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  • La politique sans fond

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    Le remaniement en bref (voir à ce lien)

     

    remaniement gouvernemental, société, politique, LREM, amaury watremezA lire divers articles sur le remaniement, à écouter les uns et les autres, on a vraiment l'impression que la politique n'a plus aucun fonds sérieux, que ce soit intellectuel ou idéologique. Il n'y a plus d'idées réduites à des slogans ronflants. Tout est affaire de communication et d'apparence de plus en plus, mais aussi de compétition d'egos et de petites ambitions personnelles. Sont récompensés les bons valets bien dociles, les larbins. Les mauvais esprits diraient ici que je pense à Christophe Castaner (LaREM) nommé Ministre de l'Intérieur. Il faut dire qu'il menaçait de démissionner du mouvement de Macron, "En Marche", et qu'ayant sans doute des dossiers sur les uns et les autres, cela aurait été dangereux pour le président et son entourage.

     

    Castaner à l'Intérieur, vu que l'ancien patron de "En Marche" a fermé les yeux visiblement sur la présence illégale d'armes au siège du parti présidentiel, cela ferait presque rigoler. Il travaillera en duo avec Laurent Nunez actuel patron des renseignements, homme de terrain lui.

     

    La nomination de Jacqueline Gourault (MoDEM, très proche de Bayrou) à la cohésion des territoires et des collectivités territoriales est dans cette logique d'image et de communication : une dame que l'on pourrait croiser au marché dans une ville de province, qui a apparemment un franc-parler "populaire" très éloigné de l'image désastreuse qu'ont les français de la morgue et de l'arrogance du président de la République. On se doute bien qu'elle n'est pas exactement là pour prendre quelque décision courageuse ou pas que ce soit mais pour redorer le cadre. En plus, voilà qui doit faire plaisir au maire de Pau se posant en mentor du "nouveau monde".

     

    Un peu de "proximité" qui fera bien sur la photo...

     

    Toujours dans ce désir d'image renouvelée, l'arrivée de Franck Riester à la Culture est facile à comprendre. Il est plusieurs "en même temps" à lui tout seul. Personnalité de droite depuis longtemps, il rassurera certains amoureux du patrimoine pour qui il sera une caution morale en quelque sorte. Finies les expositions contemporaines ineptes, les délires et autres "happenings". Et il est aussi un des premiers politiques de droite à avoir fait son "outing" homosexuel en 2011. C'est mieux afin de faire oublier les tribulations immobilières de madame Nyssen qui s'assoit sur des lois et codes que son ancien ministère est théoriquement chargé de faire respecter.

     

    Peut-être bientôt de sa part un livre de recettes "vegans" à base de ce régime à picorer qu'elle semble apprécier...

     

    Il n'y a pas grand chose à dire sur Marc Fesneau chargé des relations avec le Parlement, "godillot" archétypal, soutien docile du président, voire servile, tout ce qu'il faut pour montrer l'exemple aux autres, en particulier ces représentants qui ont refusé de donner un statut pérenne aux AVS accompagnant les élèves handicapés à l'école. Didier Guillaume, type même du roitelet local, est tout aussi transparent à l'agriculture.

     

    Curieusement on peut penser que c'est Sébastien Lecornu, ministre auprès de Jacqueline Gourault, ambitieux, qui prendra les vraies décisions et non sa ministre de tutelle. Lecornu a tout du jeune technocrate provincial sachant bien s'y prendre avec la proximité, selon la com jusque là millimétrée du gouvernement, tout en étant d'une stricte observance orthodoxe de la doxa technocratique, européiste et mondialisante, cette doxa pourtant désastreuse, on le voit tous les jours.

     

    Bien entendu on peut toujours penser que cela changera quelque chose à la pauvre situation de ce pays, on peut.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • En empruntant l'allée du Roi

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    à propos de "l'Allée du Roi" de Françoise Chandernagor sur Madame de Maintenon (voir à ce lien)

     

    Histoire, madame de maintenon, société, livre, chandernagor, amaury watremezQuand on lit "l'allée du Roi" de François Chandernagor on se demande quand même un peu si cette madame de Maintenon qu'elle décrit dans le livre a vraiment existé ou si au fond elle la voit telle qu'elle la rêve, qu'elle l'idéalise. Lorsque l'on observe les portraits d'elle en son domaine où elle se retire à la fin de sa vie, on a quand même l'impression très nette que cette dame sur les peintures n'est pas tout à fait la même que celle du livre. Celle du livre est une femme libre, cultivée et travailleuse ce qui est d'autant plus utile quand elle se retrouve, jeune, dans l'adversité. Celle du livre est plus sympathique. Je n'aime pas tellement la vieille bigote corsetée et plus moralisatrice qu'elle est dans sa fin de vie.

     

    Celle de la réalité me semble plus complexe, cette femme qui passe du déshonneur social : vivre avec Scarron, ce "débauché" libre penseur de son époque, fréquenter un milieu dit "libertin", pour ensuite devenir la nourrice des enfants de Louis XIV puis son épouse morganatique (cachée) à la mort de la reine Marie-Thèrèse d'Autriche demeurée tout le long de son existence depuis son mariage avec le souverain enfermée dans ses appartements privés de Versailles vivant sans broncher les frasques sentimentales de son époux avc plusieurs jeunes femmes de la cour et des maîtresses plus "régulières", des "favorites" changeant selon la perte progressive de leurs "charmes" originels.

     

    Celui-ci tombe amoureux de madame de Maintenon manifestant ses sentiments naissants en ayant ce très joli mot : "Qu'il doit être doux d'être aimé par vous".

     

    Le livre avec une langue exceptionnelle, un français très pur  recrée cependant magnifiquement une époque où les peuples vivaient tous en osmose avec la terre, avec ses produits, avec ses merveilles, une société beaucoup plus incarnée, plus charnelle. Je n'idéalise cependant pas du tout cette époque où l'on pouvait mourir d'un rhume ou d'une carie. J'ai toujours eu horreur de ces personnes pour qui c'était forcément mieux avant. Mais j'ai malgré tout une tendresse particulière pour cette société plus organique, plus charnelle en somme et plus terrienne.

     

    En se promenant dans son petit château, en arpentant les allées de son jardin auquel il manque le potager, les poules, les cochons et les vaches qui devaient être sur place, on retrouve un peu, en filigranes, de cette douceur de vivre évoquée par Talleyrand pendant la Révolution, quand les êtres humains vivaient encore au rythme des saisons et de la nature, en subissant il est vrai parfois les rigueurs, comme durant l'hiver très rigoureux de 1788. Ces monuments, tout comme le château de Versailles sont de nos jours plus ou moins des "boîtes vides" sans la vie des dizaines de personnes y travaillant auparavant, ne serait-ce que pour l'entretien des jardins dits à "la française".

     

    Cette douceur de vivre, rien ne nous empêche de la retrouver, de la vivre dans un vrai lien avec la nature, avec le cycle des saisons.

     

    image prise ici

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

    Ci-dessous un extrait de "l'Allée du Roi" de Nina Companeez avec Dominique Blanc,

  • "La lecture ça sert à rien"

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    littérature, société, politique, culture, école, enfance, amaury watremezQuand je fais visiter ma bibliothèque à des jeunes je leur demande toujours :

     

    "A quoi ça sert de lire ?" en rajoutant aussitôt après que c'est une question piège.

     

    Comme je fais cela dans un quartier bourgeois où les enfants sont bien élevés en général, ils sont tout  gentils, tout calmes et bien polis, et très scolaires, et me répondent généralement bien gentiment tout ce qui leur a été soufflé précédemment par leurs enseignants de Lettres. A savoir lire, ça permet de développer le vocabulaire, d'apprendre les conjugaisons etc...

     

    Il est très rare que l'un d'eux me dise que lire est pour son plaisir personnel, qu'il ouvre un livre par goût. Lire pour eux c'est une corvée imposée par l'école, un passage obligatoire pour obtenir une bonne moyenne et faire les études que l'on souhaite en répondant à tout ce qu'implique les obligations engendrées par le paradigme social en vigueur en 2018.

     

    Je leurs répond toujours de manière un peu provocatrice que lire dans l'absolu ne sert strictement à rien d'immédiatement quantifiable, mesurable avec une règle ou un pied à coulisse, que l'on peut très bien vivre et mener son existence en étant parfaitement et complètement inculte. Et Dieu sait qu'il y en a des ignares. L'inculture contrairement à ce que les ignorants prétendent (ils pensent avoir trouvé la parade ultime) n'est pas quelque chose de subjectif qui découlerait des "humanités" que Bourdieu appelait "bourgeoises" avec mépris, ou une question de "goûts et de couleurs". Rien de plus objectif que l'inculture et son corollaire habituel : la sottise "à front de taureau".

     

    Comme ce que l'on gagne en lisant n'est pas immédiatement mesurable, et donc pas contrôlable réellement, notre société déteste et fait mine de mépriser. En dehors de la figure du "nerd" ou du "geek" rendue sympathique ces derniers temps, celle de "l'intello" l'est toujours aussi peu dans les médias, dans la pub et les fictions en général. Le "méchant" des films d'action est le plus souvent un sale type lettré qui cite de la poésie avant d'exposer son plan machiavélique au héros, ou qui pose sur son fauteuil de salaud diabolique devant ses belles reliures tout en caressant son chat langoureusement. Le lecteur affirmé, avéré, est soit un prétentieux soit un pervers, c'est sûr et certain dans beaucoup d'esprits.

     

    Je demande d'ailleurs aux jeunes ensuite pourquoi "intello" est une telle insulte pour eux. Pourquoi on l'entend même dans les cours d'établissements scolaires très chics ? Ils sourient un peu, ont des attitudes gauches, ils ne savent pas trop quoi dire, la docilité au paradigme social leur ayant été martelée depuis leur plus petites enfance. On me dira que cela a toujours un peu existé, que la culture -je parle de la vraie pas celle qui fait dans l'épate bourgeois- a toujours été réservée à un petit nombre de personnes finalement, consentantes. La culture n'a pas à voir avec les diplômes, l'instruction ou les études mais surtout avec l'appétence de la personne ayant envie de s'élever, de grandir dans le savoir...

     

    Curieusement, je m'en étonne toujours, elle provoque chez la grande majorité des gens un complexe d'infériorité ahurissant alors que dédaignée apparemment ou très relativisée. Ce n'est pas si grave au fond car cela montre finalement qu'elle est toujours importante d'une manière ou d'une autre dans les esprits.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Enseigner l'Histoire : enjeu politique majeur

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    Histoire, politique, société, enseignement, amaury watremezL'enseignement de l'Histoire, tout comme celui des Lettres, est fondamental dans la construction d'une nation, du lien entre les individus qui se rapportent aux mêmes événements, aux mêmes moments de courage et de grandeur, et qui parlent -normalement- tous le même langage. Ce sont des enjeux éminemment politiques et les idéologues, les porteurs de bonnes intentions creuses l'ont bien compris, en sapant progressivement la transmission jugeant de l'Histoire commune comme quelque chose de poussiéreux.

     

    Certains tenants de la doxa politiquement orthodoxe de l'époque pensent que les nouveaux programmes d'Histoire sont en somme paternalistes...

     

    On s'était dit aussi que les z-élites allaient vers plus de lucidité en entendant Giscard regretter le regroupement familial (voir à ce lien), Merkel reconnaître l'échec patent du multiculturalisme (voir ici), Gérard Collomb jouer les prophètes de mauvais augure (voir ici) et Martine Aubry ouvrir les yeux sur les "quartiers". On s'était dit que c'était pas mal, on avait même espéré que leur regard se dessille totalement et qu'ils soient totalement lucides. On rêvait tout debout et "on" est con comme il se disait avant, dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, tout ça, donc avant les mirifiques réformes de l'enseignement du français...

     

    Et voilà que je tombe sur cet article qui est loin d'évoquer un cas isolé, la plupart des bons apôtres persistent et signent contre l'évidence dans leur refus entêté et stupide de voir la réalité en face.

     

    Laurence de Cock, une "intellectuelle", je suis certain que c'est vrai si elle le dit, le dit dans un article de "Libération" (voir à ce lien), les programmes d'Histoire ne sont pas assez divers, pas assez féministes, bref ne sont pas encore suffisamment dans le masochisme mémoriel constant et une auto-flagellation. Et si je saisis bien son point de vue, les programmes ne se rattachent pas assez au présent. Car dans son esprit comme dans celui de tous les bien-pensants, de tous les bourgeois pédagogues, le seul intérêt de l'histoire est de démontrer le bien-fondé de leurs thèses, de leurs opinions.

     

    Et rien d'autres. Ils se comportent comme les missionnaires auparavant finalement, des prêcheurs. Seul compte le présent, un présent perpétuel qui dure depuis 1789 et un peu plus depuis 1945.

     

    On extrait deux ou trois grands personnages comme des archétypes, que l'on caricature au dernier degré, que l'on simplifie, qui jouent le rôle soient des méchants, soient des gentils. On pourrait parler de "fierté homosexuelle" au XVIème siècle, de la diversité dans la France du XVIIème siècle, de multiculturalisme dans la France de Saint Louis, de féminisme au temps des croisades. Parler d'histoire intelligemment, à savoir, en faisant de l'Histoire quoi, serait conservateur, suspect d'intentions inavouables.

     

    Le problème des personnalités comme Laurence de Cock ce n'est pas tant ce qu'elle exprime (après tout elle en a le droit) que le pouvoir dont elle et ses semblables disposent encore sur l'ensemble du peuple. Un pouvoir de sidération dirais-je. Un pouvoir tenant dans des menaces vagues de judiciarisation de toute contradiction, de mise en doute de celle-ci systématique ou comme relevant d'une nostalgie des totalitarismes du XXème siècle.

     

    Ils peuvent encore menacer l'un, éloigner l'autre, intimider, contraindre la parole par diverses pratiques niant toute pluralité en politique. Pendant que l'intégrisme religieux islamiste le plus obscurantiste progresse partout dans ce pays. Ce dont ils n'ont cure, ce qu'ils ne veulent pas voir.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Fermer sa gueule ou pas ?

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    Lire et relire la "Lettre à Manu" à ce lien

     

    lettremacron.jpgNos ancêtres avaient la dent beaucoup plus dure que nous contre les puissants et les bourgeois, contre les riches et tous les nantis. On l'oublie trop souvent. Il faut voir la violence des libelles contre les rois, les nobles et certains ecclésiastiques depuis la Renaissance jusqu'à la Révolution. Et "le Canard Enchaîné" ou "Charlie Hebdo" de 2018 sont d'aimables bulletins paroissiaux bien sages à côté entre autres de "l'Assiette au Beurre". Certains grands écrivains, particulièrement les "dandys" comme Barbey d'Aurevilly ou Oscar Wilde sont réputés pour leurs bons mots vachards dont on se régale encore maintenant.

     

    Souvent, l'offensé demandait le règlement de la moquerie sur le pré à cinq heures choisissant soit l'épée, soit le pistolet. Notre époque est largement plus policée, on y est plus docile face aux puissants. Quant à la verve des satiristes elle s'est considérablement aseptisée. Il faut dire que la judiciarisation constante des pseudo-offenses envers telle ou telle communauté, les accusations de racismes ou de quoi que ce soit en 'phobies" n'aide pas les adeptes de la dérision à en faire preuve, sans parler de la violence terroriste, de la haine et de la connerie islamistes.

     

    Dans les instructions officielles afin de traiter de la caricature on affirme encore bien fort qu'il s'agit là d'un privilège de notre démocratie tout en insistant par ailleurs très vite sur les limites qui devraient être fixées au sens de la dérision. Ce que l'on peut trouver parfaitement absurde. La dérision, à ne pas confondre avec l'injure bête et gratuite, n'a pas de barrières.

     

    Michel Onfray a rédigé dernièrement une petite lettre-pamphlet bien sentie et très bien troussée à l'intention d'Emmanuel Macron (voir à ce lien). Il évoque dans celle-ci le contentement évident - son ravissement - du président à poser avec les deux antillais sur la photo dite "du doigt" à saint Martin, il rappelle aussi celle faite à l'Elysée avec des "artistes" durant la Fête de la Musique. On y pouvait constater sa félicité évidente d'être si bien entouré à ses yeux. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Or, pour les bien-pensants habituels décrire juste une évidence c'est être homopbobe (dont un arbitre des élégances morales écrivant dans "les z-inrocks", voir à ce lien).

     

    Mais en quoi ? Il n'a fait que constater une chose éminemment constatable à moins d'être soit très naïf, soit ancien pensionnaire du couvent des oiseaux. Quoi que même là-bas, dans ce genre d'établissements si les murs des dortoirs non mixtes accueillant des pensionnaires de bonne famille pouvaient parler ils en auraient des choses à dire. Curieusement, les cris d'orfraie contre Onfray (on note l'allitération) viennent comme d'habitude de partisans effrénés à les entendre de la liberté d'expression, à condition bien sûr de penser comme eux. Leurs contradicteurs sont forcément soient fascistes, soient nostalgiques des nazis ou de Vichy, pas d'alternative.

     

    On connaît le refrain...

     

    Comme ils savent que cela n'empêchera pas Onfray de s'exprimer ils le censurent sur la télévision et la radio publiques mais pas seulement, l'accusant comme à leur habitude de "propager la haine" de rappeler les fameuses "z-heures les plus sombres de notre histoire" ainsi qu'ils l'ont fait pour Zemmour. On ne sait pas, ce genre de méthode Coué, ça peut fonctionner ? Tout ce qui pourrait compromettre la docilité des populations est mauvais en soi finalement. Comme soupape, comme "minute de la haine perpétuelle", il y a le net et les forums politiques où le citoyen-consommateur est libre de se défouler jusqu'à un certain point...

     

    S'il lui prend l'envie de l'indépendance, il lui en coûtera très cher...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Pour en finir avec les geeks

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    geek, culture pop, société, adulescent, politique, feuilletons, amaury watremezCe n'est pas que je n'aime pas la "pop culture" que chérissent les "geeks" et autres "nerds". Bien au contraire, j'aime beaucoup certaines vieilles séries télé que l'on peut regarder avec la "suspension d'incrédulité" que les enfants pratiquent sans réfléchir. Que des effets spéciaux soient rudimentaires n'a en fait aucune importance si le spectateur croit à l'histoire, si celle-ci est bien racontée. Mais certaines de ses vieilles séries que l'on trouve toutes sur internet, pouvant vivre

     

    J'aime bien aussi la bande dessinée, en particulier l'anglo-saxonne, mais de là à sombrer dans des fixettes et autres lubies à leur sujet il y a un abîme. Le geek sait quel est le modèle de tournevis sonique que le Docteur Who a à la main dans le comic book dessiné par Dave Gibbons en 1974. Il a cru remarquer que dans les premières minutes du troisième "Star Trek" cinématographique Kirk a son insigne plus à droite sur son uniforme qu'à la fin du long métrage. Il a tous les manuels pour faire voler les dragons et les vaisseaux spatiaux de "Star Wars" dont il connaît les plans par cœur,

     

    Des savoirs fondamentaux à n'en pas douter. Pour le "geek" ses compulsions télévisuelles ou cinématographiques sont sacrées. C'est plus que tout, c'est important. Et ça le relie à son enfance alors qu'il est coincé dans un corps d'adulte qui vieillit...

     

    Le "geek" regarde "Games of Thrones" parce que c'est un "Seigneur des Anneaux" avec du sexe dedans et des nudités en "full frontal".  Il adorait également "Breaking Bad" parce qu'il pouvait croire alors qu'un type comme lui, un binoclard, pouvait devenir un truand, un dur de dur, un homme un vrai, un mâle alpha. C'est toute la culture qui se "geekise" et qui met au même niveau Proust, Céline et Georges R. Martin (l'auteur du "Trône de Fer). Alors que culturellement ce n'est pas tout à fait la même chose bien que l'on puisse trouver les livres de ces auteurs dans les mêmes rayons à la FNAC.

     

    C'est en fait toute la culture qui est vampirisée par les "geeks" ou toute œuvre se doit d'avoir ses gadgets en relation, ou "goodies" en langue geek, voire son jeu vidéo, ses dessous de plats, ses "mugs" etc....

     

    Plus grand monde ne reconnaît de hiérarchie réelle dans les goûts culturels en affirmant le poncif habituel : "tous les goûts sont dans la nature". Alors que celle-ci existe et que l'inculture n'est pas quelque chose de subjectif, un "sentiment". Lire Stephen King avant ou la saga "Harry Potter" ou toutes les dystopies (contre-utopies) adolescentes à la mode en ce moment ce n'est déjà pas si mal me dira-t-on. Au moins cela permet que beaucoup de jeunes continuent à lire. Mais Rien ne leur interdit de passer à l'étape supérieure et de lire de la littérature un peu plus exigeante intellectuellement, de celle qui fait mûrir et qui ne cantonne pas le lecteur à un rôle d' "adulescent" perpétuel.

     

    Ce que sont beaucoup trop de grandes personnes de nos jours vivant dans un perpétuel présent, celui de leur post-puberté.

     

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    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

  • Ce qui se profile derrière la démission du ministre de l'Intérieur

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    démission gérard collomb, société, politique, immigration, insécurité, amaury watremezJe m'étonne grandement qu'à droite, ou à droite de la droite, on ne salue pas plus les déclarations de Martine Aubry et de Gérard Collomb sur l'Insécurité. Même si ce que dit la première est sans doute motivé par des considérations électoralistes, même si elle fait partie des responsables du désastre, elle franchit un cap, et brise un tabou de gauche, un tabou qu'il ne faut surtout pas évoquer sous peine d'excommunication politique instantanée dans le camp des bien-pensants (voir à ce lien). C'est un signe fort.

     

    Et quand à l'insécurité, aux "incivilités" (selon le terme pudique des officiels) toujours plus graves et plus nombreuses, il me semble que cela est bien au-dessus de tous les clivages, que rester empêtré dedans en se réjouissant qu'Aubry soit en difficulté dans sa ville pour ces raisons est idiot. On ne sera pas trop de toutes les bonnes volontés pour combattre ce fléau, de droite comme de gauche. Et elle a raison, dans beaucoup trop d'endroits en France, les populations ne vivent pas selon nos valeurs, encore moins selon nos lois.

     

    Même si ce que dit le second ressemble un peu à un "après moi le déluge" il a dit hier la triste vérité concernant le fameux "vivrensemble" et la "diversité". Ni l'un ni l'autre n'ont de chair ou n'existent. De "côte à côte" nous allons sans doute bientôt vivre "face à face", dans l'affrontement qui n'est pas vraiment incertain. Et l'ancien ministre cite ensuite la question gravissime des bandes organisées, des dealers et autres truands qui tiennent les "quartiers" en coupe réglée par la peur et l'intimidation (voir l'intégralité de son discours à ce lien).

     

    Il a finalement reconnu l'impuissance totale des politiques dits "républicains", la bonne blague de l'intégration, ni plus ni moins. Mais bien entendu, on peut toujours se gorger de belles paroles à ce sujet...

     

    Ce qui arrive est loin d'être entièrement de sa responsabilité ou même de celle du président actuel. Certes les clichés catastrophiques où il pose à côté de "diversités" peu fréquentables n'arrangeront en rien les choses. Mais penser par exemple que Laurent Wauquiez, qui a été ministre et qui est responsable régional ferait mieux, ou un, une autre, n'a pas de sens. C'est une longue suite de renoncements progressifs, de lâchetés continuelles, de compromis inacceptables où l'on a abandonné les "quartiers" aux caïds, aux islamistes, qui n'auraient jamais dû être faits. Que ce soit Sarkozy, Hollande, Chirac et Mitterrand, voire Giscard, ils sont tous impliqués, tous coupables. A divers degrés.

     

    Alors on peut continuer à se complaire dans le jeu des chaises musicales entre la gauche et la droite, acclamer l'un un moment, puis l'autre le moment d'après, ou alors on peut aussi ouvrir les yeux et s'impliquer afin que les choses changent. Car si les politiques sont responsables les citoyens le sont aussi. Combien de gueulards, de va-t-en guerre, sur les réseaux sociaux, sur les forums, sur le net en général laissent passer dans la vie ce qu'ils ne devraient pas ? Pour la paix civile eux aussi...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

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  • Pétillon est mort : Jack Palmer reprend l'enquête

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    Voir ici le générique de l'adaptation en animation des enquêtes de Jack Palmer

     

    René Pétillon, société, bande dessinée, politiqueJack Palmer, le détective le plus nul de Paris, attendait dans son bureau qu'un de ses clients, sans doute inconscient, vienne le voir pour lui demander d'enquêter sur un vol de bijoux, l'enlèvement d'une pop-star, les attentats en Corse, l'assassinat de Kennedy à moins que ce ne soit pour assurer la protection d'un top-model. Palmer avait tout les attributs de l'archétype immortalisé au cinéma par Bogart, le trench-coat, le feutre mou mais c'était un nabot. Palmer ne pouvait pas mettre les pieds sur son bureau d'un air dégagé, il avait les jambes trop courtes.

     

    Et il ne valait mieux pas lui confier une arme, Soit il tuait la personne qu'il était chargé de protéger, soit il se blessait...

     

    Palmer était une création de Pétillon, un demi-Columbo mais qui ne résolvait les énigmes qu'on lui soumettait que malgré lui ou totalement par hasard. Palmer est improbable, c'est un personnage de cartoon égaré dans un univers réaliste, un « privé » qui ne tient pas l'alcool et qui est nul avec les femmes. René Pétillon venait de mourir à 72 ans il y a quelques jours. Pour le micro-détective c'était un crime c'est certain. Et il allait enquêter dessus !

     

    Mais qui avait tué ?

    Les pisse-froids, les donneurs de leçons, les moralisateurs ?

    Les comiques nuls ?

    Tous les imbéciles se prenant au sérieux détestant de plus en plus la satire et qu'on se paie leur tête dans les grandes largeurs ?

     

    Car !Pétillon était aussi dessinateur satirique dans divers journaux, il faisait preuve de mauvais esprit. D'un trait au départ inspiré par les dessinateurs de « Mad » comme beaucoup (un dessin hyper-fouillé, des détails dans tous les coins, une lecture forcément au second degré) il était passé à un dessin beaucoup plus épuré. Palmer ne comprit pas ce mot, il en nota la signification dans un carnet en parlant de me faire signer un contrat en « bonnet duform » pour devenir son traducteur attitré bien que lui affirme préférer les contrats en « feutre stetson », je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire.

     

    Nous allâmes boire un coup au café du coin et le cafetier dit bonjour au détective en l'appelant « monsieur Bardou », Palmer m'expliqua qu'il buvait sous couverture, il avait les yeux plissés dans une mauvaise imitation de Clint Eastwood, il m'expliqua qu'il était bien obligé à cause des risques fous qu'il prenait dans son métier. Je le soupçonnais d'avoir plutôt une « ardoise » conséquente quand je vis le patron revenir avec une note conséquente dans la main...

     

    Ce fut à cet instant que Palmer prétextant une enquête urgente m'embarqua vers la sortie dans sa 4L pourrie que nous utilisâmes en trottinette pour échapper aux vociférations du bistrotier. Je convainquais le détective de ne pas sortir son revolver du sac Tati qu'il s'entêtait à trimballer partout comme « camouflage ». Je le quittais là. J'appris quelques jours plus tard, prenant de ses nouvelles que Palmer s'était enrhumé alors qu'il avait pris la ministre d'Emmanuel Macron Marlène Schiappa en filature...

     

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    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

  • Le ciné de Charles

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    cinéma, société, aznavour, hommage, mort, amaury watremezSi j'aime bien quelques chansons d'Aznavour, j'ai largement tendance à le préférer au cinéma....

     

    Il promène sa gueule caractéristique dans de nombreux films "noirs" des années 50-60, son accent de "titi" parisien pur sucre, son physique faussement frêle car il jouait toujours des "hommes" des durs. Il disait très bien aussi les dialogues d'Audiard. Il les avait en bouche aussi bien que les autres habitués du "petit cycliste". Celui-ci, faux dilettante, avouait d'ailleurs s'inspirer des expressions originelles  des acteurs et les utiliser pour leurs personnages. La plupart des répliques de Ventura et Blier dans "les Tontons Flingueurs" sont des phrases que l'un ou l'autre a dit auparavant dans des contextes bien entendu différents...

     

    "Éparpillé par petits  bouts façon puzzle" par exemple, c'est de Blier, "il commence à me les briser menu" c'est de Ventura aussi à la base, ou "tu veux quand même pas qu'on forme une amicale", réplique qu'il lance à Annie Fratellini dans "La métamorphose des cloportes" également...

     

    Dans "Tirez sur le pianiste" de François Truffaut, d('après David Goodis, polar bavard qui se la raconte un peu, Charles est le seul intérêt du film avec la merveilleuse Marie Dubois. On me rétorquera que c'est déjà pas mal, mais ce film noir qui nous dit, nous hurle, qu'attention le réalisateur n'est pas dupe des ficelles du film de genre qu'il entend déconstruire, tout ça, ne m'enchante pas. Et certes bien sûr il y a aussi la scène avec Michèle Mercier au début de l'histoire pour la bonne bouche et l'anecdote gauloise. Je crois que l'on est en droit de préférer "la mariée était en noir", plus sobre, plus "à l'os". C'est Charles qui dans "un taxi pour Tobrouk", film de guerre inoubliable et pacifiste dans le meilleur sens du terme, qui dit la réplique immortelle :

     

    "Deux intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche"....

     

    Dans "La métamorphose des cloportes" d'après Boudard, il est Edmond le copain d'enfance d'Alphonse qui finit par le trahir par trop de rancœur et de jalousies accumulées. Edmond, c'est le copain petit dur à carrure d'ablette, le petit voyou qui ne s'en laisse pas compter mais qui reste le petit qui a besoin d'un grand pour être protégé. Après avoir essayé de jouer la comédie de l'apaisement, du brave type transformé par la spiritualité indienne et tout le tremblement, Edmond finit par cracher son dépit à Alphonse qui le retrouve dans un petit pavillon meulière après avoir fait quelques années de "cabane" à cause de lui et qui veut lui casser la figure mais qui n'aura finalement pas à se donner cette peine.

     

    Et bien sûr il est le "petit" Kachoudas dans "Les fantômes du chapelier" (voir à ce lien) de Claude Chabrol d'après Simenon, le petit tailleur plus courageux que les tous les fiers-à-bras qui ose montrer à l'assassin Serrault qu'il le surveille, qu'il l'empêchera de commettre d'autres meurtres. Après ce film il ne tourna pas grand-chose de notable excepté un petit rôle dans "le Tambour". Quand je regarde ces films j'ai toujours l'impression que Charles est un de mes oncles parigots, un oncle de rêve, un de ceux que l'on sent un peu fragile derrière la carapace...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration  empruntée ici

  • Petit(s) hommage(s) à Aznavour

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  • Martine découvre le communautarisme

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    martine aubry, immigration, société, politique, migrants, sécurité, amaury watremez, lilleIl est facile d'ironiser sur la déclaration que Martine Aubry, la maire de Lille, a faite sur certains quartiers qui ne sont plus en République (voir à ce lien) et qu'elle en avait parlé à Gérard Collomb. On sait bien qu'il y a certainement derrière l'intention de récupérer l'électorat qui vote dorénavant FN. Mais si elle elle le dit même pour ces raisons, elle la chrétienne de gauche, c'est que la situation doit être vraiment gravissime. Et qu'elle le dise montre aussi qu'une partie de la gauche commence lentement -il serait temps- à ouvrir les yeux sur les conséquences de sa propre politique menée depuis plus d'une quarantaine d'années. Elle a raison de fait, dans ces endroits nos lois, nos valeurs n'ont plus cours.

     

    Et c'est de notre faute.

     

    On nous cite toujours lorsque l'on évoque ce problème des cités les exceptions confirmant la règle, les professeurs encore dévoués, les éducateurs encore tous à leurs tâches malgré des salaires que l'on en est droit de trouver indécent. On nous demande des chiffres en réponse, des éléments statistiques alors que les statistiques ethniques sont interdites en France. On compare la délinquance des "blousons noirs" des années 50-60 à celle des "lascars" de cité. D'aucuns comme Samuel Laurent osent le rapprochement entre la brute rappeuse ayant pondu ce texte sur la pendaison des blancs et Brassens. Et puis de toutes façons c'est un fait entendu, tous ceux mettant en garde contre la montée des communautarismes, des revendications obscurantistes sont des racistes.

     

    Quand on ne laisse pas entendre qu'ils sont bons à psychiatriser...

     

    Dans les quartiers règne la loi du plus fort, la haine aveugle et brutale, la violence absoluée, celle du "business" de la drogue et autres trafics qui permet aux habitants des "cités" de consommer allègrement les produits vendus dans les zones commerciales qui sont toujours à proximité des immeubles. Tant que ça fait marcher la consommation, d'où vient l'argent n'a aucune importance n'est-ce pas ? Le système vendra la corde pour se faire pendre. La loi de ces "affaires" est une loi d'airain, très dure, personne ne peut prétendre y échapper. Cela commence par l'intimidation qui fonctionne à chaque fois, car la police n'intervient plus depuis longtemps : On les comprend, nous ferions-nous trouer la peau pour 1800 euros par mois nets ?. Les quelques "toubabs" ou "koufars" qui restent on les met au pas rapidement. Beaucoup devancent cette mise au pas en faisant le ramadan, en étant plus royalistes que le roi du Maroc en quelque sorte.

     

    Et puis quant aux éducateurs, ils n'ont pas envie qu'on leur crève les pneus s'ils se montrent un peu trop fermes...

     

    Je ne parle même pas ici de tous les "natios" et souverainistes enflammés que l'on peut lire, surtout sous pseudo, sur le net. Dans la vie, et c'est normal, c'est humain, ils sont moins exaltés, moins radicaux. Il faut bien vivre, et, ou survivre dans des environnements difficiles, de plus en plus. Il faut bien aller au travail, gagner sa croûte malgré une situation clairement de plus en plus tendue pour une seule raison. Tout le monde s'est satisfait pendant des décennies des grandes déclarations de bonnes intentions, bien lacrymales, bien gentilles aussi. Mais personne ne s'est soucié de savoir si ces populations s'intégraient ne serait-ce qu'un minimum à notre pays, des populations dont les modes de vie et valeurs témoignent surtout ne serait-ce qu'à leur arrivée de la sottise obscurantiste la plus crasse, de la loi du plus fort, du plus riche...

     

    ...Et le fait que cela ait existé en France supposément n'est pas une excuse.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

    illustration empruntée ici