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Témoigner de sa foi catholique en 2018

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Foi, catholiques, église catholique, société, politique, religions, amaury watremezLorsque l'on évoque la Foi chrétienne, en particulier catholique, en 2018, la plupart du temps votre interlocuteur soit condescendant soit carrément hostile vous répond que la Foi n'est pas un concept rationnel et que toute croyance relève de la superstition. Cette réponse est stupide puisque la Foi, par définition, ne relève pas de la rationnalité, sinon cela ne s'appellerait pas ainsi Notre société se croit beaucoup plus raisonnable. Elle a inventé le Smartphone, cet outil censé développer les communications et utilisé pour surtout les éviter, et l'on n'a jamais autant vu de pseudo-coachs de vie mélanger tout et son contraire dans ce qui reste des spiritualités, sans parler des horoscopes dans la plupart des journaux.

 

Je dis bien, lorsque l'on évoque la Foi chrétienne car lorsqu'un musulman ou un juif, ou un bouddhiste, évoque ce en quoi il croit, cela devient soudainement beaucoup plus respectable. Étonnant, non ?

 

Dans le meilleur des cas, l'interlocuteur répliquera qu'il respecte les croyants mais pas les dogmes et pas toutes leurs croyances et qu'il refuse qu'on lui impose des valeurs ou quoi que ce soit. Notons que le simple fait d'en parler est vécu comme totalement arbitraire et insupportable, comme l'obliger à y croire. Il faut dire que la Foi, comme tout idéal de vie, implique des devoirs envers les autres, une morale. Pour couper court à toute argumentation mesurée, on n'oubliera pas de renvoyer le chrétien à l'Inquisition, aux cathares, aux "dragonnades" comme si tous les catholiques, y compris ceux de maintenant devaient encore et toujours porter la faute de leurs ancêtres.

 

 L'on attend des catholiques qu'ils tendent continuellement la joue gauche, qu'ils se laissent injurier sans réagir, qu'ils soient sempiternellement dans l'auto-flagellation ce qui est il faut le dire le cas de nombreux croyants en église. Ils se pensent contraints à sans cesse rejeter le passé de l'Église et tout ce qui la constituait, sous prétexte de modernité obligatoire. Ce qui est actuel et nouveau est forcément bon et positif. Ce qui est ancien forcément poussiéreux et insupportable. L'on attend finalement des catholiques qu'ils soient tièdes à l'extrême tout comme leur Pape, pourtant "Dieu vomit les tièdes" ainsi que disait Bernanos...

 

...Un catholique ardent est vu comme un missionnaire désirant obliger les autres à se convertir et avec eux toute la société, nostalgique à n'en pas douter de l'ordre moral. Un intégriste c'est certain, tout aussi dangereux aux yeux des bien-pensants hypocrites qu'un séide de Daech.

 

Et je ne parle même pas de ceux se lançant dans un délire sur l'idéologie "déiste" qui n'a jamais existé. On est toujours surpris par la haine farouche et à sens unique contre le catholicisme, une haine il faut dire teintée de lâcheté car on ne risque pas grand-chose...

 

A la décharge de ces contradicteurs, il faut dire que les catholiques donnent souvent le bâton pour se faire battre. Les 1 à 2 % de catholiques pratiquant régulièrement ont souvent remplacé la Foi et ce qu'elle entraine par une sorte de gentillesse bien mièvre universelle et obligatoire. La plupart d'entre eux ont dit à leurs enfants et petits enfants que la pratique religieuse était de toutes façons superflue que seuls comptaient les actes, ce qui explique en grande partie la désaffection des églises le dimanche à l'exception de quelques endroits toujours cités en exemples par ceux qui sont persuadés d'un renouveau, d'un "retour de balancier" pas encore vraiment probant.

 

En dehors peut-être de quelques moments où les bourgeois pédagogues sont allés beaucoup trop loin dans les lois sociétales.

 

Quand ces croyants parlent de souffrance, de pauvreté, ils en parlent très légèrement, sans approfondir réellement. Ils ignorent la Croix, ne veulent pas la voir, ne veulent plus en entendre parler. Et quand ils y sont vraiment confrontés cela les gêne plus qu'autre chose. L'indifférence d'une bonne partie des catholiques face à ces sujets, pas très différente il est vrai de celle de notre société, met en colère. Beaucoup trop de croyants sont dans une pratique "sociologique", ils vont à la messe comme ils iraient à un conservatoire social de bon milieu, pleurnichent parfois pendant l'homélie du prêtre et une fois sortis sur le parvis se hâtent de tout oublier sur la charité, l'altérité et les devoirs que l'on se doit d'avoir envers les autres.

 

Les catholiques, du moins en France, ne sont plus qu'un "petit troupeau", un "petit troupeau" assiégé, vilipendé, de moins en moins nombreux. On rêverait de Blanche de la force, on peut toujours les espérer contre toute attente. Sinon autant sombrer dans l'acédie.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration prise ici

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