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L'autre côté du monde musulman

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littérature, société, politique, livres, amaury watremez, rue al muttanabi, irakOn le remarque dans la plupart des moments historiques dramatiques, quand un arbitraire menace qu'il soit idéologique ou religieux, les tyrans qu'ils soient seuls ou pluriels s'attaquent très vite à la Littérature. C'est dire l'aspect transgressif qu'elle a pour eux. Elle contredit leurs idées absurdes et va contre le bonheur universel qu'elles prétendent imposer sans demander le consentement de qui que ce soit. C'est ce qu'on fait aussi les islamistes. Une tyrannie commence toujours par un décervelage intensif et un ou deux autodafés.

 

La littérature encourage le rêve, l'expression des sentiments, des sensations. Elle encourage au libre-arbitre, à l'indépendance d'esprit. On comprend qu'ils la détestent.

 

On n'évoque jamais dans les médias officiels comme ceux prétendant ne pas l'être l'autre face du monde musulman qui est celle des quatrains d'Omar Khayyam ou des histoires de Shéhérazade racontées dans les Mille et Une nuits, celle que l'on peut trouver à Bagdad rue al Muttanabi, l'artère de la culture de cette ville.

 

 Non, on ne parle toujours que des islamistes, des radicaux, des salauds théocrates pour soit les accabler de tous les maux, soit en faire des victimes qu'ils ne sont pas tout à fait. C'est pour beaucoup une manière de s'absoudre de leur haine des juifs :

 

Ils n'haïssent pas les juifs, ils défendent des communautés opprimées par les israéliens et les sionistes, voyons.

 

Et puis qui sait, en étant très très gentils avec eux, très complaisants, les islamistes les épargneront peut-être. Qui sait ?

 

Tout ce pan pourtant énorme de la culture musulmane évoqué ci-dessus est complètement oublié. Je crois que c'est surtout par ignorance. Je pense aussi que c'est également car la culture normalement incite à réfléchir sur ses haines, sur ses convictions, à les nuancer, à voir en clair un peu plus loin que le bout de son nez. Et voir plus loin que le bout de son nez, c'est insupportable, c'est du travail, c'est fatiguant. Car en plus ça demande un effort, un gros pour un citoyen-consommateur de nos temps troublés sans parler de celui consistant à soulever un livre.

 

Rue Al Muttananbi à Bagdad, progressivement les irakiens s'autorisent à redécouvrir la passion des Lettres. Alors que dans nos pays progressistes, si modernes, on ne lit plus, on n'achète plus d'ouvrages, sauf pour faire bien sur la table basse du salon-salle à manger Roché-Bobois (TM°). Dans nos bibliothèques on expurge tout ce qui peut gêner, qui peut déranger la béatitude des êtres a priori encore pensants composant notre société.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée ici

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