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Arts

  • Charb était-il réac ?

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    À propos de « Petit traité d'intolérance » de Charb 1 et 2 parus en Librio chez Flammarion

     

    Sur Agoravox aussi

     

    Charb, charlie habdo, hypercahser, denis robert, amaury watremez, société, politique, islamismeAu premier anniversaire de la tuerie de « Charlie Hebdo », on pouvait trouver dans les FNAC et les « bonnes » librairies des stands dédiés à « Charlie » et ses dessinateurs. Le lecteur avait la chance insigne, je dis bien insigne, de redécouvrir les textes et les dessins des types assassinés. Certains éditeurs opportunistes -pardon citoyens- en profitèrent pour rééditer plusieurs opus des morts afin de profiter du bon « buzz ». Cette année par contre les stands étaient moins nombreux et le « petit traité d'intolérance » de Charb était relégué aux étagères devant les caisses, comme un genre de babiole que l'on s'achète en bonus.

     

    L'heure n'est plus à la dérision même citoyenne mon bon monsieur, ma bonne dame, encore moins à l'humour de résistance. L'heure est à la révérence la plus basse, la plus grossière, la plus abjecte envers les icônes frelatées de ce temps. Et l'heure est aux bougies et aux petites fleurettes déposées devant icelles.

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  • La déchéance comme une oeuvre d'art

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    à propos de « l'Affaire Oscar Wilde » de Odon Vallet en Gallimard – Folio

     

    littérature, société, oscar wilde, politique, homosexualité, société, procès, amaury watremezOdon Vallet aborde de front et de manière approfondie le procès de la société victorienne contre Oscar Wilde, procès symbole contre une figure de liberté sexuelle encore maintenant alors que l'histoire est un peu plus nuancée que cela. C'est l'aspect le plus intéressant de cet ouvrage. Il montre que le père de Lord Alfred Douglas, le fameux marquis de Queensbury, était une figure non pas réactionnaire mais libérale de « l'etablishment » londonien et que le très beau Lord Alfred était aussi un imbécile clairement timoré qui finit dans une grandiloquence « sulpicienne » ridicule et très peu sincère.

     

    Il apparaît également que c'est finalement Wilde lui-même par son imprudence et une certaine arrogance qui a causé sa propre perte. On croise au fil du récit de l'instruction le premier ministre anglais de l'époque, avant lui aussi les inclinations sexuelles de Wilde, Winston Churchill jeune lui aussi suspecté des mêmes penchants et Conan Doyle qui se venge du premier ministre en écrivant une histoire de son célèbre détective qui l'accuse de cacher son homosexualité (dans « l'aristocrate célibataire »), histoire qui aura des conséquences sur le sort de Wilde.

     

    Ou alors c'était un travail du négatif volontaire du « dandy », la déchéance vue comme une œuvre d'art. L'écrivain en tirera deux manuscrits extraordinaires : « la ballade de la geôle de Reading » et « De profundis ».

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  • L'impertinence au rang des beaux arts

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    Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

     

    "Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

     

    Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

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  • La fachosphère pour les nuls

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    Article également sur Causeur

     

    À propos du livre «  La fachosphère - Comment l'extrême droite a remporté la bataille du Net » de Dominique Albertini et David Doucet chez Flammarion

     

    fachosphère.jpgLes deux auteurs sont pour Albertini journaliste à « Libération » et Doucet aux « Inrockuptibles ». Ils prétendent avoir effectué une enquête objective et dépassionnée sur ce que l'on appelle la « fachosphère ». On peut légitimement avoir envie de rire à gorge déployée rien qu'en relisant la première phrase de paragraphe qui contient un oxymore de bonne taille : journaliste à « Libé » ou aux « Inrocks » « objectif ». Pour les deux auteurs, leur parole est forcément objective. Néanmoins, reconnaissons qu'ils ont malgré tout fait l'effort d'aller rencontrer les auteurs des blogs et sites estampillés « fachos » et d'essayer de comprendre leur parcours intellectuel et politique, la construction de leurs convictions.

     

    Cela partait d'une bonne intention, mais c'était peine perdue car les deux auteurs partent d'un paradigme faux : tout ce qui contredit le discours des élites qui est aussi le leur relève d'une nostalgie des heures les plus sombres de notre histoire, et par conséquent de la « fachosphère ».

     

    Cette « France d'en haut » crépusculaire décrite par Christophe Guilluy dans son dernier ouvrage ne peut admettre que son éloge de la mondialisation réputée heureuse et de l'avènement merveilleux pour elle de la société multiculturelle soient contredits. Cette « France d'en haut » pratique donc par commodité intellectuelle et quoi qu'ils en disent l'amalgame de Soral,Zemmour et Henry de Lesquen, « Civitas » et « La Manif pour tous », Escada et Frigide Barjot. Pour ces prétendues élites de plus en plus coupées du peuple, les deux auteurs en font partie comme on l'a vu, leur réflexion va de soi, elle ne peut être remise en cause, a valeur de dogmes.

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • La Danse, les Corps, la Civilisation

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    « Tu quoque » vas tu dire ami lecteur...

     

    Benoite_Fanton___Opera_national_de_Paris-2015-16-TOMBE-031-362x242.jpgC'est à peine croyable tu vas le voir, moi le contempteur des « bourgeois pédagogues », des « bobos », je suis allé voir par l'entremise d'une bonne fée un spectacle ayant certainement obtenu les quatre petits bonhommes souriants de « Télérama », un spectacle de danse réellement magnifique en trois parties, trois créations très différentes (voir le programme à ce lien) trois projets initiés par le directeur démissionnaire de l'Opéra Benjamin Millepied, chorégraphe portant un nom adapté à son métier :

     

    « Tombe » de Jérôme Bel,

     

    « La Nuit s'achève » une chorégraphie de Benjamin Millepied sur une musique de Beethoven,

     

    « Les Variations Goldberg » de Bach magnifiquement interprétées et mises en danse par Jerome Robbins.

     

    L'Opéra est un lieu magique qui se mérite, comme tous les théâtres et les salles de concert, un lieu de civilisation, de Beauté, d’élévation de l'âme, où celles-ci sont presque tangible. Le public présent ce soir-là n'était pas uniquement composé de privilégiés remplis de prétentions, bien loin de là. J'eus la surprise d'y croiser des personnes « toutes simples » selon l'expression mêlées aux habituels guignols de la « Haute » trouvant les spectacles « tellement bêênédictin ma chérie », « tellement contemporain »....

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  • Muray e(s)t Céline

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    Philippe Muray « Céline » collection Tel chez Gallimard

     

    celine_denoel.jpgCe que je vais écrire ici va peut-être scandaliser un ou deux gardiens du temple murayen (muray-esque ? Muraiy-iste ?) mais je n'en ai cure. Ils sont un certain nombre à utiliser cet écrivain comme alibi pour se justifier d'être de droite ou réac, s'en sentant encore coupables en somme. Et puis tu le sais ami lecteur, j'adore titiller ce genre de lecteurs sur ses certitudes. Le livre sur Céline de Philippe Muray est certainement le livre que j'ai préféré lire de cet auteur. Tout ce qu'il dit plus tard dans « Festivus, festivus » ou « Chers djihadistes » y est déjà, clairement écrit ou en filigranes, et l'ouvrage a un élan et une ampleur autrement plus impressionnants. Ses textes pamphlétaires, pour toute personne dotée d'un minimum de lucidité, donnent un peu tous le sentiment de « déjà vu » et sont à côté de cette étude beaucoup plus tièdes.

     

    Il ne fait pas qu'y évoquer la contribution de Céline à la Littérature : thèse, antithèse foutaise et le cul de la crémière ; sa prose va ici beaucoup plus loin démontrant également que si écrire est une occupation parfaitement futile, arrogante, orgueilleuse et lire un plaisir en voie de disparition de petit bourgeois hédoniste et réactionnaire, il n'en reste pas moins qu'elles peuvent devenir pour qui sait les apprécier à leur juste valeur des enjeux réellement existentiels permettant de dire toute la sottise, la complexité et la Beauté du monde tout en même temps. Cette complexité du monde est insupportable à la plupart de mes contemporains, elle ne rassure pas, elle oblige à abandonner son confort intellectuel, à laisser de côté celles rendant fous. Et puis il faut le dire, la gravité est surtout le bonheur des imbéciles, ils aiment pontifier, donner des leçons en phrases se voulant définitives faisant joli avec de belles images pastel...

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  • Le mépris du peuple en ce 1er Mai

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    FemenFNH.jpgC'est à peine croyable ami lecteur je sais mais il y a quelques années à peine, moi un petit bourgeois hédoniste et réactionnaire marqué par un catholicisme inavouablement traditionnel j'ai « tracté »et « boîté » pour le PS d’Évreux où j'avais même pris ma carte d'adhérent, plus par amitié pour un des candidats socialistes que par réelle conviction dois-je le préciser. C'est justement après ce jour de « tractage » et de« boîtage » que j'ai décidé de ne plus mettre les pieds dans une réunion publique de ce parti du fait du mépris constaté « de visu » pour les « petits » des socialistes sociétaux, ce ne fût pas la première fois, tant s'en faut.

    Les préposés à cette corvée de distribution de la haute littérature militante étaient uniquement composé de « déclassés » sociaux : deux handicapés dont une handicapée mentale et un type sur-obèse, tous ayant simplement soif de reconnaissance sociale et de se faire des amis, comme tout le monde, et parmi eux un contractuel enseignant, un prof remplaçant n'ayant même pas le statut de fonctionnaire ! Moi! Tous nous étions considérés comme des« beaufs », des petites gens à peine dignes qu'on se penche sur eux dans l'esprit des petits bourgeois réfléchissant pour eux, des « prolos minables ». !....

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  • Neverland everywhere

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    télévision, société, Neil Gaiman, littérature, fantastique, amaury watremez« Neverwhere » de Neil Gaiman aux éditions « J'ai Lu »

     

    illustrations extraites du feuilleton de 1996 de la BBC inspiré de ce livre

     

    Richard Mayhew jeune homme aisé, écossais d'une famille simple ayant réussi à Londres sauve un jour une jeune fille étrange, « Porte », blessée, étendue sur le trottoir sans que personne ne s'en inquiète. Elle se dit désolée sans préciser de quoi et disparaît sans crier gare. Aussitôt après, Richard se souvient de son oubli du rendez-vous qu'il avait avec sa fiancée Jessica un peu collet monté. Le lendemain, progressivement, il découvre que plus personne ne se souvient de lui au bureau ou ailleurs, pire encore, dans la rue personne ne le voit. Il est obligé d'abandonner son logement et de s'enfuir à la recherche de « Porte » afin de retrouver sa -morne- vie d'avant.

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  • Richard Corben roi de la « Pop culture »

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    bande dessinée, littérature, société, politique, Richard Corben, métal hurlant, amaury watremez

    A propos de la réédition des bandes dessinées de Richard Corben chez "Dark Horse comics" dans la collection "Delirium"

     

    La « Pop culture » est à la mode mais au fond la plupart ne la connaisse absolument pas :

     

    Son contenu souvent surprenant, toujours un rien transgressif (dans le sens de la transgression des idées reçues), ses références aux classiques de la littérature, etc...

     

    Il est également de bon ton de parler de « culte » à son sujet en oubliant le sens premier de ce mot. En effet, une œuvre « culte » était au départ peu connue, n'avait que peu de succès mais finit par acquérir un public d’aficionados au fur et à mesure des années, ainsi « Blade Runner », un « bide » retentissant au moment de sa sortie et dorénavant une œuvre reconnue.

     

    Richard Corben est un des rois de la « Pop culture », le concernant on devrait d'ailleurs plutôt parler de « Pulp culture ».

     

    page empruntée au blog "humano"

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  • La littérature -sur les réseaux sociaux- peut-elle sauver le monde ?

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    Réponse à Marie David et d'autres

    littérature, société, politique, marie david, amaury watremez

    image prise ici

     

    Dans son histoire de la littérature française (chez Grasset aux « Cahiers rouges »), lecture conseillée à tout amoureux de la littérature, Kléber Haedens évoquant la littérature dite engagée, et ces livres pleins de bonnes intentions pour sauver l'humanité, parle de l’extrême vulgarité de ce genre d'ouvrages et celle de leurs auteurs qui jouent du cor sur les toits et ont besoin de chausser de gros sabots lorsqu'ils narrent par leur menu leurs « bonnes » actions et leurs « belles » pensées qui sont la plupart du temps autant de lieux communs mièvres et d'une banalité sans nom, d'aucuns osant appeler leurs vers de mirlitons de la "littérââture".

     

    Quand on leur rappelle ils partent de toute façon du principe qu'il n'y a plus de hiérarchie des goûts et des couleurs et que donc même si peu pertinente ils se sentent en droit de balancer leur opinion malgré tout. Elle en vaut bien une autre après tout se disent-ils. Le contradicteur taquin est un donneur de leçons insupportable, un prétentieux si ça se trouve...

     

    NB :Il est d'ailleurs étrange que les promoteurs de la paix et l'amour universels répondent violemment, toujours, aux objections que j'exprime ici...

     

    Alors que faire du bien à son prochain, penser à l'autre, va a priori de soi lorsque l'on est « simplement » humain et doté d'une intelligence même pas moyenne, nul besoin de phrases grandiloquentes ni même d'exégèse théologique pour le rappeler. Bien entendu, dans une société hyper-égoïste comme la nôtre, cela prend des allures extraordinaires de ressasser ces clichés, ceux qui le font ne le faisant pas d'ailleurs par altruisme mais de par la haute idée qu'ils se font de leur personne et de la conception utilitariste qu'ils ont de la littérature. A la décharge de ces utopistes 2.0 qui se contentent du virtuel il faut dire que notre monde revenant lentement mais sûrement à une techno-barbarie où ne comptent que l'argent et la célébrité pour rien, cela ne fait certes pas forcément de mal de le rappeler de temps en temps.

     

    Les Lettres doivent forcément avoir selon eux une utilité car ils sont finalement parfaitement intégrés dans une société où n'est perçu que le quantifiable, et donc elle aurait une valeur d'exemplarité, d'édification des masses et des z-élites. Alors que la littérature ne sert strictement à rien, à rien du tout, dans cette perspective de quantification. Et que c'est encore mieux, les livres ne se traduisent pas en statistiques, en dividendes, en chiffres de vente et en bénéfices, en productivité (nombre de pages par jour de l'auteur ?... etc).

     

    Ou si, elle ouvre sur l'humain, sur toutes les manières de voir le monde, de manière à ce que rien de ce qui ressort de l'humanité ne soit étranger. Elle ouvre à la beauté aussi, la beauté derrière la laideur insigne des non-lieux toujours plus nombreux, de l'avidité des citoyens-consommateurs surtout préoccupés d'avoir en main le dernier modèle de « smartfône » dans l'angoisse permanente de ne pas être comme les autres car ne possédant pas tel ou tel objet obligatoire.

     

    Si l'on veut faire du bien aux autres, améliorer au moins un petit peu ce monde, un texte si beau soit-il publié sur « Facebook » (TM°) ou son blogue est un genre « d'acte manqué » adolescent tout comme annoncer son désir de bouleverser la planète d'un coup en quelques mots et un trait de plume, ou un pianotage de touches sur le clavier de notre ordinateur. Le monde ne changera pas au nombre de « likes » sur Facebook. Cela se construit chaque jour par des toutes petites choses, des tout petits gestes de convivialité ou d'empathie, de sympathie, d'affection ou d'amour pour nos proches, des petits actes dont la force ne dépend pas de leur médiatisation sur le Net.

  • Petit hommage à Adèle Blanc-Sec de Tardi

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    On remarque sur la photo du square de Denfert que la statue de Raspail a encore disparu, ceux qui ont lu les albums me comprendront

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  • Le curieux parfum de désuétude de Lester Bangs

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    A propos de « Fêtes sanglantes et mauvais goût » chez Tristram, collection « souple »

     

    Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202014-06-14%20a%CC%80%2020.49.10.pngDans ce deuxième ouvrage paru chez Tristram en collection « souple » Lester Bangs évoque la contre-culture des années 70 à travers différents groupes de Rock et de Jazz, du début de la décennie jusqu'à sa mort dans les années 80, mort logique, Lester Bangs ne pouvait survivre aux années fric, comme Pacadis en France. Lester écrivait sans cesse, tapant sur sa « portative » chaque jour des milliers de signes, des phrases interminables dont il perdait parfois le fil (il n'était pas toujours bon, comme n'importe quel auteur), mais ayant cette passion de l'écriture chevillée à l'âme, au cœur, au ventre, au sexe et au cerveau. Inconsciemment aussi, comme tous ces ogres de la vie, il devait savoir qu'il avait peu de temps pour dire tout ce qu'il avait à dire, et le partager.

     

    Ce livre a pris un curieux parfum de désuétude, il sera lu certainement par des quadragénaires nostalgiques de périodes moins cyniques et des quinquagénaires encore idéalistes, car le monde a définitivement changé et pas dans le sens de plus d'humanité, de hauteur morale ou intellectuelle, un monde où l'imbécile moyen est persuadé que les gadgets parfaitement inutiles qu'il utilise le rendent « de facto » plus intelligent, plus intéressant :

     

    Aujourd'hui les gosses eux-mêmes ont accès à de l'ultra-violence immersive sur le Net qui n'a même plus la charge subversive qu'elle avait avant, et à tout le porno le plus abject qu'ils veulent en consultant Internet, qui n'a plus du tout la même charge transgressive. Le monde comme dans une gravure en creux que décrit Lester Bangs était plus naïf, plus candide, plus lumineux aussi. Les plus jeunes y exprimaient encore des illusions, les grandes personnes rêvaient d'un avenir meilleur pour leurs enfants, d'une société libre où l'art et la littérature auraient été accessibles à tout le monde, où l'art populaire aurait été aussi bien considéré que l'élitiste.

     

    De nos jours, ceux-ci ne pensent plus qu'à préserver leurs z-acquis sociaux, leurs rêves étriqués et petits bourgeois afin de continuer à consommer encore un petit peu avant le « flash » final qui finira bien par arriver un jour du fait de la sottise universelle. Et les idoles des « boîtes » mythiques,égéries de couturiers scandaleux en leur temps ou de photographes « arty », se marient avec des hommes d'affaires bedonnants, des bourgeois qu'elles raillaient auparavant mais qui ont gagné en quelque sorte, ou rêvent encore à leur jeunesse enfouie dans leur « deux pièces » de banlieue.

     

    Le rock-critique, qui publie dans « Village Voice » et « Creem », ne manque pas de lucidité, il l'écrit même à plusieurs reprises, le Rock est mort depuis longtemps et il y a peu de créativité, le peu restant étant le plus souvent récupéré à plus ou moins brève échéance par l'industrie de « l'entertainement » qui maintenant pousse le vice jusqu'à se passer complètement des velléités de création de tel ou tel artiste, le public appréciant le plus souvent d'écouter et réécouter encore les mêmes chansons, les mêmes morceaux, les mêmes scies, refusant de grandir, de mûrir, noyé dans un « complexe de Peter Pan » collectif, tout en étant soumis à l'arbitraire d'un système socio-économique particulièrement dur, engendrant un darwinisme social impitoyable parfaitement intégré et accepté par tous, à commencer par les plus jeunes certains que leur allégeance aveugle est obligatoire.

     

    Il décrit l'envers du décor de la musique populaire, les groupes « gothiques » et « satanistes » composés de braves types qui sont pour la plupart des sortes de « working class hero » restant finalement très moraux, entre autres dans le chapitre sur « Black Sabbath », Ozzie Osbourne n'est pas Anton LaVey qui était lui-même un gros malin flairant les naïfs et les crédules en jouant les satanistes de fête foraine, les icônes sulfureuses comme les « Stones » finissant par resservir après Altamont toujours la même tambouille vaguement sexuelle pour vendre aux naïfs, prétextant qu'un public trié sur le volet, donc payant plus cher, appréciera mieux leur musique, les « punks » qui finissent toujours par rentrer dans le rang, certains finissant jurés dans les émissions de téléréalité avec alibi artistique, pour le pognon. Le tout reste du divertissement, du « Show Business » plus ou moins faisandé.

     

    Il se pose aussi la question de ce qui est ou non de bon goût, s'il en existe un mauvais et s'il n'y a pas un « mauvais » mauvais goût pire que tout et un « bon » mauvais goût questionnement à l'instar de celui de John Waters dans ses films qui aime la « provoc » « tongue in cheek » avec un petit sourire en coin, assumant tranquillement d'être un « freak » infréquentable, tout comme Lester Bangs qui l'est dans un genre plus « hénaurme », totalement irrespectueux des us et coutumes imposés par les arbitres des élégances culturelles et des conventions sociales des « bonn'gens » esclaves conscients et volontaires par peur de sortir du troupeau consumériste.

     

    Le livre est aussi une forme d'autofiction où Lester Bangs se raconte et décrit la vie d'un sale type misanthrope et asocial uniquement intéressé par ce qu'il écrit ou lit. Il n'est pas tendre avec lui, pas le moins du monde complaisant ou sombrant dans un misérabilisme pleurnichard lorsqu'il évoque ses tribulations, contrairement aux auteurs germanopratins pour qui la sortie du « périph » c'est la jungle. Si la dérision est totalement incomprise, ainsi que toute tentative de second degré, en 2014, tout ce que l'on peut dire ou écrire étant pris au pied de la lettre, que dire alors de l'auto-dérision perçue à la fois comme une pathologie de type finalement orgueilleux et narcissique, et comme une faiblesse, comme un manque de confiance en soi.

     

    Je lis Lester Bangs en prenant des textes au hasard dans ses livres, c'est comme avoir une conversation avec un ami proche, de celles que l'on a au mitan de la nuit, quand l'alcool et la bonne chère, et l'amitié, vous aident à rester lucides et arrondir les angles d'une réalité tellement marquée par la médiocrité, la bêtise et la souffrance.

     

    Ci-dessous "Paranoid" une des chansons préférées de Lester...

     

  • Les intégristes du premier degré - par "un petit bourgeois réactionnaire hédoniste"

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    Je trouve ça curieux et plutôt paradoxal, mais pas tant que ça si on y réfléchit, dans une société où le virtuel a pourtant pris le pas sur le réel un peu partout dans nos vies, nos vies parfois rêvées sur les réseaux sociaux devenant parfois plus concrètes, plus tangibles que la vraie vie, celle-ci n'étant pas sur nos écrans, même si le Net peut par ailleurs provoquer de belles et inoubliables rencontres, mais la majorité des personnes se réclament de la réalité -leur réalité- se disent plus proches d'elle que les autres, des vrais gens, en quantifiant, en mettant en statistiques, en réduisant à des slogans ronflants ce qui ne peut pas l'être :

     

    ci-dessous illustration prise ici de second degré par Gotlib (voire de deuxième ou trente-sixième degré)

     Gotlib_RhaGnagna1-6_Superman.jpg

    Le ressenti, le vécu, les sentiments...

     

    Ils deviennent des intégristes du premier degré, toute tentative de dérision (elle implique une réflexion "a minima"), de mise en perspective (demande une réflexion "a minima" idem), de prise de recul (implique une réflexion "a minima" itou) étant considérées comme oiseuses et insupportables, voire hypocrites (celui qui n'est pas au premier degré n'est pas clair, il tend un piège !) car cela remettrait en question leurs certitudes et l'image qu'ils prétendent donner d'eux-mêmes.

     

    C'est cet intégrisme du premier degré qui conduit à une compréhension radicalement manichéenne de la politique et de la société, une compréhension des plus primaires : Eux (ceux qui ne pensent pas comme moi) = méchants, moi = gentil, contradiction = Maaaal absolu)

     

    Et dans cet esprit, la plupart, qu'ils soient de droite ou de gauche, croyants, incroyants, rejettent toutes les représentations métaphoriques du monde tel qu'il est, tout imaginaire qui ne correspond pas à leurs visions, dont celles induites par la littérature qui implique que le lecteur développe son propre sens critique et sa propre capacité à construire un raisonnement libéré des préjugés communs, l'imaginaire des films sur-commerciaux américains, ou français, divertissant, étant toléré comme défoulement utile comme soupape sociale nécessaire de sécurité.

     

    Ils veulent de la littérature qui ne parlent que de choses « vraies », qui les touchent, qui les concernent directement eux et leur nombril (pour eux l'origine du monde), ils veulent de la littérature ou du cinéma avec des messages bien martelés dedans, civiques, engagés, moraux, des exemples de bonnes conduited selon leurs idées. De la littérature ou du cinéma parfaitement inintéressante donc, insipide, inodore, sans parfums, sans épices, formatée.

     

    Attention, ami lecteur, je n'affirme pas cependant ici qu'un auteur ou un réalisateur ne doit jamais partir du premier « matériau » qu'il a sous la main : la réalité de son époque, son vécu, bien au contraire. C'est juste qu'écrire, créer, ce n'est pas seulement employer un outil pour faire passer un message ou seulement divertir...

     

    Les livres et les films doivent obligatoirement « servir à quelque chose », ça ne peut être gratuit, pour un intégriste du premier degré, sinon il sera partagé entre l'envie de traiter celui qui s'y adonne de petit bourgeois hédoniste et décadent ou d'anar de droite hyper-individualiste selon ses opinions...

     

    Cette perception de la littérature, de plus en plus réservée aux oligarques, à une élite auto proclamée, est d'ailleurs la deuxième raison pour laquelle la lecture et l'écriture sont des activités de plus en plus dédaignées, de plus en plus sinistrées, l'autre étant les fabuleuses réformes de l'enseignement des Lettres se succédant depuis une quarantaine d'années.

      

    Ami intégriste du premier degré, enfin, ne prends pas tes certitudes, la vie, la politique si au sérieux que cela, c'est souvent ce que tu considères comme futile, comme dérisoire, comme léger, qui est ce qui constitue ces petites choses qui font ton humanité, l'art de -bien- vivre au sens large étant de ces choses, déguster un bon vin au-dessus du volcan, partager un excellent repas alors que l'orage gronde, on a bien le temps ensuite de se laisser aller à la gravité qui est comme disait Nitche « le bonheur des imbéciles »...

     

    Ci-dessous un exemple de Second degré frappant

     

  • La passion amoureuse en milieu bourgeois en 2014

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     petits-arrangements-avec-curs-camille-peretti-T-9gCBha.jpegL'intérêt de souffrir d'insomnies ainsi que je l'ai déjà dit, c'est que parfois l'on tombe le samedi matin sur l'émission radio de Frédéric Taddéï, ce qui titille l'envie d'écrire et de se payer en passant une ou deux précieuses ridicules post-modernes, comme cette Camille de Peretti auteure de « Petits arrangements avec nos cœurs », écrivain "bankale" de par son physique avantageux, ou Nathalie Sarraco, réalisatrice de « la Mante religieuse » et Mylène Jampanoï son actrice principale, trois copines de Natacha Braque me suis-je laissé dire.

     

    Dans les années 70, et une bonne partie des années 80, l'amour bourgeois, toujours endogame, pas de « mésalliance », sauf une fois de temps un amant ou une maîtresse « issu de la diversité » pour se donner à la fois bonne conscience et goûter à la cuisine exotique en somme ; ça donne des frissons, c'est épicé mais on ne le ferait pas tout le temps, se passait dans des parkings de grands ensembles modernes et aseptisés sur la banquette arrière d'un « Range Rover » (TM°) ou un canapé « Roche Bobois » (TM°) en cuir « jaune ».

     

    Les personnages passaient une bonne heure et demie au cinéma à nous entretenir de leurs tourments amoureux d'une grande banalité et finalement assez peu intéressants. Certes, les actrices de ces années là étaient belles et avaient une classe innée qui faisaient parfois passer la pilule ou engendraient chez les petits garçons rêveurs leurs premières émotions esthétiques z-et sensuelles. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suggère pas que ces petits garçons pratiquaient alors l'onanisme devant leur téléviseur ou écran de cinéma. Nulle raillerie, on évoque bien les « choses de la vie »...

     

    Le roman, passionnant je t'assure ami lecteur, raconte l'histoire de Camille partie rejoindre Stanislas, son premier amour, lui est « trader » à Londres et elle est écrivain, à savoir que de temps en temps elle chausse des lunettes et raconte sa vie sur son ordinateur. Stanislas est blond, mince et je suppose « mècheux » et s'il est homme d'affaires n'en souffre pas moins de tourments dignes du jeune Werther, selon l'auteure du livre bien sûr, il est anorexique par exemple. Ils sortent beaucoup en boîte et dans les endroits « branchés » car si l'on est bourgeois et aisés l'on n'en est pas moins des gens teeellement ouverts et libérés (se libérer en milieu bourgeois consiste surtout à coucher à droite à gauche mais toujours endogamique-ment).

     

    Mais c'est pas autobiographique nous dit Camille de Peretti qui avoue quand même « partir du réel » (sans blagues ?) tout en affirmant que écrire sur la banalité c'est refuser de mépriser les « vraigens », fussent-ils des « adulescents » « têtes à claques » ayant la même conception de l'amour qu'une gamine de douze ans à peine post-pubère, retombant dans le travers contemporain consistant à être en quête d'une pseudo-authenticité digne d'une pub pour jambon sous vide, s'abstenant néanmoins de tenter de sortir des normes.

     

    Et puis finalement ils s'aperçoivent qu'ils s'ennuient et n'ont pas grand-chose à se dire. Ils décident alors de travers les États Unis en voiture de part en part, un état par jour (du tourisme au pas de course comme les beaufs que ces deux « bobos » méprisent), espérant se rabibocher tout en sachant très bien qu'à la fin ils ne seront plus ensemble (tragique n'est-il pas ?).

     

    Dans « la Mante Religieuse », ci-dessous la bande-annonce, (NB : le titre est un jeu de mots tout en finesse tu auras remarqué ami lecteur, la « mante religieuse », l'insecte dont la femelle bouffe la tête des mâles, et aussi l'« amante religieuse » car si l'on couche à droite et à gauche l'on n'en est pas moins capable de mysticisme) Nathalie Sarraco raconte l'histoire de Jézabel (NB : très subtile référence biblique à la reine phénicienne séductrice diabolique et ennemie du prophète Élie).

     

    Celle-ci est une jeune femme bourgeoise artiste forcément libre et rebelle qui veut repousser toujours plus loin les limites de la transgression, limites bien sages au vu des intentions, et transgression que n'importe quel adolescent peut et sait franchir allègrement de nos jours en tapant le bon mot-clé sur un moteur de recherches.

     

    Jézabel finit par tenter de séduire un jeune prêtre, David, à l'aise dans sa foi comme dans la vie, un curé moderne et libéré (il a une barbe et un physique un peu androgyne, ce qui permet de placer deux ou trois banalités sur le "Genre"). Elle se convertit, ce qui est bien gentil, mais reste très « light » et « sulpicien » au fond, on n'est pas dans « Sous le soleil de Satan » de Bernanos, Jézabel continuant de ne soucier que d'elle, telle Dorian Gray, mais une « Dorian Gray » sans envergure, ainsi que ces cathos me dira-t-on pour qui la foi n'est pas qu'une hygiène mentale, une « gymnastique » de vie, le tout restant bien dans les rails, et en gros ce film est un genre de "porno soft" de dimanche soir avec un alibi spirituel...

     

    Ne me remercie pas, ami lecteur, gràce à moi et ces considérations légères tu économises ainsi en valeur le prix de deux bouteilles de « Harpic WC » (TM°) et de quatre litres (environ) de « mousseux ». Sur les errements amoureux de riches oisifs, je préfère l'élégance et le style de "Petit Déjeuner chez Tiffany" de Truman Capote...

     

    couverture du roman prise ici

     

  • Les prophéties du "Paperboy" se réaliseront-elles encore ?

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    ILLUS_2.jpg Je ne suis pas très familier des « mangas » n'en ayant vraiment lu que deux ou trois, de tendance « cyberpunk » et s'inspirant de Philip K. Dick au point d'en faire un personnage dans deux séries : « Ghost in the shell » qui reste mon préféré, « Akira » et ses enfants tellement sages et dociles qu'ils en provoquent l'apocalypse, le sympathique « Co Boy Be Bop » qui mêle Jazz et SF post-apocalyptique ou « Gunm », « Pinnochio » en plus dur, ayant apprécié aussi « le tombeau des lucioles » ou « 5mms par secondes » dans un autre style. Je connais cependant mieux les « comics » américains qui sont, rappelons le, en droite ligne les descendants des « romans feuilletons » français et des « pulps » du début du XXème siècle.

     

    Dans ces ouvrages réputés sous-culturels car populaires, sur les marges de la culture, les auteurs en disent souvent plus sur la société que bien des pensums d'éditorialistes ou de philosophes de comptoir d'émissions télé. Et ce genre tout comme le « Genre » en général en racontant, en décrivant les marges de la société moderne en démontre la vacuité de sens et ce malgré tous les outils technologiques que nous avons à notre disposition dont on peut dire que paradoxalement ils bloquent toute communication réelle plutôt que de l'aider....

     

    « Prophecy » (« Yokokuhan ») est un manga de Tetsuya Tsutsui en collaboration avec les éditions Ki-oon. Ce qui me rebute habituellement dans les mangas est qu'ils sont interminables, dans celui-ci l'histoire se déroule sur trois tomes et raconte les actes et ce qui s'ensuit de « Paperboy », internaute anonyme, qui annonce des « prophéties » en vidéo sur le Réseau, le visage camouflé par une couverture de journal ce qui lui permet de préserver son anonymat et d'assurer de l'authenticité des vidéos tournées, « prophéties » finissant toujours par se réaliser et qui consistent à ridiculiser des politiques, des patrons, des journalistes, voire la police, pour apparement venger les plus faibles, les inadaptés, les rétifs à la norme.

     

    Rapidement « Paperboy » fait le « buzz » sur les réseaux sociaux et provoque l'admration des « geeks » et autres « otakus » qui ne s'attachent qu'à l'écume du phénomène, et pourtant ses motivations, s'il est bien tout seul, sont toutes autres, plus profondes aussi ainsi que s'en apercevra la jeune femme à la tête de la brigade de la cybercriminalité, et logiques dans notre monde en quête de repères, celle-ci aidant à la fin à ce qu'il réalise son but premier, des éléments dont je ne vais pas parler ici pour ne rien dévoiler de l'intrigue.

     

    Ce manga est beaucoup plus intelligent et plus fin que la plupart des « comics » actuels qui veulent faire « culte » de suite, singeant Franck Miller entre autres, qui sont formatés pour ne déplaire à personne et d'un politiquement correct qui laisse songeur. Il parle d'un pays, le Japon, où les travers de notre propre société sont exacerbés, décuplés, et donc de nos travers à nous, de notre fascination pour la technologie et notre oubli de l'humain.

     


    Prophecy : la bande-annonce ! par Ki-oon

  • Les parfums de l'Orient étrange et mystérieux : laideur des clichés, beauté de la vie

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    politique,société,jérusalem,mon journal terre sainte Si le parfum de la cardamone, du café, les couleurs vives des agrumes à l'étal des marchands de « quatre saisons », encore teintés de vert en Palestine et dans les échoppes israéliennes, les effluves des épices en pyramides vives, l'odeur douceâtre de la viande de mouton exposée à l'air, me ramènent sur la « Via Dolorosa » dans la « Vieille Ville » de Jérusalem, l'odeur d'un moteur diesel mal entretenu, d'une eau de toilette bon marché ou d'un déodorant odoriférant pour hommes, les senteurs du cuir bon marché surchauffé des sièges d'une « Mercédès » hors d'âge dans laquelle on attend parfois trois bons quarts d'heure qu'elle se remplisse, le bruit d'une mobylette pétaradante aussi, les sirènes des policiers israéliens qui sonnent comme dans les feuilletons américains, le soleil au zénith au-dessus du poste-frontière de Gaza qui puait l'eau de javel.

     

    C'est également le goût d'une bière israélienne mêlé à la douceur de l'iode dans l'atmosphère sur le front de mer à Tel Aviv, d'un « Arak » à Jéricho sur la « grand-place », d'un « cocktail » au nez et à la barbe des « hassidim » rue Ben Yehuda ; la saleté des rues dans les quartiers anciens, les poubelles dégorgeant leur contenu fétide un peu partout, les chats « parias » marquant leurs territoires, ces bouquetins venus nous renifler la plante des pieds au cratère de Mitzpeh-Ramon un lendemain de réveillon du Nouvel An....

     

    C'est plus trivial à première vue, à courte vue, moins romantique ou romanesque, loin du cinémascope de « Lawrence d'Arabie » mais plus proche de l'authenticité d'un endroit que d'aucuns verraient plutôt comme leur terrain de jeu religieux, politique ou idéologique favori. Ils viennent faire trois petits tours et s'en vont, font la leçon aux uns et autres morigénant les palestiniens de ne pas être assez durs avec les israéliens, les israéliens de ne pas avoir d'ambitions millénaristes. Une foule d'exaltés attend l'Apocalypse, la Fin du Monde, des destructions qu'elle appelle de ses vœux afin de se consoler de si mal sentir la beauté de la Création tout autour d'elle. Dans le désert du Jourdain, il fallait être d'une sottise remarquable pour ne pas voir la sensualité douce et joyeuse des lieux, la vie qui se manifeste dés qu'un peu de pluie tombe.

     

    Quand j'évoque cette cité cosmopolite dont j'aimais le bruit et la fureur, turbulente, violente, douce, agressive, austère et sensuelle, antique mais qui est pourtant bien aussi de son époque, sa vie, ses peuples, beaucoup parmi ceux qui m'écoutent en sont restés aux clichés, ne supportent que l'on démystifie leurs représentations erronées, de celui pour qui il ne faut considérer cette ville que sous son aspect « spirituel », et ne pas s'occuper du présent, de la « simple » humanité, à celui qui voit une occasion de se prendre pour « Robin des bois » pro-palestinien ou pro-sioniste, exacerbant les tensions internes déjà existantes, plus ou moins consciemment, ce qui a toujours des conséquences visibles, violentes et mortelles.

     

    Ce n'est pas un reproche de ma part à leur encontre, il est normal que lorsque l'on n'est pas allé sur place, que l'on n'a pas vécu dans sa chair ce qui fait la beauté, l'originalité de ses terres, il est difficile de comprendre certaines choses et qu'au fond la vie, la réalité sont plus intéressantes que ces lieux communs parfois grandioses, parfois exprimés avec style sur tel ou tel pays, tel ou tel endroit du monde, ainsi Pierre Loti, à qui je préfère Henry de Monfreid, « Abd El Haï » ce qui implique que tu me trouves incorrigible ami lecteur car c'est aussi un « infréquentable ». Je retrouve chez lui le même amour du Proche-Orient, la même passion pour ces peuples sans pour autant les idéaliser ou les voir plus angéliques qu'ils ne le sont.

     

     

     

    Ces histoires orientalistes contemporaines fortement enjolivées sont souvent racontées par un explorateur du dimanche qui ne peut s'empêcher de se déguiser en « autochtone », ou du moins de revêtir la panoplie qu'ils supposent que les « indigènes » portent ! Certains mettent des sandales aux pieds comme les apôtres, enroulent un « keffieh » noir et blanc autour de leur cou, coiffent une « kippah » qu'ils arborent en toute inconscience dans le quartier musulman, ou chrétien. D'autres se contentent de photos sur fond de soleil couchant...

     

    Ce fût mon cas les premières semaines, ce qui me fit moquer des enfants au Sinaï qui m'appelaient « Camel Bedouin » en rigolant bien et je les comprend...

     

    Cette vie, cette réalité paraissent toujours triviales à ceux qui ne s'y attendent pas, qui leur préfèrent leurs fantasmes et idéalisations hasardeuses, surtout quand ils s'aperçoivent que ce qu'ils découvrent n'a rien à voir avec leurs rêves d'une Terre Sainte de pacotille qui appartiennent à un ou deux peuples bien distincts, bien identifiés, à une ou deux cultures bien reconnaissables et délimitables alors que dans cette ville, le réel est extrèmement complexe et non réductible à quelque slogan que ce soit, inspiré par des intentions certes parfois sincèrement bonnes. Mon souvenir de cette Ville, la nostalgie que j'en ressens encore vient de cet ensemble, de ce quotidien relié à ces paysages naturels grandioses où flottent le souvenir de divers conquérants que parfois l'Histoire elle-même a oublié ce qui fait souvent dire aux vieux palestiniens, se rappelant des empereurs byzantins, ottomans, des rois croisés, des souverains de toutes origines, que « les maîtres d'un jour passent toujours malgré leur vanité... ».

     

    Mon « Journal de Jérusalem » est toujours à ce lien

     

  • Walk on the wild side in Paris

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    "Paris je t'aime", Pas Paris Hilton hein, je précise...

    Les héritières mal élevées, anorexiques, droguées et, ou alcoolo, je ne peux vraiment pas.

    Rien d'autres à dire sur ce troisième montage, il faut le regarder...

  • Encre, pastels et fusain dans Paris

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    Dessins, arts, photos, Amaury WatremezUn troisième montage de dessins à l'encre, au fusain et aux pastels sur Paris, sur un air que j'aime bien de Gainsbourg avec quelques dédicaces à des écrivains que j'admire...

     

    Au départ j'ai eu envie de concrétiser les toiles de Grandgil-Gilouin dans "Traversée de Paris", la nouvelle originelle...

     

     

  • Les enfants des années 70 et Patti Smith

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    patti_smith-mapplethorpe.jpgJ'ai lu aux éditions Tristram « Premiers écrits » de Patti Smith, qui complète le livre où elle raconte ses années 70 : «Just kids », que je trouve nettement plus intéressant pour ma part, car plus vrai, plus authentique. Et c'est aussi car je suis aussi un enfant de ces années, né en 69, grandi pendant toute la décennie qui vit les derniers feux des illusions des années 60 et du « Summer of Love », et aussi des « Trente Glorieuses », avant le cynisme des années suivantes, le fric tout-puissant et les bourgeois se trouvant quelques alibis « durables » ou « équitables » pour maintenir l'illusion de leur ouverture au monde et de leur soudaine conscience sociale.

     

    Patti Smith a plus la « carte » que les autres auteurs de ces années là : Pacadis et Yves Adrien, trop « électrons libres », trop indépendants, inclassables, ou que Hunter Thompson, le fameux « docteur Gonzo » qui n'en faisait qu'à sa tête quand il écrivait ses articles, trop incontrôlable, pas assez de cadres, pas assez de normes, pas assez scolaire. Patti connaît en effet les codes des milieux « kulturels » et « arty ». Elle sait ce qui leur plaît, ce qu'on peut leur vendre, elle a les mêmes références. Si l'on peut dire. Car il ne s'agit pas tant d'en avoir que de paraître les maîtriser...

     

    Elle est agaçante, arrogante, narcissique, une petite fille qui minaude en jouant les compagnes de poète maudit, mais au fond elle reste malgré tout attachante, beaucoup plus que les auteurs actuels, pour qui s'aventurer place Clichy est en soi une expédition, une aventure, qui pantouflent dans les émissions « littéraires » en assurant le spectacle côté « bon client », ou « bonne cliente »...

     

    Son livre est un recueil de fragments de poèmes, de prose, de chansons, écrits sur des nappes de restaurants, des feuilles volantes à en-tête d’hôtels de luxe que l'on feint de mépriser lorsque on est de ce milieu. Mais une fulgurance écrite n'importe où n'en est pas forcément une, que ce soit à jeun ou après quelques verres, fût-ce d'un bon alcool, ou après une « ligne » ou deux de poudre aux yeux dans les narines. Patti cultive son « louque » androgyne, son côté « grande liane » brune qui plaît à Robert Mapplethorpe, plate comme une limande, et un peu maigre entre Andy Warhol et François Hardy, icône des « gays » de fait, ce qui rajoute un « plus » non négligeable pour la « carte », les bourgeois se plaisant à verser dans le « kulturel » aimant à recenser les homosexuels parmi les artistes, les auteurs, les musiciens...

     

    Elle chantait aussi, elle chante toujours, mais je préfère Debbie Harry, ou Nico, ou Marianne Faithful, moins chichiteuses dans leur art, qui sont allées plus loin, au risque de se cramer définitivement, au risque de se perdre, contrairement à elle, qui maîtrise tout, comme beaucoup de filles minces comme elles, plus ou moins anorexiques.

     

    9782367190204FS.gifDurant toute notre enfance, toute notre adolescence, on nous a dit, comme Patti Smith, que tout était possible, que le monde était à nous, que rien n'était interdit, que nos désirs étaient tous légitimes, que nous pouvions, que nous devions nous libérer du passé, en faire table rase ; ceux qui le disaient sachant très bien que le temps des rêves grandioses était déjà terminé. Et puis il y eut la Crise durable, structurelle, le chômage de masse, le SIDA et le retour volontaire et assumé à la docilité la plus abjecte de la génération juste après la nôtre, qui préférait et préfère toujours, à de rares exceptions, fermer sa gueule et courber l'échine pour conserver quelques temps encore quelques acquis anciens, et facilités de consommation diverses.

     

    Ci-dessous une chanson qui illustre bien ce que je ressens quant aux années 70

     

    image du haut prise sur ce blog

     

    image du bas prise  sur le site de decitre

  • La nostalgie camarade... Amaury Watremez

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    Gainsbourg et Anne Karina, image prise ici

    Aujourd'hui je déménageai un piano, j'ai songé en le faisant à la chanson de Gainsbourg, « le charleston des déménageurs de piano », coïncidence, c'était le jour anniversaire de sa mort. Gainsbourg était le tonton alcoolique qui dit des gros mots que l'on invitait à la télévision giscardienne pour faire rougir les dames et rire les messieurs, et amuser les enfants qui reconnaissaient en lui l'un des leurs, un gamin de Montmartre, de « Paris-Pantruche », où l'on dit « son fait au nanti, sa fatuité au bourgeois, sa sottise au pontifiant » dixit « Forain », un autre gosse de la « Butte », un peintre, comme Gainsbourg...

    Lire la suite

  • Ballade dans Paris bis

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    photos,société,paris,nostalgieUn deuxième montage sur Paris de photos toutes personnelles, sur deux chansons de Gainsbourg, quelques souvenirs, et un zeste de nostalgie...

     

    Merci de votre indulgence pour les deux premiers, le réalisateur novice prend de l'assurance et sème ici un autre caillou blanc en quelque sorte.

     

    La place des Victoires a pour moi un parfum d'enfance, et la promenade vers Montparnasse et la place Clichy me rappellent le fantôme de ma "Johnny-Jane". 

     

  • Stromaé Brel de hard-discount

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    Stroma%C3%AB_310.jpgJe le sais c'est très mal de dire du mal d'une icône, je n'aime pas du tout Brel auquel je préfère les textes et les musiques de Gainsbourg apparemment plus léger, plus cynique aussi, et plus futile mais plus élégant, je parle ici d'élégance morale ami lecteur.

     

    Ce n'est pas que je lui dénie son talent à Jacques De Bruxelles, je le reconnais mais Brel c'est un genre de poésie de « curé progressiste », ainsi que le surnommait Suzanne Gabriello, une de ses amantes, pour qui il a d'ailleurs écrit « Ne me quitte pas », réputé la scie amoureuse ultime, à laquelle je préfère pourtant tout l'album « Melody Nelson ».

     

    J'ai vraiment du mal avec l'écriture de Brel et ses mélodies hormis quelques chansons dont celle qui dit avec raison que « les bourgeois c'est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient (c...on)», « Mathilde est revenue » ou sa chanson nostalgique, gaie et ironique sur la pluie tombant sur les grands boulevards à Paris.

     

    Stromaé (Maestro en « verlan »), a.k.a est belge, il chante un genre de « slam » - « rap » - « chanson réaliste » avec l'accent, on ne sait pas trop quoi, donc on le fait passer pour un genre de Brel « nouvelle vague ». C'est un rejeton de la bonne bourgeoisie belge, fût-elle « diverse » qui fait parler de lui dans la presse « pipeaule » du « plat pays » de temps en temps, notamment pour ses amourettes avec une « Miss » belge qui ne l'était pas, plate...

     

    Comme en plus il est métis, « issu de la diversité », c'est encore mieux même si il faut lui reconnaître cela, il n'en joue pas trop de sa « diversitude », rajoutant bien sûr à son personnage un zeste d’ambiguïté sexuelle qui plaira au « bobo » qui se croira pour un quart d'heure un peu l'homme du XXIème siècle, un type ou une femme drôlement con-cerné-e par la pauvreté, la mort, la méchanceté, et toute cette sorte de choses.

     

    Son « Fô-or-midable » on l'entend un peu trop partout, sur tous les tons, et comme c'est dans le vent de s'esbaudir, on s'esbaudit pour faire comme tout le monde car tout le monde aime et surtout ne pas sortir du troupeau, un peu comme pour « Zaz » (TM°) qui n'aurait même pas pu faire chanteuse de « goualante », car elle n'a pas non plus de personnalité.

     

    Stromaé chante le malheur, les pères absents, les types alcoolos un peu paumés, c'est tellement authentique trouvera le bon peuple qui aime bien la misère quand elle est enrobée d'un peu de sucre, car au fond Stromaé rajoute beaucoup de sucre, à un point que ça en est un rien indigeste. Le public pleure ainsi des larmes de crocodiles, car le malheur, la pauvreté, dans la vie, il s'en fout, il préfère qu'on la repeigne couleurs « chromo », qu'on la ripoline avec des bons sentiments.

     

    Il verse quelques larmichettes et puis il pense à autre chose, dont à lui d'abord et avant toutes choses.

     

    Comme ce qu'il chante est très noir, l'auditeur s'imagine ce que c'est adulte alors que ça l'est autant que l'imaginaire fantasmatique de n'importe quel ado mal dans sa peau, et tout aussi immature et narcissique qui s'imagine que ses petits tracas sont au centre du monde.

      

    Bien entendu, il combat des causes drôlement courageuses à notre époque comme le racisme, l'homophobie ou le sexisme ce qui lui vaut l'admiration de sa crémière et des éditorialistes des z-inrocks ébaubis par tant d'audace quant au choix des combats et du messââge. Des messages il y en a plein les journaux, et c'est plus efficace de s'adresser aux « P et T' pour les envoyer, il ne peut donc que sombrer dans la banalité, le « maestro », ça tombe bien la banalité, la société actuelle adore...

     

  • Hommage à Aslan qui vient de mourir

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    Aslan vient de mourir, honorons son souvenir et profitons en pour nous payer la tête de Sartre...

    On sait maintenant pourquoi il louchait.

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  • « L'histoire de la page 52 d'un album de Valérian »

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    « L'histoire de la page 52 » bientôt un documentaire de Kanari films

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    Pour participer à une opération de « crowfunding » sur le site « kisskissbankbank » afin d'éditer une version digipack, assortie d'un ex-librisi, de ce film, cliquez à ce lien

     

    Ami lecteur, autant te l'avouer, j'ai toujours été fan des aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporels du XXXème siècle en vadrouille dans l'univers entier, rencontrant des créatures pittoresques et étranges, que ce soit des Shingouz, sorte de tamanoirs chauve-souris spécialisées dans le commerce et le négoce plus ou moins honnête, ou une méduse terrestre qui apprécie la cuisine bourgeoise terrienne. Les aventures de Valérian renvoient aux temps glorieux de « Pilote » quand les lecteurs de BD n'étaient pas considérés surtout comme des cibles commerciales potentielles.

     

    Au départ, ces aventures sont plutôt classiques. Valérian, agent spatio-temporel, parcourt l'espace et différentes époques, accompagné de Laureline, ancienne licorne, éprise de justice sociale et de liberté. Valérian n'est pas un héros très malin, sa compagne le tire souvent de situations périlleuses et Laureline est bien plus fine et plus maline. Il y a apparement tous les ingrédients du space-opera cependant, dans chaque album, les auteurs instillent au départ un peu timidement puis de moins en moins une dose de préoccupations sociales très actuelles et adultes.

     

    Très vite ensuite, Christin et Mézières leur donnent un ton plus fantaisiste, de SF pataphysicienne, et ose traiter plus abruptement de questions finalement tout à fait de notre temps, car la SF parle toujours de notre temps, questions que Pierre Christin connait bien comme journaliste.

     

    Les scénarii de Pierre Christin sont toujours surprenants et intéressants, et le dessin de Mézières est très loin des albums impersonnels d'autres auteurs moins doués, qui semblent croire que travailler sur ordinateur leur confèrera plus de talent. Le documentaire suit le travail du dessinateur sur la création d'une page, sur son souci du trait et de la mise en scène.

     

    A partir de « Métro Châtelet direction Cassiopée », les albums racontent également une histoire qui n'est plus isolée et qui court autour de la perte par les deux héros de leur futur après avoir sauvé la terre de la guerre atomique qui aurait dû conduire un peu plus tard à l'avènement de Galaxity et de l'empire terrien, et de leur terre. Ils n'ont plus que leur vaisseau et l'ancien quartier terrien de « Point Central » mégalopole cosmopolite au centre de la galaxie. Ils ne peuvent plus alors compter que sur eux-mêmes et monsieur Albert, leur contact contemporain, et Jal, un autre agent ayant échappé à la disparition de la terre du futur. Ils iront jusqu'à rencontrer une « sainte trinité » burlesque sur Hypsis, civilisation qui tiraient les ficelles de toute cette histoire.

     

    Ce cycle se conclut avec « l'Ouvre-temps » qui laissaient Valérien et Laureline amnésiques sur la terre de 2013, retombés en enfance grâce à Xombul le premier « méchant » de leurs aventures rentré en grâce, et qui était alors annoncé comme le dernier titre de la série.

     

     

    Heureusement les auteurs ont visiblement eu du mal à abandonner leurs créatures de papier qu'ils font revivre dans « Souvenirs de futurs », la page 52 du documentaire étant celle de cet opus qui fait dire qu'il est excessivement dur de conclure lorsque l'on prend plaisir à raconter des histoires qui font travailler l'imagination. Le documentaire permet de suivre ce travail passionnant...


    couverture de "Souvenirs de futurs" pris sur le site de Dargaud


    ci-dessous la bande-annonce du documentaire

  • Escale "buissonnière" en banlieue 1

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    H1118-L24566492.jpgCe matin, pour me rendre à Vernon, distant d'Evreux d'une trentaine de kilomètres, et n'ayant qu'une confiance très limitée dans le car censé m'amener à bon port (ami parisien, en province on se déplace en car depuis que l'Etat dans sa grande sagesse a supprimé les « petites » lignes pas assez rentables), j'ai décidé de prendre le train, ce qui coûte excessivement cher mais cela me permettait d'être à l'heure (train jusqu'à Mantes le Jolie puis jusqu'à Vernon dans l'autre sens, la ligne devant relier Rouen, Vernon et Evreux étant en projet depuis quelques décennies déjà). J'aime beaucoup le train, il permet de rêver, de méditer et de s'échapper au moins quelques temps de ce fait d'un quotidien qui n'incite ni à la poésie ni à la contemplation.

     

    Arrivé à Mantes, je me suis demandé, juste quelques secondes, deux secondes seulement même car je suis un garçon sérieux, un adulte très sérieux et responsable, ce qui me retenait de continuer jusqu'à Paris, d'aller dans un café ou un petit bistro du Quartier Latin et/ou de Bastille où j'ai mes habitudes, et puis on aurait bien vu la suite. « Carpe Diem ! » me lança le petit diable sur mon épaule gauche, « pourquoi te soucier des conséquences ? ».

     

    Alors qu'hélas, hélas, je sais bien, je l'écoute souvent quand il a un bon mot ou une répartie caustique à me faire lancer, car ma causticité est de sa faute que crois tu ami lecteur ?, je l'ai malheureusement fait taire mais je lui ai quand même accordé une petite pause, toute petite, hors de la gare, pour goûter un peu l'atmosphère.

     

    Du moins c'est l'excuse que je donnais à l'ange qui est sur mon épaule droite. Lui qui d'habitude me tance bien souvent, affirmant que « je suis trop négatif », il se montra magnanime me disant bien qu'il savait que cette histoire d'atmosphère était une excuse plus ou moins bidon pour me donner un argument pour quelques minutes d'« école buissonière » et d'irresponsabilité, aux yeux des grandes personnes et des purotins. « Au moins, me dit-il avec un sourire contrit, peut-être qu'après tu feras ton devoir d'état avec un peu plus d'entrain ». Puis il soupira et se rassit sans hâte. Je sentais bien qu'il avait très envie de continuer à me sermonner mais qu'il n'osait pas le faire, pour ne pas m'exaspérer...

     

    P1020201.JPGC'est finalement surtout la peur d'offrir ainsi facilement ma tête sur un plateau aux commères désobligeantes, aux compères veules et dociles, aux autistes administratifs qui m'a fait renoncer à ce projet qui au fond n'avait rien de si particulièrement funeste que cela me chuchote le petit diable à mon oreille.

     

    Ces commères, compères et autistes administrafifs se consolent, si l'on peut dire, de leur soumission volontaire et et de leur docilité sans faille à des idéologies mortifères et des dirigeants morticoles, de leur servilité, de leur égoïsme fondamental principalement par la malveillance, le commérage et le confort d'être en troupeau. Mais j'étais quand même énormément tenté de le faire, tenté par mon environnement, ayant profité du changement de train, de quarante-cinq minutes, donc pour m'arrêter quelques instants en banlieue où je suis chez moi.

     

    Oui, ami provincial, la banlieue, c'est du béton, elle est laide, c'est sale, c'est bruyant, comme Paris que « l'on aimerait bien visiter » mais « que l'on ne pourrait pas habiter » « passke les parisiens y sont trop stressés », mais déjà avant moi et avec autrement plus de talent que moi Céline, Marcel Aymé et aussi Jacques Tardi dans ses dessins en ont perçu la poésie réelle. Il suffit de voir plus loin que l'horreur de la pauvreté, pas seulement matérielle, de la grisaille, des vieilles derrière leurs rideaux dans les pavillons en « meulière », des types en veste orange sur le quai des gares, des gamins et des gamines maussades le nez sur l'écran de leur dernier gadget électronique qu'il convient de posséder.


    J'aime la banlieue aussi car c'est une bonne partie de mon enfance, je l'aime aussi pour toutes les dionysiaques qui y vivent...

     

    Pire encore en banlieue on y croise parfois des « classes dangereuses ». Mais l'air est certes moins pur qu'ailleurs, si le ciel y est parfois moins clair le soir, il arrive que les personnes y soient un peu plus ouvertes d'esprit, un peu moins enclines aux colportages de ragots putrides et hors d'âge, de rumeurs malsaines, envers leurs semblables, et les milieux se croisent un tout petit peu plus qu'ailleurs. S'il est vrai qu'il en est qui sont comme des planètes sur des orbites parallèles, parfois des mondes se croisent, se parlent et échangent sans préjugés. D'autres fois encore ils s'entrechoquent et certes c'est dangereux....

     

     

    texte à suivre


    image prise sur le site "artfact"

  • Écorché vif disent-ils

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    Dédié à tous les "écorchés vifs" et "écorchées vives"

    Dédié plus spécialement à mes amis qui sont tous des "écorchés vifs", avec qui je partage au fond les mêmes souffrances, et toi, qui est aussi une "écorchée vive"


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    Quand une personne, homme ou femme, adulte ou enfant, est dotée d'un peu plus de sensibilité au monde et donc à ses travers, on emploie l'expression un peu dégoûtante d'« écorché vif » ou « écorchée vive » qui rappelle les œuvres étranges de Fragonard frère, celui qui faisait des cauchemars annonçant Francis Bacon et non celui qui rêvait d'escarpolette, comme si avoir ce minimum de sensibilité était une torture, une inutilité, un handicap, avec un « H » aspiré très profond. Et il y a aussi ce que l'on ne dit pas le prétendu "écorché vif" est vu surtout comme un prétentieux...

     

    Un « écorché vif » est aussi de ces personnes à qui l'hypocrisie sociale et les conventions lâches et veules répugnent, le qualifier ainsi permet de montrer combien il est déséquilibré dans un monde qui favorise les faux semblants. Les formidables progrès de la technique permettent à n'importe quel scribouillard, n'importe quel « rond de cuir » qui s'emmerde dans son « open space » de se prendre pour le Rimbaud 2.0 ou le justicier de la « Ouifi » juste en énonçant quelques lieux communs et platitudes vagument humanitaristes et « lamanièredeux » et en scribouillant dans divers "fora" et autres blogues. Il en voudra à "l'écorché vif" d'aller beaucoup plus loin dans l'expression de son ressenti et des dysfonctionnements du monde.

     

    L'être humain ayant ces capacités de ressentir un peu plus développées pour diverses raisons, souffrances vécues un peu vives, la crainte du désamour de ceux qu'il, elle aime, blessures profondes dont on lui dénie le droit comme une torture à petit feu , cet être humain qui parfois écrit, peint ou dessine est désigné comme un malade, un esprit tordu qui travaille contre l'harmonie tellement douce de l'humanité moderne promise depuis déjà quelques décennies, un empêcheur de grégariser en rond.

     

    C'est surtout un biais pour ne pas avoir à considérer ce que ce minimum de sensibilité, et d'empathie, pourrait révéler de vrai et d'authentique. La personne sensible est perçue comme une sorte de Cassandre, une engeance de prophète de malheur, l'on pensera bien souvent dans les sociétés humaines, y compris chez les modernes et progressistes de progrès, qu'il vaut mieux continuer à jouer la farce habituelle des fausses indignations vertueuses et de la charité de carnaval.

     

    A l'impudent (en l’occurrence ton auteur préféré, ami lecteur, amie lectrice) qui insisterait, on opposerait " Et bien quoi tu ne veux tout de même pas que l'on vive dans des grottes éclairés à la bougie, on a besoin de notre confort, et toi aussi, on a besoin de réseaux dits sociaux nous donnant l'illusion de la rencontre et surtout surtout d'être des esprits tellement ouverts à la différence et à l'étranger pour ensuite retrouver la routine éreintante du morne quotidien du XXIème siècle et de la standardisation des esprits et des corps qu'il implique ".

     

    C'est un chrétien, intronisé « chevalier de la Foi » sur Tak.fr par Pierre Jolibert, éminent commentateur émérite, qui le dit pourtant, c'est chose bien peu ragoutante que tous ces chrétiens et ecclésiastiques extatiques affirmant que le discours du pape François sur la plage de Copacabana a changé leur vie pour toujours, oubliant que la douceur du climat du Brésil est pour quelque chose dans leur euphorie, et dont on sait très bien que rentrés en France, ou ailleurs, ils retourneront bien vite à leurs petites habitudes égoïstes et leur routine narcissique où le « moi je » devient la règle ultime.

     

    On m'objectera : « Ce sont des jeunes enthousiastes pris dans l'euphorie du moment, il faut leur pardonner ». Mais cela ne répondra pas à la question essentielle qui est que tous ces esprits « enthousiastes » se comportent comme le jeune homme riche de l'Evangile, à de rares exceptions, et oublient et leurs devoirs d'état avec leurs proches, et de faire simplement preuve d'empathie avec le pauvre qui est juste en bas de chez eux, voire chez eux. Évidemment, c'est plus exigeant spirituellement que de balancer quelques bonnes paroles qui permettent à l'ego une enflure rapide et sans douleurs.

     

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    Car l'allégeance à la société libérale libertaire, au matérialisme le plus abject, restera la plus forte, ainsi qu'à l'esclavage le plus vil, celui de la foule et des dikats qu'elle impose. Voilà le genre de phrases qui me fera encore qualifier moi aussi d'« écorché vif » beaucoup trop sensible, mais j'en ai l'habitude. Il est à noter qu'un « écorché vif » mettant en lumière quelques vérités est vite qualifié de cynique ou de caustique, voire de méchant avec qui personne ne saurait s'entendre, l'individu médiocre ordinaire étant généralement très vite malveillant envers celui qui prétend s'éloigner des compromis moraux confortables qu'ils s'imposent pour s'assurer une survie pas trop désagréable.


    en illustrations deux écorchés d'Honoré Fragonard pris ici

    Ci-dessous une chanson "tube" pour un chouïa de dérision en plus

  • Lectures de vacances et Ego trip

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    Les trois photos avec les lunettes noires c'est juste parce que l'on sait bien que les types qui lisent, voire qui écrivent, sont des prétentieux égotistes et narcissiques, et puis c'est tellement bon d'emmerder les cons que cela va bien faire suer...

    Bref.

    Pendant ces vacances, pour éloigner le souvenir des malfaisants, des fâcheux, des cons, je retourne à Vemilion Sands avec Ballard, je me plonge avec délices dans les vapeurs du cinéma Bis, et dans la vie de Jack London....

    La lecture est déjà un voyage en soi, qui emmène loin, loin des imbéciles, qui rapproche de ceux qui ont encore une 

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    . Et j'écoute la musique que j'aime...

    Thelonious Monk, Marvin Gaye et Solomon Burke...

    Et bien sûr, je continue mon journal de Palestine...

    En attendant une citation pour ton édification aimable lecteur, mon sensable mon frère (ou ma soeur)

    "A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle à tendance à s'accroître 

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    en compensation. Et le dictateur (à moins qu'il n'ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d'encourager cette liberté-là. 

    Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort." 

    Le Meilleur des mondes - Aldous Huxley.

  • L'Art contemporain en folie en province

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    art,ââârt,hypocrisie,politique,société,bourgeois

    Folies bourgeoiseses et art con-temporain.

    Ami lecteur, je te rassure tout de suite, j'aime bien les paysages de province, la campagne, les panoramas somptueux, mais ce que je ne supporte pas c'est l'ennui tout puissant que j'y ressens, et je suis loin d'être le seul, dans une province vidée de son âme, de sa substance, de son identité, le tout au nom de la diversité (TM°) du progrès (TM°) du développement durable et autres gadgets cosmétiques cachant bien mal les vanités culturelles toutes petites de la petite et grosse bourgeoisie.

     

    Par petite et grosse bourgeoisie, j'entends bien la réalité concrète de tous ces privilégiés petits, moyens et grands qui bénéficient de réseaux, copinages et clientélismes divers selon eux bien légitimes, des acquis que l'on ne peut remettre en question sous peine de passer pour un nostalgique des « z-heures les plus sombres de notre histoire », un fâchiiste, un poujadiste !

    Et ce n'est pas l'art contemporain en lui-même que je raille mais les pseudo-artistes et escrocs plus ou moins conscients qui affirment en relever.

     

    En 2013, la province reste donc confite dans la contemplation de son nombril, se repliant sur elle-même, se rassurant, et toutes les villes ont des airs des sous-préfecture anonyme, de non-lieux sans âme, le tout agrémenté de politiques urbaines ineptes.

     

    Les créateurs d'art contemporain de province, d'"installations" (on ne doit plus parler d'oeuv res)  jouent là-dessus pour écouler leur production, et ainsi vivre de subventions diverses et variées, de mécénats souvent publics, au nom de l'art, pardon, de l'Aââârt, faire marcher l'épate-bourgeois, les « bovarysateurs » et « bovarysatrices » ruraux se sentant alors aussi audacieux (et aussi conformistes) que leurs équivalents parisiens dont ils partagent les mêmes prétentions et la même vacuité intellectuelle, car tout ce motive leur prétendue passion de l'Art moderne c'est le désir de se mettre en valeur, eux, et leur peur panique de passer pour des béotiens.

     

    Les créateurs de « happening » provinciaux (comme cette jeune femme qui tout en dansant sur du Strindberg colle des lanières de scotch par terre traçant ainsi des « chemins spirituels »), les « plasticiens » (tel celui-ci qui « crée » des ronds-points tellement audââcieux pour un conseil général qui a de l'argent à jeter par les fenêtres), les « théâtreux » (ainsi ce metteur en scène, pardon, en espace, qui fait jouer Molière comme Ibsen, « parce que Molière en fait c'est tragique, t'vois », retardant en cela d'une trentaine d'années sur les modes prétentieuses), bénéficient donc de la manne institutionnelle et sont assurés d'un public quasiment captif, dont les jeunes, qu'il convient d'ouvrir à cette pseudo-modernité d'un grotesque « prudhommesque » car depuis monsieur Prudhomme, Bouvard et Pécuchet, les bourgeois n'ont pas changé, ils aiment toujours passionnément les lieux communs qui les font rougir d'orgueil.

     

    Les exemples que je viens de donner sont tous réels.


    J'allais omettre dedans le plus beau, si j'ose dire, la « mise en espace » de la pièce en deux actes d'un poète grec, pour le « jeune public » c'était agrémenté d'un échange-discussion avec les acteurs et le « metteur en espace ». Un bateau à voiles par exemple était symbolisé par une figurante en grande robe blanche qui tenait les deux pans de son habit pendant qu'un autre comparse soufflait derrière pour figurer le vent, le voyage étant symbolisé derrière les acteurs par la projection de rails de chemins de fer en mouvement pris du dernier wagon d'un train.

     

    Bien sûr, pour figurer la solitude du voyageur, et aussi pour respecter les traditions non écrites du théâtre moderne, un des acteurs se déshabillait en scène jusqu'à la nudité frontale ce qui va de soi pour bien montrer qu'on lutte contre les tabous sexuels de notre société « d'inspiration judéo-chrétienne totalitaire » (TM°), « t'vois », déshabillage qui avait mis en joie des gosses de "cités" "bons sauvages" et alibis "socio-cul" présents ce soir-là.

     

    Cette imposture continuera malheureusement encore longtemps, car les prétentions et les folies des vanités bourgeoises sont sans fond, car aux prétentions sociales les privilégiés finissent toujours par ajouter des prétentions culturelles, voire un rôle de fanaux progressistes du peuple. C'est dans la nature des choses mais il est parfois bon d'évoquer leurs ridicules...


    Rond-point des Godelles pris sur le site du syndicat d'initiative de Commercy à ce lien

  • Le Paradis déjà ici

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    308085_10150297251388396_1880766_n.jpgCes photos, prises non loin de chez Barbey à Carteret, m'ont rappelé quelque chose de tellement évident.

    312576_10150297251573396_6652028_n.jpgLe Paradis est déjà là, il est dans la beauté tout autour de nous, celle de la Nature, la beauté des femmes, la douceur des paysages qui incitent simplement à vivre et jouir de la vie, ce qui n'exclut pas de partager les joies les peines.

    Le reste est de la littérature...