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Livre - Page 3

  • La décadence des élites françaises

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    À propos de « Le Crépuscule de la France d'en haut » paru le 14 septembre 2016 de Christophe Guilluy chez Flammarion

     

    christophe guilluy, fracture sociale, france d'en haut, société, privilèges, hypocrisie, amaury watremezChristophe Guilluy est déjà l'auteur des passionnants et indispensables « Fractures françaises » et de « la France périphérique » décrivant la rupture dorénavant presque définitive entre le pays et ses élites. L'intérêt de ces ouvrages et du dernier est que leur auteur n'est ni éditorialiste, ni journaliste politique, ni militant. On ne peut lui reprocher d'avoir un point de vue biaisé ou partisan. Il est géographe et analyse de manière scientifique les cartes démontrant la coupure des oligarques d'avec les petites gens, en particulier avec ces français dits ruraux, les habitants des petites villes de province méprisées, considérées avec hauteur et condescendance :

     

    Tous les « franchouillards », les « ploucs », les « prolos » ainsi que les nomment avec mépris les bourgeois pédagogues.

     

    Ce n'est pas un livre contre les élites qui verserait dans le discours démagogique -et l'anti-intellectualisme- mille fois entendus. L'auteur rappelle juste que dans un pays dont le fonctionnement serait sain et réellement démocratique, elles seraient issues du peuple dans leur plus grande part. Or, en France elle s'entretiennent par la cooptation. les réseaux et la reproduction sociale. La « France d'en haut » et ses séides, et ce de plus en plus, sont totalement étanches, aveugles et sourds au reste de la population tout en prétendant la guider sur la voie du progrès. La « France d'en haut » et ses obligés ne veulent pas entendre la colère qui monte, ne s'inquiètent pas de la remise en cause générale de leurs desiderata.

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  • Comédie(s) de la vie

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    à propos de « Le cinéma italien de 1945 à nos jours » - 4ème édition, avril 2016 de Laurence Schifano

     

    On aime à l'italienne également sur Causeur

     

    cinéma, cinéma italien, société, politique, italie, berlusconi, amaury watremezAu début, la présentation de cet ouvrage, très scolaire, un peu aride, pourrait rebuter le lecteur. Mais une fois ouvert, ce livre se dévore comme un plat de rigatonis au porc et au citron. L'auteur a un style alerte, vif et précis. Elle passe en revue les différents genres affectionnés par le cinéma italien depuis la fin de la Seconde Guerre. Elle montre sa prédilection pour les « filons », l'épuisement d'un type de film ou de séries de films jusqu'à l'absurde, la parodie de parodie de parodie tels les « Trinita » ou les « Django » tournés après les westerns « spaghettis » de Sergio Leone ce qui n'en fait pas tant s'en faut des mauvais films.

     

    L'amateur de cinéma « Bis » ou carrément « Z », de cinéphilie réputée « honteuse » le sait déjà il est vrai. Tarantino est un de ceux-là connaissant sur le bout des doigts toutes ces œuvres dont tous les « Rape and Revenge » ayant inspirés l'argument de base de « Kill Bill ». On ne compte pas non plus les pseudo « Mad Max » faisant suite à l'original, les « dystopies » survivalistes violentes, les films de « zombies » inspirées de « la nuit des morts vivants », voire les simili « documentaires » sur les « cannibales » copiés des « Mondo... », les « thrillers » sanglants, les « Maciste » repris dans les années 50 et 60 etc...

     

    Les cinéastes italiens épuisant ces « filons » comme on presse un citron auront toujours beaucoup de recul sur leurs longs métrages. Maintenant que le ciné « bis » est « in » on en fait des chefs d’œuvre méconnus. Il faut quand même se rappeler qu'il s'agissait juste d'épuiser un sujet au départ...

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  • California nightmare

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    Cette critique est sur Causeur

     

    à propos de « California Girls » de Simon Libérati chez Grasset, août 2016

     

    charles manson, california girls, simon libérati, rêve, cauchemar, utopie, années 60, amaury watremezSimon Libérati a ceci d'intéressant est qu'en lieu et place de se lancer dans ses romans dans une introspection complaisante de sa petite personne, une psy en direct devant tous les passants en somme, il préfère faire véritablement œuvre de littérature. Il évoque ici le crime le plus connu de la « famille » Manson commis en Août 1969, le meurtre sauvage de Sharon Tate et de ses amis par des pauvres filles et un raté au nom des délires de leur gourou. Ce massacre marqua véritablement la fin des années 60 et de leurs illusions révélant la réalité derrière les apparences et l'utopie.

     

    Il paraît que certains critiques ont accusé l'auteur de manquer d'empathie envers ses personnages, c'est tout l'inverse. Il s'identifie à chacun d'entre eux, y compris les pires, comprenant la complexité de leur humanité. Il montre aussi qu'un assassin fanatisé n'est pas un monstre en dehors de l'espèce humaine, qu'au contraire il se situe dans la « banalité du mal ». Le pitoyable primate se traînant à la surface de cette boule de glaise étant notre maison commune est capable du meilleur, est appelé à la Beauté mais il se laisse souvent aller au pire, à l'abject, se justifiant plus ou moins laborieusement de ses appétits.

     

    Simon Libérati décrit très habilement le processus d'embrigadement des filles et des jeunes gens composant sa « famille ». Il n'est pas le seul dans son genre, un petit criminel minable ancien proxénète et dealer reconverti dans le sectaire, une affaire beaucoup plus juteuse, mélangeant satanisme, nazisme et utopie hippie dans un curieux mélange. Comme beaucoup de minables il était convaincu que le monde entier lui était redevable à commencer par ses « disciples ». Pour montrer leur allégeance ils devaient tous offrir une somme d'argent conséquente. Manson voulait provoquer « l'Helker Skelter », l'apocalypse. Il avait cru le comprendre en écoutant la fameuse chanson de « l'album blanc » des « Beatles » persuadé que celle-ci lui était spécialement adressée....

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  • Blake Edwards prince de la comédie sophistiquée

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    à propos de « Entre temps Blake Edwards » de Nicolas Truffinet chez Playlist Society

     

    cinéma, blake edwards, films, nicolas trufinet, amaury watremezBlake Edwards est avec Billy Wilder, Howard Hawks et Leo MacCarey un des princes de la comédie sophistiquée à l'américaine. Contrairement aux trois autres cinéastes cités, étrangement peu de livres lui sont consacrés, sans doute à cause de la populaire série des « Panthère rose » le classant dans la catégorie des bons faiseurs, le félin étant sa malédiction et une bénédiction -dont financière, lui permettant de tourner ce qu'il voulait- le tout dans le même temps ainsi que pour l'interprète de Clouseau, Peter Sellers. Celui-ci avait une relation bizarre d'amour, haine toutes les deux passionnées avec le réalisateur. Blake Edwards se rapproche aussi de Franck Tashlin pour son goût des gags étirés jusqu'au bout ou « slowburn gag » et de l'absurde.

     

    Il sait jouer des codes de la comédie hollywoodienne pour mieux s'en affranchir. Si les dialogues sont teintés de « screwball comedy », d'échanges très rapides entre les comédiens, de quiproquos théâtraux, ils sont aussi toujours marqués par une certaine misanthropie et une humeur douce-amère, y compris dans les spectacles « tarte à la crème » comme dans « La grande course autour du monde » avec Tony Curtis, Jack Lemmon et un jeune Peter Falk. « Breakfast at Tiffany's », offrant à Audrey Hepburn sans doute son meilleur rôle, est un de ses chefs d’œuvres avec « The Party » racontant le foutoir que Sellers met dans une réception chic chez un producteur hollywoodien et « Victor Victoria » avec Julie Andrews en vrai-faux travesti.

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  • Au Nord c'était le Punk et le Funk

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    Retour à Manchester Music également sur Causeur

     

    à propos de « Manchester Music City 1976-1996 » chez Rivages-Rouge aux éditions Payot où l'on évoque les « Buzzcocks », « Joy Division », les « Smiths », « New Order », « Happy Mondays », « Stone Roses » et autres groupes « de jeunes » pour « vieux » quadras et quinquas nostalgiques de leur adolescence d'enfants des « Trente Glorieuses » et du « Baby Boom »...

     

    musique, littérature, société, histoire, punk new wave, amaury watremezCe livre écrit par John Robb, musicien et critique rock, ami de nombreux musiciens dont Morrissey ou Ian Curtis, est un peu différent des autres ouvrages du genre car il laisse la parole surtout à ses acteurs. John Robb a passé des années à les interroger et conservé des kilomètres de bandes qu'il a retranscrites ici, collant son micro sous le nez de ses camarades de galère ou de succès, s'installant dans une des « zones » de Manchester à la fin des années 60, cherchant le succès en fondant plusieurs groupes plus ou moins professionnels.

     

    C'est à la fois l'originalité et le handicap de la chose, sa limite.

     

    Le procédé favorise les redites et surtout l'on n'y trouve pas la même dinguerie, l'excentricité de ceux de Nick Kent ou Richard Neville. Le style de John Robb est bien sage, un peu bourgeois ce qui est quand même le comble pour un bouquin se remémorant les figures de musiciens ayant eu pour but de secouer « l'establishment », de remuer les consciences, de les amener à la rébellion contre l'ordre établi. Il décrit ainsi le moment où Manchester deviendra « Madchester » après le concert des « Sex Pistols » dans une des salles de la ville, une salle qui pour l'anecdote appartenait à une secte protestante presbytérienne....

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  • Le nivo baisse

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    politique, société, lecture, littérature, bac français, jeunes, hypocrisie, ignorance, inculture crasse, amaury watremezIl est d'usage après les épreuves du bac français de rire à gorge déployée des réactions de colère des gosses sur le net, de ricaner de leurs perles toujours plus énormes relevées dans les copies. Certes ils ne lisent plus du tout et pour eux bien entendu, la lecture d'un texte classique ou d'un moderne est juste une corvée insupportable à de rares exceptions. Ils ne font sur twitter (TM°) ou facebook (TM°) que témoigner de leur ignorance en toute candeur, étaler leur inculture il est vrai lamentable. Avoir de la culture n'est de toutes façons plus pour eux une valeur. C'est même parfaitement superflu, une lubie de prétentieux.

     

    Ils ne voient pas le problème non plus dans leur « ortograffe » le plus souvent défaillante, une ou deux fautes par phrase voire plus. « Tant qu'on me comprend » disent-ils, tranchant le questionnement généralement par un « de toutes façons moi je me comprends c'est l'essentiel, non ».

     

    Les adultes qui en rigolent sont cependant, me semble-t-il, amnésiques :

     

    Qui achète déjà aux adolescents les smartphones sur lesquels ils ont le regard presque constamment rivé ?

     

    Qui leur laisse une télévision avec 300 chaînes dans leur chambre ?

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  • Une société bientôt sans livres

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    fahrenheit_451--1-.jpgEn France particulièrement où la littérature a encore un tout petit peu d'importance, tout comme un peu partout en Europe ou aux Etats Unis, plus personne ou presque ne lit réellement. Bien entendu, si l'on vend encore des livres à foison, si l'on distribue des journaux gratuits dans les transports en commun, si les livres sont des biens commerciaux comme d'autres encore en 2016, cela ne signifie pas pour autant qu'on les ouvre ni même qu'on les feuillette. Pas besoin de se donner cette peine avec les multiples sites de ventes en ligne et leur pseudo-appréciations d'acheteurs toujours enthousiastes on aura noté. L'impétrant lecteur s'en contentera, celui lui évitera des efforts intellectuels et il pourra alors se replonger dans « Candy Crush Saga ».

     

    Sinon, si les citoyens-consommateurs lisaient encore, quel inconscient achèterait encore Marc Lévy le roi du placement de produit et du roman de gare moderne, notre Delly 2.0 ou l'incomparable et si durassienne Marie Darrieuscq ? Le si émouvant David Foenkinos sous les rires pleins de tendresse ou la torturée Christine Angot et ses problèmes de psychanalyse mal réglés ? Le plus important en achetant l'ouvrage d'un de ces auteurs « bons clients » médiatiques, c'est surtout de mettre un de leurs livres bien en évidence sur la table basse du salon. Ce sont juste des objets d'ostentation sociale, pour se donner une aura ou une autre, pour peaufiner son image.

     

    Cela fera son effet lorsque l'on recevra des amis socialement moins pourvus. La personne cultivée ou réputée l'être pourra prendre un des bouquins dans les mains et en tourner les pages d'un air pénétré afin de bien faire comprendre qu'il tutoie les dieux des Lettres et les cimes intellectuelles....

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  • Roman noir dans un trou

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    à propos de « Pottsville 1280 habitants » de Jim Thompson chez Payot et Rivages

     

    Article aussi sur Causeur

     

    pottsville.jpgCouverture empruntée sur le site de l'éditeur

     

    « Pottsville 1280 habitants » est la nouvelle traduction de « 1275 âmes » paru en « Série Noire » en 1964 et alors amputé de nombreux passages. Le roman fût également adapté par Bertrand Tavernier en 1981 sous le titre « Coup de torchon » avec Noiret et Isabelle Huppert pré-botox, l'histoire alors pas trop mal transposée dans un contexte colonial. C'est le « roman noir » dans toute sa sombre splendeur. Céline n'est pas loin non plus. L'être humain qui est capable du meilleur se laisse le plus souvent aller au pire, ne songeant qu'à son propre intérêt, à son plaisir narcissique.

     

    Nick Corey est le sheriff de Pottsville un trou perdu du Sud des Etats Unis juste après la Première Guerre Mondiale. Parfois les dilemmes s'y règlent encore par un ou deux lynchages. Le ragot est roi, tout comme les rumeurs, l'on sy ennuie tellement. Pour demeurer tranquille et en faire le moins possible, Nick Corey se fait passer pour un imbécile heureux, un imbécile débonnaire laissant prospérer les petites et grosses magouilles ce qui lui permet d'enrichir son ordinaire plutôt précaire. Il est régulièrement réélu sans trop de problèmes ....

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  • Lettre à Antonin Bernanos

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    Antonin,

    politique, société, Bernanos, Antonin Bernanos, antifa, République, kevin phillipy, amaury watremezJe lis avec passion les ouvrages de ton arrière grand-père depuis longtemps déjà. Ce qu'il écrit sur la conspiration de l'époque moderne contre toute espèce de vie intérieure est encore plus que jamais d'actualité. Il était si grand et nous sommes si petits, si faibles, si soucieux de conserver encore quelques années nos privilèges d'occidentaux trop nourris, étalant leur pathos mièvre devant tous les passants. Je n'ose penser ce qu'il eût écrit de « Facebook » et autres réseaux dits sociaux où la plupart des intervenants joue un rôle. Injustement, et à cause des « Grands cimetières sous la lune », Georges Bernanos est encore et toujours rangé dans le tiroir des auteurs anti-fascistes et considéré comme un ancien méchant, atroce maurrassien ayant retourné sa veste au bon moment dans le sens qu'il convenait....

     

    ...Ce serait oublier une interview qu'il donna peu avant sa mort. Un journaliste américain lui demandait ce qui l'avait convaincu à devenir un tel défenseur de la démocratie contre les totalitarismes. L'auteur du « Curé de campagne » l'engueula plus vertement en lui rappelant qu'il n'avait abandonné ni ses convictions royalistes, ni sa Foi catholique ardente, les arbitres des élégances politiques la qualifierait de traditionnaliste, et qu'il méprisait autant les démocraties dites libérales que le fascisme ou le nazisme ou le stalinisme.

     

    Je n'avais pas entendu parler de toi, Antonin, jusqu'à ce geste fou, imbécile, que tu aurais commis il y a quelques jours avec ton frère contre la voiture d'un policier, voulant le faire griller comme un « poulet rôti » aurais tu dit. Sur la photo de toi circulant sur le net, dans une manif pour ton ami Clément Méric, tu es le seul à ne pas te cacher derrière des lunettes noires comme tes camarades, à avoir un regard franc, haut, regardant directement dans les yeux. Il est surprenant de voir à quel point tes amis « antifas » apprécient les uniformes paramilitaires, les postures de guerre, exactement comme ceux qu'ils prétendent combattre. Ce flic, tu aurais voulu le tuer pourquoi finalement ?...

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  • Playpower avec Richard Neville

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    à propos du livre de Richard Neville « Hippie hippie shake » chez Rivages/Rouge

     

    société, musique, politique, hippie, richard neville, amaury watremezLes années 60 et 70 n'étaient pas parfaites, bien loin de là, mais flottait durant ces deux décennies un parfum de liberté dont les effluves se sont dissipées depuis longtemps malheureusement. Le livre de Richard Neville le raconte très bien et avec style. Les hippies, les « yippies » et autres « mods », avaient beau être parfois brouillons dans leur recherche existentiel, souvent outrancier, ils avaient en eux quelque chose de plus que les tristes citoyens consommateurs de 2016 uniquement préoccupés d'acheter le dernier modèle de gadget électronique à la mode, de rentrer le plus possible dans le rang selon des critères de vie inspirés par l'esprit le plus petit bourgeois, le plus étriqué qui soit.

     

    Dans ce livre, Richard Neville raconte l'histoire véridique et picaresque de « Oz », revue provocatrice commençant à paraître en 67 en Australie, et de tous les mouvements politiques et groupuscules divers de ces années là. Il n'en fait pas une « Légende Dorée » avec ses saints et ses méchants, il n'en montre pas non plus exclusivement le côté obscur. Comme toute histoire humaine, l'histoire de « Oz », de la contre-culture, est complexe, ne penche ni du côté noir ni du côté blanc, on ne distinguerait plutôt qu'une infinité de nuances de gris. Neville lui-même ne s'épargne pas, il raconte par exemple la jalousie qu'il ressent envers des hommes courtisant sa petite amie alors qu'il pose souvent en apôtre de « l'amour libre »....

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  • La haine de la Littérature à Nuit debout mais pas que

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    Livre, nuit debout, politique, société, bêtise, censure, littérature, amaury watremezSi je conchie tous les idéologues, quel que soit leur camp, de droite comme de gauche, quels que soient leur alibi, c'est d'abord de par leur haine profonde de la Culture en général et de la Littérature en particulier, car celles-ci contredisent forcément leurs certitudes à un moment ou un autre. Généralement, la Révolution, la Réforme réputée indispensable des mœurs commence toujours par un bon petit autodafé, une censure au nom de bonnes intentions, toujours.

     

    Poser la question de la censure, l'envisager, c'est déjà censurer.

     

    La censure d'une œuvre se justifiera toujours au nom de la moralisation que les idéologues,théocratiques ou laïcs, prétendent imposer au reste de la société, bien entendu pour son bien. Et cela même si le reste de la société n'est absolument pas d'accord ou s'en fiche. Car les censeurs savent ce qui est bon pour le peuple.

     

    A « Nuit debout », on n'est pas en reste et l'on y respecte studieusement cette « tradition » imbécile. On vient de mettre en place une bibliothèque, « Bibliodebout » (voir à ce lien l'article de la « bibliothécaire » deboutiste) mais, attention, dans un but militant, dans le but d'affermir un discours unique, et je cite « pour se changer les idées », dans l'optique de la conception classique des petits bourgeois de la Lecture : une occupation non productive étant forcément un loisir et rien d'autre. Dans l'esprit d'un militant ou d'un idéologue, la Littérature dont l'apport n'est heureusement pas quantifiable, qui ne sert à rien en tant que telle acquiert une utilité mesurable si elle sert la cause défendue....

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  • Vazy Baudelaire c'est trop de la balle

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    à propos de « Les Boloss des Belles Lettres : La littérature pour tous les waloufs »

    de Quentin Leclerc et Michel Pimpant avec une préface de Philippe Meyer (portrait des deux auteurs emprunté à ce site)

     

    littérature, société, politique, boloss, bogoss, amaury watremez« Les Boloss des Belles Lettres » était d'abord un site (voir à ce lien) tournant au départ en dérision tous les classiques ou scolaires ou réputés obligatoires pour se la jouer dans les salons mondains. Puis les deux auteurs ont publié ce livre (contenant neuf inédits) en 2014 avant de demander à partir de 2015 à Jean Rochefort de dire leurs textes sur une chaîne « Youtube » dédiée. Les deux auteurs se sont fait des youks en or en partant d'un projet qui à la base était une blague par ras le bol des trous du Q pompeux qui « trouducupompisent » sur les livres, et un lot de consolation pour les gosses dégoûtés par l'enseignement des Lettres en collège ou en lycée, celui particulièrement de « madame Gilbert », la prof de céfran qui a trop les boules de bosser en ZEP et qui n'ouvre jamais un livre en dehors de ses cours.

     

    Mine de rien, leur site ouvre à toute cette culture tous ces adolescents qui n'y aurait jamais accès sinon. Tavu ? Cela m'a rappelé des bons souvenirs professionnels, moi qui ai travaillé plus de quinze ans dans les « quartiers ».

     

    Yann Moixe, le fameux critique littéraire de Ruquier à la moirmoile qui se la pète tous les samedi soir comme un tarba quand t'attends le boulard de Canal plus, c'est marqué en cacedédi en quatrième de couverture, n'aime pas du tout ce livre....

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  • La vie en noir

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    « Noir c'est noir il n'y a plus d'espoir » Jean-Philippe Smets

     


    PHOa7fd04c8-acf2-11e2-82be-7c37e65ceae0-805x453.jpg« Du Polar » de François Guérif, entretiens avec Philippe Blanchet chez Rivages/Noir

     

    portrait de François Guérif empruntée sur le site de « la Montagne »

     

    Les bons livres se reconnaissent généralement à un symptôme lorsque le lecteur les parcourt, on peut en dévorer cent pages d'un coup sans s'en rendre compte. Ils font plaisir. Avec ce recueil d'entretiens, on se prend au jeu rapidement et avoir de suite envie de les relire, pour la bonne bouche. Certes François Guérif semblera parfois injuste dans ses détestations et rejets, par exemple concernant Fajardie, mais quel ennui serait ce bouquin sans subjectivité ! Les auteurs ménageant la chèvre et le chou, se souciant de ne déplaire à personne, n'ont strictement aucun intérêt. Ils font souvent couler un robinet d'eau tiède tout en étant persuadés de l'avoir réinventée, ce n'est pas le cas de ce livre.

     

    On n'est bien entendu pas obligés d'apprécier le Roman Noir tout comme on n'est pas forcés de goûter les délices de Capoue ou les rognons délicatement à la poêle (avec un peu de vin rouge). Bien sûr c'est passer à côté de tout un pan de la Littérature moderne rentrant dans ce « genre », genre encore largement sous-estimé : pour les arbitres des élégances ce ne sont pas en effet des livres dignes de ce nom...

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  • Des petits hommes verts impertinents

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    à propos de « Martiens Go home » de Fredric Brown

     

    SF, littérature, Fredric Brown, amaury watremezUn soir, vers 20h14 heure de la côté Ouest des Etats Unis, un milliard de petits hommes verts envahit soudain la terre. Ils ne descendent pas de soucoupes volantes, n'ont pas de pistolets lasers ni même de combinaisons spatiales. Ils sont au sens strict tout petits ( de 65 à 85 centimètres), ont douze doigts, une grosse tête, des langues très longues et des habits collants de la même couleur émeraude que leur peau. Ils se contentent d'apparaître juste comme ça (Eux disent « couiner) c'est tout. On ne sait pas ce qu'ils mangent, ni même s'ils se reproduisent de la même manière que nous. Intangibles, personne ne peut les blesser ou les attraper, ce sont aussi des petits monstres mal embouchés, irrespectueux, inconvenants, largement impertinents.

     

    Ils ne répondent à aucune question les concernant, « c'est pas tes oignons Toto » affirment-ils invariablement lorsque l'on leur en pose une car ils sont aussi malpolis....

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  • Houria Bouteldja de plus en plus de moins en moins

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    À propos de « Les Blancs, les Juifs et nous : Vers une politique de l'amour révolutionnaire » aux éditions la Fabrique

     

    politique, houria bouteldja, société, colonies, racisme, idiotie, grotesque, amaury watremezHouria Bouteldja est un personnage grotesque participant du « Barnum consumériste » (TM°). Celui-ci est en droite ligne issu du masochisme mémoriel français sévissant depuis de nombreuses décennies à droite aussi bien qu'à gauche. N'importe quelle communauté, groupe ethnique ou religieux, a réclamé reconnaissance et repentance aux salauds de français pour des horreurs supposées commises tout au long de notre Histoire, du moin celle qui est enseignée.

     

    Elle ressemble à ces « rastas blancs » qui braillent « No Woman No craille » dans la plupart des métropoles méridionales, persuadés que leurs tresses pseudo-africaines et leur coiffure font d'eux des rebelles instantanés. Elle a son emploi de comédie à la télévision, elle y est la « mauvaise » sauvage, celle qui met en valeur les autres humanistes progressistes de progrès invités avec elle. Houria déteste, hait littéralement, elle ne s'en cache les personnes partageant sa propre couleur de peau et leur culture.

     

    Selon cette loi du talion un rien étrange évoquée plus haut, les français doivent donc payer encore et encore le comportement sans cesse montré comme atroce de leurs ancêtres, sans cesse dénigré, sans cesse remis en cause. Les français, comme la plupart des occidentaux, sont tous de toutes façons montrés comme des génocidaires en puissance....

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  • Maupassant par Morand

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    à propos de « Vie de Guy de Maupassant » de Paul Morand aux éditions Pygmalion

     


    littérature, maupassant, morand, littérature et décombres, politique, amaury watremezJe dois à mon enseignante de Lettres de Quatrième -elle n'avait pas envie de faire « le Cid » avec notre classe- la découverte de Maupassant tout d'abord par la lecture de ses contes fantastiques et normands dont le terrifiant et magnifique « Sur l'Eau », dur comme des éclats de verre sur un mur au soleil, et ensuite de « Pierre et Jean », court roman à clés, se voulant hyper-naturaliste et que l'on peut relire quinze fois en y redécouvrant à chaque fois des choses nouvelles. Ne serait-ce que l'argument principal n'est pas précisément réaliste, dans une famille le frère cadet, aussi bourgeois que son père, apparemment sage et raisonnable, au caractère opposé à son frère aîné Pierre, hérite soudain d'un ami de la famille dont la mère fût certainement la maîtresse.

     

    Tout le monde ferme les yeux et glorifie la fortune soudaine de Jean. Et Pierre face à tant d'hypocrisie finit par partir comme médecin sur un bateau partant plus loin que la ligne de l'horizon.

     

    Paul Morand, auteur entre autres de « l'homme pressé », roman toujours étonnant, du recueil de nouvelle « Ouvert la nuit » et « Fermé la nuit », de « Nouvelles du cœur » et « Nouvelles des yeux », ambassadeur de Vichy et parrain des « Hussards », cette fausse école littéraire sans véritable ligne de conduite, a écrit cette passionnante biographie de Maupassant à la fin de sa vie. Il évoque la vie et l'oeuvre de son confrère en s'effaçant derrière son sujet contrairement à de nombreux auteurs qui ne parlent que d'eux-mêmes lorsqu'ils écrivent sur un autre....

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  • Dire tout ce qu'il ne faut pas dire

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    Cet article est aussi sur Causeur.fr

     

    à propos de « Tout ce qu'il ne faut pas dire » de Bertrand Soubelet, chez Plon, sortie le 24 mars (voir à ce lien)

     

    livre, bertrand, soubelet, gendarmerie, société, sécurité, amaury watremez, politique, désengagement, Union européenneLe général de gendarmerie Bertrand Soubelet, devant une commission parlementaire, le 28 décembre 2013, a énoncé les faits de manière claire, nette et précise montrant que le terrorisme et la radicalisation islamiste dans notre pays sont des questions n'ayant pas été appréciées à leur juste valeur et ce depuis trente ans. Cela ne commence pas avec François Hollande. Ayant dit la vérité, il a été écarté de son emploi de la direction des opérations et de l'Emploi de la gendarmerie, ainsi que de la conduite des gendarmes d'Outre-mer. Ce n'est pas un militant politique, il n'a pas d'ambitions quelconques, pas de désir à soutenir tel ou tel. Ce 24 mars sort son livre développant son propos chez Plon.

     

    Il outrepasse largement son devoir de réserve à géométrie variable selon que vous soyez de gauche ou de droite, mais après les manifestations des « Je suis Charlie » célébrant la liberté d'expression, n'est-elle pas devenue encore plus importante ? Elle est encore plus fondamentale y compris et surtout quand ce qui est exprimé contredit les lieux communs qui rasurent, les mièvreries ambiantes et padamalgamesques, les discours de l'excuse...

     

    Il dénonce le désengagement progressif, ne serait-ce que par les « économies » drastiques dans les moyens alloués, de l'Etat dans tous les domaines régaliens lui étant pourtant propres : l'Education et la Sécurité en particulier. C'est de là que naït la montée de l'influence néfaste des pires radicaux islamistes dans nombre de nos banlieues et au cœur des villes. Les institutions ont laissé consciemment le terrain libre aux fanatismes, aux haines cuites et recuites, ethniques ou religieuses. Après tout l'Islam radical constitue un excellent moyen de contrôle social des plus précaires. Et ce même si malgré tout les éducateurs et policiers continuent d'y mener comme ils le peuvent un travail remarquable mais qui ne suffira pas car les métastases sont beaucoup trop profondes....

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  • Londres vu des marges

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    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

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  • Nouveau conte pédagogique du chat perché

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    Hommage modeste  à Marcel Aymé (les « contes bleus et rouges du Chat Perché) furent mes premières lectures de « grand »

     

    éducation nationale, société, ifum, espe, pédagogie, amaury watremezà propos de « la Ferme aux professeurs » de Fabien Vermorel aux éditions de Paris (livre à ce lien)

     

    Chaque année à la ferme, plusieurs poulets et poulettes rêvaient de connaître la gloire de devenir des bêtes à concours afin d'aller au Salon de l'Agriculture, de bons volatiles pouvant à leur tour ensuite apprendre aux petits poussins à gratter le sol de la basse-cour pour trouver de quoi se nourrir, à devenir de bons et gros poulets nourris au grain, le cuissot ferme et charnu, ainsi que de bonnes poules pondeuses consciencieuses dont le fermier serait content donnant des œufs au blanc bien blacn et au jaune bien jaune.

     

    Et qui sait ?

     

    De nouvelles bêtes à concours aux plumes éclatantes de santé récompensées d'une médaille par Monsieur le ministre de l'Agriculture lui-même.

     

    Ces poulets et poulettes se faisaient beaucoup d'illusions. Ils croyaient encore fort naïvement qu'ils s'agissaient de transmettre les connaissances de tous les sages volatiles présents bien longtemps avant leur naissance. Il s'imaginaient déjà pris en photo avec leurs classes de poussins, fier de tout ce qu'ils leur avaient appris. Foin de tout cela, ils déchantèrent bien vite quand ils virent arriver ceux qui avaient la tâche après tout honorable de les préparer à devenir de bons professeurs....

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  • Desproges bande encore

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    A propos de « Desproges bande encore » de Francis Schull aux éditions « les échappés »

     

    humour, politique, société, télévision, humour, amaury watremez, desproges« Les échappés » après les chroniques culinaires de Desproges, sortent cette biographie en forme de recueil d'entretiens avec ses amis, ses filles, sa femme et d'autres proches, des témoignages parfois lus ou entendus ailleurs. Le tout dessine un portrait vivant de l'humoriste, « écriveur » de talent inventeur de diverses formules que ceux les citant encore en 2016 oublient de rappeler la provenance, à commencer par le fameux « On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui » dit au moment de la venue de le Pen au Tribunal des flagrants délires en 1982 où Rego fût meilleur que le procureur pour de faux de l'émission, celui-ci sombrant alors dans un « prêchi-prêcha » indigne de lui et beaucoup plus lourd que ses textes habituels.

     

    A chaque évocation d'un comique anciennement populaire mort, Coluche, Guy Bedos, Le Luron ou Desproges qui l'était un peu moins, populaire, c'est la même rengaine : « Ahlala, il nous manque ! C'était le bon temps etc... ». On est toujours dans la logique du présent perpétuel dans lequel nous vivons depuis quelques décennies, la plupart des « grandes personnes » se prétendant raisonnables étant incapables d'accepter de mûrir, de penser simplement. Il y a un fait objectif, certes, l'incompréhension quasiment totale par notre époque de la dérision, du second degré, de l'ironie et la dictature de l'émotionnel qui interdit toute nuance, tout recul, toute ironie...

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  • Irréductible Barbey sur Mauvaise Nouvelle

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    littérature, barbey d'aurevilly, société, politique, littérature, amaury watremezUn véritable lecteur de Barbey d’Aurevilly ne peut pas écrire raisonnablement un billet sur cet écrivain en le qualifiant de ceci ou de cela, en lui attribuant des étiquettes étant forcément réductrices avec l’auteur de « Une vieille maîtresse ». Barbey n’est pas seulement un auteur catholique plus original que d’autres, moins soucieux de personnages exemplaires qui ne seraient que des archétypes, écrivant avec de longues plumes d’oie et des encres de différentes couleurs d’une écriture à larges jambages. Il évoque très bien et très clairement dans sa correspondance à Trébutien, son ami de toujours, la sottise crasse, et l’inculture, de nombre de ses coreligionnaires surtout soucieux de plaire à leur petit milieu avant que de s’inquiéter d’être ne serait-ce qu’un tout petit peu en cohérence avec leur Foi.

     

    La suite de ce texte sur Barbey à ce lien sur « Mauvaise Nouvelle »

     

  • Poudrière pour les sots

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    à propos de « Barbey d'Aurevilly journaliste : Articles et chroniques » en Garnier-Flammarion (illustration, couverture, prise ici à ce lien)

     

    littérature, société, politique, Barbey d'aurevilly, amaury watremezBarbey d'Aurevilly, afin de subsister car généralement la Littérature ne nourrit pas son homme, a été journaliste, y compris dans des revues de mode, toute sa vie d'auteur en plus d'être le créateur de « le chevalier des Touches », « l'Ensorcelée » ou des « Diaboliques » voire de « Une vieille maîtresse ». Il fut souvent victime de sa réputation de dandy flamboyant, rédigeant ses romans passionnés d'encre de différentes couleurs, que les gosses de Montmartre suivaient en rigolant à la fin de sa vie lorsqu'il sortait vêtu d'une redingote mauve coiffé d'un haut-de forme à ruban rouge par exemple.

     

    Ils se moquaient jamais très longtemps de lui le « verbe sifflant de ce vieux viking » (l'expression est de Léon Daudet dans ses « Souvenirs Littéraires » leur inspirant immédiatement le respect...

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  • Le voile pudique des féministes

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    ...jeté sur l'islamisme.

     

    J'écris cet article suite au malaise palpable de madame la Ministre de l'Education dans l'émission « Le Supplément » de Canal Pelu. Y était interrogé le dirigeant d'une association « humanitaire » islamiste, « Barakacity », Idris Sihamedi, cette précision permettant de ne plus mettre en doute du tout son humanisme. Cet individu invité à le faire a condamné les massacres commis par le soit-disant Etat Islamique du bout des lèvres et de manière extrêmement modérée. Tout comme l'enseignante non engagée interlocutrice de Finkielkraut est « indigène de la République » ce qui veut tout dire de son objectivité.

     

    huffpost.jpgUn trublion certainement réactionnaire bien qu’apparemment de gauche, monsieur Brighelli, sur le site du Point à ce lien, s'est permis ensuite d'égratigner sa ministre de tutelle avec impertinence, une impertinence frôlant l'insolence.

     

    Ce n'est pas mon genre on le sait...

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  • Le panthéon des salopards

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    A propos de « Anthologie des méchants & autres salauds du cinéma français » de Alister aux éditions la tengo

     

    cinéma, méchants, films, cinéma français, amaury watremezillustration prise sur Amazon.fr

     

    « Meilleur est le méchant, meilleur est le film » disait Hitchcok. Parfois dans certains films c'est surtout le méchant le personnage le plus intéressant. Dans ce livre extrêmement réjouissant et ne se prenant pas au sérieux, Alister fait le catalogue exhaustif de tous les malfaisants connus et moins connus du cinéma français en les classant par type :

     

    Les fielleux, cela lui permet un hommage que je trouve tout à fait justifié à Michel Peyrelon d'une exquise obséquiosité bien abjecte dans un grand nombre de longs métrages,

     

    les psychopathes souvent incarnés par Michel Serrault qui adorait jouer les assassins et les rendre sympathiques, dans « l'Ibis rouge » ou « les Fantômes du Chapelier »,!...

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  • Société post-moderne zombifiée

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    Politique des zombies – l'Amérique selon Georges A. Romero, sous la direction de Jean-Baptiste Thoret chez Ellipses poche

     

    cinéma, politique, société, films, Georges A.Romero, amaury watremezLe zombie est dans le vent de l'époque. On le retrouve dans des livres pour adolescents voire même dans des feuilletons « pop corn » où être un mort-vivant c'est beaucoup plus « coool » que la vie normale. La télévision américaine a inventé le zombie de « soap opera » dans « The Walking Dead » et même le zombie « bubble gum » dans la sympathique série bien que sans doute un brin superficielle, mais pas tant que ça, « Izombie ».

     

    Dans « Izombie » les morts-vivants sont généralement des privilégiés qui pour tromper leur ennui tuent de temps en temps un sans-abri afin de manger son cerveau et se repaissant de ses souvenirs et sentiments qui sont pour eux une drogue. Le citoyen consommateur de 2016 en est déjà un aussi, fonctionnant comme une machine, répondant à des normes standardisées à de rares exceptions près, il n'est donc pas étonnant qu'il s'y identifie plus que d'autres personnages.

     

    Il est comme les protagonistes des longs métrages de Romero déjà « zombifiés » avant même que d'avoir être « infecté »...

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  • La Culture et la Droite actuelle

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    daumier_hono_6e51006050a9_persportrait_0_b6.jpgLa Droite actuelle, dans son ensemble, des « Républicains » au FN a beaucoup de mal avec la Culture toujours perçue comme un apanage des bourgeois se voulant de progrès, des « bourgeois pédagogues ».

     

    C'est un truc de « bobos » !

     

    Cela devient l'excuse de nombreux incultes de droite afin de justifier leur ignorance. D'aucuns, si une personne de leur camp affirme une appétence pour les Lettres, les Arts ou la Musique, évoquent également maintenant les « bobos de droite », des prétentieux, des vaniteux qui parlent de tous ces sujets pourtant nobles par orgueil c'est sûr et parce qu'ils en ont les moyens financiers. Accuser les « bobos » c'est la panacée ultime pensent-ils...

     

    Avoir une bibliothèque conséquente alors que l'on n'a pas fait d'études de Lettres, sortir au musée, au théâtre éveille aussitôt le soupçon et des corollaires inattendus. L'on suspectera aussi d'inversion sexuelle ou de libertinage et autres perversions infâmes le malheureux, la malheureuse sur lesquels on tirera au besoin quelques flèches acérées pour en rajouter...

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  • Ce cher Dexter revient au cinéma...

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    littérature, Dexter, société, polar, jeff lindsay, amaury watremezAmi lecteur, cela ne te surprendra pas de par son ambiance sarcastique mais j'aime bien la série des « Dexter » de Jeff Lindsay. Je parle des livres et non de la série, ou plutôt du feuilleton (je dirai série quand les poules auront des dents), la série se distingue des romans à partir de la deuxième saison. Dans celle-ci Dexter devient un brave type tout ce qu'il y a de plus normal, plein de culpabilité très télégénique et finalement à la télévision son histoire finit très moralement, littéralement dans un océan de guimauve à l'exception de la fin ouverte.

     

    Dans les romans, le personnage demeure un tueur sans aucun remords même si justicier, observateur toujours étonné, moqueur et ironique du comportement des êtes humains dont il estime ne pas faire partie.

     

    Car Dexter est un tueur en série, un psychopathe apparemment froid doté d'un « passager noir » le poussant à commettre des crimes abominables, bien que dans son cas, il ne tue que d'autres criminels ayant échappé à la justice ordinaire. De par son travail d'expert de la police scientifique, il a beaucoup de sources d'informations indispensables afin de nourrir son « passager noir »....

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  • Proust contre les barbares

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    Marcel_Proust_1900-2.jpgUn excellent remède à la barbarie ambiante, aux millénarismes délirants, quelle qu'ils soient, c'est de toute éternité comme dirait quelqu'un la Littérature.

     

    D'ailleurs les barbares, tous les barbares, y compris les techno-barbares tout aussi ignorants, arriérés, infantiles, incultes, détestent. Ils brûlent les livres car ceux-ci contredisent leurs certitudes mortifères. Ils les brûlent sous divers prétextes futiles et se parant des meilleurs intentions. Ils leurs arrivent parfois de feindre un intérêt pour l'écriture en la cantonnant à un divertissement pédagogique entretenant leurs théories, leur vulgate idéologique ou théocratique. Ils ne peuvent pas comprendre la gratuité première de l'écriture, que cela n'a pas à être utile en société au sens quantifiable du terme.

     

       Je parle bien de Littérature et d'écrivains véritables non des scribouillards laborieux couchant leur psychanalyse sur papier devant tous les passants pour vendre leur came. Relire Proust, et « la Recherche du temps perdu », souvenir fabuleux d'un monde hyper-civilisé maintenant disparu est une bonne thérapie contre les arriérés, les tarés haineux, les autistes informatiques. « Fabuleux », rappelons le en passant, est le qualificatif employé par Léon Daudet, aux antipodes politiques de cet écrivain, et pourtant admirateur de « Du côté de chez Swann ». L'amour des Lettres unit toujours, s'il est sincère du moins....

     

    Ils ne sont plus tellement nombreux ceux qui lisent vraiment le délicat Marcel :

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  • Les conquérants du celluloïd

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    à propos de « les Conquérants d'un nouveau monde », Essais sur le cinéma hollywoodien chez Gallimard en « Folio-Essais »

     

    cinéma, politique, société, amaury watremez, michel cimentMichel Ciment est un des critiques les plus intéressants que l'on peut lire, avec Boujut ou Pauline Kael. Ils partagent avec eux le goût pour beaucoup de subjectivité assumée et le désir de partager ses coups de cœur pour des films, des réalisateurs parfois méconnus ou injustement traités par la prospérité. Il écrivait pour « Positif » dont il était le rédacteur en chef plus ou moins officieux. Il fut également l'auteur fameux d'un des premiers livres français sur Kubrick, le décrivant en « maître du haut chateau » du cinéma, installant presque définitivement quelques malentendus sur l'auteur de « 2001 » ou « Docteur Folamour », participant à sa légende. De par l'intelligence de ses points de vue, on a du mal à lui reprocher d'être parfois très péremptoire.

     

    C'est aussi tellement rare de lire un critique cinématographique dont la cinéphilie ne commence pas dans les années 80. Michel Ciment est un ogre du celluloïd, il veut parler de tout, tout connaître y compris la plus petite des « séries B » si celle-ci présente un intérèt. Le cinéma ce n'est pas seulement, en effet, soit les films « commerciaux », soit les films d'« ôteurs », étanches l'un à l'autre. Le cinéma englobe toutes les œuvres, les plus méprisées contenant parfois une ou deux minutes étonnantes sauvant tout le reste. Un atroce « nanar » pour cette raison peut être plus intéressant qu'un long-métrage à prétentions sociales et, ou culturelles. Il peut parfois annoncer des œuvres plus personnelles d'un auteur....

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  • La Foi et le Scandale du Mal – l'Oeuvre romanesque de Bernanos

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    Les sept romans de Georges Bernanos sont édités en Pléiade chez Gallimard

     

    littérature, société, politique, Bernanos, livre, littérature et décombres, amaury watremezL'on ne peut comprendre l'oeuvre de Bernanos, cet angoissé joyeux, sans comprendre ce qu'est la Foi et le scandale qu'est le Mal dans notre monde. A notre époque matérialiste, ne comprenant que le quantifiable, le mesurable en espèces sonnantes et trébuchantes, le prouvable devant témoins, la Foi est strictement incompréhensible. Elle est le plus souvent réduite soit à un ésotérisme de pacotille soit à un besoin de se sentir bien pour soi. Il est de bon ton également de réduire le « grand d'Espagne » à un catholique qui aurait rejoint le « camp du Bien » en prenant position contre le franquisme en particulier et tous les fascismes en général. Les promoteurs de cette vision oublient manifestement que « les Grands Cimetières » sont dédiés à Edouard Drumont, grande figure scandaleuse. Ils omettent cette épisode advenu en 48 quelques temps avant la mort de l'écrivain lorsqu'un journaliste américain lui demandant s'il était dans le camp des démocrates se fit copieusement engueuler. Il ne serait également qu'un auteur de livres mettant surtout en scène des curés et des religieuses, un romancier catholique ayant le cœur un peu plus sombre que François Mauriac ou Guy de Larigaudie.

     

    Les romans de cet auteur dont je me sens si proche sont essentiellement des livres de Foi. Ce n'est pas l'eau tiède déversée par tonneaux entiers des nouvelles communautés, de trop nombreuses paroisses, ou le sirop un peu trop sucré des livres de « directeurs spirituels » médiatiques. On aime tout le monde mais on n'est pas capable d'aller vers son prochain le plus proche. Ce n'est pas non plus la foi bourgeoise, la foi des privilégiés ne voulant que préserver leur mode de vie par eux considéré si précieux. La Foi de Bernanos est un feu brûlant, elle apporte le glaive, elle n'est pas de pur spirituel complètement désincarnée. Elle encourage à la radicalité évangélique, à laisser de côté les bons sentiments, les grandes et belles déclarations ronflantes. Ce n'est pas facile mais c'est là où se niche la Sainteté, telle celle de Blanche de la Force, jeune novice des carmélites finissant par monter à l'échafaud avec ses sœurs alors qu'elle aurait pu espérer survivre.

     

    La Foi de Bernanos est au pied de la Croix, en direction du supplicié atroce cloué sur le bois épais, supplicié bien oublié par les croyants modernes en faisant une figure de vitrail aux bonnes joues rouges. La Croix domine un monde corrompu par le Scandale du Mal. Rien n'y a plus vraiment de sens, la vie apparaît comme de plus en plus absurde menée par l'avidité, dans une nuit de plus en plus profonde. Au cœur de cette obscurité demeure ce qui nous sauve, l'Espérance. Ce n'est pas l'espérance simplement humaine, à courte vue, ressemblant plus à l'illusion, l'illusoire, le virtuel il est vrai de plus en plus prégnant. Ce supplicié horriblement défiguré, souffrant de tous les péchés de l'Humanité, est aussi la victoire définitive du Bien sur le Mal, contre toute apparence, victoire couronnée par la Lumière de la Résurrection.

     

    La mort du Christ sur la Croix est en effet plutôt un symbole d'échec complet en apparence, tout comme la courte existence du petit curé d'Ambricourt. Personne ne vient à sa messe, excepté deux vieilles bigotes et il meurt seul, mais il meurt en comprenant ainsi que le disait sainte Thérèse de Lisieux que « Tout est Grâce ». Bernanos parle aussi des prêtres mondains, des ecclésiastiques clinquants ayant du succès en société, de leur imposture. Celle-ci ne se fonde pas toujours sur des mauvaises intentions, parfois ils sont sincèrement convaincus du bien-fondé de leurs compromis. Dans « Sous la Soleil de Satan », il montre deux visages de personnes tendant à la Sainteté: l'abbé Donissan et Mouchette. Donissan fait littéralement des miracles, mais il n'a plus aucun amour dans le cœur, Mouchette est une jeune femme scandaleuse mais elle est plus proche de la Sainteté que le prêtre. Dans ce livre le diable est un maquignon rusé faisant des affaires juteuses avec les hommes et le mal se fait sous un soleil éclatant, en pleine lumière....

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