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  • Des solutions à la crise morale

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    société, agriculture, culture, politique, écologie, développement, amaury watremezNotre société se croyant tellement avancée, tellement moderne traverse une grave crise morale, sans précédent, certainement la pire de son histoire. Elle affecte tous les aspects de notre vie et crée une aliénation à laquelle il est compliqué de remédier. La plupart des personnes sentent bien qu'elles vivent mal, sentent bien que beaucoup de choses -intangibles- leur manquent. Il ne s'agit pas de creuser bien loin :

     

    Je parle de l'alimentation, de la vie quotidienne, des habitudes déplorables prises très tôt, de l'addiction à des objets connectés qui s'ils sont des outils formidables ne doivent pas prendre trop de place. Je parle aussi du déni de l'histoire, de la littérature, de tout ce qui au fond peut mobiliser les individus vers plus d'indépendance d'esprit.

     

    Je ne suis pas le seul à faire ce constat sur tout le spectre de l'éventail politique on trouve des personnalités lucides dont les constats se rejoignent tous, de Jean-Claude Michéa à François-Xavier Bellamy en passant par Michel Onfray ou Christophe Guilluy. Sociologue, géographe, philosophe, ils en tirent tous les mêmes conclusions.

     

    Cette aliénation nous fait oublier un aspect fondamental de notre récit national, nous concernant collectivement, la France était un pays essentiellement rural, un pays où la terre devrait être le premier des patrimoines à protéger (voir celui de l'Europe, voir à ce lien l'initiative « People for soil » et la pétition qui s'en était suivie en 2017). Quand on lit le journal de Paul Léautaud, quand j'écoutais mes grands parents parler de leur enfance, même Paris était une grande ville paysanne, Montmartre était un village et personne n'oubliait ses liens avec la nature.

     

    Pourtant, dans les années 60-70, la grande industrie a encouragé le regroupement des parcelles et le développement d'une culture intensive dépensière en capitaux, en gas-oil, en maintenance, et donc impliquant un endettement maximum des agriculteurs. Certains actuellement gagnent à peine un RSA en travaillant beaucoup plus que 35 heures par semaine.

     

    Ceux qui n'y arrivent pas sont donc condamnés à remplir les rangs du « lumpenprolétariat » le plus précaire.

     

    Pourtant les solutions existent. Elles nécessitent bien entendu un discernement sur ses envies, ses capacités et sur notre perception du réel car elles supposent des efforts dont nous n'avons plus l'habitude et plus de patience que dans notre « Barnum consumériste » (TM°) adepte de l'immédiateté absolue. Celles-ci existent en dehors de tout discours politique ou idéologique, de tout enrobage intellectuel qui est souvent le fait d'ailleurs de bourgeois pédagogues qui idéalisent la campagne et une vie qu'ils seraient pour beaucoup incapables de mener. Ce n'est pas comme dans une pub de jambon sous vide...

     

    Combien de « retours à la terre » désastreux pour des ménages qui n'y avaient pas beaucoup réfléchi ! Et qui finissent par faire le spectacle pour des voisins qui s'en seraient bien passé...

     

    Il y a « le potager du paresseux » de Didier Helmstetter (voir à ce lien), une de ses idées parmi d'autres. Il préconise en effet beaucoup plus que cela, suggérant de revenir à une culture avec beaucoup moins de machines et qui permettent justement aux agriculteurs de vivre décemment, de revenir à des gestes anciens, des techniques pratiquées par nos ancêtres, de laisser du temps à la nature...

     

    Son « potager du paresseux » est cependant intéressant pour les familles, les ménages, tous ceux se souciant de vivre de manière équilibrée sans pesticides, sans engrais, sans travailler la terre à outrance, la tournant et la retournant en la maltraitant à outrance. Il tond l'herbe d'une prairie et recouvre la partie du terrain de foin, l'herbe en pourrissant nourrit et attire les vers de terre, ce qui la fertilise. La balle de foin vient d'un agriculture voisin, elle ne présente pas les risques de la paille ou du Bois Raméal Fragmenté (des branches d'arbres broyées) qui permet cependant d'économiser le foin en ayant juste un broyeur chez soi, le BRF convenant mieux à certains végétaux. Il est composé des parties les plus riches en nutriments pour la terre de l'arbre (voir la définition complète à ce lien).

     

    Cette technique permettrait aux particuliers de se nourrir sainement et intelligemment, en respectant le cycle des saisons, avec des efforts physiques minimum, de vivre sur leur production voire même d'en vendre une petite partie pour les plus doués. Bien sûr, cela suppose de se baisser, d'abandonner toutes les habitudes de facilité (prendre la nourriture sur les rayons du supermarché, payer en caisse des fruits et légumes sur-traités), de ne pas être paresseux justement.

     

    Bien entendu, profitant de l'aliénation des populations, de leur mal-être certains ainsi que le rappelle Didier Helmstetter, en profitent pour gagner de l'argent sur le dos de naïfs ne connaissant rien au jardinage et à l'agriculture. Ces charlatans laissent entendre que n'importe qui peut gagner un SMIC en se débrouillant bien sur une toute petite surface cultivable. Sa méthode ne tombe pas non plus dans l'écueil de la « permaculture » qui est une idéologie forgée dans les années 70 (voir à ce lien plus de détails). Elle naît avec le livre « Perma-Culture 1, une agriculture pérenne pour l'autosuffisance et les exploitations de toutes tailles » de Bill Mollison et David Holgren. Leur discours est teinté de toutes les idées « new age », d'un syncrétisme spirituel un peu pénible, toutes choses inutiles car il s'agit juste d'être pragmatique...

     

    En parlant de pragmatisme, je terminerai cet article en présentant l'initiative BRF 276. Celle-ci rejoint les initiatives et projets comme ceux de Didier Helmstetter et certains ingénieurs agronomes en évoquant l'utilisation du BRF pour la plupart des culture plutôt que des machines agricoles trop chères, et là encore sans pesticides, sans glyphosates d'aucune sorte, avec un rendement aussi important pourtant (voir les vidéos à ce lien). Il faut juste sortir du moule, des schémas imposés, des idées prêtes à penser sans se soucier de correspondre à tel ou tel camp politique, ni néo-pétainiste, ni écolo, ni baba-cool adorateur de Gaïa.

     

    Je songe aussi à ce rêve de mon grand-père paternel qui avait imaginé pour l'Aisne un semis de petites exploitations sur lesquelles des populations précaires auraient vécu largement mieux qu'en allant se paupériser à tous les niveaux, dont culturel et intellectuel, dans les grandes villes. Il rêvait, il n'avait pas pris en compte que son projet supposait de faire des efforts ce à quoi beaucoup encore maintenant ne sont pas prêts. Mais tout n'est pas perdu, les solutions existent, elles sont là, à nous d'en faire quelque chose, de reprendre la main...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    illustration empruntée ici

    (Camille Pissarro la cueillette de pommes de terre)

  • La démocratie en 2018

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    politique, démocratie, élections, société, amaury watremezIl n'est pas rare maintenant que beaucoup lors des élections, en cas de victoire du candidat adverse, parlent d'élections truquées, bien entendu, sans preuves ni chiffres, ni faits. Alors que la réalité est simplement qu'ils sont passifs face aux gouvernants. D'autres encore se justifient de ne pas faire leur devoir civique qui dans d'autres pays peut conduire à la peine en arguant que cela ne sert à rien de se déplacer. C'est certain, s'ils ne bougent pas, s'ils ne votent pas, rien ne changera. Il en est encore qui évoquent le fameux gouvernement secret du pôle Nord, ou Sud, je ne sais jamais, pour se justifier dans leur apathie. Car les citoyens en 2018 sont le plus souvent apathiques.

     

    « L'épaisse sottise démocratique » est de plus en plus épaisse et molle...

     

    A quelques exceptions notables bien entendu. Ces exceptions ont le droit à un contrôle fiscal pour les calmer, à l'une ou l'autre admonestation, ou alors sont rangées dans le camp des « populistes », cette appellation fourre-tout bien utile au pouvoir et ses larbins. D'ailleurs chez ces « populistes » personne n'a compris l'utilité de s'unir, ou c'est juste que ceux-ci jouent leur partition et sont dans leur « emploi » de comédie pour complaire au pouvoir.

     

    Ou alors d'autres paresseux du bulletin de vote trouveront bien l'un ou l'autre bouc-émissaire comme excuses. C'est pas de ma faute si rien ne bouge, c'est de la faute des autres. Et tous de hurler régulièrement au déni de démocratie, aux atteintes à la liberté d'expression quand on les empêche d'injurier leurs têtes de turcs favorites, de voter blanc alors que le vote blanc n'est pas reconnu. Ce n'est pas très sérieux, car les vrais responsables ce sont les populations qui n'ont au fond pas réellement envie de se libérer. Ce n'est pas non plus les « chaînes » facebook (TM°) ou d'autres réseaux sociaux que comme d'autres je reçois régulièrement qui changeront quoi que ce soit.

     

    Ou arborer un gilet jaune le 17 novembre, là on imagine de suite la peur panique du pouvoir en place, la terreur de Macron et ses thuriféraires !

     

    Faire circuler une info c'est bien mais la circulation de celle-ci ne changera rien si ce n'est pas suivi d'effet immédiat dans le réel. Quand nos ancêtres apprenaient la mise en place d'une injustice ou d'une autre, beaucoup quittaient derechef leur confort et faisaient ce qu'il fallait. Ils laissaient en plan leur travail, leur famille, leurs amis, prenaient les armes, souvent se faisaient trouer la peau. C'est en partie grâce à eux que nous disposons du suffrage universel direct.

     

    Il suffit de toutes façons prendre le train de banlieue, n'importe quel train en fait, pour se convaincre de la superficialité de ce système que nous devons pour les hommes au moins à nos ancêtres de 1848 (pour les femmes un siècle plus tard en 1945) . Ce n'est pas que je me mets au-dessus des autres, que je m'imagine supérieur. Mais ce type qui écoute du rap à fond, cet autre qui parle dans son gadget comme s'il était sourd, cette dame qui fixe obstinément le plan des transports en commun pour ne pas avoir à croiser le regard des voisins, ces jeunes le nez fixé sur leur smartphone pour éviter toute interaction sociale, qu'on ne me dise pas qu'ils voteront en leur âme et conscience après avoir soigneusement épluché, lu et analysé les programmes des candidats aux élections. Sans parler de cette foule qui quel que soit le milieu social est prête on le sent à écraser l'autre pour rentrer plus vite dans le wagon, ou en sortir. Le règne du « moi d'abord ».

     

    Certains parmi eux se souviendront d'une des blagues de Coluche sur la démocratie ;

     

    « La dictature, c'est "ferme ta gueule". La démocratie, c'est "Cause toujours ».

     

    Coluche qui faisait ses blagues et appelait à voter pour un revenant cynique de la IVème République après sa candidature gag en 1981, d'autres se rappelleront de ce que disait Desproges dans « le manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis » :

     

    « Par exemple, l'enfant croit au Père Noël. L'adulte non. L'adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote.  »

     

    La démocratie existe toujours en 2018, mais personne ne s'en sert vraiment, ne veut aller jusqu'au bout, pour une seule raison, la peur terrible de perdre tout ou partie de son confort matériel et intellectuel. C'est la raison pour laquelle la majorité obéit aux injonctions pseudo anti-fascistes depuis quelques décennies déjà...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    illustration prise ici

  • Témoignage de prof trouvé dans une bouteille rejetée par la mer

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    marquise.jpgJ'ai trouvé ce témoignage dans une bouteille rejetée par la mer.

    Je le publie tel que...

    #pasdevague

    J'ai été professeur en Lettres-Histoire en ZEP de 2001 à 2014, j'ai vu croître et prospérer le problème chaque année un peu plus. Je me suis aperçu à quel point c'était devenu grave le jour où j'ai tenté de passer "Rabbi Jacob" à mes élèves. Des réactions violentes, haineuses d'une abjection sans bornes et ce malgré tout les litres de guimauve déversés depuis des années par l'administration.

     

    Des profs réellement idéologues j'en ai vu finalement très peu, ce n'est qu'une minorité folklorique, la plupart n'ont en fait pas d'idées. La légende du prof gauchiste forcément m'exaspère. En fait ils ont la trouille pour des raisons prosaïques (tu comprends si j'interdis le voile dans mon cours on me crève les pneus ce qui en 2002 quand il a commencé à y en avoir était faux). On pourrait évoquer aussi l'ignorance totale de l'Islam et de la religion musulmane. Le manque de culture religieuse est un grave problème, car il entraîne des réactions toujours inappropriés.

     

    Je crois également surtout que la plupart des collègues suivent le mouvement. Il serait faux de dire que la hiérarchie n'est pas derrière nous, à Evreux au moins elle l'était toujours. Je me souviens de cette fois où ayant envoyé valser la casquette d'un gamin celui-ci avait obtenu 48h d'ITT d'un médecin complaisant, un de ceux voulant s'assurer une clientèle dans les "cités", ma direction m'avait soutenu à fond sans barguigner. 

     

    Je me rappelle également de cette coordinatrice de matière nous faisant un superbe discours sur l'intégration par la culture, le savoir, tout ça, puis sincèrement surprise ensuite (j'avais déjà une réputation de malpensant) que je prenne des classes à majorité maghrébine sans me poser plus de questions. Sans parler de l'hypocrisie totale autour des filières dites techniques ou professionnelles où les collègues envoient toujours les gosses "par défaut". Curieusement les profs n'y mettent jamais leurs gosses. Étrange, non ?

     

    Le problème du corps professoral il est :

    - dans le recrutement, on recrute des gens qui n'ont aucune autorité. L'autorité on l'a ou pas. Point

    - dans la formation, assurée souvent par des gens n'ayant pas vu une classe depuis belle lurette. 

     

    Je suis maintenant dans un "bon" lycée mais c'est rigoureusement la même chose. Esprit consumériste des gosses et des parents face au savoir, mépris des profs, dédain envers leur boulot pédagogique, rejet de l'excellence, de l'idée d'effort, de travail, que tout don se cultive...Et l'atmosphère de se dégrader progressivement chaque collègue jouant sa partition de son coté. Et tout le monde fermer les yeux songeant qu'avec un peu de méthode Coué ça s'arrangera peut-être tout seul ?

     

    Mais tout va très bien madame la marquise...

    image empruntée ici

     

                                                                             Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

  • Une société plus humaine avant

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    feteforaine.jpgJe ne supporte pas les personnes qui noircissent l'époque hors de mesure. Si ça se trouve, nos descendants la verront comme un âge d'or, une période insouciante et légère. J'en suis même certain vu ce que nous leur laisserons en héritage :

     

    Du dérèglement climatique à une société en voie d'implosion, explosion à plus ou moins court terme.

     

    Nous sommes insouciants, fixés dans un présent perpétuel, politique et social, qui nous empêche de voir plus loin que le bout de notre nez. Y compris ceux qui sont persuadés de savoir, d'être des initiés aux secrets du monde, aux complots bien cachés derrière la politique de tout les jours. Eux aussi au fond s'amusent et dansent au-dessus du volcan...

     

    Si la politique avait dû être une solution aux problèmes et souffrances du monde, il y a longtemps que cela se saurait en effet. Les idéologies globalisantes qu'elles soient de droite comme de gauche n'ont au fond entraîné que des massacres divers et variés, une iniquité sans nom et des peuples dressés les uns contre les autres sans espoir de retour. Elles ont aussi profondément implanté en nous l'illusion que l'on peut changer le monde, faire évoluer les choses d'un trait de plume, quitte pour cela à forcer un peu la main de ceux qui ne sont pas d'accord, ou légèrement réticents en oubliant que la nature humaine n'est pas une mécanique que l'on règle selon ses désirs.

     

    Une loi empêchera forcément le racisme, une autre la violence, une autre encore la connerie (ah non celle-là ils n'ont pas osé la sortir)...

     

    En route, vivant dans ce présent perpétuel qui fait que beaucoup sont en fait bloqués dans leur adolescence, voire leur enfance et ne savent pas comment en sortir, ne le veulent pas, refusent de grandir dans un complexe de Peter Pan universel, Nous avons perdu en route le sentiment d'appartenance à un passé, à une lignée d'ancêtres. Nous avons oublié ce qu'ils nous transmettaient, leurs gestes, les liens qu'ils avaient construit entre eux. Parfois tel ou tel croit redécouvrir le Graal en en retrouvant certains, ils redécouvrent l'eau tiède ? Ce qui conduit de temps à autres certains d'entre eux à écrire alors un traité de « coaching » ou de philosophie vulgarisatrice qui fait fureur un temps et se vend toujours bien.

     

    Des petits malins surfent également sur ce besoin de fondamentaux perdus et font des affaires sur le mal-être et l'aliénation des populations...

     

    Bien sûr, tous n'ont pas complètement perdu cette solidarité ancienne, ces gestes d'avant qu'ils se font un devoir de perpétuer. Ils sont rares. Mais pas autant qu'on pourrait le croire. Il y a aussi tous ces gens qui reviennent dans la région de leurs parents et grands parents, s'y sentent mieux que dans un cadre urbain et qui préfèrent perdre quelques avantages matériels finalement superflus pour mieux vivre car on vit mieux en renonçant à tous ces plaisirs tristes qui nous semblent tellement indispensables de nos jours. Je ne les renie pas tous pour autant, les réseaux sociaux permettent des retrouvailles ou des rencontres qui n'auraient peut-être pas pu se faire auparavant. Ce sont des outils malgré tout formidables qui sont aussi des vecteurs de liberté, malgré la modération bien-pensante et les petits censeurs de joie.

     

    En constatant ce que nous subissons maintenant depuis des lustres, et l'absence de réactions des personnes, leur apathie quasiment totale face à un pouvoir bien plus arbitraire et intrusif que ne l'ont été les rois en France par exemple, contrairement à leur légende noire, on se dit qu'il n'y a pas de solution politique. La solution n'est pas dans le « survivalisme », cette nouvelle doctrine qui est une idéologie aussi inepte que les autres . Il est difficile également de faire les choses de manière aussi radicale que le personnage principal de « Captain fantastic », voir ci-dessous, bien que parfois on se le demande après tout.

     

    Je ne dis pas que c'était forcément mieux avant, on pouvait mourir d'affections mineures, ou de froid. La nature humaine n'était sans doute pas meilleure, mais plus humaine, la société l'était certainement. Elle n'était pas l'empilement d'individus de la société de 2018, les uns à côté des autres sans aucun lien réel les uns avec les autres en dehors de leur appétence commune pour ces « plaisirs tristes » dont il était question plus haut, rappelant les Elois de H.G Wells dans la "machine à voyager dans le temps"...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    image empruntée au groupe « nos villes et villages d'antan » sur Facebook

  • La Nouvelle Librairie

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    Nouvelle librairie, société, politique, amaury watremez, littératureRien de tel que les vacances pour sortir dans les endroits où l'on n'a pas le temps d'aller habituellement, découvrir des niches au trésor, des lieux cachés qui n'ont pas besoin d'être révélés aux autres. Ceux-là logiquement je ne devrai pas en parler à tous les passants sur mon blog ou ailleurs...

     

    Je suis allé aujourd'hui dans une librairie, « la Nouvelle Librairie » (voir à ce lien) 11 rue Médicis. Des « antifas » en ont déjà fait la pub efficacement -a contrario- avant moi quand Éric Zemmour y est allé signer son dernier livre (voir ici), une librairie de fâââchiiistes, d'estrème droaaate...

     

    Quand l'époque est troublée, quand on ne sait plus trop à quel saint se vouer, quand toutes les solutions semblent inefficaces et que la politique ne peut pas grand-chose, après tout, quoi de mieux que de faire comme Montaigne et d'aller dans une bibliothèque, ou une librairie, après une promenade dans les jardins du Luxembourg à admirer les parterres et la statuaire, humer les parfums des fleurs et des arbres, en apprendre les noms, apprécier le soleil déclinant d'automne avant l'hiver qui va venir rapidement....

     

    ...Autant vivre intensément le moment présent tel qu'il vient.

     

    Cette librairie a l'avantage de ne pas être groupusculaire comme le sont de nombreuses librairie de droite où l'on trouve des incunables d'auteurs étant des génies forcément méconnus, et ce souvent à juste titre, des traités interminables d'antisémites rassis sur la Shoah ou le fameux gouvernement secret des « illuminatis » qui c'est bien connu est caché trois-cent mètres sous terre au pôle Nord. On y croise souvent des vieux types grincheux, des excentriques persuadés que la terre est plate, ou creuse, et de beaucoup d'autres théories délirantes.

     

    Ils lisent, ou plutôt ne lisent pas vraiment, Céline surtout à cause de son antisémitisme et Drieu la Rochelle de par sa collaboration avec l'occupant allemand ou Henry de Montherlant pour son mépris de l'épaisse sottise démocratique, sa misogynie. Ce genre de clients n'est pas préoccupés du style de ces deux auteurs, ils aiment ce qui entretien leur détestation de l'humaine espèce. Ils ont la même conception utilitariste des Lettres que des militants de gauche, des histoires simplistes avec des personnages archétypaux pour démontrer la viabilité d'une cause et non dans le respect de la littérature.

     

    Alors que le style c'est quand même l'essence de leur talent pour ces hommes de lettres avant leurs prises de position parfois déplorables. J'ai évoqué Drieu, j'aurais pu parler de Jacques Laurent qui fit voter Mitterrand...

     

    Rien de tout ça dans « la Nouvelle Librairie ». Les livres présentés témoignent de cet éclectisme dont la droite a toujours fait preuve quand elle parle de culture, après tout c'est Léon Daudet de l'Action Française qui a découvert Marcel Proust, sans se soucier des clivages ou des mots d'ordre (ce que la gauche est le plus souvent incapable de faire à de rares exceptions) et sans s'émouvoir de l'homosexualité notoire de l'auteur de « Du côté de chez Swann ». J'y ai même vu des ouvrages d'auteurs ni d'extrème-droite, ni antisémites obsessionnels, voire même un peu à gauche mais intellectuellement intéressants. Vous chercheriez en vain dans d'autres librairies parisiennes les livres d'écrivains « mal vus ». Et j'y ai trouvé le souci de parler de littérature ce qui pour le coup est excessivement réactionnaire dans une société où la lecture est considérée au mieux comme une perte de temps, une distraction en somme...

     

    Bien entendu, ce n'est pas une librairie de droite de plus ou de moins, la lecture de tel ou tel auteur qui changera le monde. Mais pour qui veut se cultiver sans subir les diktats culturels habituels, ce lieu peut être précieux, un genre de refuge.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    photo par l'auteur de l'article (TM°)

  • De l'aseptisation en politique

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    politique, aseptisation, société, yann barthès, quotidien, amaury watremezPour évoquer l'aseptisation du discours en politique, et la peur panique des personnes qui la font de dire les choses clairement au risque de passer soient pour fâââchiistes soient pour populistes, à quelques exceptions près, rien de tel qu'évoquer « Quotidien » de Yann Barthès pour la critiquer où l'on parle tout le temps d'une politique qui serait lavée à l'eau de javel...

     

    Il est donc parfois intéressant de regarder -pas trop longtemps- cette émission car ainsi l'on connaît parfaitement le discours du système, et ses cibles prioritaires, ses détestations et ce qu'il porte aux nues, son point de vue aussi sur la forme idéale du discours politique. Barthès c'est le « nouveau monde » à l'état chimiquement pur, un donneur de leçons de morale en politique, et aussi un laudateur d'une certaine vertu en politique. On sait pourtant très bien ce que finit toujours par donner la dictature de la Vertu en politique, cela aboutit toujours à une privation de libertés des citoyens au nom d'un pseudo-intérêt général.

     

    Les cibles de Barthès ainsi que de tout les médias « mainstream » c'est Jean-Luc Mélenchon et son parti, Marine le Pen et le sien, car souverainistes à divers degrés. A jet continu. Ce sont des attaques grossières contre eux, toujours en partant d'exemples de militants présentés comme ploucs, extrêmes et soient racistes, soient violents. C'est facile comme procédé, simpliste, c'est un procédé d'indic en somme. Il suffit de choisir le beau parleur qui veut passer à la télé, ou le rigolo de service, ou le matamore local. Et il y en a toujours, un fier à bras ou deux, pour se mettre en avant souvent même contre les préventions des responsables.

     

    Par leur mépris, et leur dédain, qu'ils cachent à peine, les journalistes-militants de « Quotidien » provoquent parfois aussi des esclandres pour bien montrer à quelque points les ennemis de la doctrine libérale libertaire sont des salauds évidents. Avec les militants et les responsables LR, LaREM ou PS, ils sont « entre pairs ». On les taquine un peu, on rigole ensemble, mais cela reste très feutré. Sauf quand l'un d'entre eux dépasse les bornes du discours idéologiquement acceptable par les vrais maîtres et qu'il dépasse la ligne jaune de l'aseptisation généralisée, tel Laurent Wauquiez enregistré à son insu pendant un échange avec des étudiants, Gérard Collomb parlant de la situation réelle des banlieues, Martine Aubry disant les choses clairement sur les « cités » autour de Lille....

     

    Dire le réel est digne de l'excommunication également donc.

     

    Ce que Barthès et ses équipes dociles, en bons représentants du nouveau monde, et de la morale politique aseptisée, détestent visiblement aussi, ce sont les politiques s'exprimant en français soutenu, qui savent manier la langue et ses subtilités. Car alors cela suppose un effort de compréhension supplémentaire, cela suppose d'avoir un sens de la nuance dont l'utilité échappe complètement aux arbitres des élégances politiques. Et surtout parce que cela rappelle le monde et la société française tel qu'ils étaient avant, cet ancien monde qu'ils haïssent, cet ancien monde pourtant plus humain, plus solidaire et plus équilibré par de nombreux aspects.

     

    Et pus cette belle langue, cette belle expression, cela va contre leur conception d'une société forcément multiculturelle. Dans leur esprit en effet, la diversité selon leur terme hypocrite ne peut que s'exprimer en mauvais français, dans ce « sabir » des banlieues que l'on nous vend depuis des décennies maintenant. On se devrait de rincer également à grandes eaux politiquement correctes le français, de purger le dictionnaire de tout ce qui cloche, qui contredit les certitudes modernes. Au fond, rien n'a guère changé depuis le sinistre comité de Salut Public, tous les coups sont permis contre ce qui contrevient à la nouvelle bonne parole.

     

    Il n'y a certes pas que chez Barthès mais c'est un exemple parlant. Curieusement, cela me stupéfie toujours, la plupart des politiques sont encore intimidés par ces diktats pourtant insupportables. Ils, et elles, n'osent pas trop encore dire quoi que ce soit, répliquer par exemple, ils se murent dans le silence, ne se défendent que mollement. Et les militants de ces partis également, et tous les citoyens qui rejoignent la France insoumise et le Rassemblement National sur certaines idées, dont le souverainisme. Tous de se lancer dans des justifications laborieuses et timorées de leurs idées qu'ils finissent par relativiser malgré tout...

     

    Il serait temps de renvoyer ces journalistes militants et autres moralisateurs politiques à leurs chères études pourtant...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    illustration prise ici

  • Savoir rire de soi

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    avia.jpgSuite à l'épisode médiatique largement et servilement relayé par les médias montrant Mélenchon imitant l'accent d'une journaliste pour le tourner en dérision (voir à ce lien), une député LaREM, Laetitia Avia -la mordeuse de chauffeurs de taxi (petit rappel)- propose une loi contre cette discrimination selon elle par l'accent ou "glottophobie" (voir ici). Et beaucoup de repartir sur le couplet sur les parisiens qui seraient ceci ou cela, arrogants et prétentieux. Parisiens qui ont d'ailleurs un accent eux aussi, enfin surtout ceux du XVIème. Rappelons aussi que pour beaucoup de "sudistes" Paris commence au Nord de la Garonne voire de l'étang de Berre.

     

    Chaque région a ses préjugés les uns sur les autres, chacune a ses "belges" en quelque sorte réputés ridicules et risibles...

     

    J'adore les accents, les accents sont la richesse de ce pays, ils en montrent la diversité. Et je me suis aperçu, croyant ne pas en avoir, que j'avais celui de la Normandie où j'ai quand même vécu depuis 1977 en arrivant à la capitale il y a quatre ans, un accent provoquant une certaine condescendance de la part de collègues n'ayant jamais franchi le "périph". Pour eux la province est une sorte de "terra incognita" où il n'y a sans doute pas l'électricité, encore moins l'internet, sans parler des "bonnes" écoles. Alors que je suis né dans le XVème ! Je dois avouer que j'en rajoute dans le côté rural, c'est tellement drôle de ridiculiser ces préjugés sur les provinciaux.

     

    A l'inverse, ayant dit que j'étais né à Paris quand je travaillais en province, j'étais de temps en temps le "parigot de service".

     

    Cependant, je trouve que le respect des origines des uns et des autres ne doit pas empêcher de rire de soi, de ses propres travers et ridicules, l'auto-dérision étant la forme la plus élevée de l'humour, mais tout le monde n'en est pas capable. Cela demande une certaine intelligence il est vrai.

     

    Au lieu de cela, tout le monde en ce moment s'engouffre dans une judiciarisation des rapports humains. Certes, que deviendraient les rigolos de fin de banquet si on ne peut plus moquer l'accent belge ? Mais qui n'a jamais ri à une blague belge ? Ou française ? (si tu es belge ami lecteur). Par exemple, comment faire fortune ? Il suffit d'acheter un français au prix auquel on l'estime et de le revendre au prix auquel lui s'estime. Mais en quoi est-ce si mal d'avoir de l'humour envers un accent ? En quoi est-ce si mal de savoir rire de soi ?

     

    Si l'on va jusqu'au bout du raisonnement de madame Avia spécialiste en mièvreries donc, on interdit les chansons et films de Bourvil qui jouait sur ses origines paysannes, et normandes, on interdit les chansons et films de Fernandel dont l'humour se basait sur son identité du Sud. On met à l'index "Moi un noir" de Jean Rouch ou "les dieux sont tombés sur la tête" et tous les "comiques" qui jouent sur leur côté "lascar" de banlieue. Mais dans ce dernier cas sans doute, "c'est pas pareil"....

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration empruntée ici

  • Justice politique

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    mélenchon.pngJean-Luc Mélenchon, le leader de la « France insoumise » a fait du bruit médiatique en filmant la perquisition de son appartement à 7h du matin par la police. Je ne suis pas à proprement parler un fan du monsieur mais il a raison, il y a dans ce pays une justice politique (voir à ce lien). Ce n'est pas le premier opposant au macronisme, aux libéraux libertaires avant lui, car finalement le macronisme n'est qu'une excroissance de l'hyper-libéralisme, qui se voit opposer une réaction judiciarisée à ses prises de positions, je songe entre autres à Fillon, Sarkozy et Marine le Pen. Et on doute que LaREM ou même le Modem subissent le même acharnement judiciaire.

     

    On ne doute pas vraiment, un petit rappel au « mur des cons » en dit long sur l'impartialité de nombreux juges (voir à ce lien). Le « mur des cons » ne contient aucune personnalité libérale libertaire étrangement.

     

    Certains se sont réjouis de l’événement rappelant que Mélenchon n'avait pas bougé le petit doigt pour l'ancien candidat Les Républicains ou le président avant Hollande voire la candidate Front National. Je dirais que ce n'est pas une raison après tout, puisque cette perquisition est clairement un acte politique, une manipulation pour sans doute montrer que Macron et son mouvement sont quant à eux immaculés, ont les mains propres (Rappelons que l'on a évoqué à leur sujet une cache d'armes illégale au siège des « En Marche » pendant « l'affaire Benalla »), voir à ce lien ce dont je parle.

     

    Mais ça ce doit être un péché véniel aux yeux du droit français certainement, non ?

     

    Mélenchon a tout à fait raison, les indics, les barbouzards, les manipulations pas claires avec la morale ont toujours existé en politique. On appelait même ces individus louches des « hambourgeois », (de « en bourgeois) on se souviendra aussi de l'affaire Philippe Daudet, le fils de Léon Daudet qui fut assassiné pour nuire à son père Bien entendu, déjà à l'époque on les repérait à plusieurs centaines de mètres par leur dégaine sentant le flic les « hambourgeois ». Dans certains partis politiques, généralement les plus groupusculaires, on trouve tellement de policiers que certains ne savent plus trop s'ils sont militants ou fonctionnaires. Les « fuites » sont organisées sciemment vers le « Canard enchaîné » ou autre « Médiapart » avec la complicité des journalistes de ces publications pour nuire aux gêneurs.

     

    Les scribouillards jouent alors leur partition, sont dans leur emploi de comédie, une comédie un rien sinistre, qui fait rire jaune au bout d'un moment, il suffit d'écouter Barbier et son écharpe rouge et Laurent Neumann ou de lire « le Monde » sur la perquisition chez Mélenchon pour s'en convaincre...

     

    Cela existait et était très voyant déjà durant la IIIème République, les voyous, les brutes travaillaient déjà avec les « premiers de la classe » pour garder le pouvoir. Macron a commis un véritable coup d'état en douceur. Il faut bien qu'il tienne, comme il n'a peut-être pas tous les réseaux encore qu'il faut dans le monde politique, la même collusion que les autres, il utilise la coercition. Comme tous les gouvernants la tentation est trop forte, trop attirante. D'où les individus un rien douteux que l'on trouve autour du président, y compris son nouveau ministre de l'intérieur qui a eu des amitiés sulfureuses avec un parrain marseillais formé par Gaétan Zampa...

     

    Ceux qui vont contre la doxa idéologique prescrite par le tout économique, à savoir les vrais maîtres , sont impitoyablement écartés, ou alors on leur offre une niche pour qu'ils se tiennent tranquilles, une niche bien payée. Qu'ils soient gauchistes ou pseudo-réactionnaires. Ils finissent tous par perdre de leur personnalité au bout d'un moment, par s'affadir, s'amollir et oublier leurs idées du début. Comme ils sont trop « mainstream » alors, ils finissent par devoir retourner à leur petit carré moins conformistes, mais c'est fini, ils ne sont plus crédibles.

     

    Je pense enfin que l'on attendra encore longtemps que ce genre de perquisition ait lieu dans de grandes banques et entreprises louches...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    (image capture BFM facebook live)

     

    voir ci-dessous la vidéo de la perquisition :

  • La politique sans fond

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    Le remaniement en bref (voir à ce lien)

     

    remaniement gouvernemental, société, politique, LREM, amaury watremezA lire divers articles sur le remaniement, à écouter les uns et les autres, on a vraiment l'impression que la politique n'a plus aucun fonds sérieux, que ce soit intellectuel ou idéologique. Il n'y a plus d'idées réduites à des slogans ronflants. Tout est affaire de communication et d'apparence de plus en plus, mais aussi de compétition d'egos et de petites ambitions personnelles. Sont récompensés les bons valets bien dociles, les larbins. Les mauvais esprits diraient ici que je pense à Christophe Castaner (LaREM) nommé Ministre de l'Intérieur. Il faut dire qu'il menaçait de démissionner du mouvement de Macron, "En Marche", et qu'ayant sans doute des dossiers sur les uns et les autres, cela aurait été dangereux pour le président et son entourage.

     

    Castaner à l'Intérieur, vu que l'ancien patron de "En Marche" a fermé les yeux visiblement sur la présence illégale d'armes au siège du parti présidentiel, cela ferait presque rigoler. Il travaillera en duo avec Laurent Nunez actuel patron des renseignements, homme de terrain lui.

     

    La nomination de Jacqueline Gourault (MoDEM, très proche de Bayrou) à la cohésion des territoires et des collectivités territoriales est dans cette logique d'image et de communication : une dame que l'on pourrait croiser au marché dans une ville de province, qui a apparemment un franc-parler "populaire" très éloigné de l'image désastreuse qu'ont les français de la morgue et de l'arrogance du président de la République. On se doute bien qu'elle n'est pas exactement là pour prendre quelque décision courageuse ou pas que ce soit mais pour redorer le cadre. En plus, voilà qui doit faire plaisir au maire de Pau se posant en mentor du "nouveau monde".

     

    Un peu de "proximité" qui fera bien sur la photo...

     

    Toujours dans ce désir d'image renouvelée, l'arrivée de Franck Riester à la Culture est facile à comprendre. Il est plusieurs "en même temps" à lui tout seul. Personnalité de droite depuis longtemps, il rassurera certains amoureux du patrimoine pour qui il sera une caution morale en quelque sorte. Finies les expositions contemporaines ineptes, les délires et autres "happenings". Et il est aussi un des premiers politiques de droite à avoir fait son "outing" homosexuel en 2011. C'est mieux afin de faire oublier les tribulations immobilières de madame Nyssen qui s'assoit sur des lois et codes que son ancien ministère est théoriquement chargé de faire respecter.

     

    Peut-être bientôt de sa part un livre de recettes "vegans" à base de ce régime à picorer qu'elle semble apprécier...

     

    Il n'y a pas grand chose à dire sur Marc Fesneau chargé des relations avec le Parlement, "godillot" archétypal, soutien docile du président, voire servile, tout ce qu'il faut pour montrer l'exemple aux autres, en particulier ces représentants qui ont refusé de donner un statut pérenne aux AVS accompagnant les élèves handicapés à l'école. Didier Guillaume, type même du roitelet local, est tout aussi transparent à l'agriculture.

     

    Curieusement on peut penser que c'est Sébastien Lecornu, ministre auprès de Jacqueline Gourault, ambitieux, qui prendra les vraies décisions et non sa ministre de tutelle. Lecornu a tout du jeune technocrate provincial sachant bien s'y prendre avec la proximité, selon la com jusque là millimétrée du gouvernement, tout en étant d'une stricte observance orthodoxe de la doxa technocratique, européiste et mondialisante, cette doxa pourtant désastreuse, on le voit tous les jours.

     

    Bien entendu on peut toujours penser que cela changera quelque chose à la pauvre situation de ce pays, on peut.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • En empruntant l'allée du Roi

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    à propos de "l'Allée du Roi" de Françoise Chandernagor sur Madame de Maintenon (voir à ce lien)

     

    Histoire, madame de maintenon, société, livre, chandernagor, amaury watremezQuand on lit "l'allée du Roi" de François Chandernagor on se demande quand même un peu si cette madame de Maintenon qu'elle décrit dans le livre a vraiment existé ou si au fond elle la voit telle qu'elle la rêve, qu'elle l'idéalise. Lorsque l'on observe les portraits d'elle en son domaine où elle se retire à la fin de sa vie, on a quand même l'impression très nette que cette dame sur les peintures n'est pas tout à fait la même que celle du livre. Celle du livre est une femme libre, cultivée et travailleuse ce qui est d'autant plus utile quand elle se retrouve, jeune, dans l'adversité. Celle du livre est plus sympathique. Je n'aime pas tellement la vieille bigote corsetée et plus moralisatrice qu'elle est dans sa fin de vie.

     

    Celle de la réalité me semble plus complexe, cette femme qui passe du déshonneur social : vivre avec Scarron, ce "débauché" libre penseur de son époque, fréquenter un milieu dit "libertin", pour ensuite devenir la nourrice des enfants de Louis XIV puis son épouse morganatique (cachée) à la mort de la reine Marie-Thèrèse d'Autriche demeurée tout le long de son existence depuis son mariage avec le souverain enfermée dans ses appartements privés de Versailles vivant sans broncher les frasques sentimentales de son époux avc plusieurs jeunes femmes de la cour et des maîtresses plus "régulières", des "favorites" changeant selon la perte progressive de leurs "charmes" originels.

     

    Celui-ci tombe amoureux de madame de Maintenon manifestant ses sentiments naissants en ayant ce très joli mot : "Qu'il doit être doux d'être aimé par vous".

     

    Le livre avec une langue exceptionnelle, un français très pur  recrée cependant magnifiquement une époque où les peuples vivaient tous en osmose avec la terre, avec ses produits, avec ses merveilles, une société beaucoup plus incarnée, plus charnelle. Je n'idéalise cependant pas du tout cette époque où l'on pouvait mourir d'un rhume ou d'une carie. J'ai toujours eu horreur de ces personnes pour qui c'était forcément mieux avant. Mais j'ai malgré tout une tendresse particulière pour cette société plus organique, plus charnelle en somme et plus terrienne.

     

    En se promenant dans son petit château, en arpentant les allées de son jardin auquel il manque le potager, les poules, les cochons et les vaches qui devaient être sur place, on retrouve un peu, en filigranes, de cette douceur de vivre évoquée par Talleyrand pendant la Révolution, quand les êtres humains vivaient encore au rythme des saisons et de la nature, en subissant il est vrai parfois les rigueurs, comme durant l'hiver très rigoureux de 1788. Ces monuments, tout comme le château de Versailles sont de nos jours plus ou moins des "boîtes vides" sans la vie des dizaines de personnes y travaillant auparavant, ne serait-ce que pour l'entretien des jardins dits à "la française".

     

    Cette douceur de vivre, rien ne nous empêche de la retrouver, de la vivre dans un vrai lien avec la nature, avec le cycle des saisons.

     

    image prise ici

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

    Ci-dessous un extrait de "l'Allée du Roi" de Nina Companeez avec Dominique Blanc,

  • "La lecture ça sert à rien"

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    littérature, société, politique, culture, école, enfance, amaury watremezQuand je fais visiter ma bibliothèque à des jeunes je leur demande toujours :

     

    "A quoi ça sert de lire ?" en rajoutant aussitôt après que c'est une question piège.

     

    Comme je fais cela dans un quartier bourgeois où les enfants sont bien élevés en général, ils sont tout  gentils, tout calmes et bien polis, et très scolaires, et me répondent généralement bien gentiment tout ce qui leur a été soufflé précédemment par leurs enseignants de Lettres. A savoir lire, ça permet de développer le vocabulaire, d'apprendre les conjugaisons etc...

     

    Il est très rare que l'un d'eux me dise que lire est pour son plaisir personnel, qu'il ouvre un livre par goût. Lire pour eux c'est une corvée imposée par l'école, un passage obligatoire pour obtenir une bonne moyenne et faire les études que l'on souhaite en répondant à tout ce qu'implique les obligations engendrées par le paradigme social en vigueur en 2018.

     

    Je leurs répond toujours de manière un peu provocatrice que lire dans l'absolu ne sert strictement à rien d'immédiatement quantifiable, mesurable avec une règle ou un pied à coulisse, que l'on peut très bien vivre et mener son existence en étant parfaitement et complètement inculte. Et Dieu sait qu'il y en a des ignares. L'inculture contrairement à ce que les ignorants prétendent (ils pensent avoir trouvé la parade ultime) n'est pas quelque chose de subjectif qui découlerait des "humanités" que Bourdieu appelait "bourgeoises" avec mépris, ou une question de "goûts et de couleurs". Rien de plus objectif que l'inculture et son corollaire habituel : la sottise "à front de taureau".

     

    Comme ce que l'on gagne en lisant n'est pas immédiatement mesurable, et donc pas contrôlable réellement, notre société déteste et fait mine de mépriser. En dehors de la figure du "nerd" ou du "geek" rendue sympathique ces derniers temps, celle de "l'intello" l'est toujours aussi peu dans les médias, dans la pub et les fictions en général. Le "méchant" des films d'action est le plus souvent un sale type lettré qui cite de la poésie avant d'exposer son plan machiavélique au héros, ou qui pose sur son fauteuil de salaud diabolique devant ses belles reliures tout en caressant son chat langoureusement. Le lecteur affirmé, avéré, est soit un prétentieux soit un pervers, c'est sûr et certain dans beaucoup d'esprits.

     

    Je demande d'ailleurs aux jeunes ensuite pourquoi "intello" est une telle insulte pour eux. Pourquoi on l'entend même dans les cours d'établissements scolaires très chics ? Ils sourient un peu, ont des attitudes gauches, ils ne savent pas trop quoi dire, la docilité au paradigme social leur ayant été martelée depuis leur plus petites enfance. On me dira que cela a toujours un peu existé, que la culture -je parle de la vraie pas celle qui fait dans l'épate bourgeois- a toujours été réservée à un petit nombre de personnes finalement, consentantes. La culture n'a pas à voir avec les diplômes, l'instruction ou les études mais surtout avec l'appétence de la personne ayant envie de s'élever, de grandir dans le savoir...

     

    Curieusement, je m'en étonne toujours, elle provoque chez la grande majorité des gens un complexe d'infériorité ahurissant alors que dédaignée apparemment ou très relativisée. Ce n'est pas si grave au fond car cela montre finalement qu'elle est toujours importante d'une manière ou d'une autre dans les esprits.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Enseigner l'Histoire : enjeu politique majeur

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    Histoire, politique, société, enseignement, amaury watremezL'enseignement de l'Histoire, tout comme celui des Lettres, est fondamental dans la construction d'une nation, du lien entre les individus qui se rapportent aux mêmes événements, aux mêmes moments de courage et de grandeur, et qui parlent -normalement- tous le même langage. Ce sont des enjeux éminemment politiques et les idéologues, les porteurs de bonnes intentions creuses l'ont bien compris, en sapant progressivement la transmission jugeant de l'Histoire commune comme quelque chose de poussiéreux.

     

    Certains tenants de la doxa politiquement orthodoxe de l'époque pensent que les nouveaux programmes d'Histoire sont en somme paternalistes...

     

    On s'était dit aussi que les z-élites allaient vers plus de lucidité en entendant Giscard regretter le regroupement familial (voir à ce lien), Merkel reconnaître l'échec patent du multiculturalisme (voir ici), Gérard Collomb jouer les prophètes de mauvais augure (voir ici) et Martine Aubry ouvrir les yeux sur les "quartiers". On s'était dit que c'était pas mal, on avait même espéré que leur regard se dessille totalement et qu'ils soient totalement lucides. On rêvait tout debout et "on" est con comme il se disait avant, dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, tout ça, donc avant les mirifiques réformes de l'enseignement du français...

     

    Et voilà que je tombe sur cet article qui est loin d'évoquer un cas isolé, la plupart des bons apôtres persistent et signent contre l'évidence dans leur refus entêté et stupide de voir la réalité en face.

     

    Laurence de Cock, une "intellectuelle", je suis certain que c'est vrai si elle le dit, le dit dans un article de "Libération" (voir à ce lien), les programmes d'Histoire ne sont pas assez divers, pas assez féministes, bref ne sont pas encore suffisamment dans le masochisme mémoriel constant et une auto-flagellation. Et si je saisis bien son point de vue, les programmes ne se rattachent pas assez au présent. Car dans son esprit comme dans celui de tous les bien-pensants, de tous les bourgeois pédagogues, le seul intérêt de l'histoire est de démontrer le bien-fondé de leurs thèses, de leurs opinions.

     

    Et rien d'autres. Ils se comportent comme les missionnaires auparavant finalement, des prêcheurs. Seul compte le présent, un présent perpétuel qui dure depuis 1789 et un peu plus depuis 1945.

     

    On extrait deux ou trois grands personnages comme des archétypes, que l'on caricature au dernier degré, que l'on simplifie, qui jouent le rôle soient des méchants, soient des gentils. On pourrait parler de "fierté homosexuelle" au XVIème siècle, de la diversité dans la France du XVIIème siècle, de multiculturalisme dans la France de Saint Louis, de féminisme au temps des croisades. Parler d'histoire intelligemment, à savoir, en faisant de l'Histoire quoi, serait conservateur, suspect d'intentions inavouables.

     

    Le problème des personnalités comme Laurence de Cock ce n'est pas tant ce qu'elle exprime (après tout elle en a le droit) que le pouvoir dont elle et ses semblables disposent encore sur l'ensemble du peuple. Un pouvoir de sidération dirais-je. Un pouvoir tenant dans des menaces vagues de judiciarisation de toute contradiction, de mise en doute de celle-ci systématique ou comme relevant d'une nostalgie des totalitarismes du XXème siècle.

     

    Ils peuvent encore menacer l'un, éloigner l'autre, intimider, contraindre la parole par diverses pratiques niant toute pluralité en politique. Pendant que l'intégrisme religieux islamiste le plus obscurantiste progresse partout dans ce pays. Ce dont ils n'ont cure, ce qu'ils ne veulent pas voir.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Fermer sa gueule ou pas ?

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    Lire et relire la "Lettre à Manu" à ce lien

     

    lettremacron.jpgNos ancêtres avaient la dent beaucoup plus dure que nous contre les puissants et les bourgeois, contre les riches et tous les nantis. On l'oublie trop souvent. Il faut voir la violence des libelles contre les rois, les nobles et certains ecclésiastiques depuis la Renaissance jusqu'à la Révolution. Et "le Canard Enchaîné" ou "Charlie Hebdo" de 2018 sont d'aimables bulletins paroissiaux bien sages à côté entre autres de "l'Assiette au Beurre". Certains grands écrivains, particulièrement les "dandys" comme Barbey d'Aurevilly ou Oscar Wilde sont réputés pour leurs bons mots vachards dont on se régale encore maintenant.

     

    Souvent, l'offensé demandait le règlement de la moquerie sur le pré à cinq heures choisissant soit l'épée, soit le pistolet. Notre époque est largement plus policée, on y est plus docile face aux puissants. Quant à la verve des satiristes elle s'est considérablement aseptisée. Il faut dire que la judiciarisation constante des pseudo-offenses envers telle ou telle communauté, les accusations de racismes ou de quoi que ce soit en 'phobies" n'aide pas les adeptes de la dérision à en faire preuve, sans parler de la violence terroriste, de la haine et de la connerie islamistes.

     

    Dans les instructions officielles afin de traiter de la caricature on affirme encore bien fort qu'il s'agit là d'un privilège de notre démocratie tout en insistant par ailleurs très vite sur les limites qui devraient être fixées au sens de la dérision. Ce que l'on peut trouver parfaitement absurde. La dérision, à ne pas confondre avec l'injure bête et gratuite, n'a pas de barrières.

     

    Michel Onfray a rédigé dernièrement une petite lettre-pamphlet bien sentie et très bien troussée à l'intention d'Emmanuel Macron (voir à ce lien). Il évoque dans celle-ci le contentement évident - son ravissement - du président à poser avec les deux antillais sur la photo dite "du doigt" à saint Martin, il rappelle aussi celle faite à l'Elysée avec des "artistes" durant la Fête de la Musique. On y pouvait constater sa félicité évidente d'être si bien entouré à ses yeux. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Or, pour les bien-pensants habituels décrire juste une évidence c'est être homopbobe (dont un arbitre des élégances morales écrivant dans "les z-inrocks", voir à ce lien).

     

    Mais en quoi ? Il n'a fait que constater une chose éminemment constatable à moins d'être soit très naïf, soit ancien pensionnaire du couvent des oiseaux. Quoi que même là-bas, dans ce genre d'établissements si les murs des dortoirs non mixtes accueillant des pensionnaires de bonne famille pouvaient parler ils en auraient des choses à dire. Curieusement, les cris d'orfraie contre Onfray (on note l'allitération) viennent comme d'habitude de partisans effrénés à les entendre de la liberté d'expression, à condition bien sûr de penser comme eux. Leurs contradicteurs sont forcément soient fascistes, soient nostalgiques des nazis ou de Vichy, pas d'alternative.

     

    On connaît le refrain...

     

    Comme ils savent que cela n'empêchera pas Onfray de s'exprimer ils le censurent sur la télévision et la radio publiques mais pas seulement, l'accusant comme à leur habitude de "propager la haine" de rappeler les fameuses "z-heures les plus sombres de notre histoire" ainsi qu'ils l'ont fait pour Zemmour. On ne sait pas, ce genre de méthode Coué, ça peut fonctionner ? Tout ce qui pourrait compromettre la docilité des populations est mauvais en soi finalement. Comme soupape, comme "minute de la haine perpétuelle", il y a le net et les forums politiques où le citoyen-consommateur est libre de se défouler jusqu'à un certain point...

     

    S'il lui prend l'envie de l'indépendance, il lui en coûtera très cher...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Pour en finir avec les geeks

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    geek, culture pop, société, adulescent, politique, feuilletons, amaury watremezCe n'est pas que je n'aime pas la "pop culture" que chérissent les "geeks" et autres "nerds". Bien au contraire, j'aime beaucoup certaines vieilles séries télé que l'on peut regarder avec la "suspension d'incrédulité" que les enfants pratiquent sans réfléchir. Que des effets spéciaux soient rudimentaires n'a en fait aucune importance si le spectateur croit à l'histoire, si celle-ci est bien racontée. Mais certaines de ses vieilles séries que l'on trouve toutes sur internet, pouvant vivre

     

    J'aime bien aussi la bande dessinée, en particulier l'anglo-saxonne, mais de là à sombrer dans des fixettes et autres lubies à leur sujet il y a un abîme. Le geek sait quel est le modèle de tournevis sonique que le Docteur Who a à la main dans le comic book dessiné par Dave Gibbons en 1974. Il a cru remarquer que dans les premières minutes du troisième "Star Trek" cinématographique Kirk a son insigne plus à droite sur son uniforme qu'à la fin du long métrage. Il a tous les manuels pour faire voler les dragons et les vaisseaux spatiaux de "Star Wars" dont il connaît les plans par cœur,

     

    Des savoirs fondamentaux à n'en pas douter. Pour le "geek" ses compulsions télévisuelles ou cinématographiques sont sacrées. C'est plus que tout, c'est important. Et ça le relie à son enfance alors qu'il est coincé dans un corps d'adulte qui vieillit...

     

    Le "geek" regarde "Games of Thrones" parce que c'est un "Seigneur des Anneaux" avec du sexe dedans et des nudités en "full frontal".  Il adorait également "Breaking Bad" parce qu'il pouvait croire alors qu'un type comme lui, un binoclard, pouvait devenir un truand, un dur de dur, un homme un vrai, un mâle alpha. C'est toute la culture qui se "geekise" et qui met au même niveau Proust, Céline et Georges R. Martin (l'auteur du "Trône de Fer). Alors que culturellement ce n'est pas tout à fait la même chose bien que l'on puisse trouver les livres de ces auteurs dans les mêmes rayons à la FNAC.

     

    C'est en fait toute la culture qui est vampirisée par les "geeks" ou toute œuvre se doit d'avoir ses gadgets en relation, ou "goodies" en langue geek, voire son jeu vidéo, ses dessous de plats, ses "mugs" etc....

     

    Plus grand monde ne reconnaît de hiérarchie réelle dans les goûts culturels en affirmant le poncif habituel : "tous les goûts sont dans la nature". Alors que celle-ci existe et que l'inculture n'est pas quelque chose de subjectif, un "sentiment". Lire Stephen King avant ou la saga "Harry Potter" ou toutes les dystopies (contre-utopies) adolescentes à la mode en ce moment ce n'est déjà pas si mal me dira-t-on. Au moins cela permet que beaucoup de jeunes continuent à lire. Mais Rien ne leur interdit de passer à l'étape supérieure et de lire de la littérature un peu plus exigeante intellectuellement, de celle qui fait mûrir et qui ne cantonne pas le lecteur à un rôle d' "adulescent" perpétuel.

     

    Ce que sont beaucoup trop de grandes personnes de nos jours vivant dans un perpétuel présent, celui de leur post-puberté.

     

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    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

  • Ce qui se profile derrière la démission du ministre de l'Intérieur

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    démission gérard collomb, société, politique, immigration, insécurité, amaury watremezJe m'étonne grandement qu'à droite, ou à droite de la droite, on ne salue pas plus les déclarations de Martine Aubry et de Gérard Collomb sur l'Insécurité. Même si ce que dit la première est sans doute motivé par des considérations électoralistes, même si elle fait partie des responsables du désastre, elle franchit un cap, et brise un tabou de gauche, un tabou qu'il ne faut surtout pas évoquer sous peine d'excommunication politique instantanée dans le camp des bien-pensants (voir à ce lien). C'est un signe fort.

     

    Et quand à l'insécurité, aux "incivilités" (selon le terme pudique des officiels) toujours plus graves et plus nombreuses, il me semble que cela est bien au-dessus de tous les clivages, que rester empêtré dedans en se réjouissant qu'Aubry soit en difficulté dans sa ville pour ces raisons est idiot. On ne sera pas trop de toutes les bonnes volontés pour combattre ce fléau, de droite comme de gauche. Et elle a raison, dans beaucoup trop d'endroits en France, les populations ne vivent pas selon nos valeurs, encore moins selon nos lois.

     

    Même si ce que dit le second ressemble un peu à un "après moi le déluge" il a dit hier la triste vérité concernant le fameux "vivrensemble" et la "diversité". Ni l'un ni l'autre n'ont de chair ou n'existent. De "côte à côte" nous allons sans doute bientôt vivre "face à face", dans l'affrontement qui n'est pas vraiment incertain. Et l'ancien ministre cite ensuite la question gravissime des bandes organisées, des dealers et autres truands qui tiennent les "quartiers" en coupe réglée par la peur et l'intimidation (voir l'intégralité de son discours à ce lien).

     

    Il a finalement reconnu l'impuissance totale des politiques dits "républicains", la bonne blague de l'intégration, ni plus ni moins. Mais bien entendu, on peut toujours se gorger de belles paroles à ce sujet...

     

    Ce qui arrive est loin d'être entièrement de sa responsabilité ou même de celle du président actuel. Certes les clichés catastrophiques où il pose à côté de "diversités" peu fréquentables n'arrangeront en rien les choses. Mais penser par exemple que Laurent Wauquiez, qui a été ministre et qui est responsable régional ferait mieux, ou un, une autre, n'a pas de sens. C'est une longue suite de renoncements progressifs, de lâchetés continuelles, de compromis inacceptables où l'on a abandonné les "quartiers" aux caïds, aux islamistes, qui n'auraient jamais dû être faits. Que ce soit Sarkozy, Hollande, Chirac et Mitterrand, voire Giscard, ils sont tous impliqués, tous coupables. A divers degrés.

     

    Alors on peut continuer à se complaire dans le jeu des chaises musicales entre la gauche et la droite, acclamer l'un un moment, puis l'autre le moment d'après, ou alors on peut aussi ouvrir les yeux et s'impliquer afin que les choses changent. Car si les politiques sont responsables les citoyens le sont aussi. Combien de gueulards, de va-t-en guerre, sur les réseaux sociaux, sur les forums, sur le net en général laissent passer dans la vie ce qu'ils ne devraient pas ? Pour la paix civile eux aussi...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

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  • Pétillon est mort : Jack Palmer reprend l'enquête

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    Voir ici le générique de l'adaptation en animation des enquêtes de Jack Palmer

     

    René Pétillon, société, bande dessinée, politiqueJack Palmer, le détective le plus nul de Paris, attendait dans son bureau qu'un de ses clients, sans doute inconscient, vienne le voir pour lui demander d'enquêter sur un vol de bijoux, l'enlèvement d'une pop-star, les attentats en Corse, l'assassinat de Kennedy à moins que ce ne soit pour assurer la protection d'un top-model. Palmer avait tout les attributs de l'archétype immortalisé au cinéma par Bogart, le trench-coat, le feutre mou mais c'était un nabot. Palmer ne pouvait pas mettre les pieds sur son bureau d'un air dégagé, il avait les jambes trop courtes.

     

    Et il ne valait mieux pas lui confier une arme, Soit il tuait la personne qu'il était chargé de protéger, soit il se blessait...

     

    Palmer était une création de Pétillon, un demi-Columbo mais qui ne résolvait les énigmes qu'on lui soumettait que malgré lui ou totalement par hasard. Palmer est improbable, c'est un personnage de cartoon égaré dans un univers réaliste, un « privé » qui ne tient pas l'alcool et qui est nul avec les femmes. René Pétillon venait de mourir à 72 ans il y a quelques jours. Pour le micro-détective c'était un crime c'est certain. Et il allait enquêter dessus !

     

    Mais qui avait tué ?

    Les pisse-froids, les donneurs de leçons, les moralisateurs ?

    Les comiques nuls ?

    Tous les imbéciles se prenant au sérieux détestant de plus en plus la satire et qu'on se paie leur tête dans les grandes largeurs ?

     

    Car !Pétillon était aussi dessinateur satirique dans divers journaux, il faisait preuve de mauvais esprit. D'un trait au départ inspiré par les dessinateurs de « Mad » comme beaucoup (un dessin hyper-fouillé, des détails dans tous les coins, une lecture forcément au second degré) il était passé à un dessin beaucoup plus épuré. Palmer ne comprit pas ce mot, il en nota la signification dans un carnet en parlant de me faire signer un contrat en « bonnet duform » pour devenir son traducteur attitré bien que lui affirme préférer les contrats en « feutre stetson », je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire.

     

    Nous allâmes boire un coup au café du coin et le cafetier dit bonjour au détective en l'appelant « monsieur Bardou », Palmer m'expliqua qu'il buvait sous couverture, il avait les yeux plissés dans une mauvaise imitation de Clint Eastwood, il m'expliqua qu'il était bien obligé à cause des risques fous qu'il prenait dans son métier. Je le soupçonnais d'avoir plutôt une « ardoise » conséquente quand je vis le patron revenir avec une note conséquente dans la main...

     

    Ce fut à cet instant que Palmer prétextant une enquête urgente m'embarqua vers la sortie dans sa 4L pourrie que nous utilisâmes en trottinette pour échapper aux vociférations du bistrotier. Je convainquais le détective de ne pas sortir son revolver du sac Tati qu'il s'entêtait à trimballer partout comme « camouflage ». Je le quittais là. J'appris quelques jours plus tard, prenant de ses nouvelles que Palmer s'était enrhumé alors qu'il avait pris la ministre d'Emmanuel Macron Marlène Schiappa en filature...

     

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    Amaury - Grandgil

  • Le ciné de Charles

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    cinéma, société, aznavour, hommage, mort, amaury watremezSi j'aime bien quelques chansons d'Aznavour, j'ai largement tendance à le préférer au cinéma....

     

    Il promène sa gueule caractéristique dans de nombreux films "noirs" des années 50-60, son accent de "titi" parisien pur sucre, son physique faussement frêle car il jouait toujours des "hommes" des durs. Il disait très bien aussi les dialogues d'Audiard. Il les avait en bouche aussi bien que les autres habitués du "petit cycliste". Celui-ci, faux dilettante, avouait d'ailleurs s'inspirer des expressions originelles  des acteurs et les utiliser pour leurs personnages. La plupart des répliques de Ventura et Blier dans "les Tontons Flingueurs" sont des phrases que l'un ou l'autre a dit auparavant dans des contextes bien entendu différents...

     

    "Éparpillé par petits  bouts façon puzzle" par exemple, c'est de Blier, "il commence à me les briser menu" c'est de Ventura aussi à la base, ou "tu veux quand même pas qu'on forme une amicale", réplique qu'il lance à Annie Fratellini dans "La métamorphose des cloportes" également...

     

    Dans "Tirez sur le pianiste" de François Truffaut, d('après David Goodis, polar bavard qui se la raconte un peu, Charles est le seul intérêt du film avec la merveilleuse Marie Dubois. On me rétorquera que c'est déjà pas mal, mais ce film noir qui nous dit, nous hurle, qu'attention le réalisateur n'est pas dupe des ficelles du film de genre qu'il entend déconstruire, tout ça, ne m'enchante pas. Et certes bien sûr il y a aussi la scène avec Michèle Mercier au début de l'histoire pour la bonne bouche et l'anecdote gauloise. Je crois que l'on est en droit de préférer "la mariée était en noir", plus sobre, plus "à l'os". C'est Charles qui dans "un taxi pour Tobrouk", film de guerre inoubliable et pacifiste dans le meilleur sens du terme, qui dit la réplique immortelle :

     

    "Deux intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche"....

     

    Dans "La métamorphose des cloportes" d'après Boudard, il est Edmond le copain d'enfance d'Alphonse qui finit par le trahir par trop de rancœur et de jalousies accumulées. Edmond, c'est le copain petit dur à carrure d'ablette, le petit voyou qui ne s'en laisse pas compter mais qui reste le petit qui a besoin d'un grand pour être protégé. Après avoir essayé de jouer la comédie de l'apaisement, du brave type transformé par la spiritualité indienne et tout le tremblement, Edmond finit par cracher son dépit à Alphonse qui le retrouve dans un petit pavillon meulière après avoir fait quelques années de "cabane" à cause de lui et qui veut lui casser la figure mais qui n'aura finalement pas à se donner cette peine.

     

    Et bien sûr il est le "petit" Kachoudas dans "Les fantômes du chapelier" (voir à ce lien) de Claude Chabrol d'après Simenon, le petit tailleur plus courageux que les tous les fiers-à-bras qui ose montrer à l'assassin Serrault qu'il le surveille, qu'il l'empêchera de commettre d'autres meurtres. Après ce film il ne tourna pas grand-chose de notable excepté un petit rôle dans "le Tambour". Quand je regarde ces films j'ai toujours l'impression que Charles est un de mes oncles parigots, un oncle de rêve, un de ceux que l'on sent un peu fragile derrière la carapace...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

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  • Petit(s) hommage(s) à Aznavour

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  • Martine découvre le communautarisme

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    martine aubry, immigration, société, politique, migrants, sécurité, amaury watremez, lilleIl est facile d'ironiser sur la déclaration que Martine Aubry, la maire de Lille, a faite sur certains quartiers qui ne sont plus en République (voir à ce lien) et qu'elle en avait parlé à Gérard Collomb. On sait bien qu'il y a certainement derrière l'intention de récupérer l'électorat qui vote dorénavant FN. Mais si elle elle le dit même pour ces raisons, elle la chrétienne de gauche, c'est que la situation doit être vraiment gravissime. Et qu'elle le dise montre aussi qu'une partie de la gauche commence lentement -il serait temps- à ouvrir les yeux sur les conséquences de sa propre politique menée depuis plus d'une quarantaine d'années. Elle a raison de fait, dans ces endroits nos lois, nos valeurs n'ont plus cours.

     

    Et c'est de notre faute.

     

    On nous cite toujours lorsque l'on évoque ce problème des cités les exceptions confirmant la règle, les professeurs encore dévoués, les éducateurs encore tous à leurs tâches malgré des salaires que l'on en est droit de trouver indécent. On nous demande des chiffres en réponse, des éléments statistiques alors que les statistiques ethniques sont interdites en France. On compare la délinquance des "blousons noirs" des années 50-60 à celle des "lascars" de cité. D'aucuns comme Samuel Laurent osent le rapprochement entre la brute rappeuse ayant pondu ce texte sur la pendaison des blancs et Brassens. Et puis de toutes façons c'est un fait entendu, tous ceux mettant en garde contre la montée des communautarismes, des revendications obscurantistes sont des racistes.

     

    Quand on ne laisse pas entendre qu'ils sont bons à psychiatriser...

     

    Dans les quartiers règne la loi du plus fort, la haine aveugle et brutale, la violence absoluée, celle du "business" de la drogue et autres trafics qui permet aux habitants des "cités" de consommer allègrement les produits vendus dans les zones commerciales qui sont toujours à proximité des immeubles. Tant que ça fait marcher la consommation, d'où vient l'argent n'a aucune importance n'est-ce pas ? Le système vendra la corde pour se faire pendre. La loi de ces "affaires" est une loi d'airain, très dure, personne ne peut prétendre y échapper. Cela commence par l'intimidation qui fonctionne à chaque fois, car la police n'intervient plus depuis longtemps : On les comprend, nous ferions-nous trouer la peau pour 1800 euros par mois nets ?. Les quelques "toubabs" ou "koufars" qui restent on les met au pas rapidement. Beaucoup devancent cette mise au pas en faisant le ramadan, en étant plus royalistes que le roi du Maroc en quelque sorte.

     

    Et puis quant aux éducateurs, ils n'ont pas envie qu'on leur crève les pneus s'ils se montrent un peu trop fermes...

     

    Je ne parle même pas ici de tous les "natios" et souverainistes enflammés que l'on peut lire, surtout sous pseudo, sur le net. Dans la vie, et c'est normal, c'est humain, ils sont moins exaltés, moins radicaux. Il faut bien vivre, et, ou survivre dans des environnements difficiles, de plus en plus. Il faut bien aller au travail, gagner sa croûte malgré une situation clairement de plus en plus tendue pour une seule raison. Tout le monde s'est satisfait pendant des décennies des grandes déclarations de bonnes intentions, bien lacrymales, bien gentilles aussi. Mais personne ne s'est soucié de savoir si ces populations s'intégraient ne serait-ce qu'un minimum à notre pays, des populations dont les modes de vie et valeurs témoignent surtout ne serait-ce qu'à leur arrivée de la sottise obscurantiste la plus crasse, de la loi du plus fort, du plus riche...

     

    ...Et le fait que cela ait existé en France supposément n'est pas une excuse.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

    Amaury - Grandgil

    illustration empruntée ici