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Cinéma - Page 4

  • Les gens célèbres ne sont aussi assis que leur cul

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    US-Hollywood-21fevrier2012-1.jpgDepuis toujours, je n'ai que rarement été impressionné par la célébrité ou la gloire de personnages censés mériter l'une et l'autre pour des qualités qui seraient extraordinaires. Cela m'a toujours laissé complètement froid à quelques exceptions près dont entre autres maître Jacques Isorni rencontré lors d'un salon du livre de droite (Je sais, je sais, on ne se refait pas...) dont le charisme et la prestance me laissèrent sans voix, ce qui n'est pas chose aisée j'en conviens ami lecteur, et Jean Raspail, présent au même salon, au profil aristocratique. Il y eut aussi le patriarche catholique Michel Sabbah à Jérusalem, à la présence extraordinaire.

     

    Dans un bistro parisien du faubourg Saint Antoine, qui n'était pas encore tout à fait bobolisé, je partageai des moments de bonne humeur et de convivialité avec la fille de Tati et Annie Fratellini à qui je fis part de mon admiration pour les films de son mari, Pierre Étaix qui en avait perdu les droits.

     

    Ces personnalités avaient toutes en commun d'être d'un abord très facile, sachant s'adapter à leur interlocuteur et lui donner l'impression que sa conversation présentait quelque intérêt même quand elles avaient en face d'elles un timide bredouillant deux ou trois banalités qu'elles devaient souvent entendre.

     

    Et puis il y a les autres célébrités, les pseudo-stars, les pseudo vedettes qui du fait de leur passage régulier dans les médias, ils sont souvent « bons clients » à la télévision, n'en peuvent plus et crèvent d'orgueil, bouffies de suffisance, à la manière de la grenouille de la fable. Par prudence, je les appellerai par un pseudo, facile à comprendre, car ce genre là est très chatouilleux sur son orgueil, à porter plainte très vite si l'on prend le risque de se moquer d'elles dans un article finalement taquin, ainsi que j'ai pu le constater avec une auteure fille d'éditorialiste économique par exemple.

     

    A ce même « Salon du livre de droite », je rencontrais aussi deux ou trois autres personnages beaucoup moins remarquables, ainsi ces deux historiens ; le premier, auteur d'un livre admirable sur Louirs XIV, refusa de signer ses ouvrages que j'avais amené de ma bibliothèque personnelle car « je ne les avais pas acheté sur le salon », le deuxième, spécialiste de l'histoire de la France rurale méprisa nos sollicitations timides et se hâta d'aller s'enfermer avec les notabilités organisateurs, à part, dans son « Olympe ». J'y aperçus une comtesse parisienne entourée d'un ou deux gitons en costume hors de prix, sentant l'eau de toilette à plusieurs mètres.

     

    Je rencontrais un jour « Octave », allant recherche un manuscrit qu'il avait refusé, ancien pubeux devenu écrivain, qui ressemblait à la plupart des « fils de... » et autres héritiers oisifs, un petit garçon sage qui se donnait des airs de voyou, persuadé que la coke donne du talent dont il n'était cependant pas entièrement dépourvu mais qu'il aurait gagné à retravailler. Ce n'est pas le seul parmi les auteurs français, qui se contentent de leur « premier jet » persuadés qu'il est forcément bon...

     

    Il y a quelques années j'assistais quasiment tous les soirs dans le public à une émission de « Canal + », un « talk show » d'« infotainement » où débutèrent « les Nuls » , ce qui me semblait plus intelligent que de la regarder bêtement devant le poste, habitant tout près des studios où elle était enregistrée.

     

    Les deux présentateurs semblaient entrer comme en stase aphasique entre deux rubriques, ne jetant pas un coup d'œil au public, n'adressant pas la parole aux techniciens ou aux maquilleuses, s'animant artificiellement seulement le temps de leurs questions très « bateaux » à des mannequins au regard ou vide ou triste, à des politiques vendant leur camelote, à l'air pour la plupart de « ronds de cuir » défendant leurs z-acquis, ils sont encore là vingt ans après pour la plupart, y compris cet ancien ministre de la culture souvent convié à donner son avis, ce chanteur con-cerné (il venait pieds nus, ça le prouve bien) ancien tennisman donc forcément compétent bien que consensuel.

     

    Cela me confirma dans mon scepticisme quant à la « célébrité kleenex » que les participants de débilités « téléréelles » appellent pourtant de leurs vœux pour elle-même, pour rien, simplement pour être vus à la télé, quitte à y perdre intimité, dignité et personnalité, entraînant dans leur sillage des myriades de gosses que les parents ont oublié d'éduquer et de transmettre des idéaux de vie un peu plus élevées que le fric, la célébrité à tout prix, la consommation des choses et des personnes. La célébrité devient alors une addiction sérieuse qui peut mener le drogué à sa perte...

    photo empruntée à ce site

  • Hommage quand même à Alain Resnais

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    Il y eut les Resnais de la première période...

     

    6a0133f3c0e2ec970b0133f3c10445970b-500pi« Hiroshima mon amour » de Resnais, on allait voir ça quand on avait vingt ans pour impressionner une petite copine étudiante drôlement cultivée qui portait joliment des minijupes ajustées, voire pour « conclure » avec les émotions ressenties, du fait particulièrement des scènes tellement érotiques du début avec les dialogues de Marguerite Durasse, « l'apologue sénile des infanticides en milieu rural » (dixit Desproges), portée aux nues encore maintenant par des nuées de khâgneux ébaubis qui pensent que cela leur donne le genre affranchi. A ce film je préfère la parodie de Gotlib et Alexis dans "Cinémastock"...

     

    Je n'ai jamais compris en quoi l'on peut réellement dire que l'auteure immortelle (sic et rires) du « Camion » ou de « l'Amant » est encore considéré comme un écrivain majeur.

     

    Si l'on était plus audacieux, on allait aussi voir « l'Année dernière à Marienbad » film auquel personne n'a jamais rien compris tout en feignant d'y voir une œuvre fondamentale pour la « modernitude ». Il n'y a pas besoin d'interpréter ce qu'a voulu exprimer le réalisateur, il suffit de prendre un air inspiré en gardant le regard vers les hauteurs (dans le vague en somme...). Une constante chez les thuriféraires de Resnais, pour beaucoup progressistes de progrès, soucieux d'écriture « citoyenne » et de cinéma « engagé », ils se souviennent tous du nom de famille et du prénom d'Emmanuelle Riva mais oublient tous celui de l'acteur japonais qui joue avec elle dans « Hiroshima mon amour », Eiji Okada....

     

    A propos de ce titre, pourquoi pas « Auschwitz mon loulou » ainsi que le suggérait Yourcenar...

     

    Encore maintenant, du fait de l'importance fondamentale que revêt l'image que l'on donne de soi dans la société, il est de bon ton de porter aux nues ses films qui ne sont pas exactement du cinéma mais des constructions amphigouriques un rien prétentieuses dont la vacuité est pourtant évidente. Ce n'est pas que l'on aime réellement « Hiroshima... » ou « Marienbad » mais cela fait bien dans les salons kulturels. Il y a un tel manque d'humilité dans ce cinéma que cela en est à force difficile à supporter. Ce sont des films qui ont tous le complexe du « chef d’œuvre ». « Regardez comme je suis talentueux, doué et kultivé » nous susurre à l'oreille le réalisateur...

     

    Il y eut aussi les films « importants » de Resnais, comme « Nacht und Nebel » ou « Mon oncle d'Amérique » qui se veut de la vulgarisation sociologique à la portée des plus ploucs. Même si un film « important » est nul du point de vue du cinéma, s'il dénonce un mal que tout le monde reconnaît comme mal, il est considéré comme important. Les films n'ont jamais changé vraiment le monde, ils l’embellissent, en soulignent la laideur, comme toute œuvre d'art qui ne sert aucun utilitarisme social, idéologique ou politique.

     

    L'antisémitisme renaît d'ailleurs sous d'autres formes, diverses (avec jeu de mots), ce que les grandes consciences et les arbitres des élégances politiques n'ont pas compris. On n'ose pas critiquer d'habitude un film aussi lourdement didactique, comme également « Devine qui vient dîner » revu dimanche, Sydney Poitier a un cursus digne d'un Nobel pour faire accepter son amour -bien chaste- avec Johanna Shimkus, par peur de passer pour réactionnaire ou judéophobe (c'est sûrement ainsi que l'a fait remarquer la présentatrice de la soirée des Oscars, Ellen de Generes, également la peur de paraître raciste qui a fait voter les professionnels du cinéma américain pour « Twelve years a slave »).

     

    Il a aussi réalisé d'autres films qui ne sont pas des chefs d’œuvre mais qui ont pour eux d'être plus sympathiques car plus sincères, et plus jubilatoires dans leur réalisation, même si ce sont des films considérés comme mineurs par les exégètes du maître : « la Vie est un roman » où il évoque son amour de la bande dessinée et des films dits « de genre », intéressant grâce à Jean Gruault, « Je t'aime, je t'aime », remarquable film de SF mélancolique remarquable par l'entremise du scénario de Jacques Sternberg (les exégètes rajoutent généralement film de SF « atypique » car c'est très mal d'aimer le cinéma de genre, même lorsqu'il se pare de vertus intellectuelles), et les films parfois « musicaux » écrits par le tandem Bacri-Jaoui ; on passera néanmoins sur « Smoking – No Smoking », beaucoup trop long, qui oublie cette jubilation du cinéma qui fait les grands réalisateurs ainsi que leur humilité face à l'histoire, les personnages, et les images projetées non sur les parois de la caverne de Platon mais sur un écran blanc géant.

     

    affiches provenant du blog de monsieur Thanagra, passionné de BD

  • Petit hommage à Harold Ramis

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    Harold Ramis est mort, c'était l'auteur d'une des comédies les plus originales de ces trente dernières années, "Un Jour sans fin", avant il avait réalisé des "nudies" à la sauce années 70, après il se contenta de ronronner commercialement. Des "petits" films de genre peuvent s'avérer des joyaux, des "petits" artisans de séries B ou Z être soudain touchés par la grâce...

     

    Mais "Un Jour sans fin" est un chef d'oeuvre, méprisé en France, où l'on méprise les comédies dont le messâââge est plus fin que chez d'autres... 

  • Deux ou trois madeleines mal élevées

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    Dédié aux éditions "Fleuve Noir", "Marabout Science Fiction", aux séries "B" et "Z" en général

     

    Deux voire trois "madeleines" de Proust personnelles "mal élevées", une couverture du frère d'Aslan pour "Fleuve Noir", et une affiche de film telle que j'en voyais en 2 par 3 quand j'allais à l'école primaire...

     

    Ami jeune à l'époque on découvrait le film seulement lorsqu'on le voyait au cinéma, ce qui décuplait le plaisir partagé avec d'autres de le regarder sur grand écran.

     

    Dans les années 70 on était aussi un peu plus permissifs sur les images que les jeunes pouvaient voir, ou moins étroits d'esprit...

     

    Après on s'étonne que j'ai eu le goût de la littérature dite de genre et du "bis"...

     

    Tous petits déjà certains avaient déjà vu tout Fellini, lu Proust et Bataille, et savaient que la chair est faible car ils avaient lu tous les livres, moi j'aimais déjà le "Genre", car bien souvent il en dit autant voire plus que des pensums qui ont le complexe du chef d'oeuvre. Les grandes personnes ne sont pas très raisonnables, elles oublient le plus souvent l'enfant qu'elles étaient dont elles font un motif pour livres d'images...

    scanners-film.jpgAslan, littérature, sociétéAslan, littérature, société


    Exposition Nos Cinémas de quartier par MAIRIEDEPARIS18

  • Tristes miroirs aux alouettes

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     Je te préviens tout de suite lecteur indulgent et patient, ou déjà exaspéré, je vais faire comme d'habitude, n'en faire qu'à ma tête, à savoir surtout évoquer ce qui plaît chez cet écrivain et que l'on retrouve dans le bouquin qui m'a donné envie d'écrire ce petit billet, et en tirer des conclusions parfaitement subjectives. C'est le propre de la littérature me diras-tu, d'apprendre à construire sa propre subjectivité. Cela dit, je tiens à préciser qu'elle est très éloignée de moi l'idée de me prendre pour un écrivain, voire même pour un littérateur.

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    Bukovski a écrit un livre sorti en 1990, « Hollywood », réédité aux « cahiers rouges » par Grasset, sur le tournage de « Barfly » avec Mickey Rourke et Faye Dunaway, grand film malade réalisé par Barbet Schroeder, un des rares films du premier, Rourke, qui surnage encore dans sa filmographie. Le film raconte l'errance d'Henry Chinaski, l'alter-ego littéraire de l'écrivain. Son œuvre montre également que la littérature américaine, beaucoup mieux que la française, a su évoquer les tribulations de « losers », parfois magnifiques, ainsi dans les romans de genre de Chandler ou Hammett, de personnages en marge. En France, l'on s'attache surtout au pathétique, ou à faire de ces « losers » des archétypes utiles pour une démonstration politique. Il n'y a guère qu'Antoine Blondin et quelques autres pour savoir en parler, dont Manchette ou ADG pour des livres qui ont plus mauvais genre.

     

    Dans « Hollywood » il fait plus que se contenter de l'habituelle démystification de l'industrie du divertissement qui devient un lieu commun à force d'être utilisée comme ficelle de nombreux livres qui sont la plupart du temps des ragots et commérages de concierges du « show biz » déçus de n'avoir pas été reconnus à leur « juste » valeur ou tout simplement aigris, et paradoxalement fascinés par ce qu'ils prétendent railler. « Buk » sait bien que la plupart de ses vaniteux, de ses égocentriques sont tout simplement comme lui des êtres humains souvent pitoyables, parfois grandioses, qu'une fois cela admis, le « miroir aux alouettes » des hauteurs de Burbank n'impressionne plus vraiment.

     

    C'était un « vieux dégueulasse », un alcoolo de première qui sur le plateau d' « Apostrophes », applaudi par les techniciens, ridiculisa définitivement Cavanna -Paix à ses cendres !- dans son rôle habituel de papy anarchiste en charentaises. C'était une manière de « travail du négatif » de se « griller » définitivement auprès des arbitres des élégances littéraires et des critiques « trou-du-cul pompeux ». D'un certain point de vue, de qui faut-il se faire bien voir ? Des paumés, des exclus, des ostracisés, des laissés pour compte ou du troupeau repu satisfait de son esclavage ?

     

    A sa décharge, tu conviendras, ami lecteur que le mélange « muscadet-projecteurs » fait mal aux cheveux….

     

    (toujours éviter les « mélanges », toujours alterner avec du « rince cochons »...)

     

    Et il avait l'habitude du mépris étroit des bourgeois, des ilotes, le subissant depuis son enfance. Sous la coupe d'un père brutal, il souffrait également d'acné chronique à tel point qu'il a dû être hospitalisé plusieurs mois d'affilée. Les bonnes dames bourgeoises qui parfois se piquent de charité ne pouvaient pas le regarder en face, ne supportant que des pauvres qui aient bon genre, ce qui n'a guère changé. Il a alors très vite fait le tri entre les grandes personnes pour qui son acné était un problème pour l'aimer et les autres, beaucoup plus rares. Il écrivait déjà avant et a continué ensuite, noircissant chaque jour des pages entières des nuits entières, oubliant son métier de facteur, le tri postal, la pauvreté et la bassesse d'un monde incapable d'aider les plus pauvres, les plus blessés avec l'aide des mots, et quand ça ne suffisait pas, de l'alcool. Il a été reconnu alors qu'il atteignait la cinquantaine, voilà qui laissé de l'espoir à de nombreux génies méconnus d'internet et d'ailleurs !

     

    Bukovski est maintenant « l'oncle de l'enfer » de nombreux apprentis écrivains et auteurs confirmés, beaucoup de petits garçons finalement très sages parmi eux, qui auraient bien aimé avoir la liberté de ton et de comportement de « Buk » et son succès auprès des femmes car le bougre les collectionnait, avec tendresse, indulgence et patience, souffrant de violents chagrins d'amour lorsqu'elles le quittaient, retrouvant dans la journée une dulcinée convenable. Ces jeunes gens bien élevés mousse et pampre rêvent de se conduire de manière aussi cavalière avec les dames et de boire sec, comme des hommes, des vrais, et n'ont pas vraiment lu profondément ses livres et chroniques.

     

    ci-dessous la bande-annonce de "Barfly" de Barbet Schroeder

  • Les chansons de cinéma dont je ne dirai pas pourquoi je les aime

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    Il y a des chansons dont moi seul sait pourquoi je les aime, et une ou deux personnes de plus.

    La première c'est "la Seine" de "M" et Vanessa Paradis.

    Pourquoi en parler sur un blog devant tous les passants alors me dira-t-on ?

    Parce que. Voilà.

    Le cinéma c'est comme les livres, un truc existentiel que l'on ne peut quantifier, cela notre société ne peut pas comprendre...

  • Les films de mes amoureuses

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    "Jules et Jim" je l'ai vu avec C. qui croyait que j'étais Jules et qu'elle était Catherine, elle marchait sur le rebord des parapets au dessus de la Seine, en équilibre entre deux hommes comme dans le film.

     

    Nous étions allés à l'Action Christine, et ensuite elle m'avait quitté après une virée chez Berthillon derrière Notre Dame, un truc de petit bourgeois hédoniste et réactionnaire, tu ne pourras pas pas comprendre ami lecteur issu d'une société spectaculaire et un rien grotesque.

     

    "Pas de printemps pour Marnie" je l'ai vu avec E. qui était censée travailler pour le lendemain un exposé sur l'Espagne du XVIème siècle, que nous terminâmes dans le train de banlieue nous emmenant vers Nanterre. C'était une soirée de printemps, une nuit claire, tu voulais absolument que je regarde cet Hitchcock jusqu'au bout. Peut-être parce qu'il constituait une réponse à ton énigme, à ton sourire et ton regard gris-bleu tellement triste.

    J'aurais tellement voulu te consoler mais je n'y suis jamais arrivé...


    Jules et Jim (François Truffaut) - Bande annonce par lostinthiswhirlpool


    Pas de printemps pour Marnie - Trailer par enricogay

  • Mes films d'enfance

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    Quand j'ai vu "Vingt-mille lieux sous les mers" de Richard Fleischer dans une salle de banlieue qui s'appelait "Cosmos" à Chelles, je me suis de suite identifié non pas au fade professeur Aronnax du film ou à Ned Land, le "héros" du film concrètement un salaud, mais au capitaine Némo. 

     

    C'était comme une sorte d'intuition je suppose...

     

    Je me souviens aussi de "l'île sur le toit du monde" vu au grand "Rex", une émotion de cinéma dont je me souviens encore, dans une salle magique après une petite heure dans un train aux banquettes en bois. Certes son décor était de stuc et de papier mâché mais il créait des rêves...


    Dans ce film on apprenait que ceux qui cherchent à se dépasser et aller un peu plus avant que le quotidien et la banalité, que se contenter du confort du troupeau en paient le prix fort.

  • Mes films musicaux excentriques

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    Il y a deux films, qui sont musicaux, deux films excentriques qui sont presque des comédies musicales, qui sont parmi mes films préférés : "All That Jazz" de Bob Fosse et "Phantom of the paradise" de Brian de Palma (le fantôme du paradis au sens littéral, au sens figuré et même par dérision, et le fantôme du paradis qu'est notre société libérale libertaire spectaculaire).

    Deux films qui sont dans un rapport émotif au monde, sensible et lucide.


    Phantom of Paradise - Somebody Super Like You par Tushratta

  • La plus belle chanson du cinéma

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    "Moon River"

     

    Parce que voilà...

     

    Lire le livre et voir le film permet de comprendre pourquoi (le livre j'ai dû le lire douze fois et le film je l'ai vu un nombre de fois que je ne compte plus).

     

    Sauf que mon Holly Golightly ne ressemblait pas à Audrey Hepburn, bien qu'elle fût elle aussi très jolie...


    Les malveillants, les jaloux, les envieux ne peuvent pas comprendre, ils sont trop occupés à compter les brin d'herbe plus verts chez le voisin, cet enfoiré...

  • Stephen King enfin couronné

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     Je lis Stephen King depuis mon adolescence, j'ai toujours beaucoup aimé cet auteur qui a un vrai talent de style, une imagination féconde diablement habile. Je jure toujours que je ne me laisserai pas avoir par son verbe prolifique et il arrive toujours à m'emmener là où il veut. Ainsi, commençant « Sac d'Os » je songeais qu'il allait faire comme d'habitude et attendre une cinquantaine de pages avant de réellement débuter l'action et voilà que le narrateur voit sa mère morte lui apparaître en plein jour sous son lit. Il va sans dire que je n'ai pas lâché le livre avant de l'avoir fini au bout d'une nuit bien évidemment de pleine lune. Si beaucoup j'ai commencé à le lire grâce à l'adaptation de « Shining » par Kubrick, j'aime beaucoup les premiers recueils de nouvelles de l'écrivain ainsi que « le Fléau » ou « Charlie » considéré le plus souvent comme mineur par les fans.

     

    Science Fiction,k Fantastique, littérature, société, politiqueAu lever du soleil de cette longue nuit de lecture, je crus alors ricaner doucement la sorcière du tombeau à laquelle je ne crois plus bien entendu car je suis maintenant un adulte responsable et d'une grande maturité, à moins que ce ne soit le gardien de la crypte...

     

    Stephen King connait en ce moment en France consécration et reconnaissance en tant qu'écrivain « comme les autres », et même comme « grand écrivain alors qu'il était jusque là le « plaisir coupable » favori ou pas des lecteurs de romans dits « de genre », l'auteur que les éducateurs et les critiques méprisaient pour les thèmes qu'il abordait ; voyons, un auteur qui fait travailler l'imagination de ses lecteurs ne peut être bien sérieux et les critiques sont des gens sérieux, c'est eux qui le disent, qui ne lisent que des bons livres !

     

    Il a même eu le droit hier aux honneurs « la Grande Librairie » de François Busnel sur France 5, l'animateur, j'ai trouvé cela ironique et savoureux, avouant préférer deux romans « blancs » de King aux autres, « Dolorès Claiborne » et « Misery », comme si finalement reconnaître que l'on a des lectures relevant du fantastique ou de l'horreur est toujours aussi honteux aux yeux des z-élites. King était également en première page de « Télérama », pour la série « Under the Dome » inspirée de « Dome », son avant-dernier roman fleuve, et « Docteur Sleep », la suite de « Shining », les journalistes dans le dossier qui lui était consacré insistant bien également sur le fait qu'eux aussi préféraient les livres de cet auteur relevant de la « littérature blanche ».

     

    Pourtant, il l'a expliqué plusieurs fois, la pire horreur dans ses livres ce n'est pas celle que génère les monstres, les vampires, les zombies mais celle qui vient directement de la psyché humaine, qui est capable le plus souvent du pire. Les monstres, les vampires, les zombies, ainsi que dans la littérature populaire qui a nourri son inspiration, sont là pour se faire peur et créer des allégories, amener une réflexion comme dans les « EC Comics » d'horreur de William Gaines dans les années 50 qui étaient toujours moraux, à leurs façons de « Tales from the Crypt » à « Stories from the Vault ». Comme tous les gosses un peu trop sensibles et pas très doués pour la vie en société, il a toujours beaucoup lu, et comme tous les grands lecteurs, il a fini par écrire.

     

    King fait aussi appel à notre part d'enfance, à l'enfant que tout le monde reste toute sa vie, et dont les souffrances, mais aussi les joies, conditionnent la vie d'adulte, cet enfant qui est certain qu'il ne répétera certainement pas les erreurs des grandes personnes et qui commet exactement les mêmes. Les personnages qu'il fait vivre ne sont jamais non plus monolithiques, ce ne sont jamais des archétypes qui sont là pour servir une démonstration ou appuyer une cause ou une autre, ils sont humains, les « méchants » ne le sont jamais entièrement et les « gentils » ont énormément de zones d'ombre.

     

    Curieusement, je trouve que ses dernières productions sombrent dans une logorrhée qui n'est pas toujours intéressante, il a également tendance à ronronner quant aux thèmes abordés. Et il semblerait qu'il écrivait mieux lorsqu'il était en moins bonne santé psychologique. A moins que cela ne relève du snobisme de l'amateur de la première heure qui voit les livres qu'il croyait être le seul à apprécier à leur juste valeur aller vers d'autres. Je regrette également la disparition -tragique- de Richard Bachman qui était le versant plus subversif, plus transgressif de King, un peu plus sombre également. « Les régulateurs », qui voit une petite ville américaine typique d'un tableau de l'« Americana » par Norman Rockwell subir une sorte d'Apocalypse, ou « Rage » restent parmi ses meilleurs livres; "Cellulaire" signé King relevant de l'inspiration de Bachman.

     

    Une autre et dernière considération que je trouve intéressante est que King n'aurait peut-être jamais été édité en France, ou aurait difficilement eu sa chance sans réseau personnel. Et il serait encore largement méprisé car relevant d'un « genre ». Ce qui dans notre beau pays est rédhibitoire...

    image empruntée ici

     

    Ci-dessous le "trailer" de la série "Under the dome"

     

  • Ma ballade avec Johnny-Jane

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    littérature, musique, société, Gainsbourg, musiqueJe connaissais Gainsbourg depuis mon enfance. A la télévision dans les émissions des Carpentier des années 70, ces grands shows télévisés pleins de paillettes, qui avaient toujours un côté un peu naïf, bricolé, mais tellement moins cyniques que les émissions d'« entertainement » actuelles qui visent surtout à profiter de notre temps de cerveau disponible, il était l'oncle de la famille mal rasé, mal fagoté qui sort des horreurs, fait rire les gosses et rougir les dames, un gosse finalement.

     

    Cette année là je m'étais acheté un de ses albums dans l'intention de le redécouvrir, et aussi par nostalgie de mon enfance. Dedans il y avait les chansons que j'avais le droit d'écouter quand j'étais petit garçon et celles qui m'étaient interdites. C'était surtout à cause de ma curiosité d'entendre précisément celles-ci que j'avais acheté le disque. « La ballade de Johnny-Jane », tirée du film « Je t'aime moi non plus », avec des paroles rajoutées plus tard par le chanteur, faisait partie de ces morceaux « sulfureux » qu'il contenait. Gainsbourg venait de renaître à la chanson au Casino de Paris, il avait ralenti sa consommation de clopes et d'alcool, prétendait-on.

     

    Le fait est qu'il avait retrouvé un plaisir communicatif à cet "art mineur" de la chanson et que cela se ressentait.

     

    Ce fut ensuite un peu comme dans une nouvelle de Borgès où un alphabet jusque là inconnu finit par se retrouver dans le monde entier, dans les signes sur les murs ou dans le ciel, dans des livres et les conversations, j'entendais cette ballade partout, dans les grands magasins parisiens, ou dans les couloirs du métro à Saint Lazare jouée par la radio d'un mendiant avec son chien qui avaient élu domicile tous les deux à un embranchement de tunnels. Habituellement pourtant il préférait Brassens.

     

    A l'époque, les passants qui passent n'avaient pas constamment le nez collé à leur téléphone dit portable pour se donner une contenance et ne pas voir ceux qu'ils croisaient. Et face à la gare, plutôt qu'une galerie commerciale aseptisée, bien propre et accessible pour toute la famille, les voyageurs traversaient un de ces passages couverts « art déco » qui par leur décor faisaient voyager les rêveurs qui les empruntaient dans un roman de Jules Verne. Il y avait des bouquinistes cachés derrière les volutes des escaliers métalliques, des bistrots minuscules et animés, où tous les milieux se mêlaient derrière des vitrines couvertes d'anciennes affiches pour des bals populaires où bourgeois et « apaches » se disputaient les faveurs des mêmes femmes. On n'y trouvait pas des petits bourgeois en quête de "lothentique".

     

    Il y avait deux tapineuses à l'entrée, deux fausses blondes avec des cheveux en « choucroute » montant très haut plus proches d'une « madame Mado » à l'ancienne que des compagnes d'un soir tarifées d'anciens directeurs du FMI. Elles faisaient partie du paysage, elles étaient rassurantes en quelque sorte. Elles interpellaient les gamins qu'elles connaissaient depuis leur enfance, dont moi, et leurs parlaient comme des tantes un peu excentriques qui donnaient des conseils de bonne vie et mœurs en fausse fourrure léopard et talons aiguilles.

     

    Et puis j'ai rencontré Johnny-Jane à l'université, enfin ma propre Johnny-Jane, une jeune femme aux cheveux auburn, aux yeux gris, ayant un physique de femme-enfant non comme Jane Birkin, mais plutôt comme Anna Karina dansant sur « Ne dis rien » avec Gainsbourg. Je me serais noyé dans ces yeux gris, c'est d'ailleurs ce qui finit par se passer. Elle aimait Paris aussi intensément que moi.

     

    La première fois que nous nous sommes donnés rendez-vous, au « Printemps » non loin de là, la ballade passait dans les hauts-parleurs. Pendant qu'elle cherchait un parfum à sa convenance et des habits à son goût, robe, et parures affriolantes, nous badinions gentiment et je me laissais enivrer par les effluves capiteuses des « eaux » de Guerlain ou de Givenchy qu'elles affectionnaient, et aussi le vertige délicieux d'attendre derrière le rideau très fin d'une cabine d'essayage que je finis par entrouvrir ce qui ne la troubla pas outre mesure. Baguenauder dans un grand magasin parisien, avant qu'ils ne deviennent des « duty free » géants pour touristes fortunés, ce n'était pas du consumérisme, c'était une partie d'un monde maintenant disparu à tout jamais et un art maintenant perdu.

     

    J'étais un peu le Gainsbourg de ma Johnny-Jane, elle me reprochait parfois d'être légèrement cynique et un peu trop acerbe, elle croyait en l'homme, moi toujours pas, et en l'avènement d'une universelle bonté, elle aurait voulu refaire le monde et moi je voulais seulement être avec elle. Elle était de celles qui veulent tout et son contraire, les plaisirs hédonistes qu'elles estimaient petits bourgeois et la justice sociale pour tous. Moi je prenais mon amour pour elle au sérieux.

     

    Étant deux natures compulsives, deux ogres ne pouvant se satisfaire du quotidien et d'une petite vie routinière, nous avions fini par ne plus pouvoir nous passer l'un de l'autre et rêver d'une passion comme dans « Belle du Seigneur » ou « la Recherche » de Proust. Elle m'accompagnait jusqu'à mon train de retour vers la province morne et sans vie, nous discutions des heures durant dans la buvette de Saint Lazare de littérature que nous aimions passionnément tous les deux, un de ces endroits magiques promesses d'évasion déjà. Il y avait bien de la poussière sur les piliers en acier et leurs rivets, mais nous n'en avions cure, cela donnait un cachet de mystère au lieu qui lui rappelait alors des scènes de « la double vie de Véronique ». Nous n'arrivions pas à nous séparer ce qui agaçait notre entourage.

     

    littérature,musique,société,gainsbourgQuand elle était avec moi ma Johnny-Jane était pour moi tout seul vraiment elle-même. Quand elle était avec ses amis, elle devenait alors dure et sans pitié, insensible et superficielle comme une « Roller girl » de bas étage. Et puis, je discernais derrière ce masque, par instants, son désarroi à jouer ainsi un rôle qui n'était pas elle. Je ne voulais pas d'une ingénue évaporée en robe diaphane telle qu'on les voit dans les contes, j'aimais sa lippe de petite fille quand elle n'était pas d'accord, et son regard droit dans les yeux et naturellement insolent quand elle pensait que je disais une sottise.

     

    Elle était chez elle partout, restant élégante et urbaine qu'elle soit dans un caboulot populaire de Ménimontant ou dans une soirée réputée plus élégante. Et malgré toute mon ironie, mes blessures et mon amertume face à mes congénères, et moi-même, je continuais à me perdre dans son regard. Et puis un jour, ma Johnny-Jane à l'Amour a préféré les décharges morales que survolent des mouches cantharides d'un style douteux, se donnant des prétentions libertaires....


    photo prise sur ce blog


    Ci-dessous la chanson de Gainsbourg


    Gainsbourg.hey Johnny jane par zorore0

  • « Lolita » ou l'obscènité matérialiste de notre société

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    littérature, cinéma, société, Lolita, hypocrisie, nymphettes« Lolita » de Nabokov raconte l'errance à travers les Etats Unis d'Humbert Humbert, le narrateur, professeur de français anglais, pédophile (pédophilie sur laquelle Nabokov est sans équivoque), avec sa fille adoptive, Lolita, dont il a épousé la mère uniquement pour la passion qu'il éprouve pour la fillette. Nabokov ne se place jamais en moralisateur, en donneur de leçons d'exemplarité. Il fait d'Humbert Humbert un personnage complexe, humain, nuancé, et non un monstre d'un bloc. Il faut préciser que l'auteur prend ses lecteurs pour des adultes et non pour des gosses immatures qui n'aurait aucune capacité de réflexion. « Lolita » de par son sujet et le traitement qu'en fait l'auteur ne serait plus édité en 2013, mais pas du tout pour les mêmes raisons invoquées dans les années 60.

     

    Ces raison à l'époque et maintenant, ces bonnes intentions, ne seraient que des prétextes fallacieux car ce que reprochent les censeurs d'alors et ceux de maintenant à Nabokov c'est surtout de tendre à toute notre société libérale libertaire en dégénérescence un miroir qui renvoie un reflet peu flatteur, l'adaptation de Kubrick, teintée de dérision « mitteleuropéenne » et d'un sens du grotesque qui vient des mêmes racines étant encore plus insistant là-dessus :

     

    Humbert Humbert y incarne ce qui reste de la civilisation occidentale, qui se leurre sur son dévoiement par un matérialisme envahissant et tout-puissant. Lolita est une allégorie de la jeunesse occidentale élevée au lait de l'hyper consumérisme, de l'égoïsme roi, du pseudo individualisme du consommateur, de la banalité élevée au rang d'art noble. « Lo » regarderait les « zoos humains » de téléréalité, et se pasionnerait pour les « boys band jetable ». Elle est « chosifiée » par son beau-père incestueux, elle n'est plus vraiment une personne pour lui mais son fantasme réalisé tout comme ces ados à peine pubères, anorexiues et tristes, qui sont données en pâture à notre époque comme parangons de beauté.

     

    Les deux personnages traversent une Amérique apparement de « carte postale », dorment dans des « motels » rutilants, mangent dans des « dinners » de la « junk food » qu'apprécie Lolita et roulent sur des autoroutes poussiéreuses dans un paysage de panneaux publicitaires géants et colorés, comme dans les films hollywoodiens exaltant ce genre de fantasmes idéalisants de l'Amérique et portés aux nues, enviés, rêvés par les occidentaux depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La petite est également un personnage complexe, ce n'est pas qu'un archétype, si elle paraît se satisfaire de cette vie et « prendre l'initiative » un soir, au fond Nabokov souligne qu'elle vit particulièrement mal ces tribulations où elle est le jouet d'un adulte dévoyé.

     

    Clare Quilty, (« clare guilty », clairement coupable), la « némésis » d'Humbert Humbert et son rival quant à Lolita, qui les poursuit tout au long du livre prenant un malin plaisir à persécuter et torturer le beau-père indigne de Lolita ravagé par des scrupules et remords au fond hypocrites car ses pulsions sont toujours les plus fortes, lui enlevant l'objet de sa convoitise, le laissant désespéré. Clare Quilty est un Humbert Humbert qui a perdu toute culpabilité à vivre son dévoiement et ses vices les plus abjects, ses « plaisirs tristes » les plus vils, et qui le sait très bien, et qui s'en fiche complètement, ne songeant qu'à son plaisir, n'ayant strictement aucune altérité, aucune empathie, et ce volontairement.

     

    Clare Quilty se comporte exactement comme les privilégiés de notre société qui ont trouvé dans « Maissoissantuite » (TM°) un alibi afin de se « libérer » une bonne fois pour toutes de leur culpabilité morale, et de vivre leur a-moralité foncière et totale au grand jour sans se cacher derrière un paravent hypocrite de moralisation sociale. Encore pire que Quilty, ils ont développé des prétentions sociales absolument hors de propos, et ont maintenant la vanité de jouer un rôle de guide des autres classes, d'exemples à suivre, donnant des leçons sans vergogne à toutes les autres couches de la société, des leçons qui ne les concernent pas.

     

     

    Ces privilégiés, leurs idéologues et larbins, détestent pour toutes ces raisons « Lolita » de Nabokov, et de Kubrick sur lesquels ils ont jeté un regard distrait et superficiel en attendant du scabreux et du croustillant qui ne sont ni dans le roman, ni dans le film, se parant pour justifier leur censure de la protection des plus jeunes. Mais au fond, ce dévoiement, et en particulier la pédophilie que d'aucuns justifient sans vergogne parmi eux, qu'ils feignent pourtant de dénoncer, ce qu'ils refusent également de constater, provient surtout de leur mode de vie libérale-libertaire et donc d'eux-mêmes. Ils sont comme ces personnes que la vue d'handicapés physiques rend mal à l'aise car ils y voient l'incarnation de leurs tares morales et intellectuelles.

  • « Question de méthode » de Philip K. Dick

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     9782070449217FS.gifFolio SF continue (la grâce du Très Haut du Miséricordieux soit sur eux !) à rééditer l'intégrale des nouvelles de Philip K. Dick auparavant parues en « Présences du Futur » chez Denoèl, entretenant ma compulsion « dickienne » (quasiment tout un rayon de ma bibliothèque). Et ce recueil a l'avantage de ne pas être pour une fois un simple « coup » commercial lié à la sortie d'un film inspiré de l'auteur de « Ubik » ((TM°) en vente partout en aérosol, en sachets, en poudre et en solution liquide je le rappelle), et de proposer des nouvelles inédites et des traductions moins bâclées que les précédentes pour les deux nouvelles déjà sorties dont « un monde de talents ».

     

    Ce livre regroupe des histoires parues bien avant la crise mystique de l'écrivain en 74 et « la Trilogie divine », il échappe à l'influence de Van Vogt et vit à l'époque, les années 50, de manière à peu près stable avec sa deuxième femme (je dis bien « à peu près » car il fera de ce mariage une description très drôle et chaotique dans « Confessions d'un barjo » fielleusement dédié à cette seconde épouse). Il produit sans cesse, en s'aidant de tout ce que la pharmacopée de cette époque autorisait en vente libre, ou pas. Contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit, Dick consommait peu de drogues illicites, mais beaucoup d'amphétamines, et il n'a pris du LSD qu'une fois, car son imaginaire provenait surtout de son cerveau en ébullition et non de l'influence de « trips » plus ou moins bien vécus.

     

    Un personnage fait pousser des vaisseaux spatiaux dans son jardin, les terriens acquièrent après l'Apocalypse le pouvoir de concrétiser toutes leurs hallucinations, les psys sont des robots qui comme d'habitude chez Dick sont plus « humains » que leurs patients, les bureaux sont insolents avec les cadres en costume et finalement une ménagère finit par penser, à la grande surprise des policiers, que la possession de son mari par un « alien » n'a pas que des inconvénients car la copie se révèle beaucoup plus attentionnée que l'original, dur, sec et sans cœur.

     

    Les dieux y sont de grands gamins immatures qui mangent trop de sucreries mais néanmoins plus sages que les « maîtres du monde » et on les appelle de "grands benêts". Le premier totalitarisme, fondé sur des platitudes et un discours fade qui dit tout et son contraire, et vraiment réussi envahit le monde par l'intermédiaire de réseaux électroniques et de la télévision, le monde entier finissant par se conformer aux lieux communs débités à longueur de temps par un avatar « gestalt » manipulé par les vrais maîtres de la société, ça ne vous rappelle rien ?, dans « à l'image de Yancy » qui est des plus prophétiques. Dans ce récit, le spectacle domine les esprits ; l'instinct grégaire et l'apparence y sont fondamentales.

     

    J'ai beau connaître par cœur les « ficelles » qu'il utilise, je me laisse surprendre à chaque fois par les retournements des histoires et le sens aigu de l'absurdité de Dick qui montre que même dans un lointain futur, même après une guerre atomique, même environné d'extra-terrestres bienfaisants mais mourants, les Biltongs, l'être humain se leurre tout autant que maintenant sur les véritables aspirations qui le motivent, et que celles-ci sont à de maints égards parfaitement grotesques.


    Finalement, dans ses livres, qui sont de la SF dite implicite (contrairement à Asimov et Clarke qui prétendent prédire le futur et expliquer le fonctionnement de tous les engins qu'ils inventent) Dick parle surtout de nous et de notre époque.


    C'est la raison pour laquelle il est beaucoup plus intéressant que les deux auteurs précités. Et tout comme Bradbury, c'est au fond un écrivain au sens propre, peu importe l'appartenance de ses œuvres à un genre ou l'autre. Pourtant, pendant des années, il a cru pouvoir écrire des romans dits « mainstream », souffrant du mépris des critiques, et d'autres écrivains, romans qui justement à l'exception de « Confession d'un barjo » sont beaucoup moins intéressants

    couverture empruntée au site "Decitre"

  • "Vergès pleurant dans son ancienne prison..."

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    3462367_7_b01e_l-avocat-jacques-verges-le-30-janvier-2012_06458e83b9cf1b2e00cc72157f5f8792.jpgou "un réac parle de la mort de Jacques Vergès"...

    Suite à la mort de Jacques Vergès, j'ai revu l'excellent film de Barbet Schroeder le concernant, de 2007, « l'Avocat de la terreur », qui montre tous ses paradoxes, son humanité et qui révèle un peu qui était cet homme complexe. J'ai des idées plutôt à droite, apparemment aux antipodes de Jacques Vergès, mais l'homme me fascinait, et me passionnait, car il avait une vraie stature, une stature que l'on peut qualifier d'historique tant son destin personnel a épousé tout au long de sa vie le destin du monde et celui des peuples, des guerres civiles sanglantes, la dénonciation des hypocrisies de notre société libérale-libertaire, toute aussi insupportables dans sa variante sociale-libérale, ses sottises arrogantes qu'il n'eut de cesse de tourner en dérision en défendant ceux qui dans notre société sont considérés comme indéfendables.

     

    Je ne suis pas certain que maître Vergès ait trouvé des plus pertinents pour la gauche française de ne défendre dans sa presque totalité actuellement des lois ou des décisions surtout sociétales. Il fut d'ailleurs cohérent puisque disparaissant quelques années dont on ne sait quasiment rien, étant peut-être au Cambodge, ou en Amérique du Sud, d'aucuns affirmant à l'inverse qu'il était tout simplement à Paris dans une « planque ». Nul ne sait et il se plut à brouiller les pistes, et les cartes.

     

    Peu importe d'ailleurs la réponse, la vie du personnage est fascinante en soi tout comme la façade qu'il se donnait, celle de cet avocat aux allures de bon vivant raffiné et aux goûts aristocratiques, à l'humour caustique et cinglant, se donnant derrière la fumée de son cigare des airs de Raminagrobis. Et puis il était autrement plus fascinant que mettons, Arno Klarsfeld, avocat "parce qu'il le vaut bien" (TM°).

     

    J'ai toujours éprouvé quand je regardais Vergès en interview, ou que je le lisais, le même frisson que j'ai éprouvé en rencontrant il y a une vingtaine d'années maître Jacques Isorni qui fut l'avocat de Pétain mais pas seulement. C'était des hommes peut-on dire vraiment à leur propos, des hommes un peu plus grands par leurs personnalités, un peu plus grands que les autres et que l'on qualifie rapidement de salauds car ils ne se satisfont pas de la morale commune, et ne la respectent pas, celle qui voudrait qu'ils abdiquent des idées qu'ils estiment justes, et que « l'avocat de la terreur » n'a effectivement jamais cessé de défendre car à travers les personnes qu'il défendait, il défendait ses idéaux de jeunesse auxquels il n'avait jamais renoncé.

     

    On me dira, c'est une sorte de médaille de se faire traiter de « salaud » par un imbécile ou un autre, tel ou tel cloporte qui ne supporte pas qu'une personnalité émerge de temps à autre du troupeau...

     

    Une scène dans « l'Avocat de la terreur » démontre au spectateur qui pouvait en douter que derrière tout cela, il y avait un cœur généreux, que ses idées venaient de ce cœur, même si pour moi elles étaient un fourvoiement : je souhaiterai que l'on m'explique par exemple pourquoi un changement radical de société, menant à l'utopie supposée, doit automatiquement passer par le massacre des personnes qui ne sont pas d'accord avec ce bonheur théorique imposé et donc insoutenable par nature, même si je sais fort bien que tout changement, du fait de la nature humaine, ne peut se faire sans heurts ?

     

    Dans cette scène donc, Vergès visite sa prison algérienne, quand il fut emprisonné au moment de la guerre d'Algérie avec quelques uns de ses camarades avec qui il retrouve quelques décennies plus tard des gestes de fraternité immédiate. Et abandonnant son personnage, sa façade et son ironie habituelle, il pleure. Ce qui montre aussi qu'au fond il était resté aussi ce petit jeune homme révolté que les fils de bourgeois et de « grandes » familles méprisaient pour ces origines considérées comme honteuses...

    Ci-dessous la bande annonce du film de Schroeder

  • Ozon les lieux communs et la moralisation (et osons un petit hommage en passant à Pauline Kael)

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    cinéma, littérature, société, ozon, QAmi lecteur, je ne sais pas si tu t'en es aperçu mais j'adore le cinéma, tout dans le cinéma, de celui de Hollywood jusqu'au cinéma coréen ou japonais, des séries « Z » parfois réjouissantes, qui peuvent cacher des futurs grands, tel Peter Jackson, aux films « indés » plus pointus. En tant que dévoreur de films, je ne pouvais manquer de lire un jour Pauline Kael, lecture indispensable pour tout cinéphile qui se respecte, critique légendaire, une des découvreuses du « Nouvel Hollywood » parfois injuste, des plus subjective mais toujours pertinente et savoureuse.

     

    J'ai pensé à ce qu'elle écrivait en voyant la bande-annonce du dernier film de François Ozon précédant la vision d'un film dit de genre dystopique, « Elysium », dont je reparlerai). Je résume l'histoire, une jeune fille de dix-sept ans se prostitue sans culpabilité, et sans l'excuse possible de la précarité, sans même de goût pour le fric facile qu'elle gagne même si ce n'est pas négligeable (le réalisateur laisse largement entendre qu'elle "aime ça"). On entend d'ici d'ailleurs les beaux esprits s'esbaudir et se rengorger face à autant d'audace, se demandant quelles seraient leurs réactions si c'était leur enfant ?

     

    Dans une de ses chroniques européennes, elle évoque ces cinéastes européens, français, italiens, anglais, qui décrivent par le menu la dégénérescence de l'Occident et de ses classes favorisées en n'omettant aucun détail, qui prétendent qu'il n'y a pas d'interprétation de leurs films, que chacun est libre mais qui sont en fait à la fois des plus dogmatiques, moralisateurs, et moralisateurs hypocrites car profitant de leurs films réputés dénonciateurs pour étaler complaisamment des scènes de Q, du sexe multiple ou déviant, ainsi dans son film sorti aujourd'hui, « Jeune et jolie », Ozon, montrer une gamine nue une bonne partie du film, et ce dans un certain nombre de variantes de positions, toujours en « situation » avec des hommes mûrs.

     

    Pauline Kael note ailleurs qu'il est toujours très surprenant que pour ces réalisateurs la médiocrité de l'humaine engeance quand elle se laisse aller à ses pulsions les moins avouables ne semble concerner que les riches, les oisifs, les mondains, ce qui relève selon elle, et je la rejoins, d'une vision très étriquée de la société, et qui dénote de la part de ces « grands » artistes qui vendent leur film en excitant la vanité de leur « clientèle » paradoxalement bourgeoise et favorisée d'ailleurs en lui laissant entendre que son interprétation tellement « libérée » et « ouverte d'esprit », « progressiste de progrès » sera forcément la meilleure.

     

    Pour ces faiseurs de pellicules « chics » le cinéma reste surtout une attraction foraine pour laquelle il faut bien vendre des billets, et pour se faire appâter le chaland, ou dans le cas d'Ozon le « micheton » qui ne demande que ça. Pour Ozon, au vu de ses multiples déclarations, les femmes ne demandent que ça également, « faire la pute », ce qui dénote chez lui une vision disons particulière des femmes forcément mère désincarnée ou putain à la sexualité agressive.

     

    Ou bien est-ce un problème d'Oedipe mal résolu ?

     

    Ce qui est également curieux dans ces films est que la culture, en particulier la littérature, y est montrée comme certes porteuse d'ouverture d'esprit mais surtout de perversion comme dans les films tournées sous l'Occupation et Vichy.

     

    Selon Kael, et là encore, je l'approuve, prétendre qu'un film ne peut être inteprété c'est finalement reconnaître qu'il est creux et que les audaces formelles, ou qui se veulent ainsi, qu'il peut receler sont autant de lieux communs destinés à fournir un alibi au spectateur voyeur pour regarder au cinéma des scènes qui ne dépareraient pas dans un « Gorge profonde », navet joyeux et « j'm'enfoutiste » symbole d'une époque plus libertaire et plus insouciante que la nôtre, ou « Derrière la porte verte » (excellent film celui-là au demeurant), la différence étant que dans ces deux films les réalisateurs ne se donnent pas « lamanièredeux » intellectuelle et sociale.

     

    La célèbre critique souligne enfin deux choses fondamentales. Dans ces prétentions à l'audace sexuelle, à la liberté de mœurs, il n'y a jamais de vraie légèreté, de véritable jouissance, encore moins d'exaltation des sens. Le plaisir n'y est jamais joyeux. Ces films ne sont jamais que des décalques modernes des sermons que l'on pouvait entendre dans les soirées des ligues de vertu, et leurs spectateurs sont comparables aux sermonneurs, avides finalement de regarder par le petit trou de la serrure les turpitudes supposées des milieux dits favorisés qu'au fond ils envient, désirant secrètement être à leur place.

     

    A propos de « Jeune et jolie » de Françpois Ozon...

    ci-dessous la bande-annonce...

     

    Lire aussi les « chroniques américaines » et « chroniques européennes » de Pauline Kael chez Sonatine


    Jeune et Jolie de Francois Ozon - Bande-Annonce par cinemur

  • Les nouvelles folies bourgeoises

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    Dédié à Aurélie Filipetti, Anne Hidalgo, NKM, Bertrand Delanoé, Michel Champredon, Jean-Michel Ribes, BHL, Daniel Buren, Jack Lang, Daniel Cohn-Bendit (pauvre Cohn), DSK et tant d'autres que j'oublie...


    Il y a déjà quelques temps, alors que je participais à une soirée mondaine ou plus ou moins, se voulant « libérée » et culturelle, tout en n'étant finalement rien d'autres qu'un agrégat de snobinards mécheux, de salonnards tous « fissapapamaman » et de pauvres petites filles riches à névroses chics et très chères, j'entendis un des invités confier à un autre sans trop de discrétion qu'il était fort étonné de constater que même « sortant de ce « milieu » je fus si cultivé et tellement ouvert ». Je n'en conçus pas de la colère, après tout c'était flatteur. Je lui demandais de quel « milieu » voulait-il parler en évoquant « ce » milieu ? Il me dit sans beaucoup de gêne qu'il parlait du milieu petit bourgeois catho, un peu versaillais sur les bords, un peu « coincé » sur le plan des mœurs, conservateur aussi sur l'argent et l'éducation et qu'il s'étonnait.

     

    Je lui rétorquais que lui aussi faisait partie d'un milieu bourgeois, plus favorisé d'ailleurs que celui d'où je suis issu, sur le plan matériel et des réseaux. Ce à quoi il me répondit que « bourgeois » c'était surtout un sentiment, un état d'esprit, et que lui ne se sentant pas « bourgeois » ne pouvait pas l'être, oubliant en passant que c'était aussi une situation matérielle confortable objective, et non seulement, donc, un « sentiment ». Lorsque je lui fis part de mon opinion sur le sujet, « je voyais le mal partout, et je ne pensais qu'au fric », lui bien sûr en ayant à foison ne se posait pas la question des ressources. Il m'assèna croyant m'échever qu'en fait j'étais un cynique...

     

    J'étais pour lui un « huron » de Voltaire, un « persan » de Montesquieu, ce n'était pas possible à ses yeux que l'on puisse être ouvert à la culture en dehors de son microcosme.

     

    Dans les pays anglo-saxons, les « bourgeois », les riches, les parvenus n'ont pas honte de l'être, il est normal de montrer son argent et d'être fier de sa réussite sociale et financière, et celle de ses enfants en profitant des réseaux des milieux financièrement confortables. On a bien du mal à comprendre en Floride ou en Californie pourquoi les français ont tellement de préventions avec l'argent, on y est moins hypocrites avec l'argent il faut dire ami lecteur, car on sait très bien que « s'il ne fait pas le bonheur » il achète beaucoup de choses qui permettent au moins une certaine sérénité du côté du portefeuille mais aussi pour se consacrer à autre chose, du moins dans notre société matérialiste où il est quasiment impossible de s'en passer à moins d'un changement radical.

     

    En Allemagne, vieux pays de tradition protestante, à Berlin on n'hésite pas à se rassembler en mouvements pour dire que l'on peut être « pauvre mais sexy ». La personne qui a les moyens ne verra pas l'utilité de montrer ses ressources avec ostentation, elle n'en ressent pas le besoin, elle sait qu'elle a travaillé, le plus souvent, pour les obtenir, et trouve ça normal, elle n'en tirez aucun orgueil.

     

    Elle en profitera, cette personne, pour voyager et parfaire sa culture et ses connaissances de manière studieuse, organisant sa vie active et sa retraite avec le même pragmatisme, voire même elle encouragera ces enfants à parcourir le monde et voir du pays et d'autres cieux.

     

    En France, pays où l'on feint de croire que la méritocratie n'est pas une légende urbaine, ou rurale, ceux qui ont de l'argent, ceux qui profitent du système par tout un ensemble de petits et grands clientélismes, de népotismes et favoritisme plus ou moins avoués, plus ou moins digérés, culpabilisent d'avoir du pognon et de ne jamais craindre pour leurs fins de mois. Pour compenser, pour ne plus se sentir coupables, ces bourgeois en ont conçus des prétentions à la fois culturelles et sociales, leur permettant de croire que s'ils sont favorisés, c'est parce qu'ils le méritent et qu'ils ont un rôle à jouer, un rôle de guides, de phares des peuples.

     

     

    Ceux qui ont ces prétentions, ces folies bourgeoises d'un genre nouveau, ne voient pas le problème. De par leur conditionnement de milieu, ils estiment qu'ils sont parfaitement légitimes pour les exprimer, que c'est même pour eux en quelque sorte une mission quasiment divine. Il faut dire qu'ils ont conservé la même hypocrisie morale, et ce malgré « 68 », concernant les seules motivations qui les meuvent réellement, à savoir boire, baiser et bouffer et jouir -de leurs privilèges- sans entraves.

     

    Ces "guides" de la pensée, Internet, notons le, les emmerde beaucoup, car tout le monde peut s'y exprimer, y compris les  "basses" classes ou les "classes dangereuses" que les bourgeois méprisent encore avec enthousiasme qualifiant toute pensée indépendante des personnes qu'ils dédaignent de "populisme", de "poujadisme" grossier voire pire, d'encouragement à revenir aux "z-heures les plus sombres de notre histoire". Très vite sur le Réseau, le petit bourgeois montrera son mépris de classe, surtout s'il est à court d'arguments.


    Le mépris utilisé en dernier recours, il appellera ça prendre de la hauteur alors qu'en fait il se comportera exactement de la même manière que son ancêtre guizotiste et, ou positiviste...


    Il a voyagé, il trouve ça super la diversité, les autres coutumes, le multicul et le métissage culturel, quand il voit une noce africaine fêtée selon le folklore de l'un ou l'autre pays, cela lui rappelle en plus son denier séjour avec "Nouvelles Frontières" et un spectacle de danses traditionnelles. Et lui au moins n'est pas homophobe comme ces cathos coincés, d'ailleurs, il le prouve, il a plein d'amis "pédés" ainsi qu'il le dit souvent en employant ces termes pour se donner le genre affranchi.

    Ce qu'il ne sera jamais...

    image extraite du film "Folies Bourgeoises" de Claude Chabrol, de 1974 et prise sur ce site

  • La fiancée du pirate a repris le large

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    cinéma, nostalgie, littérature, nostalgieBernadette Lafont vient de mourir d'un malaise cardiaque, personne ne devrait avoir de problèmes cardiaques, ils devraient être hors la loi...

    Moi-même j'en aurai jamais, je suis contre pour paraphraser non pas Pierre Desproges mais sa femme Hélène qui parlait du cancer.

    Desproges disait d'elle (Bernadette Lafont, pas sa femme, mais enfin sois un peu à ce qu'on te dit ami lecteur !) que son "buste était une insulte à l'usage du lait en poudre", Brassens aurait pu dire que son dos "perdait son nom avec si bonne grâce".

    Contrairement à la grande majorité des actrices et comédiennes contemporaines, Bernadette Lafont avait une présence et une sensualité animale et solaire transparaissant à l'écran. Je retiens d'elle deux rôles, celui qu'elle joue dans "la Fiancée du pirate", et elle est impériale aussi dans "Inspecteur Lavardin" de Chabrol où elle est l'amour perdu du cynique flic joué par Jean Poiret (Chabrol pour qui elle avait joué dans "le Beau Serge", et dans "les Bonnes Femmes" scénarisé par Geggauff autre "infréquentable", comme Blain).

    Elle est aussi dans "les Mistons", un des premiers films de Truffaut, avec Gérard Blain, acteur

    cinéma, nostalgie, littérature, nostalgie

     talentueux qui a perdu la "carte" qu'il avait gagné gràce à sa participation à un film de la "Nouvelle Vague" du fait de son mépris des tenants du "progrès progressiste".

    Elle vécut le drame atroce de perdre son enfant, sa fille Pauline, excellente actrice elle aussi, en 1990, inoubliable dans "l'été en pente douce"...

    L'amour du cinéma l'avait sauvé du désespoir disait-elle...

  • Lectures de vacances et Ego trip

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    Les trois photos avec les lunettes noires c'est juste parce que l'on sait bien que les types qui lisent, voire qui écrivent, sont des prétentieux égotistes et narcissiques, et puis c'est tellement bon d'emmerder les cons que cela va bien faire suer...

    Bref.

    Pendant ces vacances, pour éloigner le souvenir des malfaisants, des fâcheux, des cons, je retourne à Vemilion Sands avec Ballard, je me plonge avec délices dans les vapeurs du cinéma Bis, et dans la vie de Jack London....

    La lecture est déjà un voyage en soi, qui emmène loin, loin des imbéciles, qui rapproche de ceux qui ont encore une 

    senbilité..london.jpg

    . Et j'écoute la musique que j'aime...

    Thelonious Monk, Marvin Gaye et Solomon Burke...

    Et bien sûr, je continue mon journal de Palestine...

    En attendant une citation pour ton édification aimable lecteur, mon sensable mon frère (ou ma soeur)

    "A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle à tendance à s'accroître 

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    en compensation. Et le dictateur (à moins qu'il n'ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d'encourager cette liberté-là. 

    Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort." 

    Le Meilleur des mondes - Aldous Huxley.

  • Nous vivons dans une série « B » de Science Fiction

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    age_de_cristal.jpgPhilip K. Dick eût sans doute vu dans plusieurs faits épars ressortant dernièrement une confirmation de ses théories sur l'absence de réalité du monde moderne et que nous vivons ainsi qu'il l'exposait souvent à la fin de sa vie dans une simulation créée par un dieu, ou une entité étrangère, qui chez lui sont souvent débiles ou infantiles, un dieu amateur de sucreries et de séries « B » ou « Z » dont il s'inspirerait pour recréer l'univers à son idée et selon son bon plaisir.

     

    On vient d'apprendre par exemple il y a quelques temps qu'un médecin italien, persuadé comme tous les savants fous des films dits « de genre » du bien-fondé de son idée bien entendu géniale, veut tenter la première greffe d'une tête sur le corps d'une personne morte d'un AVC, ceci afin d'offrir l'immortalité à des clients fortunés. Comme dans une série « B » voire « Z » de 1962, un «drive in movie » d'horreur, « The Brain that wouldn't die » destiné à permettre le rapprochement des couples face aux scènes terrrrifiantes que promettaient la bande-annonce. En écrivant cette bouffonnerie psychotronique, je ne suis pas certain que ses auteurs aient songé qu'un jour cela deviendrait réalité.

     

    Ainsi que dans une dystopie, ou anti-utopie, des années 70, qui ne sont d'ailleurs pas toutes des séries « B » tant s'en faut, lucide sur ce qui pourrait amener des fins du monde diverses et variées, toujours d'un pessimisme radical que les cinéastes n'osent plus maintenant, le gouvernement français proposera en automne une loi sur l'Euthanasie, pudiquement appelée « l'aide à la fin de vie » comme dans l'excellent « Soleil Vert » en 1973, où elle est paisible et horrible en même temps, se faisant sur une musique douce et des images mièvres, ou même plus récemment, en 1997, « Bienvenue à Gattaca », qui parle aussi des dérives de l'eugénisme social, le tout au nom d'une pseudo-compassion visant à éliminer les plus « faibles » selon les thèses d'un darwinisme sociétal très mal digéré, et de toutes façons indigeste.

     

    Dans ces films, comme dans la vie, les partisans du darwinisme social jouent d'ailleurs surtout sur la corde sensible pour interdire toute réflexion aux personnes raisonnables qui songent aux conséquences de telles lois, sur lesquelles il y a en France une unanimité quasi totale au Parlement, sur la base de cette prétendue compassion.

     

    La société des loisirs et le décervelage intensif qu'elle entraine ont très souvent inspiré les réalisateurs, car c'est aussi un prétexte pour filmer des scènes d'orgie et,ou de violence qui sont diablement plus photogéniques, ou ciné-géniques, qu'une discussion entre philosophes à l'Agora d'Athènes.

     

    Dans le premier, mais aussi dans le deuxième « Mondwest » , ou « Westworld », en 1973 encore, décidément une année faste pour les dystopies, et dans « les Rescapés du futur », en 1976, qui souffre de ne pas avoir de personnage aussi charismatique que Yul Brinner en robot tueur, les ravages du spectaculaire et du cirque grotesque qu'est notre monde sont largement exposés, le deuxième allant même jusqu'à suggérer que nous sommes en fait dirigés par des monstres qui ont oublié toute humanité. "L'Age de Cristal" ou "Logan's run" a le même propos, qu;'il prend le temps de développer contrairement aux "blockbusters" actuels qui font dans la narration "stroboscopique" et va beaucoup plus loin, présentant une société post-apocalyptique utopique, imposant un bonheur factice à l'humanité sur la base d'une rationnalité devenue folle : les individus meurent à trente ans, et leurs corps sont recyclés, l'eugénisme est très stricte, en échange, les êtres humains ne font que se détendre, ceux qui tentent de fuir ce bonheur illusoire, vers un improbable "Sanctuaire" sont impitoyablement exterminés.

     

    cinéma,politique,science fiction,psychotroniqueLes « Décimales du futur », excellent film méconnu de Robert Fuest, cinéaste britannique, ayant également tourné les deux films poétiques, excentriques et aussi kitsch sur "l'abominable docteur Phibes", qui a fait ses premières armes comme décorateur et directeur photo puis réalisateur sur « Chapeau melon et bottes de cuir », montre ce qui se passe après la fin de la société des loisirs qui est une course à l'abîme. A noter que cette série est un bon vivier de metteurs en scène de films de genre puisque l'on y trouve aussi Roy Ward Baker, auteur de l'excellent « Docteur Jekyll et Syster Hyde » ou Don Taylor qui a mis en images une ou deux « Planète des singes ». Bien sûr les cinéphiles pervers peuvent aussi visionner sur le même thème de la société des loisirs, ce qui est une sorte de plaisir honteux pour les cinéphiles de salon, « la course à la mort de l'an 2000 » avec David Carradine en slip de cuir de Paul Bartel et un Stallone débutant.

     

    Et bien sûr, à tout seigneur tout honneur, on ne peut évoquer les séries « B » anticipant sur les dérives des sociétés consuméristes actuelles sans parler des films de Georges Romero, et pas seulement sa trilogie des « Morts vivants », « The Crazies » étant également prémonitoire. Dans ses films, l'hyper-consommation et la tyrannie des maîtres économiques transforment littéralement les personnes en zombies ou en morts-vivants ou les rend fous. Ce n'est pas pour rien que le deuxième volet de la trilogie des « morts-vivants » se déroule presque entièrement dans un centre commercial, dans lequel les survivants se réfugient cernés de toute par leurs anciens semblables qui ont gardé les automatismes grégaires que le cirque publicitaire et médiatique leur imposait auparavant.  

    image du haut extraite de "l'Age de Cristal" de Michael Anderson

    image du bas empruntée là

    Ci-dessous le début de "les Décimales du Futur" et un extrait de "The Crazies"


    Les décimales du futur 1 par JimJamBriskin

  • Hommage à Richard Matheson

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    littérature, SF, cinémaR.I.P Richard Matheson auteur de nouvelles et romans de genre parmi les meilleurs...

    Un recueil que je relirai, "la touche finale" chez "J'ai lu"

    "Une petite boîte munie d'un bouton a été déposée sur votre seuil, une poupée indienne dénichée chez un brocanteur vous paraît le cadeau d'anniversaire idéal pour un ami passionné d'anthropologie, une mouche vous importune, un poids lourd se traîne devant votre voiture... Rien de plus banal, et pourtant... vous voilà au seuil du cauchemar ! "

    Des monstres inommables sont cachés derrière l'écran de télé, une mouche révèle un complot, le comportement bizarre de votre femme enceinte est peut-être dû à un martien, un camion essaie de vous précipiter dans un ravin, une maison veut vous tuer. Un gamin trimballe quelque chose qui fait un bruit étrange dans une boîte. Les idées de Matheson sont toujours très simples et très bien ficelées. La forme en est souvent originale comme dans la nouvelle "Derrière l'Écran", se présentant comme un rapport de police.

    Rappelons que "Duel" est une de ces histoires tout comme de nombreux épisodes de "Twillight Zone"

  • Deux « Goupi Main-rouge » issus de la diversité (TM°)

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    paris.jpgLe 19 Juin est sorti « Né quelque part » de Mohamed Hamidi et le 17 Juillet sortira « Paris à tout prix » de Reem Kherici, deux réalisateurs « issus de la diversité » (TM°) et encensés par la « bonne » presse. Ces deux films ont en commun d'être tous deux exactement dans le même esprit, avec quelques variantes communautaristes, du cinéma exaltant les vertus de la terre qui ne ment pas, les valeurs rurales solides éloignées de celles des villes qui corrompent, la pseudo simplicité des gens simples tous angéliques donc. Le discours qui tient lieu de fond et de « message » à ces deux lons métrages serait considéré comme parfaitement insupportable et inaudible s'il racontait l'histoire de jeunes français redécouvrant leurs racines chez leurs aînés dans une province fantasmée.

     

    Dans « Né quelque part » et dans « Paris à tout prix », ce n'est pas la province ou la campagne, ou des paysans imaginaires, qui sont idéalisés, mais l'Algérie et le Maroc, pays d'origine des deux personnages principaux qui s'y retrouvent par un concours de circonstances qui pour eux s'avéreront heureux avec l'aide des « deus ex machina » des scénaristes qui ont un message drôlement humaniste à faire passer. Dans le premier, un jeune homme qui n'y a jamais mis les pieds va s'occuper de la maison de son père, dans le deuxième une jeune femme qui vient de décrocher un CDI dans la mode est obligée de repartir au Maroc car elle était en fait « sans-papiers », ce que ses parents ne lui avaient pas dit.

     

    ne-quelque-part-affiche-516d3fd8aa00f.jpgBien entendu dans la vie, je doute qu'une jeune femme bien intégrée comme le personnage, s'apprêtant à décrocher un gros contrat, pas une « précaire » donc subisse ce sort mais passons.

     

    Dans les deux histoires, les deux héros redécouvrent la simplicité tellement plus vraie et plus authentique de leur terre « qui ne ment pas », tellement plus solide que celles des français qui sont tous d'horribles salauds superficiels ou des racistes à la petite semaine, tous corrompus par de fausses valeurs, et tellement plus compliqués. En gros, les « vraies » valeurs sont dans le film d'Hamidi et dans celui de Kherici dans leurs pays et leur culture d'origine respectifs, et non en France où toute intégration, toute assimilation, partage de valeurs communes, n'est pas possible puisque de toute façons elles sont en bloc rances et pourries en somme.

     

    Ce que disent ces deux films, c'est que c'est bien de vivre en France pour des immigrés de deuxième, troisième ou quatrième génération, mais à condition de pouvoir respecter les traditions du pays d'origine comme on le souhaite, des traditions forcément meilleures car tellement plus « simples » et plus « authentiques », que se mettre en ménage avec une française ou un français c'est bien, mais que c'est plus « authentique », plus « vrai » avec quelqu'un de même culture, et qu'être français ce n'est pas partager une culture ou des idéaux communs, ou alors simplement un minimum utile qui tient plus des valeurs bêbêtes d'une pub pour jambon sous vide ou « protège slips ».

     

    Dans « Né quelque part », le jeune homme sera plus fort après avoir retrouvé ses « vraies » racines, et donc plus à même de les imposer, dans « Paris à tout prix », la jeune femme abandonnera son maquillage et sa superficialité, la corruption induite par la France et l'Occident, et elle aussi redécouvrira les « vraies » valeurs des « vraigens » selon sa culture et les traditions de sa communauté.

     

    Alors bien sûr, ni Mohamed Hamidi ni Reem Kherici ne sont des fanatiques ou des soutiens des « barbus », leurs films procèdent de « bonnes » intentions un rien larmoyantes et bêtasses que l'on trouve également chez d'autres. Mais les deux histoires et ce qu'elles disent du ressenti des « rebeus » de troisième ou quatrième génération en dit long sur l'échec total de l'angélisme quant à la diversité. Ils ne se sentent français qu'à condition de pouvoir respecter leurs traditions et cultures propres, ils ne se sentent français qu'à condition de ne partager en somme qu'un minimum de choses pour devenir citoyen, ce qui tient aussi du comportement habituel de « citoyen consommateur » qu'ont les français « souchiens », ne choisir que ce qui arrange, ne pas prendre ce qui implique des devoirs envers les autres.


    Affiche de "Paris à tout prix" prise ici

    Affiche de "Né quelque part" pris ici

    les deux bande annonces ci-dessous

  • « Star Trek into Darkness » bonne attraction de fête foraine

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    cinéma, SF, télévision, sociétéCertes les films dits « de genre » peuvent en dire parfois plus long sur une époque que bien des pensums imbuvables racontant les déboires narcissiques de trentenaires adulescents de la classe moyenne supérieure. Mais on oublie souvent que le cinéma c'est depuis le départ surtout une attraction foraine, et que ce que l'on demande quand on se fait une toile c'est aussi que ce soit d'abord et avant tout du bon « cinoche », peu importe les bons gros clichés, peu importe les manques de cohérence des scripts.

     

    Le premier film du « reboot »-relecture de la franchise « Star Trek » n'était pas mal. Celle-ci trouvait dedans un dynamisme et une énergie qui étaient souvent absentes des anciens films. « Star Trek », pacifique saga souvent métaphysique et politique, entrait dans l'ère post-11 septembre. Les « gentils » étaient sans pitié avec le « méchant » tout plein de circonstances atténuantes mais terroriste cosmique aussi, un genre de Ben Laden quantique avec des piercings pour faire plus sauvage.

     

    Kirk, Spock et MacCoy étaient un peu raides dans leurs uniformes dans les derniers films, « Generations » qui faisait le lien entre le premier équipage et celui de « The Next Generation » étant le pire et le plus mou du genou, le meilleur et le plus adulte, le plus structuré au point de vue cinématographie étant le suivant « First Contact » qui mettait en scène les « Borgs », archétypes de la massification ultime, fantasmes humides de libéral libertaire. « First Contact » reste de loin le plus réussi après avoir vu « Star Trek Into Darkness » qui reprend une bonne partie de l'intrigue de « Star Trek II la colère de Khan » avec des ingrédients que JJ Abrams instille dans tous ses films : un méchant ambigu, du saupoudrage de « sitcomisation », des scènes « pathos » et sentimentales (on pleurniche beaucoup dans ses films et séries) et un abus d'effets « Lens Flare ».

     

    L'équipage de l'« Enterprise » a donc affaire cette fois ci à John Harrison qui fait sauter quasiment toute la flotte de la « Fédération » sauf le vaisseau des héros (pratique) après avoir sauvé la fille d'un capitaine de « StarFleet » qui était aussi un des anciens « companions » du « Doctor Who ». Harrison tue presque tous les commandants de la flotte à leur QG, à commencer par le mentor de Kirk, son père de substitution, ce qui permet à celui-ci de récupérer son commandement perdu suite aux évènements du pré-générique, et Spock en second.

     

    L'on s'aperçoit ensuite que Harrison n'est pas le seul méchant ambigu avec des motivations super psychologiques, puisque l'amiral Marcus, a.k.a « Robocop » ancien modèle, Peter Weller, commandant Kirk et les autres commandants de vaisseaux veut prendre le pouvoir en construisant des navires spatiaux de guerre afin de « préserver leur mode de vie », un genre de « Bush » de l'avenir.

     

    Afin d'assurer la réussite de ses plans, et d'avoir un prétexte, l'amiral félon tente de provoquer une guerre totale avec Kronos, la planète des klingons, sur laquelle Kirk, Spock et Uhura vont dénicher Harrison qui leur sauve la vie en massacrant un grand nombre d'indigènes. On s'étonne d'ailleurs, alors que clairement les héros viennent de déclarer la guerre aux klingons, il n'est plus question d'eux ensuite, ils disparaissent de l'histoire qui devenait peut-être trop complexe pour les brouteurs de « pop-corn » décérébrés.

     

    Notons au passage que les klingons, tout comme les romuliens du précédent épisode, et comme les perses de « 300 », portent communément des « piercings » et tatouages qui montrent combien ils ne sont pas gentils du tout.

     

    La suite est une inversion en décalque de « la colère de Khan », Kirk montre qu'il mérite son grade en se sacrifiant comme Spock dans le film sus-cité, un coup de pied dans le moteur de l'« Enterprise » et tout repart, ainsi qu'une tondeuse. Spock crie « Khaaaan » comme Kirk dans « la colère de Khan », et il rattrape le méchant dont le sang permet de soigner Kirk, le docteur MacCoy étant justement au même moment en train de constater que cela avait déjà permis de guérir un « tribble » presque mort. Je ne sais pas s'il y a un dieu des scénaristes mais il y a au moins un « deus ex machina » bien utile.

     

     

    J'ai l'air de railler comme ça, mais on s'en fiche en fait des clichés, et des incohérences de scénario, le bon cinoche n'a pas à imiter la trivialité de la vie, auquel cas il y a longtemps que Kirk aurait été viré de « StarFleet » et aurait un emploi de bureaucrate au ministère de la Défense, qu'il jouerait très bien à la belote et serait au « Ricard » dés 10h du matin.

    image prise ici

  • Telle est la vie des hommes

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    "Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants."

    Marcel Pagnol à la fin du "Chateau de ma mère"

    Une de mes phrases préférées de la littérature, pour sa justesse, hélas.

    C'est aussi un des premiers livres qui m'ait marqué, avec "Vingt-Mille lieues sous les mers"


    Le chateau de ma mère - trailer par enricogay

  • L'avènement de la civilisation numérique en question - réponse à un article de Serge Tisseron

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     fahrenheit_451-copie-11.jpgSerge Tisseron, dans un entretien sur culturemobile, voit dans l'avènement de la culture numérique, la multiplication des écrans dans notre vie quotidienne, un changement de civilisation, qui s'oppose d'abord à la culture du livre, désignée par le psychologue comme arbitraire, et dogmatique, pyramidale, croyant bon d'égratigner au passage la foi catholique forcément répressive à ses yeux quant à la culture, percevant les rapports de celle-ci avec les arts et la littérature comme dans « le Nom de la Rose », le film d'Annaud, le livre d'Umberto Eco étant plus subtil sur la question..

     

    La plupart du temps, les personnes se référant au « Nom de la Rose » comme la référence ultime sur le rôle délicat et criminel selon eux de la religion au Moyen Age n'ont évidemment jamais lu le livre.

     

    Quant à Serge Tisseron, peut-être ne connaît-il pas les œuvres de Raphaël, Michel-Ange, le Caravage, Georges Rouault, Léonard de Vinci, Giotto et bien d'autres créations majeures d'une liberté artistique et d'une audace que beaucoup ont essayé d'imiter sans y arriver jamais inspirées par cette religion ?

     

    Peut-être n'a-t-il pas lu les livres de saint Thomas d'Aquin inspirés par Aristote et quantité de philosophes antiques, de saint Augustin, de Barbey d'Aurevilly, Bernanos, Bloy, Huysmans, Edith Stein, Simone Weil (la philosophe pas la sainte patronne de l'UMP) ? Peut-être ignore-t-il que les lettres de saint Paul sont inspirées par le stoïcisme et donc par Épicure ?

     

    Des mauvais esprits lui répondraient qu'il redécouvre somme toute l'eau chaude car c'est en soi évident, tellement évident hélas, et extrêmement préoccupant car ce qui domine chez les plus jeunes en particulier, c'est la crédulité, le premier degré de la réflexion et de l'analyse, le rejet de toute hiérarchisation des savoirs alors que tous les goûts ne se valent pas, même si on retrouve tous les goûts sur les rayons des grands supermarchés de la culture qu'ils soient virtuels ou pas..

     

    Bien entendu, comme toute « belle conscience » lisant la « bonne presse » et croyant dans les bienfaits des progrès offerts par la société libérale libertaire, il affirme que c'est d'abord un progrès de la diversité, et que cette multiplication des références est éminemment positive, spécifiant quand même en fin d'entretien que certes cela nécessite quand même une éducation à l'image et à la compréhension des écrans, et qu'il s'agit aussi de préserver les livres et la culture livresque.

     

    Ce qui est contradictoire.

     

    Car Serge Tisseron paraît oublier que lorsqu'une nouvelle forme de culture humaine apparaît elle commence d'abord par rejeter et détruire la précédente, comportement déplorable dans la nature même du pitoyable primate humain. Et il semble être aveugle à ces nouveaux autodafés au nom du développement durable (TM°) parfois que les promoteurs de cette nouvelle culture réclament au nom de la liberté, ce qui est le plus ironique.

     

    Autre contradiction flagrante, Serge Tisseron ne veut surtout pas juger ce changement de civilisation mais moralise et condamne dans le même mouvement l'ancienne culture du livre sans trop de questionnement, mais il faut dire que les théoriciens enthousiastes du nouveau monde inquiétant issu de la société de consommation effrénée en train de naître en 2013 n'en sont pas à une contradiction près.

     

    Il ne veut pas voir le « zapping mental » que la culture numérique provoque que ce soit à cause des pratiques informatiques que de la télévision, la progression constante de la difficulté pour les plus jeunes, et les adultes, à se concentrer durablement sur un travail ou une tâche, dont la lecture d'un livre qui en plus oblige à se couper du collectif, à sortir du confort du groupe vu comme un cocon protecteur.

     

    Il ne veut pas voir également la paresse de raisonnement induite par la culture numérique, qui par l'accessibilité même de certains outils, comme les traducteurs automatiques, les correcteurs d'orthographe en ligne, entraine un refus de tout effort mental personnel, ou de recherche de renseignements.


    Pourquoi se fatiguer puisque tout est en ligne sur le Réseau ? Le décervelage à l'oeuvre en notre temps se fait avec l'assentiment encore une fois enthousiaste de ceux-là même qui en sont victimes.

     

    Il refuse de voir enfin que ce qui s'impose sur le net en particulier et dans la culture numérique, ce n'est pas du tout l'acceptation de la diversité des opinions mais l'arbitraire du plus grand nombre, et de la norme, une norme et des standards physiques, comportementaux et sociaux de plus en plus contraignants.

     

    Gare à celui ou celle qui ne veut pas s'y conformer !

     

    En fait c'est à se demander si Serge Tisseron n'aime pas « Big Brother » à l'instar du pauvre Winston Smith à la fin de « 1984 » ?


    image issue de "Farenheit 451", l'adaptation du roman de Bradbury par Truffaut, prise ici


    Un extrait du film qui est, à peine, de la Science-Fiction

  • Happy Birthday François !

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    'Happy Beursday touyou " Moi-Président et Lui-Premier Ministre ! 

    Post Scriptum : Une chose m'effare, ce qui domine chez les électeurs qui avouent encore avoir voté Hollande, c'est surtout pour une question d'image, et contre une autre image en somme, et non pour ou contre des idées, tout en sachant très bien les conséquences possibles pour le pays.

  • Une femme solaire comme Marilyn

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    cinéma,femmes,politique,société,littératureSur un des murs de ma chambre, j'ai un calendrier avec chaque mois une photo de Marilyn Monroe, c'est somme toute logique pour une femme solaire de permettre à un de ses admirateurs de mesurer le temps.

     

    En parcourant le livre remarquable de Simon Libérati sur Jayne Mansfield j'y ai retrouvé les mêmes sentiments que je ressens pour Marilyn, la même compulsion dévorante à essayer de saisir le mystère, l'énigme cachée derrière la vie flamboyante, la « légende dorée » comme « la légende noire ».

     

    A propos de celle-ci, J'ai toujours eu du mal à comprendre l'insistance des médiocres à chercher avec acharnement la noirceur et les fautes chez les personnes hors du commun, ne comprenant visiblement pas que ces personnes comme tous êtres humains n'ont l'âme ni toute noire ou toute blanche, mais que l'on y trouve que du gris. Il y a certainement une part de jalousie de la part de ces imbéciles pour qui l'intelligence ou la beauté, la séduction ou la culture, sont autant d'injures personnelles, surtout quand ils en sont dépourvus.

     

    Il n'y a pas de légendes noires, il n'y a que des êtres humains complexes.

     

    Les anciens petits garçons timides, qui se laissaient mener par le bout du nez par les filles, pensant que celles-ci n'utilisent jamais les lieux d'aisance, parce qu'ils les prenaient pour des princesses de contes de fées gardent le même genre de fascination plus tard même si moins timide c'est volontairement qu'ils se laissent mener.

     

    La personnalité tourmentée de l'interprète de films de Billy Wilder, Howard Haks, ciseleur de dialogues, ou Otto Preminger ne peut se résumer en quelques lignes, quelques clichés ou lieux communs parfaitement inintéressants.

     

    Elle est à la fois la petite fille qui met les habits et les chaussures à talons hauts de sa grande sœur, en espérant plaire aux garçons, qui éveille ainsi chez les hommes le besoin de la protéger, de la prendre dans ses bras pour la consoler, cette femme perpétuellement insatisfaite, qui ne sait plus trop où se situe sa vraie personnalité, qui n'a aucune confiance en elle et qui est quand même une « enfant radieuse » telle que la décrit Truman Capote, qu'elle entraîne fumer dans les toilettes après un enterrement comme une collégienne qui voudrait échapper aux « pions ». Elle est exhibitionniste et pudique, extravertie à l'outrance et timide, intelligente et se comportant sottement.

     

    Elle est aussi parfois une femme d'esprit, sûre d'elle et de son jugement, capable de dire les pires vacheries sur ses consœurs et confrères d'une formule tranchante, caustique et toujours juste qui ridiculise instantanément ceux qui ne la prenaient que pour une blonde idiote ou une potiche des studios, dont elle même qui s'est soumise aux diktats plus ou moins grotesques d'intellectuels théâtreux la forçant à des disciplines de jeu de scène complètement absconses, intellectuels faisant payer en espèces sonnantes et trébuchantes leurs conseils sans intérêt, car Marilyn était une comédienne instinctive qui n'avais pas besoin d'intellectualiser les rôles pour les jouer admirablement, étant talentueuse naturellement.

     

    Les deux films avec elle d'ailleurs révérés par la critique qui se veut intelligente, « Bus Stop » et « The Mistfits », sont des pensums où elle est mauvaise à se forcer à adopter les « tics » insupportables de « l'Actor's studio » de Lee Strasberg, qui comme sa femme Paula, avait le complexe du gourou. Je me réjouis assez de savoir que Joe Di Maggio, un des maris de l'actrice, a viré « manu militari » tous ces hypocrites prétentieux, sentencieux et beaucoup moins talentueux que Marilyn lors de son enterrement après son suicide, ou crime politique, en 1962.

     

    Et dans « The mistfits », qui est un meilleur film que le précédent, les ratages de John Huston étant toujours plus intéressants que n'importe quel long métrage réalisé par un tâcheron actuel fût-il honnête.

     

    cinéma,femmes,politique,société,littératureArthur Miller réécrit chaque jour ses dialogues pour en faire une emmerdeuse de concours que l'on a surtout envie de gifler quand elle joue la célèbre scène de sa crise de nerfs. Miller se venge de son mariage raté sur écran géant et se console du dépit qu'il a dû ressentir à ne pas avoir un peu plus sur lui et son œuvre les fanaux de la gloire .

     

    La critique qui pense n'allait tout de même pas reconnaître que son meilleur film est une comédie « Some like it hot », joyeusement caustique et encore aimablement transgressive quant à l'histoire qu'elle raconte et la manière dont celle-ci est racontée.

     

    La critique qui pense est persuadée qu'admettre qu'elle a ne serait-ce que que souri à une œuvre drôle ou comique est une forme de dégénérescence car au fond ceux qui en font partie restent des petits bourgeois moralisateurs apeurés, terrorisés par le plaisir qu'ils pourraient prendre à rire sachant très bien de plus que Billy Wilder les amènerait tranquillement à rire d'eux mêmes ce qui les effraient encore plus.

     

    J'ai toujours la même fascination quand je tombe amoureux d'une femme, le même désir de me laisser aller au vertige, même si celui-ci est dangereux, et je suis d'une certaine manière amoureux de Marilyn, comme je le suis de toutes les femmes solaires, qui irradient quelque chose qui n'appartient qu'à elles, qui ne fonctionne par l'application d'onguents et de crèmes de beauté, qui ne tient pas aux miracles de la chirurgie esthétique, ni de l'artifice des correcteurs électroniques d'images.

     

    Marilyn ne correspond absolument pas au type de beauté féminine actuellement porté aux nues, à savoir une éternelle ado anorexique qui fait constamment la moue, elle a des rondeurs, se fiche de paraître tellement naturelle ou simple, ou faussement lassée des projecteurs que Marilyn aimait passionnément....


    photos prises ici

  • HG Wells, barbe bleue aimable de la Science Fiction

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     « Un homme de tempérament » de David Lodge

    220px-H_G_Wells_-_Sandgate_-_Project_Gutenberg_eText_13715.pngDavid Lodge évoque dans ce livre l'écrivain et ses créations, son processus de travail, ses sources d'inspiration, et il parle aussi de l'homme privé, de sa vie sensuelle. Dans les premières pages, le lecteur a d'ailleurs un peu peur, car les attributs naturels de Wells qui était un séducteur compulsif semble une obsession pour le biographe, puis ensuite, pris par la vie chaotique, tourmentée, pleine de paradoxes de « HG », comme l'appelait familièrement ses proches, on tourne les pages presque sans pouvoir s'arrêter.

     

    Wells est né dans une famille pauvre des environs de Londres, à la fin de l'ère victorienne. C'est à la faveur d'une fracture du genou alors qu'adolescent qu'il commença à s'intéresser à la littérature, son père lui amenant pour le distraire des romans d'aventures, des illustrés humoristiques et progressivement des livres plus sérieux. Le jeune homme de frêle constitution, persuadé qu'il n'en pas pour longtemps, sent alors grandir en lui sa soif d'instruction, obtenant de ses parents de commencer des études, financé en partie par un travail d'aide aux plus jeunes élèves.

     

    Dans le même temps, grandit en lui une autre soif, car Wells a des appétits sexuels tout aussi importants que ceux concernant le savoir. Il théorisera sur ceux-ci plus tard en théorisant sur l'Amour Libre dont il devient un des promoteurs au sein de la société dite « fabienne », ce qui n'évitera pas chez lui les contradictions, car il est aussi un amant jaloux et possessif, et un mari somme toute autoritaire imposant à sa première femme des arrangements dont elle ne veut pas, et qui lui conviennent surtout à lui pour se donner bonne conscience. Enfin, il ne conçoit l'Amour libre que réservé bien entendu aux hommes.

     

    Les « fabiens » sont des socialistes à la mode victorienne, à savoir, dans les déclarations d'intentions de leur société, le socialisme n'est qu'une idée vague, éloigné de la théorie marxiste, et ils évitent soigneusement de spécifier les modalités par lesquelles ils souhaitent y parvenir, les « fabiens » étant aussi des propriétaires aisés qui ne souhaitent pas renoncer aussi rapidement que cela à leurs biens et à leur personnel de maison.

     

    Wells est un ogre, qui a de multiples compulsions, qui étouffe vite pris dans le carcan des habitudes ménagères, qui pour satisfaire ses élans a toujours besoin de beaucoup plus qu'un petit peu de satisfactions, raisonnables pour le commun des mortels, largement insuffisantes pour lui. Comme beaucoup d'autres, cela se comprend par le fait qu'il voudrait en somme faire tenir le monde entier dans ses rêves et sur les pages qu'il noircit chaque jour car le besoin d'écrire est chez lui existentiel.

     

    C'est un « Barbe bleue » aimable qui consomme quelques épouses et maîtresses dont les deux filles d'une de ses amies proches, écrivain elle aussi, Edith Nesbith, célèbre auteur pour enfants. Il n'en conçoit guère de scrupules et prétend faire leur éducation littéraire et social, ce qui compenserait à ses yeux de donner libre cours à ses désirs d'amoureux non pas romantique mais un peu brutal, Wells n'est pas exactement un cérébral. « Il a des besoins » ainsi qu'il l'avoue évasivement à sa première femme le soir de leur nuit de noces catastrophique.

     

    On peut préférer quant au titre de cette biographie romancée de Herbert Georges Wells le titre anglais « A man of parts », à la fois très fin et trivial en même temps. Je te laisse, ami lecteur, le soin de traduire, « parts » ayant une autre signification que celle indiquée dans ton dictionnaire.

     

    Comme tout gosse peu doué pour la vie sociale, j'ai grandi en lisant beaucoup, et évidemment, j'ai lu les classiques de Wells que sont « la Guerre des Mondes », « la Machine à voyager dans le temps », et « l'Homme invisible », après avoir dévoré une bonne partie des romans de Jules Verne. Dans ces livres, Wells offre un point de vue sur le progrès et l'être humain beaucoup moins optimiste que celui de l'auteur du « Tour du monde en 80 jours », moins marqué par le positivisme de la bourgeoisie industrielle, Verne qui cependant en dira toute la désillusion qu'il en concevra à la fin de sa vie dans « le Nouvel Adam ».

     

    Et Wells évite les descriptions instructives qui sont parfois chez son confrère français un peu longues. Il a un sens littéraire parfois plus aigu.

     

    Si les trois romans classiques que j'ai cité conservent encore un aspect passionnant de par les fables qu'ils sont aussi, plus que des récits d'anticipation purs, ou de science-fiction explicite, il est permis d'apprécier également les nouvelles fantastiques de Wells dont la plus intéressante est sans doute « la porte dans le mur ». Dans cette histoire, un homme maintenant d'âge mûr se souvient d'une porte cochère qu'il a ouverte étant enfant un jour qu'il s'était perdu, donnant sur un jardin extraordinaire, où il se retrouve entouré de bêtes sauvages d'une douceur singulière et de jeunes filles diaphanes.

     

    A chaque fois que sa vie prend un tournant d'importance, il retrouvera la porte, mais à chaque fois il choisira le confort de la vie quotidienne. Il regrettera toute sa vie ce jardin étrange et n'aura de cesse de le retrouver.

     

    Une autre des nouvelles intéressantes de Wells raconte le don par un aventurier de la pomme de l'arbre de la connaissance à un jeune étudiant plein d'avenir et de promesses qui l'abandonnera sur un siège de train par peur du « qu'en dira-t-on » et aussi car il n'y croit guère. Après un cauchemar qu'il fera la nuit suivante, il comprendra ce qu'il avait laissé derrière lui et en perd le sommeil à jamais.

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    Wells n'est par contre pas très intéressant quand ses livres ne servent qu'à vendre un discours lénifiant un rien « prêchi-prêcha », se traduisant par exemple par son roman « Au temps de la Comète » qui inspirera cependant le très beau classique de cinéma britannique, « Things to come », décrivant une utopie concrète, poétique et grandiose tout à la fois. Il s'oppose plusieurs fois à Orwell dont on est en droit de penser que la vision politique a plus d'acuité.


    Quand il meurt, il ne croit pas que l'être humain atteindra jamais l'âge des Elois et des Morlocks de l'an 800 002 que son explorateur du temps découvre, étant persuadé que les pitoyables primates que nous sommes se seront détruits d'une manière ou d'une autre bien avant. Il est dans l'état d'esprit d'un de ses personnages qui rêve la nuit d'un autre temps, une guerre future encore plus meurtrière que celle que l'Angleterre vivait en 1944, dans la terreur des « V2 », tout en subissant le « Blitz » le jour.

     

    Il meurt insatisfait également de sa vie amoureuse car la dernière femme qu'il aima refusa toujours de se marier avec lui, suprême ironie pour un chantre de l'amour libéré des contingences.

    image du haut emprunté ici

    image du bas, de Loustal, empruntée là


    ci-dessous l'intégralité de "Things to come" et la bande annonce de "The Time Machine" de Georges Pal beaucoup plus intéressant que le "remake" pâlot de 2005

  • « Hollywood Babylone »

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    « Hollywood Babylone » - de Kenneth Anger chez Tristram en collection « souple »

    cinéma, littérature, société, hollywood, miroir aux alouettes, anger, undergroundMe basant sur la bonne réputation de son auteur en matière de style et d'écriture, réalisateur de « Scorpio Rising », entre autres joyeusetés « underground », audacieuses à son époque, un rien ringardes maintenant et des plus ennuyeuses par leur esthétisme à la fois pastel et se voulant transgressive. Je viens donc d'acquérir son livre le plus connu paru dans une nouvelle traduction chez Tristram qui exhume les manuscrits de ce genre, ayant parfois la « main heureuse », mais tout ce qui « underground » n'est pas obligatoirement de talent.

     

    « Hollywood Babylone » a une odeur de soufre depuis sa sortie aux éditions Jean-Jacques Pauvert dans les années 60, traduit alors par l'auteur lui-même qui vivait à Paris, y fréquentant Cocteau, livre qui raconterait la « légende noire » de la « colline aux alouettes » de Burbank, révélant ce qu'il y a caché derrière les mythes, une sorte de « Sunset Boulevard », le film de Billy Wilder, sur papier, film qui lui est indiscutablement supérieur par le ton, la sensibilité et l'intelligence. Si Billy Wilder est caustique et sévère, il n'a jamais de haine envers ses personnages ou d'aigreur...

     

    La lecture de cette œuvre n'engendre pas un profond enthousiasme, une fois refermé. On se dit que "ce n'est que ça" la "la légende noire" de Hollywood.

     

    Je trouve même son auteur bien naïf, il découvre que les acteurs, les réalisateurs de Hollywood, en particulier les plus célèbres, seraient des hommes comme les autres, avec leurs faiblesses, leurs défauts, leurs appétences parfois dégoûtantes, ce qui contredirait leur génie en somme, dans une conception finalement très primaire de l'humain.

     

    Mais on peut être un génie artistique, et un parfait salaud, ou hélas aussi un pervers narcissique, ce qui ne retire rien à une œuvre.

     

    Pourtant, le livre commençait bien, plantant le décor intelligemment , « Hollywoodland », les lettres géantes plantés sur les collines de Burbank, non loin du "ranch" de la "Fox", moderne Babylone de stuc et de plâtre, rutilante, et cachant des avanies inavouables dés le début que Kenneth Anger date de « Intolerance » de D.W. Griffith, dieu vivant de Hollywood et les décors pharaoniques qu'il fit construire en « dur » au pied de Burbank.

     

    L'on s'aperçoit en lisant cette introduction que les films grandiloquents et pompeux, coûtant très cher, ne datent pas d'hier, si on ne le savait pas déjà. Plus tard, les quatre dernières lettres disparaîtront et "Hollywoodland" ne sera plus que "Hollywood".

     

    Et aussi que le cinéma est aussi et d'abord une industrie foraine vendant du rêve, des films mais aussi des vedettes, et des archétypes masculins ou féminins, une industrie qui est devenue par défaut, par accident, peut-on dire, un art, grâce à des réalisateurs qui ont dévié dés qu'ils le pouvaient des rails confortables que les producteurs leur demandaient d'emprunter.

     

    De plus, Kenneth Anger, notoirement ami d'Aleister Crowley, gourou diabolique pré-Charles Manson, d'Anton LaVey, sataniste à la fois grotesque et malin d'Hollywood, ami de quelques vedettes à qui il soutirait beaucoup d'argent, adepte de la religion « thélèmiste », un salmigondis ridicule, vaguement ésotérique, entre Rabelais, la religion d'Aton et l'occultisme, aligne les ragots imputrescibles, dont certains sont inventés, et commérages ignobles avec la même application que le ferait une vieille bigote moralisatrice à dénoncer les turpitudes de ses voisins tout en se délectant de ses médisances.

     

    Il écrit la même chose que de nombreux torchons à « scandales » écrivait à l'époque, toutes ces publications rédigées par des journalistes plus ou moins ratés qui faisaient aussi dans « l'indic de police » de temps à autres, ainsi que Ellroy les décrit dans ses livres sur Los Angeles, autrement plus forts en gueule.

     

    Voilà un « sataniste » bien moral au fond, ce que l'on peut trouver curieux !

     

    Le lecteur se demande parfois si cela ne naît pas d'un désir de justification de Kenneth Anger de son homosexualité et de son papillonnage de garçons en garçons, qu'ils voient de manière malsaine comme autant d'incarnations à ses yeux de Lucifer,; nous chuchotant en somme au creux de l'oreille :

     

    « Moi, je couche peut-être avec plein d'hommes mais voyez comme tous les autres étaient débauchés et beaucoup plus dégoûtants que moi ».

     

    C'est surtout ce qui a plu à de nombreux critiques qui n'ont pas lu le livre et font d'Anger un militant de la cause homosexuelle avant l'heure, quand cette orientation sexuelle était punie par la loi, du moins en théorie, ou quand les amours homosexuels des uns ou des autres devenaient trop voyants.

     

    J'y ai senti également comme une envie de revanche de l'auteur, qui fut un de ces enfants acteurs tyrannisés par des parents avides, sur un système qui a broyé son enfance, un système qu'il pense donc pervertir en épousant une religion « maléfique », ce qui est un rien infantile et dénote un certain égocentrisme assez lamentable.

     

    La fin du livre, tout comme son début, présente un peu plus d'intérêt que le reste, fermant un cycle peu avant le renouveau des studios pendant les années 70, renouveau né dans le sang de l'assassinat de Sharon Tate qui ressemble fort à un sacrifice expiatoire pour la liberté dont certains créateurs, dont les plus talentueux étaient de « MittelEuropa », ont su faire preuve et pour les films à grand spectacle rapportant des bénéfices énormes que le « Nouvel Hollywood » s'apprêtait à produire, ainsi qu'un système plus monstrueux que jamais où l'oeuvre en elle-même n'est plus qu'un rouage parmi d'autres du processus économique où ce sont surtout les « produits dérivés » qui prendront de l'importance....

    couverture prise ici

    Ci-dessous la bande annonce de "Sunset Boulevard"

  • Un documentaire "partial, poisseux, visqueux" sur Outreau ?

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    Aujourd'hui 6 mars sort en salles un documentaire intitulé « Outreau l'autre vérité », jugé « partial, poisseux, visqueux » par un des avocats d'une « accusée d'Outreau », Roselyne Godard, maître Eric Dupond-Moretti. Le film est produit par Bernard de la Villardière, producteur et animateur sur M6, spécialisé dans les reportages, que les mauvais esprits dont je ne saurais être reprocheront d'être racoleurs, sur l'insécurité et la prostitution avec images choc à l'appui.

    politique, cinéma, journalisme, histoire, spectacle, beuzze


    Le film remet en question l'acquittement de certains parmi les accusés de cette affaire, suite à un travail d'« experts » et de juristes qui « démytifieraient » cette erreur judiciaire qui a déjà détruit quelques familles et couples sans que le système et ses rouages, dont les journalistes ne se soient pour l'instant remis réellement en question.


    Certes Bernard de la Villardière a raison dans l'absolu de parler d'injustice à l'égard du juge Burgaud qui ne fut pas le seul à prendre des décisions parfois malheureuses et à en porter la responsabilité, mais il oublie également que ce magistrat n'a jamais été réellement inquiété, ni ne s'est vraiment questionné lui-même sur ses actes, ayant même été promu suite à toute une série de bourdes et de maladresses due principalement à une chose qui est sa formation.


    En effet, et on ne le constate pas seulement en droit, les formations des personnes qui travaillent « sur l'humain » sont de plus en plus théoriques, abstraites et déconnectées du réel, sans que ne soit évalué une seule fois la capacité des étudiants à faire preuve d'altérité, de compréhension, de respect.


    Leur formation les pousse à appliquer les lois, les grands principes directeurs, voire idéologiques, qui les sous-tendent stricto sensu sans se soucier des conséquences humaines parfois dramatiques, sans les encourager une seconde à faire preuve de recul sur eux-mêmes.


    Le juge Burgaud n'a commis aucune faute quant à l'application du droit, certes, mais il aurait dû faire preuve d'écoute, a minima.


    Ce film et le pseudo-travail des pseudo « experts » vient aussi et surtout d'un profond mépris de ceux qui font partie du système pour les « accusés d'Outreau », maintenant acquittés, je le rappelle, mépris qui n'est jamais véritablement dit mais qui se sent face aux traitement médiatiques toujours sur le mode du « deux poids deux mesures » selon que les accusés soient puissants ou misérables. Je songe également à maître Lombard évoquant le fait que la mère du petit Lubin soit « centralienne », pour la disculper.


    Ce qui choquait à l'époque, c'est que Magali Guillemot ait pu si facilement sortir de prison du fait de son milieu, de son parcours et de ses relations professionnelles quant à elle contrairement aux accusés d'Outreau.


    Ce mépris est également induit par l'incapacité des acteurs du système français, qu'il soit éducatif, judiciaire ou social, à se remettre en question, remise en question qu'ils considèrent de toutes manières comme une remis en cause personnelle.


    Le film qui sort aujourd'hui fait preuve d'un total irrespect des souffrances endurées par ces accusés d'« Outreau », accusés rappelons le encore sur la base essentiellement de ragots.


    Il faut dire aussi qu'ils ont contre eux de ne pas être « issus de la diversité » (TM°) ou d'une communauté ayant « la carte » dans la « bonne presse ». Bernard de la Villardière ne voit d'ailleurs pas le problème quant aux conséquences possibles sur la vie des acquittés d'Outreau et le fait que leur reconstruction peut voler en éclats du jour au lendemain de par son documentaire.


    Je me souviens bien du tout début de « l'Affaire d'Outreau ». On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, sur le Net, comme du Chabrol en plus glauque encore, les ciels bas du Nord aidant à en rajouter dans l'ambiance « trash » :


    Un ancien prêtre ouvrier prêtre donc forcément pédophile, un clerc de notaire de province forcément malsain, des familles populaires forcément « tuyaux de poèle » habitant en HLM donc forcément mal dégrossies et j'en passe, certains journalistes insistant particulièrement sur le vote le Pen à Outreau, sans que les faits reprochés à ces gens ne soient une seconde remis en cause à l'époque (à ce lien un résumé utile des faits).


    Je me souviens également des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus « ces gens là », les mêmes politiques se hâtant de défendre quelques années plus tard DSK au moment de l'affaire du Sofitel ou un cinéaste, certes au talent incontestable, mais défendu car du gotha, les mêmes politiques et commentateurs hurlant alors au retour de « l'Ordre Moral » face aux réactions des petites gens de la « France d'en bas » (TM°).


    Ce documentaire a été réalisé essentiellement pour « faire le buzz », entretenir le système spéctaculaire dans son immédiateté, sans penser une seule seconde cette affaire sur le long terme, et aussi par dégoût de la simple vérité, une des constantes de notre société faut-il dire...

    illustration empruntée à ce site