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Bande Dessinée

  • Hommage à Gotlib et toute cette sorte de choses

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    On pourrait pour rendre hommage à Marcel Gotlib, le maître de l'Umour (sans H) glacé et sophistiqué, le créateur de « l'écho des Savanes » ou « Fluide Glacial » écrire un texte bien sinistre et bien pompeux, genre enterrement de première classe, rappelant la vie et l'œuvre de l'auteur avec force sanglots dans la voix, l'œil humide et la bouche en cul de poule :

     

    Gotlib la tendresse, Gotlib la dérision, Gotlib le libertaire, Gotlib et son psy, Gotlib le petit enfant de Montmartre triste, Gotlib le gosse inadapté etc...

     

    Et puis terminer sur un « Ahlala il va nous manquer », il nous faudrait un nouveau Gotlib, tout ça...

     

    gotlib1.gifGrâce à lui et les « petits mickeys » qu'il commit des années 50 jusqu'au milieu des années 80, comme de nombreux quadragénaires, j'ai découvert qu'on avait le droit d'avoir le sens de la dérision et qu'en plus c'était extrêmement drôle. J'ai appris aussi que l'humour à froid était non seulement recommandé mais indispensable contre la sottise de la plupart des pitoyables primates humains, contre la mienne aussi il est vrai en faisant partie de ces pitoyables bipèdes anthropoïdes, pitoyables mais aussi très drôles.

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • « Avengers : l'ère d'Ultron », le reboot de la cinéphilie honteuse – les « comics books » de cinoche

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    cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéJe suis allé voir la principale machine de guerre des « blockbusters » de cette année, « Avengers : l'ère d'Ultron ». Le film rassemble les principaux héros des « comic books » Marvel, tous insérés dans une seule et même histoire courant sur les films et les séries télévisées leur étant consacrés. Il se résume en une ou deux lignes : Tony Stark invente un robot, Ultron, capable de maintenir la paix partout sur terre de manière automatique. Ultron accède à la conscience à cause d'un « sceptre cosmique » employé par des méchants nazis et il veut détruire alors tout l'humanité. Il est « joué » par James Spader qui l'incarne de la même manière que son personnage de l'excellente série « The Blakclist ».

     

    C'est plus une attraction de fête foraine subissant un montage ultra « cut » et un peu trop rapide entrecoupée de deux ou trois scènes entre les personnages aussi fines que celles d'un « sitcom » se voulant sentimentalo-rigolo. Au début, Thor, un dieu d'Asgard, s'amuse avec ses potes. Ils essaient tous de soulever son marteau mais comme ils ne sont pas parfaits, forcément ils n'y arrivent pas même s'ils sont très très forts. Et comme Thor c'est un coquin, il ne leur a pas dit la condition pour le prendre en main...

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  • Un cloporte peut-il être politiquement incorrect ?

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    politiquement-incorrect-de-petillon.1176784159.thumbnail.jpgNote germanopratino-bobo-socialisante ou d'un petit bourgeois hédoniste réactionnaire selon le camp

     

    Sur le net c’est la grande mode, tout le monde est « politiquement incorrect », transgressif, hors normes, à droite comme à gauche, enfin à la droite de la droite et à la gauche de la gauche. Etre politiquement incorrect consiste surtout pour les uns à injurier les bougn…arabes pour qui ils ressentent de la haine, confondant invective et argumentation et pour les autres à décerner des certificats de bonne vie et mœurs politiques, confondant généralement également insultes et réflexion politique poussée, rajoutant à gauche un zeste de prétention à poser en guides du peuple qui n’a rien demandé.

     

    Je les imagine tous, devant leur écran, dans leur « open space », en chemises à manches courtes avec stylo assorti, déjà amers à trente ans à peine, derrière leur comptoir au « Pôle Emploi » ou à la CAF, se défoulant de leurs rancoeurs, de leurs frustrations, se vengeant de complexes d’infériorité divers et variés. Bien sûr, ils s’expriment anonymement. Ils ne sont pas complètement fous. Bien entendu, ils ne s’exprimeraient jamais avec autant de fougue et d’emportement passionné dans la vie de tous les jours. Ils n’ont pas envie de se faire mal voir du patron et, ou de leur bouchère…

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  • Les fatwas de Charb

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    politique, charb, charlie hebdo, société, dérision, amaury watremezà propos de « Petit traité d'intolérance » de Charb chez « Librio » (ressorti plus cher, pour un euro de plus, buzinesse ize buzinesse, donc pour éviter d'entretenir ce commerce abject volez le...)

     

    Autant je trouvais les dessins de Charb sur la religion catholique -et il y en avait beaucoup- absolument à gerber ; ils exsudaient la haine de la foi chrétienne, une haine d'amoureux déçu aimerais-je bien me dire, mais une haine quand même sans aucun humour ; autant j'aimais bien ses « fatwas » réunis dans ce petit opuscule prudemment intitulé « Petit traité d'intolérance ». Il commença à les assener dans « Fluide Glacial » et les reprit dans « Charlie ». Elles valent les « Chroniques de la haine ordinaire » de Desproges.

     

    Car tu vois, ami lecteur, bien que petit bourgeois hédoniste réactionnaire, j'étais un lecteur de « Charlie », un vrai, pas un de la « vingt-cinquième heure », surtout pour Riad Sattouf et « la vie secrète des jeunes », Jean-Baptiste Thoret et ses excellentes chroniques cinéma (je lisais Boujut dans « Charlie » dans les années 90), et celles médicales de Patrick Pelloux sans oublier les billets économiques « d'Oncle Bernard ».

     

    Sans que cela ne signifie que je vire ma cuti politique pour autant....

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  • Richard Corben roi de la « Pop culture »

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    bande dessinée, littérature, société, politique, Richard Corben, métal hurlant, amaury watremez

    A propos de la réédition des bandes dessinées de Richard Corben chez "Dark Horse comics" dans la collection "Delirium"

     

    La « Pop culture » est à la mode mais au fond la plupart ne la connaisse absolument pas :

     

    Son contenu souvent surprenant, toujours un rien transgressif (dans le sens de la transgression des idées reçues), ses références aux classiques de la littérature, etc...

     

    Il est également de bon ton de parler de « culte » à son sujet en oubliant le sens premier de ce mot. En effet, une œuvre « culte » était au départ peu connue, n'avait que peu de succès mais finit par acquérir un public d’aficionados au fur et à mesure des années, ainsi « Blade Runner », un « bide » retentissant au moment de sa sortie et dorénavant une œuvre reconnue.

     

    Richard Corben est un des rois de la « Pop culture », le concernant on devrait d'ailleurs plutôt parler de « Pulp culture ».

     

    page empruntée au blog "humano"

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  • Clowns terrifiants et « Zombies Pride » – Quand le film de genre rattrape le réel...

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    Dans le deuxième opus de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan, « The Dark Knight » un clown meurtrier, au visage maquillé en blanc, les cheveux peints en vert, les joues barrées d'une atroce cicatrice qui lui sculptent comme un sourire perpétuel sur ses lèvres peintes en rouges, le « Joker », sème le chaos pour le plaisir du chaos dans Gotham City, la mégalopole tentaculaire non lieu ultime de fiction, refuge de tous les travers de notre époque, ce criminel nihiliste ne s'intéressant ni à l'argent ni même au pouvoir, il veut simplement voir tout brûler, toute détruire. Il ne se donne aucune excuse psychologique ou sociologique, racontant des mensonges différents sur l'origine de ces cicatrices à chacune de ses victimes pour rajouter à l'horreur.

     

    ci-dessous l'excellent Tim Curry en "Grippesou" le clown maléfique de l'adaptation de "ça" de Stephen King (photo la critiquerie)

     société, cinéma, littérature, zombies, amaury watremez

    Il sème le chaos sachant bien que les aspirations des individus dans notre société hyper-matérialiste n'ont strictement aucun sens, il ne veut pas donner un sens du tout, il veut juste aller encore plus loin et montrer en passant que la nature humaine est déplorable en elle-même. Bien sûr, comme le spectateur est quand même devant un film hollywoodien, malgré le ton se voulant « sérieux », il est puni à la fin par le héros.

     

    C'est un clown nihiliste tout comme le sont les gosses qui se déguisent en clowns tueurs qui commencent à inquiéter les autorités. Ils ne font pas ça pour une idéologie, encore moins pour essayer de démontrer quelque chose sur notre monde, mais par désir du chaos total, ce chaos auquel conduit implacablement tout ce qui se passe dans nos pays dits « avancés » où la disparition des valeurs et des liens entre les personnes n'ayant été remplacée par rien. Ils font ça aussi pour que l'on parle d'eux, pour créer le « beuze » (c'est réussi) et jouir ne fût-ce qu'un moment de la « célébrité express », sans motif, qui est l'aspiration ultime en 2014 et la seule qui leur reste afin de tenter de remplir la vacuité que les adultes et grandes personnes réputées raisonnables leur ont transmis en héritage.

     

    Piètre héritage ! Les enfants sages, dociles, soumis au système n'ont plus que des rêves de violence, des cauchemars de destruction en eux.

     

    Cela fait longtemps que les clowns sont terrifiants au cinéma, Lon Chaney dans une série B des années 30 avouait s'être fait peur lui-même en se regardant dans le miroir alors que maquillé en clown assassin. Et dans les séries « B » ou « Z » de « Rape and revenge » ou de « vigilantes » des années 70 et 80 il n'était pas rare que les truands, violeurs, serial-killer se déguisent ainsi.

     

    Dans sa trilogie des morts-vivants, Georges A. Romero est très clair, les zombies sont l'allégorie des êtres humains modernes, troupeaux hébétés errant dans des centres commerciaux géants en quête de satisfaction immédiate de leurs pulsions les plus primaires. Leur état de zombification ne change pas grand chose au fond à leur ancien état. Il est même à penser qu'il leur convient beaucoup mieux. Le « remake » des années 2000 pour brouteurs de pop-corn et « addicts » de jeux vidéos violents oublie bien entendu presque complètement cette dimension subversive presque car elle subsiste malgré tout par moments. L'individu hyper-consumériste est de plus en plus fasciné par sa propre destruction et celle de l'humanité, il sait bien au fond de lui que cela ne mène qu'au néant et à l'abîme mais il n'en a cure, il y va quand même, en courant. On se demande même si le fait de se déguiser en zombies et de défiler en « marches zombies » n'est pas une manière pour lui de hâter la chute de son espèce. Il n'y a pas besoin de beaucoup de maquillage au fond, il est déjà zombifié, déjà un mort-vivant comme dans le roman « Cellular » de Stephen King qui commence comme un excellent livre de Richard Bachman et finit comme un mauvais ouvrage du King qui y concentre ses pires défauts : le délayage et une certaine forme de sentimentalisme.

     

    Le problème avec le chaos, la haine et la destruction, la violence, c'est quand l'être humain fantasme dessus, lorsqu'il en rêve, et se fascine pour dans la fiction, cela finit la plupart du temps par arriver pour de bon car la vie imite l'art le plus souvent. Et quand le chaos finira par s'installer, il n'y aura pas de possibilité d'« avance rapide »...

     

    Ci-dessous le "Joker" dans "The Dark Knight"

  • « Sin City 2 « Sin Movie...

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    Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur, dans les listes de livres préférés ou d'auteurs favoris cités dans les « listes » sur « fècebouc » ou « Touitteure », il y a toujours des romans qui ont la côte parmi les les arbitres des élégances culturelles ; Proust d'un côté, Céline de l'autre, des titres très « prout prout ma chère c'est vraimengéniâle », mais jamais ou rarement les internautes n'ont le courage d'évoquer leur appétence pour les « mauvais » « genres » que pourtant ils lisent aussi au sein desquels on trouve pourtant et souvent les œuvres contemporaines les plus intéressantes. L'auteur de ces lignes pense quant à lui que la littérature ne se divise pas en petits compartiments étanches, il y a juste les bons et les mauvais livres, peu importe le genre dont ils ressortent.

     

    GIF animé emprunté au "Huffington post"

    giphy.gif

     

    « Sin City » la bande dessinée raconte dans des histoires courtes parues depuis 1991 les déboires de personnages vivant dans la mégalopole cauchemardesque de « Basin city » surnommée « Sin City » où l'amoralité et l'injustice sont reines. Ce sont autant d'archétypes de film et roman « noir » : le « loser » chevaleresque, la brute finalement honnête injustement accusée, le flic corrompu par les femmes ou l'argent, le politicien pourri jusqu'à l'os, le « flambeur » de salles de jeux au fond romantique, la putain faussement dure au grand cœur. C'est « la » série de Franck Miller qui voulait créer quelque chose de totalement original dont il aurait le contrôle créatif absolu.

     

    La première adaptation suivait principalement les déboires de Marv, Mickey Rourke sur deux ou trois couches de latex, qui finissait sur la chaise électrique, Josh Hartigan, Bruce Willis, un flic protégeant une gosse dont les parents avaient été assassinés de la vindicte des politiciens véreux de la ville et Dwight MacCarthy, Clive Owen dans le premier « Sin City », Josh Brolin dans le deuxième, un beau gosse à l'âme torturé protégé par les prostituées de la ville. Ces personnages se conduisent généralement dans la bande de Franck Miller, et dans le long-métrage, comme des personnages de « comic book » pour adultes, Marv saute d'un immeuble à l'autre comme le ferait Batman ou Daredevil, les femmes ont toutes des courbes de « super-héroïnes », des poitrines qu'elles montrent sans trop de problèmes qui défient les lois de la pesanteur, et un « gentil » continue à respirer même touché par vingt-cinq ou vingt-sept balles contrairement au salaud qui expire à la troisième au « climax ».

     

    La deuxième raconte ce qui arrive à la protégée de Josh Hartigan, Jessica Alba, qui veut se venger de Roarke, le maître de « Sin City », Powers Boothe, après le suicide du flic, l'amitié de Marv et Dwight, et la passion de ce dernier pour Ava Lord, Eva Green, une « plante vénéneuse », femme fatale ultime poussant ces amants à tuer ceux qui la gêne se révélant au final amoureuse pour de bon de Dwight. Et là je t'avoue ami lecteur que je préférais largement Carla Giugino à Eva Green dans le même registre.

    cinéma, littérature, société, comic book, pulp, polar hard boiled, sin city, Amaury Watremez

    Affiche prise sur "thehollywoodnews", on l'agrandit en cliquant desus

     

    La BD avait un aspect graphique intéressant par le traitement en violents clair-obscurs, un noir et blanc hyper-stylisé, un style qui radicalisait le polar « hard boiled » en lui redonnant un lustre mal élevé, épicé, plus attirant en le mixant avec les conventions du « comic book » tout en revenant aux racines des « pulps » oubliant que ces deux genres d’œuvres issues de la pop-culture ont déjà les mêmes racines et que même si c'était surtout pour becqueter, Dashiell Hammet, à travers les aventures du « Shadow », Patricia Highsmith pour « Superman » et « Captain Marvel », voire Manchette qui était traducteur pour « Strange » (et auteur de la traduction des « Watchmen » d'Alan Moore), Mickey Spilane pour « Batman » ont aussi écrit des histoires de super-héros. L'aspect graphique travaillé à la palette graphique était bien rendu dans le premier film, et adapté, il tourne au procédé dans le deuxième...

     

    « Sin City » a eu rapidement plus « la carte » que les précédentes bandes de l'auteur, et puis ainsi cela permettait aux critiques soucieux de leur réputation de lire des « comics » sans culpabiliser. Je trouve cependant qu'il y avait un peu d'affectation là-dedans de la part de Franck Miller infiniment meilleur à mes yeux dans des travaux plus spontanés mais moins « chics » comme « Daredevil Rebirth » ou « The Dark Knight returns » ou « Batman Year One ». J'aime bien la suite du « Dark Knight returns », « The Dark Knight strikes again » qui bien qu’extrêmement bordélique dans l'histoire , elle part dans tous les sens, a des côtés sympathiques.

     

    Le « Superman » de ces années là, dont les épisodes écrits par les princes du « Genre » pourrait maintenant aisément passer pour un gauchiste fini, et un héros de « roman noir » au costume un peu plus bariolé, ces ennemis étant souvent également de ces archétypes de « film noir » : des flics pourris ou des patrons sans scrupules ni honneur, des dirigeants vendus au plus offrant. On aurait aimé que Franck Miller retrouve l'humilité des créateurs de ces années là...

     

    ci-dessous la bande-annonce 

     

  • Petit hommage à Adèle Blanc-Sec de Tardi

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    On remarque sur la photo du square de Denfert que la statue de Raspail a encore disparu, ceux qui ont lu les albums me comprendront

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  • Les prophéties du "Paperboy" se réaliseront-elles encore ?

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    ILLUS_2.jpg Je ne suis pas très familier des « mangas » n'en ayant vraiment lu que deux ou trois, de tendance « cyberpunk » et s'inspirant de Philip K. Dick au point d'en faire un personnage dans deux séries : « Ghost in the shell » qui reste mon préféré, « Akira » et ses enfants tellement sages et dociles qu'ils en provoquent l'apocalypse, le sympathique « Co Boy Be Bop » qui mêle Jazz et SF post-apocalyptique ou « Gunm », « Pinnochio » en plus dur, ayant apprécié aussi « le tombeau des lucioles » ou « 5mms par secondes » dans un autre style. Je connais cependant mieux les « comics » américains qui sont, rappelons le, en droite ligne les descendants des « romans feuilletons » français et des « pulps » du début du XXème siècle.

     

    Dans ces ouvrages réputés sous-culturels car populaires, sur les marges de la culture, les auteurs en disent souvent plus sur la société que bien des pensums d'éditorialistes ou de philosophes de comptoir d'émissions télé. Et ce genre tout comme le « Genre » en général en racontant, en décrivant les marges de la société moderne en démontre la vacuité de sens et ce malgré tous les outils technologiques que nous avons à notre disposition dont on peut dire que paradoxalement ils bloquent toute communication réelle plutôt que de l'aider....

     

    « Prophecy » (« Yokokuhan ») est un manga de Tetsuya Tsutsui en collaboration avec les éditions Ki-oon. Ce qui me rebute habituellement dans les mangas est qu'ils sont interminables, dans celui-ci l'histoire se déroule sur trois tomes et raconte les actes et ce qui s'ensuit de « Paperboy », internaute anonyme, qui annonce des « prophéties » en vidéo sur le Réseau, le visage camouflé par une couverture de journal ce qui lui permet de préserver son anonymat et d'assurer de l'authenticité des vidéos tournées, « prophéties » finissant toujours par se réaliser et qui consistent à ridiculiser des politiques, des patrons, des journalistes, voire la police, pour apparement venger les plus faibles, les inadaptés, les rétifs à la norme.

     

    Rapidement « Paperboy » fait le « buzz » sur les réseaux sociaux et provoque l'admration des « geeks » et autres « otakus » qui ne s'attachent qu'à l'écume du phénomène, et pourtant ses motivations, s'il est bien tout seul, sont toutes autres, plus profondes aussi ainsi que s'en apercevra la jeune femme à la tête de la brigade de la cybercriminalité, et logiques dans notre monde en quête de repères, celle-ci aidant à la fin à ce qu'il réalise son but premier, des éléments dont je ne vais pas parler ici pour ne rien dévoiler de l'intrigue.

     

    Ce manga est beaucoup plus intelligent et plus fin que la plupart des « comics » actuels qui veulent faire « culte » de suite, singeant Franck Miller entre autres, qui sont formatés pour ne déplaire à personne et d'un politiquement correct qui laisse songeur. Il parle d'un pays, le Japon, où les travers de notre propre société sont exacerbés, décuplés, et donc de nos travers à nous, de notre fascination pour la technologie et notre oubli de l'humain.

     


    Prophecy : la bande-annonce ! par Ki-oon

  • Umour, Dérision, Gotlib et toute cette sorte de choses

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    Avertissement : l'auteur de cet article a peut-être le sens de la dérision...

    littérature, société, BD, humour, télévision, dérision

    A propos du numéro spécial « Pilote » « Fluide Glacial » collector sur Gotlib, à l'occasion de ses quatre-vingt ans et de l'expo qui lui est consacrée au musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

     

    Dédié à Edith Ochs et Emmanuel Latlante qui ont parlé, eux, sérieusement de Gotlib, plus que je ne le ferai jamais ! Eux.

     

    Ami lecteur, tu ne seras pas surpris si je te dis que j'ai grandi en lisant « Astérix », « Lucky Luke », plus tard la « Rubrique-à-brac » et un peu plus tard encore « Cinémastock », « Rha Lovely », « Rhagnagna » ou les exploits de « Pervers Pépère », écoutant les réquisitoires de Desproges à la radio et ses « Chroniques de la Haine Ordinaire ». Pas étonnant que j'ai mal tourné je suis victime de mes mauvaises lectures et des mauvaises fréquentations qu'elles entraînent. De plus je suis d'une longue lignée de personnes ayant le sens de la dérision et du sarcasme...

     

    « Chème on me ! »

     

    Je ne sais donc pas si je suis très qualifié pour parler de l'humour et de Gotlib, Marcel. Par contre, les philosophes, qui sont des gens sérieux, comme Bergson, qui n'était pas la moitié d'un con, il a écrit un traité littéralement hilarant sur la question, des théologiens, qui sont aussi des gens sérieux, certains prétendant que Jésus ne riait pas et que Dieu n'a pas d'humour (moi modeste paroissien peu modèle il est vrai je pensais pourtant à Sarah qui se paie la tête d'un ange, à la croix qui est un symbole de victoire pour les chrétiens mais surtout un bel exemple de dérision, ce qui prouverait que Dieu en a, sans parler de celle consistant à faire de types et de femmes pas fréquentables les premiers apôtres, mais j'étais sans doute dans l'erreur...), voire même des journalistes, qui sont encore plus sérieux se sont penchés depuis que leurs professions existent sur le rire :

     

    Pourquoi rit-on ? De quoi est-il convenable de rire ? De quoi est-il inconvenant de le faire ? Et toute cette sorte de choses...

     

    Le problème du rire, c'est qu'il se paie la tête de l'autorité parfois très peu légitime qui prétend guider le bon peuple vers la lumière du progrès et du bonheur universel, (sans rigoler ?). C'est la raison pour laquelle les gens sérieux, et raisonnables, ont inventé le rire avec un « messâââge » dedans, et un qui serve leurs dogmes idéologiques ou autres.

     

    Ainsi Gotlib, s'il est si doué pour l'humour c'est à cause de la Shoah et son identité juive, les « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), forcément, et les siècles d'antisémitisme. La dérision « citoyenne » et le « rire de résistance » (Jean-Michel Ribes (TM°) ) ; ça doit toujours parler de la Shoah et de l'antisémitisme l'humour « noble » et « racé » et « citoyen », il faut absolument les caser quelque part quand on veut fait rire intelligemment, sinon ça ne veut rien dire. En fait, quand il dessine Gai-Luron c'est du tragique, et avec le gag récurrent d'Isaac Newton qui se prend sempiternellement une pomme sur le crâne il traite de l'absurde qui fait souffrir l'homme.

     

    Le rire gratuit c'est mâââl, c'est même le Mal sans parler des mauvais esprits qui pratiquent la dérision et la causticité sans vergogne, poussant le vice jusqu'à pratiquer l'auto-dérision. Le rire, l'humour, ou l'Umour et toute cette sorte de choses ça doit forcément s'expliquer par quelque chose, comme les blagues :

     

    Pourquoi se moquer aussi méchamment par exemple de ce « fou » et par là même de toute sa « communauté » qui souhaite repeindre son plafond sans échelle ? Pourquoi railler ce « Toto » manifestement issu de la diversité et en échec scolaire ? C'est stigmatisant ! Et pourquoi railler aussi éffrontément le « T.O.C » évident d'Henri IV concernant les équidés de couleur blanche.

     

    littérature, société, BD, humour, télévision, dérisionAinsi Gotlib, le maître de l'Umour glacé et sophistiqué (fondateur des éditions A.U.D.I.E (Amusement Umour Dérision Ilarité Et toute cette sorte de choses...) qui lui cumule car il pratique la dérision, l'infâme, dans des « petits mickeys » qui ne sont pas de l'art enfin tout de même, des « illustrés » qui distraient les enfants et les grands enfants des préoccupations fondamentales que sont le Genre, le commerce équitable, le développement durable, la stigmatisation des « minorités visibles », le retour possible de « l'obscurantisme », et de leur nombril sur internet.

     

    Gotlib est-il libertaire tendance marxiste, trotskiste ? Son rire est-il athée, agnostique, gnostique; blasphématoire ? Quand il parle de la psychanalyse ? Est-il plutôt freudiste ou lacaniste ? (note personnelle je sais que l'on dit lacanien ou freudien ami lecteur toi qui est sérieux mais j'avais envie d'emmerder le monde là-dessus aussi). Préconise-il le « cri primal » ? Est-il un émule de Reich ? Cela expliquerait-il beaucoup de choses dans son grand œuvre ou bien ne s'en fout-on pas complètement ?

     

    La question angoissante d'Umour (cliquer dessus pour voir le dialogue) vient de ce forum

     

    Couverture empruntée au site bedetheque.com

     

    Ci-dessous un "Tac au Tac" de 1971 avec Mandryka, Alexis, dessinateur de "Cinémastock" et "Dans la joie jusqu'au coup", et Gir (Jean Giraud, Moebius)


    Gotlib, Mandryka, Alexis et Gir. par Arsene-desbois

  • Bientôt la criminalisation des gonades ?

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    4000gender-150x150.jpgAmis lecteurs, j'ai presque honte de le dire en ces temps de « Théorie du Gender » triomphante parmi les responsables politiques en place et de féminisme sociétal radical, je suis un homme, c'est à peine croyable. Je ne prétends pas être « un vrai, un dur, un tatoué ». Je ris de temps à autres à des blagues poivrées tout en absorbant sans souci hygiéniste du « brutal », en détestant cependant la pseudo fraternité de comptoir consistant à taper sur les cuisses du premier type venu, tout ça parce que l'on s'est alcoolisé le cortex au même moment. Et conséquemment, je ne suis donc pas doté d'ovaires, à la place j'ai deux gonades et une verge (si je n'étais pas si modeste, que je pourrais qualifier de bonne taille) et nuls scrupules à en être pourvus ce qui devient rédhibitoire dans nos sociétés dites « avancées ». Enfin, nuançons, dans le tout petit milieu parfaitement coupé du réel qui gouverne en ce moment.

     

    Cela ne m'empêche pas d'accepter également la part de féminité que les hommes de goût ont tous en eux, et qui les rend capables aussi de sensibilité au monde, à sa beauté, et aux autres, à la chair et à la chère (Loué soit le Tout-Puissant, le Miséricordieux mais avec cette phrase je crois que je risque l'excommunication de la nouvelle église du « Gender »).

     

    Et je ne tire aucun remords d'appartenir au genre prétendu des « opresseurs » ce qui sera sans doute le plus grave pour les gardiennes du Temple, et les séides de Sainte Gisèle Halimi ou la bienheureuse Christiane Taubira, martyre affirmée des méchants réacs et autres malveillants de droite à l'entendre, déjà béatifiée vite fait tout debout ces dernières semaines, et en appelant à la « Patrie en danger » du fait du fameux « risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) hier soir dans une conférence d'anthologie à la Mutualité, d'anthologie dans l'alignement de clichés et autres lieux communs s'entend.

     

    Même, je ne suis même pas de ces nouveaux hommes qui rêvent de tomber enceints et de changer les couches de leurs gosses pendant que leur compagne travaille, revenant le soir pour goûter le « repos de la guerrière ». On me dira, les femmes qui prennent les choses en main, qui sont actives, ce n'est pas si mal et j'aime bien quand c'est moi qui bouge pas ainsi que Desproges le prétendait également pour lui.

     

    Je ne suis pas comme ces « mâles de service » que l'on trouve obligatoirement dans les causeries et autres conférences sur l'égalité des genres, où ils sont le repoussoir des viragos présentes qui leurs jettent regards réprobateurs et moralisateurs lorsque le pouvoir absolu des mâles durant des millénaires et l’oppression supposée qui s'en est ensuivie est rappelée. Parmi elles, on notera que la plupart ne font ici absolument pas preuve de la douceur et de l'écoute envers tous qui sont présentées comme l'apanage des femmes.

     

    C'est alors que le « mâle de service » susdit baisse les yeux avec humilité, rougit même après avoir aidé le plus discrètement du monde, pour ne pas imposer sa puissance, une des harpies qu'il assiste à débrancher le chargeur de son ordinateur, ce qu'elle n'arrivait pas à faire elle-même de par des siècles de conditionnement « judéo-chrétien matchiste » (TM°) sur la faiblesse physique des femmes je suppose...

    Asterix6.jpgOn note pour l'anecdote que ce mâle de service s'appelle souvent Jean-Michel, je ne sais pourquoi mais c'est ainsi et que malgré une calvitie galopante il est parfois pourvu d'une queue de cheval et d'un anneau dans l'oreille, compensations plus ou moins conscientes je suppose, comme sa toute petite barbiche, un bouc « ticket de métro ». Les « Jean-Michel » finissent soient mariés ou en concubinage avec une virago « kipense » dans le bon sens, insaisissable au lit et castratrice à table, soient avec un autre « Jean-Michel » ayant finalement « découvert » librement leur sexualité la trentaine passé.

     

    Du débat actuel sur les nouvelles dispositions relatives au sort des clients de prostitués ressort cela ; être un homme c'est mal, c'est recourir forcément la violence, l'agressivité et le désir d'affirmer sa puissance sur l'autre alors que la féminité ne serait que douceur et calme, gentillesse, compassion et soin de l'autre. 

     

    Je m'amuse beaucoup à l'avance ami lecteur des réactions courroucées que ce texte taquin ne manquera pas de provoquer auprès des tenant-e-s du dogme et des « Jan-Michel » qui n'ont aucun sens de la dérision...


    image du haut prise sur le site pigeon fûté

    image du bas site neuvième art

  • Hitler = SS

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    A propos du « manga » « Hitler » aux éditions Cornélius de Shigeru Mizuki

     

    album-cover-large-14358.jpgPour parler du nazisme et d'Hitler, sujets qui fascinent encore de nos jours les auteurs, les historiens, les individus, dans la masse de livres qui y sont consacrés on distingue plusieurs manières de faire :

     

    En faire un monstre en dehors de l'espèce humaine, ce qui est la manière la plus répandue, le point de vue psychanalytique et introspectif comme dans « Maus », qui fait des nazis et des juifs deux espèces différentes ce qui selon moi est un non-sens, l'évoquer avec un humour « hénaurme » et une extrême dérision comme dans « Hitler = SS » de Jean-Marie Gourio et Vuillemin, album d'ailleurs interdit, essayer d'en rire comme dans « la Vie est belle » de Begnini que l'on peut trouver un tant soit peu indécent au final et ce malgré les bonnes intentions.

     

    Et enfin, la plus dérangeante des manières d'écrire dessus, comme dans ce manga, en parler comme d'un être humain qui a laissé sa part d'horreur et de mal prendre le dessus dans son esprit. C'est la plus dérangeante car pour les personnes vivant en 2013 et s'imaginant être au nadir de la civilisation du fait des progrès techniques de notre monde c'est très déstabilisant de voir que cette part d'horreur et ce mal qu'Hitler a laissé croître et se développer et qu'il a communiquée à tout un peuple, son peuple, nous l'avons tous en nous ; mais nous sommes excessivement peu à en être conscients.

     

    Mizuki évoque les différents visages d'Hitler qui n'était pas du tout non plus la marionnette des grands groupes industriels que l'on en a fait également, qui l'ont aidé certes à accéder au pouvoir par peur de perdre ne serait-ce qu'une partie de leurs dividendes. L'auteur montre bien l'humanité d'un des grands criminels de l'Histoire, son ascension progressive vers ce qu'il pensait être un destin presque cosmique. Il faut s'adapter au style particulier des images et bien entendu de la lecture de la droite vers la gauche, mais ce style est en cohérence avec l'intention de l'auteur qui offre ici une méditation sur l'humanité du « Führer », sa folie et la folie collective allemande des années 30, plus qu'une biographie didactique et informelle.

     

    Un autre aspect extrêmement dérangeant de cette vie et du nazisme est aussi que l'on en retrouve des aspects dans notre société si avancée, ainsi l'obsession quasiment pathologique de la transparence et du contrôle des corps et des esprits, ainsi les mouvements de masse où la minorité n'est plus rien, ainsi ce rejet constaté un peu partout sur le Net de la différence de pensée, de vie, d'expression et du hors-norme, parfois au nom des meilleures intentions là encore, qui sont deux des caractéristiques des régimes totalitaires. Le rêve humide des nazis les plus radicaux s'y trouve là réalisé pleinement et accepté par la majorité des personnes dans notre monde et sur les réseaux informatiques.

    hitler=ss.jpg

    Il n'y a même pas eu besoin de l'accession au pouvoir d'un Hitler.

     

    D'autres aspects célébrés par les nazis sont également complètement intégrés et réalisés dans notre société dite libérale-libertaire. Hannah Arendt disait avec pertinence que le nazisme ne faisait somme toute qu'exacerber des tendances latentes déjà à l’œuvre dans le libéralisme et dans la plupart des idéologies. L'eugénisme, la suppression des plus faibles, des « inutiles », des vieux, des malades, des handicapés, le darwinisme social sont devenus parfaitement tolérables dans notre monde, et là encore au nom d'une idée complètement délirante du bien collectif qui méprise la liberté individuelle.

     

    Qui les remet en question parmi les intellectuels « kipensent » et que l'on écoute en France maintenant ? Quasiment personne.

     

    Mais hélas, nous vivons dans une période où personne ne souhaite vraiment être dérangé dans des certitudes bien confortables, des certitudes qui ne changent rien aux questions soulevées et aux réponses apportées.


    couverture prise ici

    la couverture de Hitler = SS prise sur le site de la bédéthèque

     

  • « L'histoire de la page 52 d'un album de Valérian »

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    « L'histoire de la page 52 » bientôt un documentaire de Kanari films

     9782205068467-couv-I400x523.jpg

    Pour participer à une opération de « crowfunding » sur le site « kisskissbankbank » afin d'éditer une version digipack, assortie d'un ex-librisi, de ce film, cliquez à ce lien

     

    Ami lecteur, autant te l'avouer, j'ai toujours été fan des aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporels du XXXème siècle en vadrouille dans l'univers entier, rencontrant des créatures pittoresques et étranges, que ce soit des Shingouz, sorte de tamanoirs chauve-souris spécialisées dans le commerce et le négoce plus ou moins honnête, ou une méduse terrestre qui apprécie la cuisine bourgeoise terrienne. Les aventures de Valérian renvoient aux temps glorieux de « Pilote » quand les lecteurs de BD n'étaient pas considérés surtout comme des cibles commerciales potentielles.

     

    Au départ, ces aventures sont plutôt classiques. Valérian, agent spatio-temporel, parcourt l'espace et différentes époques, accompagné de Laureline, ancienne licorne, éprise de justice sociale et de liberté. Valérian n'est pas un héros très malin, sa compagne le tire souvent de situations périlleuses et Laureline est bien plus fine et plus maline. Il y a apparement tous les ingrédients du space-opera cependant, dans chaque album, les auteurs instillent au départ un peu timidement puis de moins en moins une dose de préoccupations sociales très actuelles et adultes.

     

    Très vite ensuite, Christin et Mézières leur donnent un ton plus fantaisiste, de SF pataphysicienne, et ose traiter plus abruptement de questions finalement tout à fait de notre temps, car la SF parle toujours de notre temps, questions que Pierre Christin connait bien comme journaliste.

     

    Les scénarii de Pierre Christin sont toujours surprenants et intéressants, et le dessin de Mézières est très loin des albums impersonnels d'autres auteurs moins doués, qui semblent croire que travailler sur ordinateur leur confèrera plus de talent. Le documentaire suit le travail du dessinateur sur la création d'une page, sur son souci du trait et de la mise en scène.

     

    A partir de « Métro Châtelet direction Cassiopée », les albums racontent également une histoire qui n'est plus isolée et qui court autour de la perte par les deux héros de leur futur après avoir sauvé la terre de la guerre atomique qui aurait dû conduire un peu plus tard à l'avènement de Galaxity et de l'empire terrien, et de leur terre. Ils n'ont plus que leur vaisseau et l'ancien quartier terrien de « Point Central » mégalopole cosmopolite au centre de la galaxie. Ils ne peuvent plus alors compter que sur eux-mêmes et monsieur Albert, leur contact contemporain, et Jal, un autre agent ayant échappé à la disparition de la terre du futur. Ils iront jusqu'à rencontrer une « sainte trinité » burlesque sur Hypsis, civilisation qui tiraient les ficelles de toute cette histoire.

     

    Ce cycle se conclut avec « l'Ouvre-temps » qui laissaient Valérien et Laureline amnésiques sur la terre de 2013, retombés en enfance grâce à Xombul le premier « méchant » de leurs aventures rentré en grâce, et qui était alors annoncé comme le dernier titre de la série.

     

     

    Heureusement les auteurs ont visiblement eu du mal à abandonner leurs créatures de papier qu'ils font revivre dans « Souvenirs de futurs », la page 52 du documentaire étant celle de cet opus qui fait dire qu'il est excessivement dur de conclure lorsque l'on prend plaisir à raconter des histoires qui font travailler l'imagination. Le documentaire permet de suivre ce travail passionnant...


    couverture de "Souvenirs de futurs" pris sur le site de Dargaud


    ci-dessous la bande-annonce du documentaire

  • Le retour du « pays réel »

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    politique,pays réel,pays légal,société A la lecture de cet article certains m'accuseront d'être un vieux « maurrassien » qui essaie de remettre au goût du jour des vieilles lunes qui rappellent les z-heures les plus sombres de notre histoire, mais cette distinction que Maurras faisait entre « pays légal » et « pays réel » est plus que jamais pertinente.

     

    Je l'assume à plein....

     

    Le « pays légal » ce sont les parlementaires, les gouvernements de la République, les journalistes de la « bonne presse », les éditorialistes assermentés en connivence avec le pouvoir sur la base, croient-ils, de bonnes intentions et du Bien Commun, mais aussi les soutiens de Cahuzac, de DSK, de Sarkozy pris dans « l'Affaire Bettencourt », de Roland Dumas.

     

    Le « pays légal » a depuis longtemps coupé tout lien avec le réel de notre société, qu'il ne veut pas voir, et les français dits « d'en bas ».

     

    Le réel c'est par exemple le fait que de plus en plus de personnes, françaises de première ou énième génération, ne veulent plus vivre selon la loi commune mais selon leurs lois et coutumes p fussent-elles complètement grotesques.

     

    Tous ces représentants du « pays légal » qui n'a plus guère de représentativité réagissent quand l'un d'eux est attaqué avec un esprit de caste systématique, leur caste étant depuis un peu plus de deux-cent ans la bourgeoisie, celle-ci ayant accédé au pouvoir en 1789 et l'ayant conservé depuis au nom du Peuple.

     

    Il est possible que ce Bien Commun, l'un ou l'autre en ait sincèrement quelque chose à faire, mais ils ne voient pas la contradiction qu'il y aurait à s'enrichir parallèlement, frauduleusement ou légalement, pour eux-mêmes, comme le trésorier de campagne de Hollande qui ne voit pas le problème à avoir des comptes « offshore », et lancer avec forces « effets de manche » un discours virulent pour défendre l'austérité afin de maintenir coûte que coûte en place une Union Européenne qui est surtout celle, ultra-libérale, de l'argent et des grandes entreprises, justifiant une pression fiscale de plus en plus appuyée sur ce qu'il reste de la classe moyenne.

     

    Le « pays réel » est plus hétérogène, moins structuré, mais c'est aussi bien l'ensemble des manifestants du 24 Mars trainés dans la boue, les syndicalistes de « Petroplus », les ouvriers qui n'avaient plus rien à perdre de « Continental », ceux qui en ont marre du communautarisme et de l'angélisme à tout propos, les déçus de l'Europe, les électeurs qui en ont marre qu'on les prenne collectivement pour des cons.

     

    Leur colère commence à monter tout doucement face à « une république de copains et de coquins », elle est encore bien balbutiante et trop marqué par l'esprit partisan car si beaucoup osent se mettre en colère anonymement, ils sont encore malheureusement minoritaires à l'exprimer publiquement et remettre en cause clairement ne serait-ce que timidement les fondements libéraux libertaires de la Crise morale grave que notre pays connaît ces dernières années...

    dessin d'Adrien Fournier, d'autres à ce lien

  • Petit lexique français – bien-pensant : « Identitaire »

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    Déjà sur Agoravox

    définition d'identité selon le dictionnaire

    Les mots ont un sens, souvent différent selon les opinions professées. Un mot peut blesser plus surement qu'une épée.

    bienvenue-boboland-t2-global-boboland-philipp-L-zr9LhK.jpeg L'époque étant à la simplification extrême, au manichéisme radical, les mots au fond ne signifient plus grand-chose pour ceux qui les lancent ou les écrivent, ou seulement lorsqu'ils sont employés dans des slogans creux.

    Ce qui intéresse surtout l'individu moderne est surtout et d'abord la mise en avant de son nombril, ce qui le pousse à jouer un rôle la majeure partie du temps ce qui lui évitera de se retrouver en tête-à tête avec lui-même, chose qui l'effraie considérablement, l'heure n'est pas le moins du monde à l'introspection.

     Il y a des mots « totems » qui se doivent d'entrainer chez l'interlocuteur qui pense comme il faut des réactions adaptées sous peine d'être frappé d'anathème ou d'excommunication « festiviste ».

     Le mot « identité » est un de ceux-là, un de ces mots très fort qui se doit de susciter immédiatement l'effroi chez les personnes qui veulent suivre consciencieusement les belles consciences « qui pensent ».

     Les réactions à ce mot sont à géométrie variable selon la personne qui l'emploie et le groupe de personnes qu'il est censé désigner.

     Et découlant de « identité », désigner quelqu'un comme « identitaire » est une marque d'infamie, et puis ça évite de dire que c'est un fââchiiste et de risquer ainsi de se retrouver en correctionnelle. « Identitaire » sonne mieux, fait plus pédagogique, on n'insulte pas l'autre, on lui fait la leçon de morale, ce n'est pas tout à fait pareil. Il convient de désigner de cette manière quelqu'un qui se réclame de l'identité française, ce qui est mal, très mal.

     Curieusement, les nationalistes radicaux ou non se réclament de ce vocable, se pliant finalement aux clichés que la "gauche morale", à savoir la gauche manquant de sincérité sur la pauvreté, se fait d'eux...

    Selon le dogme du « bien-penser », l'identité française est bonne à jeter, que ce soit aussi bien l'histoire que la culture ou les traditions populaires, paternalisme et nostalgie mal placée que tout cela !

     Du passé faisons table rase et détruisons tout ce qui reliait encore un peu les individus ensemble, c'est plus sûr, cela nous mènera selon ce dogme à l'Utopie elle-même, au Bonheur universel et non à la barbarie, à l'ignorance généralisée, et à la soumission totalement serviles du « citoyen-consommateur » aux diktats imposés par les marchés et le pouvoir « tout-économique ».

     L'identité française selon les belles consciences ne contient rien de bon de toutes façons. L'« art de vivre » à la française ne se conçoit que sous la forme de « happenings » d'art contemporain à la limite, ou assimilé, de « Fooding », ou quand il est revisité et mélangé à d'autres, qu'il devient un « mix » (une sorte de bouillie pour chats vaguement humanitariste), un salmigondis « mondialisé » d'ailleurs réservé aux populations les plus riches.

    Il se doit de libérer, d'être "citoyen", "équitable", "écologiquement responsable"..

     Il ne faut pas exagérer. Le bourgeois, même « citoyen du monde », aime bien être le seul à pouvoir jouir de certains privilèges et être le seul à faire preuve de certaines prétentions, dont celle de jouer les bonnes consciences qui ont un train d'avance sur les autres...

     Ne parlons pas de la politesse ou de la courtoisie à la française considérées comme des hypocrisies bourgeoises indignes, sauf si celles-ci sont issues « de la diversité » (TM°) auquel cas on devra parler de traditions remarquables d'accueil des communautés qui les pratiquent encore.

     Ces belles consciences qui se soucient tellement de « vivrensemble » (TM°) ne voient pas qu'un zeste de politesse et de courtoisie en plus dans la vie de tous les jours, qu'éduquer les enfants -et les adultes !- à des gestes ou des choses tout simples, dire « bonjour », « au revoir » faciliterait largement l'existence en communauté, et cela bien plus efficacement que toutes les belles formules et bons sentiments.

     La « revisitation » quasiment obligatoire de la culture française, de son art de vivre, doit être camouflée par plusieurs artifices et gadgets techniques, se piquer de science, par exemple le « pot-au-feu » se doit d'être moléculaire ou « déconstruit » sous peine d'être ringardisé.

     Les « belles consciences » ne sont plus citoyens français depuis belle lurette, elles nous précèdent sur la voie du progrès les bougresses, les personnes composant cette élite progressiste z-et moderne sont «citoyen-n-e-s du monde » (TM°) comme il convient de dire ou sa variante locale « citoyen-n-e européen » (TM°).

    Ces braves gens sont de partout, et donc de nulle part, surtout de nulle part en fait.

    Pourtant tout le monde a une identité, est le fruit d'une histoire familiale, collective, nationale, régionale.

    Ce rejet de l'identité, donc de cette histoire, c'est croire que l'on vient au monde « ex nihilo », ce qui témoigne d'un profond orgueil et de prétentions sans bornes, et aussi d'un certain mépris ou d'un mépris certain des petites gens qui osent encore se réclamer d'une longue lignée française.

    Ce mépris est également engendré par l'ignorance de sa propre culture, la même inculture crasse que les bourgeois ayant ces prétentions reproche aux autres, aux « identitaires » justement...

     Illustration prise ici, tome 2 de "Bienvenue à Boboland", "Global Boboland"

  • « The Dark Knight returns » returns

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    The Dark Knight est aussi sur Agoravox

     « Urban Comics » réédite le « graphic novel » de Franck Miller, qui est à ce jour, la meilleure relecture de « Batman » et des « super-héros », avec « Watchmen » scénarisé par Alan Moore et dessinés par Dave Gibbons, traduits par Jean-Patrick Manchette.

    bande dessinée,politique,société,cinémaCette réédition de « TDK » est agrémenté du DVD et du Blue Ray de la première partie de son adaptation animée qui n'est pas honteuse mais considérablement affadie, excepté le traitement du « Joker » qui doit beaucoup à Michael Emerson, son interprète.

     Curieusement l'adaptation dite « animée » l'est beaucoup moins que les albums de Franck Miller qui sont littéralement à couper le souffle.

     Rappelons que « graphic novel » est un terme de marketing inventé il y a une trentaine d'années pour rassurer les adultes et autres grandes personnes théoriques qui ont honte de dire qu'ils lisent des BD, ce qui n'est pas le cas de votre serviteur qui au cinéma adore les chefs d'œuvres mais aussi les petites pépites « Z » bien cachées et qui parfois annoncent de grands auteurs, ainsi pour Peter Jackson..

     Ces deux œuvres écrites et dessinées par deux auteurs aux antipodes politiques, Moore est à l'extrême-gauche et Franck Miller à droite, sont la principale source d'inspiration des adaptations de « comics » actuelles, y compris la trilogie de Christopher Nolan encensée par la critique (qui n'a pas lu les BD de Franck Miller reprises parfois à la copie-carbone dans les films avec Christian Bale ainsi que « Enfer blanc » de Jim Starlin et Berni Wrightson, ou « Knightfall »).

     La mise en scène du « Joker », la perception du personnage dans le deuxième film, son appétence pour le chaos total, tout le sous-texte politique dans le troisième, sont très largement empruntées à Franck Miller.

     Coïncidence, ces deux « comics » sont parmi les meilleurs car il mêle la tradition du polar « hard boiled » et des « pulps » noirs des années 30 à la bande dessinée super-héroïque, « pulps » dans lesquels ont écrit la plupart des auteurs dits « de genre » maintenant devenus classiques. Bruce Wayne dans le récit de Franck Miller a la même carrure tragique que les héros de Chandler ou Dashiell Hammet, les mêmes préoccupations et la même absence d'illusions sur l'espèce humaine. Il ira jusqu'au bout de sa logique dans « Sin City » où curieusement il donnera à ses personnages de « durs » des allures de super-héros. Le manteau de Marv dans les histoires de « Sin City » prend alors des allures de cape.

     Miller a eu bien avant des auteurs sages, « sérieux » et doctes l'intuition de tous les travers de la société actuelle :

     La télévision et les écrans omniprésents, la société du spectacle poussée à son paroxysme et même une certaine destruction de deux tours dans une mégalopole américaine, dans le premier tome vingt-cinq ans avant que cela n'arrive pour de bon dans la réalité.

     Curieusement, Franck Miller donnera le même titre que son premier jet de « The dark Knignt » à ses impressions sur le « Onze Septembre », « Holy Terror », mais là, pas de Batman ou de Superman pour sauver la mise aux bipèdes impuissants qui n'ont pas de super-pouvoirs pour sauver le monde après le petit-déjeuner

     On peut regretter le format somptueux des albums de la première adaptation française de « Dark Knight », sortie aux éditions Zenda en 1986.

     Dans « The Dark Knight returns », Bruce Wayne n'est plus Batman depuis déjà dix ans, suite à la mort de Jason Todd, le deuxième « Robin ».

     Il n'a plus beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine et semble persuadé de l'inutilité de sa lutte contre l'injustice et les criminels auparavant. Il préfère aider du mieux qu'il peut à soulager ses congénères qu'à combattre le crime, et se console dans l'alcool.

    bande dessinée,politique,société,cinéma Il subventionne les thérapies de ses anciens ennemis dont « Two Face » qui subit une opération de chirurgie plastique lui redonnant un visage normal, ou celle du « Joker », en catatonie depuis que le Batman n'intervient plus la nuit. Chaque nuit, ses anciens démons tourmentent Bruce Wayne qui revit encore et toujours le meurtre de ses parents par un voleur à « Crime Alley ».

     La plupart des super-héros sont emprisonnés ou dans la clandestinité, comme Green Arrow qui lutte contre le gouvernement américain. Superman s'est mis au service des intérêts exclusifs des politiques de Washington.

     Un soir d'orage dantesque sur Gotham, alors que « Two Face » est de nouveau en cavale, que les criminels n'ont jamais été aussi puissant, Bruce Wayne revêt de nouveau le costume de Batman et comprend que cette fois, il devra aller jusqu'à la mort car les dirigeants ne le laisseront pas faire...

    illustration du haut prise ici

    illustration du bas prise ici

  • Les Bidochon se lancent dans le développement durable...

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     Christian Binet raconte depuis près de trente ans les bêtises, petites faiblesses et errements divers d'un couple de français moyens (pléonasme selon nos amis belges quand ils ont envie de se venger de nos mauvaises blagues à leur encontre), couple qui tombe dans toutes les modes, se laisse avoir régulièrement par la publicité, l'administration et les médias.

    couverture empruntée à ce blog littéraire

    Bande Dessinée, société, politique, littératureL'auteur l'a affirmé, il arrêtera quand il s'ennuiera et ne s'amusera plus. Mais grâce au ciel, et les français n'étant pas prêt de guérir de tous les travers en attendant ceux que réservent l'avenir, il n'est pas prêt de s'arrêter ni de s'ennuyer ou de ne plus s'amuser.

    Pour de nombreux lecteurs, en parcourant les albums ou dans la vie, le Bidochon, le plouc, le beauf, c'est toujours l'autre, jamais soi-même, posture très française.

    On est toujours critique avec les autres en oubliant de regarder ses propres défauts et travers.

    Alors que lorsqu'on lit « les Bidochons », on s'aperçoit que les Bidochons, c'est nous...

    Dans cet opus, Robert et Raymonde se soucient de développement durable. Au départ, Robert est un rien réticent car cette préoccupation leur est soufflée par Gisèle et René, leurs deux amis un rien « bobos » sur les bords jamais en retard d'une prétention à la pseudo-modernité.

    Gisèle et René sont des « jusqu'aux boutistes » qui se sont faits construire une maison totalement écologique selon eux, équipée d'un four solaire qui met deux heures et demie à cuire un rôti (ce n'est pas encore très au point et quant aux légumes Gisèle et René s'habituent à les manger crus), d'un local à compost et à vers de terre, et de toilettes « sèches » (Malheureusement, bien sûr Robert confond l'un avec l'autre).

    Raymonde est tout de suite enthousiaste, elle qui a plus de bon sens que Robert, voit tout de suite l'intérêt de la chose bien qu'elle se lance dans l'écologie de manière un rien brouillonne au début mais plus raisonnée que son époux.

    Elle se lance de suite dans la recherche de fuites d'eau éventuelles dans leur tuyauterie, gaspillant au passage une bouteille de vieux Bordeaux de son mari, et tente d'initier celui-ci au tri sélectif, ce qui n'est pas évident, y compris pour elle, car pour en comprendre les méthodes elle doit aller chercher une notice en néerlandais sur Internet.

    Lorsque les éboueurs passent enfin au petit jour, les Bidochons n'ont pas eu le temps de trier leurs ordures et Robert ne peut que clamer son dépit.

    Raymonde installe ensuite des ampoules électriques « durables » et « basse consommation » dans leur maison, découvrant au passage leurs inconvénients, à savoir leur lenteur. Quant à Robert, il apprend à éteindre la lumière quand il sort d'une pièce ou la télévision, ce qui l'ennuie profondément car cela demande un effort supplémentaire.

    René convertit ensuite Robert au covoiturage et au bricolage « responsables ».

    Comme à chaque fois qu'il se prend d'une tocade, il en fait trop, beaucoup trop, encourageant Raymonde à des économies de « bouts de chandelle » tout à fait ridicules, perdant d'un côté ce qu'il gagne de l'autre.

    A la fin, le couple Bidochon essaie de convaincre un impétrant qui profite des sites de covoiturage pour draguer de nettoyer un coin de la planète, l'abandonnant au milieu des ordures qu'ils le chargent de rassembler en tas...

    Que l'on ne se méprenne pas, Christian Binet ne se moque pas du tri sélectif, ou autres démarches de simple bon sens concernant l'environnement, toutes choses que faisaient déjà nos ancêtres que beaucoup redécouvrent comme ils s'imaginent redécouvrir l'Amérique.

    Binet raille les « jusqu'au boutistes », les maladroits, les dogmatiques comme le devient Robert à la fin qui font du « développement durable » une véritable religion alors qu'ils laissent commettre par ailleurs un gâchis bien réel des ressources et qui ne se soucient pas des racines profondes du gaspillage.

    Et comme dans toutes ses dédicaces en fin d'album, il montre que « les Bidochons » si c'est un peu tout le monde, c'est aussi un peu de lui-même.

    Christian Binet – « Les Bidochon sauvent la planète » Tome 21 - éditions Audie

    sorti le 17 octobre 2012

  • Histoire de « Marvel 14 » - la censure des grandes personnes sur les « comics »

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    Marvel14_compo.jpgimage ci-contre prise ici

    sur Agoravox

    Le documentaire « Marvel 14 » produit par Jean-Pierre Putters, créateur de « Mad Movies, revient sur la censure du numéro 14 de la revue « Marvel » des éditions Lug (numéro imprimé mais jamais distribué en 1971) qui adaptaient en français des bandes dessinées américaines, les vexations diverses que ces éditeurs subirent de la part de censeurs ridicules et ubuesques réclamant des coupes d'une bêtise profonde dans les histoires que Lug éditait.

    Pour ces censeurs ces histoires fabriquaient des voyous, des associaux...

    On constate encore que parler de la culture populaire c'est aussi parler de l'évolution de la société, que cette culture en marge de la culture élitiste est parfois aussi intéressante voire plus. Jean-Patrick Manchette a gagné sa vie au début de sa carrière en traduisant quelques unes de ces bandes qu'il appréciait et qu'il évoque à la fois dans ses « Chroniques » et dans son « Journal ». On lui doit la traduction de « Watchmen » et aussi de « V pour vendetta », deux classiques du genre, plus mûrs et plus aboutis que les autres.

    Mais il faut dire que cet écrivain ne se considérait pas comme une grande personne perché dans son appartement du XIVème...

    Les « grandes personnes » ne lisent que des livres sérieux, certainement pas des romans, bons seulement à divertir, les « grandes personnes » ne vont voir au cinéma que des classiques où il est de bon ton d'emmener les enfants pour les instruire, les « grandes personnes » n'aiment pas les films de genre, ils sont trop futiles. Les « grandes personnes » ne conçoivent l'art et la création en général qu'éducatifs, qu'ils aient une utilité sociale, une leçon de vie, une exemplarité sur une cause ou une autre. Les dévots de toute chapelle ne supportent pas les créations qui éloignent de leurs théories, de leurs engagements, ils sont persuadés que ces créations, comme les « comics » qui relèvent de la culture populaire moderne en sont effectuent un travail de sape qui retardent l'avènement d'un monde selon leurs vœux ou tout le monde serait soumis à leurs diktats.

    Ils aiment les enfants et les adultes dociles. Malheureusement pour eux, un enfant ou un adulte qui lit beaucoup, voit beaucoup de films l'est rarement.

    Toutes raisons pour lesquelles les enfants et les adolescents s'intéressent aux œuvres, aux romans, aux films qui énervent le plus les « grandes personnes » qui ont une vision du monde étroite ; et donc aux « comics » américains. Les « comics » viennent des « pulps » des années 30 dont ils reprennent une grande partie des codes, ainsi que des « serials » de « Republic pictures » qui produisit aussi l'adaptation de « Macbeth » d'Orson Welles.

    L'auteur de ce texte fait partie depuis l'enfance de ces lecteurs à qui plus on tente de lui interdire un livre ou un film ou de l'en dégoûter, plus cela lui donne envie de le lire ou de le voir pour se faire un jugement par lui-même.

    Et bien sûr, comme beaucoup d'enfants des années 70 il a découvert les « comics » dans « Strange » ou « Marvel », qui publiaient les histoires des éditions « Marvel », quasiment toutes écrites par Stan Lee, alias Stanley Lieber, ou « DC comics » en France.

    Les années 70 étaient une époque où les écoliers pouvaient admirer un poster géant de « Ilsa la chienne du goulag », d'un film de Bruce Lee ou un de ses émules, ou d'un « Django » sur la façade des cinémas, sans que personne ou presque ne s'en offusque. On découvrait les films au dernier moment, il y avait encore ce désir de cinéma même dans les œuvres mineures, désir maintenant tué par le fait que le spectateur moderne sait tout du film qu'il va voir grâce à Internet avant d'aller le voir.

    C'était le triomphe d'une certaine idée « bis » du cinéma, de la BD aussi qui devenait adulte avec Jean-Claude Forest ou Guy Pellaert, qui reprenait les codes graphiques de la BD américaine. Actuellement, c'est toute la cinéphilie qui se prétend « bis », mais sans ce supplément d'âme qu'elle avait auparavant.

    Je dis « personne ou presque » car le comité de censure de la littérature pour la jeunesse, où siégeaient de nombreuses « grandes personnes », détestait les « comics » qu'elle trouvait trop violents, trop colorés (?), avec des onomatopées qui allaient pervertir notre belle jeunesse et l'amener vers des comportements déviants ainsi que certains le croyaient aussi aux États Unis comme Frédéric Wertham dans son livre « Seduction of the innocent » où l'auteur soupçonne les super-héros de tous les vices et toutes les perversions inventant parfois des personnages.

    A gauche l'on suggérait que les bandes dessinées américaines étaient surtout des vecteurs de la propagande « yankee » alors que dés le début des éditions « Marvel » c'était exactement l'inverse, Stan Lee abordant dans ses histoires la question des minorités, de la course à l'arme atomique, la contestation étudiante, le faisant « en creux » mais ces questionnement étaient bel et bien présents, suivant en cela les auteurs des « pulps » là encore..

    Les "freaks" qui éditaient "Zap comics" où dessinaient Robert Crumb ou Gilbert Shelton ne s'y étaient pas trompés ne faisant qu'amplifier cette dimension transgressi:ve.

    Dans la plupart des adaptations des « comics » des ces dernières années au cinéma, cette dimension transgressive a été bien évidemment complètement gommée, exceptée dans « Sin City » d'après Franck Miller.

    Les « grandes personnes » dont il était question sont des adultes aliénés par le fait qu'ils étaient des enfants un peu trop sages, un peu trop dociles, qui n'ont jamais fait de bêtises comme les autres, de ces bêtises nécessaires, que même parfois l'adolescent accède à la culture élitiste en cherchant les scènes chaudes dans un livre ou un film, moyen beaucoup plus sûr de lui faire connaître des auteurs plus « exigeants » que d'autres.

    Ci-dessous la bande annonce du documentaire "Marvel 14"

  • (Re)lectures d'été 2 – Comics US et politique

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    En partant de « The Dark Knight rises » dont je n'allais pas faire la critique car cela a déjà été fait, et bien fait...

    Dans l'épisode précédent, l'auteur parlait d'un classique « sérieux » et son auteur qui l'était tout réputé tout autant : « And now something completely different » pour reprendre la formule des Monty Python.

    couverture de "Enfer blanc" prise ici

    abl24yydexetkg3hm8z2tqe3jip43.jpgOn peut aller voir un « blockbuster » estival en l'occurrence « The Dark Knight rises », détendant, palpitant et jouissif dans ses rebondissements et ses images, mélange de trois « comics », « Enfer blanc » de Berni Wrightson et Jim Starlin, « The Dark Knight » de Franck Miller, dont la narration à travers des écrans de télé est une satire de la société du spectacle, et « Knightfall », beaucoup moins intéressant que les deux premiers du fait en particulier de son trait bâclé, et aussi blockbuster pas bête du tout peut impliquer une -modeste- réflexion politique.

    On peut donc siroter un « Colonel » bien glacé à la terrasse d'un café ombragé, rêvasser en regardant les jambes des jolies filles qui passent, et avoir envie de développer sans dilettantisme de ces thèmes abordés dans le film de Christopher Nolan qui renvoie au fond dos à dos les idéologies dans un point de vue qui est presque celui d'un « anar de droite » au fond !

    Cette société dans laquelle nous vivons est inique, injuste, ignoble dans ses bases mêmes définies pourtant par des idéologues libéraux des XIXème et XXème siècles persuadés de l'irrévocable avance du progrès, et de faire le bien de l'Humanité fût-ce contre son gré.

    D'autres idéologues en ont fait la critique, parfois radicale. Le fait que certains aient eu une analyse et une méthodologie parfois pertinentes est indéniable, le problème étant que d'une analyse, ils sont souvent arrivés à une théorie globalisante sombrant bien vite dans l'arbitraire intellectuel.

    Ces idéologues, qu'ils soient d'un bord ou de l'autre, ont toujours été persuadé du bien que leurs idées apporteraient à l'humanité.

    Aucun n'a tenu compte de la nature humaine, pensant que comme leur utopie serait merveilleuse, les êtres humains seraient bien obligés de se laisser faire.

    Ce qui consiste à vouloir enfoncer des coins carrés dans des trous ronds la plupart du temps.

    Le film de Chris Nolan, par une réplique, décrit très bien l'iniquité de notre société, dans la scène de la Bourse quand Bane glisse à un « trader » qu'il vient en ce lieu car il y a plein d'argent à « se faire », à voler donc, sur le dos des plus précaires.

    Divers régimes politiques s'y sont essayés, ce qui a mené la plupart du temps à des massacres sans nom comme ceux que le révérend Blackfire commet dans « Enfer Blanc » dont il est le principal "méchant", qui avoue d'ailleurs à, tels la plupart finalement des leaders des différentes insurrections, dont Bane dans le film (où il est beaucoup moins ridicule que dans la BD, où il s'inspire des "super catcheurs" du cinéma Z mexicain, tel Santo).

    Celui-ci, qui n'est qu'un exécuteur des basses œuvres, ressemble à la fois à Ben Laden pour le côté chef religieux, à un Che Guevara iconique, à un seigneur de guerre se prétendant « révolutionnaires » qui s'octroie, avec leur assentiment (!), d'avoir droit de vie ou de mort sur ceux qui le suivent.

    Ils ont soif de sang, celui des plus innocents et des plus faibles en particulier, de massacres soit-disant salvateurs, et de rien d'autres.

    Quand on parcourt le Net, et les journaux, les courriers des lecteurs, les forums, on constate que ces idéologues socialisants ou libéraux ont encore beaucoup d'admirateurs et de fans, tous aussi coupés du réel les uns que les autres cela va sans dire, d'aucuns parmi eux théorisant sur leur solitude et leur manque, comme Fourier, vieux garçon rêvant de compagnie, qui dînait seul chaque soir, invente tout un système pour se consoler de son célibat.

    Visuel de "The dark Knight" de Franck Miller pris ici

    The-Dark-knight-de-retour-en-film-d-animation_portrait_w532.jpgLa plupart mettent leur idéologie favorite en avant surtout a-t-on l'impression du fait de leur rancœur, de leur ressentiment, de leurs complexes, de leurs frustrations essentiellement matérielles, ou de leur chagrin de n'être pas le génie qu'ils s'imaginent être

    C'est à l'instar de Bane et de la fille de Ras Al'Ghul dans « The Dark Knight rises », attention « spoiler » pour ceux qui n'ont pas vu le film, la rancœur, le ressentiment et la colère qui les mène à vanter ce qu'ils prétendent être l'insurrection, celle qui vient, selon eux, le problème étant que pour l'instant aucune date n'est fixée, et non le désir de justice et d'équité, sauf pour eux bien entendu.

    Une fois cette constatation de bon sens de départ faite quant à notre monde, il y a plusieurs réponses possibles : le cynisme, l'utopie, la révolution, l'acceptation, ce qui est le cas de la plupart des gens du troupeau et de vivre en être humain ses rapports avec son entourage, ses amis et relations.

  • Macho peureux des femmes ?

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    Sur Agoravox, on m'accuse d'être un sale macho qui a peur des femmes, ce qui est un oxymore.

    Je ne suis pas comme Franck, quoi que je puisse comprendre son émoi.

    Voir ci-dessous.

    035.jpg

     

     

  • « Les Bidochon » opus 20 - « Les Bidochons n'arrêtent pas le progrès »

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    bidochon_20_1.jpg

    Gràce à moi les Bidochons sont aussi sur Agoravox

    Je vais une nouvelle fois étaler mon immense culture et ma gigantesque érudition, que je montre volontiers à tous les passants, en faisant ici même la critique du dernier tome des fantastiques aventures du couple vedette de « Fluide Glaciale ». Je pourrais parler du dernier roman écrit sous neuroleptiques de Michel Houellebecq, qui a un style aussi vif que celui d'un informaticien dépressif, sans l'avoir lu comme le font la plupart des critiques, on me dira, mais je préfère « les Bidochons » : Robert et Raymonde, on est tous un peu Robert sur les bords, nous les z-hômmes, et les femmes sont toutes un peu des Raymondes au milieu voire un peu partout. Robert et Raymonde se sont mariés tardivement, ils auraient aimé avoir des gosses mais ce n'était plus possible car Robert a des problèmes de tuyauterie. Ils trompent leur ennui à deux, Raymonde et lui, en s'occupant avec les dernières conn...trouvailles disponibles : dans les deux derniers albums, ils surfaient sur Internet et se passionnaient pour l'astrologie et autres sciences occultes, et c'était un peu moins drôle, on sentait la lassitude de Binet pour la série. Dans celui-là il est beaucoup plus en forme, comme ses héros. Il n'empêche, mon préféré reste le 15 : "Bidochon Mère". La "môman" de Robert s'est retourné un ongle, elle en profite pour faire venir son fils en lui faisant croire qu'elle souffre le martyr, et tenter de le "récupérer", celui-ci tombant dans le panneau, la croyant mourrante. Raymonde supporte beaucoup de choses et elle finit par sauver in extremis son mariage..

    On croit que c'est du mépris, du dédain, de la condescendance, mais Binet sait bien qu'il est ses créatures, et moi je sais que l'on est toujours le Bidochon, ou le plouc, d'un autre. Moi-même j'apprécie des plaisirs tout à fait ploucs comme grignoter un cornet de frites à Lille devant la gare, manger des moules face au port de Barneville en les accompagnant d'un petit muscadet, écouter des chansons à la con, le dernier tube pour midinette ou regarder un film que les cinéphiles distingués n'évoquent qu'en se bouchant le nez. D'ailleurs, ce n'est pas forcément un comportement plouc que tout cela, mais peut-être encore plus snob que de se pâmer devant la denière oeuvre coûteuse et absconse d'un créateur de "projets" ou d'"happennings" à la mode (on ne parle plus d'artiste, çà c'est plouc). Le plouc est en fait un médiocre qui aime sa médiocrité et son esclavage, souvent il se vante d'être bien vu de son patron ou de sa crémière. Le plouc n'aime pas que l'on connaisse un peu plus de choses que lui dans certains domaines, il se sent alors attaqué dans ce qu'il croit être sa virilité. Le plouc n'est pas automatiquement un franchouillard ou un "beauf", ce peut être un bobo, car une autre caractéristique du plouc est que son univers s'arrête à son nombril.

    Dans cet alboume, Robert, qui est né de la dernière pluie, se laisse avoir par un catalogue d'objets complètement inutiles mais modernes, comme le « cooler » qui tient les bières au froid et permet de conserver la chaleur des steacks cuits sur le barbecue, le « poivrier lumineux » qui éclaire l'assiette gràce une dynamo incorporée, les sacs d'« engrais biodégradables » qui se délitent tous seuls quand il pleut, le « cric gonflable » qui évite de se pencher pour changer une roue, le « pincitoasts » qui permet de ne pas se lever de table pour prendre les tartines dans le grille-pains, le « pouce-bouchons » qui permet de déboucher une bouteille de vin sans effort musculaire, l'« évaluateur » qui mesure n'importe quelle distance avec un laser incorporé, le « parasol bronzant » qui laisse passer les UV, les larves de coccinelles que l'on place au pinceau sur les plantes du jardin (là c'est Raymonde qui trouve ça génial, tout comme les raquettes de potager, inadaptées quand le téléphone sonne, le « simulateur de présence », qui fait peur aux voleurs quand on est absent, le « purificateur-ioniseur » qui ventile les pièces et les ionise, ce qui change tout, le « foret sans perceuses », un peu dur à utiliser celui-là, il faut pousser dessus avec un marteau pendant que votre assistant tourne la vis...

    Le site officiel du couple star est à ce lien

    Ci-dessous, au théâtre

  • Adèle Blanc-Sec - film et BD : une comparaison

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    Adèle Blanc-Sec – Du frelaté pour le film, de l'authentique pour les albums

    A la recherche d'Adèle

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    J'ai découvert Adèle il y a longtemps, j'ai commencé par « le Savant Fou », le troisième tome, juste après avoir lu plusieurs romans de Jules Verne, Jacques Tardi y liait une subtile dérision à la fantaisie et au romantisme du roman-feuilleton, je m'étonne d'ailleurs que le scénario ne conserve pas plus d'éléments d'Adèle et la Bête qui étaient largement moins anecdotiques, je songe par exemple à l'histoire d'amour d'Adèle avec Lucien Ripol, le cambrioleur. Et Adèle est une héroïne, nom de Zeus, ce qui donnait largement plus de piment aux histoires qui étaient déjà de ce fait à des années lumières des sagas pour enfants sages et des tribulations scientifico-apocalyptiques de célibataires anglais imaginées par Jacobs, Blake et Mortimer, que Tardi a failli reprendre, ou des aventures d'un autre célibataire endurci, Tintin. Je lui dois quelques unes de mes premières émotions esthétiques et sensuelles ; c'est comme les films découverts au cinéma à l'adolescence, beaucoup allaient voir par exemple Riz amer pour les bas de Silvana Mangano dans les années 50, il n'y allait pas pour le néo-réalisme, qui était beaucoup moins attirant faut-il dire. Ce qui amusait n'était pas de toute façon ce que racontait Tardi, mais l'ambiance, et aussi l'irrespect total envers les institutions. Grâce à lui j'ai commencé à entrer dans l'âge adulte et j'ai appris à avoir un peu plus de recul quant aux évènements historiques dont la Première Vraie Boucherie Mondiale qui n'a pas été suffisante, les mêmes protagonistes ayant remis le couvert vingt ans plus tard, sujet qui passionne le dessinateur qui en dit ceci : "J'ai entendu parler de la Grande Guerre, à l'âge de cinq ou six ans, par ma grand-mère. J'ai très vite voulu en savoir plus. Ce qu'elle me racontait avait trait au quotidien dans les tranchées. Je faisais des cauchemars, mais j'étais proprement fasciné. Par la suite, j'ai vu des photos et mon désir de dessiner cette guerre en a été accru." Dans les aventures d'Adèle, la première Guerre a d'ailleurs un rôle central. Elle est largement plus monstrueuse que les horreurs concoctées par les affreux que croise Adèle.

     

    J'avais donc emprunté le troisième opus des aventures de l'héroïne de Tardi à la bibliothèque de mon collège, affrontant sans trop de scrupules le regard réprobateur de la maîtresse des lieux qui désapprouvaient l'éclectisme de mes lectures. Un lecteur ne peut pas lire des bandes dessinées et Yourcenar, ne peut pas aimer Philip K. Dick et Proust, à moins d'être un mauvais sujet impertinent. Déjà j'avais horreur des bouquins didactiquement civiques z-et engagés, se proposant de faire l'éducation des masses dés la petite enfance, que les masses soient d'accord ou pas. Et j'ai fini par lire et relire très souvent la plupart des chapitres des aventures d'« Adèle » qui s'arrêtaient hélas au Secret de la Salamandre, Tardi n'ayant plus trop l'envie de continuer à raconter les tribulations de son personnage, cet album met d'ailleursen vedette Lucien Brindavoine, on ne voit Adèle que sur deux ou trois cases à la fin, ou dormant tranquillement dans la glace.


    Tardi d'Adèle à Céline, de Lucien à Nestor

    Quand il était jeune les bandes dessinées étaient pour Tardi et les gosses de son âge encore plus considérées comme des mauvaises lectures menant tout droit à l'échafaud. Il découvre donc en cachette les bandes dessinées grâce à un camarade qui lui glisse en douce le journal « Tintin » sous la clôture du jardin. étudie à l'École des Beaux Arts de Lyon, puis monte « ensuite » aux Arts Décoratifs de Paris, Il fait ses débuts, en 1969, dans l'hebdomadaire « Pilote » comme beaucoup d'autres auteurs de BD découverts par Goscinny. En 1972 paraît sa première longue histoire, Rumeurs sur le Rouergue, écrit par Pierre Christin. Se cherchant, explorant différents styles de dessin et de thèmes, il livre plusieurs récits incomplets, il publie chez Dargaud, en 1974, Adieu Brindavoine qui naît donc avant la série d'« Adèle Blanc-Sec », puis « Le Démon des Glaces », une histoire très « julesvernienne ». Plus tard, il construira des passerelles entre toutes ses histoires. Parallèlement à sa série fétiche, Il ne cesse d'évoluer et d'enrichir sa démarche artistique, avec entre autres Griffu, très fellinien dans son inspiration, l'œuvre se rapprochant du Satyricon du cinéaste, ce qui n'est pas un hasard, (sur un scénario de Manchette, sorti chez Dargaud, en 1982, réédité en 1996 chez Casterman), Ici Même, plus poétique, surréaliste, (scénario de Jean-Claude Forest, prépublié dans le mensuel « A Suivre » en 1978, et édité chez Casterman en 1979); Le Trou d'Obus publié en 1984 à l'Imagerie Pellerin, le célèbre Éditeur des Images d'Épinal, bien que ce ne soit pas vraiment de l'imagerie d'Épinal traditionnelle, à mon humble avis cet album devrait être au programme pour étudier l'histoire du Premier Conflit Mondial avis ; et l'excellent Tueur de Cafards (sur scénario très « Série Noire » de Benjamin Legrand, chez Casterman, 1984). En 1982, il adapte le fameux roman policier de Léo Malet, Brouillard au Pont de Tolbiac, et en 1988, il poursuit avec le tout aussi bon 120, Rue de la Gare suivi en 1996 de Casse-pipe à la Nation qui semble être plus un travail de commande qu'une relecture enthousiaste de Léo Malet, Burma y apparaît d'ailleurs un rien débraillé. Il réalise un de ses rêves en illustrant de quelques six cents dessins en noir et blanc l'œuvre puissante et majeure de Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la Nuit (Édité conjointement par Futuropolis et Gallimard). Cette publication rencontre un succès formidable et Jacques Tardi illustre alors successivement dans la même collection, deux autres ouvrages de Céline: Casse-Pipe (1989), et Mort à Crédit (1991). Personnellement, je trouve qu'il est permis de préférer largement les albums d'après Léo Malet et la série des Adèle Blanc-Sec, beaucoup moins chichiteux selon moi. Il a été impressionné par son sujet et marque trop de déférence.


    Respect de la lettre, oubli de l'esprit

    Dans les aventures d'Adèle Blanc-Sec, les flics, et pas seulement Caponi (je m'étonne qu'il n'ait pas gardé son prénom originel qui est Léonce et non Albert), sont des abrutis finis, tout comme les truands il faut dire. Mais, nuance de taille avec le film, ce sont des abrutis un peu complexes, et pas seulement monocouche, dans le film, Caponi est un « auguste » qui ne pense qu'à manger (je suis sûr qu'il ne mange même pas cinq fruits et légumes par jour l'inconscient). Les commissaires principaux sont des fous sanguinaires, quand ils ne sont pas gourous de secte comme le supérieur de Caponi, les scientifiques sont sadiques et sans conscience, et érotomanes, et les monstres sont plus humains que tout ce beau monde. Le détective qui pourrait être un héros, Simon Flageolet, est un pleutre qui finit indic. L'intrigue foisonnante des albums est très simplifiée, sombrant même dans le simplisme très enfantin ou plutôt infantile du style Harry Potter avec le dressage du ptérodactyle, dont les effets spéciaux sont en plus, cerise sur le gâteau, plus ou moins ratés. Il faut bien vendre des figurines qui plaisent aux clients des chaînes de junk food qui font la publicité du film. Certains critiques qui aiment bien les histoires simples, beaucoup souffre de microcéphalie, trouvent que c'est encore trop compliqué pour eux et pour les gosses. Cela permet certainement de vendre le film aux distributeurs et aux annonceurs, et de rameuter les brouteurs de pop-corn et autres cochoncetés dans les salles obscures, et rentabiliser les vingt minutes de pub qui précèdent les films. Le film raconte l'histoire d'Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, qui est présentée comme prête à tout pour arriver à ses fins, la principale étant de guérir sa sœur, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec bandits égyptiens. Au même moment à Paris, c'est la panique à cause de l'apparent réveil d'un ptérodactyle qui terrorise la capitale.

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    En un temps que « les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... », on connaît la suite, on pouvait faire du cognac « 3 étoiles » avec de la sciure, de l'alcool à brûler et quelques pneus, maintenant, ça ne passe plus car l'estomac ne résiste pas; les extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec le film c'est un peu comme ce genre de tord-boyaux frelaté, le produit fini a presque le goût, la couleur et l'odeur, mais c'est bien du frelaté de première classe même si le long-métrage a la caution du créateur du personnage. Certes, Louise Bourgoin a la silhouette d'Adèle et plus ou moins les expressions, mais elle n'en pas la personnalité ni le charisme et surjoue ses émotions. Et à la fin, on a l'impression que son personnage est interchangeable avec celui de sa sœur Agathe. De fait, elle est toujours dans la peau de la « miss Météo » de Canal qui fait des sketchs marrants (sic) et sans prétentions pour parler du temps qu'il fait. A un moment, pourtant, on voit passer en caméo une comédienne qui aurait pu prendre le rôle sans problèmes, avec plus de classe, de second degré et de fantaisie, c'est Frédérique Bel qui joue la cocotte (le terme de la Belle Époque pour parler d'une demie-mondaine ou d'une p...e) qui assiste à l'exécution du professeur Espérandieu. Elle a le grain de folie en plus qui en aurait fait vraiment l'incarnation du personnage de Tardi. Peut-être était-elle moins malléable dans le rôle que Louise Bourgoin ? Dommage. Le problème est finalement que si le film a pu saisir la lettre des albums, il n'en saisit pas l'esprit.

    Amaury Watremez

    Les neuf tomes des aventures d'Adèle Blanc-sec sont édités chez Casterman (10,50 Euros le volume)

    Le film de Luc Besson, inspiré du premier et du quatrième album, Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, mettant en vedette Louise Bourgoin est sorti le 14 avril

     

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  • Fêtons la Saint Valentin avec Athanagore Wurlitzer

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  • S'appeler Goscinny...

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    S’appeler Goscinny… - à propos de Goscinny : « Faire rire, quel métier ! » de Aymar Du Chatenet et Caroline Guillot

    goscinny_uderzo_foto1967.jpgCe qui rend ce livre intéressant, qui décrit tout le parcours de Goscinny et ses personnages principaux, c’est qu’il ne sombre jamais dans l’esprit de sérieux. J’ai toujours beaucoup aimé les Bandes dessinées de René Goscinny, et Uderzo, Morris, Franquin pour qui il fait « Modeste et Ponpon », Greg, c’est lui qui a l’idée d’Achille Talon, Gotlib avec qui il met en œuvre les « Dingodossiers » ou enfin Cabu et son « grand Duduche », et d’autres moins connus. Goscinny aimait bien faire rire, il disait pour tourner en dérision l’analyse psychanalytique au premier degré que c’était parce qu’il avait « besoin d’amour, de beaucoup d’amour », mais c’était vrai, c’était donc encore un peu plus marqué au coin par la dérision et la causticité. Il idéalise son enfance dans « le Petit Nicolas », qui est dés sa création en dehors de toute réalité, et prend comme héros des petits bonshommes courageux et intelligents, souvent très peu respectueux des puissants, eux la plupart du temps, grands et cons, d’une sottise abyssale ou ne songeant qu’à manger, tel Averell, parfois surprenant, quand il est le seul à être guéri par le psy fou de « la Guérison des Daltons » ce qui causera la perte de ses frères et la sienne à la fin de l’album où tout rentre dans l’ordre, ou Obélix qui lui est dans le camp des gentils. Parfois, ce sont les méchants les héros, ainsi Iznogoud, qui devient pathétique à force d’acharnement à devenir calife à la place du calife, aveuglé par son ambition, aussi imbécile qu’Averell ou Joe Dalton, qui prend de l’importance avec ses frères progressivement dans « Lucky Luke », William et Jack étant surtout le chœur antique, les quatre frères étant accompagnés souvent de Ran-Tan-Plan, le chien le plus débile de l’Ouest, mort de soif à côté d’une rivière, mourrant de faim dans une région où le gibier abonde, Iznogoud ne voit pas qu’il est déjà au pinacle du pouvoir dans les faits, Haroun El Poussah étant une sorte de grosse amibe ne pensant qu’à dormir et lui aussi à la nourriture. Seul Dilat Larath son homme de main reste lucide. On discerne également derrière les calembours ignobles mais tellement savoureux, les pétarades des méchants grotesques, un mal-être, quelque chose de brisé, une angoisse profonde que Goscinny soigne par le travail. Comme tous les grands sensibles, il se cache dans la caricature et l’observation du monde car excessivement vulnérable, et en premier lieu à la connerie toute-puissante en ce bas-monde comme il s’en aperçoit après Mai 68 et les revendications ingrates au partage du pouvoir par des dessinateurs à qui il avait été pourtant le seul à donner leur chance au départ, Sans parler des grands esprits tolérants et ouverts du « Charlie Hebdo » de l’époque qui interdisaient à Gébé et Cabu de dessiner dans « Pilote ». Et le village d’Astérix c’est un peu le « shetl » dans lequel habitait ses ancêtres. Il a écrit deux scénarios pour Pierre Tchernia, « Le Viager » et « les Gaspards », utopie écologiste et bonne vivante, elle, à Paris, et on sent sa patte dans « la Gueule de l’Autre ».

  • La séduction au Moyen Age selon Gotlib et Alexis

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    Un extrait de "Cinémastock" de Gotlib et Alexis, pastiche des films "qualité française". Esmeralda est bêêêêlle !

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  • Une bonne synthèse de l'Université d'été du PS

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    Une bonne synthèse par Got et Pétillon dont "le Baron noir" qui paraissait dans "le Matin" il y a vingt-cinq ans est toujours aussi bon...

    Il n'est pas besoin d'en dire plus, il n'y a pas d'opposition en France.

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  • Tourments intimes d'un cochon en désintox

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    Il fait trop chaud pour autre chose que "Liberty Meadows aujourd'hui, et une pin-up de Franck Cho un peu sadique...

    Le cochon est l'ancienne mascotte d'une confrérie d'étudiants, il est actuellement en cure de désintoxication à la clinique de Brandy, la brune, vétérinaire à "Liberty Meadows".cho_2.jpg

  • Les sombres souvenirs d'enfance de Carlos Gimenez

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    « Paracuellos » de Carlos Gimenez

    carlos_gimenez.jpgGimenez était l'auteur dans les années 70 de bandes dessinées psychédéliques de Science-Fiction puis ensuite d'albums plus adultes, plus « almodovariens », sur la vie sexuelle des madrilènes avant, pendant et après Franco. Gimenez a un humour absurde et un sens profond de la caricature et de la dérision. Il semble qu'il ait acquis tout cela en réaction à son enfance passée dans une institution pour enfants pauvres et pour orphelins aux temps les plus durs du franquisme. Certains diraient que c'est seulement la faute du franquisme, c'est un peu facile, sous nos cieux républicains et démocrates, les choses ne se passaient et ne se passent pas beaucoup mieux pour les gosses les moins gâtés par la vie (et qui sont toujours autant méprisés). Il a commencé par dessiner des tranches de vie de cette période par désir de catharsis en les traitant avec un humour distancié et très caustique, surtout envers les adultes responsables de ces horreurs, en procédant deux pages par deux pages, en parlant surtout de lui au départ puis en consacrant au fur et à mesure les autres histoires à ses camarades, chacune portant le nom d'un des enfants. Ces histoires sont aujourd'hui réunis en un recueil de 299 pages.

    Les esprits chagrins trouveront ça un peu larmoyant, et pleurnichard, tout ce qui parle de la souffrance des plus petits, en particulier des gosses, leur paraissant à chaque fois insupportable car la compassion est perçue comme une faiblesse et parce que la souffrance fait tout simplement peur. J'ose espérer que c'est seulement de la pudeur de leur part. On ne veut pas la voir, surtout quand elle ne concerne pas son nombril, encore moins quand il s'agit d'enfants maltraités. L'institution est tenue par un prêtre qui en est le directeur, un imbécile dur et sans pitié, pontifiant et pétri de certitudes absurdes sur l'éducation. Il est secondé par une gouvernante, une vieille fille revêche et perverse, une brute décervelée, également phalangiste, et une infirmière cacochyme. Et « Paracuellos de Jamara » est le nom de l'endroit. Le style de Gimenez est relativement éloigné de « Cria Cuevos » et plutôt à rapprocher du cinéma italien, et pas seulement celui qui parle beaucoup de l'enfance, comme les films de Luigi Commencini. On songe aussi parfois aux premiers films de Fellini. Plus tard, il apparaît que Guillermo del Toro s'est inspiré de « Paracuellos » pour « L'échine du diable » mais aussi pour « Le Labyrinthe de Pan ».

    Je me demande toujours si le directeur et le personnel de cette institution prétendument fervents catholiques, ou d'autres au Brésil pour qui le viol et l'inceste ne méritent pas l'anathème, pour le reste (l'avortement) je n'en discuterais pas (on saisira l'allusion), se rappelaient ou se rappellent de ce que dit le Christ dans l'Évangile du sort réservé à ceux qui font du mal aux plus faibles, il eût mieux valu pour eux qu'ils ne voient jamais le jour). C'est toujours également un peu la même chose quand un type se prétendant providentiel, que ce soit un petit gros général, un barbichu ancien journaliste, un adepte de Georges Sorel et des mouvements de menton, un peintre raté ou un ancien séminariste presque russe, il veut faire le bonheur du peuple malgré lui, selon bien sûr sa propre conception du bonheur dont les défenseurs encore maintenant sont comme autant de fanatiques illuminés et aveuglés par leur ferveur. Ce sont toujours les enfants qui subissent en premier les conséquences de leur sottise...

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  • Les Watchmen cinq minutes avant la fin du monde

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    watchmen_smiley.gifJe n'ai pas vu ce film mais il me semble que la charge transgressive du roman graphique y est considérablement atténuée excepté la nudité d'un des personnages qui a posé problème à la censure US (même si la bande annonce très "cinoche jouissif" donne vraiment envie). Par contre, je me suis décidé à acheter l'intégrale du "comic book" traduit par Manchette qui savait l'importance de ce que l'on considère comme la sous-culture, et qui est peut-être bien plus intéressant. Il y a des références constantes à la culture classique comme à la culture populaire, des chansons de l'époque aux films de série B ou Z, aux "serials", à Stevenson ou Daniel Defoe, ou même les dessins de Vargas pour lequel pose la première "spectre soyeux".

    En 1985, dans un univers uchronique, Edward Blake, un des derniers super-héros des années 40 en activité, qui s'était mis à travailler comme mercenaire cynique pour le gouvernement, est assassiné. Rorschach, son ancien partenaire, un paranoïaque dangereux, est persuadé qu'il s'agit d'un complot, il se trouve qu'il a peut-être finalement raison. Il réussit à convaincre un ancien super-héros en costumes, "le Hibou", de régler le problème selon leur ancienne manière. Celui-ci est d'abord réticent à l'idée de quitter son confort douillet, il vit avec la fille d'une super-héroïne n'ayant jamais aimé ne pas être comme les autres, le deuxième watchmen3panel.jpg"Spectre soyeux". Si le hibou est lâche et carrément impuissant en tant que simple être humain, il devient exceptionnel lorsqu'il porte son costume. Elle a été mariée avec un savant atomiste transformé en surhomme se fichant complètement du sort de l'humanité à la suite d'une explosion, le Docteur Manhattan qui finit par s'exiler sur Mars dont il pourra contempler la désolation splendide. Gràce au docteur Manhattan, les américains ont gagné la guerre du Vietnam et Nixon en est à sa quatrième réelection.
    La machination vient d'un ancien "gardien", l'homme le plus riche du monde, le plus puissant, réputé le plus intelligent, qui se croit l'égal d'un Dieu, d'Alexandre ou Ramsès, Ozymandias, alias Adrian Veidt, qui veut déclencher la fin du monde pour redonner un sens à la vie des hommes. Le docteur Futur n'empêche pas l'Apocalypse mais sauve ses anciens amis.

    Le monde change...peut-être.
    Et la citation récurrente dans ce comics prend tout son sens :
    "La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien." (William Shakespeare)
    Site Internet :
    http://www.chez.com/geryon/watchmen.html

    Titre : Watchmen, les gardiens. Edition intégrale | Auteur : Alan Moore, Dave Gibbons| Editeur : Delcourt | Thème : Bande dessinée