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  • Les trois France irréconciliables

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    Il existe dorénavant trois France bien distinctes et fâchées ou indifférentes au mieux les unes avec les autres :

     

    climat1.jpgCelle des bourgeois pédagogues qui défilait avec sa progéniture à "la Marche pour le Climat" (une progéniture tellement "rebelle" que ce sont les parents, les profs, les éducateurs qui décident par injonctions morales de ses révolte, le tout paternellement encadrées par les flics), la France des riches de plus en plus riches,

     

    Celle dite "périphérique" des classes moyennes précarisées de plus en plus, dont vient la majorité des "gilets jaunes", la France rurale ou "rurbaine" méprisée par les précédents, la France des "ploucs" pour les arbitres des élégances politiques, qu'ils dédaignent surtout car elles les culpabilisent d'être aisés matériellement,

     

    Et celle des "quartiers", des populations dites issues de la diversité. Celles-ci sont les "pauvres" des premiers, leur valetaille taillable et corvéable à merci, pour laquelle on ne paie pas de charges, et des salaires même pas décents, et qui a en plus le mérite d'un peu "d'exotisme" tellement "pittoresque ne trouvez vous pas chèèèèr ami ?". Dans cette "France" on est indifférent aux deux autres, à leur culture voire même on y est de plus en plus ouvertement hostiles en attendant la partition déjà entérinée dans les faits de certaines parties du territoire.

     

    climat2.jpgOn a pu constater en regardant les photos des panneaux brandis par les jeunes à "la marche pour le climat" (l'exemple ci-dessus à ce lien) l'absence totale de sens critique et d'élégance de ces gosses embrigadés par le capitalisme "vert" et quelques crypto-gauchistes se voulant écolos, persuadés que la trottinette électrique est un moyen de transport alternatif viable. On pouvait voir tous ces gens bien sages, bien proprets, bien dociles (voir illustration ci-contre prise à ce lien). Plus tard ils feront des consommateurs comme il faut, bien obéissants du pseudo capitalisme "vert' tout aussi destructeur pour la planète. Et puis "merdalors tous ces gueux qui manifestent pour leurs salaires, pour le fric ne sont-ils pas vulgaires à parler tout le temps d'argent chèèèr ami ?".

     

    Le président qu'ils ont fait élire sur la base d'une escroquerie intellectuelle : c'était lui ou  le fââchiiisme, a tonné, disputé, grondé, il va de toutes façons interdire les manifs sur les Champs Elysées. Les riches vont pouvoir recommencer à y acheter, à y baguenauder entre eux sans risquer d'y croiser un précaire, un des ces "gilets jaunes" (voir photo, prise ici). Ils veulent l'endogamie sociale la plus stricte possible.

     

    climat3.jpgD'aucuns ne veulent surtout pas entendre parler de toutes ces questions pour éviter la guerre civile qu'ils disent, pour ne pas jeter de l'huile sur le feu qu'ils disent, parce que on devrait rêver de changer la société et non parler de toutes ces contingences matérielles contraignantes rappelant aux favorisés leurs privilèges matériels. Le pauvre se doit de tenir son rang, de s'y cantonner, de ne pas chercher autre chose que ce qu'il est, que ce qu'il a. Malheureusement pour ces bonnes âme ils auront quand même le sang et les larmes à plus ou moins brève échéance et ce malgré leurs bonnes intentions affichées.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

  • Relire Bernanos en nos temps incertains

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    Bernanos.jpgJ'ai fini par comprendre pourquoi les jeunes gens s'affirmant néo-réacs de droite aimaient bien se réclamer de Bernanos. Il est réputé anti-franquiste, certains n'en démordent pas il serait passé à gauche, et il a écrit un livre, "les grands cimetières sous la lune", où il ne s'attaquerait qu'à Franco. Cela lui donne une utilité, avec lui pas besoin de passer son temps à se justifier d'être de droite ce qui est le sport favori de ces petits jeunes gens qui aiment bien conserver bonne réputation (Pour quoi faire ?) et qui aiment à se légitimer auprès des arbitres des élégances politiques (Pour quoi faire là aussi ?). Manifestement ils ne l'ont pas lu car dans l'ouvrage Bernanos en a autant contre les marxistes et toute la gauche dans son ensemble.

    Il est toujours libre, jamais coincé dans un camp ou l'autre, englué dans une coterie, un milieu, des mondanités socialement consanguines. Les "marionnettistes" qui font parler les morts en seront pour leurs frais, tous ces gens qui s'improvisent "héritiers" de tel ou tel auteur.

    Et si Bernanos finit par quitter "l'Action Française" il n'oublie rien des leçons de Maurras sur en particulier le pays légal et le pays réel en particulier, notion plus que jamais actuelle, le pays "légal" étant de plus en plus violent et brutal contre le pays "réel".

     

    Curieusement, "la grande peur des bien-pensants" est moins citée alors que tout aussi intéressante car dédiée à Edouard Drumont, l'auteur très sulfureux de "la France juive". Ce serait d'ailleurs idiot de l'en condamner, à l'époque de la jeunesse de Bernanos Drumont avait une aura très forte surtout car anti-bourgeois, contre cet esprit bourgeois pédagogue qui a tout envahi de nos jours, cette espèce de bonne conscience dégoulinante de bons sentiments qui devrait être la norme pour tous afin de s'auto excuser, s'auto justifier d'être aisé. Bien entendu, dans l'histoire, les précaires, les pauvres, le petit peuple, devraient toujours tenir leur rang, se soumettre et demeurer dociles face aux milieux aisés, face aux puissants. Comme les personnages de paysans dans les pièces de Courteline ou les nouvelles de Maupassant qui triturent leur casquette de coutil quand ils parlent à "not bon maître".

    "Et qu'est-ce que c'est ma chèère que toutes ces revendications tellement terre à terre sur un salaire décent ? Si encore ces gueux parlaient de changer le monde"

     

    On parle encore moins de "la France contre les robots" qui décrit pourtant clairement l'avènement de ce régime technocratique que nous subissons en ce moment, ces "robots" sans âme ayant oublié en cours de route le Bien Commun et leur humanité.

     

    Bernanos serait l'écrivain catholique de droite fréquentable par excellence depuis, sur ce malentendu, un auteur de "romans de curés" et de pamphlets gentillets un peu désuet dans ses emportements et sa colère. C'est oublier qu'il est très différent des autres écrivains catholiques sur un point précis. Il s'incarne. Tout ce qu'il écrit, il l'a vécu ou le vit. Il ne verse pas dans l'intellectualisation à outrance et la théorisation de questions qui n'en ont pas besoin. Et sa vie même en dehors de son œuvre est passionnante et en dit long sur lui. Son cœur brûle de passion pour ses semblables, pour ceux qu'il aime. Il a d'ailleurs le même regard quand on jette un œil sur ses photos d'enfance, que sa mère, Hermance. Quand il évoque les petits villages de France, les paysans, les maquignons, il sait de quoi il parle, il vient de là la rude terre sombre d'Artois. Et là encore chez lui cela s'incarne.

     

    La foi de Bernanos n'est pas une foi de pacotille, n'impliquant aucune obligation morale, une foi étriquée, de petites habitudes. Ce n'est pas non plus une foi de pur esprit, d'illuminé ou de tièdes, tièdes qu'il vomit.

    Et surtout par dessus tout, il est intègre et hors de l'a-moralisme ambiant de son époque, que nous vivons encore il est vrai en 2019. C'est parfois drôle quand on se souvient de certains épisodes de sa vie. Ainsi, partant au Brésil avec sa famille, il oublie avec sa femme les hypothèques qui lui permettront de vivre là-bas sur la plage arrière du taxi qui les amène au paquebot. Vendant en 1948 "le chemin de la croix des âmes", son domaine au Brésil, il s'avère que le nouveau propriétaire trouve du pétrole sous les terres ce que Bernanos ignorait. Mais ayant vendu, s'étant engagé, il n'en a cure et se tient à sa parole malgré les protestations de son acheteur.

     

    Tombant déjà dans l'erreur que beaucoup commettent encore, un journaliste américain demande à Bernanos en 1948 s'il est heureux que la démocratie soit enfin rétablie. Ce qui provoque immédiatement la colère de l'auteur du "Soleil de Satan" qui réaffirme malgré la surprise et l'ébahissement de l'autre son mépris pour la comédie démocratique française avec le ton "jacassier des anciennes cours d'Europe" ainsi que le décrit Roger Nimier qui lui aussi se fait engueuler quand il demande à Bernanos s'il va soutenir De Gaulle enfin, Bernanos qui s'inquiétait de savoir quand les jeunes de France, les plus pauvres allaient se réveiller enfin contre la sottise des bourgeois pédagogues, pédagogues car il aiment bien faire la leçon encore et toujours aux peuples.

    Il suffit de prendre le train de banlieue, ou n'importe quel train d'ailleurs, pour avoir les mêmes doutes sur le bien-fondé de la démocratie rien qu'en observant un peu ses semblables.

     

    Bien entendu, si l'on préfère l'eau tiède et des lectures qui ne font pas de mal, autant ne pas le lire et se plonger -je ne sais pas ?- dans David Foenkinos ?

     

    Image empruntée ici

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil