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L'autre infini

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à propos de "Psychologie de la connerie" ouvrage collectif sous la direction de Jean-François Marmion, aux éditions Sciences Humaines paru en janvier 2019 (trouver le livre à ce lien)

psychologie, connerie, société, politique, amaury watremez(Jean-Claude Carrière déjà auteur d'un "dictionnaire de la bêtise" avec Guy Bechtel, Boris Cyrulnik, Howard Gardner, Tobie Nathan, Alison Gopnik et d'autres...)

 

Albert Einstein disait :

"Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue". Le génie découvreur de la théorie de la relativité eut lui-même ses instants de grande connerie humaine, ainsi que le rappelle un des chapitres du recueil, en particulier quant à ses considérations sur le physique des femmes...

La connerie n'a pas de limites, certains esprits taquins le disaient également : "Les cons ça ose tout c'est même à ça qu'on les reconnait".

 

Cet ouvrage conséquent propose de la définir pour tenter de la combattre, ce qui est un combat perdu d'avance il est vrai. Le con dans nos esprits, c'est toujours l'autre, nous avons beaucoup de mal à reconnaître notre propre sottise, alors qu'à un moment ou un autre malheureusement nous l'avons été un peu ou beaucoup, le tout étant d'en avoir conscience, ce qui nous rend moins cons. D'autres comme Brassens nous rappellent que "le temps ne fait rien à l'affaire".

 

La connerie est affaire de préjugés. On considère (j'emploie le "on" à dessein car "on" est con n'est-ce pas ?) par exemple qu'une belle femme, une jolie fille est forcément conne, car la nature équilibrerait ainsi les choses alors qu'une laide peut très bien aussi être complètement stupide. Il faudrait se questionner également sur notre définition de la beauté sur laquelle là aussi il a été dit beaucoup de conneries.

 

C'est un sujet très délicat que la connerie. Il concerne aussi l'intelligence et comment nous la définissons. Beaucoup confondent encore trop souvent intelligence et culture, même si pour se cultiver il en faut un minimum. De même culture et érudition, culture et instruction sont mélangées alors que ce n'est pas du tout pareil. La personne cultivée sait quoi faire de ses connaissances, s'en enrichir, l'érudit les empile, c'est tout. Je ne parlerai même pas ici des excuses que les ignares se donnent pour s'auto-excuser de leur manque d'appétence pour le savoir (différentes formules comme "la culture c'est comme la confiture moins on en a plus on l'étale" etc). Et s'il y a différentes formes d'intelligence, le psychologue Howard Gardner en définissant sept...

 

...Il y a aussi une connerie objective.

(les sept intelligences, voir à ce lien : Intelligence linguistique, Intelligence logico-mathématique, Intelligence spatiale, Intelligence intra-personnelle, l'intelligence interpersonnelle, Intelligence corporelle-kinesthésique, Intelligence musicale, Intelligence naturaliste, Intelligence existentielle (ou spirituelle) )

 

Auparavant, les auteurs, qu'ils soient spécialistes ou pas, avaient moins peur d'être politiquement incorrects et on évoquait aussi bien la débilité que l'arriération mentale, que les individus retardés voire imbéciles. Depuis, on préfère parler de troubles en "dys" plus satisfaisants, plus rassurants pour les parents et les éducateurs en général et aussi plus hypocrites. La connerie se définit aussi et surtout par l'absence d'empathie, d'altérité et de bienveillance envers l'autre. La connerie ce que confirme de nombreux auteurs de ce livre mène le plus souvent directement à la haine, la violence, le discours binaire, simpliste, sans aucunes nuances.

 

Bref, les empilages de slogans que d'aucuns sur le net en particulier confondent avec des convictions construites et raisonnées.

 

Ils commencent d'abord à définir le mot. Qu'est-ce qu'un con ? Selon Jacques Prévert et Edgar Morin, on ne devrait pas parler de "con" pour parler d'un idiot, le vocable désignant en argot le sexe féminin et donc une des plus belles choses de cet univers. Ce en quoi ils se trompent, car "con" vient de "coïon" l'appellation du petit sac que les légionnaires romains portaient à la ceinture, qui signifiait "petite chose", ce qui donna aussi "couillon" ou "couille". On en déduit donc qu'un con est aussi et bel et bien un couillon. Il n'y a pas de privilège à l'un ou l'autre sexe, pas d'exclusive mais une totale égalité en la matière. Il n'y a pas de jaloux.

 

Sont définies dans une tentative de réflexion les conneries individuelles, les conneries selon le milieu social, car elle a évolué depuis l'avènement de la bourgeoisie triomphante au XIXème siècle. La connerie bourgeoise a fait le bonheur de nombreux écrivains classiques et modernes, de Flaubert et son "dictionnaire des idées reçues" dans "Bouvard et Pécuchet" à Jarry et "Ubu" ou Ionesco et son théâtre de l'absurde. L'ouvrage n'oublie pas les conneries des "très intelligents", comme ces diplômés qui regardent leur horoscope chaque jour, ces polytechniciens qui rejoignent certaines sectes, sans parler bien sûr de ces énarques normaliens qui deviennent présidents de la République et ne réfléchissent pas plus pour autant etc....

 

Contre la connerie, contre notre propre connerie, les auteurs proposent de toujours garder de la distance sur un sujet, un esprit critique, l'acceptation inconditionnelle de soi et donc de l'autre. La culture préserve aussi de la connerie en montrant la complexité du monde. Et bien entendu l'indépendance d'esprit contre la connerie collective (NB : Je tiens farouchement à la mienne et ne suis pas le seul), la connerie grégaire qui voudrait que l'on hurle avec les loups pour se protéger. Une foule n'a pas raison contre la minorité, l'unanimité tellement à la mode de nos jours ne fait pas la raison et l'équilibre, et l'intelligence. Les nouveaux moyens techniques dont nous disposons donnent hélas à la connerie une ampleur inédite jusque là dans nos sociétés.

 

Image trouvée ici

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

Merci infiniment à toi qui m'a fait lire ce livre sur lequel je reviendrai car il y a encore beaucoup à dire...

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