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Cinéma

  • Pour en finir avec les geeks

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    geek, culture pop, société, adulescent, politique, feuilletons, amaury watremezCe n'est pas que je n'aime pas la "pop culture" que chérissent les "geeks" et autres "nerds". Bien au contraire, j'aime beaucoup certaines vieilles séries télé que l'on peut regarder avec la "suspension d'incrédulité" que les enfants pratiquent sans réfléchir. Que des effets spéciaux soient rudimentaires n'a en fait aucune importance si le spectateur croit à l'histoire, si celle-ci est bien racontée. Mais certaines de ses vieilles séries que l'on trouve toutes sur internet, pouvant vivre

     

    J'aime bien aussi la bande dessinée, en particulier l'anglo-saxonne, mais de là à sombrer dans des fixettes et autres lubies à leur sujet il y a un abîme. Le geek sait quel est le modèle de tournevis sonique que le Docteur Who a à la main dans le comic book dessiné par Dave Gibbons en 1974. Il a cru remarquer que dans les premières minutes du troisième "Star Trek" cinématographique Kirk a son insigne plus à droite sur son uniforme qu'à la fin du long métrage. Il a tous les manuels pour faire voler les dragons et les vaisseaux spatiaux de "Star Wars" dont il connaît les plans par cœur,

     

    Des savoirs fondamentaux à n'en pas douter. Pour le "geek" ses compulsions télévisuelles ou cinématographiques sont sacrées. C'est plus que tout, c'est important. Et ça le relie à son enfance alors qu'il est coincé dans un corps d'adulte qui vieillit...

     

    Le "geek" regarde "Games of Thrones" parce que c'est un "Seigneur des Anneaux" avec du sexe dedans et des nudités en "full frontal".  Il adorait également "Breaking Bad" parce qu'il pouvait croire alors qu'un type comme lui, un binoclard, pouvait devenir un truand, un dur de dur, un homme un vrai, un mâle alpha. C'est toute la culture qui se "geekise" et qui met au même niveau Proust, Céline et Georges R. Martin (l'auteur du "Trône de Fer). Alors que culturellement ce n'est pas tout à fait la même chose bien que l'on puisse trouver les livres de ces auteurs dans les mêmes rayons à la FNAC.

     

    C'est en fait toute la culture qui est vampirisée par les "geeks" ou toute œuvre se doit d'avoir ses gadgets en relation, ou "goodies" en langue geek, voire son jeu vidéo, ses dessous de plats, ses "mugs" etc....

     

    Plus grand monde ne reconnaît de hiérarchie réelle dans les goûts culturels en affirmant le poncif habituel : "tous les goûts sont dans la nature". Alors que celle-ci existe et que l'inculture n'est pas quelque chose de subjectif, un "sentiment". Lire Stephen King avant ou la saga "Harry Potter" ou toutes les dystopies (contre-utopies) adolescentes à la mode en ce moment ce n'est déjà pas si mal me dira-t-on. Au moins cela permet que beaucoup de jeunes continuent à lire. Mais Rien ne leur interdit de passer à l'étape supérieure et de lire de la littérature un peu plus exigeante intellectuellement, de celle qui fait mûrir et qui ne cantonne pas le lecteur à un rôle d' "adulescent" perpétuel.

     

    Ce que sont beaucoup trop de grandes personnes de nos jours vivant dans un perpétuel présent, celui de leur post-puberté.

     

    Image empruntée ici

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

  • Le ciné de Charles

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    cinéma, société, aznavour, hommage, mort, amaury watremezSi j'aime bien quelques chansons d'Aznavour, j'ai largement tendance à le préférer au cinéma....

     

    Il promène sa gueule caractéristique dans de nombreux films "noirs" des années 50-60, son accent de "titi" parisien pur sucre, son physique faussement frêle car il jouait toujours des "hommes" des durs. Il disait très bien aussi les dialogues d'Audiard. Il les avait en bouche aussi bien que les autres habitués du "petit cycliste". Celui-ci, faux dilettante, avouait d'ailleurs s'inspirer des expressions originelles  des acteurs et les utiliser pour leurs personnages. La plupart des répliques de Ventura et Blier dans "les Tontons Flingueurs" sont des phrases que l'un ou l'autre a dit auparavant dans des contextes bien entendu différents...

     

    "Éparpillé par petits  bouts façon puzzle" par exemple, c'est de Blier, "il commence à me les briser menu" c'est de Ventura aussi à la base, ou "tu veux quand même pas qu'on forme une amicale", réplique qu'il lance à Annie Fratellini dans "La métamorphose des cloportes" également...

     

    Dans "Tirez sur le pianiste" de François Truffaut, d('après David Goodis, polar bavard qui se la raconte un peu, Charles est le seul intérêt du film avec la merveilleuse Marie Dubois. On me rétorquera que c'est déjà pas mal, mais ce film noir qui nous dit, nous hurle, qu'attention le réalisateur n'est pas dupe des ficelles du film de genre qu'il entend déconstruire, tout ça, ne m'enchante pas. Et certes bien sûr il y a aussi la scène avec Michèle Mercier au début de l'histoire pour la bonne bouche et l'anecdote gauloise. Je crois que l'on est en droit de préférer "la mariée était en noir", plus sobre, plus "à l'os". C'est Charles qui dans "un taxi pour Tobrouk", film de guerre inoubliable et pacifiste dans le meilleur sens du terme, qui dit la réplique immortelle :

     

    "Deux intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche"....

     

    Dans "La métamorphose des cloportes" d'après Boudard, il est Edmond le copain d'enfance d'Alphonse qui finit par le trahir par trop de rancœur et de jalousies accumulées. Edmond, c'est le copain petit dur à carrure d'ablette, le petit voyou qui ne s'en laisse pas compter mais qui reste le petit qui a besoin d'un grand pour être protégé. Après avoir essayé de jouer la comédie de l'apaisement, du brave type transformé par la spiritualité indienne et tout le tremblement, Edmond finit par cracher son dépit à Alphonse qui le retrouve dans un petit pavillon meulière après avoir fait quelques années de "cabane" à cause de lui et qui veut lui casser la figure mais qui n'aura finalement pas à se donner cette peine.

     

    Et bien sûr il est le "petit" Kachoudas dans "Les fantômes du chapelier" (voir à ce lien) de Claude Chabrol d'après Simenon, le petit tailleur plus courageux que les tous les fiers-à-bras qui ose montrer à l'assassin Serrault qu'il le surveille, qu'il l'empêchera de commettre d'autres meurtres. Après ce film il ne tourna pas grand-chose de notable excepté un petit rôle dans "le Tambour". Quand je regarde ces films j'ai toujours l'impression que Charles est un de mes oncles parigots, un oncle de rêve, un de ceux que l'on sent un peu fragile derrière la carapace...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration  empruntée ici

  • Petit(s) hommage(s) à Aznavour

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  • Don Quichotte aujourd'hui, hier, de toute éternité

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    cinéma, don quichotte, terry gilli:am, société, politique, amaury watremezQu'il était étrange hier de sortir de la salle de cinéma où je suis allé voir, partagé entre l'émerveillement et l'envie de sombrer dans le désespoir ensuite, « l'Homme qui tua Don Quichotte » de Terry Gilliam, de retrouver la triste société qui est la nôtre après un film exaltant les belles idées, l'abnégation, la grandeur d'âme, la faculté de rêver, de croire à autre chose que l'argent et ses plaisirs frelatés, J'en suis sorti comme l'enfant que j'ai été, clignant des yeux, tout surpris de retrouver la lumière du monde après avoir voyagé en imagination...

     

    Dans ce monde illuminé par des soleils trompeurs les jeunes filles ne croient plus au prince charmant, attendent que les hommes se comportent virilement mais savent bien que ce n'est plus possible. Les princes eux-mêmes sont fatigués, servant le maître qu'il convient pour continuer de bien vivre et profiter de l'existence terne et de l'égotisme étriqué de ces temps troublés.

     

    Un égotisme calculateur, un égotisme de comptable aigri...

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  • Une planète de primates enfin évolués ?

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    Le cinquantenaire de "la Planète des singes" de Franklin J. Schaffner

     

    cinéma, société, politique, littérature, amaury watremez"La Planète des singes", le premier film et ses suites, est lié pour moi au bruit d'un inhalateur électrique contre le rhume, bruit ressemblant à celui émis par les "mutants" du deuxième volet quand ils torturaient trois des personnages. J'inhalai tout en regardant le film. D'aucuns penseront que j'étais déjà snob. De vieux souvenirs cependant encore très nets car les films des années 70 et la série télévisée m'ont marqué profondément ainsi que de nombreux quadragénaires. De plus, les maquillages simiesques de John Chambers seront toujours plus intéressants que les effets numériques les plus photoréalistes des trois "remakes" des années 2000 où Andy Serkis interprète César, le personnage principal.

     

    ils auront toujours plus de matière, de force, le cerveau discernant la fausseté d'une image inconsciemment...

     

    Passons pudiquement sur le "remake" mou du genou et creux de Tim Burton visiblement peu inspiré par l'histoire...

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  • Les cinquante ans de "2001"

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    2001,cinéma, kubrick, société, amaury watremez« 2001 » de Kubrick a cinquante ans. Bien entendu, on a le droit de ne pas aller au cinéma, de prétendre que le dernier bon film que l'on ait vu soit « Tabarin fait des crêpes » (de 1918) ou rappeler que les ptits z-oiseaux, les ptites fleurs émerveillent bien plus que des ombres lumineuses mouvantes sur écran blanc dans des salles noires. Auquel cas il vaut mieux éviter de s'ennuyer à regarder « 2001 » qui n'a pas d'histoire à proprement parler, pas ou peu de personnages attachants, ou marqués par un certain pessimisme sur l'homme : de l'os qui tue le tigre dans la première partie aux missiles nucléaires en orbite autour de la terre il n'y a pas tant de différences que cela, ou d'évolution réelle...

     

    ...Finalement nous en sommes toujours à interdire notre « point d'eau » aux autres.

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  • Rire de la tragédie

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    à propos de « la Comédie à l'italienne » de Enrico Giacovelli paru chez Gremese

     

    (un extrait de "mes chers amis" et la bande annonce américaine de "le Pigeon"' en illustrations)

     

    cinéma, italie, société, dérision, amaury watremezDans le cinéma italien, il y a la grosse comédie bien lourdaude, bien grotesque qui au moins avait le mérite de n'avoir aucune prétention. Les italiens l'appelaient « italiote ». Et il y a eu des années 60 aux années 80 un âge d'or de la comédie plus grave, plus mature aussi. Il vint après les films « téléphones blancs » des années fascistes, se déroulant tous dans des environnements de rêve le plus irréalistes possibles, après les pitreries des comiques plus traditionnels des années 30 et découle en grande partie du néo-réalisme rose, ces films évoquant la pauvreté mais idéalisée, sans jamais montrer les ravages qu'elle implique.

     

    Dans ces comédies à l'italienne dans ces grandes années on riait de choses sérieuses, du tragique et de l'absurde de l'existence. On y moquait la bêtise du mode de vie née dans ces tristes années consistant à consommer tout ce qui passe à portée de la main, choses et êtres. Certains réalisateurs utilisaient pour cela le genre du film à sketchs, donnant à la nouvelle une gloire cinématographique s'inspirant d'auteurs contemporains tel Dino Buzzati ou Italo Calvino.

     

    Ce genre de films ne prenait pas le spectateur pour un demeuré, on le croyait capable de réfléchir par lui-même. Illusion bien entendu. L'homme moderne adore qu'on réfléchisse à sa place.

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  • Clopinettes

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    politique, cinéma, Agnès buzyn, socité

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    L'auteur de ces lignes avertit en préambule les lecteurs éventuellement mal-comprenants, il trouve que la cigarette c'est mauvais pour la santé, que boire trop d'alcool, c'est mâââl, qu'être méchant avec son prochain c'est pas bien du tout et qu'il convient bien entendu d'attacher sa ceinture de sécurité quand il est en voiture. Cependant, j'en ai aussi, comme d'autres, plus qu'assez de la moralisation infantilisante qui envahit dorénavant tous les aspects de notre vie personnelle. Et je ne fume pas ni ne boit avec excès, et je m'efforce le plus possible de manger cinq fruits et légumes par jour.

     

    Agnès Buzyn, l'inénarrable ministre de la santé à Jupiter, déclare la semaine dernière que les cigarettes dans les films français puis rétropédale depuis quelques jours (elle réagit ici sur le rôle social que les acteurs auraient à jouer et ironise maladroitement sur le tweet de Valérie Trierweiler qui se moque d'elle). On a comme l'impression que soit elle nous prend pour des andouilles, soit les communicants de Macron l'ont dûment chapitrée. Et pourtant elle a bel et bien suggéré très clairement l'interdiction de la cigarette sur les écrans noirs de nos nuits blanches devant le parlement.

     

    Elle affirmait même alors avoir alerté la ministre de la Culture et des restrictions de budget de la création sur la question (voir ici)...

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  • Le môme Audiard et les malveillants

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    cinéma, michel audiard, antisémitisme, hypocrisie, amaury watremezSur la photo on reconnait à gauche le journaliste du Monde dénonçant Audiard...

     

    Des adeptes de la racontouze ont cru bon ces dernières semaines de ressortir de derrière les fagots des articles que le « petit cycliste » avait placé dans des journaux collabos pendant la Seconde Guerre (voir ici, ici et ). L’occasion était trop belle pour les malveillants. Comme ils sont courageux mais pas téméraires, ils s'y mettent à plusieurs. C'est moins risqué. Du haut de leur grandeur morale, mais on se demande toujours quel grossium les a affublé d'une pareille autorité, ils distribuent leurs bénédictions et ici leurs anathèmes sur leurs victimes de la semaine avec comme d'habitude les mêmes « patenôtres » doucereux....

     

    ...Eux ils ne voulaient pas balancer, pensez donc, mais ils sont bien obligés. Aucun d'eux ne peut imaginer un seul instant que même des jeunes auteurs ne vivaient pas d'amour et d'eau fraîche pendant l'Occupation ? Que nous étions vaincus à plate couture ? Que les vrais résistants étaient une minorité infime ? Que si Audiard a placé des textes malheureux cela ne fait pas de lui un « collabo » en puissance ? Qu'il faudrait alors virer des bibliothèques les trois quarts des auteurs y étant, à commencer par le « crapaud » sartrien et le « castor » de Beauvoir.

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  • Barbes bleues

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    cinéma, sexe, femmes, harcèlement, salopards, barbes bleues, harvey weinstein, amaury watremezJe suis un homme et ainsi que quelqu'un le disait "là où il y a de l'homme il y aura toujours de l'hommerie". Je ne dédaigne pas à l'occasion de faire dans la bonne grosse blague gauloise. Elle a l'avantage de choquer le bourgeois, fût-il bien pensant de droite ou de gauche, ces pauvres petites choses, ce genre de plaisanteries en est d'autant plus drôle. Par contre je ne supporte pas mes congénères pratiquant la drague lourde, la danse de séduction appuyée, beaucoup trop.  Comment font-ils pour ne pas avoir honte ? Ne pas voir leur ridicule ?

     

    C'est pour beaucoup comme une compétition de "mâles alpha" comparant la taille de leurs organes reproducteurs, de gorilles ahanant pour montrer combien ils sont virils. Toutes ces gesticulations censées prouver leur masculinité ne font que montrer surtout leurs doutes sur la question et pour d'aucuns parmi eux une homosexualité latente et inavouée. Les femmes supportent soit par lassitude soit parce qu'elles ne veulent pas prendre de risque avec un abruti ayant un peu de pouvoir et n'hésitant pas à en brandir la menace. Et les femmes aussi peuvent faire certes preuve de lourdeur mais il me semble que c'est plus rare.

     

    Des femmes malines peuvent également tirer avantage de ces abrutis facilement en leur faisant miroiter mille et un délices luxurieux...

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  • Bonjour chez vous !

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    télévision, société, politique, le prisonnier, patrick mac goohan, amaury watremez

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    Je me réveille dans un de ces fauteuils « design » ronds. On m'a habillé de vêtements que portaient les estivants dans les stations balnéaires anglaises dans les années 60. Au revers de ma veste je trouve un badge « 9 » avec un ancien bicycle au-dessus. Au fond sur un écran, je distingue des formes floues qui ne cessent de changer, d'évoluer. J'entends une voix, à la fois bienveillante et d'une dureté sans pareil : « Vous ètes réveillé cher ami ? ». Un fauteuil comme le mien se tourne et je découvre un homme vêtu de la même manière que moi avec un parapluie à la main. Il a une écharpe multicolore autour du cou et un badge « 2 ».

     

    « Je suis le nouveau numéro 2, vous ètes le numéro 9. Bienvenue au village »

     

    Tout en commençant sa péroraison qu'il récite mécaniquement il m'invite à le suivre. Nous passons devant des encoignures curieusement éclairées dans lesquelles des individus entravés devant des moniteurs informatiques répètent inlassablement « bonjour chez vous » avec un grand sourire figé sur le visage. Nous traversons la salle dite « de sécurité », chaque villageois est surveillé, « pour son bien » rajoute le numéro 2.

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  • Des cinéphiles du troisième type  

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    à propos de "le Brady - cinéma des damnés" de Jacques Thorens dans la collection "Verticales" chez Gallimard (page de l'éditeur à ce lien)

     

    cinéma, le brady, mocky, amaury watremezQuand Jean-Pierre Mocky a repris le Brady il pensait en faire une salle d'art et d'essai lui permettant également de montrer ses films. Mais comme déjà à cette époque, il n'avait pas beaucoup de fonds, le "Brady" projetait des films en bout de course ou des longs métrages dits de genre coûtant beaucoup moins cher : de karaté, d'horreur, des pornos, des films d'action tournés avec peu de moyens. Afin d'attirer le chaland, le "Brady" proposa comme tous les cinémas de quartier de l'époque un double programme à bas prix comme les "Grindhouse" américains.

     

    Cependant, plutôt que de faire venir la clientèle de cinéphiles avisés et distingués, le "Brady" devint très vite le refuge des exclus du quartier, de tous les miséreux, les paumés, les clochards. Ils dorment devant les films, ronflant à grand bruit, mangent voire pique-niquent, certains apportant leur réchaud pour se faire griller des saucisses. Les toilettes sont des lieux de rencontre homosexuels ainsi que les rangées de fauteuils du fond.  Le "Brady" est leur seconde maison en attendant de se retrouver à la rue le soir ou dans un hôtel minable.

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  • Dans les ténèbres de Dark City

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    À propos de « Dark City : Le monde perdu du film noir » de Eddie Muller chez Rivages-Noir (voir à ce lien)

     

    cinéma, film noir, livre, société, amaury watremezL'auteur raconte comment ça se passe à « Dark City » qui est aussi « Sin City », une mégalopole gigantesque où les instincts les plus bas, les appétits les plus vils, les passions les plus dangereuses sont le quotidien, une ville que l'on voit dans tous les « films noirs » d'Hollywood. « Dark City » est l'envers du rêve américain même s'il engendrera des archétypes mythiques qui participeront de sa légende malgré tout ne serait-ce que par la figure de la femme fatale, Joan Bennett, Gloria Grahame la plus sulfureuse, du « privé » cynique en surface, des criminels mondains doucereux, des jeunes rebelles sans cause, du gangster à l'âme torturée comme Richard III....

     

    Le livre est un voyage dans les quartiers de « Dark City » présentant ses habitants, montrant son ascension et sa chute brutale et tragique tel un film de gangster avec James Cagney ancien comédien comique de radio (« l'Enfer est à lui », « l'Ennemi public » et sa scène fameuse dite du pamplemousse etc...). La plupart des futures vedettes y débutent, y compris Marilyn Monroe dans « Quand la ville dort «  de John Huston.

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  • Les morts-vivants descendus de l'écran

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    cinéma, Georges A Romero, société, horreur, épouvante, EC comics, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Georges A. Romero est mort il y a une semaine. Il se peut que de ses zombies soient, sortis de l'écran, qu'il y en a un ou plusieurs qui l'ont mordu et qu'il les a rejoint enfin. Peut-être même était-ce à dessein car au fond les morts-vivants les vrais c'est tous les citoyens-consommateurs de notre société aux appétits très étriqués, de plus en plus restreints, aux cerveaux de plus en plus standardisés. Nous sommes pour beaucoup comme les masses apathiques et parfois violentes du film de Romero « Dawn of the dead », « Zombie » en France dans lesquels les morts revenus à la vie se précipitent au centre commercial mécaniquement. Il y eut deux versions du film, une américaine et une européenne montée par Dario Argento et agrémentée d'une musique du groupe « Goblin »...

     

    Il commença sa carrière en tournant des films commerciaux et d'entreprise à Pittsburgh avec les moyens du bord sans connaissance technique particulière, se cultivant sur l'éclairage, le cadre ou l'étalonnage grâce à sa cinéphilie boulimique depuis l'adolescence. Il préférait le cinéma à la vie banale de « teenager » sous Eisenhower, indifférent aux bals de fin d'année, aux rituels scolaires et sociaux. Comme tous les enfants et les adolescents peu doués pour la vie sociale et ses conformismes il adorait tout ce qui lui permettait d'y échapper.

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  • Martin Landau et la part d'enfance des « babyboomers »

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    cinéma, martin landau, télévision, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Martin Landau est mort le 16 juillet à l'âge vénérable de 89 ans (voir à ce lien). Ainsi que pour de nombreux « babyboomers » c'est une part d'enfance qui s'en va avec lui. Nous le regardions dans « Mission : Impossible » où jouait aussi sa femme Barbara Bain. Elle était son élève dans son cours de comédie qu'il donnait à Hollywood. Avec eux la série gagnait en complexité et en noirceur avec un zeste de transgression.

     

    Et il était sans doute le meilleur comédien du « show ». Quand ils arrêtèrent de jouer dedans c'était beaucoup moins intéressant.

     

    Nous l'avions suivi dans « Cosmos 1999 » qui passait après l'école. Il s'était exilé avec sa femme en Grande Bretagne y cherchant des premiers rôles. Je m'étonne encore que les censeurs de programmes pour la jeunesse aient laissé certains épisodes légèrement horrifiques être montrés aux enfants qui n'en étaient pas traumatisés. Sans doute considéraient-ils que comme c'était de la Science Fiction, c'était sans grandes conséquences.

     

    Je préfère et de loin « Cosmos 1999 » à « Star Trek » qui sous sa forme télévisuelle m'ennuyait prodigieusement...

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  • L'auteur du "Grisbi" parle du "mitan"

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    A propos de "Lettre ouverte aux voyous" de Albert Simonin aux éditions Arléa

    simonin.jpgAlbert Simonin avec son accent parisien et ses manières de "titi" m'est proche en soi même si je ne l'ai pas connu car il me rappelle de mes grand mère, oncles et grands oncles ayant le même vocabulaire et le même sens de la formule incisive. Car les "titis" avaient cela pour eux, le sens de la vanne qui tue en trois quatre mots sans coup férir, et la même façon de placer les accents toniques comme il convenait de le faire, comme dans "J'Me casse".

     

    Bien sûr, le sens de la formule ne rend pas automatiquement spirituel mais c'est déjà mieux que rien, que le néant servant de cervelle à des amuseurs actuels persuadés que dire des saloperies donne forcément l'air canaille.

     

    Albert Simonin est souvent le grand oublié de la mémoire des films noirs des années 50, 60, des polars à la Papa. On évoque surtout Michel Audiard. Et comme lui on le réduit surtout à un aimable connaisseur de l'argot et du "milieu", un voyou divertissant que l'on invitait ou qu'on lit pour se donner des frissons et le genre "affranchi" bien qu'il s'évertua déjà à décevoir les attentes des mondains, des petits garçons et petites filles sages par esprit de contradiction ou juste pour leur "scier la rondelle".

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  • Le roi du gimmick (mais pas que)

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    À propos de « Comment j'ai terrifié l'Amérique » - 40 ans de séries B à Hollywood, autobiographie de William Castle chez Capricci

     

    cinéma, politique, littératiure, sociétéWilliam Castle est un des rois du cinéma d'exploitation et de la « série B ». Né Schloss, (Castle en anglais donc), il grandit à New York dans le « Village » où il découvre le cinéma et le théâtre. Gamin débrouillard et très sûr de lui, il devient régisseur de scène sur un malentendu, un coup de bluff. Les compulsifs de cinoche le connaissent bien car on le voit, ou un personnage s'inspirant fortement de lui dans « Panic à Florida Beach » de Joe Dante, ce personnage de producteur à gros cigare aimant les gros effets pour faire frémir un maximum le public :

     

    Micro-décharges électriques dans les sièges, squelettes volants, assurance-vie pour les spectateurs qui mourraient de peur etc...

     

    Il est légendaire à tel point que dans « la Conspiration des ténèbres » un livre fantastique Theodore Roszak imagine qu'il a tourné un film maudit qui ouvrirait vers une conspiration ésotérique mondiale extrêmement dangereuse (voir à ce lien).

     

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  • Les perles précieuses et moins précieuses du cinéma d'exploitation

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    à propos de « Drive-in & grindhouse cinema : 1950's-1960's » paru aux éditions IMHO

     

    cinéma, télévision, société, grindhouse, amaury watremezLe cinéma est un tout, ce n'est pas seulement les « grandes » œuvres, les « classiques » reconnue comme tels, les œuvres réputées obligatoires. Le cinéma c'est aussi et surtout le « cinoche », ces films populaires qui se permettaient parfois d'innover et d'aller beaucoup plus loin que les œuvres plus honorables. Rester curieux sur les « petits » films permet de temps en temps de dénicher des talents extraordinaires. Henri Langlois lui-même voulait sauver tout les films, s'angoissait à l'idée d'en oublier un seul.

     

    Le cinéma dit « bis », les « séries Z » selon le terme en vigueur un peu méprisants, sont devenues à la mode depuis déjà quelques années. N'importe quel pékin moyen peut se déclarer cinéphile en déterrant de l'oubli un film d'épouvante, de SF fauchée ou d'horreur. Un peu à cause de Tarantino, se voyant comme grand cinéphile devant l'éternel, et de « Pulp Fiction » où il cite de nombreux films « d'exploitation » qu'il connait par cœur. Car plutôt que d'évoquer des « séries B » ou « Z » sans trop savoir ce qu'il y a derrière ces termes, il convient plutôt de parler pour les longs métrages parfois transgressifs, parfois talentueux, mettant en scène des extra-terrestres aux yeux pédonculés poursuivant des jeunes filles terrifiées en bikini, ou sans bikini.

     

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  • « Ghost in the Shell » blockbuster ultra-pessimiste

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    Avec un petit post-scriptum sur la désastreuse espèce des "fans"

     cinéma, mangas, société, ghost in the shell, amaury watremez« Ghost in the Shell » de Rupert Sanders, sorti ce mercredi 29 Mars, est la troisième adaptation cinématographique du manga éponyme, et le premier film « live » à partir de ce matériau après deux dessins animés. On me dira que ce long-métrage pourrait être également considéré comme d'animation de par les nombreux effets numériques transformant parfois les acteurs en personnages dessinés. C'est bel et bien un « blockbuster », un « popcorn movie » avec de l'action frénétique, des « gunfights » à outrance, et une héroïne qui se bat comme la « Veuve noire » dans « Avengers », ce qui est normal puisque c'est la même interprète, à savoir Scarlett Johanson.

     

    Et c'est aussi, et curieusement car on s'étonne que sa noirceur ait pu passer, un film d'auteur extrêmement pessimiste dans son propos sur notre esclavage abject à la technologie, notre déni progressif de ce qui constitue notre humanité au nom du progrès. Il évoque aussi notre acceptation d'une surveillance constante de notre intimité en prétendant nous protéger, et en arguant que si l'on n'a rien à se reprocher on ne devrait pas craindre celle-ci. C'est aussi comme le les deux films de Mamoru Oshii un questionnement sur notre identité (voir la bande annonce du film de 1995).

     

    Qu'est-ce qui nous définit en tant qu'être humain ?

     

    Sont-ce nos actes ou nos souvenirs ?

     

    Ou les deux à la fois ?

     

    Qu'est-ce qui définit la réalité de nos existences ?

     

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  • Génération docile

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    Moi qui suis un irrécupérable réactionnaire, un anar de droite indécrottable, je viens d'une famille où l'idée même de docilité est une des pires insultes que l'on pouvait dire à quelqu'un. C'était l'épithète infamante, ça l'est toujours.  Nous étions éduqués à l'indocilité. Nous n'étions sans doute pas la seule. Je ne suis donc pas entièrement responsable de mon comportement scandaleux pour notre époque. J'ai le plus profond mépris pour ces paradigmes sociaux réputés obligatoires afin de conserver sa place de maillon dans la chaîne des esclaves volontaires. Et ce qui m'effraie le plus c'est la docilité absolue des plus jeunes générations, leur crédulité terrible, leur incapacité à faire preuve de sens critique, leur malléabilité terrifiante.

     

    Il suffit de tellement peu pour qu'ils tombent dans les bras d'un démagogue ou un autre, d'un fou furieux fanatique, d'un cinglé illuminé.

     

    Avant un vieux con pouvait déplorer qu'il n'y avait plus de jeunesse, que les jeunes étaient de plus en plus mal élevés, des rebelles provocateurs, chevelus ou non.

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  • Ces génies du Jazz fracassés

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    à propos de « Low down : jazz, came, et autres contes de la princesse be-bop » de Amy Joe Albany en 10-18

     

    littérature, cinéma, société, amérique, amy joe albany, amaury watremezLorsque sont évoqués les génies du jazz, en particulier ceux ayant créé le style « be bop », on se rend compte que la plupart sont complètement fracassés par la vie, des inadaptés flamboyants, des « losers » magnifiques, des comètes musicales. La plupart étaient afro-américains mais on oublie souvent les autres, dont les blancs, excepté Chet Baker et sa belle gueule de travers. Je ne connaissais pas Joe Albany, pianiste délicat dans le style de Bud Powell, le père de la narratrice. Il était un des compagnons de création de Charlie Parker, drogué comme lui jusqu'à l'os, spécialiste du « travail du négatif ». Il vécut une période d'accalmie relative en Europe, en France plus exactement, dans les années 70.

     

    Heureusement que notre pays existait afin d'offrir aux musiciens de jazz qui chez eux jouaient souvent devant des convives parfaitement indifférents à leur musique un public à leur mesure, plus réceptif, plus bienveillant.

     

    Joe crut pouvoir oublier ses démons un temps, offrir à son « Amy Joe », sa « princesse be-bop » une vie presque normale, équilibrée, mais ses cauchemars, ses angoisses, une fois qu'il rentra aux États-Unis se rappelèrent à lui. Comme tous les artistes ou les âmes sensibles, ce monde ne suffisait à contenir sa soif de sensation et il eût voulu tout retranscrire, tout redonner. Mais un art si maîtrisé soit-il sera toujours imparfait dans l'expression de la beauté, L'idéal du créateur est toujours, en théorie du moins, chez les vrais créateurs, de parvenir à ne serait-ce qu'approcher la perfection. Ils se laissent parfois aller aux paradis artificiels afin de combler leur soif de ressentir toujours plus profondément le monde et sa beauté, ou sa laideur.

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  • « Chez nous » film anti-FN nuancé

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    cinéma,chez nous,société,politique,front national,amaury watremez

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    Quand l'auteur de ce blog est capable, lui aussi de nuances...

     

    J'ai vu « Chez nous » aujourd'hui dans une salle parisienne entouré de spectateurs qui étaient déjà persuadés du bien-fondé du message véhiculé par le film. Je doute sincèrement que des sympathisants du Front National ou des électeurs s'apprêtant à voter Marine le Pen aillent le voir. Une leçon de morale même intelligente, même raisonnée solidement, même donnée au sein d'un film bien réalisé demeure une leçon de morale. Et je suis convaincu que la plupart des citoyens appartenant à cette « France périphérique » méprisée largement par les élites de ce pays ait envie d'en entendre une de plus, si finement amenée soit-elle.

     

    Ce qui est ironique est que ce film est peut-être trop fin, trop complexe, pas assez dans la dénonce, pour les bourgeois pédagogues et les arbitres des élégances politiques. Certains se demandent déjà où se positionne Lucas Belvaux qui ne leur paraît pas suffisamment agressif finalement dans son portrait-charge, telle Elizabeth Martichoux éditorialiste et intervieweuse sur RTL. Sans doute aurait-elle préféré ces diatribes anti-FN où les invectives vertueuses tiennent lieu d'argumentaire.

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  • La maternité c'est supêêr

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    Femmes, ménagères desespérées, Société, politique, féminisme, amaury watremez

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    Dans Versailles où j'habite on croise plein de mamans avec les poussettes et tout, des mamans socialement favorisées pour la plupart. Précisons que Versailles est constitué de plusieurs quartiers, selon les revenus, et que normalement l'on ne doit pas se mêler. Il y a même près de la gare des « Chantiers » un quartier plus « populaire ». Par contre on rencontre de ces mamans partout. Et dans les parcs et petits jardins les milieux se côtoient grâce aux mères. Une jeune femme « moderne » peut ainsi échanger sur son expérience avec une jeune femme « voilée » en « hijab » et se trouver des points communs.

     

    Cela a des côtés plaisants tous ces enfants surtout pour un misanthrope comme moi qui ne s'entend facilement qu'avec les tout petits gosses et les animaux. Les gosses ont ceci pour eux qu'ils ne sont pas encore trop marqués par les préjugés des grandes personnes, les conformismes, les lieux communs. Ils leurs arrivent, pas toujours, d'être plus ouverts, plus sensibles aux autres bien que souvent la nature humaine étant ce qu'elle est, ils sont loin d'être tous idéalisables. Une cour de récréation peut être un endroit tout aussi cruel que « l'open space » d'une grande entreprise.

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  • Paris, Audiard et le goût du verbe

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    à propos de « le Paris de Michel Audiard » de Philippe Lombard chez Parigramme

     

    cinéma, audiard, littérature, amaury watremez

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    Dans ce petit texte, je ne fais pas dans la nostalgie, dans le violon, j'évoque...

     

    Le Paris d'Audiard a quasiment entièrement disparu métastasé par la gentryfication, les bourgeois « équitables » et, ou « durables », « citoyens ». Il est pourtant encore là, plus ou moins présent, caché dans des endroits que les prétentieux, les malfaisants ne connaissent pas. Il reste des traces, des vestiges pour qui veut bien les voir. Le Paris d'Audiard était celui des petites gens, des gamins combinards, des petits voyous gouailleurs, des escrocs à la petite semaine un rien mythomanes, des filles faisant le trottoir et s'usant petit à petit entre « l'affectueux du dimanche » et le client « qui venait en voisin ».

     

    On s'y mélangeait, on s'y fréquentait, on s'y parlait entre prolos et notables, bonnes dames et catins. Les milieux se croisaient, se jaugeaient, parfois aussi échangeaient autre chose que des cartes de vœux. Les plus riches étaient dans la « part de gâteau » décrite par Céline dans le « Voyage au bout de la nuit », de l'Arc au Triomphe aux serres d'Auteuil. On n'allait pas dans le XVIème, on n'y croisait que des petits vieux, des matrones sans âge, parfois des sous-maîtresses montées en grade, ayant fidélisé le client d'une manière ou d'une autre.

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  • La compagnie des femmes

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    femmes, séduction, féminisme, politique, sexe, amour, amaury watremezDepuis ma petite enfance, ce qui ne nous rajeunit pas, j'ai toujours préféré, et de loin, la compagnie des femmes à celle des mâles, mes semblables, mes frères. Et ceci à un point tel que j'ai souvent été soupçonné par des personnes peu capables de nuances d'homosexualité latente, comme si la sensibilité à l'art et au monde, à la beauté, l'attrait pour la féminité étaient pour un homme, pour un garçon, une tare indigne. Ce n'est pas que j'idéalise les femmes, je sais parfaitement combien elles peuvent être triviales, voire grossières. Elles peuvent être retorses, malignes, moqueuses. Elles peuvent même être hélas, ainsi que les hommes, complètement idiotes et conformistes.

     

    Ou hommasses, ce qui est pire que tout...

     

    Cependant, une femme, même celle qui se croit laide, même celle qui se croit sans charmes, sans séductions, aura toujours un moment où croyant échapper aux regards inquisiteurs elle s'abandonnera à être elle-même, et ce tellement plus que l'autre sexe. Elle sera alors infiniment émouvante, étourdissante de beauté sans le savoir, sans s'en rendre tout à fait compte elle-même. Car si toutes les femmes ne sont pas toujours belles, elles peuvent l'être...

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  • Caustiques mais avec style

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    absolutely fabulous, cinéma, société, mode, frivole, politique, société, amaury watremezSi l'on n'aime pas les films à grand discours, moralisateurs et creux au fond...

     

    Il y a quelques années, en 2001, les français avaient tenté sur grand écran une adaptation signée Gabriel Aghion de la série britannique « Absolutely Fabulous » de Jennifer Saunders où elle jouait également en duo avec Joanna Lumley. C'était une catastrophe presque comparable au 11 septembre. Le film avec Balasko et Baye était complètement nul, vulgaire et sans intérêt. Aucun rythme, aucun humour, aucune finesse. Il faut avouer que les anglais ont un avantage très net sur les français en matière d'élégance, ils arrivent à être très excentriques et provocateurs sans en perdre un atome. Et ils cultivent et pratiquent l'humour à froid de façon largement plus brillante que nous.

     

    Dans le long-métrage sorti le 7 décembre dans notre beau pays, on retrouve Edina Moonsoon, Jennifer Saunders, son assistante un rien « à l'ouest » « Bubble », Jane Horrocks, la fille d'Edina, Saffron, Julia Sawalha, Patsy Stone, Joanna Lumley, égales à elles-mêmes, toujours largement irresponsables, toujours passionnés de rester « in » fût-ce en adoptant des modes débiles ne convenant plus en théorie à leur âge. Patsy et Edina sortent tous les soirs, boivent trop, en particulier du « Bollinger ». « Where's the Bollinger sweetie darling ? » est dans la série originelle et dans le film une question existentielle cruciale.

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  • Prendre Sausage party au sérieux ?

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    Moraliser le cinéma

    dessin animé, sociologie, politique, société, cinéma, censure, sottise, religions, catholicisme, amaury watremezLa polémique, si on peut appeler ça ainsi car elle est picrocholine, autour du dessin animé pour adultes « Sausage Party », m'amuse beaucoup. Et je ne comprends pas trop : ceux qui condamnent « Sausage Party » sont dans le même temps pour une libéralisation encore plus marquée de l'économie, libéralisation qui entraîne mécaniquement celle des mœurs. Ou alors sont-ils hypocrites ?

     

    Cette discussion ridicule m'évoque également l'abbé Bethléem. Cet abbé a pratiqué tout le temps de son sacerdoce la censure attentive des œuvres littéraires et cinématographiques de son temps. Il s'est régulièrement trompé sur la valeur artistique de ce qu'il prétendait interdire au nom de la foi chrétienne manquant singulièrement de discernement sur la plupart des auteurs de livres et de films. Il s'est systématiquement trompé avec une constance qui inspire l'admiration.

     

    Il les aura tous manqué, y compris les écrivains catholiques...

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  • Wes Craven et le Mal sur grand écran  

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    à propos de "Wes Craven, quelle horreur ?" de Emmanuel Levaufre aux éditions Capricci, novembre 2016.

     

    cinéma, wes craven, société, politique, cinéma bis, amaury watremezLes éditions Capricci viennent encore de sortir un excellent de livre de cinéma et sur le cinéma, ici sur l'Horreur et le Gore, l'Épouvante. Mais aimer le cinéma n'est-ce pas aimer Orson Welles ET Ridley Scott, Fellini ET John Carpenter, Visconti ET Wes Craven ? L'auteur s'intéresse à la personnalité de Wes Craven, le créateur du "croquemitaine" le plus célèbre du Fantastique, Freddy Krueger, et à sa mise en abyme des films horrifiques dés "La dernière maison sur la gauche". Emmanuel Levaufre recadre également ce qui relève des "séries B", du cinéma dit d'exploitation et ce qu'est vraiment un "film culte", à savoir une œuvre ne trouvant le succès que grâce au bouche à oreille des "happy few". Il s'intéresse aussi aux réflexion "méta" que sont nombre de films de Wes Craven mais aussi de John Carpenter.

     

    Il ne tombe pas dans le travers maintenant habituel de nombreux critiques de cinéma qui est de porter aux nues des "zèderies" immondes, et qui le resteront jusqu'à la fin des temps (et des siècles et des siècles amen) et ce malgré leur côté toujours involontairement rigolo au trente-sixième degré, car ignorées, croient-ils, du reste des cinéphiles. A leur décharge il faut dire que la culture cinématographique de nombreux auteurs commence en 1992, 93 avec les premiers films ultra-référentiels de Tarantino.  Ne parlons pas de la majorité des spectateurs brouteurs abrutis de "pop corn" devant des "blockbusters" qui ne sont que des "séries B" gonflées...

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  • Réparer les vivants par l'eugénisme

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    cinéma, société, réparer les vivants, politique, maylis de kerangal, amaury watremez

    Dédié à Olivier Prévôt (il faut lire son article dans Causeur "papier")

     

    S'il y a bien une conception petite-bourgeoise du cinéma ou de la littérature qui m'agace particulièrement, c'est celle qui veut que ces arts devraient obligatoirement servir à l'édification des masses. Que cette pseudo édification soit de gauche, de droite, religieuse ou pas je ne peux m'empêcher de trouver cela grotesque et inintéressant. Cela donne toujours des films ou des livres larmoyants, des déluges de bons sentiments pénibles, marqués aussi par le pire conformisme moral et intellectuel et dont l'auteur se chausse de gros sabots voire de semelles fortement cloutées et orthopédiques.

     

    « Réparer les vivants » de Katell Quillévéré adapté du roman de Maylis de Kerangal ressort clairement de cette catégorie à laquelle « Intouchables » s'apparentait également.

     

    Je me fiche complètement de jouer ici les râleurs, les emmerdeurs. Le film et le livre font consensus ou presque car ils caressent le spectateur dans le sens du poil, l'encouragent dans son auto-satisfaction narcissique, la grande mode en 2016 avec la dictature de l'affectif. Et je ne serai pas le premier, l'écrivain Richard Millet (oui je sais, je sais) a décrit Maylis de Kerangal comme la romancière préférée des « milliers d’imbéciles » de la « petite bourgeoisie internationale déculturée ».

     

    Je rappelle donc l'histoire ou anecdote exemplaire du récit. Un jeune homme du Havre, Simon, un surfeur (oui, au Havre, sic) beau comme un dieu, charismatique, sympathique, se retrouve entre la vie et la mort, maintenu artificiellement dans cet état intermédiaire, en mort cérébrale après un accident de van suite à une session de surf. Dans le même temps, une femme parisienne, Claire Méjan, 51 ans, attend dans un délai de trois jours une greffe du cœur pour continuer à vivre, aimer, s'épanouir et toute cette sorte de choses.

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  • L'Amérique dont nous ne connaissons rien

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    politique, élections présidentielles américaines, Trump, Clinton, société, Amaury Watremez, clichés, bêtiseNous croyons tout savoir des États-Unis. Nous regardons principalement ses films et feuilletons depuis des décennies. Nous singeons son mode de vie que ce fut celui d'un « redneck » obèse se détendant dans les centres commerciaux géants le samedi, ce qui est devenu le loisir principal de la majorité des gens sous nos cieux. Ou que l'on se soit tel un intellectuel new-yorkais névrosé amateur de restaurants « vegans », en « psy » constante depuis des années, mais tellement libertaire, tellement ouvert. Les bourgeois pédagogues se rêvent souvent en personnages de « Seinfeld » ou de Woody Allen. Nous sommes fascinés par ce pays-continent dans une relation d'haine/amour complexe.

     

    Les « clichés » que nous croyons énormes sur les américains y sont vrais. Ils sont vraiment comme dans leurs fictions. Mais c'est infiniment plus complexe que cela, et il n'y a pas une ou deux Amérique mais quelques dizaines. On le voit même dans un reportage étonnant de l'émission de Barthès sur TMC montrant dans le Dakota du Sud des « bidonvilles » où habitent une population des plus pauvre, des plus déshéritée, de blancs votant tous pour Trump contrairement à ce que les médias français laissent entendre, ceux-ci suggérant que ce sont surtout les riches qui votent pour le milliardaire grossier candidat à la Maison Blanche.

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