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De Tous Charlie à Tous Charlie mais...

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Il était une fois un journal qui n'avait plus rien à voir avec le brulot anarchiste fondé par Choron et Cavanna dans les années 70. On y étrillait toujours les mêmes cibles cependant :

 

la police et l'armée, l'église, sans craindre grand chose.

 

De temps à autres on faisait bien une petite blague sur les juifs et les musulmans pour montrer que l'on attaquait tout le monde mais avec précaution. Les ténors du journal, cautions « historiques » de sa refondation en 1992, vieillissaient doucement, nourrissant leurs obsessions alors qu'ils étaient au fond devenus ce qu'ils détestaient quand ils étaient jeunes, à savoir des bourgeois installés. Ils avaient été rejoints par de jeunes dessinateurs les idolâtrant, ils jouaient les grands anciens tellement sages, experts libertaires en caricature...

 

Ne comprenant pas ce qu'est l'Islam, ce qu'il représente actuellement, ils ont publié les fameuses caricatures de Mahomet sans avoir conscience des risques encourus. Ils se sont dits que les musulmans se comporteraient comme ces bon vieux catholiques terrorisés-terrifiés pour la plupart par la peur de passer pour réacs. Ils ont assorti les fameuses caricatures de dessins de leur cru tournant en dérision les réactions des fanatiques islamistes, les ridiculisant. Et cela les fous de Dieu n'aiment pas. Comme leur radicalité religieuse est souvent assortie d'un manque total de confiance dans leur masculinité, ils se sont sentis profondément blessés là aussi.

Et ils ont réagi avec célérité, haine et violence.

 

D'abord en mettant le feu à l'ancien local de « Charlie Hebdo » en 2011 (voir à ce lien) ensuite en massacrant toute l'équipe de rédaction le 7 janvier 2015 (voir à ce lien par là). Sidérés les survivants là à ce moment ont commencé à réaliser enfin ce qui se passait en France. Je songe entre autres à Zineb El Rhazoui, journaliste courageuse qui est des plus claires sur la question, clarté qui lui doit d'être sous protection 24 heures sur 24 heures car les fanatiques ont la rancune et la haine tenaces. A l'époque de l'abjecte tuerie commise par des barbares abominables, tout le monde ou presque était Charlie. Il y eut cette manifestation populaire.

 

C'était aussi une manière de s'opposer à l'islamisme sans le dire, pour éviter les jugements de morale des arbitres habituels des élégances politiques.

 

Et puis depuis, les communautaristes, alliés objectifs des islamistes, les fanatiques eux-mêmes, n'ont eu de cesse de répondre à cette demande de questionnement nécessaire sur la place de l'Islam en France par l'injure, l'accusation d'islamophobie, de racisme et j'en passe et des pires quand ce n'est pas celle de collusion avec les lobbies « sionistes ». Dés que quelqu'un essaie de réfléchir là-dessus, sainement, rationnellement, d'aucuns tombent sur lui comme la pauvreté sur le vaste monde employant pour désigner des délits et crimes commis au nom de l'Islam par des islamistes avec des préventions de langage extrêmes et des pudeurs de dame patronnesse, toutes choses qu'ils n'ont pas quand il s'agit de parler des catholiques.

 

Quand il s'agit des catholiques ont peut y aller au lance-flammes...

 

Beaucoup des bonnes consciences qui étaient hypocrites à l'époque ne sont plus tellement « Charlie ». Ils sont dans le raisonnement consistant à croire qu'en approuvant les fondamentalistes dans leur haine, en minimisant leurs exactions, ceux-ci en réponse seront à leur tour très très gentils et nous épargneront peut-être de leur haine. Ils ont beau jeu car en dehors de vitupérations exclusivement virtuels sous couvert d'anonymat, dans la vie la plupart d'entre nous est incapable de faire preuve d'énergie et de courage. Tous se disent « Charlie » mais de moins en moins. La peur fait son effet et la lâcheté.

 

Les musulmans dits modérés non plus, beaucoup affirment haut et fort respecter la caricature sauf quand elle traite de sujets religieux, surtout quand le religieux en question tire sur l'Islam...

 

...Et la dérision agonise car dés que l'on essaie de rire d'un sujet interdit on risque la judiciarisation derechef.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration prise ici

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