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Jupiter chez les racailles

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Le président Emmanuel Macron est descendu de son Olympe personnelle que même ses laquais de la première heure remettent en question (contestation du culte de sa personnalité, de l'absence de démocratie au sein du mouvement etc... voir à ce lien ici). Pour entre autres se refaire une virginité, s'ôter cette image de président des riches ce qu'il est, après avoir lâché des ballons de baudruche pastels pour lutter contre le terrorisme (!) il est allé dans les banlieues présenter un plan pour les aider, du moins c'est ce qu'il affirme. Il a déjà laissé entendre ce qu'ils pensent des « gens de peu »...

 

Encore un (voir à ce lien par là) après quelques dizaines d'autres.

 

Ce n'est pas le premier plan du genre, ce ne sera sans doute pas le dernier. La motivation de ces bonnes intentions est que ça ne recommence pas comme en 2005, des émeutes extrêmement violentes. Bien entendu, tout le monde sait que les jeunes des cités remettront le couvert, ils brûlent de le faire avec leurs grands frères, la seule question c'est de savoir quand ça arrivera. Ces « pauvres de service » ont un avantage, c'est un alibi à portée de main, une bonne conscience que l'on s'achète pour pas cher.

Dans l'esprit des bien-pensants, de nos dirigeants et de la caste en général, les pauvres ce sont surtout les habitants des quartiers dits difficiles, euphémisme pour désigner les « cités » rassemblant les populations issues de la diversité. Les français dits de souche pauvres ou précaires sont systématiquement ignorés, méprisés, mis dans le même sac des ploucs imbuvables. Les bourgeois pédagogues et leurs larbins, tous les privilégiés en général se sont trouvés un alibi pour excuser leur indifférence face à la pauvreté.

 

On évoque donc pour les « quartiers », « nos quartiers » a dit le président, des mesures pour l'emploi, du « testing » auprès des employeurs, fort bien après tout mais tout en détricotant le tissu associatif et scolaire et ce depuis des décennies. Rappelons également en passant que ces « quartiers » sont aidés et subventionnés autant sinon plus que la plupart des territoires français. Ils sont dorlotés, cocon-nés, flattés et le communautarisme qui monte est encouragé, excusé, justifié. Curieusement la pratique religieuse la plus radicale y est minimisée.

 

Et tant qu'à faire, pourquoi ne pas envisager une politique globale contre la précarité salariale, ou l'éducation réelle et le redéploiement d'une instruction efficiente ? A la place on a le droit aux ordonnances sur l'emploi, à annihilation façon puzzle de tout ce qui protégeait encore un peu les salariés. Tout en nous expliquant que c'est pour leur bien, que par un étrange « ruissellement » des richesses venant des plus favorisés, les français les moins chanceux sortiraient du pétrin par magie ou un genre d'opération du saint esprit.

 

Pas besoin de longue démonstration pour savoir ce qu'il en est pour de bon et quelles sont leurs intentions tangibles, ils n'ont pas besoin de le cacher...

 

Cette explication du « ruissellement » est bien cynique puisque l'on constate depuis longtemps la « gentryfication » des centre-ville et la paupérisation des banlieues et de toute la « rurbanité ». Elle s'accélère un peu partout et pas seulement à Paris ou dans les grandes métropoles. Les produits d'alimentation autrefois basiques, plus sains, plus naturels, deviennent progressivement des produits de luxe réservés aux plus aisés. Ils sont d'ailleurs vendus comme tels, dans des écrins.

 

Et le pire là-dedans est qu'il sera sans doute réélu en 2022 à moins d'une vraie réaction et non d'actes manqués commis sur le net...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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