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"Génération dégonflée"

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quinquado.jpgL'auteur de ces lignes vient de fêter ses cinquante ans, et toutes ses dents. A trente ans on lui disait :

"Ahlala Trente ans c'est jeune !"

A quarante, on lui dit la même chose, et à cinquante de même.

Mon âge n'est pas un problème, c'est le lot commun et à cinquante ans on peut se sentir tout neuf, ce qui ne signifie pas pour autant se sentir infantile.

Cinquante ans en 2019, c'est vrai ce n'est pas très vieux. Certains poussent même un peu loin l'idée en se comportant en ado post-pubère le cinquantenaire atteint, en refusant toute responsabilités morales, entre autres choses.

 

Dans "White" de Brett Easton Ellis, que décidément il faut lire, l'auteur utilise plusieurs fois une expression de son invention pour désigner les fameux "millenials", (ou "milléniaux" en frangliche), la génération des jeunes actuels, la "génération" Y ou Z je ne sais plus trop la lettre, soit statistiquement entre l'adolescence et le début de la maturité supposée, au moins physiologique. Le terme pourrait être utilisé à mon avis également pour la grande majorité des adultes.

 

C'est la génération de l'affect roi, de la réaction mièvre, de la sensiblerie toute puissante. Tout en méprisant les personnalités bienveillantes assimilées à des débiles, on oppose au contradicteur, à celui qui refuse la standardisation d'être méchant, un grand méchant. On pleurniche en cœur, on se tient par la main en sanglotant, on se fait des câlins en groupe. D'aucuns se forcent même à rigoler de concert, le rire étant alors vu comme une sorte de gymnastique. On rigole alors sur rien, on s'amuse du rien, de l'anecdotique...

 

La plupart des "grandes personnes" ne veulent pas grandir, ne veulent pas changer et progresser. Ils aimeraient demeurer éternellement prisonniers de leur adolescence, de leurs goûts d'adolescents, que des choses mignonnes à les entendre. Le mignon devient fondamental. Le mignon et non la beauté, trop élitiste, trop adulte.

 

Les critères de beauté actuels sont en définitive de ressembler à un adolescent, ou une adolescente, post-pubère, si possible anorexique et le plus androgyne, un individu indifférencié, noyé dans la masse, s'habillant, mangeant, parlant, écoutant, regardant, se conduisant comme on lui dit de faire pour conserver sa tranquillité d'esprit.

La société libérale-libertaire refuse l'âge mûr, l'âge des cheveux blancs. La vieillesse lui fait horreur. Elle va contre la représentation flatteuse de son "moi" que le citoyen-consommateur se fait de lui et qu'il répand à qui mieux mieux en toute inconscience sur les réseaux sociaux.

 

Cette génération ne sait pas quoi répondre aux accidents de la vie, à la douleur, à la tragédie, toutes choses qui la gêne, la dérange terriblement. Elle ignore un comportement adéquat face à la pauvreté, au dénuement. Et elle ne sait pas se défendre. Elle préfère la fuite. Courage fuyons pourrait être sa devise...

Face à l'intégrisme religieux, face à la violence, elle ne sait pas se défendre. Elle ne sait pas répondre aux injures encore moins à la haine. Et curieusement, la plupart des "milléniaux" sont fascinés dans le même temps par les personnes sans surmoi, à la brutalité primaire.

Des gosses se voyant comme "non cisgenrés" et "inclusif", ayant bien intégré le néo-féminisme, se rêvent en mâles alpha, en mâles tout court qu'ils ne sont plus censés être. Parfois, de manière rarissime, l'un d'eux se "lâche", tirant sur la foule ou commettant des horreurs ainsi qu'au quatrième niveau du dernier jeu vidéo en réseau...

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand

 

Amaury - Grandgil

 

image empruntée ici

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