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Cinéma

  • Les perles précieuses et moins précieuses du cinéma d'exploitation

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    à propos de « Drive-in & grindhouse cinema : 1950's-1960's » paru aux éditions IMHO

     

    cinéma, télévision, société, grindhouse, amaury watremezLe cinéma est un tout, ce n'est pas seulement les « grandes » œuvres, les « classiques » reconnue comme tels, les œuvres réputées obligatoires. Le cinéma c'est aussi et surtout le « cinoche », ces films populaires qui se permettaient parfois d'innover et d'aller beaucoup plus loin que les œuvres plus honorables. Rester curieux sur les « petits » films permet de temps en temps de dénicher des talents extraordinaires. Henri Langlois lui-même voulait sauver tout les films, s'angoissait à l'idée d'en oublier un seul.

     

    Le cinéma dit « bis », les « séries Z » selon le terme en vigueur un peu méprisants, sont devenues à la mode depuis déjà quelques années. N'importe quel pékin moyen peut se déclarer cinéphile en déterrant de l'oubli un film d'épouvante, de SF fauchée ou d'horreur. Un peu à cause de Tarantino, se voyant comme grand cinéphile devant l'éternel, et de « Pulp Fiction » où il cite de nombreux films « d'exploitation » qu'il connait par cœur. Car plutôt que d'évoquer des « séries B » ou « Z » sans trop savoir ce qu'il y a derrière ces termes, il convient plutôt de parler pour les longs métrages parfois transgressifs, parfois talentueux, mettant en scène des extra-terrestres aux yeux pédonculés poursuivant des jeunes filles terrifiées en bikini, ou sans bikini.

     

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  • « Ghost in the Shell » blockbuster ultra-pessimiste

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    Avec un petit post-scriptum sur la désastreuse espèce des "fans"

     cinéma, mangas, société, ghost in the shell, amaury watremez« Ghost in the Shell » de Rupert Sanders, sorti ce mercredi 29 Mars, est la troisième adaptation cinématographique du manga éponyme, et le premier film « live » à partir de ce matériau après deux dessins animés. On me dira que ce long-métrage pourrait être également considéré comme d'animation de par les nombreux effets numériques transformant parfois les acteurs en personnages dessinés. C'est bel et bien un « blockbuster », un « popcorn movie » avec de l'action frénétique, des « gunfights » à outrance, et une héroïne qui se bat comme la « Veuve noire » dans « Avengers », ce qui est normal puisque c'est la même interprète, à savoir Scarlett Johanson.

     

    Et c'est aussi, et curieusement car on s'étonne que sa noirceur ait pu passer, un film d'auteur extrêmement pessimiste dans son propos sur notre esclavage abject à la technologie, notre déni progressif de ce qui constitue notre humanité au nom du progrès. Il évoque aussi notre acceptation d'une surveillance constante de notre intimité en prétendant nous protéger, et en arguant que si l'on n'a rien à se reprocher on ne devrait pas craindre celle-ci. C'est aussi comme le les deux films de Mamoru Oshii un questionnement sur notre identité (voir la bande annonce du film de 1995).

     

    Qu'est-ce qui nous définit en tant qu'être humain ?

     

    Sont-ce nos actes ou nos souvenirs ?

     

    Ou les deux à la fois ?

     

    Qu'est-ce qui définit la réalité de nos existences ?

     

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  • Génération docile

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    Moi qui suis un irrécupérable réactionnaire, un anar de droite indécrottable, je viens d'une famille où l'idée même de docilité est une des pires insultes que l'on pouvait dire à quelqu'un. C'était l'épithète infamante, ça l'est toujours.  Nous étions éduqués à l'indocilité. Nous n'étions sans doute pas la seule. Je ne suis donc pas entièrement responsable de mon comportement scandaleux pour notre époque. J'ai le plus profond mépris pour ces paradigmes sociaux réputés obligatoires afin de conserver sa place de maillon dans la chaîne des esclaves volontaires. Et ce qui m'effraie le plus c'est la docilité absolue des plus jeunes générations, leur crédulité terrible, leur incapacité à faire preuve de sens critique, leur malléabilité terrifiante.

     

    Il suffit de tellement peu pour qu'ils tombent dans les bras d'un démagogue ou un autre, d'un fou furieux fanatique, d'un cinglé illuminé.

     

    Avant un vieux con pouvait déplorer qu'il n'y avait plus de jeunesse, que les jeunes étaient de plus en plus mal élevés, des rebelles provocateurs, chevelus ou non.

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  • Ces génies du Jazz fracassés

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    à propos de « Low down : jazz, came, et autres contes de la princesse be-bop » de Amy Joe Albany en 10-18

     

    littérature, cinéma, société, amérique, amy joe albany, amaury watremezLorsque sont évoqués les génies du jazz, en particulier ceux ayant créé le style « be bop », on se rend compte que la plupart sont complètement fracassés par la vie, des inadaptés flamboyants, des « losers » magnifiques, des comètes musicales. La plupart étaient afro-américains mais on oublie souvent les autres, dont les blancs, excepté Chet Baker et sa belle gueule de travers. Je ne connaissais pas Joe Albany, pianiste délicat dans le style de Bud Powell, le père de la narratrice. Il était un des compagnons de création de Charlie Parker, drogué comme lui jusqu'à l'os, spécialiste du « travail du négatif ». Il vécut une période d'accalmie relative en Europe, en France plus exactement, dans les années 70.

     

    Heureusement que notre pays existait afin d'offrir aux musiciens de jazz qui chez eux jouaient souvent devant des convives parfaitement indifférents à leur musique un public à leur mesure, plus réceptif, plus bienveillant.

     

    Joe crut pouvoir oublier ses démons un temps, offrir à son « Amy Joe », sa « princesse be-bop » une vie presque normale, équilibrée, mais ses cauchemars, ses angoisses, une fois qu'il rentra aux États-Unis se rappelèrent à lui. Comme tous les artistes ou les âmes sensibles, ce monde ne suffisait à contenir sa soif de sensation et il eût voulu tout retranscrire, tout redonner. Mais un art si maîtrisé soit-il sera toujours imparfait dans l'expression de la beauté, L'idéal du créateur est toujours, en théorie du moins, chez les vrais créateurs, de parvenir à ne serait-ce qu'approcher la perfection. Ils se laissent parfois aller aux paradis artificiels afin de combler leur soif de ressentir toujours plus profondément le monde et sa beauté, ou sa laideur.

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  • « Chez nous » film anti-FN nuancé

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    cinéma,chez nous,société,politique,front national,amaury watremez

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    Quand l'auteur de ce blog est capable, lui aussi de nuances...

     

    J'ai vu « Chez nous » aujourd'hui dans une salle parisienne entouré de spectateurs qui étaient déjà persuadés du bien-fondé du message véhiculé par le film. Je doute sincèrement que des sympathisants du Front National ou des électeurs s'apprêtant à voter Marine le Pen aillent le voir. Une leçon de morale même intelligente, même raisonnée solidement, même donnée au sein d'un film bien réalisé demeure une leçon de morale. Et je suis convaincu que la plupart des citoyens appartenant à cette « France périphérique » méprisée largement par les élites de ce pays ait envie d'en entendre une de plus, si finement amenée soit-elle.

     

    Ce qui est ironique est que ce film est peut-être trop fin, trop complexe, pas assez dans la dénonce, pour les bourgeois pédagogues et les arbitres des élégances politiques. Certains se demandent déjà où se positionne Lucas Belvaux qui ne leur paraît pas suffisamment agressif finalement dans son portrait-charge, telle Elizabeth Martichoux éditorialiste et intervieweuse sur RTL. Sans doute aurait-elle préféré ces diatribes anti-FN où les invectives vertueuses tiennent lieu d'argumentaire.

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  • La maternité c'est supêêr

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    Femmes, ménagères desespérées, Société, politique, féminisme, amaury watremez

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    Dans Versailles où j'habite on croise plein de mamans avec les poussettes et tout, des mamans socialement favorisées pour la plupart. Précisons que Versailles est constitué de plusieurs quartiers, selon les revenus, et que normalement l'on ne doit pas se mêler. Il y a même près de la gare des « Chantiers » un quartier plus « populaire ». Par contre on rencontre de ces mamans partout. Et dans les parcs et petits jardins les milieux se côtoient grâce aux mères. Une jeune femme « moderne » peut ainsi échanger sur son expérience avec une jeune femme « voilée » en « hijab » et se trouver des points communs.

     

    Cela a des côtés plaisants tous ces enfants surtout pour un misanthrope comme moi qui ne s'entend facilement qu'avec les tout petits gosses et les animaux. Les gosses ont ceci pour eux qu'ils ne sont pas encore trop marqués par les préjugés des grandes personnes, les conformismes, les lieux communs. Ils leurs arrivent, pas toujours, d'être plus ouverts, plus sensibles aux autres bien que souvent la nature humaine étant ce qu'elle est, ils sont loin d'être tous idéalisables. Une cour de récréation peut être un endroit tout aussi cruel que « l'open space » d'une grande entreprise.

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  • Paris, Audiard et le goût du verbe

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    à propos de « le Paris de Michel Audiard » de Philippe Lombard chez Parigramme

     

    cinéma, audiard, littérature, amaury watremez

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    Dans ce petit texte, je ne fais pas dans la nostalgie, dans le violon, j'évoque...

     

    Le Paris d'Audiard a quasiment entièrement disparu métastasé par la gentryfication, les bourgeois « équitables » et, ou « durables », « citoyens ». Il est pourtant encore là, plus ou moins présent, caché dans des endroits que les prétentieux, les malfaisants ne connaissent pas. Il reste des traces, des vestiges pour qui veut bien les voir. Le Paris d'Audiard était celui des petites gens, des gamins combinards, des petits voyous gouailleurs, des escrocs à la petite semaine un rien mythomanes, des filles faisant le trottoir et s'usant petit à petit entre « l'affectueux du dimanche » et le client « qui venait en voisin ».

     

    On s'y mélangeait, on s'y fréquentait, on s'y parlait entre prolos et notables, bonnes dames et catins. Les milieux se croisaient, se jaugeaient, parfois aussi échangeaient autre chose que des cartes de vœux. Les plus riches étaient dans la « part de gâteau » décrite par Céline dans le « Voyage au bout de la nuit », de l'Arc au Triomphe aux serres d'Auteuil. On n'allait pas dans le XVIème, on n'y croisait que des petits vieux, des matrones sans âge, parfois des sous-maîtresses montées en grade, ayant fidélisé le client d'une manière ou d'une autre.

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  • La compagnie des femmes

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    femmes, séduction, féminisme, politique, sexe, amour, amaury watremezDepuis ma petite enfance, ce qui ne nous rajeunit pas, j'ai toujours préféré, et de loin, la compagnie des femmes à celle des mâles, mes semblables, mes frères. Et ceci à un point tel que j'ai souvent été soupçonné par des personnes peu capables de nuances d'homosexualité latente, comme si la sensibilité à l'art et au monde, à la beauté, l'attrait pour la féminité étaient pour un homme, pour un garçon, une tare indigne. Ce n'est pas que j'idéalise les femmes, je sais parfaitement combien elles peuvent être triviales, voire grossières. Elles peuvent être retorses, malignes, moqueuses. Elles peuvent même être hélas, ainsi que les hommes, complètement idiotes et conformistes.

     

    Ou hommasses, ce qui est pire que tout...

     

    Cependant, une femme, même celle qui se croit laide, même celle qui se croit sans charmes, sans séductions, aura toujours un moment où croyant échapper aux regards inquisiteurs elle s'abandonnera à être elle-même, et ce tellement plus que l'autre sexe. Elle sera alors infiniment émouvante, étourdissante de beauté sans le savoir, sans s'en rendre tout à fait compte elle-même. Car si toutes les femmes ne sont pas toujours belles, elles peuvent l'être...

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  • Caustiques mais avec style

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    absolutely fabulous, cinéma, société, mode, frivole, politique, société, amaury watremezSi l'on n'aime pas les films à grand discours, moralisateurs et creux au fond...

     

    Il y a quelques années, en 2001, les français avaient tenté sur grand écran une adaptation signée Gabriel Aghion de la série britannique « Absolutely Fabulous » de Jennifer Saunders où elle jouait également en duo avec Joanna Lumley. C'était une catastrophe presque comparable au 11 septembre. Le film avec Balasko et Baye était complètement nul, vulgaire et sans intérêt. Aucun rythme, aucun humour, aucune finesse. Il faut avouer que les anglais ont un avantage très net sur les français en matière d'élégance, ils arrivent à être très excentriques et provocateurs sans en perdre un atome. Et ils cultivent et pratiquent l'humour à froid de façon largement plus brillante que nous.

     

    Dans le long-métrage sorti le 7 décembre dans notre beau pays, on retrouve Edina Moonsoon, Jennifer Saunders, son assistante un rien « à l'ouest » « Bubble », Jane Horrocks, la fille d'Edina, Saffron, Julia Sawalha, Patsy Stone, Joanna Lumley, égales à elles-mêmes, toujours largement irresponsables, toujours passionnés de rester « in » fût-ce en adoptant des modes débiles ne convenant plus en théorie à leur âge. Patsy et Edina sortent tous les soirs, boivent trop, en particulier du « Bollinger ». « Where's the Bollinger sweetie darling ? » est dans la série originelle et dans le film une question existentielle cruciale.

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  • Prendre Sausage party au sérieux ?

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    Moraliser le cinéma

    dessin animé, sociologie, politique, société, cinéma, censure, sottise, religions, catholicisme, amaury watremezLa polémique, si on peut appeler ça ainsi car elle est picrocholine, autour du dessin animé pour adultes « Sausage Party », m'amuse beaucoup. Et je ne comprends pas trop : ceux qui condamnent « Sausage Party » sont dans le même temps pour une libéralisation encore plus marquée de l'économie, libéralisation qui entraîne mécaniquement celle des mœurs. Ou alors sont-ils hypocrites ?

     

    Cette discussion ridicule m'évoque également l'abbé Bethléem. Cet abbé a pratiqué tout le temps de son sacerdoce la censure attentive des œuvres littéraires et cinématographiques de son temps. Il s'est régulièrement trompé sur la valeur artistique de ce qu'il prétendait interdire au nom de la foi chrétienne manquant singulièrement de discernement sur la plupart des auteurs de livres et de films. Il s'est systématiquement trompé avec une constance qui inspire l'admiration.

     

    Il les aura tous manqué, y compris les écrivains catholiques...

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  • Wes Craven et le Mal sur grand écran  

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    à propos de "Wes Craven, quelle horreur ?" de Emmanuel Levaufre aux éditions Capricci, novembre 2016.

     

    cinéma, wes craven, société, politique, cinéma bis, amaury watremezLes éditions Capricci viennent encore de sortir un excellent de livre de cinéma et sur le cinéma, ici sur l'Horreur et le Gore, l'Épouvante. Mais aimer le cinéma n'est-ce pas aimer Orson Welles ET Ridley Scott, Fellini ET John Carpenter, Visconti ET Wes Craven ? L'auteur s'intéresse à la personnalité de Wes Craven, le créateur du "croquemitaine" le plus célèbre du Fantastique, Freddy Krueger, et à sa mise en abyme des films horrifiques dés "La dernière maison sur la gauche". Emmanuel Levaufre recadre également ce qui relève des "séries B", du cinéma dit d'exploitation et ce qu'est vraiment un "film culte", à savoir une œuvre ne trouvant le succès que grâce au bouche à oreille des "happy few". Il s'intéresse aussi aux réflexion "méta" que sont nombre de films de Wes Craven mais aussi de John Carpenter.

     

    Il ne tombe pas dans le travers maintenant habituel de nombreux critiques de cinéma qui est de porter aux nues des "zèderies" immondes, et qui le resteront jusqu'à la fin des temps (et des siècles et des siècles amen) et ce malgré leur côté toujours involontairement rigolo au trente-sixième degré, car ignorées, croient-ils, du reste des cinéphiles. A leur décharge il faut dire que la culture cinématographique de nombreux auteurs commence en 1992, 93 avec les premiers films ultra-référentiels de Tarantino.  Ne parlons pas de la majorité des spectateurs brouteurs abrutis de "pop corn" devant des "blockbusters" qui ne sont que des "séries B" gonflées...

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  • Réparer les vivants par l'eugénisme

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    cinéma, société, réparer les vivants, politique, maylis de kerangal, amaury watremez

    Dédié à Olivier Prévôt (il faut lire son article dans Causeur "papier")

     

    S'il y a bien une conception petite-bourgeoise du cinéma ou de la littérature qui m'agace particulièrement, c'est celle qui veut que ces arts devraient obligatoirement servir à l'édification des masses. Que cette pseudo édification soit de gauche, de droite, religieuse ou pas je ne peux m'empêcher de trouver cela grotesque et inintéressant. Cela donne toujours des films ou des livres larmoyants, des déluges de bons sentiments pénibles, marqués aussi par le pire conformisme moral et intellectuel et dont l'auteur se chausse de gros sabots voire de semelles fortement cloutées et orthopédiques.

     

    « Réparer les vivants » de Katell Quillévéré adapté du roman de Maylis de Kerangal ressort clairement de cette catégorie à laquelle « Intouchables » s'apparentait également.

     

    Je me fiche complètement de jouer ici les râleurs, les emmerdeurs. Le film et le livre font consensus ou presque car ils caressent le spectateur dans le sens du poil, l'encouragent dans son auto-satisfaction narcissique, la grande mode en 2016 avec la dictature de l'affectif. Et je ne serai pas le premier, l'écrivain Richard Millet (oui je sais, je sais) a décrit Maylis de Kerangal comme la romancière préférée des « milliers d’imbéciles » de la « petite bourgeoisie internationale déculturée ».

     

    Je rappelle donc l'histoire ou anecdote exemplaire du récit. Un jeune homme du Havre, Simon, un surfeur (oui, au Havre, sic) beau comme un dieu, charismatique, sympathique, se retrouve entre la vie et la mort, maintenu artificiellement dans cet état intermédiaire, en mort cérébrale après un accident de van suite à une session de surf. Dans le même temps, une femme parisienne, Claire Méjan, 51 ans, attend dans un délai de trois jours une greffe du cœur pour continuer à vivre, aimer, s'épanouir et toute cette sorte de choses.

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  • L'Amérique dont nous ne connaissons rien

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    politique, élections présidentielles américaines, Trump, Clinton, société, Amaury Watremez, clichés, bêtiseNous croyons tout savoir des États-Unis. Nous regardons principalement ses films et feuilletons depuis des décennies. Nous singeons son mode de vie que ce fut celui d'un « redneck » obèse se détendant dans les centres commerciaux géants le samedi, ce qui est devenu le loisir principal de la majorité des gens sous nos cieux. Ou que l'on se soit tel un intellectuel new-yorkais névrosé amateur de restaurants « vegans », en « psy » constante depuis des années, mais tellement libertaire, tellement ouvert. Les bourgeois pédagogues se rêvent souvent en personnages de « Seinfeld » ou de Woody Allen. Nous sommes fascinés par ce pays-continent dans une relation d'haine/amour complexe.

     

    Les « clichés » que nous croyons énormes sur les américains y sont vrais. Ils sont vraiment comme dans leurs fictions. Mais c'est infiniment plus complexe que cela, et il n'y a pas une ou deux Amérique mais quelques dizaines. On le voit même dans un reportage étonnant de l'émission de Barthès sur TMC montrant dans le Dakota du Sud des « bidonvilles » où habitent une population des plus pauvre, des plus déshéritée, de blancs votant tous pour Trump contrairement à ce que les médias français laissent entendre, ceux-ci suggérant que ce sont surtout les riches qui votent pour le milliardaire grossier candidat à la Maison Blanche.

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  • La vérité avant-dernière sur Philip K. Dick

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    À propos de « Philip K. Dick l'homme qui changea le futur » de Anthony Peake chez Hugo Doc

     

    chronique sponsorisée par Ubik :

     

    Ubik règle vos problèmes de peau faisant disparaître comme par enchantement les tâches de son, les grains de beauté disgracieux, Ubik était là avant l'univers, Ubik ne s'appelle pas Ubik et se trouve tout autour de nous.

     

    littérature, SF, philip K. Dick, cinéma, amaury watremezPhilip K. Dick est un des auteurs de Science-Fiction le plus fascinant du XXème siècle et aussi un de ceux au sujet duquel on trouve le plus de livres. Il aurait voulu être pleinement reconnu pour ses romans « mainstream » et est maintenant universellement célébré pour ses récits relevant de ce genre. C'est aussi un des écrivains les plus adaptés au cinéma depuis quelques années. Son œuvre fascine et des cinéaste parfois médiocres n'arrivent pas à abîmer la force des récits imaginés par le jumeau de Horselover Fat qui est le passeur des multiples théories de son créateur dans « l'Invasion divine ».

     

    Ce sont les biographies de Lawrence Sutin et l'ouvrage d'Emmanuel Carrère littérairement plus intéressant qui demeurent les plus réussis, certainement celles s'approchant le plus de la personnalité de l'écrivain, d'un portrait proche du réel. Mais l'uchronique « Requiem pour Philip K. Dick » de Michael Bishop, une uchronie dans le goût de « Ubik » qui ne raconte qu'en filigranes l'existence d'un Philip K. Dick un peu différent du nôtre, mais qui est beaucoup audacieuse que les travaux de Larry Sutin et Carrrère. Et l'esprit de son œuvre y est encore mieux perçu, Dick y devenant une figure presque divine capable de voir tous les univers possibles.

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  • Comédie(s) de la vie

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    à propos de « Le cinéma italien de 1945 à nos jours » - 4ème édition, avril 2016 de Laurence Schifano

     

    On aime à l'italienne également sur Causeur

     

    cinéma, cinéma italien, société, politique, italie, berlusconi, amaury watremezAu début, la présentation de cet ouvrage, très scolaire, un peu aride, pourrait rebuter le lecteur. Mais une fois ouvert, ce livre se dévore comme un plat de rigatonis au porc et au citron. L'auteur a un style alerte, vif et précis. Elle passe en revue les différents genres affectionnés par le cinéma italien depuis la fin de la Seconde Guerre. Elle montre sa prédilection pour les « filons », l'épuisement d'un type de film ou de séries de films jusqu'à l'absurde, la parodie de parodie de parodie tels les « Trinita » ou les « Django » tournés après les westerns « spaghettis » de Sergio Leone ce qui n'en fait pas tant s'en faut des mauvais films.

     

    L'amateur de cinéma « Bis » ou carrément « Z », de cinéphilie réputée « honteuse » le sait déjà il est vrai. Tarantino est un de ceux-là connaissant sur le bout des doigts toutes ces œuvres dont tous les « Rape and Revenge » ayant inspirés l'argument de base de « Kill Bill ». On ne compte pas non plus les pseudo « Mad Max » faisant suite à l'original, les « dystopies » survivalistes violentes, les films de « zombies » inspirées de « la nuit des morts vivants », voire les simili « documentaires » sur les « cannibales » copiés des « Mondo... », les « thrillers » sanglants, les « Maciste » repris dans les années 50 et 60 etc...

     

    Les cinéastes italiens épuisant ces « filons » comme on presse un citron auront toujours beaucoup de recul sur leurs longs métrages. Maintenant que le ciné « bis » est « in » on en fait des chefs d’œuvre méconnus. Il faut quand même se rappeler qu'il s'agissait juste d'épuiser un sujet au départ...

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  • Blake Edwards prince de la comédie sophistiquée

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    à propos de « Entre temps Blake Edwards » de Nicolas Truffinet chez Playlist Society

     

    cinéma, blake edwards, films, nicolas trufinet, amaury watremezBlake Edwards est avec Billy Wilder, Howard Hawks et Leo MacCarey un des princes de la comédie sophistiquée à l'américaine. Contrairement aux trois autres cinéastes cités, étrangement peu de livres lui sont consacrés, sans doute à cause de la populaire série des « Panthère rose » le classant dans la catégorie des bons faiseurs, le félin étant sa malédiction et une bénédiction -dont financière, lui permettant de tourner ce qu'il voulait- le tout dans le même temps ainsi que pour l'interprète de Clouseau, Peter Sellers. Celui-ci avait une relation bizarre d'amour, haine toutes les deux passionnées avec le réalisateur. Blake Edwards se rapproche aussi de Franck Tashlin pour son goût des gags étirés jusqu'au bout ou « slowburn gag » et de l'absurde.

     

    Il sait jouer des codes de la comédie hollywoodienne pour mieux s'en affranchir. Si les dialogues sont teintés de « screwball comedy », d'échanges très rapides entre les comédiens, de quiproquos théâtraux, ils sont aussi toujours marqués par une certaine misanthropie et une humeur douce-amère, y compris dans les spectacles « tarte à la crème » comme dans « La grande course autour du monde » avec Tony Curtis, Jack Lemmon et un jeune Peter Falk. « Breakfast at Tiffany's », offrant à Audrey Hepburn sans doute son meilleur rôle, est un de ses chefs d’œuvres avec « The Party » racontant le foutoir que Sellers met dans une réception chic chez un producteur hollywoodien et « Victor Victoria » avec Julie Andrews en vrai-faux travesti.

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  • Le 7ème Nanart

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    à propos de « Les 101 nanars: Une anthologie du cinéma affligeant (mais hilarant) » de François Forestier chez Denoël (voir à ce lien)

     

    Les nanars sont aussi sur Causeur

     

    cinéma, nanar, société, françois forestier, amaury watremezDéfinir un vrai « nanar » est forcément très subjectif. François Forestier ne se risque pas à cette définition, ne revendique aucune objectivité illusoire, et inintéressante pour un critique de cinéma. Il se cantonne pour effectuer ses choix au côté lamentable des films qu'il évoque dans ce livre. Un « nanar » est forcément lamentable mais provoque chez le spectateur avisé une sorte de jouissance perverse. La plupart de ces films ont un scénario aussi nul que la plupart des « blockbusters » actuels, ont des effets spéciaux souvent bricolés mais qu'importe la suspension d'incrédulité fonctionne comme lorsque l'on était enfant, et l'on a envie de croire à cette fusée propulsée par une bougie d'anniversaire « feu d'artifices ».

     

    Ce livre est déjà sorti en 1996, François Forestier avait déjà un tableau de chasse important. Depuis il a rajouté quelques gourmandises sorties depuis, des grosses pâtisseries affligeantes et bourratives mais drôles à regarder pour leur absence de figuration, leurs effets surréalistes, leurs jeunes premières pulmonairement bien dotées.

     

    Certains le trouveront sans doute injuste ou partial surtout quand il met un terme aux maîtres à la fin de son livre en se payant la tête de Godard et Antonioni....

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  • Ils sont partout

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    ils sont partout, yvan attal, antisémitisme, judéophobie, amaury watremezYvan Attal vient de sortir un film réputé « choc » sur l'antisémitisme en France en 2016. La première fois que j'ai vu une affiche annonçant sa sortie c'est ironiquement non loin d'une paroisse où l'antisémitisme « à l'ancienne » est assidûment pratiqué. C'est une intention louable qui porte ce long-métrage car cette haine est toujours plus vivace en ce moment, surtout de par les réseaux dits sociaux où elle se déchaîne sans vraiment de frein, le tout au nom de la liberté de parole et du pseudo-anonymat du Net facilitant le manque de courage et la hargne. Elle ne consiste pourtant pas à dire n'importe quoi cette liberté d'expression.

     

    Il y a les antisémites qui croient se consoler de leurs diverses frustrations sociales et carences. Ils pensent avoir trouvé la parade ultime en se prétendant antisionistes mais au fond se fichent complètement du peuple palestinien.

     

    Il y a le genre à être des soutiens d'Henry de Lesquen, pour qui les juifs sont forcément des concurrents qui peuvent faire main basse sur les richesses avant eux, des concurrents forts d'une solidarité occulte (poil occulte) de nez crochus, forcément, de mains de même, avides de l'argent des vrais français car les jui...pardon les « sionistes » sont évidemment considérés comme apatrides....

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  • Roman noir dans un trou

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    à propos de « Pottsville 1280 habitants » de Jim Thompson chez Payot et Rivages

     

    Article aussi sur Causeur

     

    pottsville.jpgCouverture empruntée sur le site de l'éditeur

     

    « Pottsville 1280 habitants » est la nouvelle traduction de « 1275 âmes » paru en « Série Noire » en 1964 et alors amputé de nombreux passages. Le roman fût également adapté par Bertrand Tavernier en 1981 sous le titre « Coup de torchon » avec Noiret et Isabelle Huppert pré-botox, l'histoire alors pas trop mal transposée dans un contexte colonial. C'est le « roman noir » dans toute sa sombre splendeur. Céline n'est pas loin non plus. L'être humain qui est capable du meilleur se laisse le plus souvent aller au pire, ne songeant qu'à son propre intérêt, à son plaisir narcissique.

     

    Nick Corey est le sheriff de Pottsville un trou perdu du Sud des Etats Unis juste après la Première Guerre Mondiale. Parfois les dilemmes s'y règlent encore par un ou deux lynchages. Le ragot est roi, tout comme les rumeurs, l'on sy ennuie tellement. Pour demeurer tranquille et en faire le moins possible, Nick Corey se fait passer pour un imbécile heureux, un imbécile débonnaire laissant prospérer les petites et grosses magouilles ce qui lui permet d'enrichir son ordinaire plutôt précaire. Il est régulièrement réélu sans trop de problèmes ....

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  • Dalton Trumbo une vie pour l'écriture

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    Un film de Jay Roach sorti aujourd'hui

     

    politique, cinéma, dalton trumbo, écriture, littérature, amaury watremezMa cinéphilie doit beaucoup aux « équipes Notre Dame ». Mes parents en faisaient partie et deux fois par mois se réunissaient avec d'autres couples chrétiens. C'est ainsi que chaque jeudi ou vendredi je pouvais regarder un film passant ce soir-là, en douce. Du moins le croyais-je car les lampes de la télévision étaient encore brûlantes quand mes parents rentraient. J'ai pu voir de cette manière « Johnny s'en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo, le film sorti en 1971 qu'il réalisa d'après son roman écrit en 1939. Cette œuvre extrèmemement originale racontant l'histoire d'un jeune soldat américain se faisant atrocement blesser durant la Première Guerre Mondiale transmet le mépris de la haine, de la violence et de toute guerre. Le spectateur se promène dans les souvenirs, rèves et fantasmes du jeune homme alors qu'en parallèle une infirmière s'aperçoit avec horreur qu'il est encore vivant et conscient....

     

    Dalton Trumbo a été victime de la « chasse aux sorcières » lancée dans les années 50 contre toute personne soupçonnée de sympathie pour les communistes. Il fut l'un des fameux « Dix » qui refusa de dénoncer ses amis, d'autres n'ayant pas les mêmes scrupules, tel Elia Kazan ou Edward Dmytryk. Trumbo le dira plus tard, cette épuration de l'Amérique ne mena à l'arrestation d'aucun agent de l'étranger ou d'agitateur au service de Moscou mais elle détruisit de nombreuses personnes, familles et communautés. Il a été envoyé en prison et à sa sortie a recommencé à travailler pour le cinéma anonymement et souvent pour des boîtes de production de séries B dont celle des frères King qui produisirent néanmoins « Les clameurs se sont tues », un scénario de Trumbo pour lequel il récoltera son deuxième « Oscar » sous un faux nom après celui obtenu pour « Vacances Romaines » mis en scène par William Wyler....

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  • La vérité sur les bons apôtres

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    Tous ces bons apôtres de la gauche morale (sociétale surtout), de la droite libérale-libertaire, poussant des cris d'orfraie épouvantés contre monseigneur Barbarin, lançant contre les catholiques dans leur ensemble des appels à l'anathème vengeur me révoltent au plus haut point. Car ce sont des hypocrites doublés de prétentieux se dotant d'une autorité morale parfaitement illégitime pour juger, condamner et envoyer au pilori médiatique le cardinal et archevêque de Lyon surtout pour deux raisons :

     

    Il fut contre le « mariage pour tous » et c'est impardonnable à leurs yeux. Et cela permet de se payer du catho.

     

    Quelle vanité insigne de la part des bons apôtres !

     

    Quelle prétention épouvantable à une autorité morale pourtant parfaitement illégitime !

     

    politique, société, religions, christianisme, barbarin, haine, amaury watremezUne de leurs lubies en ce moment est de citer la Bible et de donner des brevets de bonne catholicité aux croyants, ce qui est une spécialité constante des « bouffeurs de curé ». Curieusement ils ont une lecture primaire des livres saints, tout autant que celles des prétendus réactionnaires qu'ils conchient. Tous oublie dans la plupart des cas l'existence de l'exégèse. Sans doute faudrait-il un Léon Bloy pour faire celle de leurs lieux communs et platitudes ?

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • Je suis un gilliamesque

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    à propos de « Gilliamesque » ou « Mémoires presque posthumes » de Terry Gilliam aux éditions Sonatine

     

    politique, société, cinéma, télévision, humour, monty python, amaury watremezIl y a une originalité manifeste et incontestable dans tous les films de Terry Gilliam, le « Python » qui « avait le moins de diplômes » ainsi que ses anciens camarades John Cleesse et Eric Idle, ou Graham Chapman l'appelait, parfois sans second degré, était aussi le plus créatif. Après avoir été chargé par les autres des intermèdes animés dans leur émission de télé commune, intermèdes se terminant toujours par le pied de Bronzino écrabouillant tout, son désir d'indépendance a pris son envol. Et il est devenu cinéaste, ce qui était son rêve depuis l'enfance, rêve initié par sa fréquentation du parc de Disney en Floride, et de le désir de concrétiser son imagination.

     

    Il fait partie de ses électrons libres irréductibles à des étiquettes arbitraires, trop indépendants pour se rattacher à une école ou une autre de création. Quand il adapta « Fear and loathing in Las Vegas » de Huntet Thompson, il était le plus à même bien que cela donnât un film « malade » qui n'atteint pas l'universalité de ses autres œuvres tout comme « The Fisher King » sa création la plus marquée par son humanité.

     

    Terry Gilliam a tourné au moins deux films que la postérité retiendra :

     

    « Brazil » et « l'Armée des douze singes »....

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  • Le panthéon des salopards

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    A propos de « Anthologie des méchants & autres salauds du cinéma français » de Alister aux éditions la tengo

     

    cinéma, méchants, films, cinéma français, amaury watremezillustration prise sur Amazon.fr

     

    « Meilleur est le méchant, meilleur est le film » disait Hitchcok. Parfois dans certains films c'est surtout le méchant le personnage le plus intéressant. Dans ce livre extrêmement réjouissant et ne se prenant pas au sérieux, Alister fait le catalogue exhaustif de tous les malfaisants connus et moins connus du cinéma français en les classant par type :

     

    Les fielleux, cela lui permet un hommage que je trouve tout à fait justifié à Michel Peyrelon d'une exquise obséquiosité bien abjecte dans un grand nombre de longs métrages,

     

    les psychopathes souvent incarnés par Michel Serrault qui adorait jouer les assassins et les rendre sympathiques, dans « l'Ibis rouge » ou « les Fantômes du Chapelier »,!...

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  • Société post-moderne zombifiée

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    Politique des zombies – l'Amérique selon Georges A. Romero, sous la direction de Jean-Baptiste Thoret chez Ellipses poche

     

    cinéma, politique, société, films, Georges A.Romero, amaury watremezLe zombie est dans le vent de l'époque. On le retrouve dans des livres pour adolescents voire même dans des feuilletons « pop corn » où être un mort-vivant c'est beaucoup plus « coool » que la vie normale. La télévision américaine a inventé le zombie de « soap opera » dans « The Walking Dead » et même le zombie « bubble gum » dans la sympathique série bien que sans doute un brin superficielle, mais pas tant que ça, « Izombie ».

     

    Dans « Izombie » les morts-vivants sont généralement des privilégiés qui pour tromper leur ennui tuent de temps en temps un sans-abri afin de manger son cerveau et se repaissant de ses souvenirs et sentiments qui sont pour eux une drogue. Le citoyen consommateur de 2016 en est déjà un aussi, fonctionnant comme une machine, répondant à des normes standardisées à de rares exceptions près, il n'est donc pas étonnant qu'il s'y identifie plus que d'autres personnages.

     

    Il est comme les protagonistes des longs métrages de Romero déjà « zombifiés » avant même que d'avoir être « infecté »...

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  • Un des meilleurs rôles de Galabru

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    Plutôt que d'écouter Drucker évoquant Galabru (ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, Drucker nous enterrera tous), ou l'hommage vibrant de Fleur Pellerin qui appréciait beaucoup sa peinture regardez cet extrait d'"Uranus" de Claude Berri sorti en 1990, d'après Marcel Aymé.

    Le monologue de Montglat...


    Uranus (1990) - Extrait - Monologue de Galabru par Seskapil

  • L'autre côté du rêve

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    À propos de « le Film Noir » de Jean-Pierre Esquenazi chez CNRS éditions en collection « Biblis »

     

    41fggMugl5L._SX324_BO1,204,203,200_.jpgCet ouvrage a pour handicap -léger malgré tout cependant on le verra- d'être un travail universitaire type, un peu aride par certains côtés, ne serait-ce que par son plan archétypal : état de la littérature, exposé de la problèmatique, étude des sources etc. De plus, comme de nombreux travaux d'études, on se demande pourquoi l'auteur se croit obligé d'adopter un style littéraire parfois abrupt. Je me suis sans cesse posé la question sans y trouver aucune réponse de cette obligation absurde que les thésards se donnent, à de rares exceptions, de surtout écrire le plus mal possible, comme si d'avoir quelque talent littéraire diminuait leurs mérites.

     

    Après son fastidieux passage en revue des ouvrages écrits sur le genre, oubliant au passage ceux pourtant fondamentaux de Lotte Eisner ou Noèl Simsolo, s'attardant un peu trop sur « le panorama du film noir » de Borde et Chaumeton qu'il pare de tous les maux un peu injustement à mon sens. L'auteur entre enfin ensuite dans le vif du sujet. Et c'est là que ce livre prend sa véritable dimension et tout son intérêt....

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  • Les conquérants du celluloïd

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    à propos de « les Conquérants d'un nouveau monde », Essais sur le cinéma hollywoodien chez Gallimard en « Folio-Essais »

     

    cinéma, politique, société, amaury watremez, michel cimentMichel Ciment est un des critiques les plus intéressants que l'on peut lire, avec Boujut ou Pauline Kael. Ils partagent avec eux le goût pour beaucoup de subjectivité assumée et le désir de partager ses coups de cœur pour des films, des réalisateurs parfois méconnus ou injustement traités par la prospérité. Il écrivait pour « Positif » dont il était le rédacteur en chef plus ou moins officieux. Il fut également l'auteur fameux d'un des premiers livres français sur Kubrick, le décrivant en « maître du haut chateau » du cinéma, installant presque définitivement quelques malentendus sur l'auteur de « 2001 » ou « Docteur Folamour », participant à sa légende. De par l'intelligence de ses points de vue, on a du mal à lui reprocher d'être parfois très péremptoire.

     

    C'est aussi tellement rare de lire un critique cinématographique dont la cinéphilie ne commence pas dans les années 80. Michel Ciment est un ogre du celluloïd, il veut parler de tout, tout connaître y compris la plus petite des « séries B » si celle-ci présente un intérèt. Le cinéma ce n'est pas seulement, en effet, soit les films « commerciaux », soit les films d'« ôteurs », étanches l'un à l'autre. Le cinéma englobe toutes les œuvres, les plus méprisées contenant parfois une ou deux minutes étonnantes sauvant tout le reste. Un atroce « nanar » pour cette raison peut être plus intéressant qu'un long-métrage à prétentions sociales et, ou culturelles. Il peut parfois annoncer des œuvres plus personnelles d'un auteur....

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  • Un littéraire le môme Audiard

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    cinéma, société, littérature, politique, amaury watremezAudiard après plusieurs décennies de purgatoire kulturel devient un auteur intéressant sur lequel les critiques kipensent dans les salons feutrés daignent enfin se pencher (encore avec un peu de prudence cependant). J'en ai eu la confirmation avec ce documentaire passé sur « Arte » il y a quelques temps suite à « un Taxi pour Tobrouk » excellent film sur l'absurdité de la guerre (voir à ce lien). On m'objectera que ce n'est pas si mal que les z-élites s'intéressent aussi au plus célèbre dialoguiste français. C'est une forme de reconnaissance tardive ayant au moins le mérite d'exister. Mais après tout quelle importance que ces spécialistes en tétrapiloctomie s'intéressent enfin aux « Tontons flingueurs » ou à « Mélodie en sous-sol ».

     

    Michel Audiard a participé lui-même à cette légende, ses dialogues seraient excellents car il ne faisait en somme que restituer bout à bout des paroles entendues dans les bistroquets, au zinc des caboulots. Ce ne serait que des « brèves de comptoir » mises bout à bout par le « petit cycliste », son surnom donné par Gabin, « le vieux »,...

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  • 1985 en 2015 – les trente ans de « Retour vers le Futur »

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    cinéma, société, futur, Science Fiction, amaury watremezA la fin du premier volet de « Retour vers le Futur », Doc Brown joué par Christopher Llyod, évoque à Marty MacFly, Michael J Fox, rentré tout juste de 1955 où il vient de sauver le mariage de ses parents, une date dans le futur vers laquelle ils doivent absolument se rendre pour réparer un dommage grave arrivant aux enfants de Marty et à Marty lui-même : le 21 octobre 2015. Le spectateur découvre cette période à l'époque très éloignée dans le deuxième volet de la trilogie sorti quelques années plus tard :

     

    Les voitures y volent, les chaussures se lacent toutes seules, les habits s'adaptent intelligement à la morphologie des personnes, les bande-annonces sont en 3D, un noir est élu maire de « Hill Valley », la petite ville américaine théâtre des trois films et le pétrole a été remplacé depuis longtemps par un moteur à fusion bien pratique permettant de recycler les déchets, des implants cybernétiques permettent à priori de compenser la sottise des imbéciles tel le descendant de l'affreux Biff Tannen, l'ennemi principa du premier long-métrage et des deux suivants.

     

    Parler du cinéma en 1985 me rappelle une chanson de Robert Palmer, « Every kind of people », qui accompagnait une pub pour Heineken, de la bière ami djeuns, passant presque invariablement avant chaque film projeté au cinéma...

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