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Le diable dans les bonnes intentions

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addiction, réseaux sociaux, politique, hypocrisie, facebook, twitter, mouni Mahjoubi, amaury watremezLe gouvernement actuel veut lutter contre l'addiction des jeunes, et des moins jeunes, aux réseaux dits sociaux. Il envisage même une loi pour en restreindre l'accès (voir à ce lien). On se doute bien que derrière ces bonnes intentions affichées ce n'est pas exactement l'addiction qui est le souci principal ici. Leurs gros sabots sont plus qu'apparents, on les entend venir. Et on se dit que la tentation était trop forte, qu'il fallait bien qu'ils y arrivent un jour...

 

...Nous y voilà donc.

 

Ils ne varient pas dans leur discours. Il faut leur reconnaître cela. Dans l’Éducation Nationale, c'est depuis leur création que lorsqu'on évoque ou que l'on se doit d'évoquer les réseaux dits sociaux c'est obligatoirement en les diabolisant. Quant aux discours contredisant la « bonne parole » idéologique, ils sont toujours suspectés avec plus ou moins d'habileté de complotisme, de négationnisme, j'en passe et des pires. Alors que le respect de la pluralité devrait plutôt inciter à en parler de temps en temps afin de ne pas imposer un seul discours.

 

La prédominance de celui-ci repose surtout sur la peur de beaucoup d'être largués en cours de route par le train du progrès et de perdre la bonne image qu'ils ont auprès des autres. Il ne s'agit même pas de convictions profondes.

 

Les réseaux dits sociaux qu'on les apprécie ou pas, qu'on y soit inscrit ou pas, que ce soit ceux des GAFA ou ceux plus subversifs constituent le premier lieu d'opposition aux pouvoirs, une opposition marquée, radicale et parfois brouillonne mais une opposition. La presse et la plupart des médias français sont tous noyés dans le même discours politico-économique et dans une endogamie évidente, voire une consanguinité, y compris les médias dits « politiquement incorrects » sans doute à quelques exceptions près. Mais j'ai du mal à les entrevoir...

 

...Si ces médias avaient quelque importance il y a belle lurette que des dérives ne se produiraient plus, or, elles ont lieu tous les jours.

 

Je me souviens de cette soirée d'une de ces publications tellement « hors des rails » à laquelle j'avais été invité comme Candide de service, comme le blogueur « amateur éclairé » alibi d'un petit milieu où je vis que tout le monde se connaissait, y compris « bibliquement » de temps à autres, que tous venaient du même milieu favorisé voire très favorisé.

 

Attention l'auteur de ces lignes aimerait bien parfois que les personnes qu'ils croisent dans le train, dans le bus, dans la rue lèvent pour la plupart le nez de leur écran. Mais cette addiction n'est que le symptôme d'un mal être social autrement plus fort, autrement plus grave, d'une crise morale autrement plus dramatique. Ce sont justement les mêmes politiques qui veulent hypocritement lutter contre l'esclavage informatique qui le provoquent en ayant organisé depuis des décennies l'atomisation sociale et la désintégration progressive des anciens liens de sociabilité.

 

En 2018 la société française est devenue un empilage d'individus sans plus aucun lien véritable en dehors de deux ou trois poncifs mièvres. S'ils voulaient pour de bon lutter contre cette addiction ils devraient nous inciter à réfléchir comment redonner du sens à notre société, et non à encore légiférer, à encore interdire. Mais je doute que cela les inquiète.

 

Leur proposition de loi rencontrera certainement beaucoup de succès chez tous les « idiots utiles » pour qui Facebook ou Twitter c'est le diâââble. Tous ceux qui n'ont de cesse de dénoncer le pouvoir d'internet et des grandes entreprises américaines le contrôlant sur le net, ce que j'ai toujours trouvé pour le moins contradictoire, que ce soit dans des commentaires de forums ou même au sein de ces réseaux conspués par ailleurs. Ils réclameront à cors et à cris ni plus ni moins que d'être muselés, tels des gosses trop gâtés qui attendent que le pion sonne la fin de la récré.

 

Les réseaux sociaux permettent des rencontres qui ne se feraient pas sans eux, ils permettent de merveilleuses rencontres aussi, de celles qui bouleversent votre vie. Qu'ils aient leurs défauts par ailleurs ne retire rien à ce simple fait.

 

Illustration empruntée ici

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

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