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La fin des chrétiens d'Orient

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Un film très intéressant sur Arte replay à ce lien sur le sujet

 

chrétiens d'orient, société, eglise de France, indifférencce, islamisme, politiqueDieu écrit droit avec des lignes courbes écrivait le père le Guillou, grand exégète et aumônier des bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre. Et il a de l'humour. A l'exception de quelques paroisses et d'un ou deux diocèses, essentiellement du Sud, étant autant de particularités, on ne parle dans aucun lieu notable des souffrances des minorités chrétiennes en pays musulman. Sauf à l'institut du Monde arabe dirigé par l'ineffable Jack Lang, endroit où sévit aussi Houria Bouteldja. On peut y voir une exposition très bien faite sur le sujet même si celle-ci ressemble aussi à un inventaire avant décès (elle a lieu encore quelques jours, voir à ce lien)...

 

Il existe une vingtaine d'églises parmi ces croyants. Ils sont pour 60% orthodoxes et 40% catholiques. Ce sont les églises originelles du christianisme, ce sont eux qui ont préservé jusqu'en 2018 l'histoire du Christ, les lieux de son parcours sur cette terre, et des traditions remontant aux origines de la foi chrétienne. Ils célèbrent en arabe, en syriaque, en copte, en éthiopien, en grec, en latin. Ils sont persécutés depuis des siècles mais ont su pourtant vivre très longtemps en pays musulman en préservant leur foi.

 

Rentré en France j'ai vainement cherché le même accueil dans une paroisse française ne le trouvant guère qu'à saint Gervais, à la médaille miraculeuse ou saint Louis d'Antin...

 

Et en Europe, en France de toutes façons, tout le monde ou presque s'en fiche, à commencer chez les catholiques où ces frères et sœurs dans la foi sont considérés comme des survivances folkloriques, des curiosités et rien d'autres. Ils se font assassiner dans l'indifférence générale des occidentaux qui pleurnichent un peu puis qui oublient. Ils étaient pourtant très longtemps des ponts entre les deux cultures, une possibilité de paix durable. Il y a pire que cette indifférence, certains vont même jusqu'à contester ce qui leur arrive ce qui n'est il est vrai que l'expression de leur lâcheté face à la barbarie obscurantiste.

 

Notons qu'il n'y a jamais de photos de ces communautés opprimées au fronton de l’hôtel de ville de Paris, aucune indignation vertueuse des grands esprits.

 

C'est grâce à ma mère que j'ai entendu parler pour la première fois des chrétiens orientaux dans les pays arabes alors qu'elle nous faisait le catéchisme. Mes grands parents étaient allé en Terre Sainte en 1965. Elle évoquait la division des chrétiens, les conflits picrocholins des églises chrétiennes au Saint Sépulcre mais aussi la profonde humanité du lieu. Dans les années suivantes, jamais personne, clerc ou laïc n'aborda le sujet. On parlait beaucoup de Martin Luther King, de Gandhi, à croire qu'il ne fallait surtout pas exalter de personnages chrétiens...

 

Arrivé à Jérusalem moi-même en 1998 j'ai constaté la profonde division des chrétiens sur place ainsi que l'indifférence des catholiques dits « latins » des souffrances des chrétiens orientaux, à commencer au sein des communautés dites nouvelles où l'on préférait vivre en cercle fermé, prier entre soi et de temps en temps aller à la messe dite « consulaire » pour compenser quelque complexe social. C'est grâce à un père blanc que j'allais le plus souvent possible à la messe paroissiale grecque-catholique à Ramallah.

 

J'avais été frappé par leur capacité d'accueil, sans tout cet enrobage sentimental-mièvre devenant la règle sous nos cieux, sans non plus de volontarisme affiché. Quelqu'un venait nous montrer où nous en étions sur un missel en deux langues, arabe et français, le prêtre disait deux fois son homélie, une fois pour nous en français, ainsi que l'Évangile. Les paroissiens nous saluaient à la fin de la messe, nous n'étions pas juste des pièces rapportées.

 

Ils fuient des pays qui étaient les leurs, où ils étaient -relativement- protégés par les régimes baasistes....

 

Ils sont assassinés quotidiennement...

 

Et pour la plupart, à quelques exceptions, vous regardez ailleurs, voire vous justifiez ce qui se passe.

 

 

Illustration empruntée ici

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

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