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Le dégoût de l'excellence

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On me demande souvent ce que j’entend par là, comme si c'était une notion relativisable, comme si il y en avait plusieurs définitions. Ce concept dérange, il gêne beaucoup, et pourtant...

 

culture, littérature, savoir, politique, société, amaury watremezDévelopper l'excellence permet qu'il y ait au sein du peuple le développement d'une véritable élite, ou tout du moins d'une exigence culturelle et intellectuelle minimale. Le manque de culture et le dégoût de l'excellence donnent raison à tous ceux préférant se vautrer dans leur médiocrité même si cela doit amener chez eux une aliénation évidente, de la frustration, de la rancœur, de la colère qu'il défoule sur le web dans des « quart d'heure de la haine » autorisés. Cette population sera d'autant plus soumise pour consommer, obéir, sans jamais se poser de questions sur la légitimité de l'autorité.

 

C'est selon moi l'origine du mal. Suite à quelques bourdieuseries, largement relayées, suite à des politiques démagogiques, tout ce qui pouvait relever de l'excellence ou y mener a été soigneusement mis en pièces, renié, détruit. On la critique avec beaucoup d'hypocrisie car dans les milieux matériellement favorisés elle demeure de mise, on feint d'y croire cependant que le goût de la culture et de l'intelligence ne tiendrait qu'à cause du montant du compte en banque. Alors que l'excellence peut provenir de tous les milieux sociaux.

 

Bien entendu, si elle n'est pas encouragée elle meurt rapidement...

 

Le cerveau serait comme une espèce de muscle aussi, qui s’entraîne, qui s'entretient, qui demande une discipline...

 

Cette excellence, dans ma vie professionnelle j'ai souvent tenté de la favoriser, d'en donner l'aspiration, avec le goût de l'effort, du travail pour arriver à quelque chose qui se tient : un raisonnement, une création artistique,, littéraire et j'en passe et des meilleures. Bien entendu à mon niveau, et je suis loin d'être le seul. Curieusement, sur ce sujet, concernant l'émancipation par le savoir, j'ai toujours été plus proche des vieux gauchistes, des vieux libertaires (il n'y en a plus beaucoup hélas) que de mes contemporains, ou que de mon camp supposé, moi le réac, le méchant, le droitard...

 

Il y a toujours eu entre nous une convergence de vues dans le fait de croire que des gosses de « cités » et ou défavorisés par la société sont tout autant capables d'accéder aux classiques que les autres...

 

...Bien entendu, les institutions sont de moins en moins du même avis. Alors que je faisais tout pour emmener des élèves voir « l'éventail de Lady Windermere » au théâtre du Palais Royal. J'avais choisi exprès un « vrai » théâtre avec une pièce classique pour que ces jeunes en voient une au moins une fois dans leur vie. Il m'avait été suggéré de plutôt les amener dans un parc d'attractions « c'est plus de leur niveau monsieur Watremèze ». Devant mon obstination, Vigipirate avait été invoqué pour m'empêcher de faire aboutir ce projet...

 

Ces gosses n'étaient pas de la caste, quelle utilité y aurait-il eu à leur proposer d'assister à une pièce d'Oscar Wilde alors que plus tard on veut surtout qu'ils soient des « crétins dociles et polyvalents » pour reprendre Brighelli.

 

Mais comme d'autres je me suis heurté à de nombreuses inerties, à des murs idéologiques d'une dureté sans pareil, voire à désir de censure de toutes ces œuvres du passé que l'on juge « poussiéreuse » et qui vont contre la bonne parole actuelle. Tous ces auteurs qui ne sont ni soucieux des LGBTQ +, de la diversité, du féminisme, et toutes les « phobies » intolérables en 2018 (comme Kipling, voir à ce lien). Cette censure hypocrite s'exerce aussi en misant sur les complexes et la vanité de ceux l'exerçant. Ils sont peut-être ignares et incultes mais ils sont tellement progressistes car évacuant tout ce passé par eux honni !

 

Désirer cette excellence c'est aussi rejeter cette société de castes que l'on veut manifestement nous imposer depuis quelques temps.

 

Afin de conforter les personnes dans cette crasse intellectuelle la culture, le savoir, l'intelligence sont systématiquement raillées depuis longtemps. Être intelligent c'est être un « nerd » inadapté et forcément hilarant, un méchant prétentieux, un salaud misanthrope et méprisant. Il n'y a rien de plus fort, rien de plus puissant que le complexe culturel. Il donne lieu à des auto-justifications, des excuses que l'on se donne, des invectives très souvent. C'est a contrario bon signe car cela signifie que les peuples savent bien qu'il leur manque quelque chose, qu'on leur a ôté quelque chose d'indispensable quoi que non quantifiable...

 

...Et donc d'autant plus fondamental.

 

Beaucoup plus que de savoir s'il y a la ouifie ou non dans votre coin de vacances...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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