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La politique sans risques (entre soi)

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politique, littérature, société, flaubert, amaury watremezDans « l'Éducation sentimentale » Gustave Flaubert décrit déjà très bien des figures que l'on trouve encore maintenant dans les milieux politiques. Ce sont les mêmes de Frédéric Moreau à Deslauriers, du petit bourgeois un peu trop romantique à l'ouvrier trop idéaliste qui seul pâtira des conséquences de ses actes, sans oublier les jeunes femmes gravitant autour des politiques, des révolutionnaires comme Dussardier ou Sénécal, des journalistes. Des cœurs à prendre du même milieu social, émues par les emballements surtout romanesques de leurs amants qui retourneront tous au conformisme social une fois les diplômes acquis. Ainsi qu'à la fortune.

 

Et elles savent aussi très bien que ces hommes s'enrichiront insolemment plus tard ce qui ;leur assurera la sécurité matérielle...

 

C'était déjà la politique sans risques « entre soi ». De la gauche à la droite finalement c'était le même milieu social, la même consanguinité de milieux, le vrai clivage n'étant déjà qu'entre les nantis et les autres. Les nantis jouaient déjà plus ou moins sincèrement la comédie de l'affrontement, de la dichotomie mais cela ne trompait personne. Depuis, ils n'ont guère changé. C'est toujours la même comédie à la fois sinistre et grotesque, une comédie des égos (démesurés), des mesquineries, des petites vengeances, des névroses de pauvres petits enfants riches.

De tout l'éventail politique on retrouve les mêmes archétypes, de l'égérie réactionnaire ou gauchisante en passant par le précaire de la France dite périphérique qui sert d'alibi à tous les autres. Eux se connaissent bien, parfois ils se connaissent même bibliquement parlant ainsi que l'on disait auparavant. En gros ils couchent ensemble pour être clair pour le lecteur moderne, ont couché ensemble, recoucheront ensemble, feront de la synthèse politique appliquée en somme.

 

C'est pratique, l'on décide de la politique éditoriale d'un journal de cette manière, on fixe des objectifs de parti en joignant l'utile à l'agréable etc...

 

Bien sûr coucher avec son patron, sa patronne, peut présenter de menus inconvénients...

 

Ils se fréquentent depuis longtemps. Ils ont fréquenté les mêmes - »bonnes »- écoles, les mêmes universités, souvent les mêmes filières. Ils le savent très bien et ne se supportent qu'entre eux. Par « bonne » école on n'entend pas d'ailleurs celles qui ont un bon niveau mais celles où l'on demeure entre soi, sans mésalliance, surtout pas de mésalliance.

 

Tout corps étranger est immanquablement rejeté à moins de se conformer rigoureusement aux exigences et vanités du milieu. Et encore il ne sera pas coopté comme ça, aussi facilement, il faudra qu'il en passe par des années de cirage de bottes.

 

Ceux réussissant le mieux, les plus scolaires, les plus dociles aussi aux codes du système, deviendront hauts fonctionnaires, responsables politiques, éditorialistes distingués, spécialisés ou non dans un domaine. Les paresseux, les indécis, ceux qui font une crise de puberté prolongée, on leur trouvera bien une place dans la publicité ou le journalisme, ou bien encore l'édition pour ceux se piquant de culture. Le tout ayant qu'ils aient quand même un beau brin de plume. Bien entendu, cela suppose aussi deux doigts de servilité aux vrais maîtres de cette société, à savoir ceux qui ont l'argent. Un fils de famille qui ne fait rien à l'école trouvera une place toute prête à l'accueillir, et à entretenir sa paresse.

 

Je ne parle pas ici des « pureplayers » où l'on trouve parfois des auteurs persuadés que les grands de ce monde lisent leur prose terrifiés chaque matin. Ceux-ci considèrent ça comme autoriser une laisse plus ou moins longue aux petits, leur faire croire qu'ils comptent. C'est d'ailleurs cela la première motivation -inavouée- des complotistes, redevenir des « sujets » et non des objets passifs des évènements...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration prise ici

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