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histoire - Page 2

  • Anthologie de SF -trop- explicite

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    « Retour sur l'horizon » - anthologie rassemblée, préfacée et commentée par Serge Lehman

    littérature, Science Fiction, histoire, politique, sociétéGallimard, dans la collection « Folio SF », vient de rééditer cette anthologie de SF francophone précédemment parue chez « Lunes D'Encre ». Refermant ce pavé pourtant agréable à lire, ce qui est déjà quelque chose d'extrêmement positif pour de la littérature française, j'ai comme la sensation d'être resté un peu sur ma faim, je suis un peu dubitatif.

     

    Les nouvelles et « novellas » présentées dans ce recueil égrènent des thèmes classiques de la SF, et se situent presque toutes dans le registre de l'anticipation pure qui est un genre un peu agaçant par sa manie de vouloir décrire avec tous les détails techniques afférents un futur dont rien n'est moins sûr qu'il advienne.

     

    C'est de la SF « explicite » à la manière d'Asimov, qui voulait même raconter quant à lui l'histoire du futur, selon ses conjectures, et le lecteur se perd quand même un peu en route.

     

    Les autres auteurs anglo-saxons ont pour eux de savoir donner de l'humanité à leurs personnages, de la chair. Ils décrivent des machines sans en expliquer le fonctionnement car cela n'a aucune importance quant à l'histoire qu'ils veulent raconter et la réflexion qu'ils veulent éventuellement provoquer chez le lecteur. Parfois même les écrivains dits « du genre » se débarrassent de tout l'attirail et du décorum rutilant autour, ainsi « Crash » ou « le massacre de Pangbourne » et certaines des « dangereuses visions » d'Harlan Ellison.

     

    Chez Philip K Dick, ou chez Ballard, les ordinateurs et les androïdes fonctionnent avec des cartes perforées, dans les « Chroniques Martiennes », les fusées de Ray Bradbury sont encore des fusées « hergéennes » phalliques qui décollent de travers des planètes, mais cela ne change rien à leur talent, car ils se souviennent d'un élément pourtant évident du genre :

     

    la SF ne parle pas du futur, elle ne parle pas de nos descendants, mais de nous et de notre présent, du moins la SF qui présente un intérêt littéraire. « 1984 » ne raconte pas la vision d'Orwell décrivant précisément l'année 1984 telle qu'il l'imaginait, ainsi que j'ai pu le lire, « Le Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley n'est pas une sorte de prédiction, « Farenheit 451 », encore de Bradbury, ne se veut pas un traité de prévisions ou « Tous à Zanzibar » de John Brunner. Tous ces livres évoquent les dangers que notre société court, dangers largement négligés par la plupart des individus peuplant cette petite planète dans un coin paumé de la galaxie où il n'est plus de bon ton de lire des livres qui incitent à la réflexion sur nous-mêmes.

     

    C'est aussi de la SF dite « implicite », quand un personnage utilise un tournevis atomique, l'auteur ne dit pas à quoi ça sert, ou ne cherche pas à décrire comment ça fonctionne, ce qui le ridiculise à plus ou moins terme et donne plus de force à son propos. On va sur la Lune ou Mars sans dire à quelle époque et de quelle manière la conquête spatiale s'y est prise.

     

     

    Les français en bons cartésiens qu'ils sont, à moins que ce ne soit de l'étroitesse d'esprit pour certains d'entre eux, appréciant de ranger dans des petites cases la production littéraire, ne comprennent la SF qu'ainsi, faisant de la vulgarisation de futurologie, et très explicite et, à de rares exceptions dans ce livre dont André Ruellan, alias aussi Kurt Steiner, ou Philippe Curval, qui raconte une dystopie uchronique (ou une utopie enfin réalisée !), « Dragonmarx ». L'écriture, le style, la construction des personnages, le travail littéraire en quelque sorte, ne sont plus que des prétextes pour les auteurs à exposer leur vision de l'avenir, leurs craintes, leurs espérances ou faire passer leur message politique ou idéologique. On me rétorquera que même dans ce genre d'écrits, il est vrai qu'il y a aussi des auteurs de renom. Plus rares.

  • Un documentaire "partial, poisseux, visqueux" sur Outreau ?

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    Aussi sur Agoravox


    Aujourd'hui 6 mars sort en salles un documentaire intitulé « Outreau l'autre vérité », jugé « partial, poisseux, visqueux » par un des avocats d'une « accusée d'Outreau », Roselyne Godard, maître Eric Dupond-Moretti. Le film est produit par Bernard de la Villardière, producteur et animateur sur M6, spécialisé dans les reportages, que les mauvais esprits dont je ne saurais être reprocheront d'être racoleurs, sur l'insécurité et la prostitution avec images choc à l'appui.

    politique, cinéma, journalisme, histoire, spectacle, beuzze


    Le film remet en question l'acquittement de certains parmi les accusés de cette affaire, suite à un travail d'« experts » et de juristes qui « démytifieraient » cette erreur judiciaire qui a déjà détruit quelques familles et couples sans que le système et ses rouages, dont les journalistes ne se soient pour l'instant remis réellement en question.


    Certes Bernard de la Villardière a raison dans l'absolu de parler d'injustice à l'égard du juge Burgaud qui ne fut pas le seul à prendre des décisions parfois malheureuses et à en porter la responsabilité, mais il oublie également que ce magistrat n'a jamais été réellement inquiété, ni ne s'est vraiment questionné lui-même sur ses actes, ayant même été promu suite à toute une série de bourdes et de maladresses due principalement à une chose qui est sa formation.


    En effet, et on ne le constate pas seulement en droit, les formations des personnes qui travaillent « sur l'humain » sont de plus en plus théoriques, abstraites et déconnectées du réel, sans que ne soit évalué une seule fois la capacité des étudiants à faire preuve d'altérité, de compréhension, de respect.


    Leur formation les pousse à appliquer les lois, les grands principes directeurs, voire idéologiques, qui les sous-tendent stricto sensu sans se soucier des conséquences humaines parfois dramatiques, sans les encourager une seconde à faire preuve de recul sur eux-mêmes.


    Le juge Burgaud n'a commis aucune faute quant à l'application du droit, certes, mais il aurait dû faire preuve d'écoute, a minima.


    Ce film et le pseudo-travail des pseudo « experts » vient aussi et surtout d'un profond mépris de ceux qui font partie du système pour les « accusés d'Outreau », maintenant acquittés, je le rappelle, mépris qui n'est jamais véritablement dit mais qui se sent face aux traitement médiatiques toujours sur le mode du « deux poids deux mesures » selon que les accusés soient puissants ou misérables. Je songe également à maître Lombard évoquant le fait que la mère du petit Lubin soit « centralienne », pour la disculper.


    Ce qui choquait à l'époque, c'est que Magali Guillemot ait pu si facilement sortir de prison du fait de son milieu, de son parcours et de ses relations professionnelles quant à elle contrairement aux accusés d'Outreau.


    Ce mépris est également induit par l'incapacité des acteurs du système français, qu'il soit éducatif, judiciaire ou social, à se remettre en question, remise en question qu'ils considèrent de toutes manières comme une remis en cause personnelle.


    Le film qui sort aujourd'hui fait preuve d'un total irrespect des souffrances endurées par ces accusés d'« Outreau », accusés rappelons le encore sur la base essentiellement de ragots.


    Il faut dire aussi qu'ils ont contre eux de ne pas être « issus de la diversité » (TM°) ou d'une communauté ayant « la carte » dans la « bonne presse ». Bernard de la Villardière ne voit d'ailleurs pas le problème quant aux conséquences possibles sur la vie des acquittés d'Outreau et le fait que leur reconstruction peut voler en éclats du jour au lendemain de par son documentaire.


    Je me souviens bien du tout début de « l'Affaire d'Outreau ». On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, sur le Net, comme du Chabrol en plus glauque encore, les ciels bas du Nord aidant à en rajouter dans l'ambiance « trash » :


    Un ancien prêtre ouvrier prêtre donc forcément pédophile, un clerc de notaire de province forcément malsain, des familles populaires forcément « tuyaux de poèle » habitant en HLM donc forcément mal dégrossies et j'en passe, certains journalistes insistant particulièrement sur le vote le Pen à Outreau, sans que les faits reprochés à ces gens ne soient une seconde remis en cause à l'époque (à ce lien un résumé utile des faits).


    Je me souviens également des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus « ces gens là », les mêmes politiques se hâtant de défendre quelques années plus tard DSK au moment de l'affaire du Sofitel ou un cinéaste, certes au talent incontestable, mais défendu car du gotha, les mêmes politiques et commentateurs hurlant alors au retour de « l'Ordre Moral » face aux réactions des petites gens de la « France d'en bas » (TM°).


    Ce documentaire a été réalisé essentiellement pour « faire le buzz », entretenir le système spéctaculaire dans son immédiateté, sans penser une seule seconde cette affaire sur le long terme, et aussi par dégoût de la simple vérité, une des constantes de notre société faut-il dire...

    illustration empruntée à ce site

  • Rappel de propos de Stéphane Hessel sur une "occupation relativement inoffensive"

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    ghetto-de-varsovie1.jpg« Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’oeuvres d’art. »

    Frankfurter allgemeine Zeitung, 21 janvier 2011.

    photo - une famille pendant "l'occupation relativement inoffensive" du Ghetto de Varsovie

  • Cette illusion du Peuple Souverain...

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    En débat sur Agoravox

    L'Histoire est écrite par les vainqueurs, l'histoire de France en particulier, qui a été réécrite par la bourgeoisie qui a été la première instigatrice des évènements menant à la Révolution, et ce en 1789 et 1793.

    politique, histoire, société, hypocrisie, révolutionPlus de deux cent après ils sont toujours au pouvoir, et malgré leur apparente mue libertaire sur le plan des mœurs seulement depuis Mai 68 on ne peut que constater qu'ils n'ont pas changé d'un iota sur le plan économique et social si l'on excepte bien sûr les quelques arguments cosmétiques que sont le « commerce dit équitable » ou leur tout nouveau souci du « développement durable » qui consiste surtout en incitation à la décroissance, pour le reste de la société....

    La société n'est perçue que comme devant conforter leurs intérêts financiers, et leurs prétentions sociales, ce qui est une spécificité bien française. Il n'y a effectivement que dans notre beau pays qu'ils ont ce petit supplément non pas d'âme mais de vanités légèrement déplacées car pour eux il ne s'agit que de préserver les apparences. Ils savent bien qu'ils sont encore en fait d'un égoïsme déplorable, d'un individualisme forcené, et généralement sans appétence particulière à se cultiver, mais le tout est de correctement faire mine d'être altruiste, généreux et d'une ouverture intellectuelle sans pareil (quelques déclarations d'intentions fracassantes sur la diversité, quelques poncifs sur l'homosexualité de tel auteur suffisent alors à leurs yeux).

    Afin d'asseoir son pouvoir, la bourgeoisie triomphante a laissé entendre que dorénavant les privilèges étaient abolis à compter de la fameuse « Nuit du 4 août 1789 ».

    Tous.

    D'ailleurs il n'en reste aucun, c'est bien connu.

    Et qu'à dater de ce jour, le peuple, prononcer le « pôôple » avec des trémolos dans la voix, devenait le seul souverain, le peuple dans son ensemble bien entendu, alors que déjà, ceux censés le représenter étaient déjà en grande majorité des bourgeois avec pour quasiment tous les réflexes de classe habituels quant à la préservation de leur statut privilégié.

    Si d'aventure, un représentant issu de milieux moins favorisés arrive au Parlement ou ailleurs les ors de la République, les moquettes profondes, les voitures de fonction, les « indemnités » font le reste et personne n'aura besoin de lui demander de défendre son nouveau statut, il s'y accrochera becs et ongles sans aucun souci, l'avidité étant toujours, ou quasiment, la plus forte.

    Rappelons qu'à la suite de cette fameuse nuitée, les nouveaux dirigeants se sont hâtés d'instaurer un suffrage censitaire bien restrictif, et non universel, ce qui suggère que déjà dans leur esprit la qualité d'un homme à représenter ses semblables était liée au montant de ses revenus, suffrage qui signifiait une expression populaire moindre qu'avec les parlements des provinces qui existaient sous la Monarchie, et dont le rôle, bien que théoriquement consultatifs exclusivement, grandissait ce qui aurait entrainé une évolution démocratique de fait.

    Ce mythe idéologique lié au 4 août, que l'on retrouve de la droite à la gauche en France depuis, a la vie dure. C'est l'excuse parfaite pour la classe sociale ayant pris le pouvoir à la faveur de ces bouleversements pour s'y maintenir et insister sur sa légitimité à guider le peuple vers le Bonheur universel et l'Utopie enfin réalisée, utopie à laquelle les bourgeois n'ont jamais réellement cru.

    Je précise bien qu'il ne s'agit pas pour moi de douter ici de la sincérité quant à ces idéaux élevés des hérauts de la République que furent par exemple les instituteurs, les « Hussards noirs », qui ne se berçaient pas de beaux discours et amenaient l'instruction, et la culture, partout en France car c'était là leur devoir. Ces hérauts y croyaient fermement quant à eux. Il a suffi d'une cinquantaine d'années pour réduire une bonne partie de leur oeuvre à néant ou quasiment...

     

    La constitution de 1793, de la Convention, prévoyait bien la mise en place du suffrage universel, enfin presque, les femmes n'étant pas comprises dans cette universalité, mais ne l'appliqua jamais sous prétexte de « Patrie en danger », l'ennemi et les tyrans étant à nos portes du fait de guerres il est vrai déclenchées par les nouveaux dirigeants contre à peu près toute l'Europe, une manière je suppose de célébrer les idéaux de paix, de justice et de tolérance qu'ils étaient censés défendre.

     

    A noter que depuis c'est devenu une habitude, lorsque les dirigeants des républiques successives sont dans une position inconfortable à l'intérieur du pays, rien de tel qu'une bonne guerre pour détourner l'attention du peuple des problèmes les plus douloureux le concernant au premier chef comme la précarité, la pauvreté, le chômage.

    Les uns vont en Libye, les autres au Mali, faisant d'une pierre deux coups en plus :

    les prétextes humanitaires permettent de défendre les intérêts pétroliers de la France dans le premier cas, et ceux d'AREVA dans le second.

    Précisons que je ne remets pas ici une seconde en question les idéaux sincères qui sous-tendent les déclarations des droits ou même plus tard le Code Civil, bien au contraire, ou encore moins que je doute l'accomplissement de la France comme nation à Valmy, dans la continuité de ce qu'avait déjà entrepris la Monarchie tout au long du XVIIIème siècle.

    Le plus désolant dans tout cela est que le peuple se laisse prendre ou feint de se laisser prendre maintenant encore à toutes ces belles paroles tout en rêvant, à quelques exceptions près, de bénéficier des mêmes avantages matériels car les aspirations bourgeoises à la réussite exclusivement matérielle pour obtenir un statut social honorable, et se livrer aux prétentions qui vont avec, aspiration étriquées qui ont envahi toute la société française.

    Pour le rassurer, on lui laisse bien quelques os à ronger, on lui balance un méchant riche, bouc émissaire de tous les autres, Depardieu, on le laisse s'étriper autour de débats sociétaux qui n'en sont plus depuis longtemps pour les dirigeants, on lui parle de la neige vingt minutes aux journaux du soir à la télévision, et on le laisse se déchirer parfois avec acharnement sur Internet, ce qui lui donne l'illusion d'une liberté d'expression plus grande quitte à sonner la fin de la récréation par des lois beaucoup plus restrictives (à ce lien, paragraphe VI particulièrement) quant à cette expression, sous prétexte bien entendu de lutter contre les « dérapages » et les nostalgiques des « z-heures les plus sombres de notre histoire ».

    Ci-dessous un extrait de "la Gueule de l'Autre", film de Pierre Tchernia, et de l'excellente caricature de débat télévisé

    illustration tirée de la "Gueule de l'autre" prise sur "Tout le Ciné"


    La gueule de l'autre - le débat par daniel-c

  • Hommage à deux camarades des "tranchées"

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    politique, société, nostalgie, histoire

    On se souvient aussi sur Agoravox

    Ces derniers jours, j'ai pensé à Charles, Charles est un de mes ascendants, il paraît que je lui ressemble beaucoup, le goût pour l'humour « à froid » compris. Je me suis demandé ce qu'il aurait pensé de la France de 2013, si elle lui aurait plu...

    Sa famille venait d'Alsace après la guerre de 1870, plutôt que de devenir allemands, ils avaient préféré partir les uns jusqu'en Picardie, les autres à Montmartre, dans une toute petite rue près de la rue Caulaincourt, une des rues qui n'est pas encore envahie par la « bobolitude » contrairement au reste de Montmartre.

    A ce que j'en sais, cela lui avait paru tout à fait normal de partir, malgré tout le déchirement que cela impliquait, et les privations, il ne s'était posé aucune question. Maintenant, on lui rirait au nez, il passerait pour un naïf, un pauvre diable manipulé à ne pas penser une seule seconde à se garantir une survie confortable.

    Tout comme il ne s'en posa aucune pendant la Première Guerre Mondiale où il reçut une décoration pour avoir pris un nid de mitrailleuses à l'ennemi pendant une des interminables offensives des « tranchées ».

    Il n'en tirait aucune gloire, il avait fait son devoir c'est tout, la médaille avait été accaparée par les enfants qui jouaient avec comme avec un hochet. Et personne n'en parlait plus que ça.

    Il n'avait aucune haine pour les allemands, mais le pays étant en danger il ne s'épolitique, société, nostalgie, histoiretait pas posé plus que de questions que cela.

    Après la « Grande Guerre », qu'il n'aurait pas songé une seconde à qualifier de « boucherie », on lui avait proposé un poste de « rond-de-cuir » confortable en Espagne, mais quitter son cher Montmartre, où ses filles croisaient régulièrement Kandinsky, un jeune peintre espagnol prometteur, et Fréhel, ses deux cabots minuscules dans les bras, et qui offraient des « grenadines » aux gosses du quartier, lui avait semblé un sacrifice beaucoup trop difficile.

    Dans leur petit appartement de la « Butte » on lisait le journal avec les voisins, les uns « l'Action Française », les autres « l'Humanité ». La politique était une chose importante ainsi que l'engagement pour la collectivité, considéré comme allant de soi.

    Un temps il fût tenté par « le Sillon » de Marc Sangnier, et son utopie rurale, son beau-fils, mon grand-père, s'en souviendra quand il proposera de mettre en place, pour voir, pour essayer, un système collectiviste agraire pour résoudre le problème de la pauvreté en milieu rural dans son département, et lutter contre la désertification des campagnes.

     

    Charles était curieux de tout, par exemple bien qu'ayant des convictions très différentes des deux personnages, il avait lu Louis Blanc, son « Histoire de la Révolution », et Ernest Renan., principalement sa « Vie de Jésus », et ses conférences sur la nation. Il n'avait pas fait d'études pourtant, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une bibliothèque immense témoignant de son goût éclectique

     

    politique, société, nostalgie, histoireQuand il rentrait dans son petit village de la Somme, où il avait une petite maison carrée typique de la région, il faisait du théâtre avec « monsieur Éric ». a Paris il avait joué avec la troupe de Charles Dullin. Monsieur Éric, ainsi qu'on l'appelait, était l'instituteur, qui était une personne que l'on respectait infiniment car tout le monde lui était gré de son dévouement pour les enfants et de ce qu'il transmettait. A l'époque, nul besoin de grandes déclarations fracassantes sur la culture, l'accession à la culture pour les défavorisés, cela allait de soi pour la République de l'époque, y compris dans les tout petits villages.

    C'est grâce à lui qu'une des filles de Charles fut une des premières femmes à faire des études longues en France, sans pour autant qu'il ne se glorifie de quelques bonnes intentions idéologiques.

    Elle travaillait bien et était consciencieuse, quels inconvénients pouvait-il y voir ? Elle le méritait.

    « Monsieur Éric » également avait fait la « Grande Guerre », dans les tranchées, avec Charles ; c'était un « hussard noir » pur qui croyait qu'un jour grâce aux progrès de l'instruction l'humanité deviendrait enfin plus fraternelle et plus libre. « Monsieur Éric » écrivait de la poésie classique, sur les paysages de Picardie, sur la tragédie des « tranchées », il avait noirci de son écriture sûre et bien dessinée quelques cahiers d'écolier qu'il avait confié à son ami.

    Ce qui caractérise encore maintenant Charles et « monsieur Éric », ainsi que beaucoup de personnes de leur temps, c'est leur hauteur de vue morale. Là encore, quel vilain mot ais-je employé là ?

    Aujourd'hui la morale est niée, reniée, déniée, rejetée, car elle apparaît comme une contrainte insupportable aux désirs des « citoyens-consommateurs » de notre époque qui ne veulent aucun frein entre eux et la satisfaction de leurs pulsions de consommation des choses et des personnes, l'amour se consommant comme tout le reste.

    Ce n'est pas que Charles et « monsieur Éric » fussent des purotins, bien au contraire mais il ne faisait qu'obéir au précepte suivant :

    « Tout m'est permis mais tout ne m'est pas profitable ».

    politique, société, nostalgie, histoireCharles détestait pour cela, tout comme son ami, l'hypocrisie morale profonde de la bourgeoisie positiviste, se voulant de progrès, au pouvoir depuis 1871. Il avait vu aux premières loges pendant « la Commune » quelles conséquences cela avait pour les « petites gens » et les classes réputées « dangereuses », en particulier au « Mur des Fédérés ».

    Il en avait également conçu une méfiance très forte, transmise à tous ses descendants, envers toutes les idéologies, y compris les plus généreuses, leurs théoriciens n'hésitant pas à envoyer se faire tuer le peuple à leur place, ou à profiter de la situation opportunément pour prendre le pouvoir et le conserver à leur bénéfice exclusif sous prétexte d'utopie à venir.

    Charles et son camarade des tranchées auraient détesté voir foulés aux pieds en 2013 leur hauteur de vues, leurs idéaux généreux à tous les deux, et la culture, en particulier les Lettres aussi méprisées, le tout au nom du progrès. Quant aux bourgeois positivistes hypocrites qu'ils détestaient, ils les auraient reconnu, ils sont toujours au pouvoir même s'ils prétendent avoir changé...

    illustration de la rue des Cloÿs, prise sur le site "Paris XVIIIème"

    illustration sur Fréhel prise sur le blog "radio herbe tendre"

    illustration sur Ercheu, le petit village de la Somme en question prise sur le site "Ercheu info"

    illustration sur "le Mur des Fédérés", prise sur le site de Larousse

  • Du Traité de l'Elysée à la "Françallemagne" (TM°)...

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    La France et l'Allemagne, déjà plus ou moins la « Françallemagne » (TM°) ou plutôt l'« Allemafrance », célèbrent ces jours-ci l'anniversaire du « Traité de l'Élysée », signé entre Adenauer et De Gaulle, censé instaurer la paix définitivement entre nos deux pays.

    politique, histoire, allemagne, france, sociétéL'on ne peut que constater l'existence de la « Françallemagne » lorsque l'on voit l'empressement avec lequel François Hollande ou son prédécesseur se sont hâtés de donner des gages de bonne conduite à Angela Merkel.

    Cette paix réputée éternelle a été le prétexte depuis le début de la construction européenne du dé-tricotage méthodique et systématique de la plupart des systèmes de protection sociale des pays concernés, de leur cohésion nationale voire même de leur existence en tant que peuples ou nations.

    Cette paix réputée éternelle méconnait la nature humaine et l'histoire car qui peut dire que la guerre est évitée à jamais en Europe ?

    Ce que comme tout le monde je souhaiterais certes mais il conviendrait d'être juste un peu plus lucide car la paix entre les peuples ne se décide pas d'un trait de plume ou par la destruction des identités de chacun.

    Le symbole de ce couple franco-allemand que la plupart des observateurs trouvent « magnifique », « splendide », encore ce matin Alain Duhamel dans sa chronique sur « RTL », c'est bien entendu la photo du président François Mitterrand tenant la main du chancelier Helmut Kohl à Douaumont.

    Pour ma part, mais je suis un mauvais esprit, je trouve cette image parfaitement risible, un petit garçon tenant la main de son Papa sévère mais juste, le réprimandant à juste titre sur ses « groβes » bêtises passées, et surtout des plus hypocrites. La réconciliation entre les deux peuples s'est faite sans les élites qui eux la mette en avant pour protéger les intérêts des sacro-saints « marchés » et du pouvoir tout-économique.

    Et France et Allemagne font encore chambre à part.

    Car le couple n'existe ni sur la politique énergétique, ni diplomatiquement, et encore moins au plan de la coopération militaire, à l'exception d'une brigade-alibi ainsi qu'on nous l'avait annoncé à grands renforts de flonflons humanitaristes dégorgeant de bons sentiments il y a encore quelques années...

    Ceux qui ont détricoté la nation ont eu gain de cause, la plupart des français ne se sentent plus vraiment français, le patriotisme est devenu une notion très floue, voire carrément haïssable, le tout lié à un mépris certain vis à vis de nos ancêtres qui sont allés à la guerre en 1870, 1914 et 1939 non pas parce que c'était de pauvres bougres manipulés, et non par haine des allemands, mais par amour de leur pays et parce que c'était leur devoir, mot actuellement apparemment incompréhensible, les citoyens ne se reconnaissant que des droits.

    Nous parlons bien des français, car les allemands, eux, le sont restés, pratiquant par exemple un patriotisme économique de fait, « Mutti » Merkel a annoncé clairement la couleur à ce sujet, encourageant à privilégier les produits allemands. Ce dont je ne saurais la blâmer d'ailleurs, qu'un pays veuille se protéger n'est en rien une tare. On connait peu de pays qui mènent des politiques contraires à leurs intérêts, à l'exception il est vrai du nôtre.

    Il arrive même parfois que l'européiste le plus convaincu, le libéral le plus orthodoxe, la carapace craque et que l'amour de son pays soit quand même le plus fort, ainsi lors de cette épisode télévisuelle quand Giscard d'Estaing éclate presque en sanglots en voyant un défilé allemand dans les rues de Paris au moment du 14 Juillet, défilé lui rappelant de bien tristes souvenirs...

    Dans un couple disait Desproges, il y en a le plus souvent « un qui s'emmerde, un qui est malheureux ».

    Dans le couple franco-allemand, dont on nous vante les mérites du fait de leur cinquantième anniversaire de mariage, on ne sait pas trop lequel s'emmerde le plus, c'est à tour de rôle, les allemands qui ne veulent pas prêter aux européens paresseux du Sud, et que cela chagrine, les français qui voudraient bien que les allemands leur sauvent la mise sur le plan budgétaire, pour le plus malheureux ce n'est pas très difficile, ce sont le plus souvent les français qui souffrent de diverses inerties, paralysies, querelles picrocholines grotesques etc...

    politique,histoire,allemagne,france,sociétéQuoi que en ce moment, l'austérité budgétaire allemande, même si celle-ci a permis de diminuer considérablement les déficits publics, provoque un net ralentissement de la croissance économique ce que tous les économistes sérieux avaient prévu, et qui entraine une baisse conséquente du moral allemand.

    Ils sont les « bons élèves » de l'Union Européenne appliquant à la lettre les délirants critères budgétaires de convergence induits par le traité de Lisbonne mais finalement n'y gagnent pas grand-chose de plus à long terme, excepté conserver leur suprématie en Europe encore quelques temps. Ce n'est pas un idéologue marxiste, voire « bolchevik » qui le dit mais le bréviaire des fidèles libéraux, « la Tribune ».

    En France, nous qui sommes les « cancres », pleins de bonne volonté, de l'Union, on préfère continuer à s'étriper autour de querelles idéologiques d'un autre âge, des privilèges grands et minuscules des un et des autres, ou des fâcheries entre personnes.

    Ce qui nous mène lentement mais sûrement à notre marginalisation de l'Europe...

    La France et l'Allemagne par Tomi Ungerer, illustration prise ici

    photo de la poignée de mains Kohl-Mitterrand prise ici

  • Ce qu'il faut dire ou pas sur la Révolution Française - à propos de la reconnaissance tardive de Reynald Sécher

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    En débat sur Agoravox

    « Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu'une

    brassée d'excités la prit vaillamment d'assaut un jour d'été 1789.

    C'était la révolution des bourgeois.

    Ils sont toujours au pouvoir. »

    Pierre Desproges à l'article « Bastille » dans « le dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis »
    « … Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont jamais sanglantes. Le sang c’est toujours pour payer la hâte de quelques hommes… Pressés de jouer leur petit rôle. »

    Dans "Pauvre Bitos" de Jean Anouilh

    couverture du livre prise sur ce site

    Histoire, politique, société, vendée, religions, christianismeReynald Sécher, historien qui a travaillé sur les Guerres de Vendée, a reçu le quatorzième prix Combourg le 6 octobre 2012, prix qui distingue un écrivain qui honore la mémoire de François-René de Chateaubriand. Il a également reçu le prix des nouveaux droits de l'homme des mains de Pierre Bercis le 17 octobre.

    Son œuvre sur la question des « vendéens », qui va à contre-courant total de l'histoire de la Révolution, lui a valu un ostracisme sévère des institutions, des historiens plus dogmatiques et des commentateurs orthodoxes pour quoi la Révolution Française reste dans son ensemble un événement indépassable de l'histoire de l'Humanité ce qui en excuserait les dérives parfois sanglantes.

    Rappelons que la Révolution fût essentiellement une révolution bourgeoise, la prise de pouvoir d'une classe sociale montante depuis le « colbertisme », enrichie pour une bonne part par la « Traite » négrière pour ceux qui acquièrent tout au long du XVIIIème siècle des prétentions au gouvernement.

    Les « loges » maçonniques, les clubs de réflexion les plus influents, les officines politiques répandant les idées des « Lumières » étaient d'ailleurs à Bordeaux et Nantes, places principales de ce commerce honteux dont les dividendes financeront également les premiers pas du capitalisme en France.

    C'est Fernand Braudel, historien plutôt marxisant, qui souligne ces fait dans plusieurs de ses ouvrages, particulièrement dans « Civilisation, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle. 2. Les jeux de l'échange » et « Identité de la France ».

    Il rappelle aussi que les premières mesures prises par les révolutionnaires furent la « Loi Le Chapelier », contre les corporations, mais aussi et surtout contre toute association ouvrière (loi qui ne fut abrogée complètement qu'en 1884 par la loi Waldeck-Rousseau, et les édits dits « de clôture », d'ailleurs, il faut le reconnaître, déjà débutés en 1770 par la Monarchie déclinante. Ces destructions des droits des petits paysans, qui se retrouvaient démunis par ces actes qui les appauvrissaient, furent à l'origine de l'exode rural vers les villes et de l'avènement d'un « lumpenprolétariat » exploité dans les usines et fabriques des nouveaux dirigeants.

    Paul Lafargue, historien marxiste, ne dit pas autre chose à ce lien.

    Beaucoup ne se satisfont pas de la reconnaissance tardive de monsieur Sécher, ne supportant pas que l'on remette en cause, même sur des faits précis et avérés les bienfaits révolutionnaires, certains sont plus subtils que d'autres.

    A lire les articles sur le sujet, on en vient à penser à la formule de Desproges évoquant ces penseurs qui font subir aux diptères communs des choses que la morale réprouve, jouant sur les mots par exemple en affirmant que le massacre des vendéens, après la « Vendée Militaire », qui dure en elle-même peu de temps, cinq mois en 1793, ensuite celle-ci est plus une guérilla, une guerre d'escarmouches menée principalement par Charrette après la désastreuse « Virée de Galerne » à laquelle il faut ajouter le comportement tout aussi désastreux des « émigrés » avec qui les « brigands », selon le terme officiel de l'époque, essayèrent de s'entendre .

    Les « Guerres de Vendée », longtemps confondues avec la Chouannerie, débutent par une insurrection concrètement populaire, Cathelineau et Stofflet les deux premiers chefs militaires de l'armée catholique et royale étant également issus du peuple et ne faisant que suivre après tout les articles divers des déclarations des Droits de l'Homme de 1793, particulièrement l'article 35 de la déclaration du 24 juin 1793 :

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    Les vendéens se sont sentis bafoués dans leurs droits, essentiellement suite aux levées « en masse » de soldats, qui touchaient surtout les moins favorisés, ou de la « Constitution civile du clergé », ils n'ont fait qu'exercer ce droit sacré

    La décision de massacrer les vendéens qui se sont soulevés, en particulier par les « colonnes infernales » ou les noyades en masse de Carrier à Nantes, ou le massacre des Lucs-sur-Boulogne, (il y eut également des tanneries de peau humaine et des fours crématoires avant l'heure à Angers), est une décision murie et prise en pleine connaissance de cause par un état afin d'exterminer toute une population, suivant les conclusions du rapport de Barrère à la Convention, n'est pas à proprement parler un « génocide », mais plus exactement un « populicide » selon le terme employé par Gracchus Babeuf qui n'était pas exactement un auteur réactionnaire.

    En effet, plutôt que génocide, on aurait pu également tout aussi bien parler d'une « épuration ethnique ».

    Est-ce que les Guerres de Vendée remettent en question toutes les décisions et évènements de la Révolution ?

    Jacques Bainville (son point de vue à écouter à ce lien), historien pourtant d'« Action Française » le souligne lui-même :

    la Nation française a terminé de se construire pleinement suivant le processus commencé sous la Monarchie pendant la période révolutionnaire, entre autres à Valmy, bataille pendant laquelle un anonyme aurait crié « Vive la Nation ! » ce qui aurait galvanisé les troupes presque instantanément, et événement symbolique fort.

    Il rajoute également que la réforme de la justice d'Ancien Régime, sa rationalisation, qui sera parachevée par la naissance du Code Civil napoléonien, était de toutes façons inéluctable, indispensable, tout comme une organisation modernisée de l'État ou encore la réforme de l'Impôt égal devant laquelle les rois ont reculé, ce qui fût peut-être leur erreur et ce qui amena certainement la Révolution.

    Quand on essaie de repérer ceux qui se sont le plus opposés à un impôt plus équitable pour tous étaient les parlements des grandes villes des « provinces » du Royaume.

    Il est ironique de noter que la réforme de l'impôt proposé par Marchault d'Arnouville, et qui souleva un tollé, portait seulement sur l'imposition d'un vingtième des revenus, ce qui pour nous français contemporains qui sommes imposés d'un peu plus paraît maintenant anodin.

    Les souffrances subies par les vendéens ne peuvent être évacuées d'un revers de la main méprisant ou considérées comme des déviations finalement inévitables, elles montrent simplement ce qui arrive quand les porteurs d'idéaux, de belles idées, oublient que ce qui prime ce n'est pas leur idéologie, si généreuse soit-elle, mais l'humain.

  • Maurice Sachs ou la complexité incarnée

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    Maurice Sachs aussi sur Agoravox

    C'est la deuxième fois que j'évoque Maurice Sachs...

    La première fois ici

    Les êtres humains sont complexes, ils ne sont pas réductibles à des slogans, des généralités, empaquetés dans des schémas pré-mâchés, Maurice Sachs alias Maurice Ettinghausen en est une preuve flagrante lui qui avait fait du paradoxe un mode de vie, ce qui a fasciné et fascine encore Patrick Modiano qui en a fait son père idéal, et qu'il évoque dans « la place de l'Étoile ».

    littérature, histoire, société, âme, nostalgie, politiqueIl faisait partie des personnes humaines qui se situent en dehors de toute définition d'un comportement normé ou considéré comme normal, c'était un homme libre au sens exact du terme, et un pauvre type esclave de ses appétits, un écrivain an talent évident, et un dilettante trop paresseux pour épanouir ses dons.

    Quand il y songera enfin, en prison, il sera beaucoup trop tard.

    Il est de temps en temps de ces personnalités brillantes qui scandalisent les foules banales et suscitent l'envie de ceux qui affirment des opinions qu'ils s'imaginent libérées de toutes contraintes, alors qu'ils ne font que répéter des lieux communs à la mode, et qui prennent la pose de l'affranchissement des mœurs alors qu'au fond ils demeurent des petits bourgeois moutonniers et surtout soucieux du contenu de leur compte en banque et de celui du voisin qu'ils envient.

    Il était complètement indifférent à la rumeur publique, à l'image qu'il donnait de lui.

    C'était un de ces ogres, angoissés joyeux, qui veut tout, qui a soif de tout ce qu'il peut connaître, vivre, ressentir, sachant très bien qu'il n'aura pas assez d'une vie pour que rien de ce qui est humain ne lui soit étranger.

    Il avait de nombreuses ressemblances avec Dorian Gray, et Don Juan, se mesurant, se colletant sans cesse aux préjugés et à la morale commune, ou à la sottise de la foule imbécile. Il était proche de Lafcadio, le personnage principal des « Caves du Vatican », qui sait très bien que les actions humaines sont surtout marquées par l'agitation vaine, la vacuité, de nombreuses prétentions, et l'absence totale d'un sens quelconque.

    Il rappelle aussi par bien des égards ces aristocrates du verbe amoraux et au bord de l'abîme qu'étaient Drieu la Rochelle et Montherlant.

    Et comme Oscar Wilde, l'auteur de « le Portrait de Dorian Gray » cité ci-dessus, il ne savait pas « jusqu'où aller trop loin » croupissant à la fin de son existence dans une geôle atroce surtout pour cette raison.

    Il n'y a pas d'être humain qui soit tout noir ou tout blanc, ce que feignent de croire les thuriféraires des théories paresseuses qui réduisent l'Humanité à quelques lieux communs, ce qui est on s'en doute plus simple à comprendre, et plus confortable. Il est plus facile de rejeter le contradicteur, ou celui qui vit différemment en en faisant un monstre ou un pervers.

    Ce qui n'exclue pas l'existence de monstres ou de pervers au sein de l'humanité ceux-ci relevant souvent de la profonde banalité du Mal plus que d'une horreur extraordinaire et ponctuelle.

    Maurice Sachs a donc été successivement, en même temps parfois :

    Fils à maman trop gâté, puis délaissé, sa mère se remariant après que son mari ait quitté le domicile conjugal, juif, homosexuel, converti au protestantisme pour épouser une riche américain, menant la grande vie pendant les « années folles » dont il fût un des « faunes », ami de Cocteau, noceur, travailleur, joyeux, désespéré, riche, pauvre, animateur de radio célèbre aux États-Unis sur la NBC, trafiquant aimant sans complexes les biens de ce monde, antifasciste sur la « liste noire » des nazis.

    Il est de ceux qui soutiennent l'entrée en guerre des américains, puis « juif collabo », sachant ce qu'il fait en toute connaissance de cause, proposant ses services aux SS et à la Gestapo, menant une vie fastueuse en Allemagne, dont ses nouveaux maîtres finissent par se lasser car il multiplie les faux rapports et surtout les imprudences se comportant insolemment avec les nazis.

    Il est emprisonné dans un camp très dur, mis à l'isolement dans une cellule sombre et crasseuse, où il continuera à écrire, ce fut sa plus grande période de créativité, puis assassiné pour n'avoir pas dénoncé un père jésuite résistant, son corps ayant ensuite été peut-être livré aux chiens, ce dernier épisode étant plus ou moins sujet à caution.

    Il est né dans une famille totalement areligieuse et anticléricale pour finalement sur le tard avoir une certaine appétence pour la spiritualité comme tous les esprits ne se contentant pas de suivre les instincts grégaires des braves gens du « vulgum pecus » qui n'aiment pas « que l'on suive une autre route qu'eux ».

    littérature, histoire, société, âme, nostalgie, politiqueSon roman le plus connu, pour son parfum de soufre, est « le Sabbat », mais il écrivit aussi deux chroniques des « années folles », faisant passer la première « Au temps du bœuf sur le toit » pour autobiographique alors qu'il s'avère ainsi que le note un exégète de son œuvre dans la préface de « chronique joyeuse et scandaleuse » que c'est faux (Thomas Clerc dans l'édition « Libretto » de septembre2012).

    Non seulement, donc, comme individu, il échappe à toute tentative de définition restrictive mais aussi aux biographes et à ceux qui tenteraient une interprétation étriquée de son existence et de son œuvre.

    A notre époque d'hédonisme de masse, qui n'a rien à voir avec le véritable hédonisme qui est aussi une forme d'élévation, et de recherche intellectuelle, voire une ascèse, l'épicurisme au sens strict en étant une, Maurice Sachs, par ses tribulations amoureuses homosexuelles choque moins.

    En surface, car si l'homosexualité semble maintenant une orientation tolérée par le plus grand nombre, les personnes sont finalement toujours aussi grégaires, en particulier la bourgeoisie intellectuelle d'où était issue Maurice Sachs.

    Celle-ci a simplement troqué son hypocrisie foncière concernant la moralité par une liberté de façade. Et elle déteste toujours autant ces individus « hors-normes » priés de vivre dans leur communauté propre et seulement leur communauté, ce qui la maintient dans un confort intellectuel béat.

    Maurice Sachs ne se réduit pas à une seule de ses incarnations successives, il les était toutes, y compris les plus sombres, une autre différence entre lui et les autres personnes étant qu'il connaissait très bien l'existence de cette part d'ombre en lui tout en étant un « porteur de lumière », encore un paradoxe, et qu'il l'acceptait, se voyant tel qu'il était ce à quoi la plupart des gens se refuse, préférant se rêver, de plus en plus virtuellement en personnages de légende.

  • Devoir de mémoire - les harkis

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    J'ai reçu ceci ci-dessous...

    image prise ici
    Après avoir vu tous les drapeaux algériens à la Bastille j'ai pensé que ce devoir de mémoire était important.
    "DEVOIR DE MEMOIRE -  Hocine le combat d'une vie, voir vidéo ci-dessous, par croaclub

    1975-harkis-15A.jpg En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française.

    Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler. 35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte.

    Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011.

    Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

    Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l'émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l'ardoise Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

    Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) "

     


    HOCINE Le Combat d'une vie par CROACLUB

  • Et les commémorations du 19 Mars 1962 ?

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    100349_image-1323363581046.jpgimage prise ici

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    Cinquante après la fin de la guerre d'Algérie, les blessures qu'elle a ouvertes ne se sont toujours pas refermées tout à fait. Ceux qui osent en parler sont aussitôt soupçonnés, jugés et condamnées aussi sec, et catalogués comme nostalgiques du colonialisme et des « ordres noirs », emballé c'est pesé...

     La question des « harkis » n'est toujours pas totalement résolue (par ici des faits sur les harkis), tout comme celle des « rapatriés », sur lesquelles les beaux esprits préfèrent jeter un voile pudique et ne pas s'aventurer trop loin, ce qui risquerait de remettre en cause quelques éléments de la mythologie politique française, qui ont la vie dure, comme on l'a vu hier, certains parlant de « reprendre la Bastille » d'autres célébrant la mémoire de Robespierre ou Saint-Just deux tortionnaires de masse.

     La plupart ne veulent plus parler de leurs blessures sincèrement par volonté d'apaisement, tandis que d'autres se bouchent les oreilles surtout par lâcheté, sachant très bien le sort horrible qui a été réservé aux harkis et aux européens d'Algérie qui n'avaient pu se résoudre à prendre le bateau pour une métropole où ils n'étaient pas les bienvenus, suscitant de la part des français du continent au mieux une indifférence polie.

     Entre la « valise ou le cercueil », beaucoup n'eurent pas même le choix, ce fut le cercueil...

     On ne peut évoquer les faits sans subir un retour de bâton des tenants d'une histoire sublimée qui oublie la plupart du temps les massacres qui ont suivis...

     Certains pensent que ces massacres sont en quelque sorte le juste pendant, une simple compensation des atrocités commises par le Général Bugeaud lors de la conquête de l'Algérie en 1830, conquête qui part au départ du but avoué de faire cesser les « razzias » barbaresques, les enlèvements d'européens pratiqués jusque là.

     Car en face de Bugeaud, il n'y avait pas des tendres non plus.

     Et la violence de l'un ne cautionne pas la violence de l'autre, le massacre des harkis ne compensant pas celui de Charonne...

     Les blessures morales sont toujours suppurantes chez les personnes qui ont « fait » la Guerre d'Algérie, chez les jeunes appelés du contingent qui ont vécu les « évènements », comme on disait à l'époque, pendant vingt-huit mois, « évènements » qui ne les concernaient pas, et à qui on a confié des tâches pour lesquelles ils n'étaient ni compétents, ni préparés, du « sale boulot » qui les a marqué à vie, les poussant à un masochisme mémoriel et une culpabilité collective que chez eux on peut comprendre et trouver légitime.

     De plus, après le 19 mars 1962 ces appelés ont dû rester les armes aux pieds, et avaient l'interdiction d'intervenir lors des règlements de compte qui ont suivi, des règlements de compte qui s'apparentent à une épuration ethnique tout comme en ex-Yougoslavie, tout comme après Dien Bien Phu en 1954.

    Ils ont même du parfois tirer sur d'autres français ainsi lors de la fusillade de la rue d'Isly.

    En 2012, ces appelés seraient passibles de la Cour Pénale Internationale pour non intervention à personnes en danger. Il est compréhensible que cela ait provoqué chez quelques uns d'entre eux un peu plus tôt le ralliement au « putsch » des généraux, comme Hélie de Saint-Marc, résistant de la première heure, déporté à Büchenwald, qui s'étaient sentis trahis par De Gaulle , dont ils étaient compagnons de résistance pour la plupart, qui a promis le maintien de « l'Algérie Française » pour arriver au pouvoir, (cf : « Je vous ai compris ! », qu'il fallait comprendre « je vous hais ! Compris ? » ainsi que le prétend Desproges dans une des « chroniques de la haine ordinaire »), alors que pour lui ce maintien coûtait trop cher de toutes façons, et il craignait que cela ne provoque une immigration massive en France, et ne pose de sérieux problèmes au principe de laïcité.

     Il craignait que son village ne devienne « Colombey les deux mosquées » ainsi que l'évoquait Éric Zemmour dans sa chronique du 19 mars justement...

     Sur la question de la torture, personne n'évoque jamais le fait que celle-ci était pratiquée par ces appelés justement, qu'un professionnel saura retenir son bras et ne pas aller trop loin, voire ne pas torturer du tout, tandis que quelqu'un qui ne l'est pas ira forcément trop loin, la violence appelant la violence, parfois un sentiment de vengeance étant mêlé à tout cela, après les attentats meurtriers du FLN qui tuaient des civils, hommes, femmes et enfants dans les cinémas par exemple, attentats que « la gauche qui pense », dont les disciples de Saint Jean-Paul Sartre trouvait et trouve encore légitimes.

    ci-dessous, la guerre d'Algérie vue par le cinéma français


    La guerre d'Algérie vue par le cinéma par LeNouvelObservateur

    Ci-dessous Hélie de Saint-Marc parle de l'Algérie et de son expérience


    Hélie de Saint Marc raconte l'Algérie française par Nouvelles-de-France

  • Les politiques (mais pas que) comprennent-ils la montée de Marine Le Pen ?

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    Marine le Pen serait à 30% d'intentions de vote selon un sondage pour BFM et « Libération »...

     image prise ici

    Marine-Le-Pen1.jpgEn écoutant pourtant les politiques en parler, en lisant les articles la concernant, des analyses réputées savantes aux constatations triviales, voire aux injures adressées à Marine Le Pen, ou autres allusions parfois peu fines, on se dit que non seulement les politiques, mais aussi les journalistes, les commentateurs et la plupart des analystes se comprennent rien à à la montée du Front National « formule enrichie » avec la fille de son fondateur.

    Ils évoquent sans cesse le pétainisme, le nazisme, les maurrassiens (la doctrine maurrassienne est pourtant très éloignée du populisme de Marine le Pen), un vote protestataire lorsqu'il est question du FN. Croyant lui opposer des arguments énergiques, les commentateurs assimilent sans cesse le FN au NZDAP en 1933, et pourtant, cela ne fait que le renforcer et ne change rien.

    C'est surtout du au mépris des commentateurs envers les « simples » électeurs, mépris et dédain qu'ils ont bien du mal à cacher. Ils nous expliquent doctement qu'il faut bien éduquer le peuple et le guider vers les cimes ensoleillées du progrès,

    Le Front National a une histoire chaotique, conglomérat de groupuscules divers d'extrême droite, des « soldats perdus » de « l'Algérie Française », des nostalgiques de Vichy, des gaullistes déçus, d'anciens militants de gauche.

    La plupart du temps ennemis et prônant des opinions contradictoires sur divers sujets, ces groupuscules se fédèrent autour de la personne fondamentale pour eux du chef, d'où la difficulté pour certains historiques du parti d'adhérer à la nouvelle direction prônée par Marine le Pen qui, contrairement à son père qui se contentait d'être « l'épouvantail utile » de la Vème République, veut arriver jusque sous les ors du pouvoir.

    Il est fondé en 1972 et fait suite au mouvement « Ordre Nouveau », permettant de présenter des candidats aux législatives de 1973.

    Il commence à engranger des voix en 1984, suite aux élections européennes, car c'est principalement le fait que l'Europe se construit sans demander son avis au peuple français qui fait progresser le Pen. Et c'est une trentaine de députés qui entrent à l'Assemblée Nationale en 1986 suite à l'utilisation de la proportionnelle par François Mitterrand, stratégie dangereuse qu'il utilisa pour rabaisser le succès électoral prévisible de la droite.

    Le Front National ne serait pas un parti républicain comme nous le dit « Indignator » (TM°) un peu partout dans les médias...

    On peut se demander ce qu'est un parti républicain, qui décide ce que c'est, et si le Front National souhaite vraiment l'anéantissement de la Vème République.

    Cela part en fait du dogme politique suivant, en France du moins, qui veut que le Bien se situe principalement à gauche et dans les idées de gauche. Ce n'est pas seulement à gauche qu'on le pense, mais aussi du côté de la droite dite parlementaire où l'on envie plus les capacités à l'utopie et l'abstraction sociale, les intellectuels « de gauche ».

    Du côté de la droite parlementaire l'on raille les « bobos », les « z-intellos » et tous ces prétentieux, mais au fond on les jalouse, bien à tort.

    A gauche, lorsque l'on parle du Front National sans les traiter de nazis, fââchiistes et autres noms d'oiseaux, on est immédiatement suspecté de rouler pour Marine le Pen, sans comprendre que les électeurs de celle-ci s'en fichent complètement de ce genre d'injures, qu'elles les poussent au contraire à se radicaliser.

    Et ce n'est pas en les injuriant qu'on les poussera à s'ouvrir à d'autres cultures, comme ce n'est pas en faisant preuve d'angélisme systématique face aux incivilités commises par des « français de première ou deuxième génération », ou d'aveuglement, qu'on les encouragera à une éducation citoyenne quelle qu'elle soit.

    En France un intellectuel se doit de se situer à gauche, c'est inscrit dans le marbre depuis l'Affaire Dreyfus, un intellectuel s'inscrivant à droite serait vite soupçonné des pires intentions, et perçu comme un nostalgique des ordres noirs :

    Fi donc de Raymond Aron, de Barrès, dont la lecture en 2012 est encore adapté aux préoccupations de l'époque, sans oublier des historiens comme Jacques Bainville ou Pierre Gaxotte (relayés à notre époque par François Bluche, historien du « Grand Siècle », Jean Meyer ou Reynald Secher dont il faut lire le livre sur le « mémoricide » et les indignations historiques sélectives à commencer par l'épuration politique effectuée en Vendée en 1793).

    De nos jours, on aurait pu citer Éric Zemmour, mais il est marqué, du moins le croit-il, du sceau de l'infamie d'une suspicion de racisme donc de fââchiisme.

    Les commentateurs peuvent continuer à nous rejouer le refrain du risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire. C'est plus commode, cela évite la remise en cause, l'incurie face aux réponses à apporter à toutes les problématiques que la montée de Marine le Pen met en lumière.

  • Masochisme historique à géométrie variable

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     Beaucoup soulignent en ce moment non sans raison l’absurdité de lois mémorielles édictées d’ailleurs surtout du fait de visées électoralistes. Depuis deux siècles, en France, on est persuadé que l’on change les comportements des personnes en le décidant d’un trait de plume, que la conscience progresse parce qu’on le décide.

    image prise ici sur cet excellent site sur Tomi Ungerer, entre autres

    D00468.jpgAlors que l’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, comme disait ma grand-mère, et que l’on ne peut forcer un imbécile à abandonner ses haines d’un coup.

    Généralement, il y tient à ses haines, elle justifie ses manques et sa médiocrité, et lui permettent de ne pas se poser de questions. Il en appelle à la liberté d’expression, à la censure, au retour des z-heures les plus sombres de notre histoire si on l’empêche d’exprimer sa détestation de tel ou tel peuple, tel ou tel groupe social ou religieux ou d’opposer « son » génocide à celui commis sur un autre peuple, une autre ethnie, dans ce cas il dénie l’appellation  d’un génocide, un génocide c’est quand ça le touche lui…

    Le judéophobe compulsif veut pouvoir continuer à dire du mal du lobby juif, en prétextant son attachement à la cause anti-sioniste, le petit blanc veut continuer à casser de l’arabe ou de l’africain, sans dommages, ou du « pd », ou encore les trois à la fois, le fanatique, l’idéologue veut pouvoir continuer à affirmer qu’en dehors de « sa » chapelle point de salut et qu’il a le droit de dire qu’il veut « écraser l’infâme » qu’est toujours celui qui ne pense pas comme lui.

    Et "son" massacre, il convient d'en parler, mais alors, tout le temps et à toutes les sauces.

    Le turc veut pouvoir conchier l’arménien et occulter les massacres commis par ses ancêtres. Le serbe n’a pas massacré de croates, et le croate n’a pas massacré de serbes. Le hutu n’a pas tué de tutsi, de toutes façons c’est la faute à la France, le collabo n’a dénoncé personne, de toutes façons c’est Pétain qui l’a forcé, et puis en 44 il s’est avéré que tous les français étaient résistants, alors…

    C’est tellement bien d’avoir un ennemi héréditaire qui concentre les détestations cuites et recuites, et qui permet d’excuser ses propres saloperies. C’est tellement couru d’avoir un bouc émissaire qui explique tout et évite surtout de se poser des questions sur soi-même.

    Il est de toutes manières des massacres plus recevables que d’autres aux yeux des bonnes consciences.

    Par exemple, les chrétiens d’Orient ne subissent aucune persécution, on préfère parler d’affrontements « intercommunautaires », tout comme au Darfour, il n’y a pas eu de massacres de chrétiens et d’animistes parce qu’ils sont chrétiens et animistes, on assure que c’était là aussi des conflits inter-ethniques.

    Enfin, dans le grand masochisme mémoriel qui secoue les beaux esprits, on aimerait alors qu’ils abordent le cas de la «Vendée Vengé » selon l’appellation sinistre qu’en donnèrent les conventionnels après avoir commis un « populicide », le terme étant de Gracchus Babeuf, un « ancêtre » du communisme faut-il le rappeler et non un nostalgique de l’Ancien Régime. On note que lorsqu’un historien comme Reynald Secher veut aborder cette question frontalement  et objectivement, par les faits et les chiffres (dont des fours crématoires à Angers…), on le ridiculise, on l’ostracise, on nie tout en bloc, car le masochisme historique est comme l’indignation sous nos cieux éclairés, il est sélectif…

    Et à leurs yeux que sont des paysans, des femmes et des enfants contre la marche du progrès ?

  • Mille sabords ! Hergé est sur "Aventure Littéraire" !

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    tintinpère.jpg«Les plus grandes aventures sont intérieures.»
    [ Hergé ]

    A ce lien, sur "Aventure Littéraire" de Murielle Lucie-Clément, un article signé par ma pomme sur Hergé et Tintin. Au moins le film de Spielberg donne-t-il envie de se replonger dans les albums et dans les livres consacrés à Georges Remi alias Hergé.

    Ci-dessous une discussion entre les géant des la BD franco-belge


    Discussion entre Hergé, Goscinny,Uderzo et... par quiestce88

  • L'histoire de la guerre d'Algérie est-elle à refaire ?

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     La guerre d'Algérie, les « évènements » comme on disait à l'époque, la « guerre d'indépendance algérienne », est encore une blessure profonde de l'histoire française. Près de cinquante après les Accords d'Évian, son histoire n'est pas réellement faite. Ou si, on évoque surtout le point de vue algérien, ou plutôt le point de vue du FLN, en occultant les évènements qui posent encore question.

    image prise ici

    400px-Algerian_war_collage_wikipedia.jpgDans le meilleur des cas, on les évacue du revers de la main en faisant de ceux qui rêvaient d'une Algérie qui serait resté française, dans des départements français à part entière d'Outre-méditerranée, composés de citoyens comme les autres de culture musulmane ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs citoyens que les autres.

    Se poser des questions sur ces évènements, ce n'est pas nier l'horreur absolue qui a suivi la manifestation à Charonne, commémorée en ce moment, ce n'est pas être forcément révisionniste ou fascisant comme il est d'usage de le souligner dés que ces problèmes sont abordés.

    On oublie aussi que cette guerre a surtout permis à un vieux général de retour issu d'une famille bourgeoise et d'Action Française de Lille de prendre le pouvoir en France en promettant sur la question algérienne beaucoup de choses qu'il n'a pas tenu.

    C'est simplement demander qu'il y ait un point de vue global sur la question, où l'on aborde tout les sujets et non seulement ceux qui arrangent.

    Par exemple, il est quasiment impossible d'évoquer la fusillade de la rue d'Isly qui eut lieu le 26 mars 1962. Et pourtant c'est un massacre inqualifiable.

    Dans le quartier de Bab El Oued, suite au meurtre de six appelés du contingent par des militants OAS, des civils sympathisants de « l'Algérie Française » ont spontanément manifesté devant la grande poste et ont été mitraillé par l'armée. Parmi eux, il n'y avait pas de nostalgiques de quelconques « ordres noirs », ou donc sympathisant OAS, ni des colons « richissimes et exploiteurs » (les plus riches étaient parti depuis longtemps, au premier signe de grabuge) comme les « pieds noirs » sont souvent montrés, mais des petites gens qui vivaient en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans ou juifs.

    Il a été très peu question dans les médias et les textes des « belles consciences » de la journée nationale d'hommage aux « harkis » et aux supplétifs de l'armée française. La question des harkis est une question qui visiblement est taboue. Certains vont dans le meilleur des cas à regretter du bout des lèvres le massacre qu'ils ont subi après les accords d'Évian, tout en soulignant que les « harkis » avaient choisi leur camp, la France, et que donc, ils méritaient plus ou moins ce qui leur est arrivé.

    A ce lien, on trouvera un développement sur les massacres qu'ils ont subi et le sort qui a attendu ceux qui ont cru trouver refuge en France. 150000, au minimum, on parle plutôt de 230000, ont été massacrés en Algérie après le cessez-le-feu de mars 1962, d'ailleurs le plus souvent par des militants FLN de « la vingt-cinquième heure », des « marsistes », qui ont éventré, brûlé, torturé, éviscéré, énucléé, et j'en passe, tous les anciens supplétifs de l'armée française, ceux qui avaient manifesté leur sympathie pour la France.

    Les tombes ont été profanées, à commencer par le cimetière chrétien d'Alger, et plusieurs victimes de ces boucheries étaient exposés sur les quais pour que les français qui s'en allaient, militaires ou « pieds noirs » voient le sort de ceux qui avaient cru en eux.

    Les 13500 « harkis » qui ont pu trouver refuge en France étaient parqués dans des camps de la Croix Rouge sans eau courante ni électricité, ou bien sûr de « tout à l'égout ». Il leur était interdit de sortir de l'enceinte des camps, ou de se réunir, ou de montrer leur opposition à la politique française. La plupart de ces campements de fortune ont duré dans le même état insalubre jusqu'en 1996.

    On évoque encore plus rarement les vexations diverses, et massacres, dont sont victimes les kabyles depuis la décolonisation et « l'arabisation » de l'Algérie depuis les années 80.

    Pour la population algérienne dans sa grande majorité et pour les dirigeants d'Algérie, les kabyles ne sont pas chez eux en Algérie, comme l'a dit le président de la Cour d'Appel d'Oran il y a peu (voir à ce lien). Pendant le « printemps noir » en avril 2001, début de soulèvement ayant eu lieu à cause du meurtre d'un jeune kabyle, des milliers de révoltés du même âge sont blessés, mutilés, emprisonnés, 123 sont abattus par la police algérienne.

    Je n'ai pourtant pas souvenir de manifestations en faveur des kabyles, de grand appel ou quelque indignation que ce soit en leur faveur.

    En plus de la minorité kabyle, la minorité chrétienne d'Algérie subit de nombreuses vexations, témoignages divers à ce lien, qui deviennent préoccupants. Par ici, des musulmans affirment leur solidarité avec ces chrétiens. Depuis quelques années, la discrimination à leur égard s'intensifie : procès divers, pour blasphèmes, persécutions violentes ou larvées etc...

    Ils sont considérés comme étant à la solde de l'Occident, dissimulateurs, profiteurs, apostats et mauvais algériens.

    En Occident, peu s'en émeuve là encore parmi les beaux esprits.

    Ci-dessous après la fusillade rue d'Isly, image prise ici

    Rue-d-Isly-1.jpgUn film qui devait être diffusé sur « Arte » et « Public-Sénat », « la Valise ou le Cercueil », a été purement et simplement censuré car ne présentant soit-disant pas un point de vue historiquement valable. Ce documentaire qui parle de toute l'histoire de la décolonisation et de la colonisation serait par trop subjectif, ce que ne sont pas bien sûr les autres films présentés sur ces deux chaînes. Comprendre par subjectif qu'il parle aussi de tout ce qui est généralement camouflé, caché, occulté.

    On se rend donc bien compte que l'histoire de la guerre d'Algérie est à revoir sérieusement, en dehors de toute autre considération, idéologique ou partisane. Il faut d'ailleurs relativiser une chose, c'est surtout les français qui avaient quelque formation politique qui se sont passionnés pour la guerre d'Algérie, la majorité étant, et étant restée, indifférente au fond.

    ci-dessous des témoins de la fusillade de la rue d'Isly évoquent cet évènement


    fusillade 26 mars 1962 rue dIsly à Alger... par isly26mars

  • Être français a-t-il encore une signification en 2011 ?

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    Aussi sur Agoravox

     Je lis « Charlie Hebdo » chaque semaine, je sais pour un réactionnaire « anar de droite » comme moi, catholique de surcroît, ça peut paraître contradictoire, mais j'aime bien savoir ce que pense ceux qui sont à l'inverse de mes opinions.

    Bien souvent, on constate d'ailleurs qu'à gauche si on clame souvent son désir de liberté d'expression totale et pour tous, c'est une autre chanson quand les dogmes sont contredits et les vases sacrés souillés, quand on ose aller contre Saint Stéphane Hessel, le prophète de la gauche radicale, ou le Bienheureux Alain Badiou qui l'a dit chez Dominique Souchier sur Europe 1 dimanche, la démocratie c'est la rue, l'émeute, pas les élections.

    image prise ici

    bca87acb.jpgIl ne le dit pas, mais pour lui, les élections c'est la « démocratie bourgeoise ».

    On se rappellera pour mémoire que monsieur Badiou a soutenu le communisme selon Mao, qui quant à lui ne permettait ni l'expression de la rue, ni l'expression des urnes, et dont le régime a causé la mort de dizaines de millions de personnes lors du « Grand bond en avant » ou de « la Révolution Culturelle », sans parler des morts au Cambodge et au Laos.

    Il est toujours remarquable de constater que lorsque l'on évoque ces morts devant une belle conscience, celle-ci les évacue assez vite, la création d'un « homme nouveau » valant bien quelques centaines de milliers de morts. Comme pour tous les fanatiques, ils assurent que leurs idéaux sont justes, donc qu'ils justifient quelques « dérives ».

    Dans le "Charlie" en date du 12 octobre donc, on peut y lire une interview avec Jean-Luc Mélenchon, représenté par Cabu à différents moments de l'histoire de France, comme forcément du côté des révolutionnaires, un des dessins me semblant exagéré, Mélenchon n'aurait pas été l'égal de Montaigne, il aurait certainement été du parti protestant au moment des Guerres de Religion, opposé au parti catholique et au Roi de France.

    Concernant la nationalité française, cela surprend de la part d'un défenseur de la nation au moment du « Non » au traité constitutionnel européen, et héraut de la République, mais selon lui, être français c'est avoir une carte d'identité en poche. Les libéraux, on le constate sur ce forum, en ont la même perception, voyant un intérêt économique à la bi voire la multi-nationalité, qui favorise les échanges.

    image prise sur le site de l'Académie Française

    renan.jpgRenan trouverait ça un peu réducteur, lui qui a défini ce qu'est être française dans la conférence restée célèbre de 1882, il le dit ainsi :

    « Le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

    Selon lui également, « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »

    Dans son texte, il le précise aussi, la nation c'est une langue, un territoire, l'adhésion à des valeurs communes. Selon Renan, l'identité française ce n'est pas seulement la reconnaissance administrative, ou formelle, de la nationalité. Beaucoup de beaux esprits s'arrêtent d'ailleurs à la reconnaissance d'une « liberté formelle » et ne font rien de concret pour aider à développer la « liberté réelle », qui permet à celui qui bénéficie d'une liberté formelle de l'exercer vraiment.

    De toutes façons, pour tous ceux pour qui l'identité française c'est une carte d'identité, de la paperasse, la Liberté c'est le droit de faire ce que l'on veut, quand on veut, que cela embête les autres ou pas, de vivre selon des coutumes absurdes voire barbares, et en contradiction flagrante avec les valeurs de la France que l'on est censé reconnaître si l'on se dit français, l'Égalité est perçue surtout comme « je veux avoir autant que les autres sinon plus » sans se soucier une seconde du bien commun, quant à la Fraternité, elle est reléguée au fond des oubliettes des vestiges du passé.

    Les problèmes actuels de la France viennent pour la plupart de cette perte des repères de l'identité nationale.

    Les français actuels, du moins ceux qui ont la carte d'identité en poche pour reprendre la définition de monsieur Mélenchon, ne se reconnaissent plus dans une langue, encore moins dans un territoire (ils ne reconnaissent que les territoire où l'on vit d'après leurs coutumes et habitudes, n'y admettent plus le rappel des règles communes), et ne veulent plus adhérer à des valeurs communes considérées comme oppressives.

    L'identité de la France est agonisante, en train de crever dans le caniveau des idéologies. Parler d'identité française est d'ailleurs devenu un tabou assimilé aux pires idéologies arbitraires du XXème siècle. Il convient d'en parler en ne cessant jamais de s'auto-flageller, l'histoire de France étant surtout montrée comme une longue suite de massacres et d'oppression, je rappellerai encore ici la citation de Marc Bloch sur l'histoire de France :

    « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France , ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »

    L'étrange défaite (1940), Marc Bloch, éd. Gallimard, coll. Folio Histoire, 1990, p. 198

    Ci-dessous, "la Grande Illusion" montre ce que c'était la France, il y a peu encore

     


    1937 LA GRANDE ILLUSION TRAILER RENOIR GABIN... par kirivalse

  • La vie dans le rétro d'un taxi jaune égyptien

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    Sur Agoravox

     à propos de « Taxi » de Khaled Al Khamissi chez Actes Sud

    image prise ici

    taxi-khaled-al-khamissi-egypte-L-XixctJ-175x130.jpegKhaled Al Khamissi rapporte dans ce livre cinquante-huit conversations, retranscrites en dialecte égyptien, qu'il a eu avec des chauffeurs de taxis du Caire entre avril 2005 et mars 2006, alors que Moubarak feignait de solliciter son peuple sous le joug pour un cinquième mandat. Il est question, comme dans les livres d'Alaa El Aswany, auteur de « l'immeuble Yacoubian » 1, de tous les maux qui assaillent la société d'avant le « printemps arabe », confisqué pour l'instant en Égypte par l'armée :

    La corruption à tous les niveaux, l'inertie des autorités, la débrouille obligatoire pour survivre, se procurer les denrées nécessaires ou simplement de l'eau, les problèmes endémiques des grandes villes égyptiennes, la question des religieux fondamentalistes, les problèmes de couple aussi, le rôle des femmes, beaucoup plus complexe que dans l'imaginaire occidental, les brimades subies à cause des militaires, des notables la décadence des intellectuels etc..

    « l'immeuble Yacoubian » de Alaa El Aswany explique parfaitement le passage d'une période très douce et heureuse au règne de la haine mieux que bien des pensums d'une grande sagesse ou réputés tels.

    Quiconque a fait l'expérience du Proche-Orient connaît bien les sympathiques taxis « Servis », dont parle l'auteur dans ce livre, de couleur orange, généralement des limousines Mercédès hors d'âge, ou blanche ou jaune en Palestine et dans le Sinaï (bicolores au Caire, noir et jaune, ou noir et blanc), le plus souvent des « japonaises » brinquebalantes, dans lesquels on s'entasse à quatre ou six, ces taxis le plus souvent collectifs « bon marché », du moins pour ceux qui connaissent les prix., les touristes à sac banane et « bob » se faisant généralement avoir, mais c'est de bonne guerre, et de toutes façons, même s'ils paient deux ou trois fois le prix normal, cela reste deux à trois fois moins cher qu'un taxi parisien ou provincial.

    Quand j'habitais Jérusalem j'ai toujours largement trouvé plus sympathique de prendre un « servis », dire « sheirout » (ou « chiotte » en hébreu côté israélien), qu'un car conditionné des lignes « Egged », plus confortable et plus régulier dans les horaires mais sans ce supplément d'âme.

    Une ressemblance avec les chauffeurs parisiens, on enrichit largement son vocabulaire d'expressions grossières ou argotiques ou son répertoire d'injures. Après avoir pris le taxi au Caire ou à Alexandrie, on sait dire « Nique ta mère » ou « Va te faire enculer » en arabe ou en dialecte égyptien sans trop de problèmes.

    On les prend rarement tout seul quand le taxi dessert une autre ville, et on attend généralement que le taxi soit rempli pour démarrer, ce qui permet au chauffeur et à ses clients de boire frais à la terrasse d'un café, de toutes façons il fait souvent trop chaud pour prendre la route, il vaut mieux ne pas être trop pressé. Les chauffeurs attendent le chaland aux portes des villes ou sur les places, c'est à qui parle le plus fort pour rameuter le plus de clients, c'est vivant, chaleureux et parfois pénible aussi car il faut toujours négocier le prix et ne pas demander trop de calme pendant un trajet entre une grand-mère et ses nombreux paquets, un jeune « shebab » qui raconte sa dernière virée à Ramallah, et les vieux qui commentent la politique sous leurs keffieh..

    taxi%20a%20alex.JPGC'est un changement de rythme qui est à faire par l'occidental pressé et stressé, ce qui lui permet aussi de mieux comprendre la société de ces régions, plus organique, plus humaine que les nôtres bien que certains les méprisent les considérant comme arriérées et désordonnées. Prendre le « servis » c'est déjà se rapprocher beaucoup plus des habitants de l'Égypte, de Palestine, de Jordanie ou du Liban.

    Une fois parti, il faut savoir que le code de la route est assez simple, il y a les voitures qui vont dans le même sens que le taxi, et celles qui vont en sens inverse, qui deviennent l'ennemi, avec un grand « E ». La bande-son des taxis proche-orientaux se compose dans le meilleur des cas des belles chansons d'Oum Khalsoum ou Fairouz, le son au maximum, des morceaux plus modernes d'Amr Diab, et dans les autres cas, la plupart du temps, de chansons sentimentales d'une célébrité locale, chanteur de charme d'Alexandrie ou du Caire.

    1À lire aussi du même auteur : « Chicago » qui racontent la vie d'émigrés égyptiens aux États-Unis après le 11 septembre.

    Ci-dessous, un peu d'Amr Diab et de Fairouz

  • Emportés par Paris

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    J'ai commencé à lire l'excellent "la Bastoche" de Claude Dubois, ou "histoire du Paris populaire et criminel" (chez Tempus), ci-dessous une phrase que je trouve très juste tirée du livre :

    "On ne voit plus, on ne vit plus, on se regarde exister, on s'admire, s'adore à réfléchir sur son vécu de pacotille., jusqu'à en somatiser, tomber malade pour de bon !...

    A sa manièrette, chacun est devenu moraliste, tantinet psychanalyste,tout part de là !

    On ne se laisse plus emporter par Paris, on juge d'abord.

    Bref on s'emmerde..."

    Ci-dessous, des photos de votre serviteur, qui montre le Paris que j'aime...(une partie du moins)

    (voir aussi les albums sur le côté droit)

    Paris, littérature, histoire, politique, sociétéParis, littérature, histoire, politique, sociétéParis, littérature, histoire, politique, sociétéParis, littérature, histoire, politique, société

  • Marine et le retour des z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire

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    1ba4c9a.jpg

    Polémique en vue sur Agoravox ?

    Les réactions autour de la saillie de Marine le Pen (attention je ne compare pas Marine à une jument et je n'ai pas dit qu'elle se fait saillir) il y a quelques jours montrent une belle hypocrisie, à commencer par celle des responsables de la majorité, et y compris chez des éditorialistes que l'on imaginerait moins planplan comme Élisabeth Lévy sur Causeur, qui n'est pas hypocrite quant à elle mais je ne vois pas trop le point Godwin dans les propos de Marine le Pen, qui ne parlait pas de l'Occupation nazie mais d'occupation « étrangère ».
    Bien sûr on nous refait le coup du retour de la revanche des z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire ou HLPSDNH (TM°).
    On trouve aussi beaucoup d'aveuglement, d'angélisme ou de cynisme politique.
    On voit seulement une chose clairement, l'héritière du FN a parfaitement réussi son coup de pub pour elle, son parti, ses idées.
    Comme son Papa avant elle, elle sert d'épouvantail utile à tous ceux qui ne veulent surtout pas aborder de front des questions graves quant à la société française, dont la principale est la place de l'Islam, et son intégration dans la société française. On peut regretter l'école d'hier ou d'avant hier qui facilitait celle-ci, mais cinquante ans de dénigrement systématique de la France, de ses institutions, parfois par ceux-là même qui sont censés les défendre, de ses valeurs et de son histoire passée, plusieurs mythes gouvernant encore l'idée qui se fait en France de celle-ci hésitant entre deux écueils aussi peu pertinents l'un que l'autre : les français sont soient des salauds absolus, des exploiteurs de leurs colonies, des racistes, des égoïstes, des antisémites avérés, voire comme certains les appellent, « les indigènes de la République », des « souchiens ». Ces indigènes en particulier, mais pas seulement, poussent à la haine de la France et à son rejet et cette haine gagne un peu plus de terrain chaque jour, car finalement il s'agit bien de haine.
    Il serait temps de s'en apercevoir et de regarder la réalité en face. On comprend aussi avec tristesse que les français haïssent leur pays et ses valeurs, son histoire, dans le meilleur des cas, car finalement la plupart s'en fichent et se laissent mener.
    mitterrand_petain.jpgOu sont soient des résistants, tous, des gaullistes -aujourd'hui tout le monde l'est-, un peuple parfait l'oreille collée perpétuellement à Radio Londres faisant semblant (je suppose) d'acclamer encore le Maréchal Pétain jusqu'en mai 1944 au moins, après le 6 juin tout le monde était devenu fanatique de De Gaulle comme deux ans après le 10 mai 1981, plus personne ne se rappelait avoir voté Mitterrand tout comme maintenant on ne trouve plus d'électeurs de Sarkozy qui ont tous disparu.
    Les fanatiques de diverses obédiences brâment tous au fascisme ou au racisme dés que l'on remet en question des pratiques qu'ils disent culturelles et de tradition alors qu'elles sont souvent relativement neuves et surtout barbares. Il faudrait parfois faire preuve de fermeté, ne pas hurler à l'atteinte à la laïcité dés que le Pape écrit quelque chose ou ouvre la bouche et laisser passer des entorses beaucoup plus importantes à celle-ci quant aux habitudes culinaires dans les cantines, certaines ne servant plus du tout de porc par exemple, ou certains établissements permettant une pause de rupture de jeûne.
    Cela ne veut pas dire pour autant le refus des racines effectivement chrétiennes de la France, ce qui amène des municipalités à ne plus afficher « Joyeux Noël » dans les décorations de Noèl mais « Bonnes fêtes » ou « Joyeuses fêtes », certaines poussant le vice jusqu'à ne pas mettre des étoiles dans les guirlandes lumineuses à cause de plaintes de quelques fanatiques pour qui c'était forcément un symbole sioniste ou juif, ou chrétien, donc choquant pour les autres communautés que l'on n'imagine donc pas capables de vivre avec des gens qui ont des croyances différentes.
    Cela en dit long, soit dit en passant sur le racisme latent de beaucoup de nos édiles qui posent aux bien-pensants.
    Et le fait que l'on hurle à l'antisémitisme et au retour de l'Ordre Noir dés qu'un taré peint une croix gammée quelque part ne facilite pas les choses. Ou que l'on ne veuille pas voir que la pire judéophobie actuellement provient des quartiers dits sensibles, de musulmans, ou non d'ailleurs, la confondant avec l'antisionisme, en poussant certains parmi eux au révisionnisme historique.
    Il faut dire aussi que les français sont très loin d'avoir digéré leur histoire, que ce soit la Révolution : avant il ne s'est rien passé, et il semble que c'est surtout la bourgeoisie qui en ait profité, ou la Libération présentée comme un événement absolument sans tâches (pas de femmes tondues, « et ce ne sont que quelques dérives » de toutes façons) et que l'on raconte de manière très binaire alors que c'était autrement plus complexe. On oublie aussi régulièrement qu'il y eut des résistants de droite, catholiques ou d'Action Française, et que toute la droite était loin d'être derrière Pétain à Vichy puisque l'on y trouvait surtout des radicaux, les ancêtres de monsieur Bayrou, qui hier traite Marine Le Pen de pétainiste, ce qui ne mange pas de pain, permet de se donner bonne conscience sans aborder les problèmes qui fâchent.

    Photos : En haut, entre les deux mon coeur ne balance même pas, en bas, un grand résistant

  • Ode à Vidocq

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    Je sais bien qu'il y a le vrai Vidocq, qui était certainement une fripouille (une fripouille « bigger than life » pour inspirer le Vautrin de Balzac ou le Dupin d'Edgar Poe, le genre de types qui se crée sa morale propre pour ne pas avoir à se soumettre aux vidocq1.jpgbêtises à la mode des esprits étriqués). La première version des mémoires de Vidocq avait été en fait confiée à des "teinturiers" ( il avait demandé à des écrivains, des nègres, de rédiger ses mémoires à partir de ses notes) mais n'étant pas content de leur travail, il décida de les corriger et les rééditer lui-même sous le titre des « Vraies mémoires de Vidocq » (difficilement trouvables aujourd'hui tant le succès des précédentes les ont éclipsées). Certaines archives tendent à corriger le récit de Vidocq en faisant apparaître certains de ses actes comme moins glorieux que dans ces mémoires (Le meilleur travail de "correction" des mémoires de Vidocq est à ce jour celui d'Eric Perrin dont on pourra conseiller la lecture). Il est toutefois très difficile de démêler le vrai et le faux de ces livres. La version la plus répandue actuellement est celle des « teinturiers ». Il est aussi l'auteur d'un dictionnaire d'argot, dictionnaire qui a de la valeur car lui il l'entravait pour de bon et ne faisait pas semblant.

    Et il y a le « faux » Vidocq, celui de la télévision, entre autres mediums ; on peut oublier le film de Pitof avec Depardieu. Bien sûr, comme je suis un littéraire narcissique, compulsif, immature et nostalgique, je préfère largement sa version imaginaire même si le personnage historique est déjà passionnant en lui-même. C'est le « remake » du feuilleton des années 60, avec Bruno Madinier pas honteux dans le rôle, qui m'a donné l'envie de me replonger là-dedans. C'est quand même fabuleux qu'il faille que ce soit TF1 qui finance et monte ça, mais après tout tant mieux. Vidocq y est toujours un héros complexe et blessé, la comtesse de Saint-Gély (faites excuses mesdames) surnommé ici « la plume » est toujours une salope intégrale perverse et criminelle, et très séduisante bien sûr, et les complices/policiers de Vidocq, des types hauts en couleur et sympathiques, des gueules avec beaucoup de personnalité. Même le côté « tête à claques » d'Arthur Jugnot fait merveille dans le rôle d'un des acolytes dans le remake. Ce que j'aime énormément dans le premier et le deuxième feuilleton y est d'ailleurs repris, à savoir l'amoralité, au regard de la morale commune, des situations et des personnages. Et il y a tout ce côté western à la française, mâtiné de fantastique, d'anachronismes légers (les brigands de 1810 ressemblent beaucoup aux « apaches » d'un siècle plus tard). Enfin, et pour faire monsieur culture, ces histoires montrent bien que quand on étudie les marges de la société, dans une oeuvre ou une autre, on la comprend mieux. Pour continuer à faire mon intéressant je signale que c'est la théorie de Jean-Patrick Manchette telle qu'il l'expose dans ses chroniques sur le polar.

    043sm.jpgLe premier feuilleton, avec Bernard Noèl, restait encore assez réaliste, et s'accrochait beaucoup plus aux mémoires du vrai Vidocq. Il suivait les aventures de l'ancien bagnard entre deux évasions. C'était un feuilleton, dont les scenarii et dialogues sont de Georges Neveux, diffusé en 1967, sur la liberté et sur les évadés perpétuels toujours en rupture de ban car incapables de s'adapter à un mode d'existence trop conventionnel. Il reprend l'intrigue du film de 1966. Pour avoir aidé un malheureux à s'évader de la prison où il était enfermé, Vidocq a écopé de cinq ans de bagne. Il devient alors le roi de l'évasion, sans cesse poursuivi par le zélé inspecteur Flambart, moins caricatural et faire-valoir comique dans la série avec Claude Brasseur, qui fait preuve de ruse et de finesse pour piéger son estimé fugitif. Vidocq ne devient policier qu'à la fin de la première série. Dans la deuxième série, encore écrite par Georges Neveux, en deux saisons (1971 et 1973), Vidocq est déjà policier et prêt à fonder la Sûreté. Dans la deuxième série, beaucoup plus rocambolesque, on suit les intrigues souterraines cachées, ou censées l'être, derrière les grands évènements historiques, de l'assassinat du Duc d'Enghien à la Restauration. On y trouve des comploteurs aristocratiques sans scrupules, à côté Vidocq est un doux agneaux, des confréries secrètes de mégalomanes relevant de la psychiatrie, et surtout il y a les machinations de la baronne de Saint-Gély. Elle est beaucoup plus intelligente que Vidocq, et beaucoup plus cynique aussi. Elle déteste tout autant que lui l'autorité illégitime et la moralke commune. Elle joue avec Vidocq un jeu de séducation dangereux et grisant pour lui.

    Et pour le spectateur.

    Un épisode de la deuxième série ci-dessous en bonus

  • Les communistes sont des croyants comme les autres

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    Sur un blog je lis ceci, de Gilles Perrault : "Dans le communisme, l'horreur est un accident de parcours. Dans le nazisme, l'horreur, c'est le parcours lui-même."

    goulag-russie.jpgLes communistes sont comme certains croyants qui font de leur foi une idéologie, ils excusent tout, et mettent de côté ce qui pourrait freiner leurs certitudes et gêner leurs convictions. Le communisme est une foi religieuse sans dieu.

    A la différence, en tant que catholique, je ne chercherai même pas à justifier la pédophilie qui fait des ravages ne serait-ce qu'en Irlande, je ne cautionne pas une seconde les prêtres qui bénissaient les navires négriers, et encore moins le comportement des évêques espagnols vis-à-vis de Franco, ce dont Bernanos parle dans « les Grands Cimetières sous la lune », ou l'anti-sémitisme virulent sévissant dans l'Église à une époque. Cela n'empêche pas la Foi une seconde car la Vérité rend libre.

    On ne mettra pas en balance le nombre de victimes des uns et des autres, ce serait indécent et à la limite de l'obscénité.

    Mais cette phrase l'est aussi obscène car finalement les morts dûs au totalitarisme soviétique ce sont des dérives, c'est pas grave, tant que la cause progresse, un peu ce que l'on dit des 175900 vendéens massacrés en 1793, ce n'était que des dérives. C'est faire bien peu de cas de la vie humaine, et de la vie des victimes en particulier.

    Or, la vie humaine est largement plus précieuse qu'une idéologie, fût-elle la plus généreuse des idéologies.

    Alors, certes, le communisme n'est pas une idéologie racialiste, contrairement au nazisme (dont la panoplie plaît encore beaucoup aux débiles qui s'en trouvent fascinés, à gauche comme à droite). Mais l'horreur des camps de travail est une conséquence logique de la réalisation concrète d'une utopie prétendant obtenir l'unanimité (le contradicteur est un dingue). Vouloir appliquer une utopie, c'est simplement de la folie furieuse, une folie sinistre qui conduit à la mort, une bêtise atroce. Folie de masse qui continue de manière différente à travers la société consumériste actuelle.

    La générosité ne peut être mise en bouteille de toutes manières.

    Post scriptum : Je précise bien entendu que mon opinion n'est pas d'un bloc, Gilles Perrault a beaucoup de courage et du talent, « le dossier 51 »est magnifique, et pour écrire « le pull over rouge » contre la sottise grégaire il fallait en avoir. Cette phrase est d'autant plus décevante.

    Ci-dessous une chansons dédiée à Gilles Perrault et aux "croyants" en toutes les utopies qui produisent toujours les mêmes résultats.


    mourir pour des idées
    envoyé par jaydooy. - Regardez d'autres vidéos de musique.

  • Pas d'hémiplégie pour moi - par le père Fouettard

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    Qu´on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique disait Raymond Aron. Qui était de droite rajoutait Pierre Desproges !

    LIBE-19et20-10-02-Droite-habille-gauche-3-copie-1.jpgA quoi correspondent la Droite et la Gauche ? Et le Centre ? Chers petits amis, aujourd'hui je vais me prendre pour l'Oncle Paul dont se souviennent certainement les lecteurs quadragénaires de « Spirou » quand ils étaient jeunes z-et innocents.

    Ces grands ensembles correspondent aux endroits où s'asseyaient à l'Assemblée puis à la Convention à partir de 1789 les représentants théoriques du peuple issus dans leur grande majorité de la bourgeoisie de l'époque, les « pas tellement révolutionnaires mais un peu quand même », à droite, les « les très révolutionnaires voire très très révolutionnaires », à gauche, et les indécis qui choisissaient et choisissent toujours celui qui tient le bon côté du manche, le centre, le marais. Donc raisonner selon la droite et la gauche, c'est raisonner objectivement selon la même grille de lecture, celle issue des idées de la révolution de 1789 et de la bourgeoisie, dont la base est l'anti-christianisme et l'idéalisation du progrès. Il s'agit donc pour cette classe sociale de maintenir son assise et de légitimer son pouvoir, on remarque que la loi le Chapelier qui interdit les syndicats et les associations de travailleurs n'a été abolie que très tardivement, elle a permis aux nouveaux dirigeants d'avoir les coudées franches pour paupériser et prolétariser les petits paysans, entre autres.

    Deux-cent après, les bourgeois sont toujours au pouvoir, ils ont perdu en route leur hypocrisie morale qui leur faisait tolérer au XIXème siècle les bordels et jeter à la rue les filles mères, maintenant la plupart des bourgeois assument parfaitement leur amoralisme complet jusqu'à la dépravation mais une dépravation sans grandeur ni panache, ni recherche esthétique. Il s'agit de se faire plaisir avec son argent et les privilèges que l'on en tire, rien que cela. Les idées bourgeoises ont fini par essaimer dans toute la société, de l'eugénisme accepté sans problèmes au darwinisme social, les faibles, les hors normes, les indociles sont systématiquement rejetés et le plus ironique est que la plupart de ces déclassés rêvent plus ou moins secrètement de se conduire aussi bassement que les privilégiés (d'où le succès des émissions de téléréalité).

    Et finalement la grande majorité vit sur les mêmes mythes...

    Il n'y a pas de complots, il n'y en avait même pas besoin, il n'y a pas de lobby assez puissant, il n'y a que cet aveuglement originel.

    Ce texte fait vraiment très anar de droite....

    J'en ai bien conscience...

  • Que choisir ? Lénine ou Louis XVI ?

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    lenine_coca_cola_kosolapov1980.jpgTous les 21 Janvier, je connaissais un vieux monsieur qui levait les couleurs pour commémorer la mort de Lénine. Il était retraité de la SNCF et chez lui le communisme restait un idéal acceptable. C'était un pur, pas un petit bourgeois qui se donne le genre dandy de gôche, ou épicier révolutionnaire, personne n'avait le coeur de le détromper. Il vivait avec ses chats, et ses souvenirs émus de vieilles locomotives à vapeur et de la fraternité heureuse des cheminots. En face de chez lui habitait un autre vieux monsieur qui lui aussi levait les couleurs, mais pour se rappeler l'éxécution de Louis XVI, ce jour où les français crurent tuer un tyran, avant de se jeter dans les bras d'un véritable autocrate, lui, Napoléon Bonparte, quelques années plus tard. Napoléon faisait tirer sur la foule, pour Louis XVI c'était impensable, en plus on ne tirait pas sur des femmes fussent-elles d'immondes tricoteuses. Aux Tuileries, celles-ci et des tricoteurs, donc un peu de toute la lie de l'époque, tout ce beau monde avide de richesses et seulement de cela se précipita pour chercher la vaisselle d'or qu'ils étaient sûrs de trouver à l'intérieur. louis-xvi-execution.jpgDans leur furie de ne pas pouvoir piller encore assez, ces héraults révolutionnaires « compensèrent » en massacrant les personnes qui travaillaient là, en les tuant horriblement. Belle mythologie en effet que celle-là ! De nos jours, on nous explique encore que ce n'est pas si grave, tout commes les morts de la « Vendé vengé ». Ce sont des dérives certes regrettables mais il faut bien en passer par là pour faire le bonheur du peûûple même malgré lui, n'est-ce pas ? Lénine, lui, par exemple, n'a pas eu de ces préventions. Quand il fallait massacrer, on y allait sans faire tant de chichis, ou pour créer une nouvelle police secrète, qui prit la suite directe de celle du tsar, on lui pardonna, au grand homme, car tout cela partait d'une bonne intention. Lénine a été embaumé dans un cercueil de verre, comme Blanche Neige, car même si les hommages c'est bourgeois et même si les êtres humains naissent libres et égaux en droits, il en est qui sont plus égaux que d'autres.

    J'aime bien aller à la Chapelle Expiatoire, havre de paix au milieu de Paris, on n'est pas loin de Saint Augustin et du Père de Foucauld, et tout près de chez Proust qui descendait parfois pour aller au café Weber tout proche, où l'on croisait également Debussy.

  • Closed zone - en pensant à Gaza

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    La terre a encore effectué une révolution autour du soleil, c'est sans doute très important (l'esclave volontaire se défoule sans contraintes d'une année d'humiliations et de brimades nécessaires -selon lui- pour qu'il puisse continuer à consommer) mais il y a d'autres commémorations possibles. Quand on parle de l'offensive israélienne à Gaza, certains parlent de guerre comme si le combat était égal. Certes, rien ne justifie les roquettes lancées contre Israël, mais rien ne justifiait non plus cette offensive coûteuse en vies humaines.

    Cela fait bientôt quatre ans que ce blog existe, et qu'il ne laisse pas indifférent visiblement. Soyez remerciés de votre fidélité.

  • Il y a des sans-papiers plus égaux que d'autres

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    80459443_small.jpgUn jeune harki a il y quelques temps fait une demande de pièce d'identité auprès de la préfecture de l'Eure. Comme ses parents sont arrivés en catastrophe après la guerre d'Algérie, ils n'ont pas eu le temps d'emporter tous les justificatifs qu'il fallait pour vivre en France (rappel, ce n'est pas dans les manuels d'histoire : 220 000 harkis exterminés en Algérie sans que la France ne lève le petit doigt, par peur que ceux-ci ne deviennent des auxiliaires de l'O.A.S, des femmes, des enfants, des vieillards écorchés vifs, égorgés, empalés et j'en passe. Certains jusqu'en 1996 vivaient dans des camps proches de Montpellier sans eau ni électricité). Il est question qu'on le renvoie en Algérie alors que lui aussi travaille, paie des impôts et participe à la solidarité de la collectivité ; et que ses parents ont servi la France.

    Apparemment ça ne suffit pas.

    Il faut dire que l'on ne va quand même pas causer des harkis, ça risquerait sûrement selon la formule consacrée de réveiller les z-heures les plus sombres de notre histoire.

    Note personnelle : à propos, j'ai un peu de mal à comprendre le maintien de Georges Frêche en candidat PS des régionales dans le Sud de la France. Peut-être serait-il plus digne de perdre cette région dans l'honneur au lieu de la gagner, peut-ètre, dans la honte. Les harkis sont-ils moins photogéniques ?

  • Réaction aux facilités contre Pie XII

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    6 septembre 1938 par le Pape Pie XI et le futur Pie XII alors nonce à Berlin :

    pape_pie12.gif« Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d’Abraham.
    Non !
    Il n’est pas possible aux chrétiens de participer à l’antisémitisme.
    Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes.
    Mais l’antisémitisme est inadmissible.
    Nous sommes spirituellement des Sémites ».

    Bien sûr, pour les adversaires de Pie XII, c’était une phrase hypocrite puisque Pie XII était coupable, forcément coupable. A moi, elle me paraît claire...

    Je me suis demandé si je devais rentrer dans une discussion, très vite, elle sombre dans les déclarations autistiques qui lassent à force.
    L’Église est composée d’être humains donc imparfaite par nature, donc il y a eu aussi un grand nombre de salauds, et des justes, qui ne se lancent pas à chaque fois dans de grandes déclarations grandiloquentes sur la Shoah.
    Je pense aussi à Larissa Cain, rescapée du ghetto de Varsovie, que j’ai l’honneur de connaître, qui ne se lance pas dans ces discours quant à elle ; elle dit les faits, point par point, sans pathos, pas besoin de grands discours.

    Elle a aussi écrit un livre sur Irena Adamowicz, catholique qui a sauvé plusieurs centaines de personnes en Pologne.
    Il y a ce parallèle entre Benoît XVI, pape d’origine allemande, et l’histoire de Pie XII : un pape allemand, mais ma chère, bien sûr, ils sont tous un peu nazis non les boches ? Donc Benoît XVI est nazi…

    D’autre part ni dieu, ni diable n’existent, soit, approfondissons un peu dans ce cas, il n’y a donc pas de morale, pas de bien, pas de mal, donc toute idée est concevable et finalement qu’est-ce qui justifie, si on ne croit ni à dieu, ni à diable, ni au bien, ni au mal de condamner l’Holocauste ? Rien. Ce n’est pas moi qui pose la question, mais Michel Onfray.

    De toutes façons, c’était un grand méchant, ouh qu’il était méchant, beaucoup plus que Churchill, qui n’a rien fait, ou Roosevelt, qui n’a rien fait, ou Staline (ah, non, c’est vrai Staline a longtemp souffert d’une mauvaise réputation, en fait il était sympa), tous les trois au courant. en plus, quand même, je trouve ça drôlement courageux de s’attaquer à Pie XII, on court un risque, hein, attation, c’est le retour des z’heures les plus sombres de notre histoire si on ne s’y attaque pas.
    Cela me met tout de suite en colère ces braves petites gens qui te disent que, eux, auraient résisté les armes à la main, que, eux, se seraient fait tuer, que, eux, auraient été courageux. Tu parles, Charles. Ils auraient cherché pour la plupart à survivre en attendant de savoir qui était le vainqueur, ils auraient fait du courrier modeste (non signé).

    Comme nous l'avait fait remarqué Maître Henri Leclerc, président de la Ligue des Droits de l'Homme, donc pas exactement un réac, rencontré lors d'un colloque à Nanterre un jour, nous aurions certainement et plus que probablement agi de même...

    Je reprend mes réactions sur ce fil de discussion où on peut lire aussi des absurdités comme Hitler = Saint Louis...

  • Marx et les Guaranis

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    800px-San_Ignacio_Min%C3%AD_Jesuit-Guarani_mission_1.jpgJe viens de lire je ne sais où sous la plume de je ne sais qui (enfin si je sais, mais je dénonce pas, un type pourtant réputé drôlement savant en catholicité, toussa) que les réductions guaranies en Amérique Centrale initiées par les jésuites étaient des exemples de socialisme appliqué, une sorte de connerie sublime et banale en même temps. C'est juste un contresens grand comme la Tour Eiffel : les jésuites n'appliquent pas une idéologie par la loi ou par la violence ou la haine quitte à flinguer ceux qui ne sont pas d'accord pour qu'on leur impose un bonheur qui a comme tort énorme de l'être imposé, ils essaient de vivre et de mettre en place un exemple de société communautaire où la Foi serait un peu plus vécue en actes. C'est un exemple flagrant d'utopie finalement concrétisée mais pas de socialisme.
    D'un autre côté, d'autres nieront la beauté de ce rêve mis en forme par les jésuites en le taxant eux aussi de socialisme, mais pour le dénigrer, persuadés qu'ils sont que le libéralisme qui a montré moins d'agressivité pour le catholicisme est donc moins nocif et qu'il faut rejeter tout ce qui pourrait s'y opposer. Ils n'ont rien compris non plus, n'ont pas assimilé que la Foi n'est pas une idéologie. Saint Paul lui même, contrairement à sa légende noire qui en fait un prescripteur arbitraire et moralisateur, le précise bien, préconisant plutôt justement une totale liberté vis à vis des doctrines. On peut tout remettre en cause quant aux doctrines humaines, gràce à notre liberté, ce qui devrait nous pousser à plus d'humanité, plus de sens de l'autre, plus d'accueil et non à laisser libre cours à notre avidité.

  • La Deuxième Guerre Mondiale ne s'est pas encore finie...

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    Yad_Vashem_interior_9354.JPG...Il semble que non. Ce n'est pas que l'on entende encore le fracas des combats et les canons tonner, mais les affrontements ne sont pas terminés sur les fils des commentaires bloguesques entre autres, ni dans le contenu des articles. On se traite de pétainiste, de vichyste, l'ennemi qui est à nos portes, est soit un stalinien, soit un nazi, deux épithètes qui empêche ceux qui seraient tentés de fraterniser avec lui. On s'envoie à la figure le génocide de l'un, les massacres de l'autre, à tout bout de champ, on finit même par connerie pure, par banaliser l'Holocauste qui sert surtout à se mettre en valeur, ce qui est ni plus ni moins qu'une offense de première bourre faite à ceux qui sont morts dans les camps. J'ai vu, moi, le « Jardin des justes », la Pierre des noms de tous les morts à Yad Vashem, et la statue du cri silencieux. J'ai entendu des déportés parler de leur vie à Varsovie, de leur douleur mais aussi de l'humanité trouvée parfois au coeur de l'obscurité.

    Là-bas, à Yad Vashem, on n'y pleure pas, on n'y gémit pas, on ne se dit rien. Ou si une chose, on pense au mal dans le coeur du pitoyable primate humain qui se tient à peine debout sur ses deux pattes arrière.

    Prendre la pose là-dessus me parait complètement déplacé, vulgaire, amoral, barbare, pathologiquement grotesque. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui n'arrêtent pas d'en jouer, en rejouer et en re-rejouer encore.

    On se met souvent en valeur en surjouant son rôle de victime, j'ai lu sur un blog quelconque le récit d'un jeune homme trentenaire se présentant comme rescapé d'un ghetto alors qu'il n'a eu à souffrir aucune des atroces souffrances de ses ascendants, et qu'il n'a jamais manqué de rien ce qui est très bien pour lui. Ma compassion est grande pour lui car il a perdu toute une partie de sa famille là-bas, mais lui ne revient pas des camps, il n'y est d'ailleurs jamais allé. Il devrait s'employer à aider à extirper du coeur des hommes cette pierre noire, polie et brillante de la haine qui le pousse à refuser l'existence de l'autre.

    Ou enfin, on se place du côté des bourreaux, en se prétendant « politiquement incorrect », alors que ce n'est ni plus ni moins que de l'autodestruction ou simplement de la sottise, un peu plus rarement de la provocation pour faire bisquer le bourgeois bien-pensant qui réagit au quart de tour alors que placé dans les mêmes conditions, cet invertébré aurait fait du courrier anonyme comme beaucoup d'autres, ou au mieux se serait contenté de survivre au lieu de vivre.

  • « L'Histoire ça sert à rien »

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    Le-rire-de-la-r--sistance---Staline.jpgJ'ai repensé à cette phrase entendue dans la bouche de jeune têteur et de jeune tétard d'un élève de terminale qui ne savait pas ce qu'il disait en entendant le ministre parler de sa réforme sur la matière concernant les terminales S. Ce n'est pas le premier dans le genre et on suppose que l'on ne s'arrêtera pas en si bon chemin. L'Histoire n'a aucune utilité quant à la compétitivité sociale que l'on demande aux jeunes, c'est tout à fait exact, elle gêne, elle retarde le darwinisme social, elle dérange les certitudes, donc empêche la prise de décisions et de bénéfices parfois car elle amène à se poser des questions sur la finalité de la société dans laquelle on vit, et parfois la vacuité (dans le cas de la nôtre en particulier). Les barbares et les amateurs de dogmes totalitaires détestent l'Histoire, elle va contre leurs idéologies, elle contredit la prétention du despote à faire le bonheur de l'humanité, fût-ce contre son gré. Parfois, on en trouve même, des révolutionnaires, qui sont à la fois contre l'ancien monde, pour une humanité nouvelle et qui ne manque pas pourtant de louer les bienfaits de celle d'avant, tout à fait sincèrement dans les deux cas.

    Le jeune têteur a tout à fait raison, ça ne sert à rien du tout dans une société hyper-consumériste qui vit dans un présent perpétuel et consomme sans réfléchir.

    Et l'Histoire nous apprend d'où nous venons et ce qui nous construit.

    Je songe aussi à un ami, président de l'association des professeurs d'Histoire et Géographie de sa région, au poids qu'il y a sur ses épaules du fait des attaques contre sa matière.

  • « John » Ivan Demjanjuk - salaud et médiocre

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    La question du mal et la Shoah

    nazi.preview.jpg« John » Ivan Demjanjuk 89 ans, comparaît depuis le 30 Novembre devant la cour d'assises de Munich, pour avoir participé au meurtre de 27 900 juifs en 1943, dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne. Cela provoque un questionnement important. Personne ne contestera le bien-fondé de ce procès, surtout pas moi, par contre les réactions qu'il provoque me semblent intéressantes.

    Beaucoup, comme Éliette Abecassis hier soir chez Taddeï, invoquent le fait que ce procès a lieu pour informer et pour que l'Holocauste n'ait plus jamais lieu en condamnant quelques personnages montrés comme des monstres inhumains, ce qu'ils ne sont pas, ce sont des êtres humains ordinaires, des médiocres dociles, prêts à tout pour leur survie, quitte à tuer des femmes et des enfants. On le voit bien tous les jours, dés qu'il s'agit de sa petite personne, le pitoyable primate humain est sans pitié. Et il réagit la plupart du temps en laissant libre cours à son instinct grégaire.

    Et il faudrait punir bien plus de monde en l'occurence.

    Il s'agit finalement de la présence du mal dans chaque être humain, la vraie question. Évidemment, cela génère une incompréhension majeure car lorsque l'on croit que l'homme naît bon, que c'est la société qui l'empêche de continuer à observer les p'tits z-oiseaux, on ne peut pas imaginer qu'il soit marqué en fait par le mal dés sa venue au monde. Or, c'est manifestement le cas, l'histoire humaine le prouve tristement. La solution est aussi dans un changement radical de notre société principalement fondée sur les rapports de force, quelle que soit l'idéologie qui semble prévaloir. Tant que ce seront seulement les rapports de force qui seront le socle de nos vies et la standardisation des personnes comme des choses, des massacres seront toujours à craindre, même en nos temps de village global, une belle escroquerie cette notion soit-dit en passant.

  • Un "sous-chien" aboie...

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    Houria Bouteldja et les « sous-chiens »

    France-Bouteldja.jpgJ’ai eu la grande faiblesse hier de regarder l’émission de Frédéric Taddéi où étaient invités Alain-Gérard Slama, au discours mille fois entendu, on croirait les intentions de prière d’une paroisse ultra-progressiste, Houria Bouteldja, comment la qualifier sobrement sans être blessant ?, Éric Besson, cynique et intelligent, Michel Onfray, calme et brillant, et Daniel Lefeuvre, « hussard noir » à l’ancienne mode, pour débattre sur l’identité nationale, grande faiblesse car finalement je suis resté devant le poste pour voir jusqu’où pouvait aller Houria Bouteldja pour qui la France de 2009 est encore un pays « colonialiste » et sa politique étrangère « impérialiste », quant à ses habitants dits de souche ce sont des « souchiens » (ou sous-chiens), notons le jeu de mots subtil et d’une kolossale finesse (parce que comme la France est un pays nationaliste, impérialiste et colonialiste, ses citoyens sont des « sous êtres » dont on peut tourner en dérision l’identité commune et le passé), vous dîtes que c’est une conception raciste ? Non, pour Houria, du fait du passé terrible de la France, où tout est à jeter, tout n’y est qu’oppression et rejet de la différence, on a le droit (partant du même raisonnement, certains mettent en balance la Shoah et l’esclavage, et considérant que l’on a trop parlé de la première la remettent en cause). Il s’agit de toutes façons d’une haine de la France telle que des historiens aussi différents que Marc Bloch, Jacques Bainville et Braudel l’ont défini. Entre deux on nous fait subir une chanson de « Diams », « ma France à moi », qui suit la même logique que « l’indigène de la République » qu’est Houria. Et on comprend que le parcours de la chanteuse, doublé quant à lui d’une aliénation personnelle, est logique somme toute. Car, quoi que l’on en dise, quoi que l’on en pense, le voile est un signe d’aliénation (je ne dis pas que c’est le seul).

    nm_eric_besson_090205_mn.jpgEt finalement, comme l’a souligné Onfray, qui se fait traiter de « paternaliste », pour moi le plus juste de la discussion, (certes, ce n’était pas difficile, mais contre toute attente, moi, un onaniste de sacristie, j’aime bien ce philosophe pourtant pourfendeur acharné de ma foi), il s’agit finalement de préconiser un communautarisme, de faire de la nation un empilement de communautés où chacun vit selon ses règles, même absurdes, sans se soucier de celui qui est différent où qui ne souscrit pas à ces règles, et le tout au nom de la liberté de conscience. La définition de Renan reste d’actualité, les français vivent ensemble par un consentement mutuel et le désir de vivre d’après le même socle de valeurs puisées dans la très riche histoire de France. Bien sûr, et cela annihile toute discussion sérieuse, comme tous les idéologues, Houria B. assimile tout contradicteur à un fasciste, ce qui est d’une grande richesse rhétorique comme on le constate. Et au bout du compte, elle fait le jeu de Besson...