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écriture rock

  • Au Nord c'était le Punk et le Funk

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    Retour à Manchester Music également sur Causeur

     

    à propos de « Manchester Music City 1976-1996 » chez Rivages-Rouge aux éditions Payot où l'on évoque les « Buzzcocks », « Joy Division », les « Smiths », « New Order », « Happy Mondays », « Stone Roses » et autres groupes « de jeunes » pour « vieux » quadras et quinquas nostalgiques de leur adolescence d'enfants des « Trente Glorieuses » et du « Baby Boom »...

     

    musique, littérature, société, histoire, punk new wave, amaury watremezCe livre écrit par John Robb, musicien et critique rock, ami de nombreux musiciens dont Morrissey ou Ian Curtis, est un peu différent des autres ouvrages du genre car il laisse la parole surtout à ses acteurs. John Robb a passé des années à les interroger et conservé des kilomètres de bandes qu'il a retranscrites ici, collant son micro sous le nez de ses camarades de galère ou de succès, s'installant dans une des « zones » de Manchester à la fin des années 60, cherchant le succès en fondant plusieurs groupes plus ou moins professionnels.

     

    C'est à la fois l'originalité et le handicap de la chose, sa limite.

     

    Le procédé favorise les redites et surtout l'on n'y trouve pas la même dinguerie, l'excentricité de ceux de Nick Kent ou Richard Neville. Le style de John Robb est bien sage, un peu bourgeois ce qui est quand même le comble pour un bouquin se remémorant les figures de musiciens ayant eu pour but de secouer « l'establishment », de remuer les consciences, de les amener à la rébellion contre l'ordre établi. Il décrit ainsi le moment où Manchester deviendra « Madchester » après le concert des « Sex Pistols » dans une des salles de la ville, une salle qui pour l'anecdote appartenait à une secte protestante presbytérienne....

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  • Sexe, drogue et apathie

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    À propos de « Apathy for the devil, les seventies voyage au cœur des ténèbres » de Nick Kent chez « Rivages Rouge »

     

    musique, société, rock, nick kent, amaury watremezQuel intérêt de lire des récits comme celui de Nick Kent, ex drogué jusqu'à la racine, vieille gloire et « groupie » ultime en quelque sorte tel qu'il le dit lui-même ? Cela pourrait seulement consister à dérouler les souvenirs d'un vieux combattant du Rock à calvitie naissante et queue de cheval, un vétéran se souvenant avec nostalgie de sa jeunesse décadente pour l'exorciser, la renier et se complaire en même temps dans l'exaltation de ses frasques, ce dont on pourrait se ficher complètement. L'ancien « addict » se vautrant dans ses remords et son autoflagellation est toujours pénible, difficilement supportable, on préférerait presque qu'il se remette à la fumette ou aux alcools forts. Ce serait moins triste.

     

    Rien de tout cela avec Nick Kent, on ne sera pas dans le pathos étalé en place publique. Il est cru, direct, souvent ironique y compris à ses dépens que ce soit pendant le récit de son ascension au sein de « la décennie du moi », dans le milieu du Rock, jusqu'en 1975 à sa chute qui dure jusqu'au début des années 80. Nick Kent se retrouvera SDF, zonard perdu parmi les zonards en perpétuelle recherche d'un « fix »....

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  • Playpower avec Richard Neville

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    à propos du livre de Richard Neville « Hippie hippie shake » chez Rivages/Rouge

     

    société, musique, politique, hippie, richard neville, amaury watremezLes années 60 et 70 n'étaient pas parfaites, bien loin de là, mais flottait durant ces deux décennies un parfum de liberté dont les effluves se sont dissipées depuis longtemps malheureusement. Le livre de Richard Neville le raconte très bien et avec style. Les hippies, les « yippies » et autres « mods », avaient beau être parfois brouillons dans leur recherche existentiel, souvent outrancier, ils avaient en eux quelque chose de plus que les tristes citoyens consommateurs de 2016 uniquement préoccupés d'acheter le dernier modèle de gadget électronique à la mode, de rentrer le plus possible dans le rang selon des critères de vie inspirés par l'esprit le plus petit bourgeois, le plus étriqué qui soit.

     

    Dans ce livre, Richard Neville raconte l'histoire véridique et picaresque de « Oz », revue provocatrice commençant à paraître en 67 en Australie, et de tous les mouvements politiques et groupuscules divers de ces années là. Il n'en fait pas une « Légende Dorée » avec ses saints et ses méchants, il n'en montre pas non plus exclusivement le côté obscur. Comme toute histoire humaine, l'histoire de « Oz », de la contre-culture, est complexe, ne penche ni du côté noir ni du côté blanc, on ne distinguerait plutôt qu'une infinité de nuances de gris. Neville lui-même ne s'épargne pas, il raconte par exemple la jalousie qu'il ressent envers des hommes courtisant sa petite amie alors qu'il pose souvent en apôtre de « l'amour libre »....

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • Orwell, coupe ultra-courte et hooliganisme

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    Skinheads-John-King.jpgCe livre relève de cet ensemble vague que l'on peut appeler « l'écriture Rock » ; l'on y trouve aussi bien Lester Bangs et ses chroniques toujours incisives sur une musique qu'il déclare morte dés son premier texte, que Nik Cohn, qui écrit sur les mêmes thèmes que John King dans « Anarchy in UK », ou Greil Marcus dans le grandiose « Lipstick Traces », des auteurs pour la plupart anglo-saxons à l'exception de Patrick Eudeline ou Alain Pacadis en France. Ceux-ci s'interrogent sur la culture populaire : des films dits « de genre », désignation facile dans laquelle les arbitres des élégances culturelles collent tout ce qui ne défend pas leur « vision » idéologique et.ou politique à la musique « populaire ».

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  • Lester Bangs aurait-il aimé les années 2000 ?

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    Article paru aussi sur Agoravox

    Comment ? Quoi ? Comment ? Est-ce possible ?

    musique, littérature, amérique, rock, "sex, drugs and rock and roll"Un catho, « anar de droite », qui écrit sur un auteur qui a noirci des centaines de pages sur des groupes de « glam rock » décadents, jouisseurs et hédonistes frénétiques se maquillant pour certains comme des camions volés ?

    Dans quel monde vivons-nous ma bonne dame ?

    Dans quel monde vivons-nous si même les méchants se mettent à apprécier ce genre de littérature dans la lignée de Nik Cohn, Hunter Thompson, Nick Tosches ou Greil Marcus ?

    Beaucoup comparent le style de Lester Bangs aux « écrivains-poncifs » habituels des écrivains révoltés américains :

    Burroughs, Bukovski, et Kerouac.

    Avec Bukovski, la comparaison a un intérêt réel, pour les deux autres c'est moins certain. Lester Bangs n'a jamais prétendu être un théoricien de la rébellion adolescente, ou post-pubère, comme Kerouac et n'a jamais joué à « Guillaume Tell » avec son épouse.

    Personne n'a jamais songé qu'il y avait surtout en lui de l'Ignatius J. Reilly, le personnage principal de « la Conjuration des imbéciles », en version post-moderne et « punk », terme que le critique rock invente en 1973 pour désigner une esthétique du négatif, du laid, un amour joyeux du pas esthétiquement correct, le tout exprimé en un joyeux bordel de mots.

    Lester Bangs qui plus est qui a participé activement à la plupart de ces bacchanales ce qui aggrave son cas aux yeux des « bigots » de tout ordre, y compris ceux de l'« hygiéniquement correct ».

    Je suis à peu près sûr qu'il ne mangeait pas cinq fruits et légumes par jour, qu'il buvait sans trop de modération et fumait des substances prohibées.

    Ces tenants de l'écriture « Rock » se signalent tous par leur style toujours vif, puissant et sans concessions. Ce n'est pas tant le fait qu'ils soient encore à la mode dans les milieux culturels qui pensent, qui les révèrent également comme des modèles de rébellion (les « z-inrocks » adore), en bons « enfants sages » qu'ils sont, qui rend ces écrivains intéressants, mais leur travail littéraire souvent remarquable.

    Lester Bangs est né en 1948, mort en 1982, une vie très courte marquée le « Sexe, beaucoup, Drogues, beaucoup aussi et Rock and Roll, énormément », et aussi et surtout par l'écriture qui est pour lui sa respiration et une raison de vivre. Quand il meurt, peu après la fin des lascives années 70, il avait de nombreux projets d'écriture, dont on retrouve quelques ébauches dans « Psychotic Reactions et autres carburateurs flingués », recueil de textes choisis et ordonnés par Greil Marcus, et que les éditions Tristram ressortent en collection « souple » (Que le Tout Puissant, le Très Haut, le Miséricordieux les protège dans sa bienveillance infinie !).

    Il publia cent-cinquante critiques dans « Rolling Stone », la bible du « hype » dans les années pré et post « Summer of love », entre 1969 et 1973. Il fut viré pour « irrespect des musiciens », qu'il n'hésitait pas à critiquer alors que la plupart à l'époque avait un statut de quasi-dieu vivant, d'idoles largement au-dessus du commun des mortels, dont « Led Zeppelin », qu'il déteste cordialement, contrairement à Lou Reed qu'il admire.

    Il raille les icônes en plastique, formica et chromes, colorées agressivement, prétendant remodeler le monde selon leurs chansons alors qu'il ne s'agissait toujours que de commerce et de vendre un maximum de « vynils », « vynils » qui reviennent à la mode selon la mode « vintage » consistant à acheter beaucoup plus cher des objets populaires dans notre enfance et maintenant introuvables, et pour cause .

    Il se permet d'être caustique, sarcastique et le plus souvent pertinent sans se soucier des conséquences. « Rolling Stone » l'a viré car à force de dézinguer les groupes qui faisaient fonctionner le tiroir-caisse, la revue aurait pu finir sur la paille, les maison de disques « pour jeunes » ne tolérant que très modérément l'insolence et l'indocilité. Il égratigne même les icônes absolues, comme Janis Joplin, écrivant sur sa mort par overdose :

    musique, littérature, amérique, rock, "sex, drugs and rock and roll"« Ce qui est dérangeant n'est pas seulement le fait que ce genre de mort prématurée soit devenu un fait de la vie, mais qu'on l'a accepté en tant que donnée tellement rapidement ».

    il pourrait exactement tenir les mêmes propos pour Amy Winehouse ou Kurt Cobain, ou lui, mort jeune comme un autre auteur indomptable des années 70, Alain Pacadis...

    « Rolling Stone » existe toujours, elle est toujours lue par les participants de l'été de l'amour, les vieux combattants du Larzac, les anciens « hippies » qui sont tous devenus pour la plupart des libéraux-libertaires communs. Maintenant dans « Rolling Stone », on parle de Rock et de cinéma comme mon grand-père.

    A partir de 1973, « Creem », revue musicale de Détroit publiée jusqu'en 1988, l'accueille dans ses pages et lui laisse une liberté quasiment absolue, parfois même Bangs publie des articles d'une trentaine de pages. Il s'inscrit dans le « gonzo-journalisme » car il mêle à ses critiques des considérations et récits d'épisodes qu'il prétend auto-biographiques tout comme le faisait Hunter Thompson.

    La lecture des textes de Lester Bangs montre également de manière éclatante que la société a changé, et pas dans le bon sens, vers plus de liberté, plus d'indépendance. Les temps sont à la simplification, aux esprits positifs coûte que coûte, qui ne veulent simplement pas voir le monde tel qu'il est, à l'humanitarisme bien léger, bien mollasson mais suffisant pour se donner bonne conscience, à la dérision cadrée, à l'insolence minimale.

    Lester Bangs aurait détesté les années 2000.

    Illustration du haut prise sur le site "jungle key"

    Illustration du bas prise sur le site de la librairie "Mollat"

  • Deux symboles des années 70 disparaissent...

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    On se souvient aussi des années 70 sur Agoravox

    A quelques jours d'intervalle, deux symboles des années 70 disparaissent, et c'est encore un peu de la mythologie de cette decennie qui disparaît, l'esprit d'enfance malgré tout, l'optimisme malgré tout :

    maria%20schneider.jpgJohn Barry, qui n'a pas composé que le thème de "The Persuaders" ("Amicalement vôtre") et Maria Schneider, connue surtout pour sa scène dans "le dernier Tango" à Paris.

    Lui incarnait par sa musique une certaine idée de la coolitude élégante et ultra-moderne, un rien désenchantée. Il sortait avec les femmes fatales de son époque, séducteur, félin et talentueux.

    Elle était quant à elle une icône de la liberté sexuelle de ses années là. Sa beauté était comme désuète, elle avait des formes féminines marquées, loin des anorexiques dépressives déjà à la mode pendant "la parenthèse enchantée".

    Il est toujours ironique de savoir qu'en fait la fameuse scène a été tournée sans son accord et qu'elle ne s'attendait pas une seule seconde ni à ce que son personnage allait subir, ni à la mythologie que cela créerait, et dont elle se sentait exclue.

    nancy-sinatra-john-barry.jpgDans les années 70, on rêvait encore un peu de liberté, et de justice pour toute la société.

    Il n'y avait pas que des hippies à fleurs et "pattes d'eph", des filles en mini-jupe ou en longue robe "Biba". Il n'y avait pas d'objets totems obligatoires, et moins d'esclaves consentants que maintenant, esclaves des marchés et du consumérisme, de rêves illusoires qui même s'ils étaient maladroitement exprimés parfois n'en étaient pas moins des rêves moins étriqués que ceux consistant à plier le genou devant les banques ou les grandes entreprises.

    Ci-dessous le thème de "Bons Baisers de Russie"


    JOHN BARRY "Bons baisers de Russie" 1963
    envoyé par Ultra_White_Forever. - Les dernières bandes annonces en ligne.

  • A wop bop a loop bop, alop bam boom

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    « Rock Strips » (direction éditoriale : Vincent Brunner, bandes de Berbérian, Sattouf, Catel, Serge Clerc...etc

    rock+strips878.jpgJe me suis acheté ce recueil de BD collectif qui parle du rock car je trouve que les livres qui parle de cette musique sont par la bande des sortes de traités sociologiques qui en disent long sur notre époque, plus long que des pavés bien plus mal écrits et largement plus prétentieux. Tous les quadragénaires et quelques trentenaires, à moins qu'ils n'aient été sourds, aveugles ou bien très sages, ont tous dans les oreilles un peu de « Rolling Stones » (contrairement à ce que l'on dit, on peut être autant « Stones » que « Beatles », indépassables quant à l'originalité de leurs créations), voire des « Clash » (pour moi ce sera « Rock the Casbah »), un zeste d'Iggy Pop, des volutes de Janis Joplin (le segment sur elle est assez convenu : Oulala, Janis était drogué, et alcoolique, quel scoop !), et quelques fragments de David Bowie, peut-être même une ou deux chansons d'Elton John avant qu'il ne tourne DJ pour pompes funèbres et grandiloquentes, « Blondie » (la bande qui en parle oublie que c'était un groupe punk qui s'est mis à bien se fringuer par dérision, pour se moquer de l'engouement des bourgeois pour la révolte de pacotille de certains de leurs congénères) ou les « Pixies ». On est loin des chanteurs formatés, des groupes montés pour le fric, même quand il s'agit d'imposture on s'aperçoit combien l'époque a changé : ainsi quand le livre parle des « Sex pistols » et de l'arnaque de ce groupe pseudo-punk monté de toutes pièces, arnaque dada ou surréaliste car il en sortit quand même beaucoup de créativité.

    Parler de Rock est hyper-subjectif, il y en a qui s'arrêtent à Elvis, qui a tout piqué aux chanteurs de blues, il faut quand même le reconnaître, d'autres qui ne jurent que par la New Wave, l'électro et l'industriel, bon, et alors ? Cela montre la vivacité encore maintenant de cette musique que l'on croit agonisante. De plus, c'est la musique des rêves et des premières désillusions, en l'occurrence pour les quadragénaires quand ils se sont aperçus que leurs ancêtres « baby boomers » ne voulaient vraiment pas que le monde change après les sixties, étant maintenant arrivés à l'âge où ils songent surtout à ce que la génération suivante leur paye la retraite. On croise d'ailleurs beaucoup de rockeurs sexagénaires, et pas seulement à Gstaad, à queue de cheval grise sur calvitie, ou en bottes orthopédiques de motard bientôt sénile, qui râle sur la mollesse des jeunes et leur absence de révolte tout en serrant les fesses quand la crise menace leur magot à la banque. C'était toute l'ambiguïté du Rock, à la fois sincère et drôlement commercial quand même. C'était déjà une industrie à l'époque des « Stooges » et des New York Dolls. C'est comme ce livre il est vrai, très bien marqueté, ultra-cadré et référencé, mais on n'ira pas plus loin, on restera bien sage, on est loin d'Hunter Thompson ou Lester Bangs, ou Nik Cohn. En le lisant, j'ai pensé au livre d'Alain Dister sur les années 60, on reste sur les rails...

    Ci-dessous retour aux fondamentaux qui n'ont rien perdu de leur force...

  • Le punk pour les nuls - "Si on reparlait de Pacadis ?"

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    openmarket.jpg

    Je ne sais pas si ce texte est punk, on s'en fout, il a deux ou trois choses à dire...

    S'il y a un truc qui me fait marrer quand je navigue sur les sites et blogs qui font dans le cultureux, c'est que certains se revendiquent du punk, voire "punk à diplômes", attend, ce sont des voyous mais des voyous qui ne sont pas n'importe qui, tu vois, de la khâgneuse en crise d'adolescence tardive au quadra autodestructeur. Certes, ils écrivent parfois très bien, ont souvent du talent mais ce sont des jeunes gens bien proprets quand même. Ce n'est pas grave d'être un bon garçon ou une bonne fille, il ne faut pas en tirer un complexe mes mignons, mais c'est quand même assez ridicule. Dans un pogo, ils ne tiennent pas deux minutes. Et sans la carte bleue de Papamaman, sans leur intérieur bourgeois et leurs goûts de vieilles dames, ils ne survivraient guère ces enfants sages.

    In 1977, "our time is up"...

    1977, année rock. Il y eut le film de Spike Lee et avant, ce livre, sur cette date des plus symboliques. Pacadis était critique de rock doué, et insupportable en même temps, un peu comme Beigbeder qui fait d'ailleurs la préface de cette chronique des années punks. Le temps des sales gosses, des musiciens turbulents, provos, décalés, obscènes et dépravés, lucides sur la dégénérescence de la société, autant que mégalos, était venu, de Gainsbourg aux Clash en passant par les Sex Pistols. C'était l'époque des notables giscardiens et des Fender à fond dans le transistor pour lutter contre l'endormissement général. En plus de ce journal, qui me fait penser par instants aux livres de Nik Cohn ou Hunter Thompson, cet ouvrage est agrémenté d'articles de l'auteur sur les mondanités parisiennes de l'avant retour du fric-roi (qui l'est toujours).

    Ce sont d'ailleurs des enfants très sages qui finiront par avoir raison de Pacadis, et le virer du "Palace" bientôt repris par des "managers" qui metteront quelques années à le couler. Ce livre est une sorte de gros doigt tendu aux "punks à diplômes" justement, qui sont du genre à aller démarcher le prolo, ou le sauvageon qui n'en rien à foutre car il sait bien que c'est du vent (rires : "on est des punks mais on est aussi pas rien, on a fait les grandes écoles mon bon meussieur"). Les punks avaient vu venir tout ça, quand les petits bourgeois ont commencé à copier leurs fringues, ils ont aussitôt décidé de s'habiller en costumes-cravates et de remettre un certain genre de classe à la mode, comme Debbie Harry. J'aime bien Pacadis, malgré toutes ses contradictions et le fait que finalement, il aimait ça l'or et le clinquant des bourgeois, mais il est tout à fait dans la tradition des Blondin et autres, un funambule à l'esprit plus grand que celui de ses contemporains.

    Par ici on peut entendre Yves Adrien

    Titre : Un jeune homme chic | Auteur : Alain Pacadis | Editeur : Denoël

    Sur la photo, on reconnait Marie-France, Paquita de Paquin et Pacadis, je crois.

    Les années 80 étaient bien entamées, mais Sapho restait dans l'esprit, regardez ci-dessous, c'était un peu trop évident "The Clash" ou les "Sex pistols", tu trouves pas ?

  • Sexe, drogues et pantalons à franges

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    c9_full.jpgAlain Dister - « Oh Hippie Days » (chez "J'ai lu")

    J'aime bien la littérature dite « rock », les livres de Nick Tosches, Greil Marcus ou encore Nik Cohn. A partir de l'analyse d'une musique, ces auteurs en disent beaucoup sur notre époque, ses ruptures, ses désillusions, ses espoirs, ses problèmes, même quand ils traitent d'une autre période. Et l'écriture de ces livres qui ressort aussi de la « Non-fiction », genre initié par Truman Capote avec « De sang froid » est toujours étonnamment énergique. C'est un peu en songeant à ces livres que j'ai commencé « Oh, Hippie Days » d'Alain Dister. Malheureusement, ce récit a un sérieux handicap qui est qu'il a le cul entre deux chaises. D'un côté, l'auteur veut raconter les communautés hippies, les années 60 sans mythe ni légende, de l'autre il égrène ses souvenirs de coucheries, bitures et soirées drogues dont on a franchement pas grand-chose à faire dans le propos. On a l'impression d'une petit bourgeois favorisé, propret qui s'est offert deux ou trois années sympathiques sans trop se poser de questions et en testant la véracité du fameux slogan « sex, drug and rock and roll ». Il rencontre beaucoup d'enfants perdus, d'héritières en rupture de ban, de fils à Papa en révolte post-pubertaire. Certains vont trop loin dans l'expérience psychédélique et sombrent dans l'hébétude des « Junkie hotels » où des gosses ne font rien d'autres que se piquer toute la journée, n'attendant que la prochaine dose et rien d'autre.

    On parle beaucoup de fraternité, d'amour et de tolérance, mais on se contente de fumer du « hash » en guise de réponse ou de projet, à une exception près qu'est le groupe des « Diggers », qui n'avaient pas besoin de franges, de fleurs dans les cheveux ou de combi Volskwagen pour rêver d'un tout petit peu plus d'équité. Il y avait une différence entre les enfants sages qui ne faisaient que sacrifier à la mode et se défouler sexuellement et moralement, sachant très bien que ça finirait par un « costume trois pièces » et un attaché-case, et les « freaks » qui y croyaient vraiment, s'imaginant pour de bon entrant enfin dans l'ère du Verseau. L'instinct grégaire y était tout autant développé que de nos jours, avec son corollaire habituel qui est l'absence totale de réflexion intellectuelle individuelle, ainsi un après-midi d'euphorie, un jeune auteur avait lu devant un public de hippies un texte sur la jeunesse, dont l'auteur était en fait Hitler qui avait lu ça devant les « Hitlerjugend » en 1935, ceci afin de démontrer la vacuité du mouvement. Après les réactions exaltées des auditeurs, l'auteur du canular avait vendu la mèche. Malgré les autocollants « Peace and Love », il manqua de se faire lyncher : « Gare à celui qui dit la vérité... », on connait la suite. L'auteur s'engage dans une communauté anti-guerre du Vietnam à la fin de son séjour, beaucoup s'enfuiront pour échapper aux combats, à la différence des noirs pauvres qui constitueront une « chair à canon » de substitution en somme. Quelques icônes entrent déjà au panthéon des héros universels, alibi des amateurs de lieux communs, prophètes sans grandeur d'un empire du Bien encore à venir. Kennedy à l'époque ou Obama maintenant, c'est un peu le même cliché.

    J'aimerais trouver ce livre sympathique mais je ressens un peu cela comme le témoignage d'un quinquagénaire pleurant à chaudes larmes sur un passé idéalisé pour une bonne raison, il l'a vécu, ce genre de personnages à catogan qui fait dans la culture après avoir glandé plusieurs années ou en université ou en pantouflant ailleurs, quitte à ce que ce soit la boîte de Papamaman. De leur expérience hédoniste de jouisseur bourgeois, il tirent parfois la croyance qu'ils sont là pour guider le reste du monde, l'amener au bonheur, parfois malgré lui, et finissent idéologues communs, dogmatiques sans pitié, ennemis de toute contradiction qui les amène pour certains à se comporter en miliciens de la pensée morale ou politique.

    Janis Joplin pour incarner l'esprit de cette époque...

  • Lester Bangs parle de Brian Ferry

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    J'ai toujours beaucoup apprécié la littérature dite "Rock" ce qui est d'ailleurs un tant soit peu réducteur, les écrits de Nik Cohn ("Anarchie au Royaume Uni" entre autres, qui parle du mouvement "punk" et offre en passant un panorama passionnant de l'Angleterre chaotique des années 80), Greil Marcus ("Mystery train", presque exhaustif) ou Nick Tosches (l'excellent "Hellfire") car si l'on n'a pas compris que ce n'est pas seulement un phénomène musical que cette musique, l'on n'a rien compris. Les livres de ces auteurs comme les critiques de Lester Bangs, célèbre éditeur du fanzine "Creem" et non "Cream", subjectif, dandy, railleur et exigeant quant à ses goûts. Je m'offre et vous offre un petit aperçu de ce qu'il exprimait comme opinions avec cette vidéo...