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Le petit Nicolas entre au collège

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Il y a longtemps que je n'ai produit ce genre de petit hommage au personnage de Sempé et Goscinny, ça me manquait.

 

Le_petit_Nicolas+%282%29.jpgCe matin, après mon petit déjeuner (du chocolat et un croissant drôlement bon que Maman avait acheté pour moi) Maman a voulu remettre ma mèche qui remonte tout le temps sur mes cheveux et a retiré sa main au dernier moment en disant que j'étais un grand maintenant. Papa de toutes façons est venu juste après et m'a ébouriffé les cheveux que j'avais essayé de coiffer juste avant pendant dix minutes. Alceste, mon copain qui est très gros je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de lui, est venu me chercher à la porte. Il a dit bonjour madame à Maman et a serré la main de Papa comme un monsieur.

 

Et puis il a accepté le croissant avec un peu de confiture que Maman lui a donné. Et nous sommes partis. J'avais une petite boule à la gorge mais je n'osais pas le dire à Alceste qui mangeait nerveusement son deuxième croissant, celui qu'il a de secours dans son cartable.

 

Quand nous sommes arrivés au collège, il y avait déjà tous les autres copains devant la porte d'entrée et des tas de gars que nous ne connaissons pas. Il manquait Clotaire qui redoublait sa classe de CM2. On le vit passer en vélo, avec ses gros genoux rouges. Je vis bien que Eudes soupirait et je le lui demandais : « pourquoi tu soupires ? ». Eudes répondit que « non monsieur je ne soupire pas, non monsieur je ne suis pas inquiet d'entrer au collège ». Et il demanda qui disait ça en menaçant de nous donner un coup de poing sur le nez. Mais nous voyions bien qu'il avait un peu envie de pleurer.

 

Nous avions tous grandi pendant les vacances, maintenant Joachim avait de très longues jambes et un buste tout petit. Marie-Hedwige vint me donner un petit coup avec son index sur mon épaule. Marie-Hedwige c'est ma voisine, elle a de chouettes cheveux blonds et des yeux très bleus et elle joue très bien du piano. Elle me sourit puis me fit la même tête que Maman quand je ramène un zéro en maths : « Dis donc tout à l'heure tu ne m'as pas dit bonjour ? Ce n'est vraiment pas bien du tout ». Et elle s'en va en fronçant les sourcils même si après elle me fait le coup des cils qui battent dans l'air.

 

Je ne comprends pas grand chose aux filles.

 

Nous avons entendu la sonnerie et nous sommes allés dans la cour écouter le discours de la directrice, une dame en robe comme celle de madame Courteplaque mais avec un regard plus sévère et moins de rouge sur ses joues. Elle nous parla du sexisme, du racisme, des personnes LGBT et l'homosexualité (j'ai demandé à un surveillant dans la cour comment ça s'écrivait) et aussi de l'antisémitisme, et puis du cyber-harcèlement mais de toutes façons Papa et Maman ne veulent pas que j'aille sur internet. Je ne connaissais aucun de ces mots. Je croyais être comme ces forçats que j'ai vu dans un film

 

Notre professeur de français qui nous accompagnait se tenait tout le temps l'index où il y avait une petite trace blanche en l'écoutant. Et je vis bien qu'elle avalait en cachette ensuite une petite pilule rose.

 

Ensuite nous sommes allés chercher nos manuels au CDI après qu'un professeur nous ait donné une liste de courses à faire beaucoup moins drôle que celle des cadeaux à Noël. Au CDI il y avait monsieur Georges le professeur documentaliste. Il est tout rond et il a un petit sourire aux lèvres. Les grands nous ont dit de faire attention parce que avec lui on ne sait jamais s'il nous dispute ou s'il rigole, alors on ne doit pas faire les guignols. Il a dit à Alceste qu'il ne fallait pas être trop gourmand sinon il serait obligé de faire le même métier que lui.

 

Alors Alceste a tout de suite rangé son troisième croissant de la matinée en essuyant le beurre sur ses manches et il a dit « oui monsieur » d'une toute petite voix. Monsieur Georges a rigolé et lui a dit qu'il plaisantait...

 

...Mais Alceste n'a quand même pas ressorti son croissant.

 

C'est chouette le collège. Heureusement qu'il y a monsieur Georges (ici l'auteur se jette des fleurs, il est incorrigible).

 

Amaury – Grandgil

 

d'après Goscinny et Sempé

 

illustration empruntée ici

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