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Cinéma - Page 3

  • « Avengers : l'ère d'Ultron », le reboot de la cinéphilie honteuse – les « comics books » de cinoche

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    cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéJe suis allé voir la principale machine de guerre des « blockbusters » de cette année, « Avengers : l'ère d'Ultron ». Le film rassemble les principaux héros des « comic books » Marvel, tous insérés dans une seule et même histoire courant sur les films et les séries télévisées leur étant consacrés. Il se résume en une ou deux lignes : Tony Stark invente un robot, Ultron, capable de maintenir la paix partout sur terre de manière automatique. Ultron accède à la conscience à cause d'un « sceptre cosmique » employé par des méchants nazis et il veut détruire alors tout l'humanité. Il est « joué » par James Spader qui l'incarne de la même manière que son personnage de l'excellente série « The Blakclist ».

     

    C'est plus une attraction de fête foraine subissant un montage ultra « cut » et un peu trop rapide entrecoupée de deux ou trois scènes entre les personnages aussi fines que celles d'un « sitcom » se voulant sentimentalo-rigolo. Au début, Thor, un dieu d'Asgard, s'amuse avec ses potes. Ils essaient tous de soulever son marteau mais comme ils ne sont pas parfaits, forcément ils n'y arrivent pas même s'ils sont très très forts. Et comme Thor c'est un coquin, il ne leur a pas dit la condition pour le prendre en main...

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  • Schoendoerffer cinéaste de l'honneur

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    à propos de Pierre Schoendoerffer de Bénédicte Chéron chez « Biblis », paru en 2015 (couverture, site du CNRS)

     

    pierre-schoendoerffer.jpgCe livre a été écrit par Bénédicte Chéron, chercheuse en Histoire à l'Institut de recherches stratégiques de l’École militaire, sur la base de son travail de thèse sur le cinéaste soutenu en 2007. Elle évoque au début du livre les réticences que son désir de travailler sur les films de l'auteur de « la 317ème Section » suscita car considéré comme un affreux séide de la droite réactionnaire, un nostalgique des colonies et de l'Algérie française. Elle esquisse en petites touches subtiles par l'analyse de la filmographie de Pierre Schoendoerffer, l'histoire de son parcours personnel étonnant, le portrait d'un homme soucieux de valeurs oubliées en nos jours bien cyniques et laissant la plupart des français au mieux indifférents :

     

    L'honneur, la fidélité, l'amour du pays. Toutes choses d'un ringard en 2015 !

     

    « Schoen » a été particulièrement marqué par la guerre d'Indochine et la défaite de Dien Bien Phu, dans la « cuvette » entourée de collines aux noms de femmes. Il était cameraman pour l'ECPAD, le service cinématographique des armées. Il apprit son travail sur le tas avec un artisan du cinéma à la fin de la Seconde Guerre Mondiale après avoir essayé d'être marin, tous les hommes libres comme lui se sentant à l'étroit dans le destin étriqué que la fatalité voudrait bien leur imposer....

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  • Tant qu'il y aura des hommes (et des femmes) pour tourner des films

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    cinéma,société,nostalgie,hommes,amaury watremezA propos de « Le cinéma infiltré » de Grover Lewis aux éditions Capricci (2015)

     

    Grover Lewis est du Sud profond, il écrivait dans « Rolling Stones » et avait exactement le même genre de personnalité que Hunter Thompson : un électron libre insolent, buvant sec, à la vie cabossée, se fichant des convenances sociales ou de sa réussite dans une société de larbins matérialistes ne songeant qu'à leur survie et rien d'autres. Sur la couverture de l'ouvrage l'éditeur, pour être certain que l'on ait bien compris le lien avec le « Gonzo » indique en sous-titre « Un nouveau journalisme », cela évoquant encore quelque chose même pour un lecteur régulier des « Z-inrocks ». On ne leur en voudra pas de faire dans la pédagogie en couverture de ce recueil d'articles et chroniques écrites entre 1971 et 1990.

     

    Il était indifférent aux adulations obligatoires, il voulait savoir de lui-même ce que les créateurs d'univers sur celluloïd avaient dans le ventre d'homme à homme, et il aimait profondément écrire, tout en étant aussi passionné de cinéma. C'est ma foi normal, si on aime vraiment la littérature on ne peut qu'aimer le cinéma. Je parle bien de cinéma ici ami lecteur, aller regarder un film dans une salle obscure avec d'autres, vibrer avec eux, manière de concrétiser la « caverne » de Platon en « widescreen » et son « Dolby »....

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  • Les cinquante ans de « l'Age d'or » des « Avengers »

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    Je sais bien que je m'arrange un peu avec la chronologie : 

    télévision, avengers, société, cinéma, amaury watremez, nostalgie

    « The Avengers », alias « Chapeau Melon et Bottes de cuir » en France, est né en fait en 1961. Au départ, Steed n'en était pas le héros, il n'était que l'acolyte d'un médecin, incarné par Ian Hendry, désirant venger sa 

    fiancée en s'en prenant à de méchants espions. Cela n'avait rien de bien réjouissant contrairement à ce que prétendent quelques « geeks » et « initiés heureux » ayant vu cette saison originelle aussi trépidante que 

    « les Cinq dernières minutes ».

     

    télévision, avengers, société, cinéma, amaury watremez, nostalgieL'idée d'une partenaire féminine aussi forte que le héros, indépendante et plus intelligente, ne commencera qu'à être exploitée timidement avec la deuxième saison, et ses quelques épisodes avec Cathy Gale, jouée par Honor Blackman, son personnage s’inspirant d'aventurières du XXème siècle comme Alexandra David-Néel ou Isabelle Eberhardt. Le tout était tournée « en direct » comme le « Doctor Who » de l'époque et en vidéo, sans aucuns extérieurs. Les scènes d'action manquaient singulièrement de rythme et il manquait le grain de folie « nonsensique » que Brian Clemens commençait cependant à instiller dans quelques scènes, « pour voir »....

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  • L'Armée des douze singes a vingt ans

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    ads1.jpgIl y a vingt ans tout juste, Terry Gilliam tournait un deuxième chef-d’œuvre de la Science-Fiction après « Brazil » dont il fut question sur ce blog à ce lien :

    « L'Armée des douze singes » rythmé par la musique d'Astor Piazzola.

     

    Il s'inspirait de « la Jetée » de Chris Marker sur un scénario de David Webb-Peoples. Cole, incarné par Bruce Willis, est un voyageur du temps venant d'un futur sombre de la Terre.

     

    Une épidémie a tué 99% des êtres humains laissant la planète à la libre disposition des animaux. Les gouvernants de ce qui reste de l'humanité ne veulent pas forcément éviter la catastrophe mais certainement trouver un antidote pour eux exclusivement. Leur piste la plus sérieuse pour l'origine du virus serait une mystérieuse « armée des douze singes ».

     

    Il est possible aussi que tout cela soit dans la tête de Cole, le réalisateur le suggère...

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  • Se réfugier dans ses rêves et cauchemars... - les trente ans de « Brazil »

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    Billet à lire si l'on a vu le film où que l'on a la flemme de le revoir (ce qui est dommage)

    cinéma, politique, société, littérature,  Terry Gilliam, amaury Watremez, dystopieIl y a trente ans sortait sur les écrans de cinéma « Brazil » de Terry Gilliam (voir la bande-annonce en bas). Il imaginait les tribulations de Sam Lowry, interprété par Jonathan Pryce, petit bureaucrate encore capable de rêver. Celui-ci, après avoir découvert une injustice subie par un père de famille victime d'une erreur bureaucratique, tentait vainement de se libérer d'une société totalitaire douce où l'on affirmait que si l'on n'a rien à se reprocher pourquoi avoir si peur que cela de la surveillance généralisée ? Sam finissait torturé dans une sombre officine cachée du pouvoir par son pseudo meilleur ami, (incarné par l'ancien « Monty Python » Michael Palin). Il était accusé de terrorisme, et se réfugiait finalement dans la folie, s'évadant cette fois-ci définitivement.

     

    Sam Lowry commettait également une grave erreur, il tombait amoureux fou d'une femme, il la rencontrait peu avant en songe, sentiment strictement interdit par le pouvoir ne tolérant que les amours utiles pour entretenir sa dynamique....

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  • Woody et le prof de fac

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    À propos de « la philosophie de Woody Allen » de Roland Quilliot aux éditions Ellipses, réédition de 2015

    cinéma, littérature, Woody Allen, amaury watremez

    Il est très compliqué d'évoquer les films de Woody Allen, né Allan Koegnisberg près de « Coney Island », à notre époque, et particulièrement sur le Net :

     

    Il y aura des imbéciles pour qui ce sera un cinéaste forcément « sioniste » donc véhiculant forcément des messages forcément subliminaux à la gloire d’Israël dans ses films (d'ailleurs dans « Annie Hall » on voit bien à la 36ème minute le personnage d'Alvy brandir une kippa à pleine main me confirme Herman Vogelsang blogueur cinéphile un peu à droite bien connu). Il y aura d'autres crétins sur la rive inverse selon qui il sera des leurs car juif.

     

    Et bien sûr il y a tous ceux pour qui son humour nécessitant une capacité de réflexion en état de marche c'est forcément un réalisateur « bobo ».

     

    Dans le même ordre de stupidités j'ai appris dernièrement le militantisme souterrain franc-maçon de Neil Gaiman et Stephen King ou Clive Barker, œuvrant pour les sombres desseins du gouvernement mondial secret caché comme chacun sait à 3 kilomètres sous la surface du Pôle Nord. Je pense que Woody en tirerait une nouvelle excellente...

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  • Odeurs de soufre éventées

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    littérature, cinéma, sexe, cinquante nuances de Grey, amaury watremezCe blog comme chaque année célèbre la "Journée de la Femme"...

     

    À propos de « Cinquante nuances de Grey », livre de E.L. James, auteur d'abord auto-publié sur le Net, et film poussif avec des acteurs au charisme d'endive cuite.

     

    « Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté… »

     

    Jean Paulhan en introduction de « Histoire d'O ».

     

    J'ai toujours trouvé curieuse cette phrase sous la plume de Paulhan, une des têtes pensantes de Gallimard. Il eut des vapeurs à publier Céline et d'autres, se faisait l'apôtre partout des valeurs de la Résistance.

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  • La musique du « Genre » de Pino Donaggio

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    musique, cinéma, Genre, Fantastique, Horreur, Amaury WatremezDans les années 80, beaucoup des musiques des films dits « de Genre » les plus originaux ont été composées par Pino Donaggio, en particulier ceux de Brian de Palma, un des disciples d'Hitchcock, Joe Dante, un des maîtres de la « série B »caustique ou Dario Argento, artisan du « giallo »italien, ou encore Lucio Fulci créateur d'univers horrifiques. La bande originale de l'excellent, et terrifiant « Ne vous retournez pas » de Nicholas Roeg est également de sa plume inspirée.

     

    Affiche prise sur ce site

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  • Richard Corben roi de la « Pop culture »

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    bande dessinée, littérature, société, politique, Richard Corben, métal hurlant, amaury watremez

    A propos de la réédition des bandes dessinées de Richard Corben chez "Dark Horse comics" dans la collection "Delirium"

     

    La « Pop culture » est à la mode mais au fond la plupart ne la connaisse absolument pas :

     

    Son contenu souvent surprenant, toujours un rien transgressif (dans le sens de la transgression des idées reçues), ses références aux classiques de la littérature, etc...

     

    Il est également de bon ton de parler de « culte » à son sujet en oubliant le sens premier de ce mot. En effet, une œuvre « culte » était au départ peu connue, n'avait que peu de succès mais finit par acquérir un public d’aficionados au fur et à mesure des années, ainsi « Blade Runner », un « bide » retentissant au moment de sa sortie et dorénavant une œuvre reconnue.

     

    Richard Corben est un des rois de la « Pop culture », le concernant on devrait d'ailleurs plutôt parler de « Pulp culture ».

     

    page empruntée au blog "humano"

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  • Tendres moutons catholiques et loups fanatiques impitoyables

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     politique,société,religions,islam,christianisme,amaury watremez,l'apôtre,lapidéeIntroduction : Article tout spécialement dédié à Guillaume Chérel ôôôteur de progrès m'ayant dit je cite :

    "Vous êtes trop con pour rester dans ma liste de contact à bruit réac. .. bye bye" (commentaire de sa part hier sur facebook sous un de mes "statuts" avant-hier soir 21 janvier).

     

    Il a bien tort je suis en fait un petit bourgeois hédoniste réactionnaire, un requin de bénitier, un onaniste de sacristie se cachant à grand peine sous le masque ambigu des références de gauche et bien pire encore je suppose...

     

    Je préfère encore un bon "bouffeur de curés" assumé et jouisseur à ce genre d'ôteur de progrès, s'étant découvert "Charlie" et sociétalement concerné sur le tard, conchiant Houellebecq non pour ce qu'il écrit mais par jalousie de ses tirages. Au moins avec les "bouffeurs de curés" on bouffe bien et on boit de même, c'est déjà ça, cela compense presque les blasphèmes.

     

    On oublie certes aussi trop souvent en ce moment ceux commis aussi par les croyants eux-mêmes de par leur comportement parfois déplorable, à commencer par ceux brûlant un drapeau italien au lieu du français au Pakistan, entre autres.

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  • Summer of Love and Money

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    A propos de « San Francisco 1965-1970 les années psychédéliques » de Barney Hoskyns, au « Castor Astral »

     

    image de la couverture, site de l'éditeur

     

    la photo de Haight Asbury dans les années 60 vient de là

     

    san%20francisco%20-%20copie.jpgQuand tu doutes d'une certitude entretenue et propagée par l'imbécile moyen sur une époque, tu passes aussitôt, ami lecteur, pour un esprit chagrin, un malveillant, un méchant. Dans ce livre, l'auteur, critique musical pour « Rolling Stones », démystifie, sans le détruire non plus, ce qui s'est passé durant le fameux « Summer of Love » et après, jusqu'à « Woodstock », le tout n'étant déjà finalement qu'une question de fric, et d'intérêts commerciaux. Il n'est guère que des initiatives comme celles des « Diggers » de San Francisco, ils distribuaient de la nourriture récupérée auprès de ou volée aux supermarchés, qui surnagent encore en 2014 dans l'océan de clichés de la représentation des années Soixante. Précisons que si j'écris cela, je reste persuadé que cette décennie, dans son foisonnement intellectuel, cinématographique, culturel et musical reste malgré les errements des uns et des autres autrement plus exaltante que les tristes années 2000 marquées par la vulgarité sans cesse plus marquée des aspirations individuelles et collectives.

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  • Cinéma pour les z-élites

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     À propos de « The Magic Hour » de Jim Hoberman aux éditions Capricci

     

    couverture, site de l'éditeur

     

    premierecollectionc04_350x350.jpgMe laissant séduire par l'accroche du libraire vendant cet ouvrage, le nouvel espace de « Ombres blanches » dédié au cinéma à Toulouse, les propos élogieux de divers cinéastes le comparant aux critiques très subjectives mais toujours pertinentes même quand elle est injuste avec un réalisateur ou un acteur de Pauline Kael, j'ai acheté presque « sans voir » ce recueil d'articles datant des années 80 et 90, au sujet de films de cette période, dont les films de Schwarzenegger et Stallone, « les Dents de la Mer », « Quizz Show », « Total Recall » et d'autres, articles à la réputation finalement très surfaite.

     

    J'ai donc eu quelques déceptions en le lisant.

     

    Première déception, la traduction est visiblement bâclée, la traductrice, Marie-Mathilde Burdeau semble ignorer ce qu'est un bison, « buffalo » en anglais qu'elle transcrit comme « buffle » entre autres erreurs, et elle commet de nombreuses fautes de syntaxe française et des approximations montrant surtout son inculture, « native-american » devenant « natif américain » ce qui n'a pas de sens, entre autres détails. Je ne saurai trop lui suggérer d'employer un vrai dictionnaire plutôt que « reverso » (TM°). Cela rend la lecture assez pénible, un peu plus pénible si l'on prend en compte le contenu. Nonobstant, je me suis accroché jusqu'au bout, ce qui fut dur...

     

    Deuxième déception, l'auteur du livre est visiblement un « bourgeois pédagogue » pénible tout à fait dans la droite ligne de ce qu'il convient de penser lorsque l'on fait partie des z-élites, c'est elle qui s'appellent ainsi, sans jamais craindre le ridicule, ainsi dans l'article consacré à Schwarzenegger dont il fait un crypto-nazi (à cause de son accent et de son origine, ce qui est quand même intellectuellement très faible) ni le mépris pour les films considérés comme du « simple » divertissement ou « de Genre » perçus comme infiniment méprisables et analysés « de haut » voire de très haut. Il y a pourtant longtemps que l'on sait, Greil Marcus le montre fort bien dans « Lipstick Traces » que la culture dite populaire et « le Genre » en disent plus que bien

     

    La troisième déception est que Jim Hoberman se place au-dessus des créateurs d'univers et de formes cinématographes dont il fait la critique, il se voit visiblement comme supérieur de par son « background » culturel et social et son analyse. C'est un mélange assez curieux de dédain très petit-bourgeois au fond, d'ironie étriquée, et de refus de la dérision, dans sa critique de « Nashville » chef d’œuvre d'Altman par exemple, ou de tout second degré, ce qui est une caractéristique de notre époque. Hoberman ne remet jamais en cause les certitudes de son propre milieu « ouvert », « cultivé » (etc...) sur la « diversité », la « parité » et bien entendu encore moins sur ses propres certitudes. Comme tout « bourgeois pédagogue » il ne supporte pas la nuance qu'un réalisateur peut par exemple apporter sur un personnage honni par sa « tribu », lorsqu'il évoque Oliver Stone décrivant les côtés humains et sympathiques de Nixon, il ne comprend pas, Nixon étant le diââââble incarné pourquoi en faire une figure complexe ? Ce qui est beaucoup plus intéressant cinématographiquement qu'un portrait « à charge »...

     

    Je me suis demandé ce que l'auteur aimait comme films, il semble placer au-dessus de tout des films dits « engagés » d'une lourdeur didactique et pompeuse sans mesure, ceux d'un certain David Micheaux, les films « ethniques » de King Vidor, selon la vision « utilitariste » de la création qu'elle soit littéraire, artistique ou cinématographique qui implique qu'une œuvre soit « utile » à quelque chose pour se justifier, qu'elle porte un « message », qu'elle donne une leçon de morale au peuple, qu'elle ait des vertus d'exemplarité afin d'entretenir la dynamique du progrès des consciences selon les dogmes de la modernité. Et il tombe finalement dans ce travers qu'ont certains écrivains et journalistes culturels à mettre au pinacle d'obscurs inconnus afin de donner d'eux une image élitiste car finalement Jim Hoberman a surtout cela en tête.

  • Clowns terrifiants et « Zombies Pride » – Quand le film de genre rattrape le réel...

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    Dans le deuxième opus de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan, « The Dark Knight » un clown meurtrier, au visage maquillé en blanc, les cheveux peints en vert, les joues barrées d'une atroce cicatrice qui lui sculptent comme un sourire perpétuel sur ses lèvres peintes en rouges, le « Joker », sème le chaos pour le plaisir du chaos dans Gotham City, la mégalopole tentaculaire non lieu ultime de fiction, refuge de tous les travers de notre époque, ce criminel nihiliste ne s'intéressant ni à l'argent ni même au pouvoir, il veut simplement voir tout brûler, toute détruire. Il ne se donne aucune excuse psychologique ou sociologique, racontant des mensonges différents sur l'origine de ces cicatrices à chacune de ses victimes pour rajouter à l'horreur.

     

    ci-dessous l'excellent Tim Curry en "Grippesou" le clown maléfique de l'adaptation de "ça" de Stephen King (photo la critiquerie)

     société, cinéma, littérature, zombies, amaury watremez

    Il sème le chaos sachant bien que les aspirations des individus dans notre société hyper-matérialiste n'ont strictement aucun sens, il ne veut pas donner un sens du tout, il veut juste aller encore plus loin et montrer en passant que la nature humaine est déplorable en elle-même. Bien sûr, comme le spectateur est quand même devant un film hollywoodien, malgré le ton se voulant « sérieux », il est puni à la fin par le héros.

     

    C'est un clown nihiliste tout comme le sont les gosses qui se déguisent en clowns tueurs qui commencent à inquiéter les autorités. Ils ne font pas ça pour une idéologie, encore moins pour essayer de démontrer quelque chose sur notre monde, mais par désir du chaos total, ce chaos auquel conduit implacablement tout ce qui se passe dans nos pays dits « avancés » où la disparition des valeurs et des liens entre les personnes n'ayant été remplacée par rien. Ils font ça aussi pour que l'on parle d'eux, pour créer le « beuze » (c'est réussi) et jouir ne fût-ce qu'un moment de la « célébrité express », sans motif, qui est l'aspiration ultime en 2014 et la seule qui leur reste afin de tenter de remplir la vacuité que les adultes et grandes personnes réputées raisonnables leur ont transmis en héritage.

     

    Piètre héritage ! Les enfants sages, dociles, soumis au système n'ont plus que des rêves de violence, des cauchemars de destruction en eux.

     

    Cela fait longtemps que les clowns sont terrifiants au cinéma, Lon Chaney dans une série B des années 30 avouait s'être fait peur lui-même en se regardant dans le miroir alors que maquillé en clown assassin. Et dans les séries « B » ou « Z » de « Rape and revenge » ou de « vigilantes » des années 70 et 80 il n'était pas rare que les truands, violeurs, serial-killer se déguisent ainsi.

     

    Dans sa trilogie des morts-vivants, Georges A. Romero est très clair, les zombies sont l'allégorie des êtres humains modernes, troupeaux hébétés errant dans des centres commerciaux géants en quête de satisfaction immédiate de leurs pulsions les plus primaires. Leur état de zombification ne change pas grand chose au fond à leur ancien état. Il est même à penser qu'il leur convient beaucoup mieux. Le « remake » des années 2000 pour brouteurs de pop-corn et « addicts » de jeux vidéos violents oublie bien entendu presque complètement cette dimension subversive presque car elle subsiste malgré tout par moments. L'individu hyper-consumériste est de plus en plus fasciné par sa propre destruction et celle de l'humanité, il sait bien au fond de lui que cela ne mène qu'au néant et à l'abîme mais il n'en a cure, il y va quand même, en courant. On se demande même si le fait de se déguiser en zombies et de défiler en « marches zombies » n'est pas une manière pour lui de hâter la chute de son espèce. Il n'y a pas besoin de beaucoup de maquillage au fond, il est déjà zombifié, déjà un mort-vivant comme dans le roman « Cellular » de Stephen King qui commence comme un excellent livre de Richard Bachman et finit comme un mauvais ouvrage du King qui y concentre ses pires défauts : le délayage et une certaine forme de sentimentalisme.

     

    Le problème avec le chaos, la haine et la destruction, la violence, c'est quand l'être humain fantasme dessus, lorsqu'il en rêve, et se fascine pour dans la fiction, cela finit la plupart du temps par arriver pour de bon car la vie imite l'art le plus souvent. Et quand le chaos finira par s'installer, il n'y aura pas de possibilité d'« avance rapide »...

     

    Ci-dessous le "Joker" dans "The Dark Knight"

  • Vers la déesse...

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    Pier Paolo Pasolini – « la longue route de sable » Arléa éditions

    littérature, voyage, société, pasolini, cinéma, amaury watremezJe suis, le rappellerais-je, un sale petit bourgeois réactionnaire hédoniste, mais aussi étrange que celui puisse paraître mes écrivains préférés ont tous eu pour la plupart une conduite que la morale réprouve, ce qui en plus ne me choque absolument pas, surtout lorsque l'on parle littérature : j'aime entre autres Oscar Wilde, un homosexuel flamboyant, Proust un inverti notoire, Capote, une grande folle tordue, et un écrivain au destin tragique, Colette qui a eu des aventures féminines, et Pasolini, auteur du film chrétien le plus réussi qui ait été tourné, selon l’Évangile selon Saint Mathieu lu un soir qu'il s'arrêta seul dans une auberge perdue d'Ombrie alors qu'il tournait avec la Callas.

     

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  • 5ème Avenue, 5 heures du matin, une femme en "petite robe noire" devant Tiffany

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     « 5ème Avenue, 5 heures du matin » Sam Wasson collection « Points » éditions du Seuil

     
    image de la couverture empruntée sur Amazon.fr

     

    cinéma, Truman capote, amaury watremez, littératureLa mise en œuvre de certains films, ceux que la postérité retient de par leur génie, s'apparente souvent à un véritable roman. Ce livre, également une enquête passionnante sur la création d'un objet artistique, raconte celui de l'adaptation de « Petit Déjeuner chez Tiffany » de Truman Capote, à l'ambiance très différente de celle du livre, plus désenchanté, plus triste, œuvre de Blake Edwards devenue véritablement originale et un des rôles les plus marquants d'Audrey Hepburn avec celui de « Vacances à deux », réalisation talentueuse malgré la fin heureuse imposée. A l'aube des années 60 elle y incarne une figure de femme libre très différente des rôles jusque là dévolues aux actrices, une excentrique allant en taxi jusque chez Tiffany les petits matins de déprime, en « petite robe noire » Givenchy, le noir étant en ces temps là réservé aux veuves et aux péripatéticiennes, un croissant à la main, pour retrouver le sourir : jusqu'à ce film la séductrice devait se « ranger » des voitures, ou épouser le héros, et être repentante, ou se faire tuer si elle ne regrettait pas sa mauvaise conduite, comme Gloria Grahame dans « City Heat » de Fritz Lang.

     

    Sam Wasson part de l’œuvre de Truman Capote, de « son » Holly Golightly, dont malgré les aspects sordides de son existence il est difficile de ne pas tomber amoureux à la lecture du court roman salué par Norman Mailer, provient de plusieurs des amies de Capote, et de sa mère, qui était une « demie mondaine » de haut vol : « Babe » Paley en particulier qui avait le même passé que Holly, et qui s'était marié avec un homme riche, Capote perdra son amitié en racontant une anecdote qui salissait son époux croyant la venger d'un mariage qu'elle lui confiait comme tragique dans « Prières exaucées », et prononcera son prénom en mourant, Oona O'Neil la jeune femme de Chaplin, et surtout une jeune allemande ou suisse allemande que l'écrivain rencontra lors de son arrivée à New York en 1943 et qu'il n'oublia jamais.

     

    Wasson n'hésite pas à égratigner la figure de l'auteur en évoquant sa légère mythomanie et la conscience très haute qu'il avait de son talent, qui vend les droits de son livre sans trop se préoccuper du destin cinématographique d'icelui, se voyant ainsi que le rapporte le futur producteur du long métrage incarnant le personnage principal, Marilyn étant censée jouer Holly, ce qui n'était pas une mauvaise idée soit dit en passant, la comédienne ayant un « timing » comique plus intéressant que celui de Audrey Hepburn, et ayant vécu le genre de « galère » que traverse le personnage, ayant été obligé d'aller « se repoudrer le nez » aux toilettes bien souvent avant que d'être célèbre et d'obtenir des rôles à sa mesure.

     

    Ensuite est racontée toute la production du film, depuis le script jusqu'au montage, au choix de la star masculine, Georges Peppard, pas très bon dans le rôle, décrivant au passage les combats menés contre la censure de l'époque, réticente à l'idée que soit montrée au cinéma une fille légère qui n'est pas punie pour sa « légèreté ». Ce n'est pas que les censeurs actuels soient moins pudibonds, leur hypocrisie est juste différente ; selon moins ami lecteur ils le sont encore plus qu'avant. Un premier scénariste, un romancier « sérieux » que l'on espère malléable et docile, est choisi, pour que finalement Blake Edwards et les producteurs en viennent à un auteur plus libre, mais au caractère plus trempé, moins conformiste, Georges Axelrod, qui travaillera aussi avec Billy Wilder et John Frankenheimer pour « Un crime dans la tête ». Et la génèse d'une des scènes de fête les plus réussies du cinéma, avec celle de « La Party » du même Blake Edwards qui utilise pendant 13 minutes les procédés de « slapstick » et de « slowburn gag » des maîtres de la comédie qu'étaient pour lui Leo McCarey et Mack Sennet.

     

    Enfin, est racontée dans cet ouvrage la naissance de la plus belle chanson de cinéma, chantée par Hepburn, récurrente instrumentalement de tout le long métrage, « Moon River » d'Henry Mancini et Johnny Mercer, spécialement écrite pour la tessiture peu étendue de l'actrice qui apprit pour l'occasion à jouer de la guitare, chanson que l'on envie de réécouter plusieurs fois une fois le livre refermé, et revoir au moins la première scène de l'adaptation du meilleur roman de Truman Capote....

     

    ...Et rêver à Holly Golightly.

     

  • « Sin City 2 « Sin Movie...

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    Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur, dans les listes de livres préférés ou d'auteurs favoris cités dans les « listes » sur « fècebouc » ou « Touitteure », il y a toujours des romans qui ont la côte parmi les les arbitres des élégances culturelles ; Proust d'un côté, Céline de l'autre, des titres très « prout prout ma chère c'est vraimengéniâle », mais jamais ou rarement les internautes n'ont le courage d'évoquer leur appétence pour les « mauvais » « genres » que pourtant ils lisent aussi au sein desquels on trouve pourtant et souvent les œuvres contemporaines les plus intéressantes. L'auteur de ces lignes pense quant à lui que la littérature ne se divise pas en petits compartiments étanches, il y a juste les bons et les mauvais livres, peu importe le genre dont ils ressortent.

     

    GIF animé emprunté au "Huffington post"

    giphy.gif

     

    « Sin City » la bande dessinée raconte dans des histoires courtes parues depuis 1991 les déboires de personnages vivant dans la mégalopole cauchemardesque de « Basin city » surnommée « Sin City » où l'amoralité et l'injustice sont reines. Ce sont autant d'archétypes de film et roman « noir » : le « loser » chevaleresque, la brute finalement honnête injustement accusée, le flic corrompu par les femmes ou l'argent, le politicien pourri jusqu'à l'os, le « flambeur » de salles de jeux au fond romantique, la putain faussement dure au grand cœur. C'est « la » série de Franck Miller qui voulait créer quelque chose de totalement original dont il aurait le contrôle créatif absolu.

     

    La première adaptation suivait principalement les déboires de Marv, Mickey Rourke sur deux ou trois couches de latex, qui finissait sur la chaise électrique, Josh Hartigan, Bruce Willis, un flic protégeant une gosse dont les parents avaient été assassinés de la vindicte des politiciens véreux de la ville et Dwight MacCarthy, Clive Owen dans le premier « Sin City », Josh Brolin dans le deuxième, un beau gosse à l'âme torturé protégé par les prostituées de la ville. Ces personnages se conduisent généralement dans la bande de Franck Miller, et dans le long-métrage, comme des personnages de « comic book » pour adultes, Marv saute d'un immeuble à l'autre comme le ferait Batman ou Daredevil, les femmes ont toutes des courbes de « super-héroïnes », des poitrines qu'elles montrent sans trop de problèmes qui défient les lois de la pesanteur, et un « gentil » continue à respirer même touché par vingt-cinq ou vingt-sept balles contrairement au salaud qui expire à la troisième au « climax ».

     

    La deuxième raconte ce qui arrive à la protégée de Josh Hartigan, Jessica Alba, qui veut se venger de Roarke, le maître de « Sin City », Powers Boothe, après le suicide du flic, l'amitié de Marv et Dwight, et la passion de ce dernier pour Ava Lord, Eva Green, une « plante vénéneuse », femme fatale ultime poussant ces amants à tuer ceux qui la gêne se révélant au final amoureuse pour de bon de Dwight. Et là je t'avoue ami lecteur que je préférais largement Carla Giugino à Eva Green dans le même registre.

    cinéma, littérature, société, comic book, pulp, polar hard boiled, sin city, Amaury Watremez

    Affiche prise sur "thehollywoodnews", on l'agrandit en cliquant desus

     

    La BD avait un aspect graphique intéressant par le traitement en violents clair-obscurs, un noir et blanc hyper-stylisé, un style qui radicalisait le polar « hard boiled » en lui redonnant un lustre mal élevé, épicé, plus attirant en le mixant avec les conventions du « comic book » tout en revenant aux racines des « pulps » oubliant que ces deux genres d’œuvres issues de la pop-culture ont déjà les mêmes racines et que même si c'était surtout pour becqueter, Dashiell Hammet, à travers les aventures du « Shadow », Patricia Highsmith pour « Superman » et « Captain Marvel », voire Manchette qui était traducteur pour « Strange » (et auteur de la traduction des « Watchmen » d'Alan Moore), Mickey Spilane pour « Batman » ont aussi écrit des histoires de super-héros. L'aspect graphique travaillé à la palette graphique était bien rendu dans le premier film, et adapté, il tourne au procédé dans le deuxième...

     

    « Sin City » a eu rapidement plus « la carte » que les précédentes bandes de l'auteur, et puis ainsi cela permettait aux critiques soucieux de leur réputation de lire des « comics » sans culpabiliser. Je trouve cependant qu'il y avait un peu d'affectation là-dedans de la part de Franck Miller infiniment meilleur à mes yeux dans des travaux plus spontanés mais moins « chics » comme « Daredevil Rebirth » ou « The Dark Knight returns » ou « Batman Year One ». J'aime bien la suite du « Dark Knight returns », « The Dark Knight strikes again » qui bien qu’extrêmement bordélique dans l'histoire , elle part dans tous les sens, a des côtés sympathiques.

     

    Le « Superman » de ces années là, dont les épisodes écrits par les princes du « Genre » pourrait maintenant aisément passer pour un gauchiste fini, et un héros de « roman noir » au costume un peu plus bariolé, ces ennemis étant souvent également de ces archétypes de « film noir » : des flics pourris ou des patrons sans scrupules ni honneur, des dirigeants vendus au plus offrant. On aurait aimé que Franck Miller retrouve l'humilité des créateurs de ces années là...

     

    ci-dessous la bande-annonce 

     

  • "If You need help juste whistle..."

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    (Le fameux "regard en dessous" c'était juste à cause de sa grande timidité face à Bogart la première fois qu'ils jouèrent ensemble...)

     

    On note les différences cruelles pour les actrices actuelles, exceptée Scarlett Johanson, toutes retouchées, virtualisées, déréalisées, sans corps ni cervelle...ni charme ou séduction...

    cinéma, amaury watremez, lauren bacall

  • Hommage à Robin Williams

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    En France, faire rire c'est mâââl, en plus abomination de la désolation, faire rire c'est po-pu-laire (à prononcer du bout des lèvres comme une chose « sale ») ! Ne vous rendez-vous donc pas compte ma chère ? On accepte à la rigueur le comique qui fait comme Coluche « son » « Tchao Pantin », ce qui le légitime, alors que tous les comédiens le disent, jouer la tragédie est beaucoup plus facile à jouer que le comique. Coluche d'ailleurs avait donné sa « recette » de son jeu dans ce film, il fumait un « joint » d'herbes exotiques avant chaque scène...

     

    image prise sur le site du "Guardian"

    Robin-Williams.-006.jpg

    Ou alors c'était une autre manière de ridiculiser le parterre de prétentieux mondains le célébrant aux « Césars ».

     

    Alors certes il y a les humoristes gras et, ou vulgaires qui n'ont pas une once de vrai talent, pas de profondeur et qui ne font qu'encourager les imbéciles à leur médiocrité, les humoristes morts ou pas, Guy Bedos, Anne Roumanoff, Jérémy Ferrari faisant dans « la dénonce » citoyenne et le pseudo sociétal, et il y a ceux qui sont drôles car leur humour est vraiment la politesse du désespoir face à un monde marqué par la sottise, la violence, la bassesse et les instincts vils d'êtres humains pitoyables primates pourtant virtuellement capables du meilleur.

     

    Robin Williams a fait « son » propre « Tchao Pantin » pour lequel il a été reconnu en France par la critique « kipense » : « le Cercle des poètes disparus », beau film certes mais recelant malgré tout une deux scènes putassières et gênantes : comme le suicide du jeune Nate, son père refusant qu'il fasse du théâtre. Je le préfère largement dans « Good Will Hunting » dans ses dialogues avec le jeune Will où il laisse éclater toute son humanité, et même dans des « nanars » de seconde zone où les moments où il apparaît valent la vision de ces navets infâmes dont un « beach movie » dégénéré d'Harold Ramis pré « Un jour sans fin », chef d’œuvre d'humour et de finesse.

     

    Avoir le sens de l'humour, et donc de la dérision, c'est tout ce qui reste face à une société et un monde qui n'ont plus vraiment de sens, dans lesquels les individus refusent de réfléchir, voire de vivre sereinement en profitant de chaque seconde, de chaque minute avec ceux qu'ils aiment. Rien ne compte que leur image, leur apparence sur le Ouèbe, le personnage qu'ils jouent. Il n'y a guère que les imbéciles qui sont il est vrai légion pour se parer autant de gravité et de sérieux, eux savent, eux pensent, eux comprennent tout. Attention, les banalités qu'ils ont à dire comptent, d'autant plus maintenant qu'elles sont visibles sur le Net ! Elles ne sont pas écrites sur du sable, effacées sitôt la marée redescendue.

     

    L'imbécile n'a pas le sens de l'humour, il met en relief sa médiocrité, il se moque de ses certitudes. On comprend qu'il n'apprécie pas que l'on tourne en dérision sa bêtise...

     

    Comme beaucoup d'artistes et de créateurs de formes, Robin Williams soignait son mal-être, on le comprend c'était le début des années fric, les années 80, son trop-plein de sensibilité au monde avec de la dope en quantité et beaucoup d'alcool ce qu'il arrêta juste après avoir vu son copain John Belushi lui proposer de se jeter tête la première contre un mur : « Tu verras c'est marrant » et mourir quelques jours plus tard d'overdose. Et comme tous les pseudo-dilletantes c'était un bourreau de travail. Et il s'est tué car certainement trop de choses étaient devenues insupportables...

     

    Plutôt les berner et s'en moquer une dernière fois, comme Dino Risi...

  • Les cathos de province

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    139119.jpg

    Affiche de l'excellent film de René Féret qui parle du même sujet prise ici

     

    Je crois que c'est le fulgurant Barbey d'Aurevilly qui le dit plusieurs fois dans ses lettres à Trébutien, après que ses œuvres aient été poursuivies et dénoncées pour "immoralité" par la "bonne" presse, pour un catholique ardent comme il l'était il n'y avait rien de pire comparé aux « bouffeurs de curés » sans cervelle, sans culture, sans mémoire, aussi dogmatiques que des inquisiteurs, aussi froids que des conventionnels, que les catholiques de province à l'esprit étriqué, attirés comme les abeilles par le sucré, le mièvre, le brillant, le clinquant, le superficiel en somme, moralisateurs hypocrites persuadés que leur moralisation camouflerait leurs turpitudes. Je pense que les descendants de ceux que Barbey côtoyait à son époque sont encore pires car ils rajoutent des prétentions grotesques, s'imaginant au faîte du progrès, aux vanités déjà abjectes de leurs ascendants s'imaginant que les privilèges matériels dont ils bénéficiaient déjà les légitimaient quant à un rôle social.

     

    Barbey n'aurait pas supporté notre époque, encore moins que la sienne, la littérature ayant été envahie un peu plus encore par la vision terre à terre qu'en ont les esprits étriqués qui déjà en son temps se moquait de lui pour ses excès supposés, les roues de la voiture de la « vieille maîtresse » qui s'enflamment de par la passion des deux amants, la croix de chair de « Un prêtre marié », dont surtout de par l'accusation d'excès vestimentaire faite au « vieux viking au verbe sifflant » (Léon Deudet TM°) qui était l'expression du dandysme et de l'élégance de l'auteur du « Chevalier Des Touches ».

     

    Pour l'auteur de « l'Ensorcelée » « chevalier de la Manche française pauvre et fier comme Artaban toute sa vie », pour reprendre la formule de Léon Daudet dans ses fabuleux « Souvenirs Littéraires » ainsi que pour Léon Bloy plus tard, qui le paiera cher toute sa vie, poursuivi jusqu'à la tombe par les créanciers, et Bernanos, qui rêvait d'une Patagonie bien heureuse comme Antoine de Tounens et se retrouvera dépouillé de tout rentrant d'exil en 48, le pire ennemi des valeurs chrétiennes c'était d'abord et avant tout l'esprit bourgeois, ou plutôt l'esprit très « petit bourgeois » du temps, cette satisfaction immonde à se contenter de profiter de sa bauge personnelle, de pouvoir s'y rouler avec délices un peu plus que le voisin sans souci du Bien Commun, ces rêves étriqués de confort matériel égoïste et intellectuel aussi (quelques certitudes tenant lieu d'opinions) ; esprit bourgeois qui n'est pas l'apanage des catholiques de province mais que ceux-ci pratiquent avec ardeur.

     

    Les évoquer ces catholiques de province fait naître en moi des images bien précises : cette dame au physique de crémière B.O.F , bonne blonde bien en chair aux bonnes joues rouges se sentant obligée de s'habiller en « boubou » africain à la messe car « les africains ils sont tellement joyeux quand ils prient », celle là encore qui trouvait que les prêtres africains encore de Notre Dame qu'elle avait vu à la télé étaient « teeellement beaux » dans leur candeur en somme ; ne voyant pas malice toutes les deux aux lichés abscons et bien racistes au fond que cela représentait ; ce monsieur parlant sans cesse de « communauté » de « fraternité » et « tutti quanti » aux intentions de prières et serrant les mains des paroissiens présents ou allant communier selon l'ordre de préséance au « Rotary's » finalement plus important pour lui que la charité fraternelle, fût-ce envers un bon « samaritain », cette communauté multipliant les soirées de réflexion favorisant plus le « coaching » spirituel qu'une vraie réflexion, ces catéchistes, ces prêtres, ces religieux ne voulant surtout pas choquer, ni remuer les âmes...

     

    Ces catholiques de province ne comprennent pas la désertion des églises, ne voient pas le problème ou quelle est leur responsabilité dans le fait que leurs enfants et petits enfants maintenant ne ressentent plus le besoin d'aller à la messe le dimanche. Ils ne voient pas que c'est leur comportement qui interdit toute communauté paroissiale réelle et fraternelle au sens tangible et concret, ils ne veulent pas comprendre que c'est leur attitude qui ferment à ceux qui voudraient franchir le seuil de l'église mais qui sont encore timides. Ils n'ont pas d'opinion réelle sur leurs voisins il faut dire, et sont au final indifférents à tout ce qui n'est pas de leur milieu, de leurs habitudes spirituelles ou autres, et cherchent comme beaucoup à se mettre en valeur.

     

    Attention ami lecteur, ne te méprends pas, ce n'est pas parce que je les raille sévèrement que je prétends être meilleur qu'eux, et fort heureusement tous les catholiques de province ne sont pas de cet acabit, bien au contraire. Moi aussi je suis pêcheur, moi aussi souvent je me leurre et suis dupé par les apparences, moi aussi parfois je pourrais surmonter un peu plus souvent qu'à l'accoutumée mon appétence à la misanthropie, mais le tout est d'en avoir conscience au moins un peu comme d'être dirigé plus par les préjugés qui trop souvent nous animent et nous dirigent dans nos comportements.

     

    Ci-dessous un montage sur le pays de Barbey dans la Manche

  • « La planète des Singes : l'affrontement »

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    Cinéma, SF, Pierre Boulle, dystopie, politique, société

     

    image ci-contre prise à ce lien 

     

     

    Ami lecteur, tu le sais, j'ai plutôt une légère tendance à la misanthropie (ne ris pas), légère, minuscule, et le public présent dans 

    la salle de cinéma ne m'a pas déçu en l'occurrence, certains rebutés par la noirceur, et la lucidité, du long métrage, sortant avant la fin. Je considère généralement que par son appétence à la haine, la violence et la bêtise la plus abjecte, l'être humain est juste un primate lamentable, m'incluant bien entendu dans le lot, faisant preuve de ces défauts moi-même de temps à autres, hélas.

     

    Le film que je suis allé voir, « Dawn of the planet of the apes » ne m'encourage pas à plus de compréhension envers mon semblable, plus de magnanimité. Je m'attendais à un récit « politiquement correct » dans lequel singes et humains auraient fini par travailler ensemble, contre les préjugés raciaux, mais il n'en fut rien, le film, excepté une ou deux nuances dans les dialogues, est dans la droite ligne des dystopies inoubliables des années 70, du « Survivant » à la série des films inspirés de « la planète des singes » de Pierre Boulle, fable « swiftienne » (j'emploie cet adjectif à dessein

    , Swift, l'auteur des « voyages de Gulliver » n'étant pas réputé pour sa sympathie envers l'espèce humaine.

     

    Le premier opus, « remake » du troisième film du cycle des années 70, m'avait agréablement surpris par sa fin très noire et pas du tout commerciale, les fins pessimistes n'étant pas réputées « «bankables » :

     

    Après que le réalisateur ait raconté l'histoire de César, premier singe intelligent, heureux puis emprisonné avec d'autres animaux qu'il finissait par libérer, l'espèce humaine était décimée par une épidémie due à un virus transmis par un laborantin enfui avec des échantillons dangereux, et les singes, isolés dans leur forêt, croissaient en nombre et en sagesse.

     

    Au début du film, César a un fils et un deuxième vient de naître, son aîné ainsi que son second, Koba, le trouvent encore bien trop proche des humains. Les singes vivent dans la forêt des hauteurs de San Francisco sans se soucier une seule seconde de ce qui est arrivé aux humains plus bas, dont ils supposent qu'ils se sont entre-tués. Mais un jour, des humains se présentent à l'entrée de leur forêt, souhaitant remettre en marche le barrage leur permettant de disposer d'électricité. La nature humaine, même au cœur des ténèbres, restant la même, ayant peur de l'autre quel qu'il soit, de sa différence, de l'étranger, lors de cette rencontre inopinée, un imbécile paniqué tue l'un des singes.

     

    Nonobstant cet incident dramatique, singes et hommes arrivent à travailler de concert et le barrage se remet à fonctionner. Mais César apparemment meurt d'une balle tirée par un fusil humain, ce qui entraîne la guerre, une guerre sans merci, chacune des deux espèces souhaitant la même chose : survivre. Le chaos et la haine s'installent, et Koba, le second haineux des êtres humains règne en maître, les singes envahissent la tour des humains dans ce qui reste de San Francisco, et les hommes ne doivent leur salut qu'à César qui soigné par la femme d'un des leaders de ce qui reste des êtres humains survit. Mais il est trop tard, et la guerre est déclarée.

     

    Ce film, comme toute dystopie, pose d'excellentes questions sur ce qui fait la valeur d'une société humaine, sur ce qui définit cette humanité, humanité finalement en 2014 pas encore réellement humaine au sens réel du terme. L'être humain se cache derrière beaucoup de prétextes, de beaux discours et d'idéologies se voulant généreuses, sincèrement parfois, mais il finit toujours par oublier ce qui fait l'essence même de son humanité se laissant aller, de diverses manières, certaines plus complexes, à son animalité...

     

    Et étant un pessimiste, un méchant, un caustique, je ne pense pas malheureusement que cela change un jour...

     

    Post-scriptum : Une seule réserve, la Bande originale de Michael Giachinno ne vaut pas celle de Jerry Goldsmith, beaucoup plus originale

     

    Ci-dessous la bande-annonce

  • Les avenirs selon Philip K. Dick

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    À propos de « Les chaînes de l'avenir » - Philip K. Dick chez «J'ai Lu » Flammarion

     

    Oui, j'avoue tout ami lecteur, je suis un compulsif dickien, et je me fais avoir deux fois sur trois quand Gallimard ressort des recueils de nouvelles prétendument inédites de cet auteur, une ou deux l'étant alors vraiment, et que « J'ai Lu » propose de nouvelles éditions de ses romans. Philip K. Dick, l'auteur de SF le plus adapté au cinéma, est aussi un des plus intéressants à lire et relire.

     

    Les_chaines_de_l_avenir.1.jpgJe l'avoue aussi, quand je vois la couverture « design » et chic de cette réédition d'un roman de Phil Dick de 1956, j'ai la nostalgie des illustrations « bis » et un peu plus mal élevées des années 70 et 80 (voir ci-contre, image prise ici) quand les livres de l'auteur de « les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » étaient moins populaires parmi les z-élites. Dick est maintenant « in », ses héritiers ont de quoi mettre de côté pour longtemps, contrairement à leur père qui a tiré le diable par la queue jusqu'au bout, ne connaissant un semblant de confort matériel que quelques mois avant sa mort.

     

    Dans ce livre, on sent encore un petit peu l'influence de Van Vogt, du fait des enjeux « cosmiques » et de cette histoire autour des mutations des personnages, mais Dick a acquis sa personnalité d'auteur, son sens de l'absurde et du grotesque et le roman est déjà « dickien », les éléments de SF étant déjà comme dans les autres récits de l'auteur « implicites ».

     

    On ne sait pas comment fonctionnent les vaisseaux spatiaux ni par quel miracle les véhicules de l'avenir selon Dick volent, mais peu importe car ce n'est pas le plus important, l'écrivain explorant l'instinct grégaire des êtres humains, leur incapacité à construire une société juste et équitable.

     

    Jones, un mutant qui exerçait ses talents dans les fêtes foraines étant jeune, puis qui devenu pasteur et gourou finit par devenir le dictateur de toute la planète, peut voir l'avenir à un an. Une guerre nucléaire sans vainqueurs ni vaincus a entraîné la perte de tous les idéaux, toutes les valeurs et domine un relativisme absolu que l'on ne doit pas contredire sous peine de finir en camp de rééducation, un peu notre société poussé à l’extrême ainsi qu'on le voit sur Internet où contredire les certitudes de l'internaute « lambda » conduit à une avalanche d'injures.

     

    Et il a aperçu le danger que représente les « dériveurs », des « aliens » constitués d'une seule cellule, apparemment inintelligents et sans conscience ; bien entendu il n'en est rien. Il a décidé d'agir, croit-il pour le Bien de l'humanité, en profitant de sa capacité à prévoir l’enchaînement logique des événements qu'impliquent ses actes, devenant un tyran abject fanatisant les foules. Il voit aussi bien entendu le moment de sa chute et sa fin, il l'entrevoit d'ailleurs avec philosophie l'ayant déjà vécu et ne pouvant pas l'éviter, personnage entre un Messie improbable et un despote.

     

    9782290033555.jpgLe lecteur suit en parallèle le destin de sept mutants vivant dans une « bulle » spécialement aménagée pour eux. L'on découvre qu'ils ont été créé par l'homme à la suite d'expérimentations odieuses, afin de pouvoir envoyer des colons terrestres sur Vénus adaptés à l'atmosphère et au biotope de cette planète telle qu'on la voyait dans les années 50 : recouverte de jungles, tropicale, humide. Ce sont eux qui auront le destin le plus agréable à la fin, reconstruisant une humanité nouvelle libérée de contingences anciennes.

     

     

    Et comme nous sommes chez Dick, l'on s'intéresse également à un couple qui se déchire, comme son  couple à l'époque, le mari étant un notable de la police secrète et l'épouse devenant par frustrations accumulées un soutien les plus ardents de Jones. Plutôt que de rester sur une terre qui meurt doucement, ceux-ci finiront par émigrer sur Vénus et seront considérés par les mutants comme un souvenir de ce qui fût leur berceau.

     

    couverture ci-contre prise là

  • Philip K.Dick est vivant, sommes nous tous morts ?

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    « Ubik » le scénario de Philip K. Dick aux éditions Hélios (couverture prise ici)

    Cinéma, littérature, SF, Dick, Amaury Watremez

    Les éditions « Hélios » offre aux dickiens compulsifs et aux néophytes le scénario d'un des livres les plus célèbres de Dick, écrit après sa fameuse « crise mystique » de 1974, dessinée par Robert Crumb dans un numéro célèbre d'« Actuel », qui plus qu'une illumination serait due à une épilepsie cérébrale causée par l'absorption par l'auteur de « le maître du Haut Château » de beaucoup trop d'amphétamines pour écrire ses pages quotidiennes afin de le nourrir lui et sa ou plutôt ses familles, les amphétamines étant à l'époque dans les fortifiants que l'on donnait aux enfants en vente libre et non dispensés par des dealers.

     

    Une seule petite nuance sur cette réédition, on y trouve beaucoup trop de coquilles et quelques approximations orthographiques comme ces « voitures parkés » avec un « k » malvenu. Et sous couvert de « faire moderne », on trouve quelques vulgarités inutiles que Dick n'utilise que très rarement dans ses livres.

     

    Un rayon de lumière rose provenant d'une sagesse étrangère à notre monde lui aurait transmis un savoir jusque là inconnu, lui permettant en passant de guérir son fils atteint d'une malformation cardiaque congénitale, et il aurait eu de nombreuses autres révélations confirmant ses thèses sur la fragilité de la réalité, et la certitude que l'Empire Romain est toujours en place et qu'il est la réincarnation de Saint Paul. Et Dick s'est mis à écrire ce que ses exégètes appellent à tort sa « Trilogie Divine » qui est d'ailleurs une tétralogie celle-ci commençant avec « Radio Libre Albemuth ».

     

    Et comme c'est un écrivain de talent, il a su garder d'un bout à l'autre un recul, une distance, un second degré, et l'ironie qu'il fallait sur les errements de ses personnages, racontant non pas une histoire du futur, quoi que la société de l'avenir qu'il décrit soit plus ou moins la nôtre au fond, mais décrivant la désillusion que furent pour lui les années 70, la réélection de Nixon, alias Ferris F. Fremont (pour 666 le chiffre de la bête) dans la « Trilogie » et la « machinisation » progressive de l'être humain qui y perd son âme en passant devenant un genre d'androïde incapable d'empathie que seuls bien souvent les robots et les simulacres de personnes dans ses livres sont capables de faire preuve.

     

    On peut même se demander quelle est la part de mystification dans ce récit de la crise de 74. Invité à faire une conférence en France en 77, Dick, une croix pectorale autour du cou, fait ce que le public présent attend de lui, il joue à l'écrivain psychédélique (alors qu'il n'a jamais pris de drogues hallucinogènes contrairement à ce que sa réputation a laissé entendre jusqu'en 2014). Face à l'ahurissement de certains des auditeurs après un discours incohérent, et répondant à leur seule et unique question, Dick répond embarrassé qu'il a simplement voulu leur en donner pour leur argent.

     

    On peut préférer la lecture de ses quatre romans à son « Exégèse » gigantesque, contradictoire d'un chapitre à l'autre, écrite au fil de ses pensées et ratiocinations. « Ubik le scénario » est une réécriture du roman, qui resserre l'intrigue autour de certains thèmes, s'attache à moins de personnages, retravaillant son ouvrage.

     

    Dick répond à la demande enthousiaste d'un producteur français, qui voulait se faire connaître à Hollywood, après avoir produit quelques « bis » à alibis politiques et subversifs intéressants mais très loin de chefs d’œuvre comme « Punishment Park » de Peter Watkins,, de pouvoir l'adapter en écrivant ce scénario en trois semaines fiévreuses. L'auteur s'étonna que le producteur, Jean-Pierre Gorin, ne trouva jamais de financiers pour produire ce film impossible à faire avec les effets spéciaux de l'époque et qui aurait coûté deux ou trois centaines de millions de dollars.

    ubik1.jpg(Ubik ci-contre pris ici)

     

    Le lecteur rêve du film que cela aurait donné, très éloigné des adaptations parfois aseptisées et lisses de Dick, « Paycheck », « l'Agence », et s'il est doué d'un minimum d'imagination il le regarde vraiment en esprit sans avoir besoin de mâcher quelque buvard rose, et finalement cela aurait pu donner une œuvre très proche de « les Décimales du Futur » de Robert Fuest, d'après Michael Moorcock. Bien plus que l'explication mystique de la Trilogie, je reste cependant persuadé que toute sa vie Dick a douté de la réalité de ce monde et de cette société car ceux-ci avaient permis qu'une petite fille, sa jumelle, meurt du fait de la sottise des adultes, indifférents à cette mort, tout en se proclamant au faîte du progrès.

     

     

    Dick est toujours vivant, et dans cette société dans laquelle nous vivons qui est la même, exacerbée dans ses défauts, de ses livres, nous sommes pour la plupart en « semi-vie », congelés dans nos certitudes égoïstes, survivant en oubliant la plupart du temps notre conscience...

  • La passion amoureuse en milieu bourgeois en 2014

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     petits-arrangements-avec-curs-camille-peretti-T-9gCBha.jpegL'intérêt de souffrir d'insomnies ainsi que je l'ai déjà dit, c'est que parfois l'on tombe le samedi matin sur l'émission radio de Frédéric Taddéï, ce qui titille l'envie d'écrire et de se payer en passant une ou deux précieuses ridicules post-modernes, comme cette Camille de Peretti auteure de « Petits arrangements avec nos cœurs », écrivain "bankale" de par son physique avantageux, ou Nathalie Sarraco, réalisatrice de « la Mante religieuse » et Mylène Jampanoï son actrice principale, trois copines de Natacha Braque me suis-je laissé dire.

     

    Dans les années 70, et une bonne partie des années 80, l'amour bourgeois, toujours endogame, pas de « mésalliance », sauf une fois de temps un amant ou une maîtresse « issu de la diversité » pour se donner à la fois bonne conscience et goûter à la cuisine exotique en somme ; ça donne des frissons, c'est épicé mais on ne le ferait pas tout le temps, se passait dans des parkings de grands ensembles modernes et aseptisés sur la banquette arrière d'un « Range Rover » (TM°) ou un canapé « Roche Bobois » (TM°) en cuir « jaune ».

     

    Les personnages passaient une bonne heure et demie au cinéma à nous entretenir de leurs tourments amoureux d'une grande banalité et finalement assez peu intéressants. Certes, les actrices de ces années là étaient belles et avaient une classe innée qui faisaient parfois passer la pilule ou engendraient chez les petits garçons rêveurs leurs premières émotions esthétiques z-et sensuelles. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suggère pas que ces petits garçons pratiquaient alors l'onanisme devant leur téléviseur ou écran de cinéma. Nulle raillerie, on évoque bien les « choses de la vie »...

     

    Le roman, passionnant je t'assure ami lecteur, raconte l'histoire de Camille partie rejoindre Stanislas, son premier amour, lui est « trader » à Londres et elle est écrivain, à savoir que de temps en temps elle chausse des lunettes et raconte sa vie sur son ordinateur. Stanislas est blond, mince et je suppose « mècheux » et s'il est homme d'affaires n'en souffre pas moins de tourments dignes du jeune Werther, selon l'auteure du livre bien sûr, il est anorexique par exemple. Ils sortent beaucoup en boîte et dans les endroits « branchés » car si l'on est bourgeois et aisés l'on n'en est pas moins des gens teeellement ouverts et libérés (se libérer en milieu bourgeois consiste surtout à coucher à droite à gauche mais toujours endogamique-ment).

     

    Mais c'est pas autobiographique nous dit Camille de Peretti qui avoue quand même « partir du réel » (sans blagues ?) tout en affirmant que écrire sur la banalité c'est refuser de mépriser les « vraigens », fussent-ils des « adulescents » « têtes à claques » ayant la même conception de l'amour qu'une gamine de douze ans à peine post-pubère, retombant dans le travers contemporain consistant à être en quête d'une pseudo-authenticité digne d'une pub pour jambon sous vide, s'abstenant néanmoins de tenter de sortir des normes.

     

    Et puis finalement ils s'aperçoivent qu'ils s'ennuient et n'ont pas grand-chose à se dire. Ils décident alors de travers les États Unis en voiture de part en part, un état par jour (du tourisme au pas de course comme les beaufs que ces deux « bobos » méprisent), espérant se rabibocher tout en sachant très bien qu'à la fin ils ne seront plus ensemble (tragique n'est-il pas ?).

     

    Dans « la Mante Religieuse », ci-dessous la bande-annonce, (NB : le titre est un jeu de mots tout en finesse tu auras remarqué ami lecteur, la « mante religieuse », l'insecte dont la femelle bouffe la tête des mâles, et aussi l'« amante religieuse » car si l'on couche à droite et à gauche l'on n'en est pas moins capable de mysticisme) Nathalie Sarraco raconte l'histoire de Jézabel (NB : très subtile référence biblique à la reine phénicienne séductrice diabolique et ennemie du prophète Élie).

     

    Celle-ci est une jeune femme bourgeoise artiste forcément libre et rebelle qui veut repousser toujours plus loin les limites de la transgression, limites bien sages au vu des intentions, et transgression que n'importe quel adolescent peut et sait franchir allègrement de nos jours en tapant le bon mot-clé sur un moteur de recherches.

     

    Jézabel finit par tenter de séduire un jeune prêtre, David, à l'aise dans sa foi comme dans la vie, un curé moderne et libéré (il a une barbe et un physique un peu androgyne, ce qui permet de placer deux ou trois banalités sur le "Genre"). Elle se convertit, ce qui est bien gentil, mais reste très « light » et « sulpicien » au fond, on n'est pas dans « Sous le soleil de Satan » de Bernanos, Jézabel continuant de ne soucier que d'elle, telle Dorian Gray, mais une « Dorian Gray » sans envergure, ainsi que ces cathos me dira-t-on pour qui la foi n'est pas qu'une hygiène mentale, une « gymnastique » de vie, le tout restant bien dans les rails, et en gros ce film est un genre de "porno soft" de dimanche soir avec un alibi spirituel...

     

    Ne me remercie pas, ami lecteur, gràce à moi et ces considérations légères tu économises ainsi en valeur le prix de deux bouteilles de « Harpic WC » (TM°) et de quatre litres (environ) de « mousseux ». Sur les errements amoureux de riches oisifs, je préfère l'élégance et le style de "Petit Déjeuner chez Tiffany" de Truman Capote...

     

    couverture du roman prise ici

     

  • La lecture de Truman Capote - un plaisir toujours trop bref

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    « Un plaisir trop bref » - Truman Capote

    9782264063540.jpg« 10/18 » publie la correspondance de Truman Capote. elle est une sorte d'autobiographie en creux de l'écrivain, offre un point de vue intime sur son travail de création. Le recueil commence par une lettre qu'il écrit à son père biologique alors qu'il n'a que douze ans. Les lettres sont présentées chronologiquement par Gerald Clark, universitaire américain qui le fait avec humilité et finesse. On y apprend que « To kill a mockingbird », le roman émouvant de Harper Lee, grande amie de Truman, raconte aussi leur enfance à tous les deux (Dill c'est lui). Mal aimés par son père et sa mère, il les aidera cependant jusqu'à leurs morts.

     

    Il envoyait quotidiennement des lettres à ses amis pour leur raconter les anecdotes les plus croustillantes sur son entourage et se moquer des salonnards, c'est aussi l'auteur d'un des romans anglo-saxons les plus réussis, une « novella » d'une centaine de pages, « Petit déjeuner chez Tiffany ». J'ai lu ce livre racontant les errements sentimentaux de oisifs new-yorkais une quinzaine de fois, et suis tombé amoureux de Holly Golightly dés la première lecture. Les imbéciles n'y verront pas un livre sérieux, il ne comporte aucun message ni admonestation politique.

     

    Il écrit également « De Sang Froid », chronique hallucinée de l'envers du rêve américain, une famille à la Norman Rockwell se fait massacrer par deux petits voyous sans envergure. D'aucuns n'y ont vu qu'une dénonciation de la peine de mort, d'autres n'y perçoivent que le récit clinique d'un faits divers atroce. Le livre était tout cela à la fois et beaucoup plus, en particulier une réflexion sur le mal implanté dans l'âme humaine.

     

    C'était aussi un livre monstre qui a certainement fini par complètement dévorer son auteur.

     

    A cause de l'enquête et du travail immense que ce roman a demandé, l'auteur a fini par sombrer dans une dépression qui l'a amené à trop boire, consommer beaucoup trop d'alcool et essayer quelques drogues. Le triomphe que lui offre cette œuvre fut aussi le début de sa chute. Il écrit beaucoup moins ensuite, excepté des chroniques parfois intéressantes que l'on retrouve dans « Musiques pour caméléons ». Il devient, comme Norman Mailer, Hunter Thompson, ou Gore Vidal un « bon client » des émissions d' « infotainement » de la télévision américaine dont celle de Letterman (à l'époque, on prenait la littérature beaucoup plus au sérieux).

     

    Cependant, même du plus profond de sa déchéance, Capote ressentait instantanément la qualité d'écriture d'un texte, ou sa médiocrité. Que n'aurait-il dit à une époque où n'importe quel génie méconnu à juste titre, peut se prétendre écrivain en déversant à l'aide de son clavier ses frustrations, sa bile des plus amères, ou ses fantasmes et oser appeler ça son œuvre hurlant à l'injustice si personne ne lit ses divagations sans style, le plus souvent pompées sur Céline, mais pas pour des raisons littéraires, ou Brett Easton Ellis pour ceux qui ont grandi dans les années 80.

     

    La littérature se noie en 2014, pour celle dont on parle car il existe des auteurs passionnants qui ne sont pas forcément là où on les attend, dans le déni de hiérarchisation des goûts et des couleurs. Ainsi que sur les rayons d'un supermarché, les chefs d’œuvre sont mis au même range que les « blockbusters », les livres demandant un tant soit peu d'ambition intellectuelle sont qualifiés de prétentieux et les auteurs que l'on voit encore sur les écrans invoquent sur tous les tons leur simplicité, leur proximité des « vraigens », leur « simplicité » , écrivant des livres flattant la fierté, si tant est que l'on peut parler de fierté à ce propos, d'être banal .

     

    Truman Capote, « Ca-po-tie », le nom du deuxième mari de sa mère, était un ludion extraverti, potineur et ragoteur, apparemment un mondain superficiel et un écrivain exigeant pour qui l'écriture engageait sa vie, son cœur, ses tripes, quelque chose que notre époque qui aime bien tout quantifier a du mal à comprendre. Il était en quête de l'affection de ses amis et proches, toujours inquiet de leurs sentiments. Finalement naïf, et candide, il s'imagine qu'en mettant en œuvre « Prières exaucées » son roman qui sera selon lui sa « Recherche du Temps perdu », il ne se fâchera avec aucun de ses amis dont il décrit les vices par le menu dans ce manuscrit.

     

    Il est notoirement homosexuel, sans aucune ostentation superflue, à une période où cela n'est pas si évident. Il rencontre en 1948 Jack Dunphy, vétéran de la guerre du Pacifique, son exact contraire, qu'il aimera et qui l'aimera jusqu'à la fin en 1984. Le dernier courrier de l'écrivain sera pour Jack, un télégramme court et déchirant...

     

    D'aucuns s'étonneront peut-être que l'auteur de cet article, moi-même ami lecteur, porte aux nues un auteur qui semble contredire par sa vie, et ses écrits, ce que je dis parfois sur la crise morale que nous traversons. En littérature, comme dans la vie, j'ai toujours eu horreur de la moralisation et des esprits étriqués qui s'interdisent pour les uns d'ouvrir un livre de Drieu car collabo, et qui ne liront pas Capote par peur de brûler en enfer car celui-ci leur rappellerait que c'est tout ce qui leur paraît superficiel et léger dans cette vie qui est le plus important, raison pour laquelle ils débutent toujours la mise en place de leurs idéaux par un bon petit autodafé, motif essentiel pour lequel je ne serai jamais de ceux qui veulent absolument faire le bonheur de l'humanité même contre son gré..

     

    image prise sur le site de 10/18

     

    ci-dessous la scène d'ouverture de l'adaptation remarquable de "Petit déjeuner chez Tiffany"

     

  • « Au nom du fils », film de « Rape and Revenge » engagé

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    également ici sur Mauvaise Nouvelle 

     

    L'avantage, ou l'inconvénient, d'être parfois sujet aux insomnies, de celles qui réveillent en pleine forme à quatre heures du matin, c'est que l'on écoutera la radio finalement plus attentivement que pendant la journée, quitte à s'énerver plus tôt que les autres, autre privilège, comme ce fut le cas ce matin en écoutant le réalisateur belge du film « Au nom du Fils », sorti le 7 mai, Vincent Lannoo, et son actrice principale, Astrid Whettnall, évoquer ce long métrage en le défendant avec un discours mille fois entendu sur les catholiques, le silence de l’Église sur les pédophiles en son sein (les premiers à s'en émouvoir ayant été les papes eux-mêmes dont Jean-Paul II en son temps), la foi « qu'ils n'attaquent pas », « qu'ils admirent », mais enfin « il y a quand même en France un retour de la réaction et de l'intégrisme qui fait peur » depuis les « Manifs Pour Tous », je cite. Rappelons que ces catholiques tellement dangereux, pratiquants, représentent de 1 à 2% de la population française et restent en grande majorité très discrets finalement.

    aunomdufils.jpeg

     

    Cela me confirme dans mon opinion sur le démarquage des « méchants » cathos de Frigide Barjot et d'autres qui insistaient bien sur leur amour des « z-homos » se trompant car finalement tout les cathos de « LMPT » étaient dans le même sac de réacs. Un catholique qui ouvre sa gueule, un catholique qui ne se laisse pas tondre, ne tendant pas docilement la joue droite quand on il reçoit un bourre-pif sur la gauche est forcément un « intégriss' »...

     

    Donc, toute personne qui ne partage leurs convictions et certitudes sur la foi est intégriste en somme, tout comme ceux parmi les catholiques qui seraient choqués par leur œuvre commune, ce qui est toujours un peu facile comme argument car fermant d'office toute discussion sur leur travail. Et le tout pour défendre une histoire étant au fond une variante du genre « Rape and Revenge », à la manière de « l'Ange de la Vengeance » de Ferrara, dans lequel déjà on trouvait des allusions provocatrices au catholicisme, quoi que Ferrara soit lui-même catholique voire même mystique nonobstant son « travail du négatif » (TM°) qu'il poursuit dans tous ses films dont « Bad Lieutenant », la différence étant que Ferrara réalise des films dits « de genre » avec plus d'humilité dans le propos mettant son art au service d'une histoire, ne cherchant pas obligatoirement à faire de ses personnages des archétypes caricaturaux au service d'une démonstration idéologique. L’auteur invoquant le fait que c'est une "comédie noire", c'est "de l'humour" fait rire lui-même car il a bon dos cet argument qui rappelle celui du "rire de résistance" et d'une dérision à sens unique, la dérision la vraie frappant tous azimuts...

     

    Certes, il est honnête de préciser que la mère jouée par Astrid Whettnall est un personnage au début du film plutôt finement décrit et amené, une croyante positive. C'est après que ça se gâte. Le réalisateur et son interprète font de plus mine de s'étonner des réactions que l'affiche du film a pu provoquer, alors que celle-ci est visiblement conçue pour provoquer le scandale et faire parler, créer le « beuze » (TM°) car il y aura toujours un catholique, et pas seulement de « Civitas » pour s'en émouvoir, ce qui quand même normal et facile à comprendre en faisant preuve d'un minimum de subtilité psychologique.

     

    De plus l'incompréhension de ce qu'est la foi de Vincent Lannoo et Astrid Whettnall est assez commune. Elle repose sur le fait qu'ils pensent comme beaucoup d'athées que la foi doit se justifier rationnellement alors que par définition, et contrairement à ce que croient également certains chrétiens, elle ne peut l'être. Ontologiquement, la foi est irrationnelle, ce qui ne signifie pas pour autant une vision figée de l'histoire sainte, de l'histoire de l'église et de ses dogmes, la remise en cause de tout cela venant dés les origines de l'intérieur de l'Église même.

     

    Il y a également dans ce film une absence de nuances sur toutes les figures de prêtres, tous bons à flinguer, tous odieux, tous insupportables, excepté peut-être celui joué par Philippe Nahon quand même plus crédible en ancien gangster ou en flic ripou, son personnage ne dénonçant pas la justicière maternelle car faisant en quelque sorte par là un acte de contrition. Ce manque manifeste de subtilités rappelle le film « Priest » d'Antonia Bird sorti en 1998 en salles dans lequel les deux jeunes prêtres gays et en blousons noirs étaient les deux seuls personnages d'Église à sauver, tous les autres étant forcément nuls.

     

    Cette animosité envers l'Église, si elle naît de par une facilité, des préjugés, provient aussi finalement de l'attitude de nombreux clercs, curés et religieux ayant oublié en route qu'ils étaient d'abord des pasteurs, étant même appelés à être des « bons pasteurs » tous, ce que rappelait la père Viot,dans son homélie du 2 mai de la messe à laquezlle j'ai eu la grâce d'assister,, ce qui n'est pas une tâche facile j'en conviens, tout comme les croyants ont perdu de vue que c'est ce qu'ils vivent quotidiennement qui compte le plus et non simplement les bonnes intentions ou les gestes sur-affectifs des grands rassemblements où tout le monde s'aime oubliant le voisin le lendemain. Nous garderons un silence pudique sur le cas des personnes seules et,ou malades qui le restent si elles ne sont pas d'un statut social reconnu, qu'elles ne font pas partie d'un milieu dans la plupart des paroisses, leurs frères et soeurs dans la foi se hâtant de justifier le plus souvent leur indifférence par une psychologisation sauvage de ces personnes réputées ou « sauvages » ou « écorchées vives »...

     

    Enfin, je crois que ce sont des catholiques qui les premiers ont osé aborder la question de la pédophilie dans l'Église, mais tant qu'à aborder l'hypocrisie concernant ce sujet, allons-y globalement et clairement, évoquons ces politiques qui évoquaient la « sexualité infantile » encore au début des années 90, parlons de ces célébrités respectées et honorées qui avouent comme une blague leurs penchants pour les petits garçons et les petites filles sans omettre dans cet inventaire sinistres tous les éducateurs ayant profité de leur statut pour abuser sexuellement des enfants. Dans le film, la mère tue les pédophiles, en matière de justice, rappelons que ceux qui se font prendre ne demanderaient que ça, la peine de mort, subissant lorsqu'on les envoie en prison des supplices autrement plus durs de la part des autres détenus.

     

    Et notons que notre société qui incite les jeunes filles à des tenues et des attitudes marquées par une sexualité qui se doit d'être agressive, à ressembler le plus tard possible à des ados à peine post-pubères est elle-même une société pédophile en quelque sorte...

     

    Affiche "site metronews"

     

  • Qu'est-ce que l'on ne ferait pas pour un bikini en diamants ?

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    XY240.jpgIl y a les classiques classieux, qui font bien sur un profil « facebook » ou sur un site littéraire, ou dans une conversation mondaine, les classiques chics et bien scolaires : un zeste d'Albert Cohen, deux gouttes de Le Clézio et un zeste de Proust. Et il y a les « classiques » mal élevés, beaucoup plus amusants souvent à lire, réjouissants par leurs connaissances de la nature humaine, souvent ce sont des livres dits de genre comme « Fantasia chez les ploucs » de Charles Williams que je viens de relire, dans la version traduite par Marcel Duhamel et paru en « Série Noire », exemplaire acheté à « la Vieille Bourse » de Lille un jour de « virée tzigane » avec d'autres adeptes des plaisirs démodés comme l'est la lecture.

     

    L'histoire picaresque, totalement et joyeusement immorale, est racontée du point de vue de Billy, gamin débrouillard de sept ans, fils de « Pop », du moins on suppose que c'est son fils légitime, alias Sam Noonan : bookmaker, aigrefin, faux-monnayeur, fabricant d'alcool de contrebande, le tout sous des apparences de « plouc » « redneck » du fin fond des Etats-Unis. Pop et Billy, surveillés de près par les flics, doivent quitter précipitamment l'état de New York pour se réfugier chez l'oncle Sagamore, aussi peu moral que son frère, deux ploucs beaucoup plus malins qu'ils ne s'en donnent l'air.

     

    Et aussi sympathiques l'un que l'autre...

     

    Billy n'est jamais allé à l'école, grand bien lui fasse, et a appris à lire dans les journaux de turfistes qu'il sait déchiffrer comme un pro. Il a été placé en foyer d'accueil un temps, lorsque « Pop » a passé quelques mois à l'ombre, ce qui lui a donné l'occasion de se payer la tête des dames patronnesses et des bonnes âmes hypocrites, épisode lui ayant permis de découvrir la lecture et en particulier celle de Stevenson.

     

    Quand Pop et Billy arrivent d'ailleurs, Sagamore est aux prises avec les deux sbires crétins du sheriff qui essaient de le coincer encore une fois pour fabrication de gnôle trafiquée, artisanat que Pop camoufle en prétextant le tannage de peaux de vaches, pour cacher l'odeur des alambics.

     

    Billy et son père ont à peine le temps de s'installer et de faire la connaissance de l'oncle Finley, vieux fou ancien prédicateur marron qui croit maintenant, le délire sénile aidant à ses anciennes prophéties de pacotille dont une s’avérera cependant tout à fait vraie, sourd comme un pot, constructeur inlassable d'une nouvelle arche un peu minable.

     

    Arrivent dans le bled un pseudo docteur en costume croisé, fine moustache et armé jusqu'aux dents accompagné d'une créature peu vêtue, et peu farouche, une pseudo « Miss Harrington » qui se dévoilera, si l'on peut dire, comme étant la fameuse Caroline « Tchou-tchou », strip-teaseuse célèbre pour le liseron qu'elle a tatoué sur le sein droit, poursuivie par les polices de vingt-trois états et quelques bandes de gangsters car ayant témoignée dans un meurtre pendant un règlement de comptes, l'inconsciente.

     

    La belle, qui sait se défendre et qui a la répartie facile et argotique (Merci Marcel Duhamel), apprend à nager à Billy, le seul homme du coin qui ne la reluque pas en douce, et c'est au cours d'une des leçons de natation qu'elle doit encore fuir et disparaît, seulement vêtue d'un bikini en diamants...

     

    Bien sûr l'histoire se termine aussi immoralement qu'elle a commencée. C'est un peu l'univers de John Kennedy Toole que l'on retrouve dans ce livre, celui de la « conjuration des imbéciles » et de « la Bible de Néon » dans un registre joyeux. Les fines bouches n'aimeront pas, pensez donc une « Série Noire » où les figures d'autorité sont systématiquement ridiculisées, tant pis pour elles...

     

    Ci-dessous un extrait de l'adaptation de 1971 par Gérard Pirès

  • Je continue à me faire mon cinéma

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    Une vidéo variante des précédentes sur Paris toujours...

    Sur une chanson d'Arnaud Fleurent-Didier

  • Don't judge a book by his cover

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    A propos du recueil de nouvelles de Philip K. Dick en Folio SF « Ne vous fiez pas à la couverture »

     

    Science-Fiction, littérature, sociétéQuand je lis certaines critiques de cet auteur sur le net, jamais sans arrière-pensées critiques tu me connais ami lecteur, je suis souvent effaré et atterré à la fois. K. Dick, d'ailleurs comme Orwell et Aldous Huxley, est pris pour un fantaisiste anticipateur, un peu pessimiste, et dont fort heureusement les visions d'un futur très sombre perçues comme dans une miroir obscurément ne se sont pas réalisées on le constate tous les jours. Ces critiques s'en tiennent à l'écume de ce qu'il est convenable de dire, à l'apparence, à l'étiquette d'auteur drogué au LSD de Dick, un peu fou.

     

    En 2014, il n'y a certes pas de voitures volantes dans les airs, pas d'androïdes viables dans les rues, et les flics ne disposent pas encore de pouvoirs précogs pour arrêter les criminels ou ceux suspectés de pouvoir le devenir un jour, les hommes ne sont pas allés jusqu'à aller Alpha du Centaure ; mais comme tout bon auteur de Science-Fiction Dick y parle de notre monde, de nos dérives, de l'absurdité de certaines de nos aspirations, de notre société dont il pousse les travers jusqu'à l'absurde. Et le fait est que le monde intérieur des personnages de Dick est celui d'un citoyen-consommateur de notre temps, esclave de gadgets parfaitement inutiles que cet auteur n'eût pas osé inventer dans ses livres. Et Dick fait aussi de l'auto-fiction de SF se racontant au passage, ce qui sera encore plus probant dans « la Trilogie Divine ».

     

    Ainsi dans « l'homme variable », la « novella » ou longue nouvelle, qui débute ce recueil, l''écrivain se moque de la manie du contrôle total et de la transparence délirante de notre monde : un homme venu du passé bricoleur et dilettante de génie comme beaucoup de personnages de l'auteur du « maître du haut château » ou de « Ubik » perturbe l’ordonnancement rigoureux et rationnel d'une société à venir s'imaginant utopique, ou dans la dernière nouvelle dans laquelle des envahisseurs se cachent dans les machines à boule de gomme de la terre, histoire où l'on ne sait pas si Dick ne paie notre tête, probable, s'il tourne en ridicule la paranoïa moderne ou s'il croie vraiment en son histoire ; la réponse n'est pas si évidente.

     

    Dick est à la fois un mystificateur et un rêveur qui essaie d'ouvrir le lecteur à d'autres mondes caché derrière le « simple » réel...

     

    Dans « Roug », une des premières nouvelles de l'auteur où il s'affranchit de la tutelle van-vogtienne, on ne sait pas si les « aliens » qui viennent chaque jour voler les déchets des habitants d'une zone pavillonnaire ripolinée et triste à mourir sont simplement des éboueurs qui perturbent quotidiennement le vieux chien héros de l'histoire, ou le canidé a vraiment du flair et alors la banalité prend des aspects terrifiants.

     

    Dans « la planète impossible », une des meilleures du recueil à mon sens, émouvante, dérisoire et désespérée sur la nature humaine souvent bien décevante, il raconte l'histoire d'une vieille dame qui est née sur terre qui veut revenir y mourir trois-cent cinquante ans après sa naissance en nageant une dernière fois dans l'Océan, mais le hic est que tout le monde croit que la Terre, la planète d'origine des hommes qui vivent maintenant dans toute la galaxie, est une légende pour enfants, un conte de bonnes femmes. Des astronautes la déposent sur un astre presque mort pour la mystifier et la contenter, troisième planète après un soleil minable, et réalisent quand même son souhait sans le savoir, l'un d'eux ramassant une pièce de monnaie étrange à la fin du récit...

     

    L'auteur se demande également ce qui se passerait si un livre était relié avec la peau d'un animal méprisé par les terriens, à mi-chemin entre le porc et la vahce, et immortel, le wub à première vue simple ruminant ayant la particularité d'être immortel et de se régénérer ce qui économise en frais d'élevage, wub qui en profite alors pour réécrire les grands classiques des hommes et leurs livres saints, révélant au passage une bonne part de leur hypocrisie.

     

     

    Cet énième recueil de nouvelles de Dick, l'auteur de SF le plus adapté au cinéma, le plus trahi aussi, joue sur un mélange d'inédits et d'histoires déjà lues dans la collection « Présence du Futur » de Denoël notamment ou en « 10.18 ». L'amateur de littérature dite de genre, romans noirs ou de SF, se sent à chaque fois coupable bien évidemment, mais le désir d'explorer l'univers d'un auteur passionnant tout simplement le pousse à se laisser aller avoir par la logique commerciale, en l'occurrence moi ami lecteur, parce que aussi la littérature est de l'ordre de la respiration pour ceux qui l'aiment vraiment. 

     

    en photo l'auteur de l'article se la jour "cyberpunk"

  • J'aime pas les « remakes »...

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    Au cinéma, les remakes sont souvent ratés, à de rares exceptions comme par exemple celui des « Révoltés du Bounty » avec Marlon Brando et Trevor Howard en capitaine sadique tenant brillamment la comparaison avec celui certes plus âpre et moins psychanalytique, moins "Actors Studio" mettant en vedette Charles Laughton en capitaine Bligh et Clark Gable en « monsieur Christian ». Ne parlons pas des « remakes » de films dits de genre, de « série B » jouissives, complètement ratés, sans la poésie de leurs modèles...

    politique, remaniement, Valls, Najat Vallaud-Belkacem, Taubira, hypocrisie, socio-libéralisme

    Alors, ne me parlez pas des « remakes » de gouvernement, c'est encore pire...

     

    Le gouvernement de Manuel Valls est de la même teneur qu'un de ces remakes qui ne sert pas à grand-chose. On va voir quand même en espérant que cera aussi bien que l'original, et puis au bout du compte c'est nul. On met souvent une vedette populaire, que le public apprécie dans le premier rôle, Manuel, en se disant que cela fera recette, et puis c'est le seul qui reconnaît un peu plus que les autres que l'insécurité dans les « quartiers » n'est pas seulement un ressenti de « petits blancs » racistes, forcément, mais aussi une réalité concrète et mesurable.

     

    Certes, on a changé deux ou trois têtes par ci par là, on a pris des ministres qui ont voté « Non » au référendum sur le traité constitutionnel européen comme Benoît Hamon, on a gardé Montebourg pour faire plaisir aux souverainistes avant les élections Européennes, du moins espère-t-on que ce sera le résultat, mais la base idéologique est la même, et reste éminemment sociétalo-libérale, avec Christiane Taubira qui reste à la Justice et Nadjate, mon amie Nadjate, qui reste au ministères du Droit des femmes, de la Jeunesse et des Sports, et, « last but not least », des minijupes photogéniques ce qui est un atout non négligeable pour une femme libre comme Nadjate on en convient.

     

    Je ne comprend d'ailleurs pas trop pourquoi madame Taubira, « Marie-Thérèse Saint-Just » (TM°), reste une icône de la gauche de la gauche, de la gauche « dure » qui si elle ne se retenait pas très fort procèderait immédiatement à la redistribution de ses ressources, car pour le moment elle n'a mené aucune réforme me semblant spécialement propre à améliorer le sort des plus précaires en France à l'exception il est vrai d'une réforme pénale plus laxiste qu'autre chose où l'on reste dans le refrain habituel de « célafotalasociété » si les jeunes se conduisent mal qui est à gauche comme disons un curé progressiste, espèce maintenant quasiment disparue, à l'exception de quelques dinosaures qui ont vidé leurs églises.

     

    Quant à monsieur Peilhon qui a été remplacé par monsieur Hamon il aide à la mise en place d'un pédagogisme selon les préceptes de saint Philippe Meirieu qui découle directement des philosophies américaines libertariennes, socio-libérales en version « light », donc très loin de la gauche telle qu'on la conçoit. Surtout pas de contraintes éducatives en matière de savoir ou de droits ou de devoirs, l'élève, l'enfant consomme ce qu'il veut comme il l'entend.

     

     

    C'est finalement comme un de ces absurdes et grotesques « remakes » colorisés de films qui fonctionnent mieux en noir et blanc, avec un peu plus d'audace apparente, entre autres Valls est réputé « de droite » pour la gauche « vraiment à gauche » qui si elle ne se retenait pas reprendrait le « Cuirassé Potemkine » le soir-même à Vladimir Poutine, promis, juré, craché depuis le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx et Engels. Notez que je ne serai pas forcément contre pour plus de justice sociale, si cela ne procédait pas seulement de bonnes intentions depuis longtemps déjà. Les producteurs espèrent toujours que la « colorisation » attirera un nouveau public, qui jette un œil le premier soir, et tout rentre dans l'ordre.

     

    image, site de libération.fr édition du 2 Avril