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On ne frappe pas un homme à terre

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musique, bertrand cantat, société, politique, noir désir, féministesJ'ai toujours eu la haine viscérale de la foule, l'horreur de l'instinct de troupeau. Plus on est nombreux, plus il est facile de se laisser envahir par la griserie de la violence grégaire. Plus on est en groupe, plus il est confortable d'abandonner tout libre arbitre, de se laisser aller à l'ivresse de la malveillance en groupe, du pilori, en toute impunité, au nom du bien. Une manifestation à plus de deux, c'est bel et bien à mes yeux toujours une bande de cons. Quel que soit le prétexte invoqué. Fût-il prétendument humaniste.

 

Le net a tendance à exacerber aussi ces fâcheuses tendances humaines, avec le sentiment que planqués derrière son écran on ne risque pas grand chose. Cela montre toujours toute la superficialité malheureusement du vernis social.

 

 Je ne suis pas exactement un fan énamouré de "Noir Désir" et de Cantat l'ancien leader de ce groupe. Tout ce fatras pseudo-romantique pour petits bourgeois rebelles ou se croyant l'être m'a toujours bien agacé et bien amusé. Ce n'est pas du bon rock, ce ne sont même pas des textes véritablement intéressants. Bertrand Cantat a commis un meurtre. Légalement, selon nos règles de vie, de droit, il est allé jusqu'au bout de sa peine. Ne sachant pas sonder les reins et les cœurs, je n'ai pas ce talent, je ne peux juger s'il est repentant ou non.

 

Et celle-ci était de la prison. Je me demande si ceux qui le conchient maintenant se rendent bien compte de quoi ils parlent quand il est question d'enfermement. Ne serait-ce que pour une journée. Loïc Le Floch-Prigent dans le livre qu'il a écrit sur le sujet évoque alors qu'il en sorti ces nuits où il entend encore les cris atroces des gosses se faisant violer dans les cellules alentours. Car c'est cela aussi la réalité de la taule. Ce n'est pas comme envoyer un sale gosse dans sa chambre sans manger.

 

Le fait est que Cantat n'est pas vendeur d'encyclopédie ni charcutier mais chanteur. Et qu'un chanteur vit de sa musique. Ce n'est pas son crime qui est célébré quand il est sur scène mais ses chansons.  Mais pour la foule il convient qu'il ne soit plus connu, qu'il retourne à l'anonymat. C'est comme une vengeance, l'idole a déçu, elle doit déchoir automatiquement, rentrer dans le rang.

 

Si on ne l'aime pas, si on le hait encore plus à cause de l'assassinat qu'il a commis, la meilleure chose à faire est de montrer son indifférence. Et non de le vouer aux gémonies, de lui envoyer plusieurs anathèmes dans la figure. Je me demande également comment le vivrait ceux qui jugent aussi durement Cantat si on les jugeait avec la même mesure qu'ils utilisent pour les autres. S'en rendent-ils compte ? J'en doute.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration prise ici

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