Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livre - Page 3

  • La déchéance comme une oeuvre d'art

    Imprimer Pin it!

    à propos de « l'Affaire Oscar Wilde » de Odon Vallet en Gallimard – Folio

     

    littérature, société, oscar wilde, politique, homosexualité, société, procès, amaury watremezOdon Vallet aborde de front et de manière approfondie le procès de la société victorienne contre Oscar Wilde, procès symbole contre une figure de liberté sexuelle encore maintenant alors que l'histoire est un peu plus nuancée que cela. C'est l'aspect le plus intéressant de cet ouvrage. Il montre que le père de Lord Alfred Douglas, le fameux marquis de Queensbury, était une figure non pas réactionnaire mais libérale de « l'etablishment » londonien et que le très beau Lord Alfred était aussi un imbécile clairement timoré qui finit dans une grandiloquence « sulpicienne » ridicule et très peu sincère.

     

    Il apparaît également que c'est finalement Wilde lui-même par son imprudence et une certaine arrogance qui a causé sa propre perte. On croise au fil du récit de l'instruction le premier ministre anglais de l'époque, avant lui aussi les inclinations sexuelles de Wilde, Winston Churchill jeune lui aussi suspecté des mêmes penchants et Conan Doyle qui se venge du premier ministre en écrivant une histoire de son célèbre détective qui l'accuse de cacher son homosexualité (dans « l'aristocrate célibataire »), histoire qui aura des conséquences sur le sort de Wilde.

     

    Ou alors c'était un travail du négatif volontaire du « dandy », la déchéance vue comme une œuvre d'art. L'écrivain en tirera deux manuscrits extraordinaires : « la ballade de la geôle de Reading » et « De profundis ».

    Lire la suite

  • Piéton de Paris

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Le piéton de Paris suivi de D'après Paris » de Léon-Paul Fargue chez « l'Imaginaire » aux éditions Gallimard

     

    paris, littérature, société, livres, politique, paris capitale, hidalgo, amaury watremezIl y a des livres dont on sait à en parcourir seulement quelques lignes chez son dealer habituel qu'ils seront essentiels pour vous, ainsi « le Piéton de Paris » de Léon-Paul Fargue. Paris est maintenant une ville muséifiée pour touristes et parvenus, et leurs « héritiers », une ville « gentryfiée » dans la plupart des anciens quartiers populaires. Les endroits véritablement authentiques, loin du ripolinage que l'on trouve partout ailleurs, sont de plus en plus rares. Mais ils existent encore, je ne les donnerai pas ici, il faut qu'ils demeurent secrets.

     

    Il convient que vous les cherchiez, et découvriez ensuite, par vous-mêmes.

     

    paris, littérature, société, livres, politique, paris capitale, hidalgo, amaury watremezJ'ai une passion presque amoureuse pour Paris où je suis né, j'adore en arpenter les rues. Et je déteste viscéralement les clichés perpétués depuis des décennies sur cette ville entre « chromos » pénibles à la Doisneau et mythes autour de « témoins » à la Michel Audiard ou à la Antoine Blondin. On exalte le soiffard ayant le sens de la formule argotique en oubliant combien il devait être pénible dans la vraie vie, en particulier avec les femmes. On est fasciné par les « mauvais garçons » que certains d'entre eux étaient pour jouer les affranchis par procuration tout en restant bien sages par ailleurs.

    Lire la suite

  • Redonner leur place aux Lettres

    Imprimer Pin it!

    Littérature, société, politique, art de vivre, amaury watremez enseignement, éducation nationale, lettresJ'ai plus travaillé cette série de textes sur la littérature que les autres ceux-ci faisant partie d'un mémoire présenté au MUCEM de Marseille

     

    La Littérature avait auparavant une place centrale dans la culture collective. Démocratisée, on la trouvait au guichet des gares voire même un temps dans des distributeurs dans le métro parisien. Les émissions littéraires à la télévision étaient des institutions permettant de propager les Lettres dans les foyers, et étaient suivies quasiment religieusement par une bonne partie de la population, de « Lectures pour tous » de Pierre Dumayet à « Apostrophes » de Bernard Pivot. Il était facile au téléspectateur de s'identifier à Pivot de par son physique de bon vivant, de « français moyen » selon le cliché, posant des questions faussement candides.

     

    Les livres de poche peu chers, peu encombrants permettaient à tout un chacun d'accéder aux Lettres qui n'étaient plus le privilège de quelques érudits, d'une élite socialement favorisée. Cela ne faisait pas de toute la population une population de lettrés mais les rendait familiers avec la Littérature même si ce n'était que de la « littérature de gare » à laquelle des auteurs ont su donner des lettres de noblesse, en particulier Frédéric Dard, Albert Simonin et le créateur de la « Série Noire » Marcel Duhamel, proche des surréalistes et ami de Prévert.

     

    Cette littérature particulière dont les descendants sont Marc Lévy ou Guillaume Musso était méprisée, désignée comme indigne par les élites justement tout comme la littérature dite « de genre » en général. C'était et c'est toujours un point de vue fortement réducteur car des auteurs comme Jean-Patrick Manchette dans son fameux Journal littéraire, dans ses « chroniques noires » ont montré que « le genre » évoquait plus sûrement les marges d'une société, les mouvements l'évoquant aussi bien que des traités très savants de sociologie plus scientifiques.

    Lire la suite

  • La littérature c'est dangereux

    Imprimer Pin it!

    12049180_1634898010118914_676968919393246799_n-2.jpg?itok=dVyAPNp0Premier article d'une série d'une dizaine...

     

    D'un côté l'on prétend que le niveau aurait tellement baissé que l'on ne pourrait plus évoquer Baudelaire ou Chateaubriand à des jeunes, ou des adultes, uniquement préoccupés du dernier modèle de « smartphone », apparaissant comme)des « digital natives » rivés à leurs écrans. Sur ce côté de la rive l'on déplore le retour de la Littérature comme domaine réservé uniquement à une élite. C’est il est vrai- le cas. Après une période de démocratisation des livres, ne fût-ce que par la création du « Livre de Poche » à la Librairie Générale Française ou des collections « Folio » chez Gallimard et « Points » au Seuil, la lecture ne concerne plus qu'une niche de jeunes et de moins jeunes disposant d'un « background » et d'un environnement de plus en plus rares.

     

    De l'autre, l'on affirme qu'il faudrait ne considérer les Lettres et leur enseignement que sous un angle utilitaire voire utilitariste, toujours le plus possible proche de l'univers mental et des préoccupations des générations actuelles, qu'il faut délaisser les littérateurs poussiéreux, les mettre au pilon, car leur propos ne serait plus suffisamment adapté à la modernité. Il faudrait sans cesse renvoyer les lecteurs à leur présent, leurs centres d'intérêt, à eux-mêmes sans que l'on ne précise ce qu'il en est de la nécessaire ouverture à d'autres perceptions, d'autres univers mentaux.

    Lire la suite

  • Les deux France

    Imprimer Pin it!

    politique, terre, france, zemmour, raphèl glucksman, amaury watremez, paysannerieRaphaèl Glucksman publie le livre « Notre France – Dire et aimer ce que nous sommes » dans lequel il affirme décrire le pays en homme de progrès, en clair selon l'oligarchie et ses obligés en somme. Dans « Quotidien » le spectacle « d'infotainemant » de dérision « citoyenne » et « objective » (c'est lui qui l'affirme) de Yann Barthès il se pose en anti-Zemmour mais consent quand même en fin de péroraison à avouer qu'il aime bien le côté « rabelaisien » de la France, son côté « gaulois ». Nous souffririons de trop d'hygiénisme, de trop aseptiser notre vie. On ne peut pas lui donner de ce point de vue entièrement tort et on lui sait grè au moins de l'écrire.

     

    On me pardonnera cependant dans la suite de ce texte mon irrespect envers ce grand philosophe contemporain (1 m75 à vue de nez) mais il est encore bien timide.

     

    On s'étonne d'ailleurs de le voir reprendre au fond des idées qui ne déplairaient pas aux réacs qu'ils conchient par ailleurs. Ce genre de représentant de « la France d'en haut » donnant des leçons de morale comme lui est toujours persuadé de sa légitimité de par les avantages matériels dont ils disposent depuis sa naissance.

     

    La France de Raohaèl Glucksman est celle que l'on voit dans les films américains. Les français du petit peuple qu'il décrit non sans condescendance ne se lavent pas, mangent comme des gougnafiers en faisant du bruit. Ils s'essuient bruyamment sur leurs manches une fois le repas fini tout en écoutant avec respect le monsieur « venu de la ville » qui leur dit comment se conduire. Ils sont ignares, incultes, grossier. Heureusement qu'ils ont cette chance d'avoir des messieurs « venus de la ville » comme monsieur Glucksman pour les éclairer.

    Lire la suite

  • Conservateur un  mot qui fâche

    Imprimer Pin it!

    à propos de "De l'urgence d'être conservateur" de Roger Scruton aux éditions de l'Artilleur paru en novembre 2016 (le site de l'éditeur)

    politique, conservateurs, société, progressisme, libéralisme, Scruton Roger, Amaury WatremezConservateur, le mot est encore en 2016 entaché de multiples connotations des plus péjoratives. L'auteur de ces lignes lui-même, pourtant estampillé réac décomplexé pur jus, se sent un peu mal à l'aise en l'écrivant. Il faut avouer que l'idée de progrès continu des sociétés ce qui suppose des transformations inéluctables est tellement martelée depuis des décennies qu'elle finit par marquer les esprits y compris les plus rétifs à ce concept. C'est assez étrange puisque Roger Scruton le souligne pertinemment conservateur tout le monde l'est plus ou moins à divers degrés à commencer par les personnes de gauche ou libertaires en particulier lorsqu'elles prétendent défendre les fameux acquis sociaux.

     

    L'auteur dont la démarche est d'une rare honnêteté intellectuelle commence par évoquer son parcours, d'où il vient, ce qui le motive dans l'écriture de cet ouvrage. Il montre ainsi que personne n'a des convictions forgées de manière monolithique, que personne n'est politiquement blanc ou noir, que c'est une infinité de nuances de gris qui prévaut. Il raconte sa vie de famille, son père socialiste mais attaché néanmoins à sa terre et à son héritage culturel, l'amour de la glèbe anglais qu'il a transmis à son fils. Il expose finalement ce qu'est être véritablement conservateur loin des idées reçues et des préjugés. Et son raisonnement est brillant.

    Lire la suite

  • La vérité avant-dernière sur Philip K. Dick

    Imprimer Pin it!

    À propos de « Philip K. Dick l'homme qui changea le futur » de Anthony Peake chez Hugo Doc

     

    chronique sponsorisée par Ubik :

     

    Ubik règle vos problèmes de peau faisant disparaître comme par enchantement les tâches de son, les grains de beauté disgracieux, Ubik était là avant l'univers, Ubik ne s'appelle pas Ubik et se trouve tout autour de nous.

     

    littérature, SF, philip K. Dick, cinéma, amaury watremezPhilip K. Dick est un des auteurs de Science-Fiction le plus fascinant du XXème siècle et aussi un de ceux au sujet duquel on trouve le plus de livres. Il aurait voulu être pleinement reconnu pour ses romans « mainstream » et est maintenant universellement célébré pour ses récits relevant de ce genre. C'est aussi un des écrivains les plus adaptés au cinéma depuis quelques années. Son œuvre fascine et des cinéaste parfois médiocres n'arrivent pas à abîmer la force des récits imaginés par le jumeau de Horselover Fat qui est le passeur des multiples théories de son créateur dans « l'Invasion divine ».

     

    Ce sont les biographies de Lawrence Sutin et l'ouvrage d'Emmanuel Carrère littérairement plus intéressant qui demeurent les plus réussis, certainement celles s'approchant le plus de la personnalité de l'écrivain, d'un portrait proche du réel. Mais l'uchronique « Requiem pour Philip K. Dick » de Michael Bishop, une uchronie dans le goût de « Ubik » qui ne raconte qu'en filigranes l'existence d'un Philip K. Dick un peu différent du nôtre, mais qui est beaucoup audacieuse que les travaux de Larry Sutin et Carrrère. Et l'esprit de son œuvre y est encore mieux perçu, Dick y devenant une figure presque divine capable de voir tous les univers possibles.

    Lire la suite

  • L'impertinence au rang des beaux arts

    Imprimer Pin it!

    Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

     

    "Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

     

    Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

    Lire la suite

  • La fachosphère pour les nuls

    Imprimer Pin it!

    Article également sur Causeur

     

    À propos du livre «  La fachosphère - Comment l'extrême droite a remporté la bataille du Net » de Dominique Albertini et David Doucet chez Flammarion

     

    fachosphère.jpgLes deux auteurs sont pour Albertini journaliste à « Libération » et Doucet aux « Inrockuptibles ». Ils prétendent avoir effectué une enquête objective et dépassionnée sur ce que l'on appelle la « fachosphère ». On peut légitimement avoir envie de rire à gorge déployée rien qu'en relisant la première phrase de paragraphe qui contient un oxymore de bonne taille : journaliste à « Libé » ou aux « Inrocks » « objectif ». Pour les deux auteurs, leur parole est forcément objective. Néanmoins, reconnaissons qu'ils ont malgré tout fait l'effort d'aller rencontrer les auteurs des blogs et sites estampillés « fachos » et d'essayer de comprendre leur parcours intellectuel et politique, la construction de leurs convictions.

     

    Cela partait d'une bonne intention, mais c'était peine perdue car les deux auteurs partent d'un paradigme faux : tout ce qui contredit le discours des élites qui est aussi le leur relève d'une nostalgie des heures les plus sombres de notre histoire, et par conséquent de la « fachosphère ».

     

    Cette « France d'en haut » crépusculaire décrite par Christophe Guilluy dans son dernier ouvrage ne peut admettre que son éloge de la mondialisation réputée heureuse et de l'avènement merveilleux pour elle de la société multiculturelle soient contredits. Cette « France d'en haut » pratique donc par commodité intellectuelle et quoi qu'ils en disent l'amalgame de Soral,Zemmour et Henry de Lesquen, « Civitas » et « La Manif pour tous », Escada et Frigide Barjot. Pour ces prétendues élites de plus en plus coupées du peuple, les deux auteurs en font partie comme on l'a vu, leur réflexion va de soi, elle ne peut être remise en cause, a valeur de dogmes.

    Lire la suite

  • Le FranC C désué

    Imprimer Pin it!

    appauvrissement du français, langue, société, politique, amaury watremezIl y a quelques jours le présentateur « bobogénique » de « Quotidien » sur TMC Yann Barthès a raillé pendant quelques minutes Hervé Mariton pour son français qui serait à entendre l'animateur « désuet ». En effet, Mariton utilise des termes élégants, use d'une syntaxe riche et varié. Pire encore, il n'emploie aucun des tics de langage à la mode, par exemple « du coup » à toutes les sauces, « en fait » en début de chaque phrase ». Je ne suis pas spécialement un soutien de ce candidat aux primaires de la droite mais je ne vois pas trop l'intérêt de se moquer d'une langue plus riche que celle entendue partout à la télévision et dans la rue.

     

    C'est ce qui fait pourtant la beauté du français à laquelle il semble apparemment insensible, par cynisme (il flatte ses spectateurs dans leurs bas instincts) ou par sottise. Mais il est loin d'être le seul...

     

    Derrière Barthès le public s'est mis à ricaner après sa blague. Parler français correctement, avec style, ce n'est pas « cool », ce n'est pas « sympa », ce n'est pas très moderne. C'est une lubie de prétentieux ou de vieux con. Et il convient même pour les gosses des beaux quartiers de parler comme les « racailles » des cités en plaçant quelques termes de « verlan » qui placent son homme (ou sa femme). Un « chelou » par ci, une « meuf » par là et on peut se faire passer pour un affranchi. C'est toujours à la fois cocasse et pathétique de les entendre massacrer la langue française par haine de leur éducation, par haine d'eux-mêmes.

    Lire la suite

  • La décadence des élites françaises

    Imprimer Pin it!

    À propos de « Le Crépuscule de la France d'en haut » paru le 14 septembre 2016 de Christophe Guilluy chez Flammarion

     

    christophe guilluy, fracture sociale, france d'en haut, société, privilèges, hypocrisie, amaury watremezChristophe Guilluy est déjà l'auteur des passionnants et indispensables « Fractures françaises » et de « la France périphérique » décrivant la rupture dorénavant presque définitive entre le pays et ses élites. L'intérêt de ces ouvrages et du dernier est que leur auteur n'est ni éditorialiste, ni journaliste politique, ni militant. On ne peut lui reprocher d'avoir un point de vue biaisé ou partisan. Il est géographe et analyse de manière scientifique les cartes démontrant la coupure des oligarques d'avec les petites gens, en particulier avec ces français dits ruraux, les habitants des petites villes de province méprisées, considérées avec hauteur et condescendance :

     

    Tous les « franchouillards », les « ploucs », les « prolos » ainsi que les nomment avec mépris les bourgeois pédagogues.

     

    Ce n'est pas un livre contre les élites qui verserait dans le discours démagogique -et l'anti-intellectualisme- mille fois entendus. L'auteur rappelle juste que dans un pays dont le fonctionnement serait sain et réellement démocratique, elles seraient issues du peuple dans leur plus grande part. Or, en France elle s'entretiennent par la cooptation. les réseaux et la reproduction sociale. La « France d'en haut » et ses séides, et ce de plus en plus, sont totalement étanches, aveugles et sourds au reste de la population tout en prétendant la guider sur la voie du progrès. La « France d'en haut » et ses obligés ne veulent pas entendre la colère qui monte, ne s'inquiètent pas de la remise en cause générale de leurs desiderata.

    Lire la suite

  • Comédie(s) de la vie

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Le cinéma italien de 1945 à nos jours » - 4ème édition, avril 2016 de Laurence Schifano

     

    On aime à l'italienne également sur Causeur

     

    cinéma, cinéma italien, société, politique, italie, berlusconi, amaury watremezAu début, la présentation de cet ouvrage, très scolaire, un peu aride, pourrait rebuter le lecteur. Mais une fois ouvert, ce livre se dévore comme un plat de rigatonis au porc et au citron. L'auteur a un style alerte, vif et précis. Elle passe en revue les différents genres affectionnés par le cinéma italien depuis la fin de la Seconde Guerre. Elle montre sa prédilection pour les « filons », l'épuisement d'un type de film ou de séries de films jusqu'à l'absurde, la parodie de parodie de parodie tels les « Trinita » ou les « Django » tournés après les westerns « spaghettis » de Sergio Leone ce qui n'en fait pas tant s'en faut des mauvais films.

     

    L'amateur de cinéma « Bis » ou carrément « Z », de cinéphilie réputée « honteuse » le sait déjà il est vrai. Tarantino est un de ceux-là connaissant sur le bout des doigts toutes ces œuvres dont tous les « Rape and Revenge » ayant inspirés l'argument de base de « Kill Bill ». On ne compte pas non plus les pseudo « Mad Max » faisant suite à l'original, les « dystopies » survivalistes violentes, les films de « zombies » inspirées de « la nuit des morts vivants », voire les simili « documentaires » sur les « cannibales » copiés des « Mondo... », les « thrillers » sanglants, les « Maciste » repris dans les années 50 et 60 etc...

     

    Les cinéastes italiens épuisant ces « filons » comme on presse un citron auront toujours beaucoup de recul sur leurs longs métrages. Maintenant que le ciné « bis » est « in » on en fait des chefs d’œuvre méconnus. Il faut quand même se rappeler qu'il s'agissait juste d'épuiser un sujet au départ...

    Lire la suite

  • California nightmare

    Imprimer Pin it!

    Cette critique est sur Causeur

     

    à propos de « California Girls » de Simon Libérati chez Grasset, août 2016

     

    charles manson, california girls, simon libérati, rêve, cauchemar, utopie, années 60, amaury watremezSimon Libérati a ceci d'intéressant est qu'en lieu et place de se lancer dans ses romans dans une introspection complaisante de sa petite personne, une psy en direct devant tous les passants en somme, il préfère faire véritablement œuvre de littérature. Il évoque ici le crime le plus connu de la « famille » Manson commis en Août 1969, le meurtre sauvage de Sharon Tate et de ses amis par des pauvres filles et un raté au nom des délires de leur gourou. Ce massacre marqua véritablement la fin des années 60 et de leurs illusions révélant la réalité derrière les apparences et l'utopie.

     

    Il paraît que certains critiques ont accusé l'auteur de manquer d'empathie envers ses personnages, c'est tout l'inverse. Il s'identifie à chacun d'entre eux, y compris les pires, comprenant la complexité de leur humanité. Il montre aussi qu'un assassin fanatisé n'est pas un monstre en dehors de l'espèce humaine, qu'au contraire il se situe dans la « banalité du mal ». Le pitoyable primate se traînant à la surface de cette boule de glaise étant notre maison commune est capable du meilleur, est appelé à la Beauté mais il se laisse souvent aller au pire, à l'abject, se justifiant plus ou moins laborieusement de ses appétits.

     

    Simon Libérati décrit très habilement le processus d'embrigadement des filles et des jeunes gens composant sa « famille ». Il n'est pas le seul dans son genre, un petit criminel minable ancien proxénète et dealer reconverti dans le sectaire, une affaire beaucoup plus juteuse, mélangeant satanisme, nazisme et utopie hippie dans un curieux mélange. Comme beaucoup de minables il était convaincu que le monde entier lui était redevable à commencer par ses « disciples ». Pour montrer leur allégeance ils devaient tous offrir une somme d'argent conséquente. Manson voulait provoquer « l'Helker Skelter », l'apocalypse. Il avait cru le comprendre en écoutant la fameuse chanson de « l'album blanc » des « Beatles » persuadé que celle-ci lui était spécialement adressée....

    Lire la suite

  • Blake Edwards prince de la comédie sophistiquée

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Entre temps Blake Edwards » de Nicolas Truffinet chez Playlist Society

     

    cinéma, blake edwards, films, nicolas trufinet, amaury watremezBlake Edwards est avec Billy Wilder, Howard Hawks et Leo MacCarey un des princes de la comédie sophistiquée à l'américaine. Contrairement aux trois autres cinéastes cités, étrangement peu de livres lui sont consacrés, sans doute à cause de la populaire série des « Panthère rose » le classant dans la catégorie des bons faiseurs, le félin étant sa malédiction et une bénédiction -dont financière, lui permettant de tourner ce qu'il voulait- le tout dans le même temps ainsi que pour l'interprète de Clouseau, Peter Sellers. Celui-ci avait une relation bizarre d'amour, haine toutes les deux passionnées avec le réalisateur. Blake Edwards se rapproche aussi de Franck Tashlin pour son goût des gags étirés jusqu'au bout ou « slowburn gag » et de l'absurde.

     

    Il sait jouer des codes de la comédie hollywoodienne pour mieux s'en affranchir. Si les dialogues sont teintés de « screwball comedy », d'échanges très rapides entre les comédiens, de quiproquos théâtraux, ils sont aussi toujours marqués par une certaine misanthropie et une humeur douce-amère, y compris dans les spectacles « tarte à la crème » comme dans « La grande course autour du monde » avec Tony Curtis, Jack Lemmon et un jeune Peter Falk. « Breakfast at Tiffany's », offrant à Audrey Hepburn sans doute son meilleur rôle, est un de ses chefs d’œuvres avec « The Party » racontant le foutoir que Sellers met dans une réception chic chez un producteur hollywoodien et « Victor Victoria » avec Julie Andrews en vrai-faux travesti.

    Lire la suite

  • Au Nord c'était le Punk et le Funk

    Imprimer Pin it!

    Retour à Manchester Music également sur Causeur

     

    à propos de « Manchester Music City 1976-1996 » chez Rivages-Rouge aux éditions Payot où l'on évoque les « Buzzcocks », « Joy Division », les « Smiths », « New Order », « Happy Mondays », « Stone Roses » et autres groupes « de jeunes » pour « vieux » quadras et quinquas nostalgiques de leur adolescence d'enfants des « Trente Glorieuses » et du « Baby Boom »...

     

    musique, littérature, société, histoire, punk new wave, amaury watremezCe livre écrit par John Robb, musicien et critique rock, ami de nombreux musiciens dont Morrissey ou Ian Curtis, est un peu différent des autres ouvrages du genre car il laisse la parole surtout à ses acteurs. John Robb a passé des années à les interroger et conservé des kilomètres de bandes qu'il a retranscrites ici, collant son micro sous le nez de ses camarades de galère ou de succès, s'installant dans une des « zones » de Manchester à la fin des années 60, cherchant le succès en fondant plusieurs groupes plus ou moins professionnels.

     

    C'est à la fois l'originalité et le handicap de la chose, sa limite.

     

    Le procédé favorise les redites et surtout l'on n'y trouve pas la même dinguerie, l'excentricité de ceux de Nick Kent ou Richard Neville. Le style de John Robb est bien sage, un peu bourgeois ce qui est quand même le comble pour un bouquin se remémorant les figures de musiciens ayant eu pour but de secouer « l'establishment », de remuer les consciences, de les amener à la rébellion contre l'ordre établi. Il décrit ainsi le moment où Manchester deviendra « Madchester » après le concert des « Sex Pistols » dans une des salles de la ville, une salle qui pour l'anecdote appartenait à une secte protestante presbytérienne....

    Lire la suite

  • Le nivo baisse

    Imprimer Pin it!

    politique, société, lecture, littérature, bac français, jeunes, hypocrisie, ignorance, inculture crasse, amaury watremezIl est d'usage après les épreuves du bac français de rire à gorge déployée des réactions de colère des gosses sur le net, de ricaner de leurs perles toujours plus énormes relevées dans les copies. Certes ils ne lisent plus du tout et pour eux bien entendu, la lecture d'un texte classique ou d'un moderne est juste une corvée insupportable à de rares exceptions. Ils ne font sur twitter (TM°) ou facebook (TM°) que témoigner de leur ignorance en toute candeur, étaler leur inculture il est vrai lamentable. Avoir de la culture n'est de toutes façons plus pour eux une valeur. C'est même parfaitement superflu, une lubie de prétentieux.

     

    Ils ne voient pas le problème non plus dans leur « ortograffe » le plus souvent défaillante, une ou deux fautes par phrase voire plus. « Tant qu'on me comprend » disent-ils, tranchant le questionnement généralement par un « de toutes façons moi je me comprends c'est l'essentiel, non ».

     

    Les adultes qui en rigolent sont cependant, me semble-t-il, amnésiques :

     

    Qui achète déjà aux adolescents les smartphones sur lesquels ils ont le regard presque constamment rivé ?

     

    Qui leur laisse une télévision avec 300 chaînes dans leur chambre ?

    Lire la suite

  • Une société bientôt sans livres

    Imprimer Pin it!

    fahrenheit_451--1-.jpgEn France particulièrement où la littérature a encore un tout petit peu d'importance, tout comme un peu partout en Europe ou aux Etats Unis, plus personne ou presque ne lit réellement. Bien entendu, si l'on vend encore des livres à foison, si l'on distribue des journaux gratuits dans les transports en commun, si les livres sont des biens commerciaux comme d'autres encore en 2016, cela ne signifie pas pour autant qu'on les ouvre ni même qu'on les feuillette. Pas besoin de se donner cette peine avec les multiples sites de ventes en ligne et leur pseudo-appréciations d'acheteurs toujours enthousiastes on aura noté. L'impétrant lecteur s'en contentera, celui lui évitera des efforts intellectuels et il pourra alors se replonger dans « Candy Crush Saga ».

     

    Sinon, si les citoyens-consommateurs lisaient encore, quel inconscient achèterait encore Marc Lévy le roi du placement de produit et du roman de gare moderne, notre Delly 2.0 ou l'incomparable et si durassienne Marie Darrieuscq ? Le si émouvant David Foenkinos sous les rires pleins de tendresse ou la torturée Christine Angot et ses problèmes de psychanalyse mal réglés ? Le plus important en achetant l'ouvrage d'un de ces auteurs « bons clients » médiatiques, c'est surtout de mettre un de leurs livres bien en évidence sur la table basse du salon. Ce sont juste des objets d'ostentation sociale, pour se donner une aura ou une autre, pour peaufiner son image.

     

    Cela fera son effet lorsque l'on recevra des amis socialement moins pourvus. La personne cultivée ou réputée l'être pourra prendre un des bouquins dans les mains et en tourner les pages d'un air pénétré afin de bien faire comprendre qu'il tutoie les dieux des Lettres et les cimes intellectuelles....

    Lire la suite

  • Roman noir dans un trou

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Pottsville 1280 habitants » de Jim Thompson chez Payot et Rivages

     

    Article aussi sur Causeur

     

    pottsville.jpgCouverture empruntée sur le site de l'éditeur

     

    « Pottsville 1280 habitants » est la nouvelle traduction de « 1275 âmes » paru en « Série Noire » en 1964 et alors amputé de nombreux passages. Le roman fût également adapté par Bertrand Tavernier en 1981 sous le titre « Coup de torchon » avec Noiret et Isabelle Huppert pré-botox, l'histoire alors pas trop mal transposée dans un contexte colonial. C'est le « roman noir » dans toute sa sombre splendeur. Céline n'est pas loin non plus. L'être humain qui est capable du meilleur se laisse le plus souvent aller au pire, ne songeant qu'à son propre intérêt, à son plaisir narcissique.

     

    Nick Corey est le sheriff de Pottsville un trou perdu du Sud des Etats Unis juste après la Première Guerre Mondiale. Parfois les dilemmes s'y règlent encore par un ou deux lynchages. Le ragot est roi, tout comme les rumeurs, l'on sy ennuie tellement. Pour demeurer tranquille et en faire le moins possible, Nick Corey se fait passer pour un imbécile heureux, un imbécile débonnaire laissant prospérer les petites et grosses magouilles ce qui lui permet d'enrichir son ordinaire plutôt précaire. Il est régulièrement réélu sans trop de problèmes ....

    Lire la suite

  • Lettre à Antonin Bernanos

    Imprimer Pin it!

    Antonin,

    politique, société, Bernanos, Antonin Bernanos, antifa, République, kevin phillipy, amaury watremezJe lis avec passion les ouvrages de ton arrière grand-père depuis longtemps déjà. Ce qu'il écrit sur la conspiration de l'époque moderne contre toute espèce de vie intérieure est encore plus que jamais d'actualité. Il était si grand et nous sommes si petits, si faibles, si soucieux de conserver encore quelques années nos privilèges d'occidentaux trop nourris, étalant leur pathos mièvre devant tous les passants. Je n'ose penser ce qu'il eût écrit de « Facebook » et autres réseaux dits sociaux où la plupart des intervenants joue un rôle. Injustement, et à cause des « Grands cimetières sous la lune », Georges Bernanos est encore et toujours rangé dans le tiroir des auteurs anti-fascistes et considéré comme un ancien méchant, atroce maurrassien ayant retourné sa veste au bon moment dans le sens qu'il convenait....

     

    ...Ce serait oublier une interview qu'il donna peu avant sa mort. Un journaliste américain lui demandait ce qui l'avait convaincu à devenir un tel défenseur de la démocratie contre les totalitarismes. L'auteur du « Curé de campagne » l'engueula plus vertement en lui rappelant qu'il n'avait abandonné ni ses convictions royalistes, ni sa Foi catholique ardente, les arbitres des élégances politiques la qualifierait de traditionnaliste, et qu'il méprisait autant les démocraties dites libérales que le fascisme ou le nazisme ou le stalinisme.

     

    Je n'avais pas entendu parler de toi, Antonin, jusqu'à ce geste fou, imbécile, que tu aurais commis il y a quelques jours avec ton frère contre la voiture d'un policier, voulant le faire griller comme un « poulet rôti » aurais tu dit. Sur la photo de toi circulant sur le net, dans une manif pour ton ami Clément Méric, tu es le seul à ne pas te cacher derrière des lunettes noires comme tes camarades, à avoir un regard franc, haut, regardant directement dans les yeux. Il est surprenant de voir à quel point tes amis « antifas » apprécient les uniformes paramilitaires, les postures de guerre, exactement comme ceux qu'ils prétendent combattre. Ce flic, tu aurais voulu le tuer pourquoi finalement ?...

    Lire la suite

  • Playpower avec Richard Neville

    Imprimer Pin it!

    à propos du livre de Richard Neville « Hippie hippie shake » chez Rivages/Rouge

     

    société, musique, politique, hippie, richard neville, amaury watremezLes années 60 et 70 n'étaient pas parfaites, bien loin de là, mais flottait durant ces deux décennies un parfum de liberté dont les effluves se sont dissipées depuis longtemps malheureusement. Le livre de Richard Neville le raconte très bien et avec style. Les hippies, les « yippies » et autres « mods », avaient beau être parfois brouillons dans leur recherche existentiel, souvent outrancier, ils avaient en eux quelque chose de plus que les tristes citoyens consommateurs de 2016 uniquement préoccupés d'acheter le dernier modèle de gadget électronique à la mode, de rentrer le plus possible dans le rang selon des critères de vie inspirés par l'esprit le plus petit bourgeois, le plus étriqué qui soit.

     

    Dans ce livre, Richard Neville raconte l'histoire véridique et picaresque de « Oz », revue provocatrice commençant à paraître en 67 en Australie, et de tous les mouvements politiques et groupuscules divers de ces années là. Il n'en fait pas une « Légende Dorée » avec ses saints et ses méchants, il n'en montre pas non plus exclusivement le côté obscur. Comme toute histoire humaine, l'histoire de « Oz », de la contre-culture, est complexe, ne penche ni du côté noir ni du côté blanc, on ne distinguerait plutôt qu'une infinité de nuances de gris. Neville lui-même ne s'épargne pas, il raconte par exemple la jalousie qu'il ressent envers des hommes courtisant sa petite amie alors qu'il pose souvent en apôtre de « l'amour libre »....

    Lire la suite

  • La haine de la Littérature à Nuit debout mais pas que

    Imprimer Pin it!

    Livre, nuit debout, politique, société, bêtise, censure, littérature, amaury watremezSi je conchie tous les idéologues, quel que soit leur camp, de droite comme de gauche, quels que soient leur alibi, c'est d'abord de par leur haine profonde de la Culture en général et de la Littérature en particulier, car celles-ci contredisent forcément leurs certitudes à un moment ou un autre. Généralement, la Révolution, la Réforme réputée indispensable des mœurs commence toujours par un bon petit autodafé, une censure au nom de bonnes intentions, toujours.

     

    Poser la question de la censure, l'envisager, c'est déjà censurer.

     

    La censure d'une œuvre se justifiera toujours au nom de la moralisation que les idéologues,théocratiques ou laïcs, prétendent imposer au reste de la société, bien entendu pour son bien. Et cela même si le reste de la société n'est absolument pas d'accord ou s'en fiche. Car les censeurs savent ce qui est bon pour le peuple.

     

    A « Nuit debout », on n'est pas en reste et l'on y respecte studieusement cette « tradition » imbécile. On vient de mettre en place une bibliothèque, « Bibliodebout » (voir à ce lien l'article de la « bibliothécaire » deboutiste) mais, attention, dans un but militant, dans le but d'affermir un discours unique, et je cite « pour se changer les idées », dans l'optique de la conception classique des petits bourgeois de la Lecture : une occupation non productive étant forcément un loisir et rien d'autre. Dans l'esprit d'un militant ou d'un idéologue, la Littérature dont l'apport n'est heureusement pas quantifiable, qui ne sert à rien en tant que telle acquiert une utilité mesurable si elle sert la cause défendue....

    Lire la suite

  • Vazy Baudelaire c'est trop de la balle

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Les Boloss des Belles Lettres : La littérature pour tous les waloufs »

    de Quentin Leclerc et Michel Pimpant avec une préface de Philippe Meyer (portrait des deux auteurs emprunté à ce site)

     

    littérature, société, politique, boloss, bogoss, amaury watremez« Les Boloss des Belles Lettres » était d'abord un site (voir à ce lien) tournant au départ en dérision tous les classiques ou scolaires ou réputés obligatoires pour se la jouer dans les salons mondains. Puis les deux auteurs ont publié ce livre (contenant neuf inédits) en 2014 avant de demander à partir de 2015 à Jean Rochefort de dire leurs textes sur une chaîne « Youtube » dédiée. Les deux auteurs se sont fait des youks en or en partant d'un projet qui à la base était une blague par ras le bol des trous du Q pompeux qui « trouducupompisent » sur les livres, et un lot de consolation pour les gosses dégoûtés par l'enseignement des Lettres en collège ou en lycée, celui particulièrement de « madame Gilbert », la prof de céfran qui a trop les boules de bosser en ZEP et qui n'ouvre jamais un livre en dehors de ses cours.

     

    Mine de rien, leur site ouvre à toute cette culture tous ces adolescents qui n'y aurait jamais accès sinon. Tavu ? Cela m'a rappelé des bons souvenirs professionnels, moi qui ai travaillé plus de quinze ans dans les « quartiers ».

     

    Yann Moixe, le fameux critique littéraire de Ruquier à la moirmoile qui se la pète tous les samedi soir comme un tarba quand t'attends le boulard de Canal plus, c'est marqué en cacedédi en quatrième de couverture, n'aime pas du tout ce livre....

    Lire la suite

  • La vie en noir

    Imprimer Pin it!

    « Noir c'est noir il n'y a plus d'espoir » Jean-Philippe Smets

     


    PHOa7fd04c8-acf2-11e2-82be-7c37e65ceae0-805x453.jpg« Du Polar » de François Guérif, entretiens avec Philippe Blanchet chez Rivages/Noir

     

    portrait de François Guérif empruntée sur le site de « la Montagne »

     

    Les bons livres se reconnaissent généralement à un symptôme lorsque le lecteur les parcourt, on peut en dévorer cent pages d'un coup sans s'en rendre compte. Ils font plaisir. Avec ce recueil d'entretiens, on se prend au jeu rapidement et avoir de suite envie de les relire, pour la bonne bouche. Certes François Guérif semblera parfois injuste dans ses détestations et rejets, par exemple concernant Fajardie, mais quel ennui serait ce bouquin sans subjectivité ! Les auteurs ménageant la chèvre et le chou, se souciant de ne déplaire à personne, n'ont strictement aucun intérêt. Ils font souvent couler un robinet d'eau tiède tout en étant persuadés de l'avoir réinventée, ce n'est pas le cas de ce livre.

     

    On n'est bien entendu pas obligés d'apprécier le Roman Noir tout comme on n'est pas forcés de goûter les délices de Capoue ou les rognons délicatement à la poêle (avec un peu de vin rouge). Bien sûr c'est passer à côté de tout un pan de la Littérature moderne rentrant dans ce « genre », genre encore largement sous-estimé : pour les arbitres des élégances ce ne sont pas en effet des livres dignes de ce nom...

    Lire la suite

  • Des petits hommes verts impertinents

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Martiens Go home » de Fredric Brown

     

    SF, littérature, Fredric Brown, amaury watremezUn soir, vers 20h14 heure de la côté Ouest des Etats Unis, un milliard de petits hommes verts envahit soudain la terre. Ils ne descendent pas de soucoupes volantes, n'ont pas de pistolets lasers ni même de combinaisons spatiales. Ils sont au sens strict tout petits ( de 65 à 85 centimètres), ont douze doigts, une grosse tête, des langues très longues et des habits collants de la même couleur émeraude que leur peau. Ils se contentent d'apparaître juste comme ça (Eux disent « couiner) c'est tout. On ne sait pas ce qu'ils mangent, ni même s'ils se reproduisent de la même manière que nous. Intangibles, personne ne peut les blesser ou les attraper, ce sont aussi des petits monstres mal embouchés, irrespectueux, inconvenants, largement impertinents.

     

    Ils ne répondent à aucune question les concernant, « c'est pas tes oignons Toto » affirment-ils invariablement lorsque l'on leur en pose une car ils sont aussi malpolis....

    Lire la suite

  • Houria Bouteldja de plus en plus de moins en moins

    Imprimer Pin it!

    À propos de « Les Blancs, les Juifs et nous : Vers une politique de l'amour révolutionnaire » aux éditions la Fabrique

     

    politique, houria bouteldja, société, colonies, racisme, idiotie, grotesque, amaury watremezHouria Bouteldja est un personnage grotesque participant du « Barnum consumériste » (TM°). Celui-ci est en droite ligne issu du masochisme mémoriel français sévissant depuis de nombreuses décennies à droite aussi bien qu'à gauche. N'importe quelle communauté, groupe ethnique ou religieux, a réclamé reconnaissance et repentance aux salauds de français pour des horreurs supposées commises tout au long de notre Histoire, du moin celle qui est enseignée.

     

    Elle ressemble à ces « rastas blancs » qui braillent « No Woman No craille » dans la plupart des métropoles méridionales, persuadés que leurs tresses pseudo-africaines et leur coiffure font d'eux des rebelles instantanés. Elle a son emploi de comédie à la télévision, elle y est la « mauvaise » sauvage, celle qui met en valeur les autres humanistes progressistes de progrès invités avec elle. Houria déteste, hait littéralement, elle ne s'en cache les personnes partageant sa propre couleur de peau et leur culture.

     

    Selon cette loi du talion un rien étrange évoquée plus haut, les français doivent donc payer encore et encore le comportement sans cesse montré comme atroce de leurs ancêtres, sans cesse dénigré, sans cesse remis en cause. Les français, comme la plupart des occidentaux, sont tous de toutes façons montrés comme des génocidaires en puissance....

    Lire la suite

  • Maupassant par Morand

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Vie de Guy de Maupassant » de Paul Morand aux éditions Pygmalion

     


    littérature, maupassant, morand, littérature et décombres, politique, amaury watremezJe dois à mon enseignante de Lettres de Quatrième -elle n'avait pas envie de faire « le Cid » avec notre classe- la découverte de Maupassant tout d'abord par la lecture de ses contes fantastiques et normands dont le terrifiant et magnifique « Sur l'Eau », dur comme des éclats de verre sur un mur au soleil, et ensuite de « Pierre et Jean », court roman à clés, se voulant hyper-naturaliste et que l'on peut relire quinze fois en y redécouvrant à chaque fois des choses nouvelles. Ne serait-ce que l'argument principal n'est pas précisément réaliste, dans une famille le frère cadet, aussi bourgeois que son père, apparemment sage et raisonnable, au caractère opposé à son frère aîné Pierre, hérite soudain d'un ami de la famille dont la mère fût certainement la maîtresse.

     

    Tout le monde ferme les yeux et glorifie la fortune soudaine de Jean. Et Pierre face à tant d'hypocrisie finit par partir comme médecin sur un bateau partant plus loin que la ligne de l'horizon.

     

    Paul Morand, auteur entre autres de « l'homme pressé », roman toujours étonnant, du recueil de nouvelle « Ouvert la nuit » et « Fermé la nuit », de « Nouvelles du cœur » et « Nouvelles des yeux », ambassadeur de Vichy et parrain des « Hussards », cette fausse école littéraire sans véritable ligne de conduite, a écrit cette passionnante biographie de Maupassant à la fin de sa vie. Il évoque la vie et l'oeuvre de son confrère en s'effaçant derrière son sujet contrairement à de nombreux auteurs qui ne parlent que d'eux-mêmes lorsqu'ils écrivent sur un autre....

    Lire la suite

  • Dire tout ce qu'il ne faut pas dire

    Imprimer Pin it!

    Cet article est aussi sur Causeur.fr

     

    à propos de « Tout ce qu'il ne faut pas dire » de Bertrand Soubelet, chez Plon, sortie le 24 mars (voir à ce lien)

     

    livre, bertrand, soubelet, gendarmerie, société, sécurité, amaury watremez, politique, désengagement, Union européenneLe général de gendarmerie Bertrand Soubelet, devant une commission parlementaire, le 28 décembre 2013, a énoncé les faits de manière claire, nette et précise montrant que le terrorisme et la radicalisation islamiste dans notre pays sont des questions n'ayant pas été appréciées à leur juste valeur et ce depuis trente ans. Cela ne commence pas avec François Hollande. Ayant dit la vérité, il a été écarté de son emploi de la direction des opérations et de l'Emploi de la gendarmerie, ainsi que de la conduite des gendarmes d'Outre-mer. Ce n'est pas un militant politique, il n'a pas d'ambitions quelconques, pas de désir à soutenir tel ou tel. Ce 24 mars sort son livre développant son propos chez Plon.

     

    Il outrepasse largement son devoir de réserve à géométrie variable selon que vous soyez de gauche ou de droite, mais après les manifestations des « Je suis Charlie » célébrant la liberté d'expression, n'est-elle pas devenue encore plus importante ? Elle est encore plus fondamentale y compris et surtout quand ce qui est exprimé contredit les lieux communs qui rasurent, les mièvreries ambiantes et padamalgamesques, les discours de l'excuse...

     

    Il dénonce le désengagement progressif, ne serait-ce que par les « économies » drastiques dans les moyens alloués, de l'Etat dans tous les domaines régaliens lui étant pourtant propres : l'Education et la Sécurité en particulier. C'est de là que naït la montée de l'influence néfaste des pires radicaux islamistes dans nombre de nos banlieues et au cœur des villes. Les institutions ont laissé consciemment le terrain libre aux fanatismes, aux haines cuites et recuites, ethniques ou religieuses. Après tout l'Islam radical constitue un excellent moyen de contrôle social des plus précaires. Et ce même si malgré tout les éducateurs et policiers continuent d'y mener comme ils le peuvent un travail remarquable mais qui ne suffira pas car les métastases sont beaucoup trop profondes....

    Lire la suite

  • Londres vu des marges

    Imprimer Pin it!

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezÀ propos de « Ici Londres ! » de Barry Miles Une histoire de l'Underground londonien depuis 1945 chez Payot collection Rivages rouge (site de l'éditeur)

     

    Couverture empruntée au site de la FNAC

     

    L'Underground est une notion n'existant plus vraiment de nos jours. En effet, n'importe quel gosse a accès en deux clics sur internet à du porno le plus crade possible, des publications réputées historiquement ou politiquement transgressives. De plus la sexualité n'étant plus vraiment liée à la morale, finalement, ne demeurent que très peu de tabous, du moins dans la part la plus matériellement aisée de la population. Et quant à l'art, plus il joue à l'épate-bourgeois, à feindre de choquer, plus il plaît, et se vend bien. Gilbert et Georges ne sont plus des marginaux et Vivienne Westwood prend le thé avec la Reine.

     

    arts, société, peinture, littérature, underground, londres, amaury watremezCe livre passionnant raconte donc l'Underground de « l'Action Painting » au « Goon Show » à travers les yeux d'un témoin privilégié, Miles écrivait dans « IT », revue « underground » plus ou moins équivalent de « Actuel » dans les années 60-70. Et le lecteur se laisse surprendre à penser que ces artistes, ces auteurs, ces musiciens se croyant tellement subversifs, persuadés de changer le monde étaient au fond de grands naïfs, et leur subversion revêt dorénavant l'aspect de la désuétude, une désuétude sympathique il est vrai. A l'exception d'un ou deux parmi eux, déjà cyniques et rompus à la loi du Marché comme l'escroc du « Punk » Malcolm McLaren ou d'autres....

    Lire la suite

  • Nouveau conte pédagogique du chat perché

    Imprimer Pin it!

    Hommage modeste  à Marcel Aymé (les « contes bleus et rouges du Chat Perché) furent mes premières lectures de « grand »

     

    éducation nationale, société, ifum, espe, pédagogie, amaury watremezà propos de « la Ferme aux professeurs » de Fabien Vermorel aux éditions de Paris (livre à ce lien)

     

    Chaque année à la ferme, plusieurs poulets et poulettes rêvaient de connaître la gloire de devenir des bêtes à concours afin d'aller au Salon de l'Agriculture, de bons volatiles pouvant à leur tour ensuite apprendre aux petits poussins à gratter le sol de la basse-cour pour trouver de quoi se nourrir, à devenir de bons et gros poulets nourris au grain, le cuissot ferme et charnu, ainsi que de bonnes poules pondeuses consciencieuses dont le fermier serait content donnant des œufs au blanc bien blacn et au jaune bien jaune.

     

    Et qui sait ?

     

    De nouvelles bêtes à concours aux plumes éclatantes de santé récompensées d'une médaille par Monsieur le ministre de l'Agriculture lui-même.

     

    Ces poulets et poulettes se faisaient beaucoup d'illusions. Ils croyaient encore fort naïvement qu'ils s'agissaient de transmettre les connaissances de tous les sages volatiles présents bien longtemps avant leur naissance. Il s'imaginaient déjà pris en photo avec leurs classes de poussins, fier de tout ce qu'ils leur avaient appris. Foin de tout cela, ils déchantèrent bien vite quand ils virent arriver ceux qui avaient la tâche après tout honorable de les préparer à devenir de bons professeurs....

    Lire la suite

  • Desproges bande encore

    Imprimer Pin it!

    A propos de « Desproges bande encore » de Francis Schull aux éditions « les échappés »

     

    humour, politique, société, télévision, humour, amaury watremez, desproges« Les échappés » après les chroniques culinaires de Desproges, sortent cette biographie en forme de recueil d'entretiens avec ses amis, ses filles, sa femme et d'autres proches, des témoignages parfois lus ou entendus ailleurs. Le tout dessine un portrait vivant de l'humoriste, « écriveur » de talent inventeur de diverses formules que ceux les citant encore en 2016 oublient de rappeler la provenance, à commencer par le fameux « On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui » dit au moment de la venue de le Pen au Tribunal des flagrants délires en 1982 où Rego fût meilleur que le procureur pour de faux de l'émission, celui-ci sombrant alors dans un « prêchi-prêcha » indigne de lui et beaucoup plus lourd que ses textes habituels.

     

    A chaque évocation d'un comique anciennement populaire mort, Coluche, Guy Bedos, Le Luron ou Desproges qui l'était un peu moins, populaire, c'est la même rengaine : « Ahlala, il nous manque ! C'était le bon temps etc... ». On est toujours dans la logique du présent perpétuel dans lequel nous vivons depuis quelques décennies, la plupart des « grandes personnes » se prétendant raisonnables étant incapables d'accepter de mûrir, de penser simplement. Il y a un fait objectif, certes, l'incompréhension quasiment totale par notre époque de la dérision, du second degré, de l'ironie et la dictature de l'émotionnel qui interdit toute nuance, tout recul, toute ironie...

    Lire la suite