deux vacances de « maroquin » ou de « ronds de serviette » à l'assemblée.

     

    A Toulouse il est midi presque toute l'année, le ciel est d'un bleu piscine presque constamment, il fait beau comme dans les publicités et les films commerciaux hollywoodiens, un beau temps de cauchemar climatisé et ripoliné. A Évreux, il y a des saisons, des jours plus frais, plus gris, des feuilles rousses sur le doux tapis des petits jardins encore protégés dés la mi-septembre. Et le « mondialisé heureux » se sent encore plus enclin à la docilité sans remords, à la soumission consommatrice, à l'esclavage envers les gadgets électroniques parfaitement inutiles qu'on lui enjoint d'acheter absolument pour être considéré dans cette société bien dégoûtante en elle-même.

     

     

    L'esclave consumériste aimant fantasmer sur les rayons sans fin déteste la pluie, les nuages et le ciel parfois un peu gris, cela le rend triste se dit-il et lui fait considérer la vacuité de ses aspirations avec un tout petit plus de lucidité. La pluie l'incite à l'introspection, à réfléchir sur lui-même, et il déteste cela. Comme il n'en a pas l'habitude, cela lui semblera presque anormal. Dans les petites villes qui ne sont pas des « villes-mondes » selon le terme d'Anne Hidalgo, qui parlait de Paris Pantruche, des endroits préservés comme Évreux, il s'ennuie, il ne sait pas comment occuper ces moments seulement pour lui-même, il ne sait pas être seul, il préfère la foule, elle le rassure.

     

    Après tout tant mieux, ces endroits encore un peu paisibles restent préservés quelques temps encore...

  • Paris mon autre terre sainte

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    Alors que je vais bientôt quitter Evreux...

     

    Pour évoquer Paris, rien de tel que de montrer son "ventre" (image prise ici)

     

    Le-lexique-alimentaire-dans-Le-ventre-de-Paris-DEmile-Zola-Realisme-et-metaphore49.png

    Cela fait plus de trente ans que Évreux est en quelque sorte mon port d'attache non désiré. J'y ai fait des rencontres extraordinaires, j'y ai vécu des moments inoubliables mais cependant je ne m'y suis jamais senti chez moi, ce n'est en somme la faute de personne, pour les uns j'étais un « parisien », une pièce rapportée. Et quant à moi j'ai toujours eu horreur de ce sport provincial qui concerne surtout les sous-préfectures complexées et les préfectures coincées entre deux métropoles régionales comme Évreux : le ragot, la malveillance grande ou petite envers le voisin, une manière de se protéger de l'intrus peut-être, celui qui remettra en cause les habitudes étroites que personne ne songe même à contester, ces habitudes qui encouragent au confort intellectuel. On dit du mal car on s'ennuie un peu mais on ne sait pas trop quoi faire d'autres alors que les rues se vident dix-huit heures passées...

     

    Il faut avouer que je n'ai pas fait beaucoup d'efforts étant amoureux fou de Paris, et un peu plus tard des villes de Terre dite Sainte : Jérusalem, Tel Aviv, Ramallah et Haïfa ; Paris est libertaire, elle a l'esprit large, elle m'a pardonné de partager mon amour et d'être volage...

     

    Chaque personne à son « chez soi », un endroit où elle se sent instantanément chez elle, une terre sainte en somme (d'où le nom du blog ami lecteur, tu remarqueras la subtile allusion). Il y a beaucoup de clichés sur ce genre de lieux, beaucoup le voit bien comme dans la vision archétypale d'un créatif de pub : une maison « Monopoly » avec des volets rouges comme dans un dessin d'enfant, un chien, un garage et un petit bout de jardin dans un lotissement à « la campagne », un rêve « rurbain ». Le « chez soi » avouable dans notre société se doit de ressembler à ce "chromo" un peu mièvre. Ils ne sont pas nombreux ceux qui voient la poésie dans les villes, dans le béton, sur le bitume...

     

    Quand on ressort d'une longue lignée de pigeons voyageurs qui s'adapte partout faisant à Rome comme les romains, en Palestine comme les palestiniens, en Israël comme les israéliens, en Touraine comme Rabelais et dans le Nord comme un authentique descendant de mineur de fond, on a envie de bouger, de changer sans cesse d'adresses, on rêve de chambres d’hôtels différentes chaque nuit, jamais au même endroit par peur de se lasser. Longtemps j'ai eu des « fourmis dans les jambes » qui m'incitaient à sans cesse bouger, à tout goûter, tout voir, aller même dans les quartiers où vivent les « classes dangereuses », à humer les parfums des rues cosmopolites où l'on entend toutes les langues de la terre.

     

    L'on a tendance en tant que « pigeon voyageur » à mépriser ces bourgeois sédentaires incapables de sortir de leur bled, de leur trou, de leur quartier puis vient un âge où l'on a envie malgré tout de poser ses valises une fois pour toutes, de se fixer dans une de ses terres saintes. Cela n'interdit pas de continuer à découvrir de nouveaux continents pour son imagination et ses rêves d'évasion le réel étant bien souvent tellement plat et médiocre pour ceux qui ont un peu trop de sensibilité, bien que se rappelant à eux lorsqu'ils passent la quarantaine : ils ont besoin de lunettes pour lire leurs livres, doivent hausser le volume lorsqu'ils regardent un film, sont fatigués quand ils se couchent trop tard et ce qu'il croyait un os s'avère parfois moins apte à la raideur.

     

    image ci-dessous prise là 

     

    société,politique,paris,province,chez moiMoi qui ne fait rien comme tout le monde et qui aime bien me faire remarquer, dit-il modestement, mon « chez moi » n'est pas du tout comme ça, mes vallées profondes sont des artères bruyantes, pour aller en haut de la colline dont je rêve on prend un funiculaire, mon autre « terre sainte » est parisienne. Je m'y sens chez moi partout, de Saint Germain des Prés au quartier Beaubourg, de l'Opéra à Montmartre en passant par le Quartier Latin ou le Palais Royal. Alors certes, Paris a changé, n'est plus tout à fait la même que lorsque j'avais vingt ans, la bobolisation qui est aussi un genre de provincialisation, le bobo étant un péquenot parvenu qui singe ce qu'il croit être les manières « chics » à la parisienne, a colonisé peu à peu tous les quartiers de la capitale, imposant également une provincialisation des habitudes : pas ou peu de vie nocturne par exemple, ou alors organisée selon la « doxa » festiviste. Il reste cependant encore quelques lieux préservés, des refuges pour les âmes éprises de liberté et peu enclines aux réjouissances collectives imposées par l'autorité.

     

    Que je me sente, comme d'autres chez moi à Paris est incompréhensible, de toute éternité, du moins depuis que Lutèce existe, on en dit les mêmes bêtises "c'est beau, j'aimerais bien visiter mais je pourrais pas y habiter", "les parisiens y sont stressés" etc. Et puis il y a trop de voitures, des immeubles trop hauts, de la pollution et trop de monde dans le métro où l'on ne se salue pas en respectant la préséance sociale.

  • L'UMP déjà déplorable...

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    L'UMP est déjà déplorable (autant que ses simili adversaires socialistes) une semaine à peine après sa victoire électorale apparente aux municipales dont le vrai vainqueur est surtout le FN. C'est exactement le même mépris du pays réel, la même déconnexion des « vraigens », et les mêmes manies déplorables dont le clientélisme électoral n'est pas la moindre, et surtout c'est le même esprit socio-libéral ou libéral-libertaire ce qui revient au même le tout enrobé dans le même européisme déplorable et béat alors que monsieur Trichet s'inspire plus de Milton Friedmann et son fiston que du discours de Victor Hugo sur son rêve des états unis d'Europe. 

     

    sur-le-site-logonews-fr-on-decouvre-un-logo-de-l-ump-remanie_479714_510x255.jpg

    Les ténors de l'UMP, ceux en particulier réélus maires, se placent déjà sur les rangs pour les "Présidentielles" de 2017, ils s'y voient déjà, comme Juppé, voire Bayrou (mais dans le cas de Bayrou ça fait rire tout comme Copé qui n'a pas saisi qu'il était très impopulaire)...

     

    Les dirigeants nationaux comme locaux n'ont strictement rien compris. Pour eux, on est dans l'alternance habituelle, le balancier qui va des socio-libéraux aux libéraux-libertaires d'une élection à l'autre. Dans les conseils municipaux, on les voit revenir avec leur cour, leurs copains et coquins, leur clientèle et leur avidité de profiter comme les précédents équipes Péhesse du gâteau ou plutôt des miettes du gâteau de ce qui reste des institutions françaises. Ils ne s'inquiètent même pas de s'intéresser au débat démocratique, ils consultent leurs « smartfônes », téléphones appelés « intelligents » à juste titre car ils le sont de plus en plus à la place de leurs propriétaires.

     

    La préoccupation de la politique et du Bien Commun sont bien loin derrière leur avidité et ne sont sûrement pas leur souci premier, sans parler de l'intérêt du pays, des valeurs communes dont ils se fichent complètement et ce malgré les bonnes intentions qu'ils continuent de claironner...

     

    Les maires commencent par placer les militants méritants, l'on oublie déjà les bonnes résolutions, les décisions sont prises avant les votes, pourquoi même se fouler encore à votre d'ailleurs ? On se laisser mener par l'illusion que les électeurs ont voté pour vous pour des idées et un programme, alors que leurs motivations sont parfois beaucoup plus prosaïques, triviales et que beaucoup ont perdu de par l'exemple déplorable que montrent les édiles le sens de la démocratie à l'exception de quelques personnes de qualité comme à Evreux Olivier Lepinteur que je salue ici..

     

    Ainsi à Évreux, ma bonne ville, c'était juste car la circulation des voitures dans le centre a été contenue par le précédent mère, or, en province, la bagnole reste un objet d'ostentation sociale, que l'on montre, que l'on utilise pour faire dix mètres, quelqu'un se déplaçant à pieds n'étant ni plus ni moins considéré que comme un « va-nu-pied », invoquer le fait qu'un centre-ville libéré des voitures c'est plus joli, plus agréable à vivre, et que ce n'est ni de gauche ni de droite, en province c'est être un affreux « bobo » parisien alors que c'est juste du bon sens.

     

    Avec le retour de l'UMP on assiste aussi au retour des franc-maçonneries provinciales comme le « Rotary » ou le Lyonsse Cleube, et ses « jeûûûnes » teeellement dynamiques. Dés samedi, il y a deux jours, à Evreux, il commettait vraiment une action « estraordinaire » ma « bonn' » dame, en gonflant des ballons à l'hélium pour deux euros, soit-disant pour aider à guérir les chtits n'enfants n'africains de la lèpre, ballons ensuite « libérés », celui volant le plus loin, avec le nom de son propriétaire accroché à un fil, gagnant un voyage dont je me suis laissé dire que le prix eût constitué un don considérable pour les pôvres chtits n'enfants. Les parents venant chercher leurs rejetons, c'était un festival d'indécence et d'ostentation, c'était à qui exhiberait la plus grosse, je veux parler de voitures « tout-terrain » le tout sur fond de musique « techno » abrutissante (pléonasme).

     

    Le vrai courage politique consisterait à faire justement véritablement de la politique au sens exact du terme, à savoir s'occuper d'abord des affaires de la cité, de ceux qui ont besoin d'aide, des logements, du prix des loyers, des ventes, d'une gestion fiscale équitable, d'une administration sans démagogie qui ne tiennent pas compte des desiderata parfois absurdes et ubuesques des « communautés » autoproclamées, mais de l'intérêt de tous...

     

    Ce qui suppose le sens du devoir envers les autres certes, sens considérablement perdu dans notre « société individualiste de masse »... (dixit Dominique Wolton pour le terme que je trouve très pertinent ici). Aueu moins cette "victoire"' de l'UMP a-t-elle eu au moins le bénéfice de virer des équipes de "bobos" sociéto-idéologiques de gôche pour beaucoup incompétents...

     

    image prise sur le site du "Midi Libre"

  • Le vote FN est-il anti-démocratique ?

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     Depuis dimanche soir et la claque prise par la gauche sociéto-libérale, les états-majors, et les militants Péhesse, de Nadjate au citoyen bobolutionnaire de base nous rechantent exactement et précisément les mêmes refrains que celui qu'ils entonnent à chaque élection depuis que le FN a commencé à faire partie du paysage politique français, depuis les européennes de 1984 en particulier :

    politique, FN, PS, UMP, société, hypocrisie

    C'est un vote « sanction » (qui dure donc, croît et embellit depuis 30 ans), un vote « sanction » « qui exprime une colère que l'on a entendu », selon les éléments de langage en usage, celles et ceux les utilisant omettant de rajouter « et que l'on n'écoutera pas comme d'habitude ». Certains artistes con-cernées comme Alice Belaïdi hier au "Grand Journal" en viennent même à l'instar d'Olivier Py aux menaces concernant les subsides que le festival d'Avignon fait rentrer (quand on est une actrice de sitcom ou un metteur en scène confidentiel, se faire passer pour un "antifa" permet de compenser en somme)...

     

    C'est un vote « anti-républicain », je cite et , et un vote voire même « anti-démocratique », l'expression des frustrations de racistes sans cervelle, sans conscience, de « petits blancs » offrant leurs suffrages à des politiques sachant exploiter leur « sentiment d'insécurité » (TM°) (car l'insécurité n'existe pas, ce n'est qu'un « sentiment »), l'insécurité due aux violences, aux agressions physiques et verbales, l'insécurité économique et sociale, l'insécurité scolaire etc...

     

    Non, non, non tout cela serait seulement dans l'imaginaire des votants FN dont le vécu est nié, rejeté, conchié avec brutalité et mépris, on les qualifie de « poujadistes », d'électeurs populistes, il ne faut pas s'étonner qu'ensuite le vote « sanction » progresse et s'installe durablement. Et encore nous ne sommes pas encore aux « Européennes » où le FN pourrait devenir le premier parti de France.

     

    Tu me diras, ami lecteur, une femme comme Nadjate Vallaud-Belkacem qui prétend représenter le peuple en arborant une montre Hermès à 2000 Euros au poignet, soient à peur près deux SMIC, ne sait pas ce qu'est le réel des précaires qui se foutent de la « diversitude » et qui aimeraient seulement qu'on les considère de temps à autres juste un petit peu au lieu de les ignorer car ils ne font pas partie de minorités « visibles » et agissantes qui multiplient les coups de canif dans le contrat social depuis des décennies, sans parler des coups de canif dans l'unité nationale assénés depuis 1958 au nom de grands idéaux censés soutenir la politique concrètement monétariste et hyper-libérale, et la cause essentielle de la course à l'abîme vers lequel le pays se précipite du fait de politiques toutes plus désastreuses les unes que les autres, qu'elles soient libérales-libertaires ou sociéto-libérales...

     

    Loin de s'en émouvoir, dans la gauche sociéto-libérale, on feint toujours de croire que ce sont les catholiques qui favorisent les « mariages arrangés », comme dans le clip avec Julie Gayet ou dans la bouche pulpeuse de Nadjate, que ce sont eux qui attaquant le plus la laïcité, qu'il faut leur opposer un « rire de résistance » ainsi que le prétendait le Trissotin bobo Jean-Michel Ribes, cathos donc d'une grande dangerosité bien que sécularisés depuis quelques siècles déjà et tellement timides encore pour la plupart dans l'affirmation de leurs convictions et de leur Foi.

     

    Est-ce donc un vote « anti-démocratique » alors ? C'est plutôt tout le contraire. Du fait du matraquage constant, de la moralisation à tout crin des médias, des politiques, des éditorialistes, des « grandes » consciences, des écrivains et « artistes » engagés et con-cernés, on aurait pu croire que le vote FN allait finir par se marginaliser pour de bon et que les citoyens votant pour ce parti et ses représentants allaient continuer à se sentir coupables et ne pas l'avouer aux sondeurs comme cela arrivait souvent dans les années 80-90. Les électeurs FN sont vraisemblablement de plus en plus étanches aux discours moralisateurs que l'on ne cesse de leur opposer et votent selon leur réflexion personnelle face à la situation et ce même si d'aucuns estiment « qu'ils se trompent de colère ».

     

    Si ce vote est « anti-démocratique » ou « anti-républicain », amis moralisateurs, soyez logiques, demandez l'interdiction du parti de la famille le Pen (qui en est finalement le principal problème), demandez l'annulation du vote de dimanche, allez jusqu'au bout de votre raisonnement au lieu de pleurnicher devant les caméras...

     

    illustration prise ici

  • Evreux-Clochemerle sur PS c'est la France

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    politique, Champredon, Evreux, société, PS, Fdg, UMP, municipalesJ'ai été invité ce matin à la réunion de campagne de Michel Champredon, notre maire d’Évreux, par un correspondant bien intentionné mais qui se méprend sur moi et sur ma perception de choses, oubliant au passage certaines appétences dirons-nous, et tribulations de notre édile locale (que le Très Haut, le Tout Puissant le Miséricordieux l'ait en sa Sainte garde !). Non, franchement, (voir fig 1 en haut à droite), est-ce que j'ai une tête « de gauche » ? Enfin de gauche, concernant Champredon (voir fig 2 en bas à gauche) et le Péhesse, de sociéto-libéral...

     

    Une autre de mes correspondantes m'a encouragé à écrire sur le sujet, elle a plus confiance que moi en mes textes car vois-tu ami lecteur je suis une pauvre petite chose fragile en fait derrière cette cuirasse de causticité (encore une pirouette d'ailleurs), qui doute sans cesse de lui.

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  • Ma parisianité

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    P1020179.JPGJe suis arrivé à Évreux en 1984 avec mes parents, après sept ans passés à Vernon. Dés cette époque, j'ai commis deux graves impairs, je ne suis pas devenu ami avec les rejetons et rejetonnes des adultes exerçant la même profession que mon père, ce qui est la règle en province, et particulièrement dans les petites villes complexées par les grandes comme Évreux, et pire encore je me suis lié avec les « réprouvés », les « mal vus », ceux dont les géniteur avaient mauvaise réputation pour diverses raisons, ce qui est très grave dans ma bonne ville d’Évreux entre autres atteintes importantes aux us et coutumes. Pourtant mon père étant pharmacien, j'aurais pu rester sur les rails, et prétendre à mon âge actuel à une bonne place au « Rotary » du coin ou au « Lyon's Club » .

     

    Autre impair gravissime, je n'ai jamais étalé l'argent de mon père et n'ai jamais essayé de profiter des réseaux de la bourgeoisie de province alors que là encore c'est la coutume, car ce sont les deux seules choses vraiment respectées ici, les « rurbains » ou les habitants de résidences « Monopoly » florissantes dans les « banlieues » de l'Eure, dont Evreux est le chef-lieu, cherchent à tout prix à se consoler de leurs complexes ou à les compenser en tentant d'obtenir un statut social qui leur assure la « bonne renommée » qui la seule garantie d'un vrai succès social selon eux.

     

    Cerise sur le gâteau, horreur, malheur, j'étais « de Paris » (Paris de toutes façons commençant à Evreux au panneau de sortie de la ville tiens-je à préciser), et je n'ai jamais renoncé à mon identité parisienne, non pas que j'en tire une gloire ou vanité, mais c'est mon identité, tout comme d'autres la situeront en d'autres lieux. Mes paysages de rêve sont des vallées d'immeubles, oû court la source souterraine du métro, la nuit si j'aime aussi regarder les étoiles, j'apprécie d'admirer la beauté de Paris-Pantruche, ma ville, la nuit. Et mon village d'enfance est une friche de béton...

     P1000883.JPG

    Il est pourtant des identités dont, en France, on n'a pas le droit de se réclamer, à moins d'être immédiatement conspués, injuriés, traînés dans la boue, méprisés selon des préjugés ou des lieux communs qui ont la vie dure, que ce soit pour les adultes, les adolescents ou enfants. Se dire de telle ou telle province, telle ou telle région, est bien perçu, cela donne un côté authentique, vrai, à la personne invoquant son origine, c'est un « vraigen », quelqu'un de vrai, de « simple », de proche des autres.

     

    Sans prétentions, quelqu'un de bien.

     

    Par contre, se dire parisien, être reconnu, et désigné à la vindicte provinciale, comme tel c'est risquer l’infamie en quelque sorte, être soupçonné de vanités diverses et variées, ou d'être un bourgeois si en plus on cumule en étant bien élevé et d'abord facile.

     

    Les parisiens sont forcément arrogants, vaniteux, imbus d'eux-mêmes, snobs, faussement cultivés, cyniques, et bien entendu ils sont tous hormosessuels ou presque, cela va sans dire, et, ou pervertis par la ville tentaculaire et tentatrice qu'est Paris. Notons que le provincial qui habite la capitale se met à singer les comportements de ce qu'il estime être la vraie « parisianité » (« parisianitude ») qu'il réduit finalement à la « bobolitude », ce qui n'est pas pareil.

     

    Voire même il n'y aurait plus de vrais parisiens...

     

    Le provincial « arrivé », qui croit enfin ses complexes résorbés, habitant Paris, curieusement sera en recherche d'une pseudo-authenticité de pacotille, d'exotisme de carte postale, fût-elle virtuelle. Il n'hésitera pas à risquer le ridicule en recommandant l'achat de fruits et légumes qu'il s'imagine originaux, car on mange les mêmes à New York, (New York fascinant le péquenot bobolisé), ainsi qu'on peut le lire dans le livre de « Bobo pride » de Thomas Legrand et Laure Watrin, sorti dernièrement.

     

    P1020170.JPGOn s'étonne (NB : enfin quand je dis « on s'étonne », non, car au fond rien n'a changé) qu'à l'ère d'Internet et du TGV de telles inepties surnagent encore dans l'inconscient collectif de ce pays qui voit sa campagne comme dans une pub pour du jambon en sachet. Mais que ce soit dans la -jolie- bouche de Scarlett Johanson, dans celles d'éducateurs pourtant intellectuellement formés, du moins en théorie, l'on entend ces phrases prononcées je pense depuis que Lutèce est devenue la capitale des Gaules. J'ai beau y être habitué, cela m'effare à chaque fois, tant d'étroitesse d'esprit :

     

     

    « Paris c'est beau, c'est bien à visiter, mais les parisiens sont trop stressés car c'est trop grand ! Les parisiens sont malpolis, ils ne disent jamais bonjour ! Ils bousculent dans la rue ou dans le métro etc et « ad nauseum »... »

     

    Les photos illustrant l'article sont de l'auteur (TM°)

  • En attendant les municipales , (entre autres), à Evreux...

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    201309175237b9d4c2fa4-0-599368.jpgAux municipales se profilent à n'en pas douter des combats de titans dans la plupart des villes de France, en particulier en province, de la polémique politique de haute volée. Et finalement l'on s'aperçoit que les provinciaux de 2014 sont les mêmes que ceux décrits par Simenon ou Maupassanyt, nonobstant quelques gadgets électroniques en plus. Ainsi à Evreux, ma bonne ville d'Evreux que j'aime tant, où l'on constate que même à un niveau microcosmique, voire microscopique, les grotesques et les hypocrisies, l'endogamie endémique, sont exactement les mêmes qu'au niveau national et où ici comme ailleurs l'on ne reconnaît que deux choses :

     

    L'argent, le statut qu'il implique dont la possession d'une grosse voiture et d'une belle maison, et les réseaux liés au pouvoir, que ce soit à gauche comme à droite voire la droite catholique (à la messe dominicale, l'on se salue sur le parvis selon la préséance au Rotary par exemple).

     

    Et bien entendu, tout corps étranger à Evreux qui y arrive le reste à vie...

     

    A lui de montrer sa « bonne volonté » en étalant son pognon et son réseau et là peut-être qu'un jour il peut espérer être admis à être considéré comme étant ébroïcien ! Bien sûr dans le cas contraire, qu'il ne s'attend pas au tapis rouge !

     

    Personne n'y trouve à redire au fond. Les pseudo-dynasties de notables du coin, voire de notablets en somme, se succèdent, accordant leurs faveurs à leurs protégés qui au conseil général de l'Eure parfois pour des missions que tout le monde reconnaît comme parfaitement bidons, mais ça n'a pas d'importance, on fait mine d'y croire, qui dans les municipalités environnantes ou au centre où la méritocratie républicaine est un très lointain souvenir ainsi que dans de nombreux autres lieux il est vrai, ce qui n'excuse rien...

     

    Bien sûr au bas de l'échelle, et quel que soit le parti, à l'exception de quelques personnes sincères, hommes et femmes de bonne volonté, dont à gauche mon ami Gérard Silighini, l'on trouve les naïfs habituels, les candides qui se font exploiter jusqu'à la moèlle et l'indécence par les appareils locaux qui n'ont aucun scrupule ni remords à le faire, les pauvres cocus qui l'ignorent et continueront à l'ignorer je suppose, hélas.

     

    Au PS, les « tracteurs » et « metteurs dans les boîtes » sont toujours les mêmes personnes, il y a le/a confident/e du/de la roitelet-te local/e qui dirige les opérations, faisant mine de participer à l'effort collectif en déposant deux ou trois papelards dans un hall d'immeuble, et ceux qui obéisssent et font le reste, en l'occurrence deux personnes pourtant lourdement handicapées, un homme et une femme, qui croient y trouver une légitimité n'en croyant pas leurs yeux et leurs oreilles déjà que les confidents des grands personnages du coin aient la gentillesse insigne, on se rend à peine compte de leur générosité !, de s'adresser à eux.

    Qu'ils n'espèrent pas un poste quelconque ou une aide à l'embauche, ceux-ci sont réservés à la progéniture des confidents et des édiles locales : tel fiston aime les BD, il s'occupera de ça à la Médiathèque, tel autre va beaucoup au cinéma, il gère les dévédés et ainsi de suite ; c'est une hiérarchie que tout le monde admet sans jamais la reconnaître vraiment mais qui existe bel et bien.

     

    Il y a déjà six candidats en lice pour la mairie d'Evreux, des titans rappelons-le, préfecture de l'Eure souffrant de plusieurs complexes d'infériorité du fait de la proximité de trois métropoles régionales d'importance : Rouen, Paris et Caen, et il faut bien dire qu'il ne s'est jamais passé grand chose d'historiquement passionnant à Evreux, si l'on excepte une ou deux aristocrates qui y mettaient les pieds une fois de temps en temps pour se reposer du tumulte de la vie parisienne, aristos qui ont encore le droit à leurs noms de rues ce qui est là encore paradoxal dans une ville où chaque candidat déclaré s'affirme partisan de l'égalité, la fraternité, toussa....

     

    On a donc un coquelet national de l'UMP, Bruno Lemaire qui tente de rééditer l'exemple de Jean-Louis Debré (se faire élire chez les ploucs en attendant mieux au niveau du pays, par exemple un maroquin en 2017), et son adjoint local et caution ; Guy Lefranc, qui se tape la corvée des marchés à la place du chef, un rebelle de l'UMP, Jean-Pierre Nicolas, qui semble persuadé que porter des pantalons de couleur vive donne du charisme à qui en a peu, le maire sortant, Michel Champredon , notre Bertand Delanoé à nous, qui rêve d'une SMAC pour marquer de son empreinte son mandat, qui a lui aussi autant de charisme qu'un mormon dépressif atteint de paralysie faciale.

     

    Il y a aussi Rachid Mammeri dont on espère qu'il n'est pas seulement un alibi « issu de la diversité » pour rassembler le vote des « quartiers » d'Evreux, la Madeleine et Nétreville au premier tour, des « citoyens » qui proposent « d'oser la citoyenneté » menés par François Bouillon qui va encore le boire, et la liste de Thierry Desfrenes qui nous popose d'être vraiment à gauche, sans oublier Emmanuel Camoin pour le Front National lui aussi des plus charismatiques...

     

     

    La plupart tout comme leurs partisans se fichent bien au fond de ce qu'il pourrait apporter localement à la politique. Non, il s'agit de parachever un cursus logique en province où l'appartenance à telle ou telle catégorie sociale, dynastie départementale, et j'en passe implique d'accéder à un mandat politique pour asseoir son statut et celui de sa famille, maintenir sa bonne réputation, ce qui est fondamental à Evreux où le ragot insane et putride est roi.

     

    image tractage sur le marché d'Evreux, "paris normandie" du 17/09/2013

  • Les nouveaux rustres

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    politique, société, maupassant, littérature, péquenots, rustresIl existe à gauche comme à droite des nostalgiques de « lothentique » (TM° Marcel Pagnol dans « Manon des sources »), d'une ruralité rêvée et idéalisée d'un monde qui aurait été plus vrai, plus écologique, plus sain et plus moral, cela va des « rurbains » pendulaires en pavillon « Monopoly » (TM°) à certains réacs en pantalons de flanelle et veste en « touide », tous évoquent une paysannerie fantasmée dont ils n'ont jamais fait partie comme idéal social comme si « la Terre qui meurt », le pensum sentencieux et didactique de René Bazin (on peut lui préférer dans les écrivains réputés « infréquentables » Drieu ou Chardonne qui sont moins désuets), ou « la Terre qui ne ment pas » d'Emmanuel Berl étaient de leurs livres de chevet.

     

    Je m'étonne souvent d'entendre des bonnes gens s'affirmant progressistes de progrès ayant finalement le même point de vue sur le monde actuel que les soutiens du Maréchal Pétain pendant Vichy.

     

    Ces pleureuses et pleureurs ridicules représentent un marché juteux pour les marchands de souvenirs en vacances car il suffit de coller l'étiquette « vrai » ou « fabriqué à la maison », ou « bio » sur n'importe quelle merd...camelote pour la leur faire acheter trois fois plus cher qu'en ville. Le touriste « bio », le « rurbain » con-cerné par le développement durable, le bobo rural somme toute, est une mine d'or pour les ambitieux à la campagne, une manière de faire son beurre plus efficace que rester agriculteur ou éleveur.

     

    Qu'ils relisent donc Maupassant ces pleureuses et pleureurs qui montre dans ses contes que la vie rurale était loin d'être idyllique, qu'elle était même marquée au coin par la sottise et l'avidité autant que dans la ville « corruptrice », la ville la plus « corruptrice » étant encore Paris qui révulse et fascine à la fois les nouveaux rustres. Ami lecteur, j'ai parlé de Maupassant, mais si enlève les « smartfônes » des mains des nouveaux rustres, qu'on les habille en vareuses, blouses, ou tabliers, l'esprit est le même et rien n'a beaucoup changé malgré tous les gadgets électroniques censés ouvrir au monde.

     

    Une chose assez curieuse que j'ai souvent remarqué : des gosses des campagnes qui vont sur Internet où ils ont accès à des paysages du monde entier regardent toujours, ou presque toujours, des photos ou diaporamas de leur bled, de leur village, ne voient pas pourquoi ils iraient regarder ailleurs, comme si il n'y avait plus d'ailleurs puisqu'ils vivent dans un présent perpétuel tout en restant aussi étroits d'esprit, aussi bornés que les caricatures que l'on faisait des paysans auparavant.

     

    Ce sont encore des personnages des « contes de la Bécasse » à qui l'on a à faire, des rustres donc aussi grossiers que dans « Noce normande », voire beaucoup plus, car ils ont certes perdu entre-temps quelque chose que leurs ancêtres possédaient réellement quant à eux et qui était le sens de la communauté, de la nation et quelques valeurs communes un peu plus élevées que la recherche narcissique, la plus égoïste de la satisfaction immédiate de ses désirs les plus vils, les plus abjects. Ils ont gardé le pire de la ruralité :

     

    Le népotisme, le copinage, les ragots putrides, les commérages les plus bas, le respect exclusif de l'argent et du statut social, l'ostracisation des personnes hors-norme, les rancunes tenaces. On parle beaucoup de « téléphone arabe » pour évoquer ces rumeurs galopantes qui tiennent du « bouche à oreilles » foudroyant, l'on devrait plutôt dire « téléphone rural ».

     

     

    La cerise sur le gâteau dont je couronnerai bien ces nouveaux rustres est qu'en plus ceux-ci méprisent cordialement la ruralité, la paysannerie et tous les métiers liés à la terre, et qu'ils sont tous plus complexés les uns que les autres quant à leurs origines rurales qui pour eux sont innommables. Ils se rêvent en « meussieurs », en « dames », en « stars » même pour des prunes comme celles de la « téléréalité », et ce sont eux qui alors fantasment sur une urbanité qui n'a jamais existée, sur l'Amérique aussi, une Amérique qui n'a jamais été réelle ailleurs que dans les feuilletons à l'eau de rose, en bons larbins qu'ils sont.

    image prise ici

    Ci-dessous le début de "l'enfant" de Claude Santelli d'après Maupassant, une des meilleures adaptations de l'écrivain

  • Y-a-t-il des handicapés du cœur sur Facebook (TM°) ?

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     Tous les vendredis, en descendant de la gare de ma bonne ville d'Évreux, je passe devant un foyer de personnes handicapées, et à chaque fois, je dis bonjour à E. un jeune homme 2012112350aed4f398906-0-478959.jpgmince et un peu dégingandé souriant de toutes ses dents, des lunettes épaisses sur le nez, vraisemblablement débile léger, qui se mettant à sa fenêtre dit bonjour à tous les passants qui passent devant lui en faisant de grands signes des bras, des moulinets très larges pour attirer l'attention.

     

    Je lui demande des nouvelles, ce qu'il a fait la semaine. Je suis un de ses « habitués ». Il m'a dit qu'il n'avait pas le droit de sortir, car il se ferait du mal et qu'il est un peu triste et que c'est pour ça qu'il a envie de parler avec les gens dans la rue.

     

    Il fait comme sur Facebook (TM°) pour se faire des amis, mais dans la « vie réelle », je ne suis pas certain d'ailleurs qu'il connaisse le réseau social, il « poke » et dit bonjour à tout le monde mais se heurte quand même souvent à des murs réels ceux-là et non virtuels. Il faut dire aussi à la décharge des passants qu'il n'a pas le physique ou l'attitude modeste d'un handicapé « comme il faut », tels qu'on en voit dans les médias au moment du « Télécon » (TM°) ou autres manifestations lacrymales de festivisme pseudo-caritatif à alibi que l'on nous ressert avec des gros sabots, voire des semelles orthopédiques.

     

    D'aucuns parmi les passants sont des personnes importantes, merde quoi !, des gens affairés, qui sont dans des conversations de haute volée sur leur « smartfône » ou bien plongés dans de profondes méditations spirituelles de retour d'un grand magasin ou d'une officine spécialisée en téléphones dits portables « dernier cri ». Ils ont déjà des centaines d'amis sur « Facebook » et tous les jours ils ont des dizaines de SMS à envoyer à leur réseau via leurs substituts masturbatoires que sont leurs téléphones...

     

    Ceux-là qui ne sont rien d'autres que des croquants et des croquantes se sentent toujours agressés par les tonitruants « salut » de E., ils réagissent souvent avec l'absence de finesse et d'élégance caractérisant ce genre d'individus dont le vernis craque vite. Sous le personnage mis en valeur virtuellement et dans la vie, sous le « louque » ostentatoire apparaît bien vite apparaît bien vite le connard bien ordinaire :

     

    « Qu'est-ce qu'il veut ce débile ? » ou « Je le connais même pas ce taré ! ».

     

    Un soir, l'un d'eux, un "jeune" "issu de la diversité" se croyant encore plus malin et voulant récupérer devant ses copains son prestige terni par les interpellations de E. lui lança :

     

    "Qu'est-ce que tu veux taré ? Descend me voir si t'es un homme ?!"

     

    E. a alors fermé sa fenêtre et son sourire,  a éteint la lumière de sa chambre ce qui a paru satisfaire la bouture de milicien qui s'est retourné triomphalement vers ses copains, les "checkant" (c'est du langage "djeuns" ami lecteur, une sorte d'accolade). Les mêmes dans d'autres circonstances seront les premiers à dénoncer l'ostracisation qu'ils subiraient, mais il n'y a bien que celle-là, au moins pour ces "jeunes", qui les intéressent...

     

    Certains parmi les plus abjects le prennent en photo sur leur « ailfône » afin de le mettre sur leur « statut » Facebook (TM°) ensuite. A coup sûr, cela fera rire -grassement- leurs « friends » qui « likeront » l'image auant qu'ils peuvent. E. s'en fout d'être pris en photo, ils ne voient pas le mal, ne distinguent pas les attentions malveillantes des croquants et des croquantes qui se moquent de lui. Les mêmes au moment du « Télécon » (TM°) pleurnichent et participent aux « actions », également parfois par envie de passer à la téloche car ces « bonnes actions » sont bien entendu filmées afin de laisser croire aux croquants et croquantes qu'ils sont des personnes intéressantes.

     

    photo, résidents du foyer François Morel (photo du 23/11/2012 sur Paris Normandie)

  • Les catholiques français ont-ils toujours peur de l’être depuis « la Manif pour Tous » ?

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    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours MauricetteIl y a quelques mois « la Manif pour tous » pouvait laisser espérer un réveil politique des catholiques, bien tardif, mais un réveil malgré tout après des décennies de somnolence coupable, de repentances diverses et multiples parfois même sans objet, d'aucuns parmi les catholiques les imaginant indispensables pour se faire accepter du reste de la société. Certes, la loi sociétale à l'origine de la colère de ces citoyens comme les autres en principe n'est qu'un détail parmi d'autres de la dégénérescence libérale-libertaire de notre société, mais parfois il suffit d'une étincelle, ou de ce genre de détail pour que les personnes n'en puissent plus et refusent d'encaisser sans broncher les coups portés à leur foi, leurs convictions profondes.

     

    Bien sûr, c'était encore bien timide et voire même bien maladroit ; il y avait Frigide Barjot lançant à la foule des « Manifs pour tous » : « les homos on vous aime », ce qui allait de soi pour la majorité des chrétiens présents dans les cortèges, ce qui n'était même pas une question, il y avait tous ces manifestants bien sages affirmant presque apeurés qu'ils n'étaient pas si catholiques que ça, et que surtout surtout ils n'étaient pas exactement de droite en se définissant, je cite, comme « apolitiques » ou « sans étiquette ».

     

    Des maladresse...


    Il semble que nous soyons encore un tout petit peu dans un pays respectant la liberté d'expression, liberté d'expression qui se conçoit pour les arbitres des libertés et du progrès progressiste quand on va dans le sens qu'ils ont décidé pourtant ils ont mis tous les participants de « LMPT » dans le même sac bien commode des « fachos » bien entendu nostalgiques des « z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire » (TM°). On attend, on attendra vainement je pense, les excuses de ce jeune homme homosexuel qui a subi une agression haineuse et inqualifiable dont il avait attribué un peu vite la responsabilité et la violence aux manifestants derrière Frigide...

     

    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours Mauricette

    Se dire « sans étiquette » ne servait donc à rien puisque de toutes façons, la plupart des z-observateurs et des « belles consciences » conchiait tout les participants au cortège par les mêmes injures et qualificatifs disons rapides.

     

    Le tout laissait espérer un questionnement réel, et salvateur, sur notre société dont les bases sont l'argent-roi, le pouvoir du tout économique et l'égoïsme tout-puissant, avec leurs corollaires que sont le darwinisme social, l'eugénisme en application la chosification du corps humain, celui des femmes précaires qui vendront leur ventre pour la GPA, celui des enfants à naître qui ne seront rien d'autres qu'un objet qu'on s'achète car on en a envie et les moyens. Certains, dans le mouvement initié par Frigide, mais aussi parmi les promoteurs de la loi Taubira ont cru, ou feint de croire, que la GPA n'étant pas dans le texte proposé au vote des deux assemblées, il n'en serait pas question avant des lustres alors que c'est la suite logique, et qui adviendra, de cette mesure encore une fois sociétale et surtout clientéliste.

     

    Ce questionnement aurait pu laisser espérer un mouvement dynamique, une réaction, n'ayons pas peur du mot, un bouillonnement intellectuel et l'union de tous ceux qui refusent les bases iniques de notre société.

     

    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours Mauricette

    Au lieu de cela, nous avons des anciens manifestants de « LMPT » qui appellent à voter NKM à Paris, une des pires représentantes du système, et qui sont dans ses comités de soutien, candidate qui était pourtant clairement partisane du « mariage pour tous ». Nous avons également le mouvement des « Veilleurs » qui est bien sympathique, qui est paisible, mais qui ressemble fortement à un « happening » festiviste qui participe du « Barnum spectaculaire » (TM°). Muray le dit dans « Festivus », au festivisme il faut un ennemi bien identifié, un repoussoir caricatural. La « veille » devrait être finie depuis longtemps, maintenant il conviendrait de se ré-veiller.

     

    Au lieu de cela, nous avons comme d'habitude en France en politique un combat des chefs et des ego chacun prétendant que « c'est l'autre qu'a commencé », chacun s'attribuant la paternité, ou la maternité, du mouvement de masse qui a agité quelques temps la France sans parler de l'attitude déplorable que l'on a pu constater envers Frigide clairement punie par « l'establishment » (TM°), dont elle fit partie un temps, aussi prudente qu'elle ait pu être. Cela : sortir du rang, de l'« habitus » politique normé, il ne le tolère pas, surtout ceux qu'il fait bénéficier de ses mânes. Et les catholiques sont retournés bien camouflés dans leurs églises, chez eux et entre eux dans les grandes célébrations sur-affectives charismatiques dont ils pensent sincèrement pour beaucoup que cela compense le reste...

     

    politique; lmpt,"veilleurs",société,christianisme,ump,ps,nathalie cause-toujours mauricetteQuelques temps la France fut agitée, et eut une réaction, quelques temps seulement, car depuis, excepté quelques irréductibles et « purs », chacun est rentré docilement dans les rails et l'allégeance habituelle...

     

    Espérons seulement que ce ne soit pas pour trop longtemps.

    photos de l'auteur, Amaury Watremez

     

    Post-Scriptum : L'auteur de ces lignes qui a participé à chacune des manifestations a été pris en photo dans la PQR locale, Paris Normandie du 27 mai 2013, ce qui lui a valu d'être immédiatement rejeté, ostracisé dans son quotidien, et j'en passe, encore maintenant, ce qui en dit long sur la capacité de tolérance de celles et ceux qui en font sans cesse la leçon.

    Jean-Paul II le disait déjà en 1978, beaucoup mieux que moi, "N"ayez pas peur"

  • Sur la "liste noire"

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    censure.pngAmi lecteur, en me lisant, tu commets un acte séditieux, sache le, tu es un provocateur politique, subversif. L'heure est en effet très grave, j'ai appris, de source sûre, que mon blog était sur la « liste noire » des sites réputés nocifs de la Médiathèque et de la municipalité d’Évreux, et de Vernon !, des sites « malsains » voire « nauséabonds » que sais-je encore. ..

     

    Ce n'est pas du tout de la censure, pas du tout de l'intolérance caractérisée, et encore moins de la mesquinerie, ou de l'étroitesse d'esprit, il faut bien protéger les jeunes esprits. J'ai donc décidé de changer mon fusil d'épaule tant qu'il était encore temps, n'étant pas de taille à lutter ! (C'est une bonne leçon j'ai quand même la chance insigne de côtoyer régulièrement la responsable départementale pour « l’Égalité des Genres », j'aurais dû comprendre combien je m'égarais).

     

    Depuis que je l'ai appris, je tremble comme une feuille (interdit par la municipalité d’Évreux ! Quand même c'est pas rien !). Mon blog risquerait de troubler le débat politique à Évreux, le combat de Titans qui s'annonce pour les municipales entre Michel Champredon, le Bertrand Delanoé des bords de l'Iton, Guy Lefrancq, jeune coq, et Bruno Lemaire de l'UMP (qui a tout du joueur de badminton vous ne trouvez pas?), Emmanuel Camoin, du FN, de la trempe d'un Bastien-Thiry au moins, ou d'un Hélie de Saint-Marc, minimum, et Jean-Pierre Nicolas, de l'UMP aussi, le plus charismatique des cinq, un expert-comptable de choc.

     

    Et je n'ose sortir de chez moi sans me camoufler soigneusement depuis deux jours, on ne sait jamais. Je rase les murs, et dans chaque passant, je crois voir un agent de la DCRI (TM°). Hier soir, j'ai entendu « c'est lui ! » derrière moi, je me suis mis à courir, et me suis réfugié derrière une porte cochère la peur au ventre. Je croyais l'arrestation imminente, et déjà j'imaginais Alain Bauer à « C dans l'air », ce Panisse qui serait notable franc-maçon, se féliciter du travail d'enquête de la police sur les actes politiques subversifs dans notre beaux pays. Et moi j'étais derrière les barreaux d'une geôle infâme à regarder passer la parade de la « Fête de la Fraternité » de ma bonne ville d’Évreux !

     

    A tout hasard, je suis allé donner des gages de bonne conduite en participant hier à un « cercle de silence », qui était un triangle, sur la place de l’Hôtel de Ville, contre la guerre civile en Syrie (c'est très très efficace), j'ai repris un abonnement à « Télérama » et chaque matin je ris bruyamment, pour que le voisin entende, à la chronique de Sophia Aram sur « France atterre » qui est vraiment très drôle et « citoyenne » je vous assure. C'est important de rire en étant conscient des problèmes de développement durable et du commerce équitable.

     

    Bon, il me reste quelques scories de mon ancienne vie de séditieux je l'avoue, je n'ai pu m'empêcher de conseiller pour son émission télévisée qui vient de dévisser sous les 4% de dire une petite prière pour remonter, mais personne n'a fort heureusement entendu cette saillie. Comme tout mauvais sujet, la dérision est chez moi une seconde nature ne prenant pas grand-chose au sérieux en politique (enfin ça c'était avant, maintenant j'ai bien changé !)

     

    A la messe paroissiale j'ai applaudi des deux mains et tapé des pieds par terre lorsque comme intentions de prière, il fut question des chtits n'enfants africains et des dirigeants politiques à qui l'on demandait d'être plus soucieux de l'égalité des chances et des genres. J'ai aussi levé les mains en signe de grande joie apercevant le correspondant de « Golias » dans la cathédrale d’Évreux, mais rien n'y a fait, les regards restaient très soupçonneux.

     

    Je ne sais quoi faire...

     

    Ah ! Que n'ais-je été abonné au « Monde » plus tôt ! Que n'ais-je été aux spectacles de l'Odéon avant ! 

  • "Vergès pleurant dans son ancienne prison..."

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    3462367_7_b01e_l-avocat-jacques-verges-le-30-janvier-2012_06458e83b9cf1b2e00cc72157f5f8792.jpgou "un réac parle de la mort de Jacques Vergès"...

    Suite à la mort de Jacques Vergès, j'ai revu l'excellent film de Barbet Schroeder le concernant, de 2007, « l'Avocat de la terreur », qui montre tous ses paradoxes, son humanité et qui révèle un peu qui était cet homme complexe. J'ai des idées plutôt à droite, apparemment aux antipodes de Jacques Vergès, mais l'homme me fascinait, et me passionnait, car il avait une vraie stature, une stature que l'on peut qualifier d'historique tant son destin personnel a épousé tout au long de sa vie le destin du monde et celui des peuples, des guerres civiles sanglantes, la dénonciation des hypocrisies de notre société libérale-libertaire, toute aussi insupportables dans sa variante sociale-libérale, ses sottises arrogantes qu'il n'eut de cesse de tourner en dérision en défendant ceux qui dans notre société sont considérés comme indéfendables.

     

    Je ne suis pas certain que maître Vergès ait trouvé des plus pertinents pour la gauche française de ne défendre dans sa presque totalité actuellement des lois ou des décisions surtout sociétales. Il fut d'ailleurs cohérent puisque disparaissant quelques années dont on ne sait quasiment rien, étant peut-être au Cambodge, ou en Amérique du Sud, d'aucuns affirmant à l'inverse qu'il était tout simplement à Paris dans une « planque ». Nul ne sait et il se plut à brouiller les pistes, et les cartes.

     

    Peu importe d'ailleurs la réponse, la vie du personnage est fascinante en soi tout comme la façade qu'il se donnait, celle de cet avocat aux allures de bon vivant raffiné et aux goûts aristocratiques, à l'humour caustique et cinglant, se donnant derrière la fumée de son cigare des airs de Raminagrobis. Et puis il était autrement plus fascinant que mettons, Arno Klarsfeld, avocat "parce qu'il le vaut bien" (TM°).

     

    J'ai toujours éprouvé quand je regardais Vergès en interview, ou que je le lisais, le même frisson que j'ai éprouvé en rencontrant il y a une vingtaine d'années maître Jacques Isorni qui fut l'avocat de Pétain mais pas seulement. C'était des hommes peut-on dire vraiment à leur propos, des hommes un peu plus grands par leurs personnalités, un peu plus grands que les autres et que l'on qualifie rapidement de salauds car ils ne se satisfont pas de la morale commune, et ne la respectent pas, celle qui voudrait qu'ils abdiquent des idées qu'ils estiment justes, et que « l'avocat de la terreur » n'a effectivement jamais cessé de défendre car à travers les personnes qu'il défendait, il défendait ses idéaux de jeunesse auxquels il n'avait jamais renoncé.

     

    On me dira, c'est une sorte de médaille de se faire traiter de « salaud » par un imbécile ou un autre, tel ou tel cloporte qui ne supporte pas qu'une personnalité émerge de temps à autre du troupeau...

     

    Une scène dans « l'Avocat de la terreur » démontre au spectateur qui pouvait en douter que derrière tout cela, il y avait un cœur généreux, que ses idées venaient de ce cœur, même si pour moi elles étaient un fourvoiement : je souhaiterai que l'on m'explique par exemple pourquoi un changement radical de société, menant à l'utopie supposée, doit automatiquement passer par le massacre des personnes qui ne sont pas d'accord avec ce bonheur théorique imposé et donc insoutenable par nature, même si je sais fort bien que tout changement, du fait de la nature humaine, ne peut se faire sans heurts ?

     

    Dans cette scène donc, Vergès visite sa prison algérienne, quand il fut emprisonné au moment de la guerre d'Algérie avec quelques uns de ses camarades avec qui il retrouve quelques décennies plus tard des gestes de fraternité immédiate. Et abandonnant son personnage, sa façade et son ironie habituelle, il pleure. Ce qui montre aussi qu'au fond il était resté aussi ce petit jeune homme révolté que les fils de bourgeois et de « grandes » familles méprisaient pour ces origines considérées comme honteuses...

    Ci-dessous la bande annonce du film de Schroeder

  • L'Ennui en province à l'heure de la mondialisation

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    Dédié à ma bonne ville d’Évreux où bien sûr c'est tout à fait différent !

    Dédié aussi à l'auteur-e du blog "journal d'une parisienne expatriée en province"

    province, société, politique, nostalgieAmi lecteur, je sais bien que tu n'aimes pas que l'on critique la province, tu sais aussi que moi qui suis un mauvais esprit, je ne l'aime pas du tout car comme Céline, le bon docteur Destouches, elle m'emmerde souverainement par ses commérages, ses étroitesses, ses endogamies grotesques aussi, je dis bien « ses » car il n'y en a pas qu'une, hélas.


    C'est pour moi un avant-goût du Purgatoire...


    Ami lecteur je te rassure cependant, il y a quand même un brin d'exagération et de dérision dans mon propos, je ne suis pas si caustique.


    Quoi que ?...


    Au moins si j'y vais un jour, je serai préparé.


    Il doit avoir des airs de ces petites villes maintenant toutes pareilles, sans âme, avec leur centre déserté où l'on se pique de multiculturalisme voire de diversité, leurs banlieues dortoirs, leurs jeunes esseulés, leurs ivrognes et poètes locaux, ses notables clientélistes, leur haine du « parisien », tout citadin d'une grande ville au nord de la France étant par essence une sorte de « parisien ». C'est à peine d'ailleurs si on ne chasse pas le « parisien » en automne, celui-ci ayant un avantage, il achète trois fois plus cher ses courses que les indigènes quand il est en villégiature dans le coin.


    Et pourtant, j'aime bien ses paysages, sa beauté et celle de la nature que l'on peut y admirer mieux qu'en d'autres lieux, sa joliesse, son pittoresque même, mais c'est le déplorable primate humaine qui y gâche tout par son appétence aux pires sottises, aux pires lieux communs qui font florès en milieu campagnard également. Ce n'est pas par mauvaise volonté, on veut faire « moderne » raison pour laquelle entre autres choses l'on pensera qu'un type qui ne dit pas trois vulgarités par phrase est forcément « hormosessuel ».


    On sait ce que c'est, on a entendu souvent le mot à la télé, et donc on croit pouvoir les reconnaître quand on en voit un. Bien sûr, on affiche sa tolérance pour la galerie, car il suffit de se promener cinq minutes dans certaines villes de province pour se faire injurier copieusement une bonne dizaine de fois si l'on présente quelque différence avec les individus mâles, ou femelles, locaux.

     

    A l'heure de la mondialisation, le cliché considérant qu'en province on est plus authentique, plus vrai, plus simple, court encore alors que là comme ailleurs il n'y a plus vraiment d'identité, donc d'authenticité, le pékin moyen y songeant surtout comme ses congénères de la capitale à consommer, et à rêver de ce qu'il pourra consommer s'il se tient bien sage et docile, et qu'il fait ce qu'on lui demande de faire.

    En semaine, le provincial suit la même routine que les autres. Il se plaint de son chef de service autour de la machine à café, tout en lui faisant des ronds de jambes par ailleurs, ronge son frein derrière son guichet ou dans son atelier. S'il est commerçant, il se plaint des clients, et du manque de rentrées depuis quelques temps, ne remettant jamais son incapacité à être aimable avec des clients qui ne sont pas des « habitués » depuis trois générations.


    Le samedi il déambule en ville, s'il est jeune il a le portable vissé à la main, car il est « moderne », il va au cinoche puis ensuite au « MacDo », comme les « parisiens ». S'il est plus âgé, il discute des derniers ragots à la terrasse des cafés. S'il est de genre féminin, il va se faire couper les cheveux : toujours plus ou moins la même coupe « pratique » en « bol » plus ou moins long avec l'épi du milieu qui rebique juste comme il convient.


    Ou il zone sur Internet (en province comme à Paris, on a Internet, faut pas croire).


    De fait, comme ainsi que dans le reste du pays, les racines des personnes, ce qui les rattachait à la terre qu'ils habitent, leur culture, ont été méthodiquement et systématiquement raillées, conchiées, traînées dans le ruisseau, il ne peut plus y avoir de véritable communauté de village, ou de ville, en province comme ailleurs, les gosses y rêvant surtout d'Amérique, d'argent et de télé réalité. Ils n'ont gardé de leurs ancêtres que les plus mauvais côtés, s'exprimant parfois d'une manière que des commères n'auraient pas renié, ou René Bazin dans « la Terre qui meurt » et les protagonistes de « Goupi main rouge », égrenant les lieux communs en toute inconscience, persuadés de préserver leur âme provinciale et rurale morte depuis belle lurette.


    image extraite de "Dupondt-Lajoie" prise ici

  • Le purgatoire ressemble à une sous-préfecture de province

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    « De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus. »

    La fin de « Voyage au bout de la nuit »

    « La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades. »

    Citations de Gustave Flaubert

    Le purgatoire, c'est cet état intermédiaire entre le paradis et l'enfer pour les âmes des défunts pour les chrétiens. C'est aussi là que sont la plupart des écrivains, créateurs et artistes dont les choix échappent ou ont échappé à la pesanteur de la morale commune et des préjugés en vogue. On y passe deux heures, on a l'impression que celles-ci durent une éternité, et puis quand on le quitte, on oublie son attente et son impatience d'en sortir.

    On y garde espoir car on y est seulement en transit.

    denderzichtstad.gifLe purgatoire ressemble donc à une ville de province, entre le paradis pour son calme et les paysages, et l'enfer de la médiocrité érigée en vertu pour le reste. Il ressemble à une de ces villes moyennes maintenant toutes bâties sur le même modèle, ayant pour la plupart perdues leur identité au fil du temps, identité qu'elles continuent cependant à fantasmer tout en entretenant des complexes vis à vis de la capitale, honnie, dont on retient surtout les tribulations grotesques et ostentatoires des « pipeaules », donc Paris est détestée et haïe mais pas tant que ça en définitive car la haine à son encontre est surtout de la basse envie.

    Dans quasiment toutes les petites et moyennes villes de province, les centres commerciaux sont devenus les points centraux des agoras (y compris auprès de bourgs tout petits maintenant on trouve souvent un ou deux supermarchés géants dans lesquels tous vont se ravitailler), avec les pourvoyeurs de « malbouffe » un peu partout, « pour les jeunes » ou le « kébab » un peu partout.

    C'est joli la province, c'est même parfois encore très beau, le soir, on peut encore voir les étoiles et le matin entendre les oiseaux. Les rues ne sont pas engorgées par le monde. Et il n'y a pas que des bureaucrates pressés dans les rues. On sait prendre le temps, de ne pas aller trop vite, de souffler de temps en temps. C'est aussi ce que l'on voudrait faire croire. On se tient à des valeurs, ou plutôt des lieux communs qui en tiennent lieu étriquées, confortables qui ont souvent beaucoup d'hypocrisie pour corrolaire.

    Il faut respecter les « anciens », comme on dit, les têtes chenus, les cheveux blancs, comme si leur parole était toujours respectable et sage, alors qu'on sait bien que l'on peut être vieux et prononcer beaucoup de sottises. On oublie ses erreurs, on oublie son parcours chahotique, on pense laisser une trace dans la mémoire de ses proches en jouant les augures solennels et mûrs. Au bout du compte, on se borne surtout à jouer les vieux cons.

    Les politiques des petites villes de province aiment bien les « anciens », se montrer avec dans la « P.Q.R » (ou presse quotidienne régionale) tapotant le crâne dégarni d'un octogénaire en souriant de toutes ses dents blanchies de la veille, serrant avec componction et gourmandise la main d'une vieille dame en fauteuil roulant, pardon d'une personne du troisième âge à mobilité réduite. C'est normal somme toute, en période de crises diverses et variées, dans un temps où tous liens qui maintenait encore il y a peu une apparence de fraternité entre les individus.

    Je fais cette correction car paradoxalement, s'il est bien vu de « respecter les anciens », il est très mal vu de parler de vieillesse, de maturité voire de la mort qui terrifie.

    On comprend fort bien la terreur qu'elle inspire, car si il n'y a que le néant après, c'est d'une tristesse infinie, la vie perd toute signification, tout sens.

    Ce n'est pas que l'on n'aime pas la jeunesse en province, au contraire, les institutions, les commerçants, tout le monde se targue de faire « quelque chose » pour les jeunes. Ceux-ci ont un avantage, ils permettent au chanteur engagé (souvent un ancien professeur qui a des prétentions artistiques) et con-cerné de MJC de se trouver un public gratuit et obligé de venir à ses concerts entendre ses ritournelles drôlement engagés selon lui, qui attaquent le plus souvent l'Église et l'Armée et tirent sur les ambulances en toute bêtise et naïveté.

    Les plus favorisés matériellement en province font beaucoup pour LEURS jeunes, leurs enfants, leur progéniture, l'officielle et l'inavouable, qu'ils placent le plus possible à des postes confortables et des emplois bien rémunérés qui font qu'ils pourront dormir tranquilles en pensant à leurs rejetons. Cela ne choque pas grand-monde dans les petites villes de province (on me dira à Paris non plus, j'en conviens). On y est encore féodal.

    Les nouveaux aristocrates en sont le médecin, parfois le pharmacien, tout commerçant un peu prospère. Comme partout, on respecte beaucoup l'argent et ceux qui le montrent, et le dépensent.

    On aime bien les lignées de politiques, de roitelets locaux, les dynasties de notables clairement cyniques mais à qui on pardonne.

    On est persuadé qu'il est normal que le fils devienne maire après le père, fût-il complètement incompétent. Cette indulgence nait aussi du fait que tout le monde a envie de faire de même, s'octroyer une bonne part du gâteau, sans l'avouer vraiment. Cela se vérifie même dans les églises, où pour faire partie des fameuses « équipes d'animation pastorale » (on aime bien ce genre de G.O spirituels, qui transforme l'Évangile en un « club Med » de la théologie réduite à quelques clichés étalés avec force complaisance).

    Il y en a comme Céline, Louis-Ferdinand, qui le disent carrément, que « la province les emmerde », avec ses rideaux tirés, ses habitants qui n'accueillent jamais vraiment le nouveau venu dans leur coin, qui se rassurent en se persuadant qu'ils sont largement plus authentiques que les habitants des villes, lieux de perdition où le pauvre paysan perdait son âme, et ses sous, ce qui pour lui était le plus grave, la perte de son argent, de son magot amassé avec patience, ruse et avarice, pas comme en ville où il n'y a rien que des fainéants.

    db2dbaf6-43fc.jpgLe pire, c'est que maintenant les citadins qui ont les moyens viennent l'envahir, en amenant avec eux leurs propres lieux communs, à savoir ils perçoivent la province comme dans un filtre « amélipoulinesque », avec des boutiques colorées et un peu désuètes, des vieux en sabots qui mâchonnent une cigarette jaunâtre tout en baragouinant quelques apophtgmes réputés profonds car incompréhensibles.

    Le pire, c'est qu'en province on aime bien car on leur vend le même pain qu'avant deux fois plus cher en collant une étiquette « bio » ou « développement durable », ou « produit local » sous le prix. Ces produits locaux donnent parfois l'occasion de rire, comme ce gâteau tropézien sous certains cieux et typiquement vendéen sous d'autres.

    Que l'on ne se méprenne pas, j'aime bien la province, et les petites villes de province, y vivant depuis plus de trente ans. C'est ce qu'elle devient à cause de politiques de la ville débiles, de la folie des grandeurs de quelques édiles locaux qui font construire des hotels de ville géants pour satisfaire leur vanité et ne se soucient pas une seconde du développement de leurs cités.