Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Copines/Copains

  • Les femmes fusibles en politique

    Imprimer Pin it!

    politique, femmes, attachées parlementaires, dircab de rugy, amaury watremezL'histoire de la dir'cab de de Rugy est symptomatique (voir à ce lien), virée comme fusible à la place de son patron par son patron, car elle a gardé un logement de la ville de Paris douze ans comme pied à terre dans la capitale pour ses gosses. (Nicole Klein semble l'exemple type de ces femmes qui gravitent autour des politiques, progressivement se « masculinisant », se tannant le cuir...)

     

    Cela m'a remis en mémoire celle de quelques camarades de fac qui sont devenues attachées parlementaires après une maîtrise de sciences po et souvent des années de militantisme de gôche, de tractage dans le froid, de nombreuses tâches ingrates, etc


    L'esprit de sérieux parfaitement insupportable dominait chez ces demoiselles déjà...

     

    Je me souviens du mémoire de maîtrise de l'une d'elles en histoire antique qui prétendait donner des mœurs gauloises une vision féministe. On y parlait des guerriers gaulois qui « souillaient » les pures jeunes filles ce qui dénotait sans doute chez sa rédactrice un fantasme de viol inavoué.


    Toutes ces filles étaient bien entendu féministes progressistes et tout, toutes également issues de milieux hyper-favorisés, certaines avaient un « nom ». Toutes avaient quelques névroses très chic de pauvres petites filles riches, bien sûr, mais elles ont très vite compris en quoi consistait réellement le glorieux boulot d'attachée parlementaire :

     

    Bien porter la minijupe,

    Préparer tous les dossiers sans le dire surtout, le patron s'assurant de la « représentation »,

    Accepter de temps en temps un "furtif" "vite fait tout debout" sur un coin de bureau,

    Faire un joli sourire quand le patron parle, ne jamais l'interrompre, toujours être d'accord avec...


    Elles se disaient toutes que c''est le prix à payer pour leur ambition et rongent leur frein en fayotant le plus possible pour faire carrière quand même.
    La plupart des femmes ministres viennent de ce petit milieu d'ailleurs.

    Elles ont fayoté mieux que les autres en somme...

     

    Bien entendu depuis qu'il est considéré comme moderne, progressiste et tout le tintouin de faire son « coming out » chez les parlementaires et représentants du peuple, ça s'est un peu complexifié. Parfois ce sont des attachés parlementaires mâles qui jouent le même rôle.

    Il leur faut bien porter le costard, se faire discret, organiser des petits plans discrets « back room » de temps en temps tout en espérant un « bon » mariage eux aussi, sous les feux de la rampe.

     

    Ou alors le patron est une femme qui curieusement oublie son féminisme avec ses subordonnés...

     

    Les parlementaires femmes sont parfois encore plus « machistes » curieusement, ou pas, que les hommes. On dirait qu'elles prennent leur revanche sur un passé d'obséquiosité. Il y aurait tellement à dire sur ce microcosme d'une telle hypocrisie.

     

    Image empruntée ici

     

    Sic Transit Gloria Mundi Amen,

     

    Amaury-Grandgil

  • La France d'Audiard et la nôtre

    Imprimer Pin it!

    Audiard, Littérature, cinéma, société, politique, amaury watremez"Valeurs Actuelles" a sorti un "hors série" sur Michel Audiard, sa vie, son œuvre, ses films et tout le toutim. L'acheter c'est commettre un acte doublement politiquement incorrect.

    C'est bien entendu du commerce, le moyen de faire du bénéfice à peu de frais.

     Et pourtant je me suis laissé avoir. Il faut avouer...

    J'ai mes compulsions littéraires : Bernanos, Marcel Aymé, Philip K. Dick, et Audiard et d'autres. Je m'attendais à des articles torchés à la va-vite, et ô surprise tout est bien écrit. C'est tellement bien écrit que les textes mettent à nu le mystère Audiard mieux que d'autres livres hagiographiques écrits sur le "petit cycliste" qui en rajoutent dans la nostalgie à deux centimes, celle des photos de Doisneau entre autres.

     

    Ceux-ci me font horreur, et je pense lui auraient fait horreur aussi. Comme tous ces livres où l'auteur se place en disciple, en héritier de...

     

    On suit son parcours, du journalisme au cinéma, en passant par le "Vel d'Hiv" et sa passion pour la littérature, ses amitiés, les auteurs et acteurs avec lesquels il entretient des liens, un genre de "communion des saints" en somme.  Curieusement alors qu'il écrivait pour tout le monde, Audiard est devenu un genre d'icône élitiste pour petits enfants sages qui n'osaient pas être insolents ou indociles et qui trouvent dans son cinéma et son sens de la jactance une compensation bienvenue à leur servilité intrinsèque.

     

    A l'époque un gamin des rues comme lui pouvait avoir de l'ambition sans pour autant cirer les bottes des uns ou des autres, sans avoir des réseaux, ni de nom. En 2019 les grossiums et leur progéniture se sont arrangés pour que seuls leurs rejetons et leurs obligés puissent avoir accès au cinéma ou à l'édition. De temps en temps on monte en épingle un cas parmi des milliers d'autres pour bien montrer que l'ascenseur social fonctionne encore alors qu'il est au point mort depuis des décennies.

     

    Audiard a son moment fondateur comme chacun d'entre nous, et lui il le vit à la Libération quand il passe devant le corps supplicié d'une jeune fille brutalisée par des résistants de la dernière heure (car elle cachait un allemand). Les abrutis l'avaient dénudée, puis s'étaient amusés à lui balancer des pavés jusqu'à ce que la mort s'ensuive. Le futur scénariste découvre à ce moment là que la très grande majorité des gens ne vaut rien, pas un fifrelin. Ce qui rend les amitiés et les amours avec des personnes de qualité d'autant plus précieuses qu'elles sont rares.

    Et avec elles les moments de convivialité, de partage, qui ne sont pas juste de la bouffe pour la bouffe sans souci de l'hygiène de vie, concept inédit en ces temps là. Le plaisir de bien manger, nos hygiénistes l'oublient. il faudrait s'auto flageller tout le temps.

     

    Les personnages d'Audiard parlent mieux que les vrais truands, les petits voyous et les gens du peuple de la "vraie" vie, lui-même l'avouait, ses gangsters ont plus d'esprit, plus de cervelle et de classe. Il invente une langue qui est plus littéraire que réelle, excepté peut-être le sens de la formule que l'on trouve, ou plutôt que l'on trouvait partout dans le vieux pays de France. Si on savait vivre dans le temps d'avant, on savait aussi parler et pas pour ne rien dire. On savait lire aussi, sans pour autant se laisser prendre à l'esprit de sérieux qui maintenant envahit tout.

     

    Et Audiard a beaucoup lu, les "classiques", les "modernes", en particulier les "Hussards", et les "infréquentables" aux yeux des beaux esprits. Dans les articles on retient surtout Céline, de par son aura de diable des bibliothèques, mais Audiard aimait aussi beaucoup Marcel Aymé et Antoine Blondin, le "jardinier" de la rue Mazarine (un soir après une bonne cuite au bar Bac, Blondin et ses copains sont allés acheter des fleurs au quai aux fleurs non loin et ont fleuri toute une rue).

     

    Quand on fait le compte des différences entre cette France et la nôtre on a un peu le tournis. Pour beaucoup la France d'Audiard, c'est la "France rance", une France où l'on n'avait pas peur de dire clairement les choses, et en particulier aux cons. Forcément, on comprend qu'ils n'aiment pas. Quand on traite quelqu'un de con ce n'est d'ailleurs pas une injure, juste un diagnostic, et un sévère. Les trois quarts et demie des propos qu'Audiard tenait, ce qu'il écrivait, tomberait sous le coup de la loi de la députée "mordeuse" qui en est l'auteur-e (Laetitia Avia).

     

    Elle comme d'autres de son parti, de son idéologie, ne peut pas aimer la France d'Audiard, elle sait très bien qu'elle n'en fait pas partie, qu'elle n'en sera jamais. Elle et ses semblables préfèrent donc essayer, vainement, d'en effacer toute trace dans les mentalités et d'en interdire l'évocation, sous des prétextes divers.

    Mais quelle importance ? On va se gêner...

    Image empruntée ici

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

  • Actualité de "1984" d'Orwell

    Imprimer Pin it!

    1984, société, politique, internet, livre, littérature, amaury watremezJ'ai lu "1984" en 1984 justement. Je l'ai lu en le prenant au départ comme un simple roman de Science-Fiction, une dystopie (anti-utopie) pour se faire peur. Mais comme tous les bons livres de Science-Fiction justement, "1984" est une fable sur nous, une fable lucide, d'un auteur clairvoyant  qui dans cet ouvrage est visionnaire.

    J'ai eu envie d'évoquer ce livre de nouveau après en avoir lu une "critique" de lycéens, critique à la fois très drôle et effarante dont les auteurs retenaient qu'Orwell avait forcément écrit "1984" pour rechercher la célébrité et se faire connaître, se faire remarquer, tout le contenu prophétique ayant été consciencieusement oublié.

     

    Quand Orwell écrit "1984" il ne fait pas œuvre d'anticipation, il choisit l'année 1984 en inversant les chiffres de son année de rédaction, 1948. Ayant sans doute confiance dans la nature humaine, Orwell pensait qu'il était nécessaire que se déroule une guerre interminable afin de faire accepter le cauchemar totalitaire qu'il décrit. Dans le monde de "1984" Océania et Eurasia sont sans cesse en conflit donc, imposant un régime policier et dictatorial, une surveillance consentie des esprits grâce aux "télécrans" présents dans chaque domicile, et qu'il est interdit d'éteindre.

     

    Afin de maintenir le pouvoir en place, la langue officielle est appauvrie progressivement jusqu'à devenir une "novlangue" simpliste ne permettant aucune nuance d'expression. Sous prétexte d'amener la culture à tous, sous prétexte de combattre l'élitisme. l'histoire et l'actualité sont sans cesse transformées, la vérité est mouvante selon les désidératas des dirigeants. D'ailleurs sur le fronton des principaux ministères régissant la société sous la férule sévère de "Big Brother" la couleur est vite annoncée :

     

    "La guerre, c’est la paix".

    "La liberté, c’est l’esclavage".

    "L’ignorance, c’est la force.".

     

    Les relations hommes-femmes sont strictement surveillées également. S'aimer est interdit, car l'amour, appelé "crimesexe", va contre la logique du groupe, la logique implacable de la société standardisée. Une ligue de jeunes filles et jeunes gens embrigadés permet de maintenir ces règles absurdes. Ceux-ci sont éduqués à refuser tout lien autre que leur soumission collective à "Big Brother", dictateur omnipotent que personne n'a jamais vu. On ne sait même pas s'il existe. Tout comme Goldstein, l'ennemi "officiel" du régime qui aurait écrit un livre circulant parmi les "dissidents".

     

    Tous les jours, ceci afin de servir de soupape en quelque sorte, sont organisées les deux minutes de la haine. On projette le visage de Goldstein qui est hué par le public qui décharge alors aussi toute son aliénation et se défoule de ses frustrations.

     

    Le personnage principal du livre, Winston Smith (Winston car extraordinaire par son indocilité, Smith car c'est un homme du peuple, un homme comme les autres), se rebelle contre cette horreur mais finit par se soumettre. Winston commence à se rebeller par la lecture. A la fin lui aussi aime "Big Brother". Et on apprend entre temps de la bouche de son tortionnaire O'Brien que Goldstein n'existe pas, qu'ils n'y a pas de sédition, que c'est juste un moyen d'identifier les individus qui voudraient se rebeller...

     

    En 2019, il y a des "télécrans" partout, des "télécrans" acceptés par tous et que très peu de personnes songe à éteindre de temps à autres. La vérité est mouvante, elle évolue au gré des caprices des vrais maîtres de ce monde. Contester leur vérité est de plus en plus puni et judiciarisé sévèrement. Et pour faire aimer "Big Brother" nul besoin de torturer les nouveaux Winston Smith, la majorité des populations se soumettant toute seule. Les "deux minutes de la haine " (ou "la journée de...") sont constantes, ce sont les réseaux sociaux, un défouloir que le pouvoir tolère à condition que cela ne débouche sur rien de concret.

     

    La société n'a pas qu'un seul Goldstein mais plusieurs afin de parquer les mécontents en ridiculisant leur colère et leur révolte. Marine le Pen est un de ces Goldstein fort pratique. Ne parlons pas de l'inversion des valeurs, acceptée par la grande majorité des gens qui obéissent par peur de perdre ce qu'on leur laisse encore. Que la majorité de la société aime "Big Brother" est évident, nos ancêtres quand ils voulaient contester des décisions du pouvoir utilisaient différents moyens d'action radicaux et efficaces pour se faire comprendre, nous, nous râlons sur "Facebook" ou "Twitter" ou des considérations pertinentes peuvent se perdre dans un océan de sottises anodines...

     

    ...L'indocilité se dilue dans un océan de guimauve.

     

    Et nous aimons "Big Brother"

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration prise ici

  • "Bientôt la tournet !"

    Imprimer Pin it!

    musique, mythomanie, société, politique, sosies, amaury watremezLa réalité dépasse très souvent largement la fiction. Ainsi je me souviens très bien des habitants de Nézel, petit village que j'habitais non loin d'Épône : le cafetier était un géant de deux mètres aux mains comme des battoirs marié à une toute petite femme, il avait comme client une ancienne prostituée parisienne dévouée à son mari mourant, et un retraité de la SNCF qui parlait comme dans les films d'Audiard, surnommé "pot aux roses" car il prétendait connaître tous les secrets cachés de cette micro-société. Aucun écrivain n'aurait osé écrire le genre de scènes que l'on pouvait voir sans se dire que ça ferait vraiment trop exagéré.

     

    Yann Moix dans "Podium" (voir à ce lien) est ainsi largement en deçà de la réalité quand il parle de son "héros" sosie de Claude François. J'en veux pour preuve les "pages" facebook de sosies officiels ou non du chanteur dont ils enjolivent l'histoire, tous persuadés que leur ressemblance souvent très mince saute aux yeux, tous persuadés qu'ils ont au moins une parcelle de son talent, tous convaincus d'être devenus eux-mêmes des idoles, arc-boutés sur leurs certitudes contre l'évidence même de leur anonymat au-delà d'un certain cercle.

     

    J'avoue faire partie d'un de ces fan-clubs (voir à ce lien) qui sont à la fois attendrissants par la dévotion des fans et très drôles par le ridicule involontaire de l'idole ou de ses adorateurs, de leur fautes d'orthographe énormes à rédiger des "prières" de dévotion pontifiantes et se voulant d'un sérieux de pape sur la vie ordinaire des sosies transformée en aventures formidable.

     

    On me rétorquera que bien entendu ils ont le droit de vivre dans un rêve après tout, s'ils ne causent pas de tort à leurs proches. Pourquoi les obligerait-on à se replonger dans un réel pour eux très déplaisant et grisâtre si leur monde de fantaisie leur convient ?   

     

    Ils rappellent un des types de "cons", dans l'acceptation psychologique du terme dont il est question dans le livre "Psychologie de la connerie" (voir mon article à ce lien), de la catégorie des inoffensifs :

    Les naïfs mythomanes totalement sincères car ne doutant pas eux-mêmes une seconde de la véracité des sottises qu'ils racontent sur eux-mêmes et leur entourage, toujours au premier degré, certains devenant des tyrans domestiques, tel ce  Dgilly Claude François filmé dans une émission de "témoignages" avec sa compagne Paola, voir à ce lien, au nom de leur "art" et celui de la vedette. Et pour DGilly de son perfectionnisme dans le mimétisme avec "Claude". Il en sûr, comme il le dit "Claude m'habite", "le pénètre" avant chacun de ses spectacles.

     

    Car il a parfois aussi, comme tous ses semblables des formules involontairement malheureuses...

     

    DGilly est sans doute le roi des sosies, le meilleur d'entre eux, le plus flamboyant, le plus inconscient sans doute de tout les travers évoqués ci-dessus. Il s'est même essayé à enregistrer un "45 tours" d'une de ses compositions (voir à ce lien). On l'admirera sur la pochette entouré de jolies femmes, rêvant sans doute de faire autre chose que de chanter sempiternellement "Alexandrie, Alexandra" lors de "foires à la saucisse" ou de "journée Bacalhau" dans des restaurants disons moyens qu'il est certain d'illuminer de sa présence.

     

    Et puis que l'on parle de lui en bien ou en mal, au fond on parle de lui.

     

    Ces mythomanes trouvent dans Internet et les réseaux dits sociaux le moyen d'amplifier considérablement leur mythomanie, persuadés de la rendre réelle en l'évoquant. Il n'y a pas que les sosies de Claude François, on ne compte pas les auteurs en herbe, les musiciens autodidactes tous génies méconnus bien entendu. Certes il y en a qui ont un vrai talent, mais ils sont rares. Et eux aussi sont très naïfs ignorant que ce qui fait la réussite et la célébrité de certains c'est l'endogamie sociale, les réseaux et l'argent au départ, les compromissions etc...

     

    DGilly, notre roi des sosies, la fameuses "idole années 80", loin des paillettes et de la nostalgie disco, de sa "tournet" européenne en devenir et du "suxée" bientôt de retour (pour employer son orthographe à moins que ce ne soit celle de  sa production, pardon de "la Prod" comme on dit parmi les initiés), est beaucoup plus sympathique dans le documentaire qui a été réalisé sur sa région l'Auvergne qu'il évoque finalement très bien (voir à ce lien). Mais s'en rend-il bien compte ?

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration prise ici

     

    Ci-dessous "l'hommage" d'un certain Yannick à Claude, un usurpateur du trône de DGilly c'est certain

  • Boudard et Céline c'est kiffe kiffe

    Imprimer Pin it!

    Boudard, la métamorphose des cloportes, livre, amaury watremezJ'aime particulièrement le film "la métamorphose des cloportes", scénarisé et dialogué par Audiard, réalisé par Pierre Granier-Deferre, la vérité de ses décors parisiens, la noirceur de l'histoire et des personnages et puis bien sûr la fin. On a quand même rarement entendu manière plus sensuelle de traiter quelqu'un de "Dupont-Lajoie". L'autre avantage du long métrage est qu'Audiard n'y "audiardise" pas trop, fait moins dans le bon mot qu'à l'habitude ou dans le truand farcesque.

     

    Audiard est devenu une statue du commandeur du cinéma français. Certes une statue qui se marre avec la casquette vissé sur le crâne mais pas le droit de dire ce que l'on pense de cézigue dans certains films où il aurait mieux fait de s'abstenir, pas le droit de remarquer que parfois il se laissait aller à ses facilités dans la jactance. Il le reconnaissait d'ailleurs souvent lui-même, lui qui était amoureux de la littérature. Il est vrai qu'un ratage du "petit cycliste" vaut plusieurs comédies française actuelles.

     

    Faut reconnaître, faut avouer...

    Lire la suite

  • Pourquoi j'aime la pluie

    Imprimer Pin it!

    J'aime bien la pluie, je sais c'est étrange, c'est bizarre.

    pluie, paris, souvenirs, nostalgie, amaury watremezJ'ai mes raisons comme on dit. Quand il fait mauvais, quand il pleut je suis encore un peu avec toi.  Cela ne me rend pas triste au contraire, encore moins nostalgique. Paris sous la pluie est plus intéressant, on fait comme les enfants, on dirait que on est dans un film du quotidien poétique, Marcel Carné, Prévert et des dialogues de Jeanson.

    Je sais très bien que le temps perdu ne se rattrape plus, que les rêves meurent un jour. Je n'ai plus d'illusions. Mais au moins le temps gris est le même que lorsque je te voyais chaque jour. Certains parlaient d'année pourrie, celle là aussi, moi c'était comme si il faisait soleil chaque jour. Et même je ne me posais aucune question.

    Une chanson sur la pluie est une des œuvres les plus joyeuses de Brel, sans doute t'a-t-il connue ?

    Parfois je prenais ta main dans la mienne, tes doigts délicats dans ma grosse patte. Il n'y avait que cela qui comptait réellement.

    Et puis un soir, un soir de grosse chaleur, une nuit de canicule, tu n'es pas venue et nous ne nous sommes jamais revus...

    ...Ainsi va la vie.

     

    Image empruntée ici

    Sic Transit Gloria Mundi,

    Amaury - Grandgil

  • Karnaval

    Imprimer Pin it!

    carnaval de dunkerque,société,carnaval,humour,politique,amaury watremezLa tradition du Carnaval, du Charivari, du Tohu bohu, remonte au Moyen Age. C'était une période où tout était inversé, les rapports entre les hommes, les femmes, les rapports de pouvoir, les riches laissaient entrer les mendiants, les prêtres étaient raillés, le blanc devenait le noir et inversement. C'était un joyeux bazar. Il y a encore quelques années les adolescents, les écoliers se déguisaient et défilaient en ville arrosant généreusement les bourgeois qu'ils croisaient, qui n'osaient pas répliquer quoi que ce soit ou en appeler aux forces de l'ordre.

     

    Votre serviteur, mézigue l'auteur de ces lignes, l'a fait quand il était lycéen, il adorait ces journées où l'indocilité devenait la norme pour une fois...

     

    Depuis quelques temps, cette joyeuse coutume s'est plus ou moins perdue au profit de Halloween, en partie, car même dans ce dernier cas on ne se déguise plus tellement pour s'amuser au XXIème siècle. Et l'on pourrait croire aussi que le goût de l'irrévérence a été abandonné en route.L'époque actuelle serait même on ne peut plus révérencieuse, s’aplatissant devant ceux ne le méritant aucunement. Les nantis, les donneurs de leçon ayant sans doute des problèmes de foie, les bourgeois pédagogues ont donc repris du poil de la bête. Ils se pensent vainqueurs...

     

    Et n'importe quel imbécile par le miracle technique des réseaux sociaux de réclamer le respect qu'il estime indispensable pour ses raisonnements abscons (on le comprend, au fond il sait très bien qu'il est stupide), et de judiciariser ou menacer de le faire dés qu'il ne l'obtient pas, de faire planer sur tout et n'importe quoi leur pénible esprit de sérieux...

    Lire la suite

  • Pour quelques pots de Nutella

    Imprimer Pin it!

    inspiré de ce fait divers (voir à ce lien)

     

    société, politique, consommation, nutella, amaury watremezJe suis agent de sécurité du centre commercial « les trois violettes ». C'est un bien chouette métier que celui-là. Je suis comme le shérif d'une petite ville bien vivante, parfois turbulente. On en a vu des choses si vous saviez. Des voleurs à la tire, des kleptomanes, des grandes dames piquant dans les rayons. Quand on les arrête elles protestent, elles ont de ces grands airs, « ouaip », des comédiennes. Je ne suis jamais dupes même quand elles se mettent à pleurnicher.

     

    Mais je les aime bien, ça me fait de la distraction dans mon petit réduit où que je les emmène. Leur parfum reste longtemps après, entêtant, ça me donne l'impression que j'ai plein d'amoureuses.

     

    Pourtant dans toute ma chienne de vie, rien ne m'avait préparé à ce que j'ai vécu pendant les foutues soldes du Nutella...

    Lire la suite

  • Les puissants s'affolent (et ce n'est pas une « fake news »)

    Imprimer Pin it!

    fake news, président macron, nyssen, presse, médias, politique, société, amaury watremezLe président Macron veut mettre en place une loi contre les « fake news » (voir à ce lien). Sa ministre de la culture cette chère madame Nyssen prétend même un peu légèrement à mon avis que c'est pour mieux préserver la liberté d'expression. Donc brider celle-ci c'est l'étendre ? « La vérité c'est le mensonge » ?. Il convient de se demander ce que c'est qu'une « fake news ». On se demande d'ailleurs pourquoi un « littéraire » comme Jupiter ne parle pas de mensonges ou de bobards ? Cette mode des anglicismes est très années 80, elle naît d'un désir de faire moderne, de faire jeune.

     

    Une « fake news » c'est tout ce qui contredit en général la bonne parole libérale libertaire, la doxa bien pensante, tout ce qui mettrait en lumière l'hypocrisie des nantis, ce que l'on appelle pudiquement la France qui va bien. Ils ont cru depuis quelques années faire bonne figure en adoptant quelques postures « citoyennes » ou « civiques ». Une opinion émise sur un site de droite est donc forcément une « fake news », y compris quand elle est enrobée des précautions d'usage que les éditorialistes dits politiquement incorrects croient bon d'enrober leur discours. Un discours s'opposant à celui qui fait de la mondialisation à toute force l'utopie ultime est une « fake news » etc...

    Lire la suite

  • Joyeuses fêtes et surtout la santé

    Imprimer Pin it!

    société, politique, noèl, religions, christianisme amaury watremezIl y a aura toujours des petits, et grands, censeurs de joie. Les censeurs de joie ne supportent pas les plaisirs pouvant exister en dehors de leur idéologie à la noix, des plaisirs contredisant leurs certitudes absconses. Devant une œuvre d'art, un paysage de rêve, un film, en lisant un livre ils ne recherchent que ce qui leur permet de persévérer dans leur sottise. Ils ne goûtent pas la vie, ils la refusent, la détestent et profitent de la moindre once de pouvoir qu'ils ont pour communiquer leur rancœur, leurs frustrations aux autres...

     

    Les donneurs de leçons habituels s'en prennent maintenant à Noël. Noël est une fête chrétienne même si elle a perdu beaucoup de son sens depuis quelques décennies. Et c'est la signification de cette fête chrétienne (je répète pour bien agacer les moralisateurs laïcards ou communautaristes) qui implique cette convivialité et ce temps de paix que tous croient bon de vivre le 24 et le 25 décembre. Que Noël soit une fête chrétienne même encore un peu les embête un maximum alors que les droits de l'homme qu'ils invoquent tant ne sont que la laïcisation de celles issues de l’Évangile.

     

    Ce qui tient encore un peu dans notre société : le souci minimal de l'autre, de protéger un peu les plus fragiles, en vient encore...

    Lire la suite

  • Les deux France irréconciliables et Johnny

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     

    La mort de Johnny, idole au sens concret du terme visiblement depuis deux ou trois jours, met en valeur l'existence de deux France, deux pays totalement irréconciliables :

     

    Johnny Hallyday, société, musique, politique, amaury watremezCelle très minoritaire dite « de Paris » en province, de ces baudruches de parigots suffisants qui font la leçon à tout le monde, où l'on aime se cultiver, où on lit, où on s'intéresse au théâtre, aux arts, à la culture en général. Rien que des prétentieux, des vaniteux atroces. J'ironise bien entendu, mais je ne dis pas que parmi ces personnes il n'y ait pas de cuistres du tout, mais il n'y a pas que cela. Loin de là.

     

    Et à côté on trouve l'autre France qui englobe tout le tout le reste de la population sans distinction de milieux ou d'opinions.

     

    On n'y lit plus beaucoup, on n'y va plus tellement au concert ou au musée. La culture, on s'en fiche un peu même si on ressent pour cela un peu de culpabilité néanmoins...

    Lire la suite

  • Des cinéphiles du troisième type  

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     

    à propos de "le Brady - cinéma des damnés" de Jacques Thorens dans la collection "Verticales" chez Gallimard (page de l'éditeur à ce lien)

     

    cinéma, le brady, mocky, amaury watremezQuand Jean-Pierre Mocky a repris le Brady il pensait en faire une salle d'art et d'essai lui permettant également de montrer ses films. Mais comme déjà à cette époque, il n'avait pas beaucoup de fonds, le "Brady" projetait des films en bout de course ou des longs métrages dits de genre coûtant beaucoup moins cher : de karaté, d'horreur, des pornos, des films d'action tournés avec peu de moyens. Afin d'attirer le chaland, le "Brady" proposa comme tous les cinémas de quartier de l'époque un double programme à bas prix comme les "Grindhouse" américains.

     

    Cependant, plutôt que de faire venir la clientèle de cinéphiles avisés et distingués, le "Brady" devint très vite le refuge des exclus du quartier, de tous les miséreux, les paumés, les clochards. Ils dorment devant les films, ronflant à grand bruit, mangent voire pique-niquent, certains apportant leur réchaud pour se faire griller des saucisses. Les toilettes sont des lieux de rencontre homosexuels ainsi que les rangées de fauteuils du fond.  Le "Brady" est leur seconde maison en attendant de se retrouver à la rue le soir ou dans un hôtel minable.

    Lire la suite

  • Lettre d'un fils à son père – lettre au pape François

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     

    à propos de la lettre du pape François sur les migrants (voir à ce lien)

     

    pape françois, société, politique, christianisme, religions, catholicisme, église catholique, lettre sur les migrants, amaury watremezMon père,

     

    Je ne suis pas de ces doux dingues persuadés que lorsqu'ils écrivent des missives enflammées au président de la République ou à ses ministres ceux-ci se jettent sur leurs lettres, les dévorent et y répondent. Je suis convaincu que jamais vous ne lirez cette courte adresse mais je vais l'écrire malgré tout.

     

    Dans l'église de France, je pense particulièrement aux paroisses de Versailles mais c'est le même cas de figure un peu partout dans ce pays, on veut aider les pauvres. C'est très bien, très honorable sauf que le pauvre ce n'est jamais le plus proche, jamais le voisin de chaise à la messe auquel on ne serrera pas la main pendant le « baiser de paix » si on ne connaît pas, s'il ne fait pas partie du réseau. Le pauvre c'est toujours le migrant, l'étranger, cet autre majuscule que l'on ne veut plus voir ailleurs, cet autre toujours innocent alors que l'occidental serait toujours coupable :

    Lire la suite

  • Les nouveaux rosiers de madame Husson

    Imprimer Pin it!

    politique, société, réacs, amaury watremezCe petit texte est dédié à « ffff ». « ffff » était un commentateur quotidien de mon blog durant quelques années, surtout quand il était jumelé avec celui des « Moissonneuses », ces pestes fort séduisantes. Il s'est avéré que « ffff' » est un jeune historien « politiquement incorrect » qui nous explique doctement dans deux ouvrages que certains évènements comme la Vendée Militaire ne sont pas abordés par l'histoire officielle afin de ne pas contredire certains mythes éculés construisant la psyché républicaine : quelle découverte en effet...

     

    Dans les nouvelles et romans de Guy de Maupassant, il y a toute l'humanité, parfois il en a une vision vraiment noire, mais il est toujours lucide. Dans « le Rosier de madame Husson », il raconte l'histoire de ce pauvre garçon sage et bien gentil de Gisors qui récompensé pour son apparente vertu s'empresse de filer à la capitale, ébloui par ses plaisirs, pour faire la fête. Les auteurs du net ou d'ailleurs se voulant politiquement incorrects, indépendants, voire antisystème sont pour beaucoup de ces nouveaux rosiers de madame Husson.

    Lire la suite

  • Histoires de couple

    Imprimer Pin it!

    couple, sexe, société, littérature, femmes, hommes, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Il est toujours délicat pour un célibataire de parler de couple. Beaucoup plus que pour une célibataire, surtout si celle-ci est séduisante. De nombreux hommes se sentiront obligés de la « rassurer » non sans arrière-pensées. On le soupçonnera lui le vieux garçon de jalousie, d'aigreur et d'amertume s'il exprime quoi que ce soit de caustique sur la question.

     

    Ce qui bien sûr ne m'arrêtera pas.

     

    Il est des auteurs comme Jacques Chardonne qui en plus en ont beaucoup mieux parlé que moi. Le couple est une idée neuve en France, enfin un couple bâti sur une relation amoureuse. Auparavant, on se mariait par intérêt de famille, par devoir, et c'était souvent les parents qui choisissaient. Les futurs mari et femme n'en discutaient même pas. Quand ces arrangements étaient faits avec bon sens, que les futurs époux se connaissaient, se fréquentaient déjà cela donnait des couples solides.

     

    Parfois, lors du « devoir conjugal » la femme fermait les yeux et pensait à la France.

    Lire la suite

  • Le célibataire et les enfants des autres

    Imprimer Pin it!

    couple chiant.jpgAussi sur Agoravox

     

    Ce qui est curieux dans notre société se prétendant tellement avancée, tellement libre, affranchie de toutes contraintes est que le couple demeure la norme d'airain et le couple AVEC enfants, y compris pour les couples homos le standard inscrit dans le marbre. Se reproduire est le devoir ultime de tout homme. Je me dis souvent que certains ne devraient jamais y être autorisés mais c'est comme ça. Celui qui est tout seul, le vieux garçon, la vieille fille n'est rien. On l'invite s'il plaît encore un peu, s'il a un réseau et un peu d'argent. Il peut aussi avoir son utilité pour rendre service, surtout s'il est solitaire et qu'il a besoin de compagnie.

     

    Finalement les couples ne font preuve que de compassion en lui demandant un peu d'assistance...

     

    Je ne parlerai pas ici des célibataires femmes, les cas de figure sont tellement multiples : laide, jolie, riche, pauvre, sublimant ses frustrations sexuelles ou pas etc...

    Lire la suite

  • Lieux de plaisirs prolétaires en voie de disparition

    Imprimer Pin it!

    cafés, précaires, société, politique, art de vivre, moralisation hypocrisie

    Aussi sur Agoravox

     

    J'aime bien l'ambiance des cafés, particulièrement celle des cafés parisiens. Tous les milieux se mélangeaient, le prolo pouvait croiser le bourgeois. Entre deux commentaires météorologiques ou politiques on fumait un clope ensemble au comptoir. Les petites dames âgées du quartier échangeaient avec les plus jeunes. Bien sûr ce n'était pas idéal mais il existait quelque chose pour relier les couches de la société. Il en reste quelques uns de ces endroits, rades et autres bistrots mais ils sont de moins en moins nombreux.

     

    J'aime bien y écouter les conversations, les mots d'esprit, le parler populaire survivant encore un peu, les formules rapides et incisives, j'ai toujours eu « l'oreille à Toulouse » selon l'expression...

     

    ...Et il est encore mieux d'y participer, de ne pas avoir peur d'en faire trop, de faire un peu de comédie pour s'amuser avec les autres.

    Lire la suite

  • Les "matheux" et les autres

    Imprimer Pin it!

    Cédric Vilani, assemblée nationale, législatives 2017, politique

    Aussi sur Agoravox

     

    En France, on n'aime pas les "intellos". Les "intellos" sont prétentieux. Ils sont en plus des empêcheurs de dire des bêtises en rond même s'ils en disent autant voire plus que d'autres. Il y a par exemple tous ceux qui ont été maoïstes, la plupart l'ont oublié. Les "intellos" lisent des livres, parlent tout le temps de bouquins poussiéreux, cette purge ! Sans compter de ceux qui évoquent la poésie ou la philosophie. Ils en écrivent même ! Certains vendent encore leurs œuvres, sans être forcément lus. Il y a ceux qui sont les méchants que le public aime détester, ceux qui sont des "bons clients" médiatiques, tous dans leur "emploi" de comédie.

     

    En plus, cerise sur le gâteau, les "intellos" collent des complexes, culpabilisent les ignares....

     

    Un intello on lui oppose "l'école de la vie", ce cliché fumeux excuse de l'inculture chez beaucoup d'imbéciles, on lui oppose qu'il était sûrement bourgeois et favorisé, qu'il n'a donc aucun mérite particulier...

    Lire la suite

  • Cette droite traditionnelle en marche avec Macron

    Imprimer Pin it!

    politique, société, Emmanuel Macron, En Marche, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Henri Guano, même si contrairement à ses dires, affirme cela surtout parce qu'il a vécu une lourde défaite dans la circonscription parisienne où il s'est présenté a néanmoins tout à fait raison. L'électorat très bourgeois de l'endroit est à vomir, qu'il soit "bobo" ou "bourgeois pédagogue" ou de cette bourgeoisie plus traditionnelle allant à la messe et mettant ses enfants dans le privé.  Comme il se retire de la vie politique, Guaino peut enfin parler sans filtres. On se demande pourquoi il ne se l'est pas autorisé plus tôt car ce fut réjouissant...

     

    Je n'avais pas besoin de lui, madame Mauroy l'avait avoué il y a déjà quelques décennies à mon grand-père paraphrasant Shakespeare :

     

    "La politique est une comédie dont les électeurs sont spectateurs, encore faut-il bien la jouer"

     

    Après tout le doit être loin d'être le seul, je pense que la plupart de ces collègues sont tout autant méprisants des électeurs prêts il faut dire à élire une potiche sur la base d'un discours très simpliste de renouveau, de pseudo-rajeunissement...

    Lire la suite

  • La littérature, seulement la littérature, rien que la littérature

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox 

     

    à propos de « Ecrivains et artistes » de Léon Daudet, aux nouvelles éditions Séguier

     

    wilde4.jpgIl y a un livre que je lis, relis, et relis encore sans me lasser. J'en connais même des passages par cœur. Ce sont ces « fabuleux » -pour reprendre le mot de Proust- souvenirs littéraires de Léon Daudet réédités ici dans une forme plus ou moins expurgée de toutes les considérations politiques de l'auteur de par leur parfum encore méphitique en 2017. Léon Daudet était d'Action Française, catholique profond, maurrassien convaincu, nourrissait quelques doutes sur la démocratie bourgeoise, toutes choses impardonnables à notre époque si coincée sur le plan de l'appréciation des arts. C'est un peu dommage, il me semble qu'un lecteur adulte est capable de faire la part des choses selon ses propres convictions et de passer outre ce qui pourrait les heurter.

     

    S'ils y tenaient absolument, ils mettaient des « smiley face » souriantes ou mécontentes pour signaler les passages corrects et ceux qui sentaient le soufre. Cela aurait été post-moderne, tellement d'époque. On note encore que l'image soigneusement choisie provient de sa jeunesse quand le fils turbulent d'Alphonse Daudet était encore un des espoirs de la jeune IIIème République et non un de ses plus terribles contempteurs.

     

    Léon Daudet était aussi un homme cultivé, au sens classique du terme, goûtant le verbe d'un auteur, son style et non les correspondances avec ses propres opinions ou son utilité dans la défense d'une « cause » ou d'une autre. Contrairement à l'abbé Bethléem, célèbre prêtre et censeur catholique, contrairement à nos arbitres des élégances littéraires actuels tout aussi pudibonds dans leurs détestations et leurs célébrations, Léon Daudet avait le « nez creux » et reconnaissait le vrai talent beaucoup plus sûrement que ce genre de lecteurs suscités au foie sans doute bilieux. Barbey d'Aurevilly lui-même s'était heurté et se heurte encore à ces procureurs des lettres qui le limitent et s'en tiennent bêtement à sa réputation de dandy flamboyant un peu réactionnaire sur les bords...

     

    Lire la suite

  • L'Esprit inspire-t-il le vote catholique ?

    Imprimer Pin it!

    politique, société, christianisme, foi, Emmanuel macron, présidentielles 2017

    Aussi sur Agoravox

     

    Une amie catholique, bonne paroissienne elle, pas comme moi qui n'en ait cure de toutes façons, vient de m'appeler pour me dire combien elle était réjouie que Macron devienne président, "parce qu'il est jeune et que c'est bien que ce soit un jeune", "parce qu'il est beau" (à ses yeux), "parce qu'il va tout changer". Cette amie est chômeuse presque en fin de droits, je n'ai pas voulu l'effrayer mais lui ai rappeler deux ou trois choses. Et cela m'a donné envie de rédiger ce petit entrefilet... 

     

    Si on posait la question aux catholiques et qu'on leur demandât de répondre avec franchise et honnêteté ne fût-ce que par correction fraternelle, on est à peu près certains des réponses malheureusement. Ils ne pensent qu'à la Charité, aux plus petits, ils ne songent qu'à protéger les pauvres, qu'à mettre en avant les valeurs évangéliques dont la présence dans notre monde est un nouveau défi. Je connais bien leurs éléments de langage. Ils évoqueraient également les migrants et leur souci d'accueillir ces populations. Et bien entendu, il est de coutume de terminer sur les discours enflammés du pape François tellement super...

     

    Tout en sachant que dans les paroisses si quelques familles sont bel et bien hospitalières sans conditions, il est excessivement difficile pour les prêtres d'en trouver pour concrétiser leurs belles intentions. Il y a loin de la jolie théorie à la pratique.

     

    A examiner les statistiques du vote catholique aux dernières présidentielles (voir à ce lien les intentions déclarées, voir à cet autre lien les votes aux deux tours d'avril et mai 2017), on imagine en réalité de toutes autres réponses aux questions posées. Les catholiques dans leur ensemble ont voté Macron à 71%, les pratiquants réguliers à 62%. Ont-ils seulement lu son programme ? Car ce qui ressort de tout ça est clair :

    Lire la suite

  • Traversée myope de Paris

    Imprimer Pin it!

    Livre, ADG, littérature, polar, anar de droite, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    La Table ronde réédite intelligemment des coups de cœur et cartes blanches de ses auteurs maisons, ou plutôt une carte noire, ici celle de Jérôme Leroy. Je ne l'ai pas fait exprès, je m'en suis aperçu après avoir acheté le livre, comme quoi les affinités au moins littéraires subliment les brouilles et les mésententes. Celui-ci a choisi un ouvrage d'ADG de son vrai nom Alain Fournier. Il est sulfureux de par ses prises de position très à droite mais est un auteur délicat et subtil méritant d'être re-découvert, proche de Marcel Aymé, Jacques Perret, et Antoine Blondin pour l'errance éthylique des personnages.


    ADG aimait la bonne chère, sa Sologne, son homonyme et la Littérature au dessus de tout le reste y compris la politique. Il était ce qu'on appelle un anarchiste de droite selon le terme usité souvent à tort et à travers, revendiqué par des imposteurs notoires comme Alain de Benoit, et qui pour lui cependant Alain Fournier est parfait. Son anarchisme de droite est surtout un non conformisme pour ennuyer les bourgeois pédagogues, tous ceux qui se piqueraient de poser aux arbitres des élégances morales et, ou culturelles. Il n'hésitait pas dans des chroniques sociétales à être très incisif, de trop sans doute aux yeux de ses détracteurs et contradicteurs.

     

    Elles étaient tellement incisives aux yeux de son éditeur que leur recueil est truffé de quelques pages blanches afin de signifier les coupures éditoriales prudentes afin de s'éviter quelques procès.



    On se doute bien que cela le rend immédiatement sympathique à mes yeux...

    Lire la suite

  • Pitié pour Poutou

    Imprimer Pin it!

    politique, vanessa burgraf, société, télévision, présidentielles 2017, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Je n'ai pas l'intention de voter Philippe Poutou, le candidat du NPA, au premier tour ni au second. Et je pense d'ailleurs qu'il sait très bien qu'il n'y sera pas. Mais je trouve que les médias, les éditorialistes dans la ligne et les journalistes le traitent avec un mépris à peine dissimulé en disant long sur le « progressisme » concret de ces gens et leur véritable ouverture à l'autre. Cela me conforte dans la conviction de l'existence d'une coupure abyssale entre les nantis du système et les petites gens. Et je ne pense pas seulement à Vanessa Burggraf et Yann Moix se retentant à peine de rire grossièrement face au candidat d'extrême gauche lors de la dernière livraison de l'émission de « On n'est pas couché ».

     

    On a vu pleinement leur manque totale de correction élémentaire. Mais pourquoi auraient-ils été corrects alors que Poutou ne sera jamais de leurs maîtres, de ceux qui distribuent les -bonnes- places, qui maintiendront ou non leurs « ronds de serviette » et le salaire -confortable- allant avec. Ils ne sont pas fous, ils ne se permettraient jamais un tel comportement avec Bolloré ou Pinault, Arnault, Charles Beigbeider, Dassault voire Pierre Bergé. Ils ne se le permettraient pas non plus avec un politique des partis dits « républicains », ceux qui se partagent le pouvoir en alternance depuis une cinquantaine d'années selon une mécanique bien huilée.

     

    Du moins jusque là...

    Lire la suite

  • Fillon contre toute décence

    Imprimer Pin it!

    Fillon, société, politique, présidentielles 2017, indécence, amaury watremez

    Sur Agoravox aussi

     

    En écrivant ce texte, je ne suis pas commissionné par quelque officine militante, je ne suis pas « macroniste » (le gourou cosmoplanétaire d'Amiens ni de droite ni de gauche me semble grotesque) ni lepéniste. Il me semble également qu'entre la politique économique de Fillon et celle de l'ancien ministre de l'économie de Hollande il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarettes, quelques mesures sociétales ou symboliques de ci de là pour donner le change et donner l'impression que le clivage existe encore. J'écris aussi ce texte car cet épisode est typique de la déconnexion totale des élites de ce pays d'avec le peuple de France.

     

    Ainsi que beaucoup de français intéressés par la politique, j'étais devant mon écran de télévision ce midi afin de savoir ce que François Fillon allait pouvoir décider de la suite de sa campagne pour les présidentielles. Il argue d'une volonté d'assassinat politique de sa personne, suggère un complot des magistrats et de l’Élysée, et en sous-main par Emmanuel Macron, contre lui. Certes on se rappellera du « mur des cons » du Syndicat de la magistrature et la présence sur ledit mur de personnalités d'abord de droite et catholiques.

    Lire la suite

  • La maternité c'est supêêr

    Imprimer Pin it!

    Femmes, ménagères desespérées, Société, politique, féminisme, amaury watremez

    Sur Agoravox aussi

     

    Dans Versailles où j'habite on croise plein de mamans avec les poussettes et tout, des mamans socialement favorisées pour la plupart. Précisons que Versailles est constitué de plusieurs quartiers, selon les revenus, et que normalement l'on ne doit pas se mêler. Il y a même près de la gare des « Chantiers » un quartier plus « populaire ». Par contre on rencontre de ces mamans partout. Et dans les parcs et petits jardins les milieux se côtoient grâce aux mères. Une jeune femme « moderne » peut ainsi échanger sur son expérience avec une jeune femme « voilée » en « hijab » et se trouver des points communs.

     

    Cela a des côtés plaisants tous ces enfants surtout pour un misanthrope comme moi qui ne s'entend facilement qu'avec les tout petits gosses et les animaux. Les gosses ont ceci pour eux qu'ils ne sont pas encore trop marqués par les préjugés des grandes personnes, les conformismes, les lieux communs. Ils leurs arrivent, pas toujours, d'être plus ouverts, plus sensibles aux autres bien que souvent la nature humaine étant ce qu'elle est, ils sont loin d'être tous idéalisables. Une cour de récréation peut être un endroit tout aussi cruel que « l'open space » d'une grande entreprise.

    Lire la suite

  • Complexe d'infériorité littéraire

    Imprimer Pin it!

    littérature, culture, société, politique, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    J'ai remarqué que lorsqu'un scientifique ou présumé tel parle de son domaine, ou un quelconque philosophe improvisé et que parfois il en tire des conclusions délirantes n'ayant plus rien à voir avec un raisonnement équilibre, la plupart des gens se taisent respectueusement et écoutent. Voire mettent en pratique les recommandations dudit penseur. Ils s'inclinent. Lorsqu'un « littéraire » parle de littérature, l'attitude change, elle est alors beaucoup plus agressive. Les interlocuteurs sont alors sur la défensive, prêts à mordre comme si leurs manques de culture allaient en devenir criants et exposés sur la place publique. Cela ne les empêche pas dans le même temps, sans qu'ils n'y voient de contradiction, de proclamer l'inutilité de la littérature comme savoir...

     

    On en vient dans 90% des cas à ressortir le lieu commun éculé de « l'école de la vie » qui serait infiniment supérieure à toutes les autres....

    Lire la suite

  • Paris, Audiard et le goût du verbe

    Imprimer Pin it!

    à propos de « le Paris de Michel Audiard » de Philippe Lombard chez Parigramme

     

    cinéma, audiard, littérature, amaury watremez

    Sur Agoravox aussi

     

    Dans ce petit texte, je ne fais pas dans la nostalgie, dans le violon, j'évoque...

     

    Le Paris d'Audiard a quasiment entièrement disparu métastasé par la gentryfication, les bourgeois « équitables » et, ou « durables », « citoyens ». Il est pourtant encore là, plus ou moins présent, caché dans des endroits que les prétentieux, les malfaisants ne connaissent pas. Il reste des traces, des vestiges pour qui veut bien les voir. Le Paris d'Audiard était celui des petites gens, des gamins combinards, des petits voyous gouailleurs, des escrocs à la petite semaine un rien mythomanes, des filles faisant le trottoir et s'usant petit à petit entre « l'affectueux du dimanche » et le client « qui venait en voisin ».

     

    On s'y mélangeait, on s'y fréquentait, on s'y parlait entre prolos et notables, bonnes dames et catins. Les milieux se croisaient, se jaugeaient, parfois aussi échangeaient autre chose que des cartes de vœux. Les plus riches étaient dans la « part de gâteau » décrite par Céline dans le « Voyage au bout de la nuit », de l'Arc au Triomphe aux serres d'Auteuil. On n'allait pas dans le XVIème, on n'y croisait que des petits vieux, des matrones sans âge, parfois des sous-maîtresses montées en grade, ayant fidélisé le client d'une manière ou d'une autre.

    Lire la suite

  • Gros lard !

    Imprimer Pin it!

    société, politique, témoignage, gros, obèse, physique, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    On ne peut plus dire comme Pierre Desproges il y a une trentaine d'années que l'Occident est en train de crever de sa mauvaise graisse. Ce serait plutôt l'inverse, il crèverait plutôt d'anorexie. Il ne s'agira pas dans ce petit billet de dire du mal de ce qui peut nous tenir en bonne santé, mais juste de se moquer encore un peu de l'hygiénisme quasiment totalitaire sévissant en 2017 afin de standardiser les corps humains. Les femmes se doivent d'être minces jusqu'à l'absurde, jusqu'à l'anorexie, jusqu'à la maigreur, les hommes également. Il s'agit de montrer que l'on est un individu performant, sportif et dynamique.

     

    Je n'ai rien contre la pratique du sport sauf quand elle devient une manière d'affirmer à tout crin son adaptation, combien on est un rouage docile des diktats totalement délirants que sont les normes modernes pesant sur chaque personne, des normes étouffantes et aliénantes ne serait-ce que pour les jeunes filles. Juger une personne sur son physique est de mise, des « quartiers » aux salons feutrés des bourgeois pédagogues où «vraiment ma chèèère on ne supporte pas les zobèzes ». Je pense particulièrement à celles qui cherchent par exemple à avoir le même « drop tights » que les mannequins maigrichonnes à la mode.

     

    Elles font des régimes ahurissants pour y arriver, se font vomir, sont dans la compétition par l'entremise des réseaux dits sociaux et finalement sont tout aussi soumises que leurs aînées au regard des mâles, lui-même biaisé par la pornographie omniprésente, celle-ci allant de pair avec une ignorance -apparemment paradoxale- de la sexualité.

    Lire la suite

  • Libéral et conservateur ?

    Imprimer Pin it!

    libcons.jpg

    Sur Agoravox aussi

     

    Peut-on être libéral et conservateur ?

     

    Je ne comprends pas que l'on puisse s'affirmer libéral et conservateur, comme tel portail agrégateur d'articles se réclamant de ces tendances ou la plupart des jeunes auteurs de la "Nouvelle Droite". Car par conservateur, ils signifient leur attachement aux valeurs de droite. A les lire, à les écouter, être de droite obligerait à être libéral selon un cliché de gauche.

     

    Bien sûr, on en a le droit le plus légitime dans notre pays demeurant malgré tout une démocratie pluraliste de s'affirmer libéral et conservateur. On peut également être sans problèmes du service d'ordre du "Bloc Identitaire" et apprécier les pulls en "cashmere" voire en "mohair", lire Jane Austen avec passion et militer à "Osez le féminisme". Mais ce sont quand même deux idées totalement antinomiques :

     

    le libéralisme et le conservatisme.

     

    Quel est pourtant le but ultime du libéralisme ?

    Lire la suite

  • La vieille gauche et la jeune droite

    Imprimer Pin it!

    droite, gauche, sociét"é, clivage, jeune droite, caution de gauche, michéa, amaury watremezSur Agoravox aussi

     

    J'ai de la sympathie pour ces jeunes auteurs de plus en plus nombreux se réclamant de la "Réaction", se réclamant de maîtres de gauche comme de droite. C'est il est vrai déjà courageux en soi à une époque où le cadavre de la gauche bourgeoise pédagogue bouge encore et est encore nuisible et puissant. Il faut bien entendu savoir ce que l'on entend par ce que cela signifie être réactionnaire, et ce n'est pas seulement souhaiter le retour des 'hussards noirs", des instituteurs à manches de lustrine, ou de l'autorité perdue de la République. Ils évoquent une "common decency" selon le terme d'Orwell qui me semble rêvée et idéale, magnifique et utopique ontologiquement.

     

    Ils semblent oublier également que l'idée d'un progrès continu est consubstantielle aux idées issues de la Révolution française, que ces idées ont mené  tout à fait logiquement à la crise morale et de Raison que ce pays traverse en ce moment, crise morale où d'autres voient une crise de transition vers une société selon leurs vœux progressistes. La jeune droite n'ose pas d'ailleurs remettre réellement cette Révolution mythifiée en perspective. C'est leur droit le plus strict. Mais réclamer le retour de l'autorité dans la République est déraisonnable puisque cette autorité était en somme une survivance de l'Ancien Régime qui a tout à fait disparu depuis que les dernières scories de la Monarchie se sont évaporées en France.

    Lire la suite