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L'indispensable union

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politique, société, macron imperator, assemblée, union, insoumis, RN, amaury watremezEntre la France insoumise et le Rassemblement national l'union devrait être en ce moment indispensable, un peu comme dans « la rose et le réséda » d'Aragon qui évoque ces résistants venant d'horizons divers unis pour une même cause : la France. Pourtant cette union ne se fera pas. Trop d'idéologie des deux côtés, trop d'ego, et trop peu de réflexion politique réellement développée. Beaucoup raisonne encore en politique comme si nous vivions encore durant les « trente glorieuses », dans l'après 68, comme si nous pouvions encore nous permettre de l'insouciance, de l'irréflexion, de l'immaturité.

 

On ne peut plus jouer le petit jeu comme à guignol des « bobos » de gauche contre les « prolos » de droite, de l'affrontement des anti-fâââchiistes se voyant comme rimbaldiens et les salauds de réacs nostalgiques d'on ne sait quoi.

 

Les temps ont changé, Macron n'a pas tort, ce qu'il appelle l'ancien monde est derrière nous. Et il ne reviendra pas...

 

Il y aurait pourtant de nombreuses raisons à s'unir largement au delà des clivages, à ce que tous les souverainistes s'accordent enfin pour sauver ce qui demeure des lambeaux de notre pauvre nation :

 

Macron a fait ce que de nombreux personnages historiques ont fait avant lui en France en période troublée, il a ramassé le pouvoir qui était à terre et a profité des faiblesses de notre système. Il joue aussi sur le besoin d'ordre des populations qui depuis qu'elles ont exécuté le roi se cherche désespérément un père de la Nation. Il n'est pas du tout original de ce point de vue, il s'est entouré de fidèles pour arriver à ses fins et a réussi à faire élire une assemblée de députés lui devant tout et uniquement là dans un rôle d'enregistrement.

 

On a vu à quel point ils ne souciaient absolument pas du reste multipliant les approximations, les cafouillages, l'une prétendant ne pas travailler le mercredi jour des débats à l'assemblée, pour ses gosses, l'autre menant les échanges à la vice-présidence en dépit du bon sens.

 

Le débat démocratique normal, la « disputatio » politique est constamment raillée, vilipendée, car non rentable, car peu bénéfique. Elle ralentit. C'est de la politique politicienne, on est dans aussi dans la forma habituelle d'anti-intellectualisme traditionnel depuis des décennies en France. La méritocratie républicaine déjà bien méprisée, bien entachée depuis longtemps, est foulée aux pieds sans aucune vergogne, ne compte que la proximité avec le président et ses proches, tout le reste n'a aucune importance (la compétence, l'expérience etc...).

 

C'est d'ailleurs pour cette raison que l'affaire Benalla est grave.

 

Si Macron a un « ethos » présidentiel très autoritaire, il n'en reste pas moins libéral libertaire, mondialiste et européaniste convaincu, persuadé sans doute sincèrement que c'est le seul moyen de régler la crise systémique que nous subissons depuis 1973. Pour lui les réformes n'allant pas assez rapidement à son goût, il a entrepris une réforme constitutionnelle uniquement prévue pour lui donner encore plus de pouvoirs et se passer carrément de l'enregistrement. Il est là comme d'autres avant lui essentiellement pour protéger les intérêts matériels de la caste, des oligarques et leurs larbins qui se contentent des miettes.

 

Les médias pour ceux dispensant la « bonne parole » ne s'y trompent pas, attaquant avec autant de force, avec autant de rage Insoumis et Rassemblement National. Eux savent qu'une union des deux forces comme en Italie serait tragique, pour eux.

 

Alors oui il faudrait s'unir, il faudrait être turbulent, irrévérent, irrespectueux des vaniteux. On se demande où est passé ce peuple parisien entre autres qui n'hésitait jamais depuis au moins « la Fronde » à se soulever dés qu'un pouvoir allait trop loin. On se souvient de l'Action Française qui défendait la création de syndicats avec les communistes, qui défilait avec les anarchistes contre les brutalités des « nervis » du pouvoir. Ceux-là n'avaient pas peur d'aller en prison, de risquer les coups. Et vous qu'êtes-vous prêt à risquer ?

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration prise ici

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