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Amour hors norme ou déviance ?

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André Cayatte reviens ils sont devenus cons !

 

moeurs, sexualité, macron, brigitte, politique, amaury watremezDans un beau film, très polémique aussi (voir à ce lien), André Cayatte évoquait le cas de Gabrielle Russier, enseignante amoureuse folle d'un de ses jeunes élèves, suicidée en prison alors que des torrents de boue se déversaient sur elle. Le film n'approuvait pas la liaison, il montrait juste que les protagonistes d'une telle histoire ne sont généralement pas d'un bloc, il racontait d'une manière nuancée et intelligente ce qui s'était passé quitte à choquer. C'était dans l'ébullition de l'après 68 quand tout et n'importe quoi était dit sur la sexualité.

 

Même si comme Humbert Humbert persuadé que Lolita vit très bien leur relation, l'enseignant de 31 ans condamné hier (voir à ce lien) et Gabrielle Russier se leurraient sur la passion qu'ils pensaient vivre. L'époque du film avec Annie Girardot et Bruno Pradal était il est vrai un temps où la délation collective en meute ne valait pas condamnation...

Il est vrai également qu'un adulte ayant une relation d'autorité avec un adolescent qui croit tomber amoureux oublie que c'est souvent lié à ce lien d'autorité. Parfois aussi certes c'est juste un salopard pervers, et hypocrite sur ses pulsions. Et l'adulte peut manipuler sans scrupules le jeune homme ou la jeune fille.

 

Je m'étonne d'ailleurs grandement.

 

En France il y a quelques temps, on entendit parler de cette enseignante de Lettres d'Amiens, Brigitte, tombée folle amoureuse d'un de ses élèves tellement dynamiques, le jeune Emmanuel, un de ces bons éléments trop mûr pour les autres adolescents, solitaire et travailleur, et sans doute en froid avec son complexe d'œdipe. Leur passion avait été « consommée » alors que le garçon avait quinze ans et qu'il participait à l'atelier de théâtre de Brigitte. Dans ce cas tous les médias ont évoqué avec des trémolos dans la voix un amour « hors norme », un amour au-delà des conventions morales, un amour en plus se terminant bien puisque les deux amants ont fini par se marier avec le soutien des enfants d'un « premier lit » de l'enseignante.

 

« C'est beau » pleurniche Margot dans sa chaumière dont elle paye l'électricité de plus en plus cher, ou le gaz et l'eau, et qui n'a plus les moyens de faire soigner ses enfants à l'hôpital ou de leur faire faire des bonnes études. On lui raconte une belle histoire, ça la console.

 

Brigitte était déjà femme de banquier, d'un très « bon milieu » comme on dit, de celui où les femmes sont enseignantes pour s'occuper et disposer ainsi d'un salaire d'appoint non négligeable : pas besoin de demander de l'argent de poche à leur bien-aimé. Dans ce milieux, mon bon monsieur, ma bonne dame, on trouve normal de ne pas obéir aux mêmes contingences morales que le « vulgaire ». Le jeune Emmanuel a bien réussi maintenant également, il a fait une bonne carrière en jouant sur sa maîtrise avérée du Verbe. Brigitte n'a plus à être prof pour avoir un peu d'argent. Certains mauvais esprits dont je ne suis pas rappelleraient alors ces vers de la Fontaine :

 

« Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

 

C'est aussi que la « bonne » bourgeoisie a décidé depuis quelques temps que des mœurs libertaires c'était surtout entre soi, qu'il était mieux d'imposer aux « ploucs » des normes strictes que les privilégiés ne respectent pas. Cela permet de mieux les contrôler...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration prise ici

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